Journal de bord

mardi 12 juin 2012

La garce

Certains se souviendront de mon peu d’enthousiasme pour Ségolène Royal, que je voyais faire perdre la gauche dans des conditions gagnantes. Mais ce matin, elle me paraîtrait presque sympathique…

On cherchait un titre pour Valérie Trierweiler, première dame de France, première maîtresse… Dans un grand éclat de rire à découvrir la presse du jour, il m’est venu naturellement : “Oh, la garce !”.

Je ne sais plus quel petit con disait que “Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon”. On connaît désormais le défaut de François Hollande.

(J’ai retrouvé ce morceau de film mettant en scène Valérie Trierweiler et Ségolène Royal.)

1. Le 12 juin 2012,
Blabla

Le petit con est au “redressement productif” ; toujours une histoire de mots, donc.

2. Le 12 juin 2012,
Vicnent

ton lien n’est pas bon

le voila : http://www.youtube.com/watch?v=oLkKorY96zI#t=647s

3. Le 12 juin 2012,
Karl, La Grange

ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi cela occupe la une des journaux.

4. Le 12 juin 2012,
Simon

À la fin, c’est la blonde qui gagne. Un signe?

5. Le 14 juin 2012,
Jujupiter

Moi c’est l’inverse ! J’ai jamais pu encadrer Royal, bien que j’ai essayé en 2007, et sa raclée aux primaires m’a fait de la peine. Mais il y avait aussi ce soulagement de la voir disparaître. La voir revenir parce que “mais c’est l’ancienne candidate à la présidentielle” (et quelle candidate…), c’était juste pas possible. Le coup de grâce donné par Trierweiler, c’est juste magique ! TEAM VALERIE !!

6. Le 15 juin 2012,
Jean

Avec Karl. Ben oui.

Blah ? Touitter !

Intimidation gouvernementale

On peut être de gauche ou de droite. On peut être pour ou contre une hausse des droits de scolarité. On peut trouver que les atteintes aux libertés fondamentales de la loi 78 sont justifiables dans une société libre et démocratique.

Mais quand on est ministre, quand on est ministre de la Culture dans un contexte de crise sociale, on ne peut se permettre de déclarer que le carré rouge porté par des milliers de citoyens - pour la très grande majorité pacifique - est un symbole de « violence » et d’« intimidation ».

De la part d’un clown qui blogue anonymement de son demi-sous-sol à Saint-Augustin-de-Desmaures, on peut admettre pareille ânerie. De la part d’un ministre, c’est un dérapage en règle. Un mensonge irresponsable, tellement grossier qu’il ne se qualifie pas comme un sophisme.

Un ministre a plusieurs responsabilités. Celle, entre autres, de faire preuve de discernement et de bonne foi dans ses déclarations publiques. Celle, de façon générale, de calmer le jeu, plutôt que de jeter de l’huile sur le feu.

Jeter de l’huile sur le feu, c’est pourtant ce que le gouvernement Charest, avec toute son arrogance, tout son mépris et son cynisme, s’applique à faire depuis le début de ce conflit. Un conflit qui s’est transformé en crise sociale, à force d’entêtement d’un gouvernement impopulaire qui a laissé pourrir la situation et qui pourrait ironiquement en profiter.

[…] Je ne sais pas s’il faut parler dans ce cas précis de mauvaise foi ou de crasse incompétence, mais en matière d’intimidation, on ne fait guère mieux que la déclaration sans nuance de Christine St-Pierre.

Le plus grave, c’est que ce discours simpliste, découlant d’une logique binaire que ne renierait pas George W. Bush (« Vous êtes avec nous ou avec les terroristes »), semble avoir été assimilé par l’ensemble des ministres du gouvernement Charest.

La ligne de parti est claire et a pour objectif de stigmatiser tous ceux qui, même de la manière la plus pacifique et symbolique, contestent l’intransigeance du gouvernement dans son combat contre les étudiants.

[…] Je comprends, quand les esprits s’échauffent, que personne n’est à l’abri d’une ineptie. Je comprends aussi que ce gouvernement semble prendre les gens pour des abrutis, dupes de ses stratégies de relations publiques. En tentant stupidement de diaboliser des milliers de citoyens qui s’affichent en faveur de la justice sociale.

Des milliers de citoyens qui dénoncent la violence et l’intimidation - celle du gouvernement, des policiers, comme celle des casseurs. Et qui portent le carré rouge, non pas, comme le prétend la ministre St-Pierre, pour empêcher des gens d’étudier, mais pour que, justement, tout le monde ait le droit d’étudier.

La Presse, Marc Cassivi : “La violence et l’intimidation”.

Eugène Delacroix à la Une

une-journal-de-montreal-11-juin-2012.jpg

[Journal de Montréal.]

une-journal-de-quebec-12-juin-2012.jpg

[Journal de Québec.]

QUÉBEC - Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, craint que le pastiche d’une toile de grand maître retrouvée chez Amir Khadir, représentant le premier ministre Jean Charest mort, pourrait encourager des esprits vulnérables.

M. Bolduc a déclaré mardi que l’ironie du tableau est de mauvais goût et il s’est inquiété que pareille scène puisse être ainsi représentée.

Selon M. Bolduc, un médecin, de tels pastiches envoient toujours des messages subliminaux et il existe un risque pour que des personnes vulnérables soient influencées.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a pour sa part jugé que ce travestissement de l’oeuvre de l’artiste Eugène Delacroix était dégoûtant.

Mme St-Pierre a affirmé qu’elle ne voyait aucun humour dans la scène, qu’elle estime violente.

À Montréal, l’épouse de M. Khadir, Nima Machouf, a expliqué que cette image est humoristique. Selon Mme Machouf, elle était à l’origine destinée à illustrer la pochette d’un disque d’un groupe de musiciens.

La Presse Canadienne, Alexandre Robillard.

bananarchiste-guidant-le-peuple-b.jpg

[Affiche du groupe Mise en Demeure. En vente 7 $ (négociables) lors des concerts. Cette affiche a été achetée par la fille d’Amir Khadir il y a environ un an.]

Notez bien que je vous envoie ainsi des messages subliminaux vous incitant à tuer le Premier ministre du Québec, Jean Charest.

Chaque jour, le Québec s’enfonce un peu plus dans la crasse bêtise, le ridicule consommé…

amir-journal-quebec-2012.jpg

[Photo Jacques Boissinot.]

1. Le 12 juin 2012,
Hoedic

Ouin… D’un autre coté avoir ça chez soi n’est pas très malin non plus… Comme l’écrivait Fabien Deglise ce matin, tout ceci dérape complètement, d’un coté comme de l’autre. http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/352224/demesure

2. Le 12 juin 2012,
Laurent Gloaguen

@Hoedic : s’il y avait des lois sur le bon goût des objets à détenir chez soi, on devrait vider beaucoup de logements de la Province… :-)

Rappelons que c’est un poster achetée par une jeune fille dans un concert de rock-anar, sans doute amusée d’y voir figurer son père.

Quant à la chronique que tu pointes, je la trouve médiocre. Mieux faut lire l’édito de Josée Boileau : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/352183/conflit-etudiant-mechant-carre

3. Le 12 juin 2012,
Karl, La Grange

@hoedic: On a encore le droit de faire des blagues salaces, d’avoir des objets de mauvais goûts, etc sans être inquiété de crime… ? C’est quoi toute cette dérive depuis quelques mois où le fait même de penser différemment est une autorisation à contrôle, détention, etc.

Même si c’est ponctuel, ce qui se passe en ce moment est très inquiétant.

4. Le 12 juin 2012,
Laurent Gloaguen

Inquiétant, pour le moins.

5. Le 12 juin 2012,
Hoedic

Je suis d’accord avec vous sur le fait que nous avons le droit d’avoir des choses de mauvais goût chez nous… Mais cette histoire d’affiche (et la saga autour de sa fille, quand bien même on ne peut pas juger les parents responsable pour ses actes) est dévastatrice au niveau politique… L’ensemble de la situation devient décourageante et pourrie.

Blah ? Touitter !

Harpies dominatrices

[…] Il est évident que Valérie règle ses comptes privés avec Ségolène. La nouvelle femme qui flingue l’ex, un grand classique. Que Ségolène Royal et Valérie Trierweiler s’expliquent vigoureusement, voire en viennent physiquement aux mains dans un cadre purement privé, c’est leur affaire. Mais que la vie privée du président et de sa famille aient des répercussions politiques, c’est autre chose. Cela révèle au grand jour ce que certains savaient, c’est que la situation “familiale” et notamment conjugale de François Hollande est compliquée. Visiblement, il aime les harpies dominatrices. Chacun ses goûts et le SM, entre adultes consentants, n’est pas illégal. On voit ici, indirectement, la psychologie profonde de François Hollande, et on se demande s’il est vraiment taillé dans l’étoffe dont on fait les grands présidents (trop tard de toute façon…). Et en plus, il semble incapable d’empêcher les deux femmes de sa vie de se crêper le chignon en public. Si en tant que président de la République, il n’a pas l’autorité pour empêcher sa compagne de sortir des trucs pareils en plein entre-deux-tours d’une élection cruciale, c’est grave et inquiétant pour la suite.

[…] En plus, trancher entre les deux femmes est quelque chose devant lequel il a sans doute toujours reculé et fuit (comme tout homme normalement constitué). Il va également devoir gérer la fureur du fan-club de Ségolène. Et si par malheur pour Hollande, Ségolène est élue députée et dans la foulée présidente de l’Assemblée nationale, ça va être l’horreur s’il n’a pas purgé le problème. Déjà qu’elle est ingérable en temps normal, si en plus elle a un compte très personnel à régler, Ségolène Royal va être infecte.

Madame Trierweiler, au nom de toute l’opposition, merci de tout coeur !

Authueil : “Cherchez la Femme”.

Forcèment, avec un cadeau pareil, Authueil boit du petit lait…

1. Le 13 juin 2012,
ossobuco

Non, Authueil confirme juste que la droite française reste la plus bête du monde parce que le vrai problème politique de l’histoire (et en l’espèce je crois qu’il y a que cela qui compte, tout le reste c’est de la psychologie à deux balles même pas du niveau de Femme Actuelle que j’aime bien par ailleurs parce que c’est là que j’y ai trouvé la meilleure recette d’ossobuco), c’est que FH (pm président de la République) se soit cru obligé de se fendre d’un mot de soutien sur la profession de foi de SR. Quant à traiter VT de “garce” ou de “première maîtresse”, je ne m’attendais pas à ça ici, mais c’est pour ça qu’on y revient toujours, ici : on n’est jamais tout à fait sûr de ce qu’on va y trouver et c’est excitant.

Blah ? Touitter !