Journal de bord

de Laurent Gloaguen

Vous êtes sur le journal de bord de Laurent, alias « le capitaine », à Montréal, Canada.
Recueil de liens, citations et pensées au fil de l’eau… On y parle actualité, politique, journalisme, technologie, internet, air du temps, sens de la vie et sexe, depuis 2002. C’est à ce jour 10054 billets et 79284 commentaires.
Laurent est président d’honneur du CCCI.

Le gardage

Quand la vie s’entasse dans le corps.

Mathieu St-Onge.

70’s fag music

All-in-all, How Far Will You Go? is a revelation, lovingly restored by Emmons from original master tapes, and even mastered for vinyl by Emmons on his own cutting lathe. With extensive liner notes and photos, How Far Will You Go? tells the story of America’s greatest 70s should-have-beens, a band so amazing that the only reason you haven’t heard of them is because they were faggots, and they didn’t give a shit.

Chapter Music : “Smokey - How Far Will You Go?”, via Butt Mag.

D’encre et d’eau

Endre Penovác

Endre Penovác. Facebook. Bio. [Via.]

#miaou

Commandements à la barre

« Ce qui est assez amusant, c’est qu’il semble ignorer bâbord et tribord ; alors dans des scènes on le voit conduire le bateau comme si c’était un autocar : “Mettez la barre à gauche, mettez la barre à droite”… » — Gérard Mordillat.

Vimeo : “Le Monde du silence, un film naïvement dégueulasse.

(La citation exacte du film de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle étant : “— La barre à droite, Laban! — À droite toute !”. Nous rappelerons aussi que Cousteau avait fait l’École navale de Brest au début des années 1930 et était loin d’être un marin d’eau douce. Il ne “jouait pas au pacha à bord de la Calypso”, il l’était, au regard du droit et pour son équipage.)

Zéro ! ou zéro à la barre ! Commandement adressé à l’homme de barre pour ramener le safran du gouvernail dans l’axe du navire. L’homme de barre répète alors zéro la barre !, exécute l’ordre, puis en rend compte en annonçant : la barre est à zéro !

Afin d’éviter toute confusion, les mots tribord et bâbord ne sont jamais employés pour les commandements à la barre. On leur préfère les termes droite ou gauche, et on dit, par exemple, à droite 20 pour donner l’ordre de mettre la barre à 20° sur tribord.

Lexique des termes marins.

C’est le cas depuis les manœuvres sous vapeur, et c’est toujours le cas :

Commandements à la barre

Lorsque la langue de travail est le français, les commandements à la barre sont conformes aux prescriptions suivantes :

1 Les commandements à la barre sont donnés à l’aide des mots « droite » et « gauche » correspondant au sens vers lequel doit venir le navire qui a de l’erre en avant. L’appareil à gouverner doit être installé de telle façon que le navire allant de l’avant, et devant, par exemple abattre sur la droite, le dispositif de commande et le répétiteur d’angle de barre manœuvrent vers la droite.

L’emploi pour ces commandements des mots « tribord », « bâbord » est interdit.

2 Les locutions à employer pour ces commandements sont :

2.1 « à droite » [ou « à gauche »], signifiant : mettez le gouvernail sur tribord [ou sur bâbord].

2.1.1 Lorsqu’il y a lieu de préciser, les commandements « à droite » ou « à gauche » sont suivis du nombre de degrés indiquant l’angle que le gouvernail doit faire avec le plan longitudinal du navire.

2.1.2 Les commandements « à droite » ou « à gauche » suivis du mot “toute” indiquent qu’il faut mettre le gouvernail à la position extrême sur tribord ou sur bâbord.

2.2 “zéro la barre”, signifiant : mettez le gouvernail dans le plan longitudinal du navire.

2.3 “comme ça” signifiant : maintenez le cap tel qu’il est.

A ce dernier commandement, le gouvernail est manœuvré de façon à maintenir le bâtiment à son cap actuel.

3 Les commandements sont répétés par la personne qui gouverne, au moment où l’ordre est donné ; ensuite, cette personne rend compte de l’exécution de l’ordre.

Arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires - Article 229-V.01.

L’entrée de jeu “regardez comme c’est un con, sait même pas conduire un bateau” ridiculise plus son auteur qu’autre chose.

Pour le reste, je crois que Gérard Mordillat joue le bonhomme naïvement dégueulasse. On ne peut pas juger péremptoirement, et avec tant d’odieux mépris, des pratiques des années 50 à l’aune de ce que l’on fait et sait de nos jours. Autres temps, autres mœurs. Il reste que Cousteau a énormément œuvré pour protection de l’environnement marin et la sensibilisation du grand public à ces enjeux.

1. Le 2 juillet 2015,
Gilles

Merci.

2. Le 2 juillet 2015,
agnelo

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule

3. Le 2 juillet 2015,
karl, La Grange

Steve Zissou: I don’t have a problem with objective reporting. What I have a problem with is some wombat… coming on my boat trying to railroad me.

4. Le 2 juillet 2015,
Laurent Gloaguen

:-D

Blah ?

En voie d’extinction

Le nombre de prêtres catholiques en France a presque été divisé par deux en vingt ans, passant de 29.000 (diocésains et religieux réunis) en 1995 à environ 15.000 en 2015. Selon des projections, ils ne seront que 6000 en 2020. Un évêque, interrogé dans Le Figaro, résumait ainsi le problème : « J’ordonne un prêtre par an, j’en enterre douze ».

Le Figaro : “Le nombre de prêtres ordonnés en France n’a jamais été aussi bas”.

1. Le 2 juillet 2015,
celui

Les cathos vont-ils se lancer dans la construction de megachurches ?

Blah ?

AIDS/LifeCycle

Chaque année, plus de 3000 personnes participent à la randonnée cycliste AIDS/LifeCycle qui, sur 7 jours et 875 km, va de San Francisco à Los Angeles.

Joshua Flanagan aurait pu participer à cette manifestation. Sa mort en 2013 l’en aura définitivement empêché. Son père a pris le dossard.

Partir en fanfare

Eddy Louiss (1941-2015).

Come on D.H.!

Pause mignonne

Parce que ce monde de brutes manque de chatons : des difficultés de filmer à Okinawa.

(Mitsuaki Iwagō, photographe des chats du monde : 岩合光昭.)

Magical Thinking and Euromess

[…] The tragedy of the Euromess is that the creation of the euro was supposed to be the finest moment in a grand and noble undertaking: the generations-long effort to bring peace, democracy and shared prosperity to a once and frequently war-torn continent. But the architects of the euro, caught up in their project’s sweep and romance, chose to ignore the mundane difficulties a shared currency would predictably encounter — to ignore warnings, which were issued right from the beginning, that Europe lacked the institutions needed to make a common currency workable. Instead, they engaged in magical thinking, acting as if the nobility of their mission transcended such concerns.

The result is a tragedy not only for Europe but also for the world, for which Europe is a crucial role model. The Europeans have shown us that peace and unity can be brought to a region with a history of violence, and in the process they have created perhaps the most decent societies in human history, combining democracy and human rights with a level of individual economic security that America comes nowhere close to matching. These achievements are now in the process of being tarnished, as the European dream turns into a nightmare for all too many people. […]

The case for a transnational currency is, as we’ve already seen, obvious: it makes doing business easier. Before the euro was introduced, it was really anybody’s guess how much this ultimately mattered: there were relatively few examples of countries using other nations’ currencies. For what it was worth, statistical analysis suggested that adopting a common currency had big effects on trade, which suggested in turn large economic gains. Unfortunately, this optimistic assessment hasn’t held up very well since the euro was created: the best estimates now indicate that trade among euro nations is only 10 or 15 percent larger than it would have been otherwise. That’s not a trivial number, but neither is it transformative.

Still, there are obviously benefits from a currency union. It’s just that there’s a downside, too: by giving up its own currency, a country also gives up economic flexibility. […]

For now, the plan in Europe is to have everyone tough it out — in effect, for Greece, Ireland, Portugal and Spain to emulate Latvia and Estonia. That was the clear verdict of the most recent meeting of the European Council, at which Angela Merkel, the German chancellor, essentially got everything she wanted. Governments that can’t borrow on the private market will receive loans from the rest of Europe — but only on stiff terms: people talk about Ireland getting a “bailout,” but it has to pay almost 6 percent interest on that emergency loan. There will be no E-bonds; there will be no transfer union.

Even if this eventually works in the sense that internal devaluation has worked in the Baltics — that is, in the narrow sense that Europe’s troubled economies avoid default and devaluation — it will be an ugly process, leaving much of Europe deeply depressed for years to come. There will be political repercussions too, as the European public sees the continent’s institutions as being — depending on where they sit — either in the business of bailing out deadbeats or acting as agents of heartless bill collectors. […]

It has been 60 years since the Schuman declaration started Europe on the road to greater unity. Until now the journey along that road, however slow, has always been in the right direction. But that will no longer be true if the euro project fails. A failed euro wouldn’t send Europe back to the days of minefields and barbed wire — but it would represent a possibly irreversible blow to hopes of true European federation.

So will Europe’s strong nations let that happen? Or will they accept the responsibility, and possibly the cost, of being their neighbors’ keepers? The whole world is waiting for the answer.

The New York Times, Paul Krugman, January 12, 2011 : “The Road to Economic Crisis Is Paved With Euros”.

Salades grecques

But this question of whether Greece will repay its debts is really a question of whether Greece will change its culture, and that will happen only if Greeks want to change. I am told 50 times if I am told once that what Greeks care about is “justice” and what really boils the Greek blood is the feeling of unfairness. Obviously this distinguishes them from no human being on the planet, and ignores what’s interesting: exactly what a Greek finds unfair. It’s clearly not the corruption of their political system. It’s not cheating on their taxes, or taking small bribes in their service to the state. No: what bothers them is when some outside party—someone clearly different from themselves, with motives apart from narrow and easily understood self-interest—comes in and exploits the corruption of their system.

Vanity Fair, Michael Lewis, october 2010 : “Beware of Greeks Bearing Bonds”.

L’article est à lire, ou relire, et date de 2010, mais l’essentiel est là. Je suis un peu fatigué de lire trop souvent que les Grecs sont de pauvres innocentes victimes d’organismes supranationaux sanguinaires (qui plus est, forcément néo-libéraux, si ce terme a encore un sens…). Les Grecs sont en premier lieu victimes d’eux-mêmes, de leur classe politique, de leurs religieux, de leur société, de leur histoire, de leur culture. Après, que l’Europe ait très mal géré depuis longtemps la question grecque, c’est une autre question.

1. Le 30 juin 2015,
narvic

Traduction: Je suis un peu fatigué de lire trop souvent ceux qui donnent une réponse “a” à la question “A”, alors que ce qui m’intéresse, moi, c’est la réponse “b” à la question “B”.

Or tout le monde voit bien que la réponse “a” ne répond pas du tout à la question “B”. Ce qui est bien la preuve !

Blah ?

L’imposture Tsipras

Alexis Tsipras et son parti Syriza ont montré leur vrai visage : celui d’un groupe de rupture, antisystème, anticapitaliste, et pour finir anti-européen, dont le modèle, s’il existe, doit être recherché du côté du Venezuela de feu Hugo Chavez. Un national-populisme avec comme moteur en lieu et place de la dénonciation du diable américain, une intense propagande anti-allemande faisant de la seule Angela Merkel la responsable de tous les maux de la Grèce. On comprend mieux désormais pourquoi, en quête d’un allié au lendemain des élections législatives qui l’ont porté au pouvoir, alors que des petits partis pro-européens étaient disponibles, Alexis Tsipras avait choisi « les Grecs indépendants », c’est-à-dire un mouvement authentiquement d’extrême-droite, antisémite et anti-européen.

[…] Dans ce contexte, la tâche des dirigeants européens est particulièrement difficile. Ils ne peuvent pas abandonner les Grecs à leur triste gouvernement. Ils méritent mieux que Tsipras et ses alliés. Comme ils n’avaient pas hier mérité les colonels.

Slate.fr, Jean-Marie Colombani : “L’imposture Tsipras ”.

1. Le 30 juin 2015,
Guillermito

L’imposture, c’est plutot de tenter habilement d’associer dans l’esprit des gens un gouvernement democratiquement elu (Syriza 2015) a une dictature militaire d’extreme-droite arrivee au pouvoir apres un coup d’etat (Colonels 1967). Les Grecs m’emmerdent un peu, mais bien moins que les donneurs de lecons professionnels a la Colombani, elitistes parisiens qui soupent regulierement avec les grands patrons dans des salons bourgeois en commentant l’actualite un petit doigt en l’air, et critiquant ces prolos mediterraneens pauvres, qui osent tenter autre chose, faire face a plus puissants qu’eux, et remettre en question l’ordre etabli qui a bien rempli le compte en banque des millionaires sus-nommes. Fait chier, merde.

2. Le 1 juillet 2015,
karl, La Grange
Ah ! Ce Tsipras, ce Tsipras, ce Tsipras !
Les aristocrates à la lanterne,
Ah ! Ce Tsipras, ce Tsipras, ce Tsipras !
Les aristocrates on les pendra !
3. Le 3 juillet 2015,
Yogi

Bah perso j’accorde une certaine valeur aux positions de Krugman et Stiglitz http://www.courrierinternational.com/article/crise-grecque-deux-prix-nobel-deconomie-volent-au-secours-de-tsipras

4. Le 4 juillet 2015,
Yogi

Bon d’un autre côté j’accorde une certaine valeur aux positions de Cohn-Bendit http://t.co/SjLnZH5zpg

5. Le 4 juillet 2015,
Laurent Gloaguen

Merci pour le Cohn-Bendit, je ne l’avais pas vu passer.

Blah ?

Ikumen

Selon la journaliste de la BBC, Shabani incarnerait en effet le mélange parfait du « ikemen » et de l’« ikumen », un modèle pour tous les pères, et un fantasme pour toutes les femmes au Japon. 

Slate.fr : “Shabani, le gorille qui « affole » les Japonais”.

Shabani est un gorille.

Sinon, les loups-garous font plus fantasmer que les vampires.

En parlant de trucs poilus et de Japon, une nouvelle bien triste.

Chat chasseur sachant chasser

Les propriétaires de chats ne savent pas évaluer le nombre de proies que leur animal favori tue et ne voient pas ce comportement comme une menace pour l’environnement, selon une étude qui vient d’être publiée par la revue Ecology and Evolution.

Slate.fr : “Le chat, ce tueur que son maître ignore”.

Faux ! Certains propriétaires, je veux bien bien… mais pas tous. Je sais ce que minette a attrapé la pendant la semaine : un papillon diurne, deux papillons nocturnes, une bonne quinzaine mouches, un ver de terre. (Les papillons et les mouches, c’est pour bouffer, et les vers, c’est pour offrir… une attention toujours appréciée.) Les oiseaux et les écureuils, elle voudrait bien, et ce n’est pas faute d’essayer, mais force est de constater que ceux du quartier ne sont pas très coopératifs.

Nous essayons aussi de lui expliquer qu’attaquer les ratons laveurs et mouffettes est définitivement une mauvaise idée, sans succès jusqu’à présent. Elle ne tolère aucun intrus dans son jardin.

1. Le 29 juin 2015,
karl, La Grange
2. Le 29 juin 2015,
Off Topic

@Karl > très joli !

Blah ?

Crottes de chamarron

M. Eli avoue par contre avoir de la difficulté à dénicher certaines spécialités: « Par exemple, les excréments de chamarron. Le chamarron est un ancien chat domestique qui s’est enfui dans les bois et qui est devenu sauvage. » Il poursuit : À quoi servent les excréments de chamarron? Je ne sais pas, car ce qui m’intéresse, c’est la business ».

Urbania, Myriam Laabidi : “Dépanneur Vaudou”.