“Miscellanées”

actus et opinions

La soupe aux cochons

Une association aux relents clairement xénophobes organise par souci de provocation et de publicité des distributions de “soupe au cochon”, dite “gauloise”, soupe qui n’est pas hallal comme chacun sait.

Le préfet de police de Paris interdit ces manifestations pour trouble potentiel à l’ordre public. Chacun peut aisément imaginer les possibilités de contre-manifestations et de dérapages violents. Les gardiens de la paix ont sans doute mieux à faire que de protéger un groupuscule de gros porcs d’extrême droite.

Le juge des référés du tribunal administratif de Paris suspend l’arrêté du préfet, sur requête de l’association, en application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative qui protège des atteintes graves à une liberté fondamentale par une autorité administrative. (“Ordonnance du 2 janvier 2007 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Paris a suspendu l’arrêté du préfet de police en date du 28 décembre 2006  au motif d’absence de risque de troubles plus grand que dans les précédentes occasions de telles opérations.”)

Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, et de ce fait garant du maintien de l’ordre sur le territoire national, fait appel de cette décision auprès du juge des référés du Conseil d’État. Ce juge estime alors qu’il n’y a pas de la part du préfet d’« atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de manifestation, comme définie dans le code de justice administrative. (“Considérant qu’en interdisant par l’arrêté contesté plusieurs rassemblements liés à la distribution sur la voie publique d’aliments contenant du porc, le préfet de police n’a pas, eu égard au fondement et au but de la manifestation et à ses motifs portés à la connaissance du public par le site internet de l’association, porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifestation.”)

[C.f. Conseil d’État : Communiqué de presse du 5 janvier 2007 - Ordonnance du juge des référés du 5 janvier 2007, n° 300311.]

Saisi de l’appel formé par le ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire contre l’ordonnance rendue en première instance, le juge des référés du Conseil d’État a rappelé que, selon un principe traditionnel en matière de police administrative, le respect dû à la liberté de manifestation, qui était invoqué par l’association « Solidarité des Français », ne fait pas obstacle à ce que l’autorité investie du pouvoir de police interdise une activité si une telle mesure est seule de nature à prévenir un trouble à l’ordre public. En l’espèce, il a estimé, contrairement au juge des référés du tribunal administratif de Paris, que, eu égard au fondement et au but des distributions de « soupe au cochon », portés à la connaissance du public par le site internet de l’association, le préfet de police n’avait pas, en interdisant provisoirement ces distributions, porté une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de manifestation.

Nous pouvons alors lire dans la presse de gauche de ce jour que le Conseil d’État interdit la soupe au cochon : Libération, Le Conseil d’État ne goûte pas la « soupe au cochon ». Ce qui est, vous en conviendrez après lecture de ce qui précède, un raccourci pour le moins rapide.

Et des blogueurs, comme Thomas Clément, qui lisent probablement la presse gauchiste moribonde de façon un peu hâtive, de monter sur leurs grands chevaux : “La plus haute juridiction administrative de l’Etat français INTERVIENT pour interdire une distribution de soupe en invoquant des motifs religieux.”. Rien n’est plus inexact et tendancieux. Et de lancer un faux débat sur des bases erronées.

Le juge des référés du Conseil d’État s’est prononcé sur la validité d’une décision du juge des référés du tribunal administratif de Paris. Point final. Il n’y est pas vraiment question de religion, mais de trouble à l’ordre public et d’intention d’en provoquer, de pouvoir du préfet de police et d’exercice de la liberté de manifestation.

Je ne suis pas le dernier a défendre la laïcité républicaine, faut-il encore qu’elle soit à défendre dans ce cas précis. Autant les “accommodements raisonnables” au Québec peuvent m’effrayer, autant l’interdiction des provocations sur la voie publique de l’association Solidarité des Français me font dire “circulez, il n’y a rien à voir”.

Ceci dit, le ministre de l’Intérieur a tort de soutenir que le caractère discriminatoire de la distribution sur la voie publique des « soupes gauloises » est établi. Et l’association a raison de se placer exclusivement sur le terrain du référé liberté de l’article L. 521-2 du code de la justice administrative. L’interdiction peut être considérée comme attentatoire à la liberté de rassemblement, d’expression et de réunion, mais ne peut être motivée par un caractère discriminatoire, tant que personne ne s’est vu refuser la distribution d’un bol de soupe.

On a déjà bien trop parlé de ce groupe de guignols, et le préfet de police, en les interdisant de manifester, a commis un excès de zèle. Résultat, ces agitateurs sont encore sur le devant de la scène. J’aurai préféré qu’on les laisse continuer tranquillement leurs opérations, tout en espérant secrètement qu’ils se prennent un pain dans la gueule de quelques militants antiracistes énervés, et que les forces de police, sans doute occupées à des tâches plus importantes à la société, ne se hâtent que lentement de venir faire cesser le trouble à l’ordre public. Car, songez-y, est-il de plus “gaulois” qu’un bon pain sur la gueule pour régler ce genre de différent ?

P.S. On lira avec grand intérêt l’éclairage apporté par Jules de Diner’s Room (qui semble en connaître un rayon en matière de droit administratif) sur les subtilités byzantines de la décision rendue par le juge des référés au Conseil d’État. Et, notamment, sur les dangers qu’elle recèle.

Tout d’abord, ce sont les risques de réactions qui sont pris en compte par l’arrêté, et non pas la manifestation elle-même. Ainsi, les troubles à l’ordre public ne résultent pas, selon l’arrêté préfectoral, du caractère discriminatoire de la manifestation, mais de l’éventualité de réactions hostiles.

J’ai coutume de ne pas aimer ce genre d’arguments. La protection d’une liberté suppose que l’Etat en garantisse l’exercice, y compris contre les réactions d’hostilité qu’elle pourrait susciter chez autrui. Tout se passe comme si l’Etat faisait peser le poids de l’exercice d’une liberté sur son titulaire et non pas sur ceux qui veulent lui porter atteinte.

Le Conseil d’Etat ne manque d’ailleurs pas de rappeler que l’autorité administrative doit justifier que l’atteinte à la liberté de manifester doit être la “seule <mesure> de nature à prévenir un trouble à l’ordre public”. Si l’administration a d’autres moyens à sa disposition, elle doit les mettre en oeuvre.

[…] Le Conseil ne se prononce pas sur le caractère de la manifestation mais sur la conception que peut s’en faire autrui. Si l’on suit bien l’analyse, du reste, ce n’est pas la conception des promoteurs de la manifestation, mais celle de ses éventuels adversaires. L’administration, donc, peut fonder une interdiction sur la représentation que se fait autrui d’un acte, et non pas sur l’acte lui-même.

[…] Mais songez à votre réaction si l’administration était intervenue pour interdire la publication du texte de Robert Redeker, ou des caricatures du prophète Mahomet en invoquant les “risques de réaction” d’un public hostile. Le même raisonnement est à l’oeuvre, et malgré sa logique, on ne peut pas promettre qu’il est protecteur des droits des individus. Faire primer l’opinion de la foule n’est peut-être pas le moyen le plus sûr de protéger les droits de l’homme en leur pays.

P.S. bis. Le Monde ne vaut guère mieux que Libération avec ce titre un peu fallacieux : “Le Conseil d’Etat refuse la distribution à Paris de la ‘soupe au cochon’”. Comme conclut Jules, “Loin, donc, de sanctionner la manifestation à raison de son caractère discriminatoire, le Conseil évite de se prononcer et fait reposer sa décision exclusivement sur les risques d’atteinte à l’ordre public.”

P.S. ter. Via Jules sus-cité, Guy Birenbaum a également traité du même sujet. J’y ai trouvé un commentaire intéressant (ce qui tient un peu de l’exploit) d’un certain Column :

Pour une fois, je vais parler de moi. Il se trouve que je connais ces gens. J’ai fait ce voyage en enfer de l’extrême. J’en ressens encore une honte qui ne se dissipe pas. Il faut savoir, pour remettre les choses dans leur contexte, que les promoteurs de cette soupe au cochon ont pour seul but la provocation. Tous ceux qui s’élèvent peu ou prou contre tombent déjà dans le piège tendu par ces fascistes. C’est malheureusement un combat perdu d’avance. J’ai assisté moi-même à l’un de leur meetings. C’était en février de l’an dernier. Bruno Gollnisch s’y était exprimé. Cela s’était déroulé sur la place Maubert. Le truc est imparable. Il n’y a aucun trouble à l’ordre public. Si les autorités décident de mettre un terme à la distribution où, là aussi il est utile de le dire, il n’y a aucun clochard, c’est gagné car c’est le but recherché. La victimisation. Et ainsi enchaîner les actions en justice qui, plus elles s’adressent à de hautes juridictions, plus la publicité est importante et les idées se propagent. L’idée est tout simplement atrocement géniale. Il n’y a pas de parade, sinon ne rien faire, ne rien dire et laisser pourrir le mouvement, ce que les mouvements anti-racistes n’ont pas compris. La seule stratégie à adopter pour évacuer ces idées de la tête de nos compatriotes, c’est de les laisser s’exprimer sans plus d’interventions policières ni rien. A partir de ce moment-là, ces associations “nationales” disparaîtront. Je ne comprends pas l’intervention du ministre de l’Intérieur qui a encore perdu une occasion de fermer sa grande gueule. La Justice avait en l’occurence fait son travail en laissant ces gens brailler sur le trottoir. Faire appel au Conseil d’Etat était d’un ridicule achevé. Et le Maire de paris de surenchérir dans la démagogie la plus stupide, qui amplifie encore le discours nauséeux de cette association.

Même si c’est difficile, il faut prendre sur soi et ne rien faire. Tant qu’il n’y a pas atteinte physique aux personnes ou aux biens, on ne dit rien et le feu s’éteint tout seul.

1. Le 6 janvier 2007,
M.

J’attends avec une impatience gourmande la note “Le Conseil d’Etat tacle sèchement Maitre Eolas”

Mais bon, je la ramènerai pas trop cette fois, puisque j’étais plutôt d’accord… Il est grand le mystère de la justice administrative!

2. Le 6 janvier 2007,
Thomas Clément

Ouais bon, grosso modo on est à peu près d’accord sauf que t’as fait un post 5 fois plus long que le mien ;-) Sinon concernant la “presse gauchiste moribonde”, j’ai juste suivi l’affaire sur i>télé et sur les infos de yahoo comme un citoyen moyen, pour le reste je me suis fait mon idée moi-même.

3. Le 6 janvier 2007,
Elisabeth

Il est vrai que comme provocation, c’est merveilleusement pervers. Ca joue sur un paquet de clichés et de symboles:

Les étrangers viennent piquer le pain des français, il suffit de faire du pain au lard, puisque l’étranger est musulman par nature.

Les musulmans sont pauvres et/ou pique assiette puisque les bien-pensants considèrent comme discriminatoire le fait qu’ils ne puissent pas profiter de la soupe populaire.

Les bien pensants se prennent les pieds dans le tapis de la laïcité s’ils jugent la chose discriminatoire.

etc, etc

Mais j’arrête là, cette provoc n’existe que par les commentaires qu’elle suscite et je préfère également la solution du bourre-pif bien gaulois.

4. Le 6 janvier 2007,
Eolas

@ Laurent : Ben alors ? On braconne sur mes terres ?

@ M : Ayant survolé rapidement cette décision, je ne crois pas que ma position soit en désaccord avec celle du CE. Il statue comme juge d’appel et l’ordonnance du TA souffre d’une contradiction de motifs. Je vais aborder cette histoire sur mon blogue, bien sur. Mais il est certain qu’on est en présence d’une affaire que la presse préférera monter en épingle qu’analyser froidement.

@ Tous : un éclairage éclairé sur l’excellent blogue Le Silence Des Lois.

5. Le 6 janvier 2007,
Vroumette

J’ai cru que je m’étais trompée dans mes fils RSS et était chez Eolas ! Merci pour l’attention portée sur cette décision. Je file cliquer sur le lien d’Eolas en prime.

6. Le 6 janvier 2007,
flo

Il y a maintenant une dizaine d’années, j’aurais bien aimé voir les mêmes autorités se bouger avec la même célérité pour faire valoir sur le terrain l’interdiction faite à M. Lehideux de sillonner le Nord-Est parisien avec son car rempli de plus de 50 DPS. Là, ça valait le coup.

Et puis sur le fond, les associations en question ne peuvent faire mouche : les textes libèrent les croyants des contraintes ou interdits alimentaires en cas de nécessité. L’extrême droite ne brille pas par sa culture et sa connaissance de l’autre, une fois de plus -mais ça n’est pas un scoop n’est-ce pas ?

7. Le 6 janvier 2007,
Elisabeth

Je veux bien qu’on me donne la référence des textes qui libèrent les musulmans de l’interdiction de manger du porc, parce qu’en ce qui me concerne, c’est un sacré scoop.

En dehors de l’interdit religieux, les habitudes alimentaires se fixent et on en dévie rarement. Même affamé, personne n’aurait de problème à manger du chien ou du chat ?

C’est de la tartufferie cet argument, juste de l’ordre du “ils pourraient bien faire un effort si vraiment ils étaient vraiment dans le besoin”.

8. Le 6 janvier 2007,
Maxime

Le vrai trouble à l’ordre public, c’est les blogueurs qui parlent de cette histoire. On devrait même pas en parler, ça ne leur ferait pas autant de promotion, et que je sache, certain qui n’ont rien sont bien content de cette soupe.

De toute façon, cette soupe est un piège, quoi que tu fasse. Ou alors l’esprit laïc de tolérance impose qu’en s’en foute de cette distribution, vu que jusqu’à nouvel ordre le cochon est déclaré propre à la consommation dans ce pays (et que serait une choucroute sans porc ?).

Mais en même temps, on est bien embêté quand on voit dans quel but est fait le choix du menu. Eux font ça dans un but d’intolérance, justement. Alors après, on est bien embêté pour prendre parti.

Mais, pourquoi on demande pas l’avis aux premiers concernés ? Moi je constate que ceux qui prennent parti la dedans, c’est pas des SDF. Non, des associations anti-racistes qu’ont trouvé moyen de se faire de la promo. Des journalistes en mal de sujet. Des blogueurs derrière leur clavier qu’ont jamais rien fait contre l’exclusion. Je crois que quelqu’un appelerait cela le “spectacle” en fait.

9. Le 6 janvier 2007,
Maxime

Elisabeth : un musulman qui n’a rien à manger a le droit, voire le devoir de manger du porc. C’est d’un camarade tunisien qui en voulait à Desproges qui avait dit un truc du genre : “le cochon, s’il n’a rien à manger, est prêt à manger du musulman, mais le musulman ne ferait pas l’inverse” que je tiens ça.

Mais bon, après, doit y avoir divers dégrés d’interprétation, comme toujours chez dealers de paradis même pas artificiels.

10. Le 6 janvier 2007,
Laurent

@Maxime : “Le vrai trouble à l’ordre public, c’est les blogueurs qui parlent de cette histoire.” Je te reconnais bien là, lapidaire comme à l’accoutumée (je ne saurai te jeter la première pierre…). Je pense, cependant, qu’il est bon de parler de cette décision du Conseil d’État et de son traitement médiatique.

“Certains qui n’ont rien sont bien contents de cette soupe.” En fait, c’est faux, si j’en crois le témoignage que je viens de publier en “PS ter”. Et, au vu de la démarche de provocation, c’est assez crédible.

“Cette soupe est un piège, quoi que tu fasses.” Tu as entièrement raison, et tu rejoins l’analyse d’Elisabeth (#3).

11. Le 6 janvier 2007,
silas day-lewa

mon analyse (juridique) est que le Conseil d’Etat ne censure pas la soupe au cochon en tant que telle (et les cantines pourront distribuer du cassoulet au porc sans être taxées de discrimination) mais l’intention des organisateurs, qui est discriminatoire et attentatoire à la dignité de la personne humaine. Une telle provocation est contraire à l’ordre public, parce que son intention est condamnable sur le plan moral. C’est une jurisprudence bien établie du conseil d’Etat avec un arrêt de 95 relatif au lancer de nain. .. On peut discuter de cette irruption de la morale dans le droit, mais c’est un autre sujet.

12. Le 6 janvier 2007,
jules (de diner’s room)

Je ne partage pas l’analyse de Silas.

Il me semble que c’est la “publication” de l’intention discriminatoire des distributeurs de soupe qui permet de nourrir le risque d’une atteinte à l’ordre public, comme en témoigne la formule, un peu alambiquée il est vrai, du Conseil :

“le préfet de police n’a pas, eu égard au fondement et au but de la manifestation et à ses motifs portés à la connaissance du public par le site internet de l’association (…)”

L’insistance sur la connaissance du public me semble décisive. S’il ne s’agissait que de déterminer l’intention, cette mention eut été inutile.

13. Le 6 janvier 2007,
tardif

Un commentaire totalement hors-sujet, si je peux me permettre… Au moment où je lis votre conversation, les publicités contextuelles de Google, suscitées, par définition, par le contexte de votre discussion sont à mon écran:

  • “Tarifs avocats avec Sillard”,
  • “Produits et menus Blédina: découvrez toutes nos recettes pour régaler bébé”,
  • “Tout sur la politique” et
  • “Mincir de plaisir: j’ai perdu 18 kg avec mon coach”.

Je m’interroge sur la pertinence, voire sur le bon goût, si ce n’est le carractère déplacé, du résultat du logiciel de contextualisation de Google ! Je disais ça comme ça…

14. Le 6 janvier 2007,
tardif

A l’instant, “régaler bébé” et “mincir de plaisir” ont disparu, au profit de “Hypertrophie de prostate”… C’est mon propre commentaire qui a changé le contexte ??? Dois-je me sentir visé?

15. Le 6 janvier 2007,
flo

@Elisabeth : en pointant que les contraintes alimentaires connaissent des aménagements, je n’émets nul argument “tartuffe”, je dis que les associations en question sont à côté de la plaque, ce qui ne les dédouane pas de leurs intentions premières. Donc ce que je dis ne met pas en cause les SDF visés par l’intention de ces associations et ne signifie pas “ils pourraient faire un effeort si vraiment ils étaient dans le besoin”. Mon commentaire, qui par ex. pointe explicitement la méconnaissance de l’autre de l’extrême-droite, était pourtant clair, mais comme votre remarque laisse entendre que vous pourriez souffrir de mal comprenance, je préfère ré-expliciter.

Et si vous avez besoin de références, vous n’avez qu’à les demander poliment, à qui il vous plaira d’autre que moi : je ne discute pas avec les mal embouchés, les remettre en place quand cela est nécessaire me paraît amplement suffisant.

16. Le 6 janvier 2007,
Elisabeth

@flo L’argument de ces exceptions alimentaires, je l’ai surtout entendu dans la bouche des défenseurs de la distribution du brouet à l’origine du débat. Ca, ça relève de la tartufferie.

Dans la mesure où il s’agit d’un scoop de grande ampleur pour moi, le copain tunisien ne constituant pas une source fiable (désolée), je voudrais bien savoir d’où ça sort pour être repris par d’autres.

Et j’ai passé l’âge de demander poliment.

17. Le 6 janvier 2007,
tardif

@Elizabeth

La seule source plus fiable que je te trouve pour appuyer l’assertion de Flo, c’est… le Coran lui-même (sourate 5, verset 3), qui énumère les aliments dits haram ou illicites, mais précise bien que “Si quelqu’un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché… alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »

Voilà pour ton scoop ;-)

18. Le 6 janvier 2007,
Maxime

Ah, ca y est, j’ai remis la main sur un vieux site qui expliquait en quoi consiste la vie d’exclu (apparemment, le webmaster parle d’expérience). WEB’XCLUSION

Et la page sur le bon vieux sandwich à la vache qui rie comme repas quotidien servi par des curetons : Soupe populaire

19. Le 6 janvier 2007,
somni

@ Jules : “Il me semble que c’est la “publication” de l’intention discriminatoire des distributeurs de soupe qui permet de nourrir le risque d’une atteinte à l’ordre public”. Bien sur, ce qui veut bien dire que la distribution de la soupe au cochon n’est pas en soit attentatoire à la dignité humaine. Et comment connaitrait-on l’intention discriminatoire, si elle n’était pas rendu publique ?

20. Le 6 janvier 2007,
Laurent Weppe

«Les gardiens de la paix ont sans doute mieux à faire que de protéger un groupuscule de gros porcs d’extrême droite.»

Le jeu de mots était-il volontaire? Interdire la soupe porc pour éviter de devoir protéger des porcs bien vivants ça a un côté quelque peu utilitariste, nan?

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“eu égard au fondement et au but de la manifestation et à ses motifs portés à la connaissance du public par le site internet de l’association”

Ça c’est un aspect très intéressant de l’affaire: cela fait plusieurs années qu’il existe ce que j’appellerai des sites “masturbatoires” (sites classiques, forums tenus par des fachos et maintenant quelques blogs) où les militants extrémistes se racontent et se lâchent, disant finalement sur le net tout ce qu’ils n’oseraient pas dire tout haut dans la rue. De toutes évidences, ces sites sont des sites de fascistes fait pour être fréquentés par d’autres fascistes et pas par le commun des mortels, et le fait que pour une fois les conneries qu’ils écrivent dans leurs petits territoires virtuels leurs retombent sur le museau a un côté très plaisant. D’ailleurs, en fin de compte, l’aspect “discriminatoire” de la chose n’est finalement pas tant présente dans les dénégations assez pathétiques faite par la défense de ces “SDF” d’un type particulier, mais dans le fait que la volonté somme toute perverse d’imposer un traitement dégradant à des sans domiciles fixes qui n’en avaient décidément pas besoin (la faim ou l’obligation de quémander de la nourriture à quelqu’un qui vous hait au plus haut point -parce que plus que l’interdit religieux, c’est l’idée de devoir recevoir la bouffe de quelqu’un qui crève d’envie de vous génocider qui doit retourner l’estomac)

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“J’aurai préféré qu’on les laisse continuer tranquillement leurs opérations, tout en espérant secrètement qu’ils se prennent un pain dans la gueule de quelques militants antiracistes énervés, et que les forces de police, sans doute occupées à des tâches plus importantes à la société, ne se hâtent que lentement de venir faire cesser le trouble à l’ordre public”

Le problème avec ces bestioles, c’est qu’elles ne se déplacent pas sans armes. Il y a eu déjà quelques cas “d’affrontements” là où j’habite (à Nice) qui n’ont pas tourné aux désavantage de ce genre de groupe. D’autant plus que l’intention de provoquer des troubles à l’ordre public étant manifeste, je doute fort que ce genre de militants ne se soit pas préparée en vue de ce genre de cas. Le risque aurait été au contraire de voir les forces de polices obligées de se hâter avant qu’un militant antiraciste ne finisse définitivement amoché.

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En fait, quand on y réfléchit, le problème auquel on a affaire, c’est que le système légal et juridique n’est pas fait pour lutter efficacement contre ce genre de tartufferie. On peut bien sûr laisser les promoteurs de la soupe au cochon faire leur show dans l’indifférence générale, mais d’un autre côté, bien des crimes commencent dans l’indifférence générale, et l’intention de nuire est ici tellement évidente qu’elle en devient nauséabonde. Face à cela, la justice est un peu coincée: elle peut donner une réponse byzantine (mais je doute fort que le juge qui a rendu sa décision finale ai été dupe de quelque manière que ce soit en ce qui concerne les intentions de l’association) insatisfaisante, ou se taire, ce qui revient à apporter quand même de l’eau au moulin des fachos (parce que si ceux-ci hurlent à la justice aux ordres quand ils perdent un procès, il revendiqueront tout procès gagné comme étant une preuve indiscutable d’honnêteté de leur part), ou se lancer dans les procès d’intentions, ce qui est encore moins souhaitable.

21. Le 6 janvier 2007,
Elisabeth

Donc, pour reformuler, on s’engage sur une voie du genre, l’islam autorise les musulmans à manger du porc, donc ceux qui refusent de le faire sont des intégristes et donc des islamistes, et donc la France est en voie d’islamisation avec la complicité des instances républicaines.

Quand je parlais de perversité dans la provocation…

22. Le 6 janvier 2007,
flo

@tardif : ;)

sur le fond, il n’y a même pas de quoi fouetter un cochon, il y a autant de délire versus fachos que versus certains non fachos.

sur la forme, il y a le problème de l’intention excluante, même si elle repose sur une grosse mythologie elle est bien réelle. Perso je pense que si le FN avait été cassé en 73 comme l’a été Ordre Nouveau, on aurait moins d’emmerdements maintenant. Bien sûr il y aurait quand même des mentalités que nous estimons criticables, mais elles ne seraient pas structurées et protégées par le droit comme elles le sont actuellement.

Le problème est bien ailleurs que dans ce soupocochon gate. ce truc,c’est comme une muleta, c’est typique des tactiques de terrain FN, les militants anti FN le savent très bien et ils ne foncent pas tête baissée.

23. Le 6 janvier 2007,
tardif

Au moment où je reprends la ligne, il n’empêche qu’au sujet de cette question qui nous préoccupe ici (la faim qui tenaille les SDF et l’exploitation politique assez dégoutante qu’en fait un groupuscule néo-fasciste), GoogleAdds n’a toujours rien d’autre à nous dire que “régaler bébé” et “mincir de plaisir”…

Je sais, j’insiste - lourdement - sur le sujet (pourtant, Laurent, je ne suis pas Breton, je suis Normand, mais je n’en suis pas moins têtu ;-), c’est que finalement je me demande ce qui est le plus vulgaire, trivial, goujat, déplacé, etc., dans cette affaire: un groupuscule néofasciste assez malin, et vicieux, pour avoir conçu un piège dont nous avons manifestement du mal à nous sortir, où GoogleAdds (et derrière lui la société de consommation, bien sûr), qui en profite pour nous inciter, en la circonstance!, à “régaler bébé” et “mincir de plaisir” ?

Quoique, finalement, encourager les SDF à “mincir de plaisir”, ça résoudrait notre problème. Les SDF avaient-ils attendu GoogleAdds pour suivre ce conseil?

PS: pour sortir du piège tendu par le groupuscule qui nous énerve présentement, il existe une solution radicale: s’occupper des SDF plus concrètement que cette loi cache-sexe sur le droit opposable au logement… en construisant des logements, par exemple. Enfin, je dis ça…

24. Le 7 janvier 2007,
tardif

Encore plus abjecte: à 00h32, voilà-ti pas que GoogleAdds veut maintenant nous vendre du… cochon ! “Cochons Des centaines de modèles! Neuf ou Occasion sur eBay”. La vulgarité de la société de consommation n’a donc-t-elle pas de limite?

Perversité de la contextualisation publicitaire… :-(((

25. Le 7 janvier 2007,
Column

Je suis très touché par ton petit mot et la reprise de mon commentaire sur le blog de Birenbaum. Que j’aime beaucoup par ailleurs.

26. Le 7 janvier 2007,
tardif

Je reprends la ligne à nouveau, pour signaler au passage à propos de l’islam (moi qui suis un profond athée): - que les musulmans ne doivent pas manger de porc, SAUF s’ils ont faim, - qu’ils doivent suivre le ramadan, SAUF s’ils sont trop jeunes, trop vieux, s’ils sont malades ou si elles sont enceintes, - qu’ils doivent faire le pélerinage de La Mecque, SAUF s’ils sont trop pauvres… Bref, les obligations de l’islam sont toutes relatives à la situation de chacun (c’est le Coran qui le dit).

Et il me semble que l’ignorance des occidentaux vis à vis de l’islam, autant que les difficultés que les musulmans ont en occident à présenter leur religion telle qu’elle est, font le beau jeu des sectes islamistes.

Les chrétiens et les juifs ont bien leurs sectes, pourquoi les musulmans n’auraient pas leurs leurs? En fait, ils les ont aussi! Pourquoi n’entend-on pas plus souvent dire que Ben Laden est à l’islam ce que le révérend Moon est au christiannisme?

Et pour ce que j’en pense, personnellement, je me souviens que Nietzsche remarquait que “si dieu existait, comment supporterais-je que ce ne soit pas moi?”

27. Le 7 janvier 2007,
versac

Le silence des lois revenait dessus il y a quelques jours, sa phrase de conclusion était un excellent résumé :

La question est redoutable, et c’est bien à ce type de perversité que l’on reconnait le travail d’un certain segment de l’échiquier politique.”

28. Le 7 janvier 2007,
Farid Taha

tardif a raison. L’Islam est assez clair sur la question du porc/cochon… nul n’a le droit de refuser d’en manger en cas d’impossibilité de trouver d’autre aliment à fortiori si c’est au péril de sa vie.

Mais la n’est pas le débat…

Interdiction ou pas ?

Charité selective ou pas ?

Je regrette l’interdiction car comme je l’ai dit dans mon billet cela sert plus cette association que le contraire.

29. Le 9 janvier 2007,
Olivier

Quand j’étais étudiant à Lyon III les merdeux du GUD venaient patrouiller, comme ça, pour se montrer. Il n’y avait pas d’intention manifeste de troubler l’ordre public et pourtant leur simple présence suffisait à rendre un certains nombres d’étudiants mal à l’aise. Tout ça sous l’oeil négligeant d’une fac où enseignaient Faurisson et Golnish. Un jour ça s’est terminé à la batte de base ball et ces connards ont tagué des croix celtiques à côté du panneau “Université Jean Moulin”.

Du coup, je ne vois pas trop où est le problème à mettre des bâtons dans les roues d’abrutis incultes qui ne pensent qu’à nuire et faire du mal. Ils ne comprennent de toute manière qu’un seul langage ; le démonte-pneu dans la tronche. La tolérance à des limites au-delà desquelles se trouvent la connerie et l’angélisme.

30. Le 10 janvier 2007,
BobArdKor

Tout à fait d’accord avec Olivier. Décidemment, il est bien, ce type ^^

31. Le 10 janvier 2007,
pas perdus

Votre conclusion implicite est : “Bref achetez Présent, le Figaro, National Hebdo, France Soir qui n’informent pas façon tendancieuse.”

Remarquez, Minc et rothschild comme patrons gauchistes (c’est-à-dire anarcho-trosho-mao) pour résumer, ça c’est de l’info…

Heureusement qu’il y a sur le waibe des blougues qui sont à la pointe de l’information.

C’est beau l’objectivité.

32. Le 10 janvier 2007,
Eolas

Tiens, j’ai eu droit aussi à pas perdu (pour tout le monde), et ses aphorismes aigris. A le croire, il n’y a qu’une seule attitude démontrant l’intelligence : se taire.

Et il le répète à tout le monde…

33. Le 11 janvier 2007,
valid

@tardif Utilisez Firefox et le plugin AdBlock et bloquez le domaine http://*.googlesyndication.com/, vous serez définitivement débarassé (accessoirement le même plugin permet de rendre le web lisible). C’est que j’ai eu un peu de mal à comprendre où vous souhaitiez en venir… jusqu’à ce que je me souvienne que ça fait un bon moment que la pub a disparu de mon surf.

34. Le 11 janvier 2007,
pas perdus

Effectivement cher Maître, je surfe et prends la liberté de laisser parfois des commentaires. Comme je le fais sur mon espace virtuel et dans l’espace public réel.

Cela ne me dérange pas que tout le monde ne soit pas d’accord avec tout le monde… et que l’on me contredise. Désolé

Sinon, j’abonde dans le sens de votre commentaire : oui, j’estime qu’il vaut mieux se taire devant cette provocation du FN ou d’un de ses affidés. En l’espèce, les vieux médias et les blogs lui ont fait plus de pub qu’elle ne le mérite.

La dangerosité du FN est telle, que je suis déçu, et non pas aigri, de constater que des blogs refont les mêmes erreurs que les médias traditionnels…

Parler du FN d’accord, mais en ayant quelque peu étudié l’histoire de l’extrème droite et son évolution actuelle (ses penseurs, ses clubs de l’horloge ou du GRECE, etc).

Au plaisir

35. Le 11 janvier 2007,
michel v
31, pas perdu : superbe procès d’intention.

On ne peut pas critiquer la presse “de gauche” (encore que pour Le Monde, à gauche on parle de leur biais droitiste, à droite de leur biais gauchiste…), ça veut forcément dire qu’on préfère la presse de (d’extrême) droite ?

36. Le 11 janvier 2007,
Politique.net

C’est une provocation gratuite, qui en dit long sur l’extrême droite en France.

Justement, pour connaître un peu mieux l’histoire politique, je vous conseille :

http://www.politique.net

Bonne journée !

37. Le 12 janvier 2007,
Za

Les gardiens de la paix ont sans doute mieux à faire que de protéger un groupuscule de gros porcs d’extrême droite.

Je m’insurge contre cette formulation aux relents clairement suinophobes.

38. Le 13 janvier 2007,
didier

Je suis bouddhistes et par conséquent je respecte les animaux. Je vous serais reconnaissant de demander au conseil d’état d’interdire la distribution de toutes les soupes confectionnées à partir de protéines animales afin que l’on respecte aussi mes convictions… C’est bien sûr une boutade mais…

39. Le 17 janvier 2007,
Sed

Je me contenterai de reproduire ici ce que je viens de mettre sur blog d’Eolas (qu’il soit remercié de m’avoir aiguillé sur celui-ci, tibi, Eolade, gratias ago)

Très cher Maître,

tournicotez et virevoltez tout votre saoûl, avec ou sans effets de manche, vous en avez besoin pour cacher l’évidence. Que le cochon dans la soupe n’est qu’un prétexte. Que l’Etat tentaculaire se fiche et se contrefiche de l’affront soi-disant fait aux Juifs ou aux musulmans. Que son but, c’est de tout régenter, tout enrégimenter, tout embrigader, tout réglementer, tout planifier. Pour le principe. Et pour justifier son existence à lui, le Parasite Suprême.

Comment, de ses sujets auraient l’outrecuidance de prétendre faire profiter de leurs largesses qui ils veulent, et qui plus est, en mettant la main à leur poche à eux, et non à celles des voisins? Une fois copieusement ponctionnés de leurs revenus et de leurs biens, ces gens-là voudraient encore disposer à leur gré du peu qu’il leur reste?

C’est inadmissible!

Heureusement qu’il se trouve des gens comme vous, Très Cher Maître, pour chercher dans les textes de loi de quoi préserver la prébende de leur Etat Toute-Providence. Les rats eux aussi fouillent les immondices pour leur survie.

40. Le 21 janvier 2007,
VIAL

A midi FR 2 nous a présenté un reportage sur le traitement quasi luxueux fait par les Danois à leurs SDF et autres accidentés de la vie, à ceci près qu’il nous a été bien précisé que les logements agréables présentés et les sommes confortables allouées le sont pour les seuls nationaux afin, nous est il précisé, de ne pas attirer des flots d’immigrés

Mon quotidien favori m’apprend qu’après le conseil d’état à Paris, le tribunal administratif à Nice a interdit la solidarité nationale en bafouant également les lois sur la laïcité en interdisant comme “discriminatoire et xénophobe” la distribution de la soupe au cochon aux gaulois déshérités.

J’ajouterai seulement que le Danemark est toujours cité dans la presse comme un pays socialiste qui réussit et dans lequel les gens sont heureux de vivre, alors que la même presse nous apprend que les jeunes Français s’expatrient par centaines de mille pour fuir une France à bout de souffle et au bord de la Faillite

Blah ?