“Miscellanées”

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Chauffeur de taxi

Ceci est ma modeste participation aux singeries de mars, thème “voyage en taxi” :

Je déteste les rendez-vous en province. Déjà, les rendez-vous à Paris avec des clients cons à pleurer, ce n’est pas brillant, mais quand, en plus, il faut se taper des heures de train pour une rencontre insipide et souvent inutile, qui aurait pu être remplacée par un échange téléphonique, c’est insupportable. Et lorsque vous additionnez votre salaire de gourou des nouvelles technologies aux billets de première classe, vous vous rendez compte du prix astronomique d’une heure de rendez-vous qu’il faudra bien répercuter dans le devis.

Ce jour-là, j’avais donc un rendez-vous à l’aéroport de Lille, un jour de grève SNCF. Heureusement, mon train ne fut pas annulé, mais je n’avais aucune garantie de retour. Me voici ainsi à la gare Lille Flandres, déjà passablement agacé. Je me dirige vers la station de taxi et jette un coup d’oeil au conducteur de la voiture de tête, une Mercedes. Je distingue rapidement un asiatique. J’apprécie les chauffeurs asiatiques, efficaces, et surtout silencieux, une qualité en or pour un chauffeur de taxi.

“— Monsieur, bonjour. À l’aéroport, s’il vous plait.
— Vous prenez un avion ?
— Heu, non, j’ai un rendez-vous…
— Votre TGV était en retard.
— Heu…
— Ce doit être à cause de ces grèves. Il y en a assez de ces grèves. Tout ça, c’est de la faute des communistes. Et encore, si c’était des communistes, mais c’est même pas vrai. Moi, je vais vous dire, Monsieur, je vais vous dire la vérité, à la SNCF, c’est tous des faignants. Parce que c’est des fonctionnaires. C’est comme à la Sécu. Moins j’en fais, et mieux je me porte. Mais moi, je vais vous dire, ces gens-là, il mènent la France à la ruine, alors que nous, on travaille, on travaille dur. Ils vivent sur notre dos à tous, nous, les artisans. Ce sont des parasites, tous ces fonctionnaires. Moi, je travaille dur, 7 jours sur 7, et je me plains pas. Parce que, vous savez, je suis à mon compte. Et puis, je gagne ma vie et je fais vivre ma famille, moi. Et je paie des impôts. Des impôts pourquoi ? Pour payer tous ces fainéants, c’est scandaleux…
— Heu…
— Parce que faut pas être dupe, tous leur avantages, c’est nous qui payons, avec toutes ces taxes. Quand on pense que le diesel a encore augmenté, alors que nos tarifs, eux, ils ont pas augmenté. Résultat, je dois travailler encore plus. Et je la vois quand ma famille, hein, dites-moi ?
— Heu…
— Enfin, je dis ça, mais je suis pas à plaindre, moi, parce que…”

Freinage brusque. Une vieille dame arabe traverse d’un petit pas fatigué un passage protégé. Je sens l’impatience de mon conducteur, le moteur qui vrombit par saccades impatientes. Il continue son monologue sans fin :

“— Regardez-là, celle-là, elle se presse pas, elle a le temps, elle travaille pas, elle. Elle doit être au RMI, et c’est qui qui paye, hein ? Nous ! Encore nous, les Français ! Parce que je vous dis ça, Monsieur, y a trop d’étrangers en France ! Tous ces immigrés qui…”

Je commence à m’effondrer intérieurement. Non seulement, je tombe sur un chauffeur de taxi de la pire espèce, celle des infatigables bavards, mais en plus, je tombe sur un rare spécimen vietnamien de militant Front National. Il n’y a pas à dire, ce genre de choses n’arrive qu’à moi. Je tente de ne plus l’écouter. Surtout, ne pas engager ou relancer, ne pas essayer de discuter, d’argumenter, mais je n’ai besoin de rien dire, il est intarissable.

Je sens peu à peu la colère sourdre en moi, ça commence à bouillonner. Saloperie, c’est encore loin ce putain d’aéroport de merde ? L’homme à l’air fluet, son cou est fin. Je pourrais l’étrangler au prochain feu et m’enfuir. Oui, c’est cela, je vais le faire taire. Ce ne doit pas être si compliqué d’étrangler un homme. En plus, il a pas l’air bien solide, ses vertèbres vont se briser entre mes mains avec un bon mouvement de torsion. À moins que je ne l’étouffe… Oui, mais il pourrait mordre. C’est con, je n’ai pas d’écharpe. Strangulation ou étouffement, cela m’aurait bien aidé. Je n’écoute plus son blah blah saoulant, j’échafaude mille moyens d’avoir sa peau. Je pourrais aussi l’agripper par derrière et lui rentrer les doigts dans les yeux. Non, il va gueuler comme un putois…

“— L’aéroport, je vous laisse aux départs ?”

Oui, c’est ça, laisse-moi vite. Si tu savais… Je hais les chauffeurs de taxi.

1. Le 18 mars 2004,
Olivier

Quelque chose me dit que tu as vu “Tu ne tueras point” ;-)

2. Le 18 mars 2004,
pas karl ni w3c

/index.rdf a pour type http « text/plain », alors que cela devrait être text/xml.

3. Le 18 mars 2004,
Laurent

Un emmerdeur anonyme ? De toute façons, déjà que personne ne sert son XHTML avec le MIME type application/xhtml+xml

4. Le 18 mars 2004,
Martine

Heu bon, tu me rappelleras de ne jamais te laisser t’asseoir derrière moi si jamais je te donne un “lift”…

5. Le 19 mars 2004,
karl (w3c, chiant)

Si tu hébergé sur Apache, tu mets dans un fichier .htaccess à l’endroit où se trouve ton fichier index.rdf à la racine, il semble pour toi.

<Files index.rdf> ForceType application/rss+xml;charset=utf-8 </Files>

:) “simple” et facile. Toutes ces petites configurations devraient déjà être faites au niveau des logiciels, pour que l’utilisateur n’est pas à le faire. :/ Les développeurs ne sont pas toujours des informaticiens conscients de l’ergonomie et après les gens crient aux loups et disent que les standards sont de la merde, alors que quelques personnes en développant bien pourraient faciliter le travail de millions de personnes.

Blah ?