Heures

J’arrive donc aux heures comme on feuillette les livres,
sans jamais rien sentir au bout des doigts distraits, du parfum de chaque page.

Ne restent que les reliures, grenues et sèches, en peau morte d’existence, qui contiennent l’image où vient se complaire l’aigreur du vivant.

J’exige désormais :

Heures d’attente, stériles par souci d’avenir, éprises de mort et de vie s’échappant.

Heures inutiles du chagrin des fautifs, quand se désaimantent les contraires.

Heures dissidentes en esprit de révolte, et le corps des pensées exhale un vain espoir.

Heures de corail au moment illusoire, qui briseraient l’anneau qui cercle la folie.

Heures ! Exactes, moins le quart, et demie.

Vous toutes, enfin, comme les éphémères, mariez-vous à l’oubli et mourez dans l’instant !

Été 1981.