journal de bord de laurent gloaguen

Vous êtes sur le journal de bord de Laurent, alias « le capitaine », Montréal, Canada.

Recueil de liens, citations et pensées au fil de l’eau… On y parle actualité, politique, journalisme, technologie, internet, air du temps, sens de la vie et sexe, depuis 2002. C’est à ce jour 8223 billets et 71357 commentaires.

Parenting, the French way [dimanche 5 février 2012]

[…] Yet the French have managed to be involved with their families without becoming obsessive. They assume that even good parents aren’t at the constant service of their children, and that there is no need to feel guilty about this. “For me, the evenings are for the parents,” one Parisian mother told me. “My daughter can be with us if she wants, but it’s adult time.” French parents want their kids to be stimulated, but not all the time. While some American toddlers are getting Mandarin tutors and preliteracy training, French kids are—by design—toddling around by themselves.

[…] Of course, the French have all kinds of public services that help to make having kids more appealing and less stressful. Parents don’t have to pay for preschool, worry about health insurance or save for college. Many get monthly cash allotments—wired directly into their bank accounts—just for having kids.

But these public services don’t explain all of the differences. The French, I found, seem to have a whole different framework for raising kids.

[…] One of the keys to this education is the simple act of learning how to wait. It is why the French babies I meet mostly sleep through the night from two or three months old. Their parents don’t pick them up the second they start crying, allowing the babies to learn how to fall back asleep. It is also why French toddlers will sit happily at a restaurant. Rather than snacking all day like American children, they mostly have to wait until mealtime to eat. (French kids consistently have three meals a day and one snack around 4 p.m.)

[…] Later, I emailed Walter Mischel, the world’s leading expert on how children learn to delay gratification. As it happened, Mr. Mischel, 80 years old and a professor of psychology at Columbia University, was in Paris, staying at his longtime girlfriend’s apartment. He agreed to meet me for coffee.

Mr. Mischel is most famous for devising the “marshmallow test” in the late 1960s when he was at Stanford. In it, an experimenter leads a 4- or 5-year-old into a room where there is a marshmallow on a table. The experimenter tells the child he’s going to leave the room for a little while, and that if the child doesn’t eat the marshmallow until he comes back, he’ll be rewarded with two marshmallows. If he eats the marshmallow, he’ll get only that one.

Most kids could only wait about 30 seconds. Only one in three resisted for the full 15 minutes that the experimenter was away. The trick, the researchers found, was that the good delayers were able to distract themselves.

Following up in the mid-1980s, Mr. Mischel and his colleagues found that the good delayers were better at concentrating and reasoning, and didn’t “tend to go to pieces under stress,” as their report said.

Could it be that teaching children how to delay gratification—as middle-class French parents do—actually makes them calmer and more resilient? Might this partly explain why middle-class American kids, who are in general more used to getting what they want right away, so often fall apart under stress?

Mr. Mischel, who is originally from Vienna, hasn’t performed the marshmallow test on French children. But as a longtime observer of France, he said that he was struck by the difference between French and American kids. In the U.S., he said, “certainly the impression one has is that self-control has gotten increasingly difficult for kids.”

The Wall Street Journal, Pamela Druckerman: “Why French Parents Are Superior”.

The Marshmallow Test.

Wikipedia: “Stanford marshmallow experiment”.

1. padawan le 5 février 2012

Rappelons que Nicolas Sarkozy n’a pas été élevé par deux parents français, et nous prouve donc qu’effectivement toutes les civilisations ne se valent pas.

2. zerchove le 6 février 2012

On pourrait aussi comparer les enfants français avec les petits coréens du nord pour voir a quel point les petits frouzes sont des minables petites fiottes fainéantes.

Mais bon vu la teneur de l’article, il me semble que l’adage selon lequel certains feraient mieux d’avoir des chiens plutôt que des enfants est toujours d’actualité.

3. Raveline le 6 février 2012

Ce qui m’étonne le plus, c’est que les scientifiques tirent un lien de causalité entre ne pas aimer les marshmallows et avoir une plus grande capacité de concentration.

4. Karl, La Grange le 6 février 2012

À Mouille Point, il y a des embruns.

5. Nicolas le 6 février 2012

@zerchove Moi c’est le manque de protocole “scientifique” dans cette expérience (en plus des conclusions hâtives) qui me fait frissonner… @padawan hu hu hu joli :)

Blah ?

Citation du jour [dimanche 5 février 2012]

« L’explosion de l’euro, ça va être la délégitimation de tous les connards qui ont fabriqué l’euro ! »

Emmanuel Todd.

1. Marie-Aude le 5 février 2012

Tiens du même, dans la suite de la discussion sur les communautarismes

http://www.youtube.com/watch?v=cKUvyPzJb5I&feature=colike

2. Gagarine le 6 février 2012

« Je serais très étonné que l’euro, dans sa forme actuelle, survive à l’année 2011 » (le même, le 4 janvier 2011).

Le plus fascinant, c’est l’applomb du monsieur lorsqu’il sort ses énormités. Au fait, il y a des gens qui le prennent au sérieux?

3. Gagarine le 6 février 2012

(au fait, citation via @Quatremer).

4. Romain le 6 février 2012

Quand bien même l’euro tomberait, les mêmes connards reviendraient nous dire qu’ils l’avaient toujours dit.

Blah ?

1 pédé sur 5 est une connasse [samedi 4 février 2012]

Au minimum…

J’aime beaucoup Yagg, malgré deux trucs très agaçants qui relèvent de l’architecture de leur plateforme Web.

Le premier truc, c’est la quantité de billets qui te font faire deux pages vues au lieu d’une. Exemple : tu cliques dans le RSS après qu’un titre ait retenu ton attention, et tu tombes dans ton navigateur sur un billet très court qui t’invite à cliquer de nouveau pour aller (se faire) voir ailleurs, genre : “Lire la suite et voir la vidéo sur Yagg TV”, “Lire la suite et voir la vidéo sur Mes saisons préférées, le blog séries de la rédaction”, “À lire sur le blog…”, “Lire sur Yagg Sortir”. La solution est pourtant simple, mettez le bon lien directement dans le RSS. Je ne veux pas croire un instant, venant de votre part, que cela serait une manœuvre pour gonfler artificiellement votre nombre de pages vues. C’est juste mal foutu et quotidiennement exaspérant.

Le second truc, c’est l’obligation de s’inscrire à la plateforme pour laisser un commentaire. J’en laisse très rarement, je suis un gars parcimonieux du commentaire, surtout sur les sites médias, alors si l’on me dresse encore une barrière, que l’on réserve la fonction aux membres du club… Absolument décourageant et pour moi rédhibitoire.

Sinon, on dirait que Christophe Martet n’aime pas du tout Didier Lestrade (il serait possible, à lire entre les lignes, qu’il y ait aussi une inimitié ancienne…). De mon côté, le “pitch du livre”, qui tient dans son titre “Pourquoi les gays sont passés à droite”, m’avait donné l’impression qu’il s’agirait d’un essai opportuniste (élections…) basé sur une idée complètement fausse. Car on ne peut pas dire que les gays soient passés à droite en bloc, seuls certains…

Certes, je ressens une certaine droitisation des esprits, qui vaut pour l’ensemble de la société, mais les faits sont têtus, les gays restent dans leur grande majorité ancrés à gauche, et le pédé de droite, ce n’est pas franchement une aberration nouvelle (haha, pensez donc à ces fameuses heures sombres de notre histoire…).

À découvrir un chapitre chez Slate, j’ai cependant trouvé que Didier Lestrade était plaisant à lire et surtout pointait des questions intéressantes, suscitait le débat et amenait à la réflexion, ce qui me place sur la même longueur d’onde que Romain Vallet sur Hétéroclite quand il écrit :

Quels que soient les désaccords de fond que l’on peut avoir avec Didier Lestrade, il faut lui reconnaître une vivifiante capacité à poser (parfois) de bonnes questions et à secouer vigoureusement le cocotier du petit monde LGBT qui, comme tous les autres, a tendance à s’assoupir lorsqu’il n’est pas assez stimulé. Rien que pour cela, grâce lui soit rendue.

Toute communauté a besoin de secoueurs de cocotiers.

Et parmi les sujets qui secouent brutalement, il y a quand même ce truc énorme qui donne envie de monter sur sa chaise et de hurler comme une folle, c’est ces putains de 19% d’homosexuels français qui se déclarent prêts à voter pour l’extrême droite aux prochaines élections. Je sais que ce n’est pas nouveau, mais ce n’est pas une raison pour laisser cette merde sous le tapis.

Certains pourraient m’objecter qu’ils y voient là en quelque sorte l’aboutissement d’un processus de “normalisation” et d’intégration de la population homo. Pourquoi les gays devraient être finalement si différents du reste de la population ?

Les gays sont différents du reste de la population parce qu’ils sont une minorité sexuelle, parce qu’ils préfèrent à une écrasante majorité l’élevage de chats à la reproduction humaine, parce qu’ils sont toujours et encore, et particulièrement en France, la victime d’ostracisme et sont des citoyens de seconde classe, parce qu’on les stigmatise, et parfois les violente, les torture, les tue juste pour ce qu’ils sont. Parce que l’extrême droite cristallise naturellement toutes les haines homophobes, c’est dans son ADN politique.

Non, les gays, comme les Juifs, comme les Arabes, ne peuvent pas souscrire à l’extrême droite. C’est juste impardonnable.

Et de me rendre compte, accablé, à lire la pauvre prose de ces “gays patriotes”, qu’il s’agit tout simplement d’homophobes, du genre à se plaindre de la “gaypride” qui donnerait une si “mauvaise image”. Nos pires ennemis sont trop souvent des pédés.

1. orpheus le 4 février 2012

Pédé de droite = agneau à Pâques

2. Pascale le 4 février 2012

Tu te fais du mal pour rien Laurent. La connerie n’a ni sexe, ni couleur, ni catégorie socio-professionnelle, ni religion, etc. Donc oui, c’est normal d’avoir des cons chez les homos, quel qu’en soit le pourcentage et la raison.

Et pour ces pédés là, on peut juste dire qu’ils aiment vraiment l’avoir très très profond… Sois pas jaloux ;-) —>[]

3. William Réjault le 4 février 2012

Ah oui, le RSS je plussoie, c’est chiant.

(J’avais pas mis de commentaire ici depuis des années, dis)

4. Matoo le 4 février 2012

(C’est tous les vieux blogueurs qui doivent commenter c’est ça ? ^^)

“parce qu’ils préfèrent à une écrasante majorité l’élevage de chats à la reproduction humaine” <—— Mouahaahaha. <3

5. Nicolas Krebs le 4 février 2012

« Non, les gays, comme les Juifs, comme les Arabes, ne peuvent pas souscrire à l’extrême droite. » (Laurent Gloaguen) Juifs pour Marine Le Pen : http://u-f-j.org/ .

6. Laurent Gloaguen le 4 février 2012

@Nicolas : Oh Mon Gode, je ne savais même pas que ça existait…

7. Gilles le 5 février 2012

@Nicolas : asso avec 5 personnes dedans ? :) Déjà entendu parlé de leur soutien à MArine, on ne sait pas qui ils sont. Ils surfent sur un rejet des asso juives de France “historiques” et sur la peur de l’Islam pour les Juifs qui pensent que la France est aux Juifs et pas aux Islamieux. Perso mon pays m’appartient autant qu’aux autres mais je ne demande pas le départ des autres :)

8. le roncier le 5 février 2012

Merci, Laurent, ça fait du bien à lire. Il faut qu’on soit nombreux à le rappeler. <3

9. Maxime le 5 février 2012

Pim Fortuyn ?

10. Nicolas Krebs le 5 février 2012

À Laurent Gloaguen : Il y a une semaine j’ignorais aussi que ce groupe existait. Marine Le Pen a levé le lièvre il y a quelques jours.

À Gilles : Je ne sais pas si ce groupe possède cinq membres, pour le moment je n’en connais qu’un (un certain Michel Ciardi, qui publie notament chez les crypto-facho de Riposte laïque).

11. Boby le 6 février 2012

En tout ça ce bouquin semble faire bien parler le petit monde intellectuel ! Vous vous alarmez de ces gays qui osent choisir d’être à l’extrème droite… Mais si, plus simplement, ils se découvraient “aimer les hommes”, comme cela peut arriver dans tous les milieux, toutes les classes sociales ? Je combat l’extrème droite dans la mesure de mes moyens. Mais pas avec ma bite, hé ! Le sexe n’a rien à voir avec la dangerosité. La preuve la nouvelle cheftaine, encore plus effrayante que son paternel. Je rejoins tout à fait ce que dit Pascale.

Blah ?

Martineau viré par Vergès [vendredi 3 février 2012]

Ahaha, la détestable petite frappe Richard Martineau qui se voit poser impérativement son congé par Maître Jacques Vergès, je ne m’en lasse pas.

1. magoua le 3 février 2012

Pur bonheur :) En plus, écouter Martineau essayer d’avoir un accent français a quelque chose de savoureux.

2. Karl, La Grange le 3 février 2012

ados et leurs surnoms chez Tumblr.

3. Karl, La Grange le 3 février 2012

4. Karl, La Grange le 4 février 2012

Blah ?

Petite bite, grands compliments [jeudi 2 février 2012]

Nancy's, Petite bite, big compliments.

Agence Smith Brothers, pour Nancy’s “Petite Quiche”.

Femme de gauche : “Je te présente mon nouveau compagnon, il a une petite bite et il est Républicain. Malgré tout cela, il arrive à me faire jouir, et il gagne presque 120 000 dollars par an.”

Femme de droite : “Oh, ma chérie, je suis tellement heureuse pour toi, tous mes compliments.”

Femme de gauche : “Reprends donc une petite quiche, tu peux te le permettre, ça ne fait pas grossir…”

Femme de droite (intérieurement) : “Salope. Va périr en Enfer.”

Homme au petit pénis : “Hin hin.”

1. celui le 2 février 2012

Merde, j’ai lu le mot en anglais en premier, du coup ça perd son effet. Et sinon, je pense que la femme de gauche, c’est Nancy…

2. manu le 3 février 2012

Ha tu l’as trouvée en grand format toi ! Je ne l’ai vu qu’en petit (ironique)… Tu as de bonnes sources :D

3. remib le 3 février 2012

En arrière plan, c’est des petits flous… et le vin blanc manque un peu de corps.

4. manu le 3 février 2012

à New York j’étais tombé sur un stylo qui, pour faire classe là aussi, arborait un joli “Le Pen” en lettres cursives.

5. remib le 3 février 2012

ben oui, le pen d’huitre (désolé, je suis consternant)

Blah ?

Cécile, crécelle et péronnelle décervelée [jeudi 2 février 2012]

Plus à l’aise pour twitter que pour parler aux journalistes locaux, la petite Cécile fait sa crécelle sur les ondes et répand ses infamies. Petit rectificatif, histoire de replacer les choses dans leur contexte et d’éclairer nos lecteurs comme nos amis écolos.

Il paraît que cette tête à claques de Cécile Duflot se répand sur Twitter pour dire qu’un journaliste rémois (moi) l’aurait insultée. Ma première réaction, c’est que la patronne des Verts est plus douée pour bavasser sur Twitter (il ne faut pas penser) que pour répondre à un journaliste. Normal. Une grenouille décervelée ne peut répondre qu’à des stimuli. La deuxième chose, c’est que notre péronnelle est une fieffée menteuse. Lorsque je me suis permis de quitter la table, mardi midi à Reims, constatant que Cécile Duflot ne levait pas son œil de ses téléphones, ou alors pipelettait à droite à gauche sans se préoccuper des journalistes qui lui faisaient face (je n’étais pas le seul), je lui ai simplement fait remarquer, en partant, qu’elle avait encore des choses à apprendre dont la politesse. Réponse de Torquemada Duflot : « Je n’ai rien à apprendre d’un journaliste d’extrême droite ».

Comment une fille que je n’ai jamais vue de ma vie, qui n’a jamais lu un seul de mes articles, et avec qui je le jure je n’ai jamais gardé les oies, peut-elle se permettre de porter un tel jugement ?

L’Union, Bruno Testa : “Cécile Duflot, tête à claques (suite)”.

1. Krysalia le 2 février 2012

on traduit : je suis véxé de ne pas avoir été traité comme un prince par une nana pour laquelle j’avais le plus profond mépris dès le départ. moi j’ai le droit de décider qui a un cerveau, elle n’a pas le droit de me latéraliser. c’est une querelle de psychomotriciens ?

2. Marie-Aude le 2 février 2012

Sympa les lectures ce soir :)

Blah ?

Maintenance en cours [jeudi 2 février 2012]

Mise à jour de Movable Type 4.3 vers 5.12.

Désagréments possibles (notamment du côté de la fonction commentaires qui risque de ne plus fonctionner un temps).

P.S. Mise à jour terminée, tout semble fonctionner.

1. Laurent Gloaguen le 2 février 2012

Test.

2. Laurent le 2 février 2012

Test 2.

3. Damdam le 2 février 2012

Donc, Movable Type évolue toujours. Vous m’en direz tant….

4. Laurent Gloaguen le 2 février 2012

Évolue bien. Seul bémol, trop de documentation et de plugins en japonais…

5. padawan le 2 février 2012

Donc tu vas faire une autre mise à jour d’ici la fin du mois. ;-)

@Damdam : MT n’a jamais cessé d’être un excellent logiciel et il continue à bien évoluer entre les mains de ses dévelopeurs japonais. La barrière de la langue est un problème mais quand on veut on peut, et c’est l’un des meilleurs systèmes de gestion de contenu qui existent.

Blah ?

Lestrade, le communautaire [jeudi 2 février 2012]

didier-lestrade-milenio.

[Photo Milenio.]

[…] Par bien des aspects, Pourquoi les gays sont passés à droite est d’abord un récit personnel. Un des plus grands militants homosexuels français raconte son parcours circulaire, de sa province natale au retour en province à l’âge de la maturité. Entre les deux, il y a bien sûr: Paris. Plus Lucien de Rubempré que Rastignac, Lestrade a connu la nuit urbaine, le journalisme (il sera adopté par le magazine Gai Pied qui sera pour lui “une seconde famille”), le militantisme gay (“je trouve leur discours trop obtus et surtout trop triste”), la passion pour la house et la musique techno dont il fut l’un des introducteurs en France et dont il deviendra le critique du journal Libération. Et puis, bien sûr, le sida. Lestrade appartient à cette génération d’homosexuels, unique dans l’histoire, qui, entre 1983 et les années 2000, ont perdu un grand nombre de leurs amis. Au retour d’un voyage aux États-Unis, il crée Act Up-Paris à l’été 1989. Son combat, radical et d’abord solitaire, aura finalement un impact considérable sur l’histoire de la pandémie et sur la politique française.

De ces années de luttes dures, Lestrade a conservé une certitude: le communautarisme sida a sauvé des dizaines de milliers de vies dans les années 1990. Pour lui, “les minorités se développent, s’épanouissent et s’affirment au sein de la société à travers la notion de groupe”. Lestrade assume, ce qui est rare en France, une position communautariste. Aimanté par les quartiers gays des États-Unis, il pense que les gays ont réussi à s’entraider parce qu’ils formaient une communauté. Et cette idée le fascine.

A partir de là, Lestrade va concentrer ses attaques contre le modèle républicain français, aveugle aux différences, rigide dans son universalisme abstrait, qui cache trop bien son racisme et son homophobie sous couvert de l’égalité pour tous. Lestrade dénonce une France qui “s’est engluée dans son refus obsessionnel de la discrimination positive et du multiculturalisme”. Il rappelle aussi, dans une confession très personnelle, comment “la République” lui a “enlevé” un de ses boyfriends arabes, qui n’a pas pu rester avec lui parce qu’il n’était pas Français et n’avait probablement pas de papiers.

En cela, son parcours est un peu l’inverse de celui de Caroline Fourest, née dans le communautarisme dur et qui va évoluer vers le républicanisme obtus.

[…] Lestrade consacre à cette journaliste multi-cartes ultra-féministe, qui squatte les plateaux de télévision, un chapitre complet d’une particulière dureté. Après avoir mis en lumière l’ultra-communautarisme de Caroline Fourest, lorsqu’elle présidait le Centre Gay et Lesbien de Paris et animait la revue ProChoix (qui développait “une analyse du monde à partir de l’angle gay”), Lestrade note son basculement en “passionaria de la laïcité” et bientôt en islamophobe caricaturale. Il étrille cette “success woman de la guerre contre l’Islam” et pointe habillement ses contradictions. Lestrade est très en colère et s’adresse à elle directement: “Nous nous désolidarisons de toi, tout de suite… Tu devrais avoir honte”. Que Caroline Fourest, égérie des lesbiennes, s’en prenne à une autre minorité “ça, écrit Lestrade, on ne l’a jamais fait”.

Après cette charge où la sincérité frappe à chaque ligne, Lestrade continue le passage en revue des figures qui “déshonorent” la cause gay dans “cette vieille France de Renaud Camus”. Voici le tour de Frédéric Mitterrand. Là, difficile de taxer le ministre de la Culture de “raciste”, étant donné qu’il a la double nationalité tunisienne et qu’il passe toutes ses vacances dans sa maison de Tunisie. Lestrade attaque ailleurs où, évidemment, ça fait mal: le tourisme sexuel. Il fut déjà, durant l’affaire de La Mauvaise Vie de l’automne 2009, un critique sévère du comportement du ministre de la Culture. Il récidive dans ce livre. C’est la charge la plus dure que j’ai lue d’un gay contre le comportement de Frédéric Mitterrand. Elle fera date.

Voici le tour du romancier et critique littéraire Joseph Macé-Scaron. Après avoir décrit comment ce journaliste réactionnaire du Figaro portant polo Fred Perry (symbole des skinheads) était devenu “wild” et “macho” à Marianne, Lestrade dénonce ses livres où il bascule à droite et s’en prend à sa propre communauté: “C’est comme si un plombier polonais écrivait un livre pour s’en prendre à la vague des plombiers polonais qui sont arrivés en même temps que lui”. Pour Lestrade, “c’est la version light de ce que dit Renaud Camus”.

On pourrait trouver off the limit cette tonalité pamphlétaire du livre et regretter autant d’attaques ad hominem. On n’a pas oublié, d’ailleurs, que Didier Lestrade a toujours été un partisan de l‘“outing”, action qui consiste à dévoiler publiquement l’homosexualité de gays cachés lorsqu’ils se révèlent publiquement homophobes. Alors comment se fait-il que l’on trouve la charge efficace et jouissive?

L’une des raisons profondes de l’intérêt que suscite Pourquoi les gays sont passés à droite réside dans la personnalisation du livre par son auteur. On ne lit pas un essai, pas même un pamphlet, mais plutôt le témoignage personnel d’une des principales figures françaises du monde gay d’aujourd’hui. Va-t-il trop loin? Oui, bien sûr, et Lestrade répond par avance à la critique: “Oh, vous me trouvez trop personnel, trop intime? Mais vous savez, on a le droit de dire ces choses-là entre gays et lesbiennes. C’est comme les blagues juives, il faut être un peu juif pour les comprendre vraiment. Entre nous, on a le droit de se dire ses quatre vérités”. Argument imparable.

[…] Didier Lestrade était l’homme idoine. Désormais provincial, loin des coteries parisiennes et de ses opportunismes contraints, se situant bien au-delà des désillusions perdues, autant attaché à la décroissance qu’à l’indépendance, heureux des plaisirs de la campagne — ici idéalisée à travers le jardinage et l’amour des chiens en liberté — l’ex-diva de la house music a acquis une image de grand sage.

A 54 ans, il peut tout dire. C’est un Renaud Camus qui a bien vieilli, une Caroline Fourest qui n’est pas aigrie, un Macé-Scaron qui aurait enfin lu Montaigne. Son livre Pourquoi les gays sont passés à droite est un bijou, rare, incongru, inattendu. Un sourire. Pour moi, c’est un des livres les plus justes que j’ai lus sur la question gay contemporaine.

L’Express, Frédéric Martel : “Comment Sarkozy va tenter de récupérer le vote gay par la peur de l’Islam”.

Didier Lestrade, Pourquoi les gays sont passés à droite. Le Seuil, 142 p., 14,50 euros.

Lestrade publie aussi avec Gilles Pialoux Sida 2.0, Regards croisés sur 30 ans d’une pandémie… et demain ?. Éditions Fleuve Noir, 460 p., 19,20 euros.

Site de Didier Lestrade. Blogue. Tumblr.

1. francbelge le 2 février 2012

Qu’il est hot… :-)

2. Marie-Aude le 2 février 2012

Si j’ai tout compris, les bons communautaires, c’est ceux qui font la tournée des bougnats, c’est ça ? ^^

3. VinZ le 3 février 2012

J’aime pas chez Lestrade cette volonté d’union des minorités (gay, arabes, etc.), il y a un côté identitaire qui me dérange. Je crois à la communauté nationale, au vivre-ensemble, plutôt qu’au communautarisme.

Surtout, j’ai du mal à ne pas voir du sexisme chez Lestrade, surtout quand il s’en prend à Fourest, coupable d’être lesbienne et de défendre les droits des femmes face à l’obscurantisme musulman.

Pour suivre le travail de Caroline Fourest (j’écris de temps en temps des articles pour la revue ProChoix), lui reprocher d’être en “guerre contre l’islam”, de “s’en prendre à une autre minorité”, c’est juste ridicule (elle dénonce régulièrement les vraies dérives, à la Riposte Laïque)… et c’est confondre une religion et son obscurantisme.

Pour info, un article de Fourest il y a un mois, évoquant les attaques de Lestrade et Martel.

4. Marie-Aude le 3 février 2012

@VinZ, chaque religion a ses obscurantismes. Néanmoins, alors qu’au début j’étais très séduite par Caroline Fourest, j’ai remarqué beaucoup d’approximations et de malhonnêtetés intellectuelles dans ses attaques (pour ne pas dire de “mensonges”, disons qu’au mieux elle ne vérifie pas toujours ses sources, ou bien elle tronque les phrases exactement comme ça l’arrange, pour en changer le sens réel). J’aimerais bien aussi tous lire plus régulièrement chez tous ces afficionados de la lutte contre l’obscurantisme musulman les mêmes attaques contre l’obscurantisme chrétien ou juif, notamment celui qui a droit de cité dans la communauté européenne, et qui rend la vie des femmes irlandaises, (entre autres mais pas seulement) si difficile. A défaut de lire ce genre de choses, j’ai quand même le sentiment que le viseur est pointé très spécifiquement sur une religion donnée, et dans ce cas, les arguments “oui mais vous comprenez ce n’est pas l’islam que j’attaque, mais ses excès” ont quand même un énorme air de faux nez.

5. VinZ le 4 février 2012

En même temps, allez trouver quelqu’un qui ne triture pas, consciemment ou pas, les mots d’un autre pour lui faire dire ce qu’il n’a pas dit. Qui ne va interpréter les phrases ambigues dans le sens qui l’arrange…

Prenons Pascal Boniface, qui a consacré un chapitre de son livre “Les intellectuels faussaires” à Fourest, lui reprochant approximations et citations tronquées, tout en faisant la même chose en pire pour tenter de prouver qu’elle serait islamophobe et sioniste…

Après, c’est normal qu’en France, on tape plus souvent sur l’islam que sur les autres pour l’instant, parce que c’est actuellement la religion qui provoque le plus de choses (voiles, burkas, prières dans la rue, revendications sur le halal) à contrôler/résoudre dans le cadre de notre laïcité. Mais, pour continuer sur l’exemple de Fourest, elle a écrit récemment un livre sur l’Opus Dei avec Fiammetta Venner, on les a même accusé de mener une campagne contre le pape parce qu’elles étaient à l’origine de la révélation des propos négationnistes de l’intégriste Williamson…

6. Marie-Aude le 4 février 2012

Je suis désolée, VinZ, mais triturer consciemment, de la part de quelqu’un qui se présente comme journaliste, ça ressort de la faute professionnelle. De la part de quelqu’un qui se présente comme intellectuelle, ça jette un doute plus que sérieux sur tout ce qu’elle dit.

Quand quelqu’un dit “si on peut comprendre la violence des palestiniens, le terrorisme n’est pour autant pas acceptable” et que Caroline Fourest cite “on peut comprendre la violence des Palestiniens” en expliquant que c’est un soutien aux terroristes, pour moi cela va largement au delà du triturage.

Quant à dire que l’Islam “provoque” le plus de choses à contrôler / résoudre dans notre laïcité, je crois plutôt que l’Islam est mis en permanence sous le feu de la rampe, parce que c’est un exhutoire bien pratique. Autrement dit, vieux proverbe laïc bien français, quand on veut noyer son chien on l’accuse de la rage.

Je suis très intéressée de savoir en quoi, dans une perspective de laïcité, les revendications sur le halal posent plus de problème que sur la cashrout ? En quoi le voile porté par une personne privée, c’est à dire non détentrice de l’autorité de l’état, est plus problématique qu’une soutane, qu’une robe de bouddhiste ou qu’une perruque juive ? En quoi la burka qui n’a jamais été portée en France serait un problème, et en quoi le fait qu’entre 200 et un milliers de nanas allumées choisissent de porter le niquab pose plus de problème que les centaines de milliers de femmes anorexiques ?

Sans doute parce que ce sont des thèmes de campagne faciles, et qui n’engagent pas à un résultat concret, à la différence de la lutte contre le chômage ?

Vous m’excuserez d’y trouver un goût très amer, et d’y entendre un certain nombre de choses qui ont sifflé aux oreilles de mon père et de ses frères, en d’autres temps.

Peut être n’avons nous pas tout à fait la même vision de la communauté nationale.

(Désolée de troller, mon capitaine…)

7. Laurent Gloaguen le 4 février 2012

C’est bien la première fois en presque 10 ans d’existence qu’on s’excuse de troller ici… Non, votre débat est intéressant, continuez :-)

8. Marie-Aude le 5 février 2012

Ah alors si on m’encourage :) ^^

Blah ?

Golden Shower [mercredi 1 février 2012]

Sometimes you want to be a “dirty fucking slut”…

“Piss”. Written/Produced by Bette Bentley. Directed by Vincent Peone and Bette Bentley.

1. Karl, La Grange le 1 février 2012

Je me demande si ils se sont rencontrés dans un avion.

2. Karl, La Grange le 1 février 2012

3. Greg le 2 février 2012

Joli thème pour une love story …

Blah ?

Junk News [mercredi 1 février 2012]

[…] In the pageview and ratings driven media economy, too much of the content these days is designed to be just like junk food to quickly boost quantifiable viewership. If you make content that is the intellectual equivalent of gummy bears, your site will appear to grow quickly. Advertisers reward size, and growing fast is expected in most places I’ve seen. […]

The first thing I did was to take back my time. I quit all the online content that was id-provoking and knee jerk. I stopped reading the stupid hyped up news stories that are press releases or rants about things that will get fixed in a week. I stopped reading the junk and about the junk that was new, but not good. I stopped reading blogs that write stories like “top 17 photos of awesome clouds by iphone” and “EXCLUSIVE ANGRY BIRDS COMING TO FACEBOOK ON VALENTINES DAY.” And corporate news that only affects the 1%. Most days, I feel like most internet writers and editors are engaging in the kind of vapid conversation you find at parties that is neither enlightening or entertaining, and where everyone is shouting and no one is saying anything. I don’t have time for this.

[…] With my three extra hours a day, I will often go to the beach. Cook a healthy meal. Do a bunch of exercise. Have a drink with friends. Read a book. Write a poem. Mow the lawn. Go skiing while checking my email from the chair lift. Visit a museum. […] All it’s cost me are LOLs and LIKES and YOUTUBE VIDEOS OF EXPLOSIONS and news about startups. It’s more than a fair trade–it’s a no brainer. And I think almost anyone with a job based on information can set up a similar life that is just as enjoyable. It might take a few years, but you can’t do it while you’re rotting online reading junk content. Get on, make the most meaningful information and connections, and then get offline. Then, live purposefully towards happiness. Because I’ve never met a person who spent their days and nights online that was happy as I am right now.

The Wirecutter, Brian Lam: “Happiness Takes (A Little) Magic”.

1. Guillermito le 1 février 2012

A peu près chaque mois depuis 1994, je lis un article de quelqu’un qui, après avoir passé un peu trop de temps en ligne, redécouvre que la vraie vie se déroule loin d’un écran. Et je suis d’accord a chaque fois.

De la même façon qu’Adblock supprime les publicités, il faudrait un filtre pour éliminer tout contenu sans intérêt, circulaire, a propos de télé, contenant “youtube”, manufacturé pour des raisons financières, ou parlant de la vie privée de gens célèbres. Ca serait un peu plus difficile a faire rentrer dans un algorithme. Pour commencer, je propose d’éliminer le mot-clef “Lana del Rey”, la Justin Bieber pour adultes. Ca m’éviterait de me taper les délires vaguement branchouilles de connards enamourés des deux cotés de l’Atlantique.

Blah ?

Sometimes… [mardi 31 janvier 2012]

somewhere-someone-sometimes-2012.

#cute #sweet

Illustration Alex Noriega, via Le Roncier Redux.

1. Karl, La Grange le 31 janvier 2012

Le dessin est tendre. Dans un autre registre, un policier qui aimait les feux de la rampe.

2. ossobuco le 31 janvier 2012

Comme disait le père Onan (Job, 9:3), se masturber de quelqu’un, c’est ne pas s’en branler (ça marche avec quelqu’une).

3. Martine le 31 janvier 2012

Si au moins l’univers nous envoyait un petit signal.

4. Gilles le 1 février 2012

Offtopic : j’ai appris un truc ce matin : http://yagg.com/2012/01/24/dr-jean-pierre-calot-efs-%C2%ABun-vagin-est-fait-pour-avoir-des-rapports-sexuels-un-anus-non%C2%BB/ Et ça fait des années que je ne donne pas mon sang à cause de cette discrimination. Je suis peut-être con. Capitaine, des soucis sur ça quand tu étais en France ? Des réflexions ?

Blah ?

L’air des clochettes [dimanche 29 janvier 2012]

Je crois qu’après certaines interprétations aussi définitives, on devrait s’abstenir de tenter d’en produire de nouvelles, tant la comparaison serait par trop écrasante… Je pense bien sûr à une Natalie Dessay qui a osé se compromettre avec un soi-disant contre-mi dans l’Air des clochettes, mais dont les qualités d’interprète, à communier l’émotion, n’arrivent pas au dixième de la cheville de la plus grande et stratosphérique soprano colorature de tous les temps, au “timbre incomparable où la chaleur du velours s’unit à la transparence du cristal”…

Faites silence, et écoutez Florence Foster Jenkins (1868-1944) qui égrène là toutes les perles de son éclatant soprano et demeurera à jamais dans vos mémoires comme la vraie et inoubliable Lakmé.

1. OlivierJ le 30 janvier 2012

Quand j’ai vu Dessay dans Lucie de Lammermoor, je l’ai trouvée très émouvante et très expressive.

2. Jérôme le 30 janvier 2012

Et tout l’album est aussi suave…

3. niemand le 30 janvier 2012

Il faut que j’arrête de boire. Ou bien que je boive plus, j’sais pas. http://www.youtube.com/watch?v=gwvqdXR3XnI

4. ossobuco le 30 janvier 2012

Oui, ça me rappelle Damia chantant “la guinguette a fermé ses volets”. Ce soir il m’est encore arrivé quelque chose de pas ordinaire. Contrairement à mon habitude, à cause de la pluie et de mes chaussures neuves (c’était les soldes), j’ai voulu rentrer du travail par le bus. Or dans la pénombre ils se ressemblent tous et ce n’est qu’après 5 ou 10 minutes de trajet que je me suis aperçu m’être trompé de ligne. J’étais bien dans la chaleur de tous ces gens contents de retourner chez eux (même si ça ne se lisait pas forcément sur leur visage), et au plus prochain arrêt j’en suis sorti avec le regret qu’on éprouve quand on se réveille d’un rêve sensuel, et le mécontentement quand on s’aperçoit qu’il nous a fait dessiner une carte de France sur le drap ; je n’aime pas l’humidité. En conclusion, je voudrais enfin signaler au président S### (s’il lit ce blog) que, contrairement à ce qu’il donne l’impression de penser, les municipalités de gauche sont économes, notamment sur l’éclairage public.

5. blah le 1 février 2012

Je préfère Natalia de Andrade

Blah ?

Bonheur sur Twitter [dimanche 29 janvier 2012]

Simple comme des “mute rules”…

yorufukurou-sarko-mute.

Calme et sérénité retrouvés…

P.S.

Ahaha, j’avais loupé l’onglet Regex…

yorufukurou-sarko-mute-2.

1. NicoFromNYC le 29 janvier 2012

Oh yeah! Thanks… Faudrait la meme avec les primaires républicaines, et tout ira bien…

2. Off Topic le 30 janvier 2012

C’est quelle appli?

3. celui le 30 janvier 2012

@Off-Topic. YoruFukurou. Si t’aimes les applications franchement moches, pas toujours très pratiques, qui ne respectent pas les conventions de plus en plus établies (pull-to-refresh par exemple) mais ultra puissantes et personnalisables, tu vas adorer.

4. Laurent Gloaguen le 30 janvier 2012

@celui : YoruFukurou n’est pas moche !

http://sites.google.com/site/yorufukurou/

Blah ?

The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore [samedi 28 janvier 2012]

Court-métrage d’animation de William Joyce et Brandon Oldenburg, Studios Moonbot. Sélectionné pour les Oscars.

1. Eric le 28 janvier 2012

Superbe. J’aime beaucoup l’idée qu’un monde sans littérature est un monde sans couleurs.

Blah ?

On m’a posé des questions [samedi 28 janvier 2012]

En messages privés sur Twitter, un jeune ami m’a posé ces questions :

Grosses questions ce soir. Besoin de tes lumières : 1) Il faut des doigts de 20 cm pour toucher sa prostate ou quoi ? Et c’est si cool que ça ou bien sur-fait ? Et sinon 2) Sois franc, si à 22 ans je suis tjrs aussi seul, c’est bien de ma faute et ne présage rien de bon ?

Répondre à ces interrogations en tranches de 140 caractères sur Twitter ne me semble pas aisé.

J’aurai pu répondre à tout cela par courriel, mais il m’est apparu que mon point de vue sur ces importantes questions pouvait intéresser plus d’un destinataire. Et de plus, sans doute mes savants lecteurs ajouteraient dans les commentaires le fruit de leur expérience sur ces sujets.

Question 1a : “Faut-il des doigts de vingt centimètres pour atteindre sa prostate ?”

Réponse du capitaine : bien sûr que non.

Quand on arrive à un certain âge, tôt ou tard, l’homme connaît l’expérience en cabinet médical du toucher rectal. Et la pratique n’exige pas du médecin qu’il ait les doigts longs et effilés d’E.T., le gentil extra-terrestre.

Cet examen vise principalement à tâter la prostate : le médecin introduit dans l’anus son index lubrifié et protégé d’un gant, afin de vérifier la consistance de cette glande, pour sentir si elle est hypertrophiée, noduleuse, douloureuse au toucher, etc., ce qui pourrait être le symptôme d’un problème et très notamment de cancer.

C’est un examen très rapide, anodin et économique. Pour certains sujets, c’est aussi l’occasion de découvrir des sensations inconnues et surprenantes qu’il souhaitera reproductibles sans l’index de son vieux médecin de famille, et dans un cadre quelque peu plus intime et confortable, sans pour autant oser demander à sa compagne un coup de main exploratoire.

En effet, une proportion non négligeable d’hommes hétérosexuels de mon entourage hésite à demander à leurs chères et tendres : “Ne voudrais-tu pas me mettre un doigt dans le cul pour me toucher la prostate ?”. Ce qui, nous en conviendrons aisément, n’est pas le signe d’un couple en parfaite harmonie.

Donc, le sus-dit médecin arrive parfaitement à atteindre la prostate, même dépourvu des longs doigts virtuoses d’un Liszt ou d’un Chopin. Parce qu’elle n’est pas très loin. Et, Dieu merci Wikipedia, un dessin vaut mieux que de longues explications :

toucher-prostatique-2012.jpg

Comme on l’observe, la prostate n’est située qu’à environ 6 cm de l’anus. L’examen de la prostate ne tient donc rien de la séance de fist-fucking, le médecin n’a pas besoin de mettre toute sa main, voir son bras, dans votre cul.

Question 1b : “Est-ce si cool que ça ou bien surfait ?”

Là, je propose une image qui sera compréhensible des femmes (parce qu’il y a aussi des filles qui me lisent) : être vaginal ou clito, ou les deux. La prostate, ce serait un peu du vaginal par rapport à la queue qui serait clitoridienne. Ou bien l’inverse, c’est juste que c’est deux processus de jouissance différents.

Le fait objectif et vérifié, c’est l’existence de l’orgasme prostatique. C’est un orgasme atteint par stimulation de la prostate qui se produit sans nécessairement une érection (souvent sans d’ailleurs). Il se traduit par des sensations très intenses, mais sans éjaculation, si ce n’est parfois l’épanchement de liquide clair. Pour certains, c’est plus puissant que l’orgasme traditionnel. Ce qui est sûr, pour en avoir l’expérience, c’est que c’est vraiment différent.

C’est quelque chose qui vient de l’intérieur et qui vous secoue par spasmes internes, sans manifestations externes. Les mots manquent pour décrire la sensation. Et c’est peut-être là que le tabou intervient pour le mâle, parce qu’il a le sentiment de ressentir une jouissance de femelle. Déjà qu’il a un machin dans le cul pour l’atteindre… Vraiment pas fait pour les machos, l’homme est ici dessaisi de sa puissance dominatrice, érectile et introductive, il devient… un trou, dont la jouissance est à la totale merci du partenaire.

Mais, l’orgasme prostatique n’est pas donné à tout le monde. Pour ma part, j’ai franchement de la difficulté à le déclencher, ça demande beaucoup de travail (et de doigté…) pour y parvenir. J’imagine qu’il existe une grande différence de sensibilité entre les hommes, comme pour les filles avec leur vagin ou leur clito. Cependant, même si on arrive pas à l’orgasme prostatique, le massage prostatique est toujours fournisseur de sensations fort plaisantes, pour peu que l’on ait passé la barrière psychologique consistant à avoir un objet stimulant dans l’anus.

Ce qui nous amène à la sodomie passive. Il y a deux dimensions dans le plaisir de se faire sodomiser, l’une psychologique, que je ne vais pas développer ici parce que ce serait trop long et éloigné de la prostate (en bref, s’offrir), l’autre anatomique.

Sur le plan anatomique, il y a deux principaux acteurs, le sphincter, un muscle, la prostate, une glande (nous avons écarté le troisième et très important acteur, le cerveau). Le rectum est réputé insensible. Le sphincter va procurer pas mal de sensations au début, mais avec le travail de la queue, il va vite se dilater (si c’est bien fait et correctement lubrifié, et si le passif n’a pas de blocage psychologique induisant une contraction — c’est là que les douleurs peuvent intervenir). Au bout d’un certain temps, le sphincter va devenir presque silencieux et béant, insensible, il a comme abandonné pour un moment l’idée de réagir (à moins d’être alors sollicité de manière plus intensive et dilatatoire). L’anus est relâché. C’est là que subsiste, principalement, le massage prostatique. (Avec, probablement, d’autres sensations secondaires et périphériques).

Ce qui m’amène à vous annoncer une évidence, la queue idéale pour la sodomie est courte et large (comme la mienne, en passant). Un membre court (mais pas trop) ne va pas vous fourrager dans des extrémités vides et insensibles, mais son bout va directement donner des coups sur votre prostate (si la position est adéquate). Un membre large, quant à lui, vous donnera plus intensément et plus longtemps des sensations au niveau du sphincter anal.

Avec tous ces éléments qui vous éclairent cette zone d’ombre (le rectum et son voisinage), alors la prostate, c’est si cool ? Oui, c’est cool, mais l’orgasme prostatique ne doit pas devenir un Saint-Graal. Parce que tout le monde ne peut pas l’atteindre pour différentes raisons, parce que tout le reste, c’est très bien aussi. Mais dans tous les cas, oui, la prostate, c’est cool, parce quand tu as une bite dans le cul, ça te procure tout un supplément de sensations.

Le principal conseil, c’est de s’explorer tout seul, un doigt et du gel (ou de l’huile, ou du beurre…) suffisent. La grosse boule, tu la trouves normalement assez rapidement. Tu la presses de l’index, tu la caresses, tu fermes les yeux, et tu vois si ça le fait… ou pas.

Si ça le fait pas, c’est juste que t’es pas sensible de ce côté là et ça ne fait en rien de toi un mec anormal. Il y a des mecs qui jouissent presque avec leurs tétons, moi, non. Nous ne sommes pas tous câblés de la même façon, c’est tout.

Donc, pour résumer, la prostate, oui, c’est cool, c’est un organe de plaisir, mais faut pas lui demander plus qu’elle ne peut te donner.

Question 2 : “Si à 22 ans je suis toujours aussi seul, c’est bien de ma faute et cela ne présage rien de bon ?”

Réponse du capitaine : grand couillon. (Je précise à mes lecteurs que l’auteur de ces questions est non seulement grand, mais aussi beau, style mannequin, sans compter de grandes qualités intellectuelles…)

Il n’y a pas de putain de règle dans ce domaine. Que des exceptions, des parcours individuels.

Pour ma part, sans vouloir servir d’exemple, j’ai attendu 28 ans avant de vivre ma première histoire d’amour vraiment sérieuse et complètement investissante. J’ai deux fois ton âge, et j’en suis qu’à trois. Qu’à trois ? Non, je bénis les dieux d’être aussi chanceux, tous les jours, vraiment. J’ai presque honte d’étaler mon bonheur d’être aimé et d’aimer, il y a tellement de nécessiteux en la matière.

Je pense qu’il ne faut pas se fixer d’objectifs, de modèles. La relation amoureuse, elle te tombe dessus généralement sans que tu l’aies prévue (systématiquement de mon côté), et souvent pas forcément avec qui tu l’aurais imaginé. Ce n’est pas un truc prémédité. L’amour, le vrai, c’est juste un horrible machin que tu ne maîtrises pas du tout, que t’attrapes comme un virus. Et quand tu le perds, la convalescence est longue, parfois très longue, voire éternelle.

Je crois aussi qu’il faut généralement une certaine maturité pour se livrer à l’amour, non pas que ce ne soit pas inné, mais qu’il nécessite un certain bagage pour qu’une étincelle se transforme en feu de cheminée durable. Pour reprendre l’image précédente, pour qu’un rhume se transforme en maladie incurable au long cours.

22 ans ? Si vieux, si jeune… C’est l’âge des expériences. Va de tous côtés, vogue en mers inconnues. Rien ne te lie, tu es libre.

En aucun cas ne cherche l’amour, c’est lui qui viendra te chercher. Plus tard, un autre navigateur viendra te chercher, mais comme pour l’amour, tu n’y pourras pas grand-chose.

Vis ta vie. Pleure, souffre, exulte, jouis. Ce qui peut encore te paraître un peu abstrait, c’est que ta vie est *fucking* courte. Et ce qui fait ta vie est ce dont tu la remplis. Vis donc pleinement, au maximum, multiplie les expériences, tout en prenant soin de toi. Le pire dans la vie, c’est peut-être de perdre du temps, de procrastiner avec un bien si précieux.

Mais sache qu’il n’y a en aucun cas de normes, pas de livre écrit à l’avance (ça, c’est un truc de religieux pour désespérés), il y a pas à se dire qu’être seul à 22 ans, c’est pas “normal”, que ça handicape un avenir.

Profite de la vie, la bonne bouffe, les bonnes bites, les beaux sourires, les beaux voyages, les beaux romans, les beaux films, la belle musique… l’amour peut attendre, et c’est sans doute en profitant ainsi de la vie que tu maximises les probabilités que l’amour te tombe dessus.

J’ai juste confiance en toi.

Mais, l’amour, contrairement à la prostate, je dois te dire que c’est un peu surfait, parce que ça peut faire souffrir, vraiment. Et comme dit l’adage, il faut parfois mieux être seul que mal accompagné — et que cela demande parfois une certaine force de caractère.

[Voilà, tu auras compris que je ne pouvais pas te répondre en 140 caractères, et je pense que j’aurai pu écrire cent fois plus sur ces sujets… Je t’embrasse bien fort. Une autre question ? ]

Ami lecteur, peut-être as-tu des réponses complémentaires à apporter à ce charmant jeune homme…

1. Atypik le 28 janvier 2012

Sujet de fond, dont les préjugés sont légions.Combien de mecs aiment sincèrement se faire doigter, À première vue peu. Dans ma modeste expérience, je me rends finalement compte que peu d’entre eux ont réellement eu un connaisseur de l’anatomie anale. Et comme tu le dis si bien, si c’est bien fait, tu atteins l’orgasme. il m’est arrivé souvent de tomber sur des mecs qui soi-disant n’aimaient pas ça et qui’au final, amenant la chose avec intelligence, finesse et doigté, ils se laissaient faire, pour au final prendre leur pied. Tout est question de technique, confiance envers le partenaire et sensation.Il ne faut pénétrer ce lieu comme un bourrin, il faut le respecter et il s’ouvrira tout seul, laissant une voie royale pour la prostate.

2. Karl, La Grange le 28 janvier 2012

un toucher rectal est bien plus satisfaisant qu’une pipe qui en plus dans certaines circonstances peut être mauvaise pour la santé !

3. padawan le 28 janvier 2012

22 ans ! Vu l’allongement de l’espérance de vie, c’est un poil plus qu’un cinquième de sa vie ? Ce qu’on est impatient à cet âge-là… J’ai rencontré mon premier mec à 23 ans et on a passé 15 ans ensemble. J’ai rencontré celui qui a le plus bouleversé ma vie (dans le bon sens du terme) à 42 ans. Carpe Diem jeune homme !

une proportion non négligeable d’hommes hétérosexuels de mon entourage hésite à demander à leur chère et tendre : “Ne voudrais-tu pas me mettre un doigt dans le cul pour me toucher la prostate ?”. Ce qui, nous en conviendrons aisément, n’est pas le signe d’un couple en parfaite harmonie.

Décodage ; ce n’est pas demander “Ne voudrais-tu pas me mettre un doigt dans le cul pour me toucher la prostate ?” qui est mauvais signe, mais hésiter à le demander. Messieurs, votre cul est une source inépuisable d’orgasmes. C’est un long voyage qui demande juste un peu d’ouverture, d’esprit pour commencer.

4. padawan le 28 janvier 2012

Mais le toucher rectal par rapport à d’autre choses, c’est quand même du touche-pipi, hein.

5. Eric le 28 janvier 2012

« Si ça le fait pas, c’est juste que t’es pas sensible de ce côté là et ça ne fait en rien de toi un mec anormal. Il y a des mecs qui jouissent presque avec leurs tétons, moi, non. Nous ne sommes pas tous câblés de la même façon, c’est tout. »

Si je puis me permettre, je tempèrerai en disant que si ça ne le fait pas, c’est peut être seulement parce ce n’était pas le bon moment, le bon contexte, que la sensation n’est pas encore apprivoisée. Comme tu le disais, Laurent, le cerveau est le premier organe sexuel, et le plaisir est plus que seulement une sensation. Et il faut faire son éducation dans ce domaine. Coup de bite après coup de bite.

6. ossobuco le 28 janvier 2012

“Un jeune ami m’a posé ces questions” : ça m’a tout de suite évoqué ce vieux vieux film (avec les regrettés Jacqueline Mailhan et Claude Piéplu) du type de films dont le meilleur est dans le titre : “Papy fait de l’assistance” (comme je suis plus vieux que le capitaine - j’ai vérifié sur wikipédia - je peux me permettre). Personnellement - même si tout le monde s’en fout : commenter est un sacerdoce - je n’ai pas lu la suite car sur le conseil de mon médecin quelques jours après qu’un autre mut (m’eut ou m’eût? faisons simple) par erreur diagnostiqué une dissection aortique, je ne lis plus les avis médicaux sur internet, ni pour le corps ni pour l’âme. Il fait un temps magnifique cet après-midi, je vais aller faire un tour. J’ai un livre à rendre à la médiathèque ; je ne lis généralement pas les livres que j’emprunte, mais j’aime bien y aller parce que j’ai remarqué que la concentration de la lecture embellissait les gens. On constate ça dans le train aussi. S’il m’arrive des choses, je vous raconterai. Bon.

7. C le 30 janvier 2012

Ma réponse complémentaire à la question 2 c’est que j’ai 22 ans, que je suis toujours seule, et que ça va. (Et ça va encore mieux après cette piqûre de rappel, merci capitaine.)

8. Ciorane la pauvresse le 30 janvier 2012

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu cette description détaillée de l’orgasme anal par un témoin fort expérimenté de la chose. Sauf qu’elle me laisse pantoise. Car alors, comment cela se fait-ce qu’une femme normalement constituée (càd dénuée de prostate) puisse jouir analement avec une queue d’une largeur banale et sans stimulation périphérique ? Bref, peut-on tout expliquer scientifiquement ?

9. Laurent Gloaguen le 30 janvier 2012

Chère Ciorane, je crains ne pas être la personne la plus qualifiée pour répondre à votre question des effets de la sodomie sur une fille… :-)

10. E. le 30 janvier 2012

Juste un petit truc à dire, quelque chose de peut - être un peu idiot, en rapport avec la deuxième question… Je livre là une simple impression, une réaction épidermique, rien d’absolu ni de vraiment réfléchi, mais la réponse ressemble - pour moi - à ce que pourrait me dire un recruteur : une vision de la vie comme un temps à remplir du plus possible d’expériences, d’actions, de contacts ou je ne sais quoi. Un petit côté boulimie d’actions, quoi. J’ai aussi 22 ans, et cette incitation à toujours faire plus, je la trouve déjà un peu fatigante… On peut être posé, tranquille, être content (-> “se contenter”), aussi, non ? L’exaltation/l’action, ok, la contemplation et le calme, ok, aussi. Bref, vivre blues et pas speed, quoi.

11. Stéphane K le 30 janvier 2012

Merci pour cette belle présentation ! Etant moi même à la recherche du plaisir anal, ce petit exposé rend les choses plus limpide…

Petite réponse à Ciorane la Pauvresse sur le plaisir anal sans prostate chez les femmes :

J’ai lu que le clitoris est en fait l’aboutissement extérieur d’un organe qui aurait ses ramifications tout du long du vagin en “haut et en bas”. Cela forme donc un ensemble, c’est un ensemble !

Ainsi, des “points” de plaisir se trouve le long de la parois “inter-ana-vaginal”. Ce qui explique l’orgasme que tu peux avoir lorsque tu pratique la sodomie, car le sexe/gode vient faire pression sur ces “points” se trouvant de l’autre côté de cette mince parois.

J’espère que j’ai pu éclairer ta lanterne !

Cela lance une autre question vieux comme le monde : Comment une femme peut être plutôt clitoridienne ou plutôt vaginale ? Et est-ce que cette question a du sens finalement..??

12. padawan le 31 janvier 2012

@Ciorane la pauvresse : vous commettez une erreur en réduisant l’orgasme anal masculin à l’excitation de la prostate, alors que ce n’est qu’un déclencheur parmi d’autres. Si une femme « normalement constituée » pourra difficilement connaitre l’orgasme prostatique dans sa chair, il n’y a aucune raison de penser qu’elle soit fondamentalement plus limitée que l’homme quant aux possibilités aussi amusantes que variées que procure le sexe anal.

13. Ciorane la pauvresse le 2 février 2012

@ Stéphane K et padawan : Merci à vous pour cet éclairage. Quant à la question du vaginale ou clitoridienne, je reconnais qu’elle m’a toujours un peu énervée. Pourquoi diable faudrait-il choisir ? C’est comme si, je crois, on demandait aux homos de choisir une bonne fois pour toute entre être actif ou être passif.

14. Yogi le 2 février 2012

Mais qui a dit que les petites bites n’étaient pas appréciées ?

15. padawan le 2 février 2012

C’est comme si, je crois, on demandait aux homos de choisir une bonne fois pour toute entre être actif ou être passif

Il n’y a pas d’actifs vs passifs, tout ça c’est dans la tête. Comme on dit sur le mode « seuls les imbéciles ne changent pas d’avis », il n’y a que les mal baisés qui ne changent pas de côté.

16. manu le 3 février 2012

Ah ba, on en apprend de belles ici :)

Blah ?

La grosse qui remue [vendredi 27 janvier 2012]

En ces temps aseptisés, il convient d’aimer tout le monde et de respecter les différences. Mais là trop, c’est trop… de kilos. Je déteste la pub de Castaluna.

Si vous ne l’avez pas vue, vous ne connaissez pas votre bonheur. C’est un clip qui met en scène une femme trop grosse, pardon, bien en chair, ou mieux présentant une surcharge pondérale. Et elle danse.

A la limite, elle ne bougerait pas, ce serait encore tolérable. Mais non, elle remue. Et ses formes plus que plantureuses aussi. Bien que corsetées, contenues par tous les moyens textiles modernes, ses chairs flottent et le résultat me révulse.

Alors je comprends bien que durant des années, les femmes qui font plus que du 44 ont été rejetées, brimées, moquées, raillées, limite persécutées. Il était temps qu’elles prennent leur revanche, puisqu’elles sont de plus en plus nombreuses. La faute à une alimentation excessive, mais ça chut, il ne faut pas le dire trop fort.

Toutefois, de là à imposer sur les écrans une femme qui se donne pratiquement en ridicule, il y a une marge.

Certes, il est difficile pour une femme qui pèse plus de 100 kilos de se représenter comment serait, sur elle, une robe présentée par une femme de 40 kilos. Mais les “vraies” femmes, comme elles aiment se faire appeler, ne sont plus vraiment à plaindre.

En quelques années, les “rondes” ont réussi à faire passer dans le langage courant qu’une femme normale, mince donc, est une “anorexique”. Comme si faire attention à sa ligne était une maladie.

Autre affirmation véhiculée par les défenseurs des autoproclamées “vraies” femmes : elles plairaient davantage aux hommes que ces brindilles qui les narguent.

Chacun le répète pour faire plaisir, mais il est battu en brèche chaque jour. Voyez-vous Brad Pitt ou David Beckham au bras de “rondes” ? Non. Dès qu’un homme a le choix, il préfère être vu en compagnie d’une femme mince. […]

Le Nouvel Observateur, la revue de presse de Tittine : “Cette grosse qui remue me révulse”.

Piqué de curiosité et de voyeurisme, je me suis précipité sur cette pub Cataluna imaginant le pire, le mauvais goût, le laid, le moche…

Et… déception : je découvre une jolie fille bien dans sa peau, mignonne comme tout, certes un peu ronde, mais rien de cauchemardesque comme dans ma nouvelle émission de télé favorite “Maigrir ou mourir” (version doublée en québécois de “Extreme Makeover: Weight Loss Edition”). Bref, le style de fille qui me conviendrait sans doute si j’étais affecté d’hétérosexualité. (De plus, mon regard est tout à fait habitué à ce genre de filles vu que c’est le format courant au Québec…)

Soit la chroniqueuse voulait faire de l’humour, soit c’est une méchante maigre complexée, ou encore un peu des deux. Mais, faute de talent, ça tombe flasquement à plat. Et le lobby des grosses lui est tombé dessus (car oui, comme pour les homos, avec la fameuse “gaystapo”, c’est bien connu qu’il y a un lobby des grosses qui terrorisent les maigres…).

La rédaction du Plus du Nouvel Obs, après avoir fait le choix délibéré d’éditer et de publier ce texte, a finalement reculé, soit disant parce que ce serait en fin de compte “illégal” de dénigrer les grosses. Je ne pense pas qu’il existe de loi pour réprimer les opinions “j’aime pas les grosses et leur vue me révulse”, clairement un “vide juridique” diront certains. Mais le contraire serait regrettable, une atteinte à la même liberté d’expression qui me permet de penser et dire que Tittine a des idées d’idiote aigrie, et qu’elle se porte probablement bien moins dans sa peau que la magnifique et rayonnante fille de Castaluna.

(L’idée la plus stupide étant de voir de la “normalité” dans la minceur.)

P.S. Lire chez La Tarquine : “La plus épaisse des grossièretés porte désormais une signature : celle de Marie Sigaud… et un mentor : le Nouvel Obs !”.

1. Joachim le 27 janvier 2012

L’auteure s’exclame “c’est pour troller”

La réponse de la marque intéressée.

2. michel v le 27 janvier 2012

Le Plus doit surtout commencer à s’inquiéter d’attirer le même type d’articles que Le Post.

C’est la politique de la vitre brisée appliquée au pure-player : tu laisses passer un mauvais article, de pires articles arriveront.

3. Maxime le 27 janvier 2012

C’est chouette Internet, tu écris des trucs bien, tout le monde s’en tape. Tu écris un énorme piège à trolls et là tout le monde en parle

Ca reste quand même un peu vrai… Tiens, je vais rouvrir un blog et écrire quelques articles révisionnistes pour faire buzzer.

Accessoirement, si quelqu’un a le numéro de téléphone du modèle de Cataluna, je suis preneur.

4. Maxime le 27 janvier 2012

Bon, à la relire, il me semble bien deviner que Tittine est en réalité une anorexique du type pro-ana qui se cache (ne googlez pas trop, là pour le coup vous allez trouver des photos horribles) : - elle est dégoûtée par une femme ronde (mais qui me plait beaucoup, et je ne suis pourtant pas amateur de femmes rondes habituellement), comme toutes les anorexiques. - “une robe présentée par une femme de 40 kilos”. Ce n’est pas le poids normal d’une femme. Sauf une anorexique. - “les “rondes” ont réussi à faire passer dans le langage courant qu’une femme normale, mince donc, est une “anorexique””. Comprendre : “on me traite d’anorexique, mais je nie être trop maigre”. Classique.

5. agnesphi le 27 janvier 2012

Ah ouais quand même (le billet). Je comprends mieux les commentaires Twitter. Merci. Je suis tout autant ulcérée que l’auteure, quand je la lis. Laisser accroire que la seule volonté peut permettre d’accéder à une soi-disant normalité (en l’occurrence, une extrême minceur)est en soi dénigrant. Je me rappelle (séquence nostalgie) des 1er janvier chez ma grand-mère. Il y avait la séquence, jugée amusante, mais humiliante pour l’ado que j’étais, des pronostiques sur le poids. Sur la bascule fermière, nous faisons vérification des variations. La grand-mère faisait 45 kg, bon an mal an. Elle était sèche, menue et faisait 1m55 à tout casser. La minceur n’est pas une vertu, c’est un état. Un diktat.

6. ossobuco le 27 janvier 2012

“Bref, le style de fille qui me conviendrait sans doute si j’étais affecté d’hétérosexualité.” Voilà le genre de maxime qui fait de ce blog le plus classy de la webosphere de langue française et qu’on peut pas s’empêcher d’y revenir.

7. Christophe D. le 27 janvier 2012

J’imagine que Titine ne doit pas aimer Beth Ditto. Lesbienne en plus, donc double lobby à combattre ;-)

8. Krysalia le 27 janvier 2012

Assez d’accord avec le commentaire de maxime. Des femmes qui considèrent que les bourrelets et la graisse c’est moche sont légion. Par contre celles qui déclarent directement que de “voir bouger” une grosse les révulse, sont plus nombreuses dans le camp des anorexiques. Ça participe de la même phobie que les arachnophobes qui t’expliquent qu‘“encore, tant que l’araignée ne bouge pas ça va. mais la voir courir, euuuarrrg c’est insupportable”. (Oui bon ça je connais de l’intérieur je suis arachnophobe).

typique également cette idée de comparer une femme qui fait plus de 100kgs à une femme qui en fait 40 : personne de taille moyenne n’en fait 40, même pas les mannequins les plus petites et les plus maigres, sauf les personnes anorexiques. Et la fille de Castaluna est très loin d’en faire cent, je dirais 75/80 à vue de pifomètre. cent peut être si elle fait au delà d’1,95m mais la fille haineuse qui a écrit l’article ne connaît pas plus sa taille que moi.

100, c’est par contre le chiffre fatidique de la monstruosité chez les gens que les obèses dégoûtent. Les personnes haineuses se disent qu’en dessous de 100 kilos une femme est hideuse mais encore humaine. Enfin en gros, quoi (haha). Au delà, une femme serait une espèce de monstre incompréhensible (d’autant plus incompréhensible qu’elles n’ont pas toutes honte de vivre alors qu’elles devraient être entrain d’essayer de se supprimer, ou quelque chose comme ça, selon cette même “logique”).

Je suis pour qu’aucune opinion ne soit réprimée sur le fond, mais pour qu’on surveille un minimum la forme qu’on donne à cette même opinion quand on est lu par un tas de gens. l’article en question avec sa haine pourrait faire beaucoup de mal à des personnes fragiles. Je ne parle pas de femmes fortes qui en ont vu d’autres mais de très jeunes femmes par exemple, ou d’autres en rupture affectives.

9. Maxime le 27 janvier 2012

10. OlivierJ le 28 janvier 2012

La réponse de la cofondatrice de Castaluna (c’est anecdotique mais c’est une camarade de lycée) : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/312700-cette-grosse-qui-me-revulse-je-suis-la-cofondatrice-de-castaluna-voici-ma-reponse.html .

11. Karl, La Grange le 28 janvier 2012

Cet article a été mis hors ligne

sur le nouvel obs.

12. Eric le 28 janvier 2012

C’est pas grave, Internet en a tout de même gardé le souvenir, ici. Merci les twittos. Via Veuve Tarquine

13. Martine le 31 janvier 2012

Incroyable. J’avais raté toute cette folie. Moi aussi, en lisant l’article, je m’attendais à de la chair qui bouge de partout. Et puis la surprise de tomber sur une très jolie fille aux hanches fortes et aux bras ronds, mais sans plus… Difficile d’imaginer que quelqu’un de sain puisse la regarder avec dégoût.

Tu crois vraiment que c’est le format courant au Québec? Les filles d’ici me semblent plus minces (plus minces que les américaines, en tout cas).

Blah ?

Lignes du désir [mercredi 25 janvier 2012]

Dès 1992, alors qu’il travaillait à la Ville de Montréal, Jean Décarie avait en effet étudié en long et en large cette cicatrice urbaine créée par le chemin de fer du CP. Le long du couloir ferroviaire, on avait fait l’inventaire des brèches dans la clôture. En suivant les pas dans la neige, on avait cartographié les « lignes de désir » - jolie expression du génie des transports qui désigne les passages incontournables empruntés instinctivement par les gens.

Ces nombreuses lignes de désir sont très éloquentes. Elles sont le symptôme d’un aménagement urbain déficient.

La Presse, Rima Elkouri : “Les lignes de désir”, via @KZmontreal.

Blah ?

Chats dangereux pour l’aviation civile [mercredi 25 janvier 2012]

Flight 603 from Halifax to Toronto had been scheduled to leave at 5:40 a.m. before Ripples the cat escaped from its carrier and ran into the cockpit.

The crew scoured the plane as the cat’s owner called out to her pet.

Eventually they determined that the cat had “weaseled its way down into the wiring of the cockpit,” Spurway said.

The cat was found and returned safely, but the flight remained grounded until the cockpit wiring could be checked for damage.

“The maintenance folks had to take panels off… inside the cockpit in order to get at the cat,” Spurway said. Once Ripples was removed, they had to reassemble the cockpit and ensure that no damage had been done to the wiring or hardware.

In the end, though, “there was no real damage done.”

He said despite the delay and some rescheduling, most passengers took the excitement in good humour.

Toronto Star, Molly Hayes: “Cat in the cockpit grounds Toronto-bound airplane”.

P.S.

Un appareil d’Air Canada effectuant la liaison Halifax-Toronto a décollé avec plus de quatre heures de retard, mercredi matin, en raison d’un chat qui a échappé à son propriétaire à bord de la cabine et qui s’est réfugié dans la cabine de pilotage.

« Un passager est entré dans l’avion avec son chat qui était dans une cage. Pour des raisons inexpliquées, le chat s’est retrouvé en liberté, et il a fait son chemin jusque dans la cabine. Il a trouvé un orifice, et personne ne pouvait le récupérer », a expliqué Peter Spurway, vice-président à l’aéroport international de Halifax.

Des employés d’entretien d’Air Canada ont été appelés en renfort. Ils ont détaché des panneaux dans la cabine de pilotage, et le félin a ainsi pu être sorti de sa fâcheuse position trois heures après le départ prévu de l’appareil, a ajouté M. Spurway.

Les panneaux ont été replacés, et les passagers ont pu retourner dans l’avion.

Le vol, qui devait décoller à 5h40, est parti vers 10h.

Agence QMI.

1. xave le 26 janvier 2012

Et à part ça, les Québécois sont les protecteurs de la langue française…

2. Jean le 26 janvier 2012

Celui-là est tiré d’affaire mais songez-bien que chez Le chat provincial, il reste encore 55 chats à sauver !

3. Jean le 26 janvier 2012

Dieu merci ils sont tous sauvés. Un réel bonheur : leur regard reconnaissant sur la photo, digne des plus beaux calendriers des P & T d’antan, où elle aurait mérité de figurer. Je suis certain que cela plaira beaucoup au capitaine qui va illico la joindre à sa collection.

4. Manu le 27 janvier 2012

Ba ils ne ferment pas le cockpit ? Si un chat peut entrer, c’est la porte ouverte aux terroristes.

5. Laurent Gloaguen le 27 janvier 2012

Et chacun sait que les chats sont des terroristes.

6. OlivierJ le 30 janvier 2012

Si ça ce n’est pas une nouvelle pour le Capitaine : http://www.citazine.fr/vite-lu/une-tueuse-de-chats-en-serie-arretee-au-bresil .

Blah ?

Chat ne sert à rien [mercredi 25 janvier 2012]

cat-during-emergencies.

Yasmine Surovec: “Cat versus Human”.

1. william le 25 janvier 2012

Il manque la case où le chat la mange.

Blah ?

Hood [mercredi 25 janvier 2012]

1. Eric le 26 janvier 2012

Moi aussi, je me ferais volontiers maquiller par Arpad Miklos :-P

Blah ?

France, fille de Mars [mercredi 25 janvier 2012]

Vous apprendrez que la France reste la puissance militaire la plus efficace de l’Histoire européenne. L’historien Niall Ferguson a répertorié 125 conflits majeurs sur le théâtre européen depuis 1495. La France a pris part à 50 de ceux-ci, soit plus que l’Autriche (47) et l’Angleterre (43). Et en plus de chercher la bagarre, la France en sort majoritairement gagnante. Selon le livre, de ses 168 dernières batailles, la France en a gagné 109, soit un taux de réussite de 65%. À titre de comparaison, c’est le même taux de victoires que celui des Canucks de Vancouver, l’équipe la mieux classée au terme de la saison régulière 2010-2011 de la Ligue Nationale de Hockey.

Être loin : “Dans la gueule”.

1. ossobuco le 26 janvier 2012

Statistiques idiotes ou idiotie de la Statistique? Des guerres on pourrait tenir une comptabilité dans laquelle le crédit de Marignan ou de la prise de la smala d’Abd el Kader par le général Bugeaud (ou Cavaignac?) suffiraient à compenser le débit de la grande débâcle de 1940? Comme disait le maréchal Mac Mahon contemplant les ruines de Sébastopol : “la statistique, je sais ce que c’est, j’en fais tous les jours ; soit on en meurt, soit on devient idiot.” Un truc plus personnel : ce matin en venant au travail, je me suis rendu compte que la jolie patronne du T* était enfin revenue. J’ai fait demi tour et j’ai été prendre un café au comptoir. Il y avait du monde, comme si on avait tous décidé de fêter son retour. Toute menue, elle a de beaux yeux, je l’ai regardée avec l’amour d’une frisonne regardant passer le TER dans le marais Vernier. Je pense en tout cas qu’elle a une grande maîtrise de ses sentiments car elle a vraiment eu l’air de rien. Ou alors elle se fiche complètement de moi, ce que j’aurais du mal à concevoir. Je suis comme tout le monde : j’essaie de me convaincre que ma vie est intéressante.

Blah ?

Boomerang judiciaire [mercredi 25 janvier 2012]

Supposons en effet qu’un haut fonctionnaire ou un publiciste turc interrogé en France sur le génocide arménien reprenne la version officielle turque des évènements. Les associations arméniennes saisiront la justice française. La personne poursuivie ne manquera pas de soulever l’inconstitutionnalité de la loi, comme contraire à sa liberté d’opinion et d’expression, par le jeu de la QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité). Dans le débat se trouvera nécessairement posée devant le Conseil constitutionnel la question de la constitutionnalité de la loi mémorielle de 2001 reconnaissant le génocide arménien, dont il n’a jamais eu à connaître. Si, comme le pensent nombre de juristes et notamment en 2002 le Doyen Vedel, cette loi de 2001 est entachée d’inconstitutionnalité, du même coup disparaitront de notre droit et la loi mémorielle de 2001 et la loi répressive actuelle. Ce boomerang judiciaire se retournera contre ses auteurs. Ce sera la revanche du Droit sur la politique.

[…] J’ignore si la constitution turque permet au Parlement de voter des lois sur l’histoire, y compris sur celle des nations étrangères. Si tel est le cas, préparons nous à une réplique des parlementaires nationalistes turcs proclamant que la France est l’auteur de crimes contre l’humanité commis dans ses anciennes colonies, notamment en Algérie pendant la guerre d’indépendance. Protesterons-nous que ces évènements tragiques ne concernent pas la Turquie ?

Le Huffington Post, Robert Badinter : “Génocide arménien : la pitié dangereuse”.

Blah ?

Les pédés, plus importants que les cathos [mardi 24 janvier 2012]

[…] Il faut dire que cette catégorie de la population est loin d’être négligeable numériquement. Selon l’Institut de sondage Ifop, qui a réalisé l’enquête pour le compte du Cevipof, les homosexuels et bisexuels représenteraient environ 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus. “Leur poids électoral est supérieur à celui de la population catholique pratiquante”, relève François Kraus, de l’IFOP.

Premier enseignement de l’étude, la gauche part avec beaucoup d’avance dans cet électorat. La moitié des personnes se définissant comme homo ou bisexuelles affirment leur proximité avec un parti de gauche, contre 37 % de l’ensemble des Français. Seuls 15 % se disent proches de la droite parlementaire. Au premier tour de l’élection présidentielle, 49,5 % des sondés affirment qu’ils voteront pour un candidat de gauche, 9 % pour le candidat du Modem, 22,5 % pour un candidat de droite et 19,5 % pour Marine Le Pen. En outre, ces électeurs sont plus sûrs de leur choix, et plus constants que les autres.

Cette préférence pour la gauche ne surprend pas : les droits des homosexuels ont surtout progressé sous des gouvernements dirigés par des socialistes (dépénalisation définitive de l’homosexualité en 1982, retrait de la liste des maladies mentales en 1983, création du pacs en 1999). Plus surprenant est l’attrait pour le Front National, peu enclin au progressisme en matière de mœurs.

[…] Selon le Cevipof, la théorie de la “droitisation” du milieu gay, défendue notamment par Didier Lestrade, fondateur d’Act Up, dans un essai à paraître début février (Pourquoi les gays sont passés à droite, Seuil), est en partie infirmée par ces résultats. La faible adhésion à la droite parlementaire reste stable depuis 2007. L’extrême droite progresse, mais, alors que le vote frontiste était supérieur à celui des hétérosexuels en 2007, il est aujourd’hui comparable à celui du reste de la population.

Cependant, à mesure que le fait d’être homosexuel se banalise, la liberté de parole progresse. “Dire qu’on est gay et de droite devient plus facile, analyse M.Corbin. De plus en plus d’hommes politiques de droite font leur coming out. Les gens sont décomplexés.”

Le Monde, Gaëlle Dupont : “Le Front national séduit aussi les homosexuels”.

1. manur le 24 janvier 2012

En même temps ~20% de fascistes, c’est assez précisément la moyenne dans la population française prise globalement. Si le fait d’aimer les garçons avait prémuni contre les manifestations les plus ostensibles de la bêtise, c’est cela qui aurait été digne d’étonnement.

2. Raveline le 24 janvier 2012

Et que dire des homosexuels catholiques (les malheureux) ?

3. padawan le 24 janvier 2012

@Raveline : on peut facilement guérir du catholicisme.

Blah ?

Black pepper ceremony [lundi 23 janvier 2012]

L’autre chose qui me fait mourir de rire et dont je ne comprends toujours pas l’intérêt ou la mode : une fois votre plat délivré, le serveur revient avec un énooooorme moulin à poivre et il prend tout son sérieux pour vous proposer dans un souffle épique : “Fresh pepper?”. Mais ce n’est que du poivre… Et je ne mens pas leurs moulins mesurent parfois 70 cm de long, et il faut les voir pencher le bouzin et tourner fièrement leur appareil pour mettre du poivre sur les plats. POURQUOI ??? Il y a du sel sur la table ainsi que divers condiments, mais pourquoi le poivre doit-il être ainsi distribué ?

MatooBlog : “New York, toujours et encore ! (et une étude comparée francoamerloque)”.

Je veux aussi savoir pourquoi quantité de restaurateurs montréalais se ridiculisent de la même façon. Ils n’ont pas les moyens d’acheter des petits moulins à poivre pour chaque table ?

Ils te servent le poivre comme si c’était des paillettes d’or fin. Juste grotesque.

1. padawan le 23 janvier 2012

J’ai vu ça essentiellement à NYC. Pas que là, mais toujours dans les restaurants de NYC. À noter que contrairement à San Francisco où les locaux ont une approche de la nourriture similaire à la notre (ils mangent bien pour se faire plaisir), la plupart des New Yorkais ne mangent que parce qu’ils y sont naturellement obligés et vont au restaurant uniquement pour se montrer. Je crois que le folklore du moulin à poivre participe à ce cirque.

2. Krysalia le 23 janvier 2012

on m’a fait le coup du moulin Peugeot surdimensionné (entre 50 et 75cm) à Paris, plusieurs fois, ainsi qu’à Nantes et à Rouen, et même à Lille. Je n’ai jamais compris l’intérêt d’un tel engin ridicule non plus…

3. Mauricio le 24 janvier 2012

J’avais lu ça à propos des méga-moulins:

The reason the restaurants have a server come around with a peppermill the size of a rocket launcher is because people would in the past slip a lovely little pepper mill into their pockets or purses. A blunderbuss prevents that. Sometimes I wish they would come around with extra salt. Not enough restaurants put it on the table.

Ça semble tout à fait plausible comme explication aux USA.

4. Laurent Gloaguen le 24 janvier 2012

Prendre ses clients pour des voleurs, c’est charmant.

@Krysalia : Hu, je suis navré d’apprendre que cette détestable mode atteigne la France. Encore une preuve de l’impérialisme culturel… ;-)

5. Jean le 24 janvier 2012

J’avoue avoir déjà volé des accessoires dans les bistrots ou les restaurants. Il n’y a pas que le peer to peer. Ce doivent être de vieux restes comportementaux de chasseurs cueilleurs hérités de l’âge de pierre. Une époque à laquelle il fallait éclater le grain de poivre entre deux silex.

6. Gagarine le 24 janvier 2012

J’ai aussi vu ça à San Francisco il y a quinze ans. Ca nous paraissait très bizarre à l’époque, venant d’Europe. Un peu exotique quoi.

Peut être que ça vient du risque de vol, mais je pense surtout que ça fait un cérémoniel de plus, qui fait “luxe”, un peu à la manière d’antant des coupoles sur les assiettes.

7. Laurent Gloaguen le 24 janvier 2012

Je crois en effet plus à l’effet “cérémoniel”.

8. Maxime le 24 janvier 2012

J’ai vu ça à Sofia aussi. Ca va finir en mode internationnale, vous croyez ?

Ca coûte si cher que ça un petit moulin à poivre ? D’accord, ça peut se voler, mais en “made in china”, qu’on me fasse pas croire que c’est si ruineux à remplacer. J’ai déjà volé des verres de bière, mais jamais de salière, ça ne se collectionne pas !

(Que celui qui n’a jamais volé de verre dans un bistrot me jette la première pierre).

9. padawan le 24 janvier 2012

C’est exactement ça, cérémoniel et décorum sont plus importants pour eux que la qualité de ce qu’ils servent dans les assiettes. Et ça correspond au public, qui est là pour se montrer, pas pour apprécier ce qu’il mange.

10. Krysalia le 25 janvier 2012

maxime a dit “ça coûte si cher que ça un petit moulin à poivre ?”

ben c’est à dire que dans un restaurant, ils sont très utilisés, peut être une dizaine de fois chacun par journée (midi et soir). du coup s’ils sont petits et made in china, ils cassent, la roulette avec les crans se coince avec le poivre, ils ne broient plus. à raison de trois ou quatre euros le moulin, peut être 2€ chez retif ça chiffre quand même au bout d’une année, sans compter les clients qui piqueraient quand même du made in china :D. Si les moulins à poivre sont petits et de marque peugeot, c’est clair qu’au bout de deux jours il ne doit plus y en avoir dans le restaurant. S’ils sont géants et made in china, ça fait horriblement cheap et ça tombe en panne encore plus vite. S’ils sont géants et de marque peugeot, on ne peut pas se le mettre sur l’oreille et partir comme si de rien n’était…

du coup le restaurateur a deux choix : soit proposer une salière et poivrière avec du poivre déjà moulu (car en effet ça ne se collectionne pas !), et là le client snob n’est pas content. le poivre, ça se mange moulu depuis moins de 5 secondes sinon c’est l’hérésiiiie avec 4 “i”. Soit proposer du poivre moulu à la demande et là le moulin doit ressembler à une batte de baseball. Dilemme.

moi je dirais bien, hé, les gars, et faire vos assaisonnements correctement du départ, en cuisine… C’est possib’ ?

Blah ?

Marché véreux de la photo ancienne [lundi 23 janvier 2012]

Encore un scandale dans le marché de la photo ancienne…

[…] Si les acheteurs et l’expert Grégory Leroy refusent de livrer le document [une expertise de Paul Messier], c’est, disent-ils, parce qu’il est trop sensible : ce rapport serait tellement détaillé (30 pages) qu’il pourrait, s’il tombait entre de mauvaises mains – notamment celles des possibles faussaires – leur permettre de comprendre leurs erreurs.

C’est le marché de la photo ancienne qui serait en jeu… Leroy justifie :

« Le travail est magnifiquement fait. En ne transmettant pas ce document, je défends l’intérêt du marché et de mes clients contre d’éventuels faussaires qui se baladent dans la nature. »

La Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) possède également le document classé confidentiel dans le cadre de l’enquête préliminaire. Elle a mandaté une nouvelle expertise, française celle-là.

[…] Grégory Leroy estime que la moitié du commerce de la photo ancienne en France (évalué entre 5 à 10 millions d’euros par an) est touché.

Acheteur de la vente, Jean-Claude Vrain renchérit :

« On sait qu’il y a beaucoup de faux dans l’art mais là, c’est à ma connaissance la première fois que tout le lot est composé de faux. C’est très inquiétant pour la photographie : c’est aussi la première fois qu’on mettrait à nu une véritable entreprise de faux à grande échelle, opérant pour des sommes aussi importantes. C’est le plus grand scandale auquel j’assiste depuis que j’achète. »

Rue89, Eleonore Gratiet-Taicher : “L’un des pionniers de la photo a-t-il été inventé de toute pièce ?

Quelques observations :

Il y a quelque chose de très curieux dans ces photos de Charles-Édouard de Crespy le Prince (voir les 83 lots ici), c’est que rien ne permet de les dater dans leurs sujets. Que des arbres, des rochers. Bref, de l’intemporel. Tout le corpus proposé à la vente est d’une rare homogénéité. Étrange.

D’autre part, même si c’était de vrais calotypes du milieu du XIXe siècle, la pauvreté de leurs sujets devraient enlever très considérablement de leur valeur.

Enfin, l’argument de Grégory Leroy, expert pour les ventes de photographies chez Artcurial, comme quoi il ne faut pas diffuser l’expertise, car elle mettrait en péril le marché… C’est regrettable.

Le seul moyen d’assainir ce marché véreux, c’est de parler des escroqueries au lieu de les cacher sous le boisseau, et d’être dans une démarche scientifique en communiquant le résultat des expertises, afin de faire progresser la recherche qui n’en est qu’à ses balbutiements.

Pour ce que j’en sais, seul aujourd’hui le papier permet d’irréfutablement dater quelque chose dans un tirage photographique, mais seulement le papier, pas la chimie qui est mise dessus. (Paul Messier est l’expert en papier utilisé pour la photographie le plus reconnu au monde. S’il dit que ce sont des faux, c’est probablement que le papier est postérieur à 1848.)

(Avec du vieux papier, je peux vous fabriquer des faux très convaincants.)

1. Vicnent le 23 janvier 2012

Je ne connais pas le marché et j’avoue ne rien y connaitre en “vieille photo” mais la raison de non diffusion est elle si pitoyable ? S’il sera facile, toujours, de détecter les vieux faux (notamment avec la datation papier), n’y a t il pas un risque de voir d’un coup d’un seul apparaitre des milliers et milliers de photos de 1880, 1915, 1930 etc ?

2. Laurent Gloaguen le 23 janvier 2012

Je me suis peut-être mal exprimé, il faut diffuser les expertises qui ont permis de déceler les faux afin de faciliter les expertises ultérieures, il faut partager le savoir. (C’est aussi le seul moyen de juger de la qualité de l’expertise.)

Là, j’ai l’impression que c’est “on ne va pas diffuser les résultats pour que les collectionneurs et les musées découvrent des milliers de faux, le marché qui nous fait vivre s’effondrerait.” Si Grégory Leroy laisse échapper que “la moitié du commerce de la photo ancienne en France est touché”, que veut-il dire ? Que la moitié de ce qui est sur le marché pose problème ? C’est hélas possible.

Que fait-on ?

3. Laurent Gloaguen le 23 janvier 2012

J’ajoute que la datation à l’aide du papier n’a rien de facile (il faut une collection d’échantillons de référence), et il y a très peu d’experts dans le monde capables de les mener.

4. Krysalia le 23 janvier 2012

j’ai l’impression surtout qu’il laisse entendre qu’ils se sont faits flouer par une technique assez simple qui les effraie beaucoup. Pas seulement parce qu’on va découvrir des milliers de faux existants, mais aussi par crainte de la vaste diffusion de la méthode, pour l’instant un secret de polichinelle parmi les initiés.

Je trouve que ça participe de la même bêtise qui veut que les antivols en U aient été vulnérables jusqu’à ce que quelqu’un mette la vidéo sur youtube d’un type qui l’ouvre en 5 secondes avec un corps de bic. Ou alors ces fabricants de logiciels qui attaquent celui qui dévoile une faille dedans, au prétexte que c’est lui qui en compromet la sécurité. Dans tous ces exemples je parierais volontiers que le problème était connu depuis longtemps mais il était interdit d’en parler. Problème réglé. OU PAS.

c’est pourtant évident que compter sur le secret, c’est la pire faille connue dans n’importe quel système de sécurité. Puisque la faille existe déjà, autant apprendre aux collectionneurs, experts de salle des ventes etc à la reconnaître et la gérer. Le dilemme est peut être que c’est tellement bien fait que ça devient ingérable, indétectable sans moyens lourds ?

5. Laurent Gloaguen le 24 janvier 2012

@Krysalia : “qu’ils se sont faits flouer par une technique assez simple”, c’est effectivement une éventualité.

Et c’est quand même une situation des plus étranges où l’expert d’Artcurial refuse de communiquer une expertise au commissaire-priseur d’Artcurial, James Fattori. Notons aussi que l’expert, qui a donné comme vrai ce qui est possiblement des faux, porte plainte contre X, comme pour se dédouaner de sa mauvaise expertise. Je me pose aussi la question de savoir si ce n’est pas un problème que certains experts soient aussi des marchands de photos, c’est à dire être juge et partie.

6. Krysalia le 24 janvier 2012

L’idée qu’il veuille se dédouanner paraît logique (à défaut d’être un moyen élégant de se sortir de là, pour lui !) : le monsieur a vu dans l’expertise qu’il va passer pour un con incompétent de s’être fait flouer aussi facilement. Il protège donc son boulot et sa réputation en arguant que c’est pour la santé du marché qu’il fait ça :D. j’ai dans l’idée que si le commissaire priseur d’Artcurial mettait la main sur ce rapport, il y aurait une belle guirlande de coups de pieds au cul qui trouveraient leur destinataire…

Blah ?

Bref, j’ai lu du Macé-Scaron [lundi 23 janvier 2012]

Je ne connaissais pas Joseph Macé-Scaron, à part l’écume de récentes polémiques intertextuelles dans mes médias en ligne favoris. Par curiosité, j’ai cherché des pages de son roman “Ticket d’entrée” qui a reçu un prix littéraire, le “Prix de la Coupole 2011” (dont je ne connaissais pas l’existence).

J’ai commencé à lire une page, puis deux, puis trois, l’incrédulité montant à chaque ligne… J’ai été accablé de tant de médiocrité. Le degré moins zéro de la littérature. Comment Grasset peut publier de telles insuffisances au style si indigent ? Comment ce genre de livre peut-il recevoir un “prix littéraire” ? Cela défie l’entendement.

Si quelqu’un dans la salle a un début d’explication à me proposer pour cet exemple de la manifeste déchéance de l’édition française…

J’ai cherché la composition du jury : François Armanet, Bruno Bayon, Sylvain Bourmeau, François Busnel, Clara Dupont-Monod, Guillaume Durand, Alix Girod de l’Ain, Marc Lambron, Gilles Martin-Chauffier, Fabienne Pascaud, Bertrand de Saint-Vincent et Pierre Vavasseur.

Mais d’où sortent ces ploucs dont je n’ai jamais entendu parler (à part quand même Alix Girod de l’Ain qui éveille un vague souvenir aux confins de mon cerveau, ayant parlé d’elle comme une pisseuse de feuillets en 2004). Quelle est leur légitimité à parler de littérature ?

(Mon enquête ne fut pas longue grâce à Google : François Armanet, édité par Grasset, Bruno Bayon, édité par Grasset, Sylvain Bourmeau, édité par Grasset, Clara Dupont-Monod, éditée par Grasset, Guillaume Durand, édité par Grasset, Marc Lambron, édité par Grasset, Gilles Martin-Chauffier, édité par Grasset, Bertrand de Saint-Vincent, édité par Grasset… Quel mépris, quel foutage de gueule !)

Et le plus pénible n’est pas que ce livre reçoive un prix littéraire de complaisance, le pire est que Grasset publie et fasse la promotion de livres qui ne devraient à peine figurer au catalogue du plus petit éditeur gay et lesbien de province et que des “critiques littéraires” encensent ce gâchis de papier.

99 francs de Frédéric Beigbeder ferait figure de grand chef-d’œuvre à côté… Tiens, je vais lire du Chardonne, ça va me changer l’état d’esprit et me rappeler l’époque où Grasset fut une véritable maison d’édition. La littérature en France est morte, comme bien d’autres choses.

P.S. La meilleure critique, certes lapidaire, je l’ai lue, non pas dans la presse, mais sur un petit forum de lecture :

Très décue ! Inintéressant sur le fond, on n’apprend rien sur la société homosexuelle, rien sur la société des médias, tout est dit sans être dit. Pas de style. Même pas très bien écrit. Il reprend de vieux jeux de mots qui m’ont à peine fait sourire…

Et Fabienne Pascaud de Télérama, par ailleurs membre du jury de la Coupole, qui y va à mettre ça au niveau de Balzac, Flaubert ou… Proust. Idiote.

P.S. bis. Vu par le très sympathique Gérard Collard, en juillet 2011, avant le chambard intertextuel, Un “livre nul et ennuyeux”, “une daube”, “un cadeau de Noël pour le type que vous haïssez” :

1. Laurent B. le 23 janvier 2012

Bonjour,

Sans vouloir en rajouter, ce serait en plus un plagiat.

2. manur le 23 janvier 2012

Je ne connais pas ce monsieur Macé-Scaron, j’imagine que ce serait assez loin de mon univers hétéro-coincé, et je suis porté à penser que je partagerais ton agacement étant donné la constante médiocrité stylistique et thématique de la grande majorité de l’édition germanopratine. Mais… ce jury est loin d’être composé d’inconnus : Sylvain Bourmeau fut un pilier des Inrocks puis est passé par Médiapart et maintenant Libé, François Busnel est tous les après-midi sur France Inter et présente une bonne émission littéraire sur France 5, Guillaume Durand est très connu (radio, télé, dont des émissions littéraires), Alix Girod de l’Ain est un nom chez Elle, Marc Lambron est écrivain, Fabienne Pascaud est rédac chef et tient la chronique théâtre à Télérama, et Pierre Vavasseur est le critique ciné du Parisien. Que des gens bien installés dans un petit milieu parisien qui ne brille pas par son indépendance critique, mais pas des anonymes, et une bonne moitié a “une légitimité à parler littérature”…

Dans la littérature récente qui aborde des thèmes “gay” (à défaut d’une meilleure catégorisation), j’ai trouvé “Ce qu’aimer veut dire” de Mathieu Lindon très agréable à lire et parfois assez émouvant.

3. ossobuco le 23 janvier 2012

“Prix de la Coupole” : c’est bien trouvé, ça fait très “Cosa Nostra”, où la Coupole est un genre de comité de surveillance des mafieux.

4. Guilermito le 23 janvier 2012

Bayon était le critique rock de Libé a l’époque ou je lisais encore la version papier. Ses articles étaient illisibles, des séries de mauvais jeux de mots qui essayaient de vaguement rimer, des références obscures, un style genre automatico-éthylique. Aucun intéret. J’espere que ses livres sont de meilleure qualité.

5. Marie-Aude le 23 janvier 2012

GMC avait pondu des trucs lisibles, de mémoire… :)

6. Quentin le 23 janvier 2012

Autant je suis entièrement d’accord avec toi sur la débilité de récentes sorties littéraires (notamment celles liant le monde littéraire et journalistique, voire même du monde de l’information en général), autant sur l’affirmation “La littérature en France est morte, comme bien d’autres choses.” il est dur de pouvoir te suivre, et ça dénote une assez mauvaise connaissance des écrits de qualité qui sortent encore malgré tout.

7. La pièce emportée le 23 janvier 2012

“La littérature est morte en France”. Mon bon, si vous attendez des prix qu’ils vous montrent ce qu’est la littérature en France aujourd’hui, en effet, vous avez raison. Mais éloignez-vous donc des marchands du temple et vous verrez qu’il reste des joyaux à découvrir. Rencontrez des libraires, des lecteurs, des fous littéraires, pas des télévendeurs. Et n’omettez pas les accents là où ils aident à distinguer un mot d’un autre.

8. Laurent Gloaguen le 23 janvier 2012

@Quentin et Anonyme : partagez donc vos découvertes.

@Anonyme : “Et n’omettez pas les accents là où ils aident à distinguer un mot d’un autre.” Si vous avez vu une faute qui vous dérange, vous êtes autorisé à la signaler sans vous livrer au jeu de la devinette.

9. Maxime le 24 janvier 2012

Grasset édite ce qui va se vendre ; vu la notoriété du personnage de Macé-Scaron, et ses entrées dans les médias (ie. pub gratos), on sait qu’il va en vendre du papier, qu’importe le contenu. Surtout si on lui trouve un prix littéraire de complaisance.

Je te trouve fort méchant avec 99 Francs, c’est le seul livre potable de Beigbeder (peut-être parce que c’est aussi un plagiat ?). Lui aussi a ses entrées dans les médias, lui aussi édité par Grasset.

La littérature en France est morte, comme bien d’autres choses.

La littérature, c’était mieux avant (tm)(c). Parole typique de vieux con, tu vieillis.

10. Laurent Gloaguen le 24 janvier 2012

La littérature, c’était mieux avant ? Oui, je persiste et signe.

11. Quentin le 25 janvier 2012

@Laurent : Ok avec plaisir ! Je te fais une petite liste et te l’envoie par mail.

Blah ?

Coûteux livres [dimanche 22 janvier 2012]

Pour avoir omis de retourner cinq livres empruntés en septembre 2007 à la bibliothèque de Repentigny et fait fi de payer une amende totalisant 268 $ (incluant les frais administratifs), elle a écopé d’une peine de 11 jours de prison. Le mandat d’emprisonnement a été émis par un juge de la cour municipale de Repentigny quatre ans plus tard, soit en janvier 2011.

[…] À la Ville de Repentigny, le directeur des affaires juridiques, Me Louis-André Garceau, raconte que le cas de cette dame désormais domiciliée à Shawinigan constitue une première en 20 ans de carrière. Le milieu des bibliothèques municipales a cependant en mémoire la cause de Suzanne Poirier, une citoyenne de Lachine condamnée en 1992 à payer une amende de 438 $ pour trois livres rapportés en retard à la bibliothèque de sa municipalité. Sa cause s’était étirée sur quatre ans et s’était rendue jusqu’en Cour suprême. Mme Poirier n’avait toutefois pas obtenu gain de cause. Elle avait dû faire des travaux compensatoires pour éviter une peine d’emprisonnement de 14 jours.

En janvier 2001, un mandat d’emprisonnement avait également été émis contre une citoyenne de Gatineau pour des livres non rendus et des frais de retard datant de 1996. À l’époque, elle n’avait pas voulu payer, jugeant que l’amende de 217 $ était trop onéreuse pour une étudiante qui devait vivre avec les maigres revenus des prêts et bourses. Par contre, elle ignorait que la Ville ne reculerait devant rien pour récupérer son dû. En 2002, elle avait finalement purgé sa peine mais celle-ci n’avait duré que quelques heures plutôt que les 14 jours prévus.

Le Nouvelliste : “Onze jours de prison pour des livres non retournés”.

Oui, au Québec, nous ne badinons pas avec ces faits de délinquance aggravée.

Dura lex…

1. Gilles le 24 janvier 2012

En tant que french librarist, je sais (comme la majorité de la profession) que les amendes ne marchent pas. Maintenant, c’est plus simple : au delà de x jours de retard, la carte est bloquée (plus d’emprunts possible spour x jours) et si les livres ne reviennent pas, on sort une addition du prix des livres et on envoie au Trésor Public qui récupère les sous directement à l’abonné :) L’amende, c’est le meilleur moyen de dissuader les gens de venir rendre les livres… My 2 cents

2. Brucolaque le 24 janvier 2012

J’ai découpé ma carte d’abonné en petits morceaux avec la paire de ciseaux du bibliothécaire lorsqu’il m’a demandé de payer une amende de 2 € pour un retard de trois jours. Le premier en 15 ans de fréquentation. Je n’ai jamais remis les pieds dans cette bibliothèque. Il en va des lecteurs comme des bibliothécaires : certains ne sont pas épargnés par la sottise.

Blah ?

Bondage is not a crime [dimanche 22 janvier 2012]

bondage-not-a-crime-2012.jpg

Le travail du photographe Amaury Grisel autour du bondage (NSFW et visuels hétérosexuels qui pourrait heurter la sensibilité de certains de mes lecteurs gays).

1. ossobuco le 22 janvier 2012

Je regarderai le site demain matin au bureau par goût du risque. Cette photo-ci est surprenante et réconfortante comme un discours réussi de François Hollande au Bourget. C’était pas évident à placer, ça.

2. Bob Marcel le 22 janvier 2012

Ce qui t’as attiré sur cette page ce sont les noeuds qui te rappellent la marine ?

3. Laurent Gloaguen le 22 janvier 2012

Bien entendu. Quelle question…

4. ossobuco le 23 janvier 2012

Par lâcheté j’ai attendu la fin de l’après midi et le départ des collègues, mais je n’ai rien vu qui puisse me mettre en porte à faux avec la charte informatique de l’organisation. Comme c’était en dehors des plages horaires fixes, je suis doublement blindé. C’est même un peu barbant, la photo de La Redoute de l’autre jour me paraît bien plus intéressante. J’arrive pas à arrêter de commenter, j’ai un pb avec mon routeur SFR (une Tele2 box) sur la téléphonie fixe, malheureusement pas l’internet. Je vais essayer de me faire violence mais je promets rien.

Blah ?

Québec version White Power [samedi 21 janvier 2012]

neo-nazis-quebec.jpg

Qu’est devenu ce beau pays
Ce Québec ma belle patrie
On me parle d’accommodements raisonnables
Bande de traîtres, d’irresponsables
Vous donnez des droits à ces bâtards
Réveillez-moi de mon cauchemar
Afin que ma voix soit entendue
Attendez que je descende dans la rue

REFRAIN:
Jeune Nationaliste Québécois
Lève-toi et crie avec moi
Accommodements raisonnables, non merci !
Même si ont doit y laisser notre vie

Givrer les fenêtres du YMCA
Après que les juifs aient tout payé
Malgré le désaccord de tous les clients
Ce sont les juifs qui mènent avec leur argent
Ré-ouvrons les camps de concentration
Faisons d’Israël une grande prison
Vous allez être confrontés
A une dure réalité

Une parade gay a chaque année
Dans les rues de mon quartier
Comment expliquer ça à mon enfant
Que deux hommes peuvent être des amants
Vous avez maintenant le droit de vous marier
Et même de pouvoir adopter
Une seule solution s’offre à vous
Suicidez-vous, faites-le pour nous

La guerre est maintenant déclarée
Tout le Québec doit s’armer
Afin de combattre l’ennemi
Qui a envahi notre beau pays
Libérer le Québec et toutes ses terres
Repousser l’ennemi vers les frontières
Tu n’es plus bienvenu ici
Car le Québec c’est mon pays.

Dernier Guerrier, Québec : “Accommodements raisonnables”.

Le site Web présente aussi les paroles des chansons du groupe, qui ne laissent aucune ambiguïté quant à ses opinions racistes et antisémites. « Ce sont les juifs qui mènent avec leur argent. Réouvrons les camps de concentration. Faisons d’Israël une grande prison », déclarent-ils dans Accommodements raisonnables. « J’ai fait comme tout bon Blanc doit faire. J’ai battu ce nègre à coups de barre de fer. Mais, après tout, je n’ai aucun regret. Je suis un skinhead et ça, tu le sais », ajoutent-ils dans Enfermé.

Le Soleil, Ian Bussières : “Néonazis: discrets mais bien présents dans la capitale”.

Dans un échange de courriers électroniques avec Le Soleil, l’un des membres fondateurs de www.fachowatch.com estime que le Québec vit présentement une montée de l’extrême droite.

« On vit surtout une montée d’un nouveau genre d’extrême droite, encore plus dangereux parce qu’ils cachent leurs vrais visages et tentent d’avoir une image plus modérée pour faire passer leurs idées en douce par la tromperie et la manipulation. C’est principalement ceux-là qu’on veut démasquer : des néonazis qui se dissimulent sous couvert de pseudo-nationalisme, ou en se revendiquant “identitaires” », explique notre interlocuteur, qui a préféré garder l’anonymat.

Notre source ajoute que Québec ne serait pas en reste par rapport à la métropole pour ce qui est de la présence de groupuscules d’extrême droite. « Québec est quasiment aussi pire que Montréal, mais ce n’est que mon avis. L’extrême droite est aussi présente dans plusieurs autres villes, de façon moins organisée. À Québec, le problème, c’est non seulement les néonazis, mais aussi les ultranationalistes, qui sont bien installés là-bas et qui agressent constamment des militants de gauche ou antifascistes », conclut-il.

Le Soleil, Ian Bussières : “Concert néonazi prévu ce samedi soir à Québec”.

1. Krysalia le 22 janvier 2012

Ces militants me foutent les boules pour dire le moins… Mais j’ai également vachement peur du mec bonhomme du coin, le petit bourgeois bien pensant de Québec, de Montréal ou des environs, très américanisé dans son allure bien que grammar nazi au niveau du français.

j’en avais un ou deux exemplaires photographes dans mes lecteurs quand je faisais encore mon blog. Ils avaient l’air tout gentils mais d’un coup ils partageaient leurs vues sur leur blog et ça faisait froid dans le dos. Ils dissertaient sur les emplois volés par les juifs, les noirs qui pourrissent la ville où ils vivent, sur la façon dont il faudrait nettoyer tout ça pour se retrouver entre gens biens, blancs cathos si possible. Quand ils parlaient des homos c’est avec pitié (car il faudrait les aider par des traitements médicaux un peu radicaux certes, mais si efficaces pour effacer leur perversion). Quand ils mentionnent les autres pays, c’est toujours avec un dédain et un dégoût pour tous ces gens bizarres qu’on ne devrait pas laisser venir salir le canada… je m’attendais à voir les gens dans leurs commentaires leur dire qu’ils avaient pété une durite de trop, mais non. Il semblerait que ce “discours modéré” soit l’expression ultime du bon sens qu’il fallait approuver avec une grande vigueur. En masse. Au secours.

A tort ou à raison j’ai l’impression que - certes très dangereux - ces groupes néo-nazis “assumés” resteront toujours minoritaires et en marges (bien que l’ascension des LePen chez nous vers des places éligibles me fasse changer d’avis en ce moment)… Par contre ces gros fachos proprets des banlieues chics, à la fois nombreux, respectés et écoutés, prêts à voter pour faire établir les lois les plus violentes au nom du bon sens modéré, ça me laisse un frisson dans le dos.

2. padawan le 23 janvier 2012

@Krysalia : la connerie c’est comme le cancer, ça fait rapidement pleins de métastases dans le cerveau.

Blah ?

Fiché [samedi 21 janvier 2012]

cocteau-fiche-police-2012.

“Poète anarchiste homosexuel à Paris.” — Fichier central de la Sûreté nationale, “Carnet B”.

Le fichier central de la Sûreté nationale, trouvé intact par les Allemands en juin 1940 au 11, rue des Saussaies, réputé disparu en Allemagne pendant la guerre, a été retrouvé à Moscou en 1991 avec d’autres fichiers français. Suite à un accord signé en 1992 avec la Russie, des centaines de tonnes de papiers, 6 km linéaires, ont été restituées à la France les années suivantes.

[Source Lettre de la photographie.]

1. Philippe le 27 janvier 2012

J’hallucine complètement sur la calligraphie de ces fiches o_O Je n’aurais jamais imaginé que les forces de l’ordre fassent de telles fantaisies quand il s’agit de ficher les dangereux agitateurs.

Blah ?

Utilité de la grande queue [vendredi 20 janvier 2012]

snowy-squirrel-2012.jpg

Quand on a une grande queue, il faut que ça serve.

Écureuil à Silver Bay, New Jersey. Photographie Ray Yeager.

1. ossobuco le 21 janvier 2012

Un post sans commentaire c’est triste comme, un jour d’affluence au marché, ces étals où personne ne va, ce qui rend ceux qui les tiennent moroses, amers, aigris puis finalement agressifs. Je ne voudrais pas que le Capitaine, que certes je ne connais pas, finisse ainsi. Alors je me dévoue une fois de plus, ne me remerciez pas, je suis comme ça moi. (C’est mon côté Pierre Bellemare, que j’imagine comme ça à cause aussi qu’il ressemble beaucoup à mon père). Mon commentaire d’hier était un peu négligé, excusez-moi je l’ai rédigé au bureau juste avant l’arrivée des collègues (heureusement plus tardive le vendredi). Ils sont ouverts d’esprit mais j’ignore de quel diamètre. En fait ce n’est pas la petite vérole qu’on attrape en fréquentant le bas clergé, mais juste des puces. Il est bien dommage que l’on ne soit pas sur un Skyblog car des ados sauraient dûment réagir au post d’aujourd’hui et à cette histoire caudale, ils les seuls à faire preuve encore d’imagination, d’inventivité lexicale, grammaticale et syntaxique. Ceux qui pensent le contraire mérite de crever étouffer le Grévisse dans la bouche et le Figaro Magazine dans l’ampoule rectale, ceci dit en toute amitié. Je voudrais parler aussi de la jolie étalagiste brune du rayon de la saurisserie industrielle ce matin à l’hypermarché, mais je ne veux pas monopoliser (la beauté n’a pas de sexe, oui mais les étalagistes masculins de l’hyper ne méritent pas, de ce point de vue, qu’on les mentionne). Voilà. Bon. Je vais me taire pour quelque temps.

2. Marie-Aude le 21 janvier 2012

Il est aussi mignon qu’un chat :)

3. Laurent Gloaguen le 21 janvier 2012

Bien plus mignon qu’un chat.

4. TDM le 21 janvier 2012

Super photographe ce Ray Yeager. Que d’heure de “chasse” sous la neige avant de pouvoir prendre une telle photo… La première qualité des photographes animaliers : la patience !

5. Jean le 22 janvier 2012

Témoignage : « Moi c’est Bob. J’ai 26 ans, je fais des études dans le BTP, je suis sportif… et j’ai une grosse bite. » J’espère que je ne me suis pas trompé de rubrique. Je me suis fié au titre du billet. Trouvé en suivant les liens de Maïa qui vient de faire un topo sur les modèles de bites.

Blah ?

Problème de casting [jeudi 19 janvier 2012]

— Il y a un problème de casting.
— C’est quoi le problème ?
— Lui, il est que actif.
— Ah, merde.
— Et le passif qui devait venir… Parce qu’il a jamais tourné lui…
— Et que ça te détendrait si on te mettait une petit film de cul ?
— Et ce qui faut, c’est que tu suces un peu, tu peux essayer ?

1. ossobuco le 20 janvier 2012

Je vois que le sujet n’inspire personne, alors j’ose : c’est même à ça qu’on me reconnaît. Je trouve la scène d’amour dans le bureau assez peu crédible en connaissant d’expérience de bureaucrate la médiocrité du mobilier, avec lequel on attrape des lombalgies aussi sûrement que la petite vérole en fréquentant le bas clergé. Donc soit c’est truqué, soit la performeuse a bien mérité son arrêt maladie. En fait j’ai appris ce matin que l’Europe venait de changer de propriétaire, les nouveaux sont passés au café Illy ; le nouveau percolateur est magnifique, aussi. Et la barmaid bien polie.

2. eustazio le 28 janvier 2012

Je savais pas que hpg filmait des scenes homos!

Blah ?

Comme un lundi matin à Montréal [mercredi 18 janvier 2012]

1. Tom Roud le 18 janvier 2012

C’est rien du tout cette tempête, la preuve, il y a plein de gens nus-tête ;)

2. Laurent Gloaguen le 18 janvier 2012

Ben oui, c’est rien du tout.

3. Laeti le 19 janvier 2012

Cette vidéo est bien jolie, mais elle date un peu… Qui en réalisera une pour 2012 ? Avec encore plus de vélos dans la neige, mais aussi des joggeurs, la grande nouveauté de 2012… (tout le monde court dehors par -15°)

4. Karl, La Grange le 19 janvier 2012

Je ne comprends pas le problème de la video étant ancienne… elle reste belle. simplement.

5. Laeti le 19 janvier 2012

Oui oui absolument… Je soulignais juste le fait qu’elle était ancienne. Et c’est drôle parce qu’elle tourne partout depuis 2 jours, et cela la fait revivre en quelque sorte. C’est tout.

6. Laurent Gloaguen le 19 janvier 2012

C’est assez fréquent que des vidéos soit découvertes bien après leur publication. Celle-ci a fait seulement 4 visionnements pendant sa première semaine de publication (1er au 6 avril 2011), et 104 000 cette semaine, contre 34 la semaine dernière.

Ça n’enlève rien à la qualité. Et elle a été publiée il y a 9 mois, c’est quand même pas si vieux.

7. ossobuco le 19 janvier 2012

Aimer la neige, c’est pas donné à tout le monde ; à la campagne ça va, en ville ça prend tout de suite des allures de catastrophe nationale. J’ai la chance d’en habiter une plus septentrionale que Montréal mais où il ne neige jamais, sauf que pour en rejoindre le centre je dois remonter une longue avenue plantée d’un genre de prunus qui font une belle saleté casse-gueule au printemps quand fanent puis tombent leurs fleurs. Illy fait du très bon café en tout cas.

8. politoblog le 20 janvier 2012

Quel pays horrible ! Si encore il y avait des pentes et des remontes pente !

9. politoblog le 20 janvier 2012

Voilà ce que ca donne lorsque l’on place un connard de français dans les mêmes conditions ;

http://www.dailymotion.com/video/xfvr2tla-neige-paralyse-une-partie-de-la-francenews?start=18#from=embed

Blah ?

Le tonton était-il une princesse ? [mercredi 18 janvier 2012]

Mais, comme c’est le cas depuis le début de cette affaire, ils sont à prendre avec prudence. Car, depuis le naufrage, un incroyable flot d’informations contradictoires a été diffusé. Ce fut le cas au niveau des horaires, de la durée des opérations d’évacuation ou encore du moment où le commandant a quitté le navire. De même, on ne sait toujours pas avec certitude quelle trajectoire a exactement suivi le paquebot, dont l’AIS n’a pas émis durant plus d’un quart d’heure (a-t-il été coupé ?) au moment critique. Ainsi, hier, des media évoquaient la possibilité que le navire soit passé entre deux grands rochers, au sud de Porto Giglio, une passe extrêmement étroite où s’aventurer avec un paquebot tiendrait de l’opération suicide ! Difficilement croyable mais, encore une fois, cela en rajoute à une multitude d’informations et de rumeurs qui, mis bout à bout, laissent de nombreuses incohérences quant aux scénarios avancés. Concernant les témoignages des officiers également, la plus grande prudence s’impose. Et, déjà, une accusation apparemment proférée lors des auditions s’avère totalement fausse. Ainsi, des officiers auraient selon la Reppublica évoqué un incident qui aurait déjà eu lieu avec le commandant Schettino, le 17 décembre, à l’appareillage de Marseille. Alors qu’il y avait plus de 50 noeuds de vent, celui-ci aurait annoncé qu’il appareillerait quelques soient les conditions, alors même que la plupart des officiers s’y opposait. Il serait pourtant parti, disent les officiers, présentant la manoeuvre comme extrêmement dangereuse. Seulement voilà, après avoir contacté les pilotes du port de Marseille, il s’avère qu’aucun navire de Costa n’était en escale dans la cité phocéenne le 17 décembre. La seule sortie du Concordia qui pourrait correspondre est celle du 29 décembre, où le Mistral s’était renforcé en fin de journée, soufflant à 45 noeuds. Mais le paquebot est sorti sans encombre, au terme d’une manoeuvre certes délicate, mais pas exceptionnelle. Interrogé par le Nouvel Observateur, Patrick Payan, le pilote qui était à bord du navire ce jour là, présente le commandant Schettino comme « une personne professionnelle et digne ». Dans ces conditions, il est permis de mettre partiellement en doute les témoignages rapportés par la presse italienne. D’autant qu’on sait très bien que dans la croisière, les rivalités entre officiers sont courantes. Et que certains, pour protéger leur carrière, ont peut-être voulu se défausser. Quant au caractère du « tonton », dépeindre le commandant Schettino comme une sorte d’Aldo Maccione en uniforme, prêt à épater la galerie et un peu imbu de sa personne, ce n’est pas suffisant pour en faire un coupable. Le milieu compte en effet un certain nombre de « princesses », au comportement parfois horripilant mais qui ne sont pas pour autant de mauvais officiers.

Mer et Marine : “Le commandant du Concordia dans la tourmente”.

1. Romain le 18 janvier 2012

C’est bon de lire ça alors que la masse beugle avant même de savoir ce qui s’est réellement produit.

2. Guillermito le 18 janvier 2012

“Vada a bordo, cazzo !”

3. Dave le 18 janvier 2012

De toutes manières, il y a une justice et c’est à ça qu’elle sert… Néanmoins, cette conversation téléphonique enregistrée, elle n’a quand même pas été inventée. Je ne vois pas dans quel contexte elle serait excusable. Un commandant qui quitte son navire avant même que l’évacuation soit finie, ce n’est peut-être pas pénalement punissable (je n’en sais rien), mais ça reste totalement méprisable.

4. Laurent Gloaguen le 18 janvier 2012

L’abandon de navire par son commandant est un délit. S’il n’est pas le dernier à abandonner le navire, c’est passible de deux ans de prison en France. [Code Disciplinaire et Pénal de la Marine Marchande.]

5. Laurent Gloaguen le 18 janvier 2012

Ah, non, ce n’est plus dans le Code Disciplinaire et Pénal de la Marine Marchande depuis 2010. C’est maintenant l’article L5263-3 du Code des Transports.

Est puni de six mois d’emprisonnement le fait, pour le capitaine, d’abandonner le navire sans l’avis des officiers et maîtres d’équipage. Est puni de deux ans d’emprisonnement le fait, pour tout capitaine, avant d’abandonner son navire, de négliger d’organiser le sauvetage de l’équipage et des passagers et de sauver les papiers de bord, les dépêches postales et les marchandises les plus précieuses de la cargaison. La même peine est applicable au capitaine qui, forcé d’abandonner son navire, ne reste pas à bord le dernier.

6. Laurent Gloaguen le 18 janvier 2012

Et c’est plus sévère en Italie, ça peut atteindre 12 ans pour un navire à passagers :

Codice della navigazione - Art. 1097 - Abbandono di nave o di aeromobile in pericolo da parte del comandante. Il comandante, che, in caso di abbandono della nave, del galleggiante o dell’aeromobile in pericolo, non scende per ultimo da bordo, è punito con la reclusione fino a due anni. Se dal fatto deriva l’incendio, il naufragio o la sommersione della nave o del galleggiante, ovvero l’incendio, la caduta o la perdita dell’aeromobile, la pena è da due ad otto anni. Se la nave o l’aeromobile è adibito a trasporto di persone, la pena è da tre a dodici anni.

7. ossobuco le 18 janvier 2012

Oui d’ailleurs c’est la repuBBlica, pas la rePPublica comme écrit dans l’extrait. Les fautes d’orthographe méritent l’indulgence sauf s’agissant d’une langue étrangère. Ce redoublement du B est certes peu ordinaire, on s’attend à celui du P. Question de préjugé. Sur le fond de l’affaire, je constate que, grosso modo, ce type de navire c’est à pleine charge 10% immergés, 90% émergés, soit l’inverse d’un iceberg monstre de stabilité. Le jour où les paquebots seront conçus 10% émergés, 90% immergés, je recommencerai à m’intéresser aux pubs Costa Croisière des revues chez mon coiffeur. 19 euros la coupe, il faut vivre en province pour trouver ça ; son seul défaut : il cause trop. Bon.

8. franCk le 19 janvier 2012

Ossobuco est au Capitaine, ce que Vialatte était à La Montagne - si, si - et décidément, c’est ainsi qu’Allah est grand :-)

9. ossobuco le 19 janvier 2012

@franCk : vous êtes gentil - mais je crois que le Capitaine préfère la Mer, sinon on l’appellerait l’Alpiniste. Savez-vous que je suis arrivé à cette période de la vie où pas seulement la sensibilité des tétons s’aggrave (je ne me crois pas unique au point de penser que ça n’arrive qu’à moi), mais aussi la sensibilité à la flatterie même moqueuse?

10. Laurent Gloaguen le 19 janvier 2012

La sensibilité des tétons ? Je sens ce fil de commentaire aller vers des terrains glissants.

11. Aranno le 20 janvier 2012

@Laurent : comme ci c’était pour te déplaire ;-)

12. OlivierJ le 21 janvier 2012

@ossobuco : « 10% immergés, 90% émergés, soit l’inverse d’un iceberg monstre de stabilité. » Il me semble qu’un iceberg n’est pas si stable que ça, il est recommandé de ne pas trop s’en approcher car il arrive qu’ils se retournent.

13. ossobuco le 21 janvier 2012

Oui, c’est parce que les icebergs fondent quand ils arrivent dans des eaux de plus en plus chaudes. Il suffira de prévoir des paquebots qui ne fondent pas, quelle que soit la t° de la mer.

14. OlivierJ le 22 janvier 2012

@ossobuco : certes :) . Mais il apparaît que d’avoir 90% de sa masse immergée ne soit pas une garantie de stabilité. D’ailleurs il semble qu’il soit rare qu’un de ces gros navires bien émergés chavirent. Les porte-avions ont également une grande partie hors d’eau (je ne connais pas la proportion).

15. ossobuco le 22 janvier 2012

à OlivierJ : bon j’abandonne, je vois que j’ai affaire à forte partie. En fait je préfère la montagne même si j’habite pas loin de l’océan, et mon truc c’est plutôt le genre téléphérique, télésiège, oeufs, etc… Pas les remonte pentes car je ne skie que de fond. L’année dernière, à Grenoble j’ai pris les oeufs qui montent des quais de l’Isère jusqu’au fort dont j’ai oublié le nom et d’où on a une très jolie vue sur la ville et les montagnes d’autour ; c’était en août mais il y avait de la brume, des nuages bas : magnifique! J’en ai même ramené une très jolie photo de moi de profil dans l’oeuf, mais je ne saurais pas comment l’insérer dans ce commentaire. Désolé. Amicalement.

Blah ?

Mercredi, c’est pizza [mercredi 18 janvier 2012]

(Si vous êtes sur G+, vous devez suivre Micaël Reynaud.)

1. Christophe D. le 19 janvier 2012

J’ai connu Micaël sur les forums de Praktica il y a 10 ans alors qu’il débutait sous le pseudo de Dunun, et j’appréciait déjà son travail (je ne sais pas s’il se souviendrais de moi mais me souviens l’avoir particulièrement encouragé ;-). C’est drôle de le voir citer ici, si longtemps après… Et je constate effectivement que son talent est intacte !

Blah ?

Graphique du jour [mercredi 18 janvier 2012]

rise-fall-computing.png

Asymco, Horace Dediu: “The rise and fall of personal computing”.

1. Raveline le 18 janvier 2012

C’est encore un peu tôt pour parler de “fall”, on est plus dans le ralentissement. Et il est dommage que le graphique ne prenne pas en compte les prix moyens des produits.

2. Karl, La Grange le 18 janvier 2012

Le graphique mis à jour de la fin de l’article est plus complet.

3. Denys le 18 janvier 2012

Et puis, l’échelle logarithmique écrase un peu les perspectives. Vous me direz, ça sert à ça. En plus, je me vois mal rédiger ma thèse sur un téléphone mobile. Ce qui tombe bien, puisque je n’en possède pas.

4. manu le 18 janvier 2012

Ouaip, je ne vois pas le “fall” là.

5. Dave le 18 janvier 2012

Une croissance quasi-constante en échelle logarithmique (donc exponentielle, rapportée à une échelle normale), c’est une “chute”?!

Je sais bien que la joie des statistiques, c’est de leur faire dire absolument n’importe quoi, mais il faudrait peut-être voir à ne pas abuser…

6. Dave le 19 janvier 2012

PS: tout ce que vois dans ce graphe (par ailleurs tout à fait sympathique intéressant), c’est que”

1) l’électronique s’est démocratisée dans le monde au cours des 40 dernières années et plus de gens ont les moyens d’en acheter 2) certains nouveaux produits bénéficient d’une période d’engouement à leur sortie avant que leurs ventes ne se tassent et finissent par décliner…

News at Eleven.

7. Karl, La Grange le 19 janvier 2012

Autre élément trompeur, le mélange entre produit, OS et genre. Par exemple, est-ce que le premier Macintosh (8 MHz Motorola 68000, 128 KB dram, 512×342 pixels) a quelque chose à voir avec… le Macintosh d’aujourd’hui si ce n’est le même nom.

8. Christophe D. le 26 janvier 2012

Ah, quand même ! Je me demandais comment faisaient tous ces gens pour s’acheter un smartphone et une tablette tous les ans (+ les éventuels couteux abonnements qui vont avec). Je comprends mieux : ils renouvellent moins souvent leur ordinateur.

Blah ?

Sloppy Journalism Warning Labels [mardi 17 janvier 2012]

sloppy-journalism-warning.jpg

It seems a bit strange to me that the media carefully warn about and label any content that involves sex, violence or strong language — but there’s no similar labelling system for, say, sloppy journalism and other questionable content.

I figured it was time to fix that, so I made some stickers. I’ve been putting them on copies of the free papers that I find on the London Underground. You might want to as well.

Tom Scott: “Journalism Warning Labels”.

sloppy-journalism-warnings.png

1. Tristan le 17 janvier 2012

C’est pas un truc qui est passé il y a déjà plusieurs mois ? (ca ne retire rien à la qualité de la chose, néanmoins)…

—Tristan

PS : Capitaine : tu voudrais pas me mettre un joli avatar à moi aussi ?

2. Nicolas le 17 janvier 2012

This article is basically just a press release, copied and pasted.

3. Laurent Gloaguen le 17 janvier 2012

@Tristan : je te trouve un truc… (sinon, j’ai le droit de faire du “old”…)

4. Karl, La Grange le 17 janvier 2012

5. Off Topic le 21 janvier 2012

Capitaine, pourrai-je changer d‘“avatar” ? :)

6. Laurent Gloaguen le 21 janvier 2012

Que veux-tu ?

7. Off Topic le 22 janvier 2012

Je n’en sais rien :)

8. Laurent Gloaguen le 22 janvier 2012

T’es mieux de savoir sinon tu vas te retrouver avec un pénis.

Blah ?

Invisible Creatures [lundi 16 janvier 2012]

A Short Film by EricJames Borges.

EricJames Borges

1. LadyKlepht le 16 janvier 2012

C’est vraiment triste… dans mon entourage j’ai pu avoir des témoignages de personnes homosexuelles ayant une peur bleue de l’annoncer car peur du rejet. :( On ne peut pas se mettre à leur place évidemment (l’angoisse doit être indescriptible), c’est juste qu’il faut stopper cette vague de suicides. Comment ? Je ne sais pas… j’ai vu un reportage où il y a également des adolescents un peu marginaux qui décident de passer l’arme à gauche (à l’école l’âge ingrat rend cruel, surtout envers ceux qui se détachent de la majorité). Malheureusement la plupart de ceux que je connais ont fait des tentatives, mais y ont échappé, encore heureuse ! J’espère qu’un jour les mentalités évolueront, pour leur donner encore l’envie de vivre sans se sentir constamment rejetés par leurs proches ! Dans certaines familles c’est très bien perçu, mais ils sont trop peu. Au revoir Eric.

2. Krysalia le 17 janvier 2012

Peut être qu’une politique de zéro tolérance face au bullying pourrait aider un peu ?

je dis ça parce que je suis toujours choquée de voir la bienveillance avec laquelle les actes de harcèlement, d’humiliations et même d’attaques physiques sont traitées par les parents et l’équipe pédagogique censés s’occuper de ces jeunes. “il faut bien que jeunesse se passe”, “au moins c’est bien mon fils tape sur les autres ce n’est pas un loser”, “moi je ne veux pas d’ennuis dans mon établissement, et ce jeune homme homosexuel provoquait ses camarades par sa simple présence, il créait des problèmes”… tout ce délire visant à dire que oui c’est bien triste que des jeunes se suicident m’enfin on y peut pas grand chose et puis ils n’ont qu’à “pas être gays”, c’est non seulement d’une débilité profonde et le coeur du problème à mon avis.

Comme certains le savent peut-être j’ai enseigné quelques années, et je n’ai JAMAIS laissé passer un seul propos discriminatoire dans ma classe. pour moi c’était l’évidence et tout à fait en accord avec la politique de l’EN visant à ce que tous les profs enseignent la citoyenneté à leurs élèves. Or j’ai quasi systématiquement été sacquée/mal vue pour cette même raison, on m’a expliqué que ce n’était pas à moi de “prendre parti pour ceux qui perturbent volontairement l’ordre établi ici”, “pas à moi de défendre des jeunes qui provoquent leurs camarades”.

des exemples de ces “perturbations”, je vous le donne en mille : un peu d’eye liner noir sur un jeune homme sensible en classe d’arts plastiques de première, et “avoir été vu par d’autres élèves tenant la main de sa copine”, pour une des filles. même pas dans le collège mais à des km de là lors d’une fête de quartier. la réponse aux “perturbations” de ce genre ? de la part des autres profs : l’autruche de compet. de la part des élèves : violences, humiliations, racket, destruction des affaires dans le casier, crachats, insultes. de la part de l’administration : condamnation molle des violences sans aucune sanction, avec en sous-entendu : si tu ne veux pas te “fondre dans la masse des gens normaux”, tu assumes qu’on ne veuille pas de toi.

le pompon : un connard misogyne CPE qui m’a indiqué qu’avant de faire ce qui était pour lui un choix, ces jeunes là devaient un peu savoir ce que la société pensera toujours d’eux. Et que selon lui “se faire traiter de cette façon c’est se faire rappeler ce qu’il en coûte de vouloir se démarquer d’une façon aussi malsaine. ça les fera revenir à la raison”.

je parierais que les pauvres gamins qui se sont suicidés appartiennent plus en proportion à des établissements qui professent ce genre d’énormités dégueulasse, qu’à des établissements ou toute l’équipe a une position très ferme CONTRE la maltraitance par d’autres élèves. la question est : il leur faudra combien de morts pour finir par admettre qu’on ne doit pas tolérer que des gens infligent de telles souffrances à autrui ?

Blah ?

Photo du jour [lundi 16 janvier 2012]

royal-besson-2012.

Photo AFP/Alain Joncard.

Et en bonus, le tweet du jour. “Elle n’a pas changé. J’ai vieilli. L’opposition lui va bien.”

1. Colar le 16 janvier 2012

Si je puis me permettre, le lien vers le tweet n’est pas le bon. Mais ça link vers un chouette site quand même (:

2. Laurent Gloaguen le 16 janvier 2012

Rhaaaa… Merci ! Je corrige.

3. ossobuco le 21 janvier 2012

La Belle et les deux Bêtes. Et paf.

Blah ?

Le secours des humbles [lundi 16 janvier 2012]

« Ceux qui nous ont aidés, ce sont les cuisiniers, les femmes de ménage, tous philippins. Ils se sont encordés pour nous aider à descendre dans les chaloupes. Nous avons pu monter au dernier moment, avant que le bateau ne se couche. Des gens ont sauté directement à l’eau, d’autres ont réussi à se hisser sur la coque et ont été hélitreuillés ensuite, d’autres encore cherchaient leurs enfants, c’était la bousculade », relate encore Jessyca.

Sud Ouest : “Deux Bordelais racontent leur nuit en enfer”.

Ce n’est pas la première fois que je lis ce genre de témoignage, dans différentes langues, alors j’ai tendance à y a accorder un soupçon de vérité. Il n’y avait, semble-t-il, que le petit personnel hôtelier pour aider les passagers à l’évacuation.

Peut-être pas les mieux formés (ils sont censés l’être, mais juste un peu), très sûrement les moins payés, mais sans doute les plus humains et courageux.

Quant au commandant à terre au lieu de diriger à bord les opérations, si le fait se vérifie, les bras m’en tombent…

Plus largement, cet accident remet sévèrement en cause la course au gigantisme des paquebots de croisière. Il est juste impossible d’évacuer en moins de plusieurs heures des milliers de personnes, souvent âgées. Dans le cas présent, il y a peu de victimes car l’équipage à réussi à faire échouer le navire en perdition et que les conditions météo étaient calmes. 200 m plus au large, le navire aurait complétement chaviré et le bilan serait très lourd.

1. Raveline le 16 janvier 2012

“Quant au commandant à terre au lieu de diriger à bord les opérations, si le fait se vérifie, les bras m’en tombent…” Euh ? Il manque pas un bout ? (Ce qui m’étonne de toi).

2. rdi le 16 janvier 2012

Non il faut juste prendre la phrase par le bon bout.

3. Laurent Gloaguen le 16 janvier 2012

Hmmm, j’ai beau relire, je me comprends…

4. Laurent Gloaguen le 16 janvier 2012

Mais bon, j’ai la grippe, alors mon cerveau est un peu embrumé, je veux bien qu’on m’explique.

5. rdi le 16 janvier 2012

disons qu’avec une virgule apres le mot “commandant”, ce serait un poil plus clair.

6. Laurent Gloaguen le 16 janvier 2012

Nous ne devons pas avoir la même prosodie :-)

7. rdi le 16 janvier 2012

j’avoue avoir un amour immodere de la virgule :) Par contre je me demandais si, sur ce genre de bateaux, il y avait des tests d’evacuation lors du developpement. Un peu comme ce qu’il se fait sur les avions.

8. Marie-Aude le 16 janvier 2012

Bah, j’avais compris aussi. Je pense même que la virgule serait moins correcte ici

9. Virgile le 16 janvier 2012

Est-ce qu’il n’y a pas aussi un problème de stabilité, avec ces bateaux qui culminent 30 ou 40 mètres au-dessus de la mer ? Moi, instinctivement, avec autant de poids hors de l’eau, j’ai un peu l’impression que ça peut se renverser au moindre coup de vent…

10. Franck le 16 janvier 2012

Se renverser au moindre coup de vent car je suppose qu’ils ont des ballasts remplis d’eau de mer. D’ailleurs n’est-ce pas le vidage rapide des ballasts côté brêche qui a déséquilibré le navire ?

11. Laurent Gloaguen le 16 janvier 2012

@rdi : il n’y a pas de tests à ma connaissance, juste une ensemble de réglementations.

@Virgile : il y a effectivement un problème avec la conception de ces navires qui privilégient pour des raisons d’exploitation un faible tirant d’eau par rapport à leur masse en hauteur. C’est le même problème avec les gros ro-ro, la stabilité est loin d’être optimale. http://fr.wikipedia.org/wiki/Roulier_(navire)

12. Joachim le 16 janvier 2012

tiens j’ai trébuché sur ce lien sur twitter, peut-être que ça peut aider :) http://gcaptain.com/shame-you-costa-concordias/?37697

et soigne bien ta grippe!

13. Matt le 16 janvier 2012

En meme temps, a 200 m au large, il avait moins de chances de percuter un eperon rocheux.

14. Raveline le 17 janvier 2012

Mes excuses, mon capitaine, c’est moi qui avait l’esprit embrumé. Une petite virgule aurait effectivement aidé la lecture, mais on peut vivre sans. Soignez vous bien !

15. Marco le 17 janvier 2012

@Matt : je me faisais la même réflexion. Ceci dit là où il est, le navire serait proche près du bord d’une falaise et pourrait basculer… plus bas.

Sur la présence du capitaine à terre, cet article est stupéfiant :

En effet, dans un premier appel à 00h42, le commandant lâche une phrase compromettante en parlant par téléphone avec la salle opérationnelle de la capitainerie:

“nous ne pouvons plus monter à bord car le navire est en train de se cabrer côté poupe (arrière)”.

“Commandant, vous avez abandonné le bateau ?”, demande alors d’un ton très surpris l’officier, auquel le commandant répond :

“non non, évidemment que non !”

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120116.OBS8942/costa-concordia-le-capitaine-a-refuse-de-remonter-a-bord.html

16. Laurent Gloaguen le 17 janvier 2012

@matt : Le navire allait manifestement vite et a continué sur son erre après le choc sur la roche, il aurait pu partir cap au large et chavirer complètement.

Blah ?

Encore un catho qui nous aime [dimanche 15 janvier 2012]

guy-pages-2012.jpg

L’abbé Guy Pagès, prêtre catholique du diocèse de Paris, est en mission d’évangélisation sur Internet et sur YouTube en particulier, avec l’accord bienveillant de l’archevêché semble-t-il. Il est considéré comme une “star de l’apologétique catholique sur Internet”…

[…] La théorie du genre est une nouvelle expression du péché originel, cette recherche de liberté qui croit ne pouvoir s’affirmer que dans la révolte contre le Créateur regardé comme nous imposant Sa loi en choisissant pour nous d’être homme ou femme. Mais s’il faut accuser Dieu de nous avoir créé sexués, pourquoi ne pas L’accuser aussi de nous avoir créés sans notre accord, et en conséquence se suicider ? A vouloir scier la branche qui nous porte et nous relie à Dieu, que peut-il nous arriver, sinon la chute ? La chute dans l’horreur du non-amour aussi vrai que l’autosuffisance narcissique de l’homosexualité enferme l’individu dans l’impossibilité d’aimer, c’est-à-dire de se donner, et de se donner nécessairement à autrui, à autrui dont l’altérité est précisément inscrite dans son corps. Chute qui entraine toute la société dans la mort, aussi vrai que l’homosexualité est par nature stérile.

Si la procréation n’est pas la seule fin de la sexualité, mais naturellement la principale, puisqu’il n’y a pas de procréation sans sexualité, l’orientation sexuelle de l’humanité ne peut être que l’hétérosexualité. « Bi, trans et homo » ne sont donc pas de simples « orientations sexuelles », comme on ose maintenant l’enseigner, mais des perversions sexuelles, qui, comme telles, damnent ceux qui les adoptent. […]

Youtube, Guy Pagès.

Via @eustazio.

1. padawan le 15 janvier 2012

Un joli paquet de débilités moisies tellement elles sont éculées. « L’homosexualité est par nature stérile » ça va bien faire rire tous les enfants d’homos qui se sont déjà reproduits le plus naturellement du monde. De même « [qu]’il n’y a pas de procréation sans sexualité » ceux nés par FIV (pratique activement soutenue par les cathos locaux ici, mais l’hypocrisie ça les connaît bien).

La seule chose qui soit stérile ici c’est le cerveau du monsieur.

2. Laurent Gloaguen le 15 janvier 2012

On notera également que la prêtrise catholique romaine est stérile, c’est une religion de la mort.

3. Krysalia le 16 janvier 2012

ah, qu’est-ce que j’aimerais qu’on lui réponde en face pour voir sa tête ! Mais dîtes-moi monsieur l’abbé, et la sexualité sans but précis, alors ? Moi je veux la pratiquer non pour faire des enfants, mais parce que c’est fort délicieux. Non je sais, croyez moi sur parole :D. et ces caresses fort agréables, je veux les pratiquer avec les adultes consentants de mon choix, hommes et femmes, quand il me plaira. Un peu comme les autres êtres humains stériles à qui vous n’interdisez pas non plus les relations sexuelles si ? ah dans le mariage seulement ? le mariage est indispensable alors. c’est bien cela. merci de m’avoir éclairée.

Monsieur l’abbé, ça me touche de savoir que vous êtes pour le mariage pour TOUS, vraiment. et puis c’est cohérent avec vos valeurs, du coup. moi aussi je soutiens le mariage pour tous, et puisque certaines de ces unions ne produiront pas d’enfants et qu’il en existe tant qui manquent de parents aimants, je pense qu’on tombera d’accord sur le fait que rien n’arrive pas hasard, tout est une oeuvre de Notre Seigneur : il faut autoriser l’adoption pour tous les couples également. Hein, quoi ? mais pourquoi il s’énerve le monsieur ?

4. Bashô le 16 janvier 2012

Je ne crois pas que l’archevêché ait un regard bienveillant. Le lettre de l’évêque dit en fait diplomatiquement que l’abbé Pagès outrepasse sa mission et que ses vidéos ne reflètent pas l’enseignement du Magistère lorsqu’il sort du strict contenu de la Foi.

5. Koz le 16 janvier 2012

L’abbé Pagès est un cas. J’ai eu l’occasion de dénoncer son obsession islamophobe sur mon blog, ainsi que sur Radio Notre-Dame (sans vouloir le nommer), ce qui m’a valu ses foudres. Il a été également l’aumônier du groupe de pèlerins du Pèlerinage des pères de famille dont je fais partie, dans des conditions qui ont, m’a-t-on rapporté, fait fuir nombre de ses membres.

Le propos de Mgr Aupetit est prudent, et il a bien raison de l’être, compte tenu des exploitations en tout sens qui sont faites de ce type de courriers, que ce soit par toi ou à l’inverse par des groupes intégristes.

Mais il est faux, et je le sais de source informée et très fiable, de prétendre qu’il bénéficierait de la bienveillance de l’archevêché.

6. blah le 16 janvier 2012

Bien sûr qu’il nous aime, d’ailleurs je crois bien l’avoir aperçu prêcher à la terrasse du Cox

7. i-poupres le 16 janvier 2012

Bon, ben nous voilà rhabillés pour l’hiver et même pas en habits soldés - c’est du lourd, très très lourd …. bon ben bonne année à nous tous “pervers” et fiers de l’être … à oui au fait depuis quand le fait d’être gay empêche de se donner et de recevoir …d’aimer quoi tout simplement ? moi je croyais justement que le message religieux était un message d’amour §!!!

8. Marc le 16 janvier 2012

j’irais même un peu plus loin que Koz, car le vicaire général de Paris est loin d’être bienveillant avec lui

Blah ?

Dernier bulletin météo marine grand large [dimanche 15 janvier 2012]

meteo-rfi-atlantique.

[…] Avec la démocratisation du téléphone satellite, tant pour des raisons de sécurité que de confort, bon nombre de marins n’écoutaient plus RFI pour prendre la météo, mais au contraire récupéraient les prévisions qui elles, existaient toujours.

Or, ce matin, recevant les prévisions du jour, l’en tête du message disait ceci :

AVERTISSEMENT : CE BULLETIN MARINE NE SERA PLUS PRODUIT PAR METEO-FRANCE A COMPTER DU 1er FEVRIER 2012.

Et MeteoFrance de nous renvoyer sur des bulletins existants, produits par elle pour les régions côtières, et par les Américains (la NOAA) pour le reste.

Pourquoi les Américains ?

Parce que selon le principe (constitutionnel si je ne me trompe) selon lequel on ne peut faire payer un service s’il a déjà été payé par l’impôt, tant les fichiers “gribs” que les prévisions effectuées par les météorologues américains sont non seulement gratuits, mais diffusés à une large échelle, et récupérables via de nombreux outils : radio, navtex, web, email, …

C’est tout le paradoxe d’un État qui dit vouloir redonner sa place à la France, mais qui assassine un service performant en langue française, et laisse ses citoyens s’adresser à des services étrangers, en langue étrangère, pour une économie de trois franc six sous.

Voilà, en silence, un service public performant, de qualité reconnue internationalement, financé par l’impôt, s’éteindra définitivement le 2 février prochain.

Après la diffusion par France Inter, puis la diffusion par RFI, la diffusion par internet des prévisions MeteoFrance pour la traversée de l’Atlantique seront elles-aussi supprimées. Les Français n’auront plus qu’à se tourner vers les américains, pour un service en langue étrangère. Dans l’indifférence générale.

Bel Ami, Henri : “c’est le service public qu’on assassine”.

Henri est actuellement au milieu de l’Atlantique, en solitaire sur le voilier Bel Ami.

Ce n’est pas constitutionnel, mais il existe effectivement un principe fédéral américain depuis 1895 (Printing Law, puis 1909, Copyrigth Act) qui veut que tout document public (écrit, graphique, photo, etc.) produit par des employés gouvernementaux (dans le cadre de leur emploi) ne peut pas être sous copyright. Ces travaux sont réputés avoir déjà été payés par l’ensemble des citoyens via les impôts et taxes, les citoyens en ont donc libre usage.

Arielle Cassim était la voix du bulletin grand large sur RFI. Voir : Sea Bleue, Arielle Cassim : “Fin du bulletin météo marine de RFI”.

Pour les navigateurs hauturiers qui traversent l’Atlantique dans les deux sens, Radio France International a diffusé une fois par jour, à 11h33 UTC, et ce pendant des années, un bulletin couvrant toutes les zones jusqu’aux Antilles, transportée sur plusieurs fréquences dépendant de la zone géographique de réception. La douce voix d’Arielle Cassim créait ensuite un lien chaleureux, avec sa chronique de la mer jusqu’à 12h00 UTC, qui vennait égayer les longues journées de traversées. Comme pour France Inter et la BBC, un simple récepteur « toutes ondes » et une bonne antenne suffisaient.

Hélas, l’informatique embarquée vient inexorablement remplacer la radio. Les multiples moyens d’obtenir des fichiers météo GRIB, des cartes météo graphiques, des images satellites et même des bulletins textes, dominent sur les tables à cartes.

Malgré leurs indéniables qualités, ces informations électroniques manqueront toujours, pour moi, de cet indispensable plus qu’apporte la voix. Voix éthérée d’une opératrice radiophonique, voix grave et posée d’un speaker anglais, cette chaleur humaine qui nous accompagne dans les meilleurs ou les pires moments en mer, dans ces instants où l’on peut se sentir parfois bien seul sur l’océan.

Navigation Mac, Francis Fustier : “La voix de la météo marine”.

Monsieur Bonijol,

Fidèle auditeur de RFI, qui par la qualité de ses émissions crée un lien avec la France pour les expatriés, mais aussi tous nos amis francophones à travers le monde.

Navigateur, skipper professionnel, je suis indigné par la suppression, programmée pour le 31 décembre 2011, du bulletin météo marine. Un service public prend une décision discriminatoire qui touche à la sécurité de citoyens.

Écouté par des milliers de marins à travers l’océan, il représente l’élément de sécurité primordial pour un grand nombre de yachts qui ne peuvent pas s’offrir des équipements de communication par satellite.

Personne n’ignore que pour la marine comme pour l’aviation la vie des navigateurs dépend de la météorologie et qu’aucun ne penserait la négliger.

Nous souhaitons que par l’ampleur des réactions que va susciter cette décision, RFI peut apprécier le nombre d’auditeurs qui attache une importance primordiale à cette émission pour prendre des décisions lors de leurs navigations.

Nous voulons que ce programme continue, c’est un élément de sécurité, mais aussi un lien avec la terre, support psychologique important pour les marins. Il pourrait être judicieux de renouer avec la diffusion de messages personnels plutôt que la suppression de cette rubrique.

En vous remerciant de prendre en considération notre demande.

Veuillez d’agréer, Monsieur, nos respectueuses salutations.

Philippe Rossignol.

1. Otir le 15 janvier 2012

Une immense bouffée de triste nostalgie, à l’idée que le bulletin météo marine grand large ne résonnerait plus jamais sur les ondes radio. C’est comme de perdre à nouveau une grand-mère qui m’aura apporté plus que je ne saurais le dire.

2. Pascale le 15 janvier 2012

Je suis sur le cul… En tant que fille d’ex-marin, je confirme que plus con comme décision, c’est difficile ! Sans compter qu’on aimait bien l’écouter, ma moitié et moi, cette météo-marine lorsque nous sommes au bord de la mer.

Dégoûtée je suis.

3. padawan le 15 janvier 2012

Le principe fédéral dont tu parles semble mis à mal aujourd’hui aux USA : Time to terminate the “Research Works Act” which aims to terminate public access to publicly-funded science?.

Blah ?

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