journal de bord | mai 2008

Sa Majesté Embruns [samedi 3 mai 2008]

Elles sont où nos insouciances sans marque. Sans soirée, sans gadget à recevoir. Un Paris blogue-t-il des familles.. mort d’avoir voulu devenir professionnel. Reste Paris Carnet dont l’atmosphère tient à sa Majesté Embruns. Mais c’est tout. Les autres sont orientés marques. Trouver une animation avec telle ou telle marque. Trouver une marque qui n’a pas encore raqué pour nous filer un crayon mine à ses couleurs. Trop la classe. [Emery : “La blogosphère est morte…”]

— 9 commentaires.

Resterai-je Français ? [samedi 3 mai 2008]

Contrairement à ce qui se passe en Europe, un gai français vivant au Canada et ayant la double nationalité canadienne et française peut conserver sa nationalité française après s’être marié au Canada avec un homosexuel canadien.

Cela peut paraître anodin et normal mais un Français vivant aux Pays-Bas n’a pas vécu la même situation. Cet homme, rapportait jeudi l’Agence France-Presse, s’était marié avec un Néerlandais en 2003 et avait acquis la nationalité néerlandaise en 2006. La France ne reconnaissant pas le mariage homosexuel, Frédéric M. a été informé par le consulat français local, en décembre 2007, que sa nationalité française était déchue, décision qu’il a contestée et qui a été interprétée en Europe comme étant une marque d’homophobie de la part de la France.

En fait, selon une convention signée entre la France et les Pays-Bas, tout ressortissant d’un des deux pays qui acquiert la nationalité de l’autre pays perd sa nationalité d’origine sauf en cas de mariage… avec une personne de l’autre sexe.

Cette convention n’existe pas entre la France et le Canada, a expliqué, ce vendredi, le consulat de France à Montréal. Par contre, le mariage gai n’étant pas reconnu en France, le conjoint canadien ne peut pas obtenir la citoyenneté française par ce mariage contracté au Canada. Et le mariage gai au Canada d’un Français et d’un Canadien ne permet pas non plus d’obtenir automatiquement un visa fourni par les autorités françaises pour le conjoint canadien si le couple veut aller vivre en France.

[La Presse, Éric Clément : “Mariage gai au Canada, les Français resteront Français”.]

Moralité : il vaut mieux épouser un Canadien qu’un Néerlandais. J’ai eu du nez…

Quels que soient les progrès ou régressions de la législation française, la question ne se pose de toute façon pas (encore) pour moi, puisque j’hésite encore quelque peu à prononcer ces mots :

Je jure fidélité et sincère allégeance à Sa Majesté la Reine Elizabeth Deux, Reine du Canada, à ses héritiers et successeurs et je jure d’observer fidèlement les lois du Canada et de remplir loyalement mes obligations de citoyen canadien.

Surtout après avoir chanté à moult reprises sur différentes embarcations au pavillon à trois laizes :

Buvons un coup, buvons en deux, À la santé des amoureux, À la santé du Roi de France, Et merde au Roi d’Angleterre, Qui nous a déclaré la guerre !

Il faut savoir aussi que le sujet de la double nationalité donne lieu à des débats au Canada dont l’issue est inconnue…

Apatride, c’est bien, non ?

Lire aussi, Maître Eolas, “Quelle idée d’épouser un étranger avant le président de la République !”.

LIbération : “Mariage gay, la France face au cas Minvielle”.

— 12 commentaires.

Poubelle de l’info ? [dimanche 4 mai 2008]

Le Post est la poubelle par excellence de l’Internet francophone : on y trouve tout, du foot, des peoples bling-bling et cocaïnés, de la Nouvelle Star Academy Eurovision, un peu de politique politicienne par petites phrases sans grandes analyses, du spectaculaire pour beaufs, du vidéo-gag à deux balles, et puis surtout du fait-divers bien trash (…), parce que le fait-divers fait vendre ! C’est un mélange de Bild, du Mirror, du Sun, d’Ici-Paris, de Détective, de l’Equipe et de Podium ou de Hit-Magazine. Aux commandes, une équipe de jeunes journalistes plus ou moins illettrés qui reprennent sans vergogne ce que les autres publient dans leurs journaux ou ce que des blogueurs en mal de célébrité veulent mettre en avant.

[Le Petit Champignacien illlustré : “Le Post, ou l’extrême droite décomplexée”, via Bozarblog.]

Ce à quoi Benoît Raphaël, rédacteur en chef de LePost.fr, réplique (dans les commentaires) :

Le Post est un site grand public, qui traite de tous les sujets, qui ouvre des conversations autour de l’actualité. Et, oui, nous y traitons des faits-divers, nous y parlons aussi politique, nous détectons et décryptons les buzz sur Internet. Nous abordons l’info sous son angle local, sous l’angle du témoignage. Et, oui, nous n’avons pas de problème avec le fait d’évoquer des sujets plus légers, parce qu’ils font partie de nos thèmes de conversation de tous les jours. La légèreté n’a rien à voir avec la bêtise et la médiocrité. Ce sont les oeillères et les idées reçues qui sont la marque d’une intelligence limitée.

— 13 commentaires.

Entretien avec Arvind [dimanche 4 mai 2008]

I gather that you prefer Movable Type to WordPress. Why is that?

For several reasons really. First off, I feel that Movable Type really is more powerful as both an application (the features and flexibility it offers in its templating and composition systems) as well as a platform (I’ve compared the APIs and the code and MT is unquestionably far superior). The frequent security and bug fix releases WP experiences is testament. Personally, I prefer quality over quantity.

More importantly though, especially as it can be argued that the two are almost level in terms of features, I’ve always preferred the community around Movable Type. Every time I’ve ventured into the WP community, I’ve been faced with a surprising amount of hostility and pettiness from both users and lead developer. For example, here is a recent thread that disturbed me, especially given my point about patience above. In fact, many a time, on a post about Movable Type, you will find hundreds of comments swearing fealty to WordPress and/or their lead developer, detracting from the post and making it a pointless circular discussion. In fact, even the lead developer is not above thinly-veiled attacks directed at competition and yet when competition responds, grossly overreacts.

Now, of course, I’m painting with broad strokes. I’ve been impressed with a number of things in WordPress and their community, but generally, I’ve been left with a bad taste.

[BloggerTalks: An interview with Arvind Satyanarayan by Thord Daniel Hedengren.]

— 6 commentaires.

NCSA Mosaic [dimanche 4 mai 2008]

Comme beaucoup d’internautes de la première génération, j’ai débuté avec le navigateur Mosaic. Le 22 avril dernier, c’était le 15e anniversaire de Mosaic…

Au chapitre des anniversaires, c’est le 7 mai 1993 que le World Wide Web entrait dans le domaine public : Tim Berners-Lee, “World-Wide Web Software Put Into Public Domain”.

— 1 seul commentaire.

Le tsunami Cindy [dimanche 4 mai 2008]

Cindy Sander. Du concret, du lourd, du premier degré. Du buzz, de la France d’en bas, de la bonne tranche de variétoche comme on les aime, finalement, allez ,oui, avouons, le Top 50 a ses vertus que le prochain single de Radiohead n’offrira jamais au premier mariage venu, en Août, sous un chapiteau, quelque part en Loraine. On ne demande pas grand-chose, nous les foules sentimentales. Il faut voir comme on nous parle, ce qu’on nous vend. Du hype, de la pop rock, du Technikart ? Non. Nous on veut juste danser, s’amuser, oublier Sarkozy un instant : il nous fallait bien Cindy Sander pour ça. Oui, il le fallait. L’espoir Sander pour toucher enfin un peu de rêve du doigt, j’en ai besoin, moi. Je ne regarde pas la Nouvelle Star pour avoir l’air intelligent, je la regarde pour oublier un instant qui je suis. Benjamin ou Ikare me le rappelle cruellement : je ne suis rien mais eux non plus. Hélas.

[Ron : “Faisons l’amour avant de nous dire adieu”.]

William à son meilleur, un billet à lire.

— 4 commentaires.

Révisionnisme sauce UMP [dimanche 4 mai 2008]

Ceux-là, on leur a vraiment chié dans la tête. Ou alors ils sont tombés dans la marmite de connerie quand ils étaient petits et depuis les effets sont permanents chez eux. C’est la seule explication possible à ce ramassis de contre-vérités et de rhétorique de comptoir. Sans parler du Général qui se retourne dans sa tombe : prétendre que les valeurs des révolutionnaires de mai 68 sont portées par les descendants du parti qui a réprimé le mouvement à l’époque, il fallait oser la faire, celle-là.

[Finis Africæ : “Quarante ans plus tard”.]

Non seulement, on leur a chié dans la tête, mais de plus, ils chient dans nos boîtes à lettres. Tout ça pour entendre un Glucksmann débiter ses âneries habituelles.

— 5 commentaires.

Paris Carnet de mai [lundi 5 mai 2008]

Mercredi soir, c’est Paris Carnet.

Une manifestation très ouverte, puisqu’on y accueille même un Gonzague Dambricourt

— 7 commentaires.

Orgasmes ferroviaires [lundi 5 mai 2008]

Elle passe soudain du vouvoiement au tutoiement. On comprend bien qu’après avoir partagé confidences si intimes, on peut se dire tu. Elle s’extasie encore : « Je me souviens parfaitement du jour où je l’ai rencontré, il y a deux ans. Tu penses bien: ça a bouleversé ma vie. » Amoureuse mais pas possessive pour deux sous, elle propose à sa voisine : « J’aimerais tellement te le faire connaître comme je le connais moi, tel que je le vois, tel qu’il est. » [Kozeries en dilettante : “Orgasmes ferroviaires”.]

Cet amusant billet, à lire avant de cliquer sur mon deuxième lien, m’a fait penser à cet ustensile

— 4 commentaires.

Sa première fois [mardi 6 mai 2008]

La fée Kozlika nous rappelle son premier Paris Carnet, c’était en octobre 2004.

Mon premier Paris Carnet, c’était aussi le premier “Paris Carnet” pour tout le monde, je ne connaissais physiquement pratiquement personne… le 6 août 2003, en pleine canicule. Sur les photos floues, je reconnais des gens toujours dans mon périmètre (Tristan Nitot, Karl Dubost, Olivier Meunier, etc.), d’autres se sont un peu éloignés comme Mouche, ex-vedette du blogue, d’autres qui ont disparu, qui sait par exemple ce qu’est devenu Lunarchiste ? et un Philippe Janvier ? Flux et reflux…

Les populations évoluent, les communautés se forment et déforment, se diluent et disparaissent. La fréquentation fluctue, des noyaux durs entretiennent la flamme… Il y a eu des amitiés nouées, des plans-cul, au moins un mariage, mais aussi des ruptures, des deuils. La vie qui grouille, coule et serpente, chaude et bouillante, avec ses hauts et ses bas.

Et puis les petits nouveaux, le sang neuf… Ceux qui reviendront, ou pas. Longue vie à Paris Carnet, vie qui continuera sans moi bientôt (et j’avoue que je commence à avoir un peu hâte, de substituer au YulBlog…).

— 10 commentaires.

The Mena Show [mardi 6 mai 2008]

Cette fille est présidente de Six Apart

— 4 commentaires.

עמק הסיליקון‎ [mercredi 7 mai 2008]

Israël, entre high-tech et paupérisation.

Vos deux activités sont très différentes…

Si j’étais arrivé en Israël il y a trente ans, je serais parti dans un kibboutz travailler la terre. Aujourd’hui, si on se veut sioniste, il faut faire de la high-tech, car c’est l’avenir et l’assurance-vie du pays, mais aussi du social pour réparer tout ce que les autorités ont raté. Venir en Israël, pour moi, c’était un choix idéologique pur et dur. Je voulais participer au sionisme moderne. Quand je vois ce qu’Israël a accompli en soixante ans, c’est un petit miracle. Mais il y a aussi beaucoup de signes inquiétants dans notre société, une vraie crise des valeurs. On n’a pas encore cristallisé l’identité israélienne, on est davantage dans une agrégation d’individus. Le projet sioniste reste à construire.

Dans le domaine social notamment ?

S’il y a un truc qu’on a raté dans le projet sioniste, c’est bien la dimension sociale. […] Aujourd’hui, on vit dans une des sociétés les plus inégalitaires au monde, où 10 % de la population détient 80 % des richesses du pays. […] En Israël, 24 % de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, soit une famille sur quatre, ce qui place le pays parmi les plus pauvres de l’OCDE… […]

La lutte contre la pauvreté réside donc entre les mains de la société civile ?

Non, la société civile ne peut que proposer des solutions. La seule structure qui a les outils et les moyens reste l’Etat. Notre rôle est donc de le sensibiliser. Et ça bouge un peu. Lors de la dernière campagne électorale, la question sociale a été pour la première fois mise sur la table. Mais, c’est vrai, la montée en puissance de la société civile est un désaveu de la classe politique israélienne. C’est d’ailleurs un des dommages collatéraux dramatiques de l’essor de la high-tech : l’élite du pays ne va plus en politique, ni dans l’armée ; elle va faire du business.

[Libération, Alexandra Schwartzbrod : entretien avec Gilles Darmon.]

À l’occasion des 60 ans d’Israël, Libération consacre son édition d’aujourd’hui à la société israélienne.

(En titre de ce billet, “Silicon Wadi”, ou la Silicon Valley d’Israël.)

— 1 seul commentaire.

Radicalité mécanique [mercredi 7 mai 2008]

Le troisième principe est d’assumer notre identité sans céder aux injonctions de ceux qui, au nom d’une « radicalité » de gauche mécaniquement revendiquée, neutralisent en fait des forces de transformation sociale et renoncent à toute confrontation de leurs convictions avec l’exercice des responsabilités.

[“Clarté, Courage, Créativité : pour un grand congrès socialiste.”]

Qui sont “ceux”, ici qualifiés d’irresponsables ? Lutte ouvrière ? Ligue communiste révolutionnaire ?

— 4 commentaires.

Politique en jogging [mercredi 7 mai 2008]

À Neuilly-sur-Seine, il est une manière originale de rencontrer son maire, Jean-Christophe Fromantin.

Au chapitre “pour me rencontrer” de sa lettre d’information (pdf), outre sa permanence, le téléphone de son secrétariat et son adresse de courriel, on peut lire :

Jogging chaque dimanche matin, de 9 h 30 à 10 h 30, départ place de la Mairie.

Il faudra étudier une éventuelle augmentation de la prévalence des cas d’infarctus du myocarde à Neuilly-sur-Seine. Parce que le jogging, c’est dangereux pour la santé, surtout quand on s’y met subitement pour courir après son maire.

— 4 commentaires.

Confidentialité et réseau social [mercredi 7 mai 2008]

(Voici un titre en forme d’oxymoron…)

01net : “La BBC met en garde contre le vol d’informations personnelles sur Facebook”.

Sans même la BBC, il faudrait être bien niais pour croire que les informations confiées à Facebook jouissent d’une quelconque confidentialité…

BBC News: “BBC exposes Facebook flaw”, “Identity ’at risk’ on Facebook”.

— 4 commentaires.

Reconnaître un sociosexuel [mercredi 7 mai 2008]

Toi, t’as les yeux qui sentent le cul.

Non je ne suis pas une garce, juste une sociosexuelle, ça t’en bouche un coin, hein ? Bon, baisse ton slip maintenant.

— 3 commentaires.

Chasse au papillon [mercredi 7 mai 2008]

Cindy Sander est le François Pignon de la Nouvelle Star, la pauvre fille à qui on fait croire que sa Tour Eiffel en allumettes est une merveille extraordinaire digne de toutes les attentions. C’est triste et ça me met mal à l’aise. Aucune position ne me paraît défendable devant le phénomène Cindy Saunder. Expliquer pourquoi sa chanson est une bouse ? Une sacrée brochette de « professionnels de la profession » l’a déjà fait, depuis des années, dans plusieurs émissions, et elle n’a toujours pas compris. Se moquer d’elle ? C’est inutilement blessant et humiliant. Écouter sa chanson au second degré tout en sachant pertinemment qu’elle croit son succès dû à son talent ? C’est tomber dans le piège du dîner de cons. La seule chose qui me paraîtrait sensée serait qu’on arrête totalement de parler d’elle. Hélas, je crois qu’on n’en prend pas le chemin. [Finis Africæ : “La nouvelle star de cons”.]

Cindy Sander - “Papillon de lumière” (vidéo YT).

Dans la rubrique “jeunes talents de la chanson française”, n’oublions pas Philippe Lalanne dans son inoubliable “Never Forget” (vidéo YT). (Pauvre minou…)

La papillon, sa fatalité citadine est de se griller les ailes à la lumière des réverbères…

— 15 commentaires.

Dieu vous le rendra [mercredi 7 mai 2008]

Aujourd’hui, faites une bonne action : allez signer la pétition pour l’accessibilité numérique des services publics.

Plus de trois ans après la sortie de la loi pour « l’égalité des droits et des chances », le décret qui doit préciser les modalités d’application de l’accessibilité numérique n’est toujours pas sorti. Cette situation ne peut pas durer !

Sans décret d’application, une loi reste lettre morte.

Or cette loi est cruciale : une fois le décret passé, ce n’est pas seulement le service public qui sera obligé de progresser, mais par effet d’entraînement toute la chaîne du web, notamment dans les grandes entreprises et toutes les agences web.

Vous voulez un web de meilleure qualité ? Deux minutes de votre temps, vous pouvez au moins contribuer à hauteur de deux minutes de votre temps.

[Stéphane Deschamps, dit “la poire” : “Pétition accessibilité numérique dans les services publics”.]

Lire aussi 01net : “Pétition pour rendre les sites publics accessibles aux handicapé”.

— 6 commentaires.

Content, content, content… [jeudi 8 mai 2008]

Content precedes design. Design in the absence of content is not design, it’s decoration. [Jeffrey Zeldman.]

Via Karl, qui ajoute :

C’est la chose la plus difficile à laquelle je suis confronté à chaque fois que l’on me demande de créer un design. À chaque fois je réponds « Show me the content » mais les gens ont beaucoup de mal à comprendre.

— 5 commentaires.

Dîner dans une bouteille [vendredi 9 mai 2008]

MeatWater bottles.

La maison MeatWater propose des eaux aromatisées et enrichies aux protéines. Parmi les saveurs proposées, on se délectera de bœuf Stroganoff, burger au fromage, poulet teriyaki, fish’n chips, goulash hongrois, canard laqué, poulet tandoori, pizza

Pour le petit déjeuner, l’eau MeatWater existe aussi en version oeuf, bacon et toast beurré, ou encore, au goût plus britannique, œuf, saucisse et haricot blanc.

Pour séduire le marché français, MeatWater vient de sortir le parfum escargot à l’ail.

Tout le “trendy” New York City a adopté la nouveauté. Pas une soirée branchée sans un cocktail vodka-hot-dog (“an authentic taste of the Big Apple you can sip through a straw”) ou bien texas-bbq-champagne.

MeatWater bottles.

Dinnerinabottle.com est l’œuvre de l’artiste Till Krautkramer.

— 10 commentaires.

Sa mère lit son blogue [vendredi 9 mai 2008]

Non, Maman, je ne suis pas alcoolique, j’habite juste à Londres! Non, Maman, je ne saute pas tout ce qui bouge, je suis juste célibataire!

S’il te plaît Maman, rappelle-toi ta jeunesse, rappelle-toi Mai 68!

Et Maman, si tu veux laisser un commentaire, il faut cliquer sur “commentaires” ci-dessous.

Je t’embrasse et te dis à bientôt.

[Jujupiter : “Ma mère lit mon blog”.]

— 9 commentaires.

Comique de répétition [vendredi 9 mai 2008]

Pascal Sevran est mort.

[Source.]

— 4 commentaires.

Viol interracial [vendredi 9 mai 2008]

Viol de manchot royal.

Il faisait chaud ce jour-là sur l’île Marion. Un petit manchot rentrait tranquillement de la pêche quand une otarie à fourrure de l’Antarctique lui mit la nageoire sur le dos. La suite, révélée il y a quelques jours dans le Journal d’éthologie, aurait de quoi glacer un pingouin. Le paisible manchot royal, 15 kilos, se retrouva plaqué de force au sol, abusé par une otarie mâle de 100 kilos déchaînée. Une équipe de chercheurs sud-africains, de passage sur l’île, observait la scène. « Au premier regard, on a cru que la bête voulait tuer le manchot », assure Nico de Bruyn, de l’université de Pretoria. Mais au déhanché intrépide de l’animal, il comprit qu’il était témoin d’un viol. Loin d’interrompre ce qu’ils considéraient comme la première observation d’un rapport sexuel entre un mammifère et un oiseau, les scientifiques laissèrent pendant trois quarts d’heure le manchot se débattre pour repousser son agresseur. [Clicnapping : “Violences sexuelles en Antarctique, la face émergée de l’iceberg”, via Maïa.]

Si tu en veux encore plus, voici de jolies photos de sexualité interraciale.

[En photo : “a. Young male Antartic fur seal (Arctocephalus gazella) resting on an adult king penguin (Aptenodytes patagonicus) during the process of sexual harassment. b. Young male Antartic fur seal (Arctocephalus gazella) attempting to copulate with an adult kink penguin (Aptenodytes patagonicus) on Marion Island. Photo: P.J.N. de Bruyn”.]

— 10 commentaires.

Résurrection [vendredi 9 mai 2008]

Un nouvelle absolument effarante et en exclusivité sur Embruns : Guillermito, le pirate terroriste recherché activement par la DST, réfugié aux États-Unis d’Amérique, s’est remis à écrire.

Bon, oui, ok, il n’a publié que 3 billets en 2008 sur le seul mois de février… Mais, je suis sûr que personne n’était au courant, puisque le délinquant informatique ne connaît pas RSS. Ah, bien si, il y a un RSS… Je ne le pensais pas si moderne.

— 4 commentaires.

Décès de Jean-Pierre Elkabbach [vendredi 9 mai 2008]

On annonce la mort du journaliste Jean-Pierre Elkabbach ce soir à 22 h 45, à l’âge de 70 ans, suite à une crise cardiaque.

L’information a été confirmée par la station de radio Europe 1.

Arnaud Lagardère, contacté par un journaliste de l’AFP, a déclaré sa vive émotion et son “immense tristesse après la mort d’un ami”.

Dans un bref communiqué, le Syndicat national des journalistes déplore la perte d’un grand homme de la famille, promoteur infatigable de l’éthique journalistique et artisan incessant de la dénonciation “des rumeurs, des fausses informations, des ragots, et des nouvelles non vérifiées” distillées par le Net.

La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre, quitte à ne pas vérifier ou à ne pas donner la parole aux personnes qu’ils attaquent. (…) À la manière du marché boursier, il y a une hypersensibilité et une hyperréactivité à toutes les nouvelles, vraies ou fausses. Il faut bien comprendre que cette mécanique emporte tout le système médiatique, et, avec lui, l’indispensable respect de la vie privée, de la dignité, de l’intimité. [Jean-Pierre Elkabbach.]

Après des études classiques de journalisme, Jean-Pierre Elkabbach commence à officier dans le Maghreb. En 1968, il entre à l’ORTF. C’est le début d’une véritable carrière. Tour à tour présentateur du JT, correspondant, rédacteur en chef, directeur de l’information, l’homme devient en 30 ans un grand spécialiste des médias et de la politique. Une position et une réputation qui lui permettront de devenir le bras droit du président de la Cinq avant de prendre la tête de France Télévision en 1993. C’est durant cette période qu’il enregistre des entretiens avec le président Mitterrand, lui qui était devenu un interviewer privilégié pour les politiques. Sa gestion de la chaîne publique est beaucoup critiquée et il quitte ses fonctions en 1996 pour rebondir à nouveau à la radio. En décembre 1999, son ambition n’est guère éteinte et Elkabbach prend la direction de la chaîne Public Sénat sur le satellite. Comme beaucoup, son ascension a été très controversée, à cause certainement de ses relations ambiguës avec le pouvoir. [Evene.fr]

M. Christian de Villeneuve est préssenti pour prendre la place désormais vacante de président d’Europe 1.

— 12 commentaires.

Commerce négrier [samedi 10 mai 2008]

La traite des Noirs, l’esclavage que la France, comme nombre de nations européennes, a pratiqué durant des siècles dans ses colonies, figurera au programme des élèves d’école primaire dès la rentrée prochaine. C’est l’annonce qu’a fait samedi matin Nicolas Sarkozy, lors d’un discours au Jardin du Luxembourg pour commémorer l’escalavage. [Le Figaro/AFP, AP : “L’histoire de l’esclavage enseignée en primaire”.]

En souhaitant que l’on n’oublie pas l’enseignement de la traite arabe et de celle intra-Afrique noire… afin d’offrir un panorama historique complet et équilibré. Je propose de nommer l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau à la tête d’une commission afin d’examiner les modalités de cette nouvelle idée de Nicolas Sarkozy, au même titre que le fut Hélène Waysbord-Loing pour “le parrainage” de petits déportés.

P.S. Jules dégaine à son tour : “La traite et l’esclavage dans les programmes scolaires”.

— 13 commentaires.

Noir innocent [samedi 10 mai 2008]

T’as dis lumineuse? Tu ne pouvais pas mieux la décrire. Je l’ai rencontrée chez elle quelques semaines plus tard. Elle m’a ouvert la porte et j’ai fait wow! Même si c’est pas poli. Ciel et pattes de gazelle, elle était bien plus grande encore que je l’imaginais, et bien plus noire. J’ai d’abord pensé au noir des poèmes d’Aimé Césaire, mais c’était juste parce que Césaire était mort la veille, en fait elle n’est pas de ce noir-là du tout, la poésie de Césaire est d’un noir offensé, alors que Magalie est d’un noir innocent, d’un noir qui ne sait même pas qu’il est nègre et qui s’en fout éperdument. Ses deux petits garçons jouaient dans le salon. Sa maman était là aussi. C’est son histoire que je raconte ici, l’histoire de Magalie, mais surtout de la maman de Magalie et de son papa et de ses frères, une histoire de famille, une histoire d’amour. [Pierre Foglia : “Une histoire d’amour”.]

Magalie Boutin avait répondu à une invitation du chroniqueur de La Presse, résumer sa vie en six mots, “Née en Haïti, élevée au lac Saint-Jean.”

— 1 seul commentaire.

Blingee [samedi 10 mai 2008]

Exemple d’animation Blingee.

Ton blogue est triste ? J’ai la solution pour toi, réalise ton super gif animé avec Blingee.com.

(Ce billet n’est pas sponsorisé. Il est dédié à Matoo, un garçon très “bling-bling-glitter” — et je tiens ce service extraordinaire et indispensable d’un corse…)

— 6 commentaires.

Désuetude [lundi 12 mai 2008]

Le Figaro.fr fleure encore bon la vieille France avec un titre comme : “Crime de Montpellier, le vicomte d’Harcourt impliqué”. En dehors du carnet mondain, n’est-il pas un peu désuet que de faire état de titres nobiliaires dans la relation d’un fait divers ? Le fait de porter une particule est-il encore révélateur d’une sociologie particulière ?

Maison d’Harcourt.

— 23 commentaires.

Ménage de printemps [lundi 12 mai 2008]

J’ai découvert il y a peu la mailing-list freecycleparis, animé par le groupe FreeCycle.

Cette mailing-list mets en relation des gens qui donnent des objets et des gens qui cherchent des objets. Je m’y suis inscrite au départ pour donner certains trucs qui commencent à encombrer l’appartement.

Et j’ai découvert que des objets vraiment intéressants sont donnés : frigo, rétroprojecteur, meubles en bon état, matelas, roller… ou encore capsules de bière, brochettes de poissons congelées Picard (!), vaccins, teinture pour cheveux…

Il suffit de répondre au bon moment, en fait il faut être très rapide… et donner rendez-vous au donneur pour aller chercher l’objet !

[Infimité : “Donne de tout (gratos)”.]

— 3 commentaires.

Groupe FB du jour [lundi 12 mai 2008]

Mises en relation [lundi 12 mai 2008]

Ainsi, il m’est plus facile d’entrer en contact avec mon voisin passioné de littérature (tout comme moi) par le biais d’un forum sur internet qu’à la bibliothèque municipale au coin de la rue. L’un n’est pas au détriment de l’autre au contraire. C’est là que les sociologues pas tout à fait modernes font erreur. Les structures sociales qui se créent sur internet sont le meilleur complément aux structures classiques, parce qu’elle permettent une mise en relation nouvelle, impossible avant. Par ses qualités inhérentes (asynchronicité, proximité, découvrabilité), la construction sociale sur internet est appelée à devenir le moteur principal de toute construction humaine significative (locale/globale, intellectuelle et démocratique) pour la génération actuelle.

[…] Et ça transforme l’économie, les médias, la démocratie, la société du 21e siècle au complet.

[Sylvain Carle : “L’internet c’est réel!”.]

— 5 commentaires.

Relookage extrême [lundi 12 mai 2008]

Page Twitter.

J’ai un peu revu l’aspect de ma page Twitter

(Moins obscène que d’autres…)

— 2 commentaires.

Maniaque de l’écran [mardi 13 mai 2008]

Let’s say, just as a hypothetical, you’re sitting at your computer, casually chatting up a fellow programmer. You begin to describe some bit of code, then bring it up on your display to illustrate. You want to highlight some particular part of the code. Perhaps you move the cursor invitingly over the area to bring it to their attention, or gesture towards it with your hand.

What happens next?

When I said there were two types of programmers, here’s what I really meant:

  1. Programmers who touch displays with their greasy, disgusting, bacteria-addled fingers.
  2. Programmers who don’t.

I am incredibly anal about people not touching my displays. I’m not even going to apologize. If you touch my display, I’ll kill you. Displays are for viewing, not touching. Put down your damn sticky bun and go touch your own filthy display.

[Coding Horror: “Cleaning Your Display and Keyboard”.]

Ah, je me sens désormais moins seul. Vous ne pouvez imaginer le nombre de développeurs web, de directeurs artistiques, de clients… que j’ai eu envie d’égorger dans ma vie professionnelle.

La moindre trace sur mon écran ne fait qu’agripper mon regard et je ne peux plus travailler tant qu’elle est dans mon champ visuel. Il faut que j’aie toujours à portée de main de quoi nettoyer, ce que je fais au moins une fois par jour, même si c’est propre. Je ne citerai pas de noms d’anciens collègues un peu souillons, mais je n’arrive pas à comprendre comment ils arrivent à travailler avec un écran constellé d’empreintes de doigts gras. J’en ai un frisson dans le dos rien qu’à y penser…

Pire encore, je ressens le doigt étranger sur MON écran comme un viol. Pour peu que je sois un peu fatigué et tendu, ma réaction peut-être explosive : “pas touche, salope !”. Si, pris par surprise, je n’ai pas pu empêcher le geste irrémissible, je nettoie immédiatement l’outrage avec soin pour bien signifier au criminel la portée de son acte, interrompant ainsi la discussion en cours.

Il y a un mois, l’Aquoiboniste me refilait une chaîne sur les maniaqueries, en voici donc une.

Mon bon conseil : ne touchez jamais la surface de l’écran d’un collègue… déjà, c’est impoli, ensuite, vous pourriez tomber sur un maniaque comme moi. Votre index graisseux est un danger pour le bon climat des relations, assurément, et pour votre vie, éventuellement. Songez-y à deux fois.

— 25 commentaires.

L’AFP n’est pas un blogue [mardi 13 mai 2008]

“Une agence de presse n’est pas un blog, sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise. C’est une rédaction, qui doit à ses lecteurs une information crédible, vérifiée, et replacée dans son contexte.” Christophe Beaudufe, président de la Société des journalistes de l’AFP. [Le Monde.]

M. Beaudufe a une bien mauvaise image du blogue…

— 11 commentaires.

Du PACS aux OGM [mercredi 14 mai 2008]

L’électrochoc du 9 octobre 1998 a ressoudé les troupes, une nouvelle version du pacs a été présentée et la gauche s’est montrée à la hauteur de la bataille, avec une majorité combative, et, enfin, un Premier ministre qui assume les choix de son camp politique. Mais la cicatrice ne s’est jamais totalement refermée : à chaque hésitation du Parti socialiste sur les questions de société resurgit le spectre du 9 octobre 1998, et la sincérité des dirigeants est sporadiquement mise en cause, jusqu’à la dernière présidentielle.

Qu’en sera-t-il pour l’UMP ? Techniquement l’incident n’empêchera pas le vote du projet de loi sur les OGM, mais je laisse à d’autres le soin d’en chroniquer les effets à plus long terme.

[Alain Piriou : “Pacs et OGM, quand la machine parlementaire tousse”.]

Réaction d’un député fort connu : “La majorité a montré, à l’évidence, son absence, son irresponsabilité et son désarroi. L’opposition, unie et rassemblée, a montré qu’elle assumait toutes ses responsabilités. Nous sommes fiers de ce qui s’est passé, parce que nous avons assumé pleinement notre fonction d’opposants. Je constate que, sur des sujets importants, l’opposition est devenue majorité et la majorité est devenue minorité.”

Bien balancé, non ? Ha, attendez, on me dit dans l’oreillette que j’ai mélangé mes fiches… Ces propos ne sont pas ceux d’un député de gauche et n’ont pas été prononcés hier. C’est Jean-Louis Debré qui a dit ça à l’Assemblée nationale, un certain 9 octobre 1998, alors qu’il était député RPR, après le rejet du projet de loi sur le Pacs, à cause de l’absence dans l’hémicycle de trop nombreux députés de gauche…

[XIII : “La majorité a prouvé son absence…”.]

Ce résultat est autant dû à la mobilisation de la gauche qu’à la démobilisation de la droite ! Nombre de députés UMP ont voté avec leur pieds, en oubliant d’aller dans l’hémicycle. Je ne vous parle pas de l’ambiance au groupe UMP en ce moment, où des têtes vont valser, car ce résultat, c’est soit de l’incompétence, soit du sabotage. En tout cas, c’est un coup dur pour la crédibilité du gouvernement, mais quelque part un coup d’éclat du Parlement : même à des godillots, on ne fait pas voter n’importe quoi ! C’est rassurant de voir qu’il y a des limites à la servilité.

[Authueil : “Séisme politique”.]

La présidente de séance annonce que le texte est rejeté. Plusieurs députés se précipitent dans la salle des Quatre Colonnes de l’Assemblée pour commenter la surprise aux micros des journalistes. La clameur monte quasi immédiatement de la place du Palais-Bourbon où sont rassemblés les manifestants anti-OGM. En allant les rejoindre, je croise un député UMP qui arrive en courant, un casque de moto à la main : lorsque je lui dis «trop tard», ça ne le fait manifestement pas rire.

[François de Rugy (Verts) : “La folle journée OGM”.]

Les 136 députés PS, PC et Verts présents ont voté contre le projet de loi. Et deux des 137 députés de la majorité qui ont pris part au scrutin François Vannson (UMP, Vosges) et François Rochebloine (Nouveau centre, Loire) se sont abstenus. Le nombre trop peu élevé de députés de la majorité présents, qui traduit l’hostilité de certains d’entre eux au projet de loi, a donc entraîné ce camouflet pour le gouvernement.

[Le Figaro, Guillaume Perrault : “Couac à l’UMP, la loi OGM repoussée par l’Assemblée”.]

— 4 commentaires.

Ducks everywhere [jeudi 15 mai 2008]

Ducks, ducks, ducks

(Pour Daniel…)

— 4 commentaires.

Good News [jeudi 15 mai 2008]

Connards à l’Élysée [jeudi 15 mai 2008]

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Claude Goasguen.

Claude Goasguen a fait sensation en accusant ouvertement certains conseillers de l’Élysée de vouloir « déstabiliser » Copé. Devant la presse, le député de Paris a confirmé avoir parlé des « connards » de l’Élysée. [Le Figaro : “Après le faux pas sur les OGM, le malaise persiste à l’UMP”.]

La grogne ? « Non, une Intifada ! », réplique un ministre atterré par l’ambiance survoltée qui règne parmi les députés UMP. Témoin, cette phrase incroyable prononcée mercredi par le député de Paris Claude Goasguen : « Les deux ou trois connards de l’autre côté de la Seine qui tapent sur le dos des députés feraient mieux de se taire. » Cette lourde attaque lui a valu… des applaudissements. Voilà qui n’est pas très rassurant pour les textes à venir. [Le Figaro : “L’Élysée et Matignon veulent préserver les réformes à venir”.]

— 7 commentaires.

Mariage gay en Californie [vendredi 16 mai 2008]

Photo Justin Sullivan / Getty Images.

La Cour suprême de l’État de Californie a établi, par 4 voix contre 3, que le mariage gay était un droit garanti par la Constitution en vertu de l’égalité de traitement et de protection due aux citoyens.

Arnold Schwarzenegger, gouverneur de l’État, a déclaré accepter la décision et ne pas avoir l’intention de soutenir un amendement constitutionnel pour contrecarrer cette décision.

Après le Massachusetts, la Californie sera donc le deuxième état d’Amérique à autoriser le mariage homosexuel. La décision est effective dans 30 jours.

Elle intervient de longues années après la levée de l’interdiction, à mes yeux de même nature, des mariages “interraciaux” entre blancs et noirs. En 1940, 31 états interdisaient le mariage entre “negroes” et “whites”. En Californie, ce droit “à épouser un nègre” a été accordé en 1948 suite à une décision de la Cour suprême de l’État.

D’autres états, plus tardifs, ont attendu les années 60, comme l’Indiana et le Wyoming en 1965, le Maryland en 1967, etc. Enfin, aussi incroyable peut-il paraître, la Caroline du Sud et l’Alabama ont supprimé l’interdiction constitutionnelle du mariage interracial respectivement en 1998 et 2000.

La Cour suprême de l’État du Connecticut devrait prochainement donner son avis sur la question du mariage gay. Le sujet devrait inévitablement s’inviter lors du débat des prochaines élections présidentielles.

Los Angeles Times: “California Supreme Court overturns gay marriage ban”.

The New-York Times: “California Court Affirms Right to Gay Marriage”.

Judicial Council Of California: “Press Release - California Supreme Court Rules in Marriage Cases” (PDF).

Judicial Council Of California: In re Marriage Cases, S147999 (PDF).

En France, pays conservateur et en déclin sur la scène internationale des droits humains, la question n’est pas à l’ordre du jour.

Dans un commentaire publié sur la plateforme Seesmic, Loïc Le Meur aurait dit : “je vais enfin pouvoir épouser Vinvin”.

— 20 commentaires.

Rififi au Modem [vendredi 16 mai 2008]

Mais quel crime a donc commis Farid Taha, pour être ainsi décrié sur la blogosphère du centre? Il a tout simplement critiqué Bayrou. Quelle honte, n’est-ce pas? Critiquer ainsi le chef, et en plus devant les caméras, voilà un crime de lèse-majesté qui n’est pas du tout du goût de M. Lehideux, conseiller national, qui chope tout simplement Taha dans un coin pour lui dire tout le bien qu’il pense de lui. Un autre lui lance posément qu’il est un salopard. Il n’est apparemment pas le seul à émettre ce genre de critiques, mais là où Taha franchit le Rubicon, c’est en l’affirmant publiquement. [Maxime Pisano : “Don Farid Taha de la Mancha.”]

D’autres éclats de voix se font entendre au centre de la cour. “C’est une mascarade. Je ne cautionne pas ce texte”, clame un homme très fort, devant les caméras de télévision, tout à côté de François Bayrou, interviewé par d’autres. Le leader du Modem tente de faire bonne figure puis lâche: “c’est grotesque”, avant de s’éloigner. Bernard Le Hideux, député européen, tombe à bras raccourcis sur “l’intrus”, Farid Taha, en bisbille avec le leader centriste. “Tu es ridicule. Tu es un clown qui vient faire ton cirque devant les caméras alors que tu n’étais même pas là pour le vote. Tu es tout seul contre 300”. Le conseiller national s’écarte. Un autre membre du Modem le prend à parti dans un coin, furieux de voir porter une querelle interne sur la place publique: “Tu te conduis comme un salopard, un salopard à l’égard de ce parti”.

Farid Taha - bien esseulé - estime que “le texte proposé par Bayrou peut se résumer comme donner les pleins pouvoir à Bayrou”. Il s’échappe de la cohue mais Le Hideux le rattrape: “C’est honteux ce que tu as fait aujourd’hui.” “Je suis toujours membre du Modem”, estime le rebelle. “Tu t’es exclu tout seul”, tranche Le Hideux. François Bayrou passe pour rejoindre l’Assemblée, non sans jeter un très long regard noir à l’auteur de l’altercation. La fête de lancement du Modem est gâchée. “Tout s’est bien passé tout au long de la journée et la presse ne va retenir que cet énergumène minoritaire”, lâche une centriste, dépitée.

[LeJDD.fr, Maud Pierron : “Modem, vote et foire d’empoigne”.]

Minoritaire dans un parti minoritaire, pas tous les jours facile…

Quitterie Delmas s’insurge de l’attaque de Maxime Pisano : “non, je ne suis pas une bisounours. Luc Mandret joue sa pythie : “Maxime, tu dois bien imaginer qu’il y a quelque chose de plus ’politicien’ derrière tout cela. Mais je ne t’en donnerai pas les clés”.

— 9 commentaires.

Marketing touristique à Montréal [vendredi 16 mai 2008]

Tourisme Montréal vient de lancer son nouveau site de promotion de la ville. Il a coûté 1,5 million de dollars canadiens (972 000 €).

D’un point de vue technique, pour un site de 2008, on regretta une conception entièrement à base de tables, un code non valide, une accessibilité quasi-nulle. Terriblement “old-school”.

Voir aujourd’hui ce genre de choses fait sourire :

<td width="1"> </td>
<td><div class="section_separateur"></div></td>

Une navigation très accessible… :

<a class="tab" 
onmouseover="TwoStatesHyperlink.Initialize(
'mnuWeRecommend',
'mnuWeRecommend_Img',
'/Images/Fr/buttons/bt_werecommend_on.gif',
'/Images/Fr/buttons/bt_werecommend_on.gif');" 
ImageID="mnuWeRecommend_Img" id="mnuWeRecommend" title="" href="/" 
onclick="TabSwitch(1);return false;">
<img border="0" id="mnuWeRecommend_Img" 
src="/Images/Fr/buttons/bt_werecommend_on.gif" /></a>
<a id="ctl00_C1_ByTheme1_SubGroupsTop1_rptTopSubGroups_ctl00_lnkMore" 
title="Plus d'info" class="fullarticle" 
onclick="ByThemeSubGroupDetails(1,11213);return false;" 
href="/">Plus d'info</a>

Risible.

Et du script.aculo.us, en veux-tu, en voilà… Faut faire Web 2.0…

Ce nouveau site s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle démarche marketing :

1. Clientèle cible

Le choix de ces cibles a été arrêté de par l’effet multiplicateur qu’elles génèrent. En effet, moins affectée par les freins économiques - force du dollar canadien, prix du carburant, nouvelle réglementation en matière de passeport -, que la clientèle du marché affaires, notre clientèle touristique cible effectue de nombreux voyages, et fait preuve d’une grande influence tant sur l’ensemble de ses pairs et sur son environnement que sur la clientèle du marché affaires (planificateurs de réunions et décideurs associatifs).

Nos activités publicitaires ciblent principalement - mais non restrictivement - deux entités distinctes en provenance des États-Unis (plus spécifiquement de New York et de Boston), du Canada (Toronto), du Royaume-Uni (Londres), de la France et du Mexique :

- les HHAU (hétérosexuels, hédonistes, aisés et urbains) - Identifié par Tourisme Montréal, ce groupe est composé « d’oiseaux urbains » jeunes, célibataires et branchés, âgés de 25 à 39 ans. Ils sont en grande partie des professionnels (60 % d’entre eux) dont le salaire annuel moyen dépasse le seuil des 75 000 $. Généralement très à l’aise avec la technologie, ils consultent les sites de voyages, mais aussi les blogues et sont membres de réseaux sociaux virtuels (Facebook et autres).

- les SKER (Spending Kids’inheritance) - Il s’agit de couples sans enfants, en grande partie des professionnels dont le revenu annuel moyen est, là encore, estimé à plus de 75 000 $. Âgés de 35 à 55 ans, ils sont des lecteurs assidus des sections « voyages » des magazines et des quotidiens.

[Source : http://lancement.tourisme-montreal.org/files/TMFicheDocumentaire1.pdf]

Ah, et enfin, vous ne trouverez aucun lien vers le site de Tourisme Montréal, puisqu’on peut lire dans sa page “avis juridique” :

Il vous est interdit de créer dans d’autres sites Web des liens les reliant à ce site Web sans l’autorisation expresse du Propriétaire du site. (Pour obtenir cette autorisation, veuillez communiquer avec notre administrateur Web à info@tourisme-montreal.org).

Consternant. Je les prends donc au mot.

Le nouveau site de Tourisme Montréal, à 972 000 €, c’est un bon échantillon de ce qui ne faut pas faire en matière de web. Et je ne prends pas le temps de vous parler d’utilisabilité, de navigation et d’expérience utilisateur… La vocation de ce nouveau site est de “surprendre”, pour ma part, c’est plutôt réussi.

Allez donc y faire un tour.

Le site de Tourisme Montréal est l’œuvre des sociétés Cactus.net et Sid Lee (ex. Diesel). Ucentric a été consulté au sujet de l’expérience utilisateur.

[Via Michelle Blanc : “Lancement du nouveau site de Tourisme Montréal”.]

P.S. Heri Rakotomalala, développeur à Montréal, a trouvé une fonction très intéressante sur le site de Tourisme Montréal, lorsque vous utilisez le bouton “back” de votre navigateur :

Alerte sur le site de Tourisme Montréal.

Wow !

(Merci Manuel Masson pour le lien.)

P.S. bis. Mario Asselin se pose des questions sur ce budget de près d’un million d’euros.

Éric Baillargeon ne fait que dire “une aberration absolument incroyable”. Houssein déclare être 100 % d’accord avec les critiques négatives.

— 52 commentaires.

Harcèlement sexuel à l’Assemblée ? [samedi 17 mai 2008]

Combien sont-elles? Elles et eux, car les garçons n’échappent à la pression parfois excessive de leur patron. Tel célèbre et ancien membre de la Mitterrandie est ainsi connu pour appeler ses collaborateurs à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. […]

Comme le dit crûment une jeune femme confrontée au harcèlement sexuel de son ancien patron:

“Tout ces mecs sont pareils, avec leur assistante qu’ils prennent pour une pute. Chaque semaine, ils montent à Paris mardi et mercredi, ils ont laissé bobonne à la maison et leur respectabilité de province. Et là, dans l’anonymat de la capitale, on se lâche…”

Et le soir, au JT, les mêmes vont pérorer face caméra dans la salle des Quatre colonnes.

[Rue89, Julien Martin et David Servenay : “Ces députés et sénateurs qui bafouent le code du travail”.]

J’imagine que cet article va faire le bonheur de nos blogueurs assistants parlementaires…

Si j’étais sénateur et qu’il fut mon assistant, je le harcèlerais sans doute :-)

(Histoire de rendre jaloux cet autre.)

— 1 seul commentaire.

Appel aux blogueurs socialistes [samedi 17 mai 2008]

Valerio Motta.

Chers camarades.

Notre phase de congrès commence. Nos adversaires rêvent que ce soit l’occasion de pouvoir affirmer que le parti socialiste est incapable de procéder au débat d’idée sans se foutre sur la gueule.

En notre sein, certains affûtent déjà leurs arguments pour dézinguer la crédibilité des uns, la personnalité des autres. La blogosphère socialiste n’y échappe pas.

Je m’engage à ce que, sur ce blog, les débats ou les prises de positions restent respectueuses des mes camarades socialistes. Bien sûr, la critique des positions des uns ou des autres y aura sa place. Mais la critique des idées, des stratégies et des positions, pas les mots déplacés, pas les phrases outrancières sur les personnes.

N’hésitez pas à marquer votre approbation en reprenant le logo sur votre blog et en ajoutant votre blog à la liste de liens qui se constituera par le biais des commentaires de ce billet.

[Valerio Motta : “Appel aux blogueurs socialistes”.]

Réunion de blogueurs socialistes.

En photo : joyeuse réunion de blogueurs socialistes de différents courants. De gauche à droite, un moscoviciste, un hamoniste-strauss-kahnien, un jospino-delanoïste, un ségoléniste, un aubryiste. [Crédit].

— 8 commentaires.

Souricière préfectorale [samedi 17 mai 2008]

Eolas : “République, mode d’emploi”, où l’on constate le zèle de la Préfecture des Hauts de Seine. “Je vous rappelle que l’éloignement des étrangers en situation irrégulière est une mission prioritaire de notre service : nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Je vous demande donc d’appliquer avec un zèle particulier les instructions contenues dans la présente note”. Instructions invitant à l’arrestation des étrangers se présentant spontanément aux guichets de la Préfecture dans l’espoir d’une régularisation…

Brice doit être content de cette préfecture modèle.

— 5 commentaires.

Web 2.0 is unreliable [dimanche 18 mai 2008]

In the blogosphere of early and ardent technology adopters, sites like Twitter and Seesmic have justifiably gained the attention and buzz. Twitter has had a series of well documented outages, and this weekend Seesmic seized up when videos of movie celebrities, such Steven Spielberg and Harrison Ford, were posted to the video sharing site.

[…] These recurring problems once again demonstrate that the much loved Web 2.0, consisting of many start-ups lacking adequate infrastructure and stable code, is unreliable.

Dan Farber: “Web 2.0 is unreliable”.

— 6 commentaires.

Beau comme un nudibranche [lundi 19 mai 2008]

Flabellina exoptata.

Flabellina exoptata.

Galerie de photos de nudibranches par David Doubilet, National Geographic. (Certaines photos sont téléchargeables pour être utilisées en fond d’écran.)

Les nudibranches sont les cousins marins de l’escargot et le la limace.

[Via MeFi.]

Photographie sous-marine, David Doubilet.

— 8 commentaires.

Économie en mer [lundi 19 mai 2008]

Happy Victoria Day [lundi 19 mai 2008]

Quand Wikipedia est révélateur de différences culturelles et politiques…

Pages Fête de la Reine sur Wikipédia

À gauche, page consacrée à le Fête de la Reine au Canada sur le Wikipedia anglophone.

À droite, page consacrée à le Fête de la Reine au Canada sur le Wikipedia francophone.

On pourrait mettre en cause l’indigence du Wikipedia francophone, mais la différence, inversée, est bien moins flagrante quand on compare la page Journée nationale des Patriotes à la page National Patriotes Day (la page française est à peine plus longue que son homologue anglais).

Quoi qu’il en soit, bonne fête de la Reine, du Dollard et des Patriotes à tous.

— 8 commentaires.

Blogueuses sponsorisées [lundi 19 mai 2008]

Emery dévoile sur son blogue les rémunérations de blogueuses en vue pour des billets sponsorisés par la marque Kinder, via la régie Lycos Europe Network.

Les réactions suscitées sont vives : “Ce blog est une vraie poubelle”. Babillages ajoute “vous méritez amplement votre surnom de fouille merde”. Une certaine Caroline, très remontée : “j’ai envie de te pisser à la raie”

— 65 commentaires.

Séro+ ou pas [lundi 19 mai 2008]

Aussi amusant que “hot or not”, voici “positive or not“…

— 1 seul commentaire.

Sauvons le Palais de la Découverte [mardi 20 mai 2008]

Parce que j’y ai plein de souvenirs, parce c’est là que j’ai découvert mon premier ordinateur vers 1978 et que j’y ai passé tous mes mercredis et fins de semaine lorsque j’étais adolescent, parce que la Cité des Sciences ne joue pas dans la même catégorie, parce que c’est un lieu “magique” malgré son délabrement, parce que l’enseignement des sciences est essentiel, parce que je connais plusieurs personnes qui y ont trouvé leur vocation, je relaye avec ferveur :

Sauvons le Palais de la Découverte !

Et, non seulement il faut sauver, mais il faut enfin financer le Palais de la Découverte et lui donner un statut pérenne, une ambition renouvelée dans le sillage de celle de 1937.

Nous manquons en France d’un Jean Perrin contemporain. Et, quand on y songe, n’est-il plus beau nom de musée que celui de la découverte ?

Mais ce genre d’établissement ne plait pas à tout le monde et il y a des gens pour le voir disparaître.

La Société Mathématique de France, la Société Française de Physique et la Société Française de Chimie sont soucieuses des risques que pourrait représenter pour l’avenir du Palais de la Découverte une simple fusion avec la Cité des Sciences et de l’Industrie (CSI). Nos trois sociétés souhaitent par cette lettre commune vous apporter leur soutien.

Depuis sa création et jusqu’à ce jour, le Palais a su maintenir une qualité exceptionnelle de contact avec la communauté scientifique des sciences de base, dont nous nous faisons l’écho. Le dialogue avec nos chercheurs est présent depuis que le Palais a été créé aux cotés du futur CNRS. Les présentations d’expériences et les créations d’expositions en interne et itinérantes rendent bien compte de « la science en train de se faire ».

[…] Nous défendons fermement le fait que le Palais de la Découverte continue à fonctionner sur le site central et prestigieux qu’il occupe aujourd’hui. Nous affirmons que des moyens propres suffisants doivent lui être attribués, de façon à renforcer encore sa mission de mise en valeur des savoirs de base et leur diffusion auprès des jeunes et du grand public.

Nos trois sociétés affirment leur volonté de poursuivre leurs actions communes avec le Palais de la Découverte en y associant à l’occasion les sociétés savantes européennes.

[Société Française de Physique, Société Française de Chimie, Société Mathématique de France : lettre adressée à Monsieur Jack Guichard, Directeur du Palais de la Découverte.]

— 14 commentaires.

Noms de classes [mardi 20 mai 2008]

Le Haut Conseil de l’éducation va réfléchir à une nouvelle appellation des classes en élémentaire. Exit le CP, le CE1 ou encore le CM2 chers à notre enfance ? Le président du Haut Conseil de l’éducation, Bruno Racine, également président de la Bibliothèque nationale de France, a émis l’idée de changer l’appellation des classes du primaire. [Le Figaro : “Primaire, les noms des classes pourraient changer”.]

Changer les noms de classe, ça va tout changer… Voilà un grand chantier ambitieux pour l’Éducation nationale…

Lorsque j’étais à l’école, si mes souvenirs ne me trahissent pas, on ne parlait pas de CP, CE, CM… Soit, cela n’existait pas encore, soit, cela était-il réservé au langage technocratique. “Tu es dans quelle classe ?” “Je suis en 10e B”. C’était simple, neutre. À quoi bon chercher midi à quatorze heure ?

P.S. Un comparatif avec le système au Québec :

France ancien système France système actuel Québec
11e CP 1re
10e CE1 2nde
9e CE2 3e
8e CM1 4e
7e CM2 5e
6e 6e 6e
5e 5e 1re secondaire
4e 4e 2e secondaire
3e 3e 3e secondaire
2nde 2nde 4e secondaire
1re 1re 5e secondaire
Terminale Terminale 1re année de Cégep

Le Cégep québécois (Collège d’enseignement général et professionnel) est une transition entre l’école secondaire et l’université. On y donne des cours généraux (philosophie, littérature, anglais, éducation physique, culture générale), et des cours de spécialisation à choisir (sciences de la nature, sciences humaines, arts et lettres). Le passage au Cégep dure deux ans.

Le passage au Cégep recouvre la terminale et la première année universitaire en France.

— 21 commentaires.

Omelette Ballmer [mardi 20 mai 2008]

Samuel Laurent : “Steve Ballmer n’a pas une vie facile”.

— 2 commentaires.

Art épistolaire [mardi 20 mai 2008]

Rudy Ricciotti est un architecte français, d’origine italienne, né en 1952 à Alger. On lui doit notamment le “Stadium” de Vitrolles. En 2000, l’État lui confie la restructuration de l’accueil du public (billeterie, salles d’expositions, circulations, etc.) à l’abbaye de Montmajour, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Au début de ce mois, il envoie cette lettre au Centre des Monuments Nationaux au sujet d’un nouveau marché concernant l’abbaye :

Monsieur,

En main votre marché de maîtrise d’œuvre du 13 février 2008.

Celui-ci présente les conditions suivantes :

[Longue liste de pénalités et d’engagements divers…]

Je veux bien admettre que ma gueule de voleur de poule et mon accent de bâtard méritent peu de considération, mais ce contrat scandaleux et méprisant n’incarne pas l’idée que je me fais de l’État, de la démocratie et de la culture. Je veux bien admettre que les pulsions fascistes et autoritaires puissent amener à ce délire psychopathe, paranoïaque et tortionnaire, mais je ne veux pas me faire enculer avec le sourire sardonique de la Joconde sans protester tout de même.

Par voie de conséquence, je vous prie de chercher le pigeon corvéable à merci, plumable à souhait, docile et sodomisable frontalement ailleurs que dans mon cabinet.

Je vous accolade cependant à la façon des commandos narines.

Je veux bien renoncer aux exorbitants vingt mille euros d’honoraires pour toute cette mission et ainsi ne rien signer et travailler gratuitement ce qui me reviendra moins cher.

Très respectueusement.

Rudy Ricciotti
Grand Prix National d’Architecture
Chevalier de la Légion d’Honneur
Officier des Arts et des Lettres

[Lofta+Playtime, agences d’architecture : “Tribute to Rudy Riccioti” — Merci Petites Phrases.]

— 31 commentaires.

Un mariage inoubliable [mercredi 21 mai 2008]

Déjeuner sur l’herbe [mercredi 21 mai 2008]

Vous n’aimez pas les blogueurs ? Vous avez bien raison, je sais de quoi je parle. Donc, vous n’avez aucune raison d’aller pique-niquer le 25 mai prochain au milieu d’exemplaires de cette sale race.

— 8 commentaires.

Nouvel Obs bidonne l’info, encore… [jeudi 22 mai 2008]

Spectaculaire, mais totalement faux. Je le sais, comme mes confrères en poste à Bruxelles le savent, puisque j’étais présent. Et je peux vous affirmer que jamais le Président n’a tenu de tels propos. En le disant, je brise le « off » dont nous étions convenu avec l’Élysée. Mais comment rester muet devant un tel mensonge qui nuit à toute la profession : d’une part parce que celui qui a parlé (ou qui a parlé à quelqu’un qui a parlé) a violé le « off  , mais surtout parce qu’il a raconté n’importe quoi. C’est exactement de la même eau que le soi-disant SMS envoyé par Nicolas Sarkozy à son ex-femme (« si tu reviens, j’annule tout »).

[Jean Quatremer : “Sarkozy, le Nouvel Observateur et les « connards »”.]

P.S. La blogosphère réactionnaire de droite, génétiquement catholique, en fait ses choux gras. Nous ne lui jetterons pas la pierre.

— 22 commentaires.

Le bit au vent [jeudi 22 mai 2008]

Quand est venu le temps de changer mon ordinateur au mois de septembre dernier, j’ai succombé à la tentation de revenir à mes premiers amours. Les grands insécures font ça des fois. J’ai sacré à quelques reprises les premiers temps, mon Mac ne me laissant prendre aucune décision. Pas moyen de tricher. Je vous dis, une vraie histoire de couple. Puis, comme dans la vraie de vraie vie, j’ai appris à lâcher prise, j’ai commencé à faire confiance et à m’abandonner à la bête. Depuis, je surfe sur un nuage de bonheur, le bit au vent.

[Patrick Dion : “Un cœur dans la pomme”.]

— 1 seul commentaire.

La rosette à Céline [vendredi 23 mai 2008]

Céline Dion décorée de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy. Si vous ne le saviez pas encore, la Légion d’honneur, ça ne veut pas dire grand chose. Comme d’autres symboles de l’État.

À la décharge de Nicolas Sarkozy, ses prédécesseurs ont déjà galvaudé le principe, et depuis bien plus longtemps qu’on l’imagine. Les honneurs de la République n’ont aucune signification autre que celle révélatrice de coteries et d’intérêts du moment. C’est un peu l’héritage républicain des titres de noblesse, c’est dire leur valeur.

Sacs d’os au Panthéon, sièges chez les verts immortels, rosettes décoratives, palmes décaties et autres privilèges de rombières… Tout cela sent le formol au service d’ambitions éloignées de l’intérêt commun. En bref, du marketing et des relations publiques, à la sauce poussière.

P.S. La Légion d’honneur aurait été attribuée à Céline Dion il y a 3 ans, par Jacques Chirac [source La Presse].

— 7 commentaires.

Le sacre de Bertrand [vendredi 23 mai 2008]

Avec son nouveau livre, Bertrand Delanoë se positionne clairement pour les prochaines présidentielles. Nous aurions pu rêver d’un Barack pour la France, nous avons un Bertrand. Il faudra faire avec, même si nous pouvions rêver mieux.

La cheftaine scoute n’a aucune chance, les militants ne vont pas jouer sur une équipe perdante, même s’ils se sont grossièrement fait abusé par les sondages et Paris Match lors des dernières primaires. On ne les piégera pas deux fois. Ségolène Royal, avec son insupportable catéchisme participatif, femme politiquement inconsistante et inconstante, appartient au chapitre des accidents de l’histoire du PS. De mon côté, je ne crois plus en une option DSK, pourtant soutenue avec ferveur il fut un temps.

Maintenant, c’est Bertrand. Point final.

P.S. Ipsos, 14 mai. Le match Delanoë–Royal : la personnalité préférée pour diriger le PS.

Ensemble
%
Sympathisants
PS %
Bertrand Delanoë 59 52
Ségolène Royal 28 40
Ni l’un ni l’autre 9 5
Ne se prononce pas 4 3

[Via VinZ en commentaire.]

— 28 commentaires.

Hillary vaincue par le sexisme ? [vendredi 23 mai 2008]

Hillary Clinton semble avoir trouvé l’explication de son échec annoncé dans les primaires démocrates : le sexisme ambiant, qui se manifesterait en particulier dans la presse.

Elle fait allusion aux commentaires suscités par le dévoilement furtif de son décolleté, à des remarques sur ses éternels tailleurs-pantalons et à la description de son rire comme «un caquètement». «Cela a été profondément offensant pour des millions de femmes», dit la candidate. Plus, à ses yeux, que les manifestations de racisme dont son rival a pu faire l’objet. «Le sexisme qui s’est exprimé dans cette campagne est en quelque sorte plus respectable, ou du moins plus acceptable. On dirait que la presse n’est pas dérangée par le vitriol incroyable déversé par des gens qui ne sont rien d’autre que des misogynes.»

[Le Figaro, Philippe Gélie : “Guerre des sexes”.]

— 10 commentaires.

Créativité capillaire [vendredi 23 mai 2008]

Jon Dyer s’est donné le défi d’essayer tous les styles de barbe possibles. [Via Travailleur du Web.]

— 0 commentaire.

Orgasme ferroviaire [vendredi 23 mai 2008]

La Dernière Heure : La conductrice qui jouit. [Via Maïa.]

Étonnement à bord d’un train qui effectuait il y a quelques jours la liaison entre les villes de Zwolle et Leeuwarden, aux Pays-Bas. Les voyageurs ont été surpris par le message pour le moins érotique diffusé dans les haut-parleurs.

La conductrice du véhicule, en pleine séance de masturbation, avait oublié de débrancher son micro. Du coup, par haut-parleurs interposés, les voyageurs ont pu assister en direct à l’orgasme de la cheminot. Un pur moment de bonheur et de fous rires. Tous n’ont pu en croire leurs oreilles.

La minute trente qu’a duré la séance aura en tous les cas pu être partagée avec le plus grand nombre puisqu’un passager un peu voyeur a eu l’indécence - le vilain ! - de filmer l’instant et de le poster sur le plus célèbre des sites d’échanges de vidéos, Youtube. À toute vapeur !

(Oui, je sais titre déjà utilisé…)

— 4 commentaires.

Carnet mondain [samedi 24 mai 2008]

Le 31 mai, Matoo fête ses 32 ans. Ce sera comme un Paris-Carnet, mais avec des tapettes ! (Les mauvaises langues diront “encore pire qu’un vrai Paris Carnet alors…”).

Côté rendez-vous, n’oubliez pas le pique-nique demain. Le temps ne devrait pas être trop pire.

Et mercredi, c’est République des blogues (où des gauchistes fomentent certains projets à mon égard…). Nous y parlerons réforme des institutions, primaires américaines, livre de Delanoë, congrès du PS, nouveaux sex-toys, etc. Nous ne nous coucherons pas trop tard pour répondre à l’invitation d’Éric Besson.

— 6 commentaires.

Angoisse du vide [samedi 24 mai 2008]

Dans son émission Éclectik, Rebecca Manzoni a une idéé de radio amusante : se barrer du studio et laisser son invité seul devant le micro ouvert. Elle appelle ça la “minute de solitude”… Un moment d’angoisse du vide pour l’invité…

— 2 commentaires.

Gala Blogu’or 2008 [samedi 24 mai 2008]

Gala Bloguor.

Les Blogu’or 2008 honorent des blogueurs émérites du Québec et d’ailleurs. Aujourd’hui, c’était la cérémonie de remise des prix, avec quelques “guest-stars”.

Si vous ne devez voir qu’une seule vidéo, choissisez la 4e… ;-)

(Je publie la liste complète des gagnants dès qu’elle est disponible… Des blogues de qualité à découvrir…)

Liste des gagnants et finalistes.

— 11 commentaires.

À quoi sert un journaliste ? [samedi 24 mai 2008]

Quelle question saugrenue : tout le monde sait qu’un journaliste sert à cirer les pompes de ses chefs, de son patron, des publicitaires, des hommes politiques et des chefs d’entreprise. Ce qui lui permet au passage de gagner maigrement sa vie. S’il est un peu aigri de cette situation, il s’en satisfait parce qu’il ne saurait pas faire grand-chose d’autre dans la vie réelle et parce que la fréquentation des puissants lui donne quelque importance auprès de son entourage.

[Patrick Eveno, maître de conférence à la Sorbonne, cité par Philippe Couve, via Narvic.]

— 7 commentaires.

Attente… [dimanche 25 mai 2008]

Demande(s) de résidence permanente
Demandeur : LAURENT CLAUDE GLOAGUEN
État de la demande de résidence permanente : En cours

Je commence à trouver ça insupportablement long…

Plaignez-vous de l’administration française et de ses lenteurs, mais tout n’est pas rose ailleurs, loin de là… Il semble que cela coince un peu au niveau de l’Ambassade du Canada à Paris, en travaux. Les conditions énoncées sur la page “travaux” sont claires :

Aucune information ne sera disponible à l’Ambassade concernant la résidence permanente au Canada ou les demandes en cours de traitement.

Si vous vous demandiez pourquoi je suis un peu à cran ces temps-ci, vous savez pourquoi.

— 16 commentaires.

Bug WordPress.com [dimanche 25 mai 2008]

Bug RSS Wordpress.

À moins que MC, Maxime et Patrice aient décidé d’aller ensemble à San Francisco…

Où alors est-ce un nouveau système de matraquage publicitaire inventé par Matthew ?

— 4 commentaires.

Querelle libérale [lundi 26 mai 2008]

«Je ne pourrais jamais dire : je suis libérale. Je ne crois pas qu’il faille réhabiliter ce mot et ce concept. C’est le mot de nos adversaires politiques, synonyme de capitalisme débridé, d’écrasement des bas salaires, de violence». [Ségolène Royal.]

La même Ségolène Royal qui dit, lorsque l’on tourne en dérision la “démocratie participative”, “les caricatures sont inutiles”.

Par facilité de langage, nous parlons de “libéralisme” pour “libéralisme économique”. Mais ce n’est pas en appauvrissant les concepts que l’on enrichit la pensée.

Cet épisode illustre à quel point le marketing se substitue à la réflexion politique chez certains socialistes. Quand Benoît Hamon déclare “Le passé du Labour anglais ou du SPD allemand ne peut être l’avenir du PS français alors que l’offre politique de la social-démocratie européenne a été mise en échec partout”, on lit plus le résultat d’une étude de marché pan-européenne qu’une pensée politique — avec des histoires non transposables, la France n’a pas connu 10 années successives de blairisme. (Et si l’on tient vraiment à se placer sur le terrain de la stratégie politique, il ne faudra pas faire l’économie de l’analyse de la migration d’une partie de l’électorat socialiste vers le centre lors des dernières présidentielles.) Marketing encore avec la “démocratie participative” du clan ségoléniste, qui n’a pas fait ses preuves autant dans son mode que dans son résultat…

Le concept libéral a l’avantage de servir de plan de clivage entre le socialisme moderne et l’extrême gauche, représentée par Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon, de définir des contours clairs.

Il est temps de réhabiliter le terme “libéral” et de donner un sens et du contenu à “social et libéral”.

Ségolène Royal se place souvent sur le terrain de l’anathème et de l’imprécation, à défaut de constance dans le propos. Puisqu’elle disait en mars 2008, alors qu’elle souhaitait “en finir avec les conformismes”, à peu près la même chose que Bertrand Delanoë sur le “libéralisme politique”, dans un entretien accordé au magazine Le Point :

Le grand débat n’est-il pas aujourd’hui entre le socialisme et le libéralisme ?

De quel libéralisme parlez-vous ? Si c’est du libéralisme politique, il est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Pierre Leroux, l’inventeur du mot socialisme en 1840, Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l’individu est la mesure de toute chose » , Blum anticipant lors du congrès de Tours la dérive dictatoriale du communisme soviétique, Mitterrand abolissant la Cour de sûreté de l’Etat et la peine de mort. La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! Si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, laisser-aller, qui, depuis l’aube du capitalisme, oppose les vertus de la main invisible du marché aux régulations de la puissance publique et l’harmonieuse convergence des intérêts particuliers à la construction volontaire de l’intérêt général, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là et il n’est pas le seul. Le gaullisme non plus ne tombait pas dans ce panneau. Et la République s’est construite, non sans mal, non sans reculs, contre cette illusion naturaliste.

Le libéralisme n’est-il pas une belle idée de gauche à l’origine, inventée au XVIIIe siècle, contre la monarchie ? Pourquoi la gauche l’a-t-elle diabolisée ?

Je vais vous dire le fond de ma pensée : les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme politique, qui est au fond l’autre nom de la démocratie, ce sont tous ceux, à gauche mais pas uniquement, qui savent combien les libertés politiques sont fragiles si l’on fait l’impasse sur les inégalités sociales. C’était vrai hier et ça l’est toujours aujourd’hui. Car la liberté du renard dans le poulailler, on sait ce que cela donne !

[…] La gauche française n’a-t-elle pas de leçons à prendre dans les expériences de Gerhard Schröder, de Tony Blair ou des social-démocraties nordiques ? Et lesquelles ?

Elle a, je le dis depuis longtemps, à tirer les leçons de ce qui marche et de ce qui ne marche pas chez nos voisins. Vous auriez pu citer Zapatero, sous la conduite duquel l’Espagne se métamorphose à grands pas. Mais il n’y a pas de modèle mécaniquement transposable, plutôt une inspiration à puiser dans les expériences des uns et des autres, sans oublier que la social-démocratie traditionnelle est elle aussi en crise. L’étape suivante, ce n’est pas le retour au congrès de Bad Godesberg, il y a un demi-siècle ! Le monde a changé, le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission. Nos amis scandinaves ont, les premiers, su concilier l’ouverture à la compétition mondiale et la consolidation des solidarités nécessaires, la souplesse dont les entreprises ont besoin et la sécurité que les salariés sont en droit d’attendre pour ne pas vivre mobilité et reconversion comme un drame, la force d’un mouvement syndical puissant et la qualité d’un dialogue social permettant d’anticiper ensemble les mutations à réussir.

Ce parti pris garde, sur le fond, une grande actualité, mais les outils sur lesquels il s’est appuyé se sont usés au fil du temps. Et les dérégulations réalisées en Suède sont loin d’être toutes un succès, en particulier dans le domaine de l’énergie. Il n’y a donc pas de recette du socialisme moderne, mais des questions, des réussites et des échecs à mettre en commun pour que chacun, avec son histoire propre, en tire des conséquences opérationnelles pour son pays. Je suis conviée en Europe du Nord et en Allemagne, et c’est de cela que nous allons discuter avec les socialistes.

[…] N’est-il pas temps que la gauche se réconcilie avec Tocqueville ?

Mais d’où tenez-vous que nous serions fâchés ?

Tenez vous un discours social-libéral ?

Non, je ne suis pas social-libéral : je n’adhère pas à ce que représente ce courant de pensée. Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable, “libéral”. Et quand il s’applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu’un militant socialiste devrait le revendiquer. En revanche, ce qui est inacceptable pour un progressiste, c’est de hisser le “libéralisme” au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l’État et laisser-faire économique et commercial. Il est donc temps que nous cessions de nous acharner sur un mot, et que nous tournions le dos à cette triste époque de notre histoire collective, qui a vu une grande partie de la gauche française rejeter une constitution européenne au motif qu’elle aurait été “libérale”. C’est d’autant plus absurde – et croyez bien que je ne suis pas inspiré par le goût du paradoxe, mais par celui de la vérité – que la gauche que je défends est par essence libérale. Quant au sarkozysme, ce bonapartisme modéré par la désinvolture – mais nous y reviendrons –, il est profondément antilibéral. Je le dis et je tente de le prouver. Qu’est-ce que le libéralisme ? C’est une doctrine d’affranchissement de l’homme, née dans l’Europe des Lumières. C’est, comme son nom l’indique, une idéologie de la liberté, qui a permis l’accomplissement de grandes conquêtes politiques et sociales. Le principe en est simple : il n’y a pas d’oppression juste, il n’y a pas de chaîne qui ne doive être brisée, il n’y a pas de légitimité, ni donc de fatalité, à la servitude. Et le libéralisme, c’est dans le même temps l’idée que la liberté est une responsabilité, qu’être libre ce n’est pas faire ce que l’on veut mais vouloir ce que l’on fait. Au nom de cet héritage intellectuel- là, celui de Montesquieu, de John Locke, au nom de ceux qui ont su se dresser contre le confort mortel de l’habitude pour dire non, je suis libéral. Je suis libéral parce que j’aime la liberté. Pour moi-même : j’ai toujours voulu être un homme libre de toutes les puissances et de toutes les dominations. Et pour les autres : j’aime les peuples libres qui défient la rigueur de l’histoire, j’aime que, collectivement, s’exprime le désir d’avancer fièrement dans la voie que l’on s’est souverainement tracée. Et ce que je dis des peuples vaut pour les personnes. Chaque individu a droit au bonheur, et il a le droit de le rechercher par les moyens qu’il souhaite. Avec une seule limite, celle de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme, qui définit l’idée que je me fais du libéralisme : “(…) l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits.” Le libéralisme est donc d’abord une philosophie politique et j’y adhère. Ce sont les conservateurs qui l’ont dévoyé au service d’une idéologie du laisser faire économique et de la perpétuation des rentes et des privilèges dont ils bénéficient déjà. Au nom d’un principe de liberté, leur dessein est en réalité celui de l’immobilisme, qui prolonge leurs avantages et reproduit toujours les mêmes inégalités. C’est une supercherie à la fois intellectuelle et idéologique, dont la gauche ne doit pas, ne doit plus, s’accommoder. Je suis donc libéral ET socialiste.

[Bertrand Delanoë.]

(Ce qui permet de constater une fois encore que sur le fond, il y a bien peu de différence entre Delanoë et Royal… Mais il est vital pour Ségolène de se démarquer, d’où ses propos actuels.)

Enfin, moi aussi, je suis libéral ET socialiste.

P.S. Lire aussi Versac sur la même question : “Libérale ? Non merci.

Je suis définitivement dans le camp de Delanoë. Tant de bêtise opportuniste de la part de Ségolène Royal montre bien qu’elle ne veut pas, rien comprendre, et mise sur le rabaissement du débat.

— 18 commentaires.

Heureuse nouvelle [lundi 26 mai 2008]

“Ma phase dépressive post-référendum a cessé, et je me sens à nouveau d’humeur à bouffer du noniste.” Eolas.

— 13 commentaires.

Soyez écolos, mettez une capote [lundi 26 mai 2008]

Homo sapiens est la pire espèce invasive. Notre monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne. En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950. Stop, ou encore ? Nous avons toutes les preuves que la planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100. Nous feignons d’ignorer la finitude d’un monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche.

Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une planète viable. Posséder une famille nombreuse n’est-il pas un délit environnemental, une grave atteinte à la planète et à l’avenir commun ?

Pour un ami de la Terre, toute abstinence à la procréation humaine, toute pénurie des naissances sont reçues comme de bonnes nouvelles.

Sans peur ni reproche du métissage, le renouvellement des générations des pays développés devra se faire par les immigrants.

[Naturavox, Michel Tarrier : “Si on aime les enfants, il ne faut pas en faire !”]

Et vive Malthus, en attendant la catastrophe.

Soyez écolos, mettez une capote.

(Voilà un sujet qui devrait toucher Tristan qui réfléchit beaucoup aux limites des ressources…)

(Merci La Lène.)

— 26 commentaires.

Retour au bercail [lundi 26 mai 2008]

On notera la contradiction entre les ronflantes déclarations anti-web des patrons de presse et l’usage résolu des contenus amateurs par les rédactions en ligne. Ce qui pose plusieurs problèmes. Pratique indépendante et gratuite, le blogging classique entretient habituellement chez le lecteur un a priori bienveillant à l’endroit de l’auteur. En consultant les commentaires des sites de presse, on peut constater que les journalistes n’ont pas droit à une telle mansuétude. Leur profession cumule au contraire les représentations négatives: “charognard”, “inculte”, “vendu” sont les épithètes les plus douces qu’on adresse à une figure à laquelle plus personne n’a envie de s’identifier. De surcroit, le blogueur pris pour un journaliste tombe sous le coup d’une double peine. Son genre favori encourage la mise en avant personnelle et le développement d’un point de vue particulier. Mais lorsque le lecteur croit lire l’article d’un professionnel, dont la fonction requiert la neutralité, cette liberté est jugée insupportable et attise encore sa colère.

[André Gunthert : “Dans la peau d’un blog embedded”.]

— 5 commentaires.

Le Narvic du jour [lundi 26 mai 2008]

[Message perso : cher Narvic, il faudrait cesser de faire des articles passionnants quasi quotidiennement sur le journalisme contemporain, de ses mutations et de ses déboires… À voir le nombre de fois où je te lie, certains mauvais esprits pourraient croire que tu me soudoies pour assurer ta promotion, ou pire, que tu couches…]

Bref, le Narvic du jour, à lire : “Un journalisme de re-médiation”. Ce billet fera date.

— 5 commentaires.

Chaîne culinaire [lundi 26 mai 2008]

Une blondasse m’a refilé une chaîne un MST (mème socialement transmissible), j’y réponds rapidement :

1. Un aliment ou produit que je n’aime pas du tout.

Je n’ai pas de réponse spontanée qui me vient à l’esprit, j’ai plutôt tendance à manger de tout, pas d’aliment rédhibitoire. J’ai eu la chance d’avoir une éducation au goût très variée, ce qui ne semble pas être le cas des jeunes et des Nord-Américains, en général.

Il n’y a pas de mauvais aliments, il y a des mauvais produits et des mauvais cuisiniers.

Quoique, j’ai un peu de mal avec les fourmis d’Amazonie grillées que l’on sert en Colombie à la place des biscuits apéritifs… Et pour rester dans le même continent, je m’imagine mal déguster de la mygale, pourtant jugée délicieuse par les autochtones.

L’ingrédient principal en cuisine, et le secret de la réussite, c’est l’amour.

2. Mes 3 aliments favoris.

Comme cette question est difficile et restrictive, j’aime tant de choses. Disons que si c’était mon dernier repas, j’aimerais y voir figurer de la cervelle, de l’andouillette et de la côte de bœuf.

Ah, et du cheval aussi, j’adore la viande de cheval, l’une des meilleures viandes rouges. Allez, un tartare de cheval en dessert…

3. Ma recette favorite.

Je n’en ai pas. Il y a celles que je sais bien réussir, mais ce n’est pas forcément la “recette favorite”.

Je fais souvent du kouign amann ces temps-ci, mais je n’en mange jamais, c’est juste pour empoisonner les artères de mes invités. Et ils semblent heureux de l’être (comportement suicidaire intéressant à observer)… Il faut dire que je ne suis pas très dessert…

4. Ma boisson de prédilection.

Le vin rouge, sans discussion.

5. Le plat que je rêve de réaliser et que je n’ai toujours pas fait.

Une panse de brebis farcie ou un kig ha farz.

6. Mon meilleur souvenir culinaire.

Pour un repas au restaurant, le défunt Lucas Carton ou le Grand Véfour. Pour le frisson multisensoriel, un steamy hot dog au Montreal Pool Room sur la Main.

Pour un plat, la côte de bœuf au BBQ que prépare mon mari juste pour me faire plaisir. Sans oublier son foie à la vénitienne…

Je refile le morpion culinaire à Martine, Michel, Tristan, Pep, Koztoujours, Édouard, Gonzague pour savoir s’il ne mange pas que des frites McDonald, et bien sûr, au Lapin.

P’tin, c’est pas sympa cette chaîne, j’ai repris le régime (après de nombreux égarements cet hiver)…

— 6 commentaires.

All You Need Is Love [mardi 27 mai 2008]

The theme for this year’s LeWeb conference will be LOVE… and that’s love in all its permutations… love of entrepreneurship, technology and innovation, of course, but at far higher level it’s about how we as a society are driven. We’ll look at romantic love, love online, what happens when love turns sour, and we’ve also discussed ideas about how we can emphasize the “heart” of technology - social activism, philanthropic activity, political involvement.

Partouze 2.0.

— 1 seul commentaire.

Ex-collègue [mardi 27 mai 2008]

J’ai redécouvert Laurent en le lisant. En lisant son blog.

Avant, je ne le connaissais pas et pourtant je bossais avec lui. On a bossé ensemble dans la même boîte pendant 6 ans. 6 années où j’ai eu affaire à un homme discret, limite froid, à un homme qui, quand il s’adressait à vous, vous mettait souvent mal à l’aise. (Est-ce parce que je suis une femme ?! ;-)

Et depuis mon immersion “blogosphérienne”, depuis que je lis son blog, embruns.net, j’ai découvert que sa discrétion et que sa pseudo froideur cachait en réalité une sensibilité et une timidité extrêmes.

Laurent fait partie de ceux qui se cachent de peur qu’on les démasque, de ceux qui aiment jouer au chat et à la souris, de ceux qui provoquent, qui éveillent et qui (souvent) agacent.

[Ladyblogue : “Les petits riens de… Laurent Gloaguen”.]

— 22 commentaires.

Question de regard [mardi 27 mai 2008]

Tu as de beaux yeux, tu sais

[Via MeFi.]

— 3 commentaires.

Maîtresse d’école [mercredi 28 mai 2008]

Faites voir vos doigts, que j’y mette un coup de règle. Si elle prend la tête du Parti socialiste, Ségolène Royal l’assure, elle y mettra de l’ordre. Juste, bien entendu. La candidate au poste de premier secrétaire du PS suggère en effet des sanctions à l’encontre de ceux qui se comportent «mal» en «dénigrant» leur parti.

[…] «Est-il normal que ceux qui insultent leur parti puissent rester candidats au nom de ce parti?», demande, dans un entretien à VSD l’ancienne candidate à la présidentielle. «Les militants ne tolèrent pas que des élus portent atteinte à la dignité du parti», poursuit-elle, jugeant qu’il faut «instaurer un système de droits et de devoirs». «Et ce système, si j’étais désignée, je le mettrais en place, assure-t-elle, proposant qu’on puisse perdre son investiture si l’on se comporte mal en dénigrant son parti ou en injuriant d’autres socialistes».

Réponse amusée et ironique de François Hollande, ce matin sur France Inter: «Je dis à mon prochain successeur que, s’il devait sanctionner tous ceux qui a un moment ont pu dire des bêtises, j’espère qu’il en restera encore à la direction du parti socialiste».

[Libération : “Royal veut des sanctions contre ceux qui «dénigrent» le PS, Hollande se marre”.]

C’est clair, Ségolène n’est pas libérale…

— 15 commentaires.

Dans votre agenda… [mercredi 28 mai 2008]

La République des blogues, c’est ce soir !

Et Paris Carnet, c’est dans une semaine.

— 6 commentaires.

Le libéralisme, vu par Ségolène [mercredi 28 mai 2008]

Pour vous, le libéralisme est-il toujours l’ennemi de la justice sociale ?

Il y a beaucoup de « libéralismes » différents. Par exemple, aux États-Unis, liberal veut dire de gauche. Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens du libéralisme politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques, à la liberté de pensée, d’expression, d’aller et de venir, d’entreprendre, de voter, de mener sa vie, etc. Nous tenons à ces libertés parce que, sans elles, l’air devient vite irrespirable et la société se fige, mais aussi parce que nous les considérons comme nécessaires au combat pour la justice sociale. C’est le débat démocratique, ce sont les libertés syndicales, le droit de grève qui ont permis de faire avancer partout le sort des salariés et des plus démunis, même s’il a fallu lutter dur et arracher chaque conquête. Donc, pas question de jeter l’opprobre sur le mot lui-même et, ce faisant, de jeter par-dessus bord cette part de mémoire révolutionnaire à laquelle, dans l’histoire, le concept politique de libéralisme est attaché.

Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l’économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l’ennemi de la justice sociale. Ennemi n’est d’ailleurs pas le mot adapté. Les marchés ont leur logique, le profit maximum. Ils ne sont pas porteurs d’un projet de société, fût-il inégalitaire. Ils sont une « force qui va », insensible aux conséquences sociales ou environnementales. S’en remettre à eux — aucun État ne le fait totalement, les États-Unis pas plus que les autres —, c’est accepter une sorte de jungle anarchique où les êtres humains sont broyés par les mouvements erratiques de l’économie. Jaurès le disait déjà : « Le capitalisme, c’est le désordre. » Le capitalisme s’est profondément transformé mais le constat vaut toujours car le désordre fait partie, si j’ose dire, de son code génétique. C’est pourquoi sa vitalité aveugle doit être canalisée, civilisée. C’est le rôle de la politique de porter les valeurs d’une société et de fixer les règles qui en résultent. Alors, naturellement, l’économie administrée, ça ne marche pas. Et l’histoire du XXe siècle est là pour nous dire à quels autres types d’errements, de désordres et de désastres peut conduire le fantasme d’un contrôle absolu de l’économie. Voyez l’Union soviétique, le totalitarisme, le goulag. Mais je crois, en revanche, que l’État doit plus que jamais être le garant d’un ordre économique et social juste.

[Ségolène Royal, “Maintenant”.]

[Via Rue89.]

— 2 commentaires.

Touits martiens [jeudi 29 mai 2008]

Sensationnalisme [jeudi 29 mai 2008]

Il s’agit d’une première en France. Mercredi, vingt-deux petits prodiges en informatique étaient placés en garde à vue dans plusieurs gendarmeries à travers le pays après le démantèlement d’un vaste réseau de piratage s’attaquant à plusieurs dizaines de sites Internet installés en France mais aussi à l’étranger. L’affaire commence en février 2008, avec la plainte, a priori anodine, d’une association de pêche de la Côte-d’Or, dont le portail virtuel sur le Web avait été forcé par de mystérieux hackers.

[…] Après s’être introduits dans les fichiers, ces derniers étaient parvenus à effacer des données accumulées pendant trois ans. La section de recherches de Dijon, aussitôt saisie, comprend vite l’ampleur du dossier. Avec l’appui des cybergendarmes de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois, ils remontent vers une communauté de 200 pirates informatiques disséminés sur toute la France.

[…] «Les hackers, équipés de puissants logiciels, maculaient les pages de garde avec des tags et leurs signatures, confie un officier. Certains ont même pris la maîtrise de certains sites et torpillé plusieurs fichiers de clients…» Outre vingt-quatre adresses visitées à distance en France, dix autres ont été forcées en Russie, en Islande et en Espagne avec «la volonté d’y créer de graves dommages». Le préjudice global pour les sociétés visées, dont sept ont porté plainte, devrait être évalué dans les prochains jours. «Il pourrait dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros», précise une source proche du dossier.

[…] seize d’entre eux, encore mineurs, sont collégiens ou lycéens. Le benjamin de la bande s’apprête à fêter ses 14 ans. Le «cerveau» présumé est un chômeur de 25 ans interpellé en région parisienne.

[Le Figaro, Christophe Cornevin : “Une filière de pirates informatiques démantelée”.]

Wow, une vingtaine de script kiddies amateurs de defacement, assez niais pour se faire coincer, quelle gloire pour les pandores…

Bon, je vous laisse, je vais aux Assises du numérique

— 14 commentaires.

Tromperie sur la marchandise [vendredi 30 mai 2008]

X et Y (ils veulent rester anonymes) sont des musulmans français «pas du tout extrémistes», précise l’avocat du mari. Lui est ingénieur, la trentaine. Elle était étudiante quand ils se sont rencontrés. «Elle lui a été présentée comme célibataire et chaste», note le jugement lillois. Y, elle aussi, assure à X qu’elle est pure comme il le souhaite et n’a jamais eu de relations sexuelles. C’est ce que croit toute sa famille. Le mariage se fait en grande pompe, comme il se doit. La nuit de noces, le marié découvre que son épouse a menti. Au bout de quelques heures, il débarque au milieu des invités qui sirotent un dernier jus. Il n’a pas de drap taché de sang à exhiber. Son père ramène immédiatement Y, sa belle-fille, chez ses parents. Tout le monde se sent déshonoré.

Dès le lendemain, l’époux cherche à faire annuler son mariage. […] Ici, il s’agit d’une nullité relative, réclamée par celui qui s’estime victime d’une erreur. C’est une procédure rare. L’un des époux dit qu’il s’est trompé sur l’une des «qualités essentielles» de l’autre.

[Libération : “L’épouse a menti sur sa virginité, le mariage est annulé”.]

C’est là que se niche la disposition la plus controversée de ce jugement. En quoi la virginité d’une cocontractante peut-elle être considérée par la justice française comme une “qualité essentielle de la personne”? Non sans habileté, l’avocat du mari a justement plaidé non pas sur la virginité en tant que telle mais sur le mensonge. A présent, il estime que les médias stigmatisent l’islam en relayant à l’excès cette affaire.

Si l’avocat relativisait, jeudi soir, l’importance du facteur religieux en arguant que “le Code civil est le même pour tous”, François Doutriaux rappelait à son tour que “ce n’est pas tant la virginité que le mensonge sur la virginité qui est en cause”.

[Rue89, Chloé Leprince : “L’épouse n’était pas vierge: le tribunal annule le mariage”.]

P.S. Chez Jules, qui répond aux professionnels de l’indignation : “La virginité de la femme est-elle condition du mariage ?”.

Mais, comme il n’est pas rare, l’indignation fleurit souvent sur une ignorance vertueusement revendiquée.

— 75 commentaires.

Encore 20 ans pour le papier [vendredi 30 mai 2008]

Mais en même temps, il se veut optimiste pour le fleuron de son entreprise, soit le Wall Street Journal. Selon Murdoch, le Wall Street Journal pourrait être imprimé pour les 20 prochaines années. Mais, durant cette période, le quotidien économique new-yorkais verra son site Internet prendre de plus en plus d’importance au point où la rentabilité du quotidien sera assurée principalement par sa version en ligne.

[MédiaBiz, Michel Dumais : “Rupert Murdoch : «L’imprimé est encore là pour 20 ans»”.]

«Tous vont avoir des problèmes. Dans les 5 ou 10 ans, cela ne sera plus économiquement viable de les imprimer», a-t-il déclaré lors de la conférence «All Things Digital» organisée par le Wall Street Journal à Carlsbad (ouest).

«Au cours des six derniers mois, les recettes publicitaires moyennes des journaux aux États-Unis ont baissé de 10 à 30%. Au cours des 5 ou 10 dernières années, ils ont fait toutes les économies possibles dans la production, avec les ordinateurs, mais pas dans le journalisme».

«Maintenant ils vont devoir économiser sur le journalisme, et ils vont se détériorer terriblement», a prédit M. Murdoch, dont l’empire de presse News Corp. possède plus de 170 titres dans le monde.

[La Presse Affaires/AFP : “Rupert Murdoch pessimiste pour l’avenir des journaux”.]

— 1 seul commentaire.

Business dépassé [vendredi 30 mai 2008]

Je pense aussi que l’industrie de la musique telle qu’elle existe avec ses modèles dépassés et ses méthodes de gangsters ne fait pas seulement partie des intermédiaires dont la valeur ajoutée est douteuse voire nulle, elle fait également partie du camp des voleurs. Nos décideurs ne semblent pas (vouloir) comprendre qu’une industrie vieillissante qui ne crée rien par elle-même, dont les courbes de vente sont plates depuis plus d’une décennie et qui n’affiche que mépris de ses clients (qu’ils traitent tous en voleurs) et incompréhension pour les nouveaux médias doit se confronter elle-même à la réalité de l’évolution des technologies et des usages, d’autant plus qu’elle a eu très largement le temps de s’y adapter.

[padawan.info/fr : “Toi aussi, plante un clou dans le cercueil d’HADOPI”.]

— 16 commentaires.

Le départ de Tariq Krim [vendredi 30 mai 2008]

Devant l’urgence à générer du “cash” pour les VC, Tariq Krim a été “démissionné” de Netvibes, ou plus exactement “mis au placard”.

1. VCs are pissed with Netvibe’s inability to find a revenue model
2. VCs want to sell the company, Tariq doesn’t. The VCs won so Krim left
3. Tariq is bored with a company that is a bit stuck in limbo

Techcrunch UK: “Netvibes CEO leaves for new project”.

Tariq Krim est remplacé par Freddy Mini. On reverra d’un œil nouveau cette vidéo du 3 mai chez Loïc Le Meur.

On peut être un peu circonspect sur l’avenir de Netvibes sans son leader charismatique.

Bonne chance à Tariq pour ses nouveaux projets. Pour l’avoir vu hier, ce n’est pas la passion d’entreprendre qui lui manque.

— 7 commentaires.

“embruns”, journal de bord | fins produits hypertextuels depuis 1996 | valid. | © 2010 laurent gloaguen.