Il t’arrive quoi le Capitaine, là, plus de news, rien, tout mou du blog…
Juju.
Mon cher Juju,
Comme tu le sais, je me suis engagé depuis la fin de l’automne dans la rénovation de notre nouveau domicile conjugal, une charmante maison des années 1920, si typique de la ville avec son parement de brique et ses escaliers extérieurs. Une bâtisse qui demandait pas mal d’amour comme on dit ici, un “paradis du bricoleur”… Avec, parmi tant d’autres choses, son installation électrique presque inchangée depuis la grande crise financière (je parle de celle de 1929 bien entendu).
Il s’agissait de refaire toutes les pièces, de déplacer des murs, d’en ouvrir d’autres, de changer les fenêtres quand on n’en crée pas de nouvelles, d’abandonner totalement la vocation muséologique de la demeure pour ce qui est des fluides (je parle d’eau et d’électricité, pas de sperme). Bref, une rénovation majeure.
Mon mari m’a décerné le titre de chef de chantier, et c’est une charge un peu plus prenante que prévu.
Aujourd’hui, c’est le début de la fin, nous avons enfin un genre de confort moderne avec une cuisine et une salle de bain à peu près fonctionnelles. Il me reste un bureau à replâtrer, des planchers à poncer et vernir, des murs à peindre, quelques menus travaux de menuiserie et les finitions diverses et interminables (Dieu sait que le Diable se niche dans les détails).
Après 10 ou 12 heures de travail par jour, je n’ai pas le goût de me mettre devant un ordinateur. Je préfère consacrer mes quelques minutes de pauses à la contemplation du jardin enfin libéré de ses neiges (car le printemps est finalement bien arrivé). Le bouleau commence à verdir et je connais peu d’arbres au port plus gracieux, son vert tendre et frissonnant me lave le regard du plâtre. Je surveille aussi du coin de l’œil les rosiers, roses trémières et pavots que j’ai plantés. Quand le soleil est au rendez-vous, je m’assieds sur les marches du perron avec un café et observe la vie qui suit son cours, la voisine d’en face qui semble tout droit sortie d’un roman de Tremblay, le jeu des impertinents écureuils et les petits oiseaux qui viennent s’ébrouer dans un genre de pataugeoire, je sympathise même avec un chat du voisinage, blanc aux yeux verts.
Le bon côté des choses, c’est qu’à force d’effort physique quotidien, j’ai un ventre plat et perdu mes poignées d’amour. Il y a longtemps que je ne me suis senti aussi baisable. Hélas, les différents corps de métiers qui se sont succédé à mon domicile semblent plus portés sur la pitoune. Notablement le plombier.
Je devrais revenir sur Internet, dans un mois peut-être. Qui sait…
J’espère que tout va bien pour toi, et que les Angles comme les Saxons savent gaillardement s’occuper de ton cul comme il le mérite, sache que je prie pour. Des bises (où tu veux).
Laurent.
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