Journal de bord

jeudi 10 mai 2012

Photo du jour

olympia-studio-2012.jpg

[Photo Mike Baker / AP.]

Trouvée via le blogue photo de MSNBC).

1. Le 10 mai 2012,
OlivierJ

C’est insolite, mais quelque chose doit m’échapper sur cette photo, après avoir lu ton tweet “Cette photo me fait exploser le cerveau”.

2. Le 10 mai 2012,
Laurent Gloaguen

C’est une affaire de perspectives. Mais j’ai l’impression d’être seul à la voir :-)

3. Le 10 mai 2012,
padawan

Tu n’es pas le seul, enfin je crois. Au début je me suis fait avoir en pensant que les deux personnages ont le pied sur ce qui ressemble à un trottoir (faisait penser qu’ils sont au même niveau). Puis en voyant que l’ombre partant des pieds de celui qu premier plan n’est pas la même que pour l’autre, j’ai vu que ce que j’avais pris pour la bordure du trottoir est en fait un muret, j’ai ensuite réalisé qu’il s’agit d’une descente et que le second personnage est en réalité plus bas que le premier. L’ombre de la voiture devient évidente (curieusement ce n’est pas elle qui m’avait vendu la mèche). Disons que c’est ma lecture de la photo.

4. Le 11 mai 2012,
Laurent Gloaguen

Ah, ouf. Me sens moins seul :-) Moi aussi j’ai d’abord vu un trottoir et un policier géant.

5. Le 11 mai 2012,
Karl, La Grange

:) cacher un personnage et puis l’autre, comparer avec la voiture. Le photographe a fait un joli travail avec un grand angle. D’autres indices avec l’extincteur.

Ce qui est amusant c’est que cela explique un peu comment notre cerveau fonctionne sur la mise en relation des objets. Un peu comme la lune qui semble être plus grosse sur l’horizon. :)

6. Le 11 mai 2012,
xave

J’ai un peu l’impression qu’on se fait avoir si on commence la lecture de la photo par la gauche. Pour ma part, en commençant par la droite, j’avais complètement raté cette histoire de “trottoir” et vu directement la fosse.

7. Le 11 mai 2012,
Laurent Gloaguen

Ce qui prouve que nos cerveaux fonctionnent “différemment” pour ce qui est de la lecture d’une image.

8. Le 11 mai 2012,
Krysalia

ça m’a fait le même effet, j’ai vu un nain et un géant, mais par dessus une fosse peu profonde. ça m’a fait directement penser à ces émissions en noir et blanc des années 60, sur ce genre d’illusions d’optique ! quand un enfant joue au ballon avec un autre dans une pièce déformée et qu’il semble devenir soudain géant ou nain en allant chercher le ballon etc :D. je me souviens qu’il y avait aussi une fausse chaise, dont le dossier et les pieds étaient tout proches et l’assise géante très lointaine. quelqu’un pouvait alors parler à une personne toute petite assise sur la chaise, quand on filmait ça d’un certain angle :D. je ne me souviens plus quel était le titre ou le contexte de ces émissions…

9. Le 11 mai 2012,
Laurent Gloaguen

@Krysalia : il y a plein de vidéos de ce genre sur YouTube (chercher “room optical illusion”). Exemple :

http://www.youtube.com/watch?v=NsZEWxubxUA

10. Le 6 juillet 2012,
Le Marginal Magnifique

Ah quand même. Belle installation d’art contemporain :-).

Amicalement.

Blah ?

Lettre de prof

Monsieur Reid,

Je viens de prendre connaissance des propos que vous avez tenus [mardi] et je me suis senti le devoir, comme beaucoup de collègues et d’étudiants je crois, de vous apporter quelques renseignements sur le mouvement étudiant actuel. Je suis professeur adjoint à l’Université de Montréal, au département de cinéma, depuis 2008. Je fréquente des étudiants de cinéma, mais aussi de littérature, de philosophie, de sociologie, d’anthropologie ; j’ai eu le plaisir de côtoyer nombre d’entre eux ces dernières semaines, dans le cadre du conflit étudiant.

Je ne sais pas ce que vous pensez, dans votre for intérieur, de ces disciplines que vous jugez peut-être trop improductives, mais je puis vous dire que ces étudiants qui, depuis le 20 février, sont dans les rues tous les jours, qui font preuve d’une inventivité, d’une patience, d’une créativité inouïes, sont parmi les plus brillants, allumés et impliqués dans leurs études que je connaisse.

Qui plus est, cette grève — appelons un chat un chat, M. Reid, vous êtes allés à l’école, vous comprenez le sens des mots — leur a donné une ouverture sur la réalité, une conscience politique fabuleuse, a fait d’eux de bien meilleurs citoyens et ils font, que vous le voyiez ou non, que vous le veuillez ou non, que le Québec sera un endroit où il fera mieux vivre et respirer.

Ce n’est sûrement pas par hasard que nous attirons l’attention, et l’admiration de plusieurs pays en ce moment, qui citent le mouvement étudiant québécois en exemple (davantage que le “Plan Nord” de M. Charest, je le crains).

Fier des étudiants

Ce sont ces étudiants de baccalauréat, de maîtrise, de doctorat qui sont l’élite de notre société, qui forment les meilleurs éléments de mes classes, à qui je suis fier d’enseigner, qui sont dans la rue aujourd’hui et depuis 84 jours.

Le saviez-vous ? Pouvez-vous le comprendre ? Les plus militants parmi ceux-là sont aussi, je puis vous l’assurer, les plus assidus, ceux qui obtiennent les meilleurs résultats scolaires, qui s’impliquent le plus dans leurs études, contrairement à ce que votre propos laissait entendre.

Ces paroles disgracieuses que vous avez tenues montrent bien à quel point la classe politique que vous représentez est décrochée de la réalité des étudiants. C’est cette attitude, qui témoigne d’une totale et complète incompréhension de la situation, qui se traduit en des propos méprisants, qui, SEULS, expliquent la durée et la violence de ce conflit historique. Quand des étudiants perdent leurs dents, perdent un oeil, subissent des fractures crâniennes, sont arrêtés arbitrairement et en toute illégalité — allez me dire que les 106 personnes dans les bus de Victoriaville étaient TOUS coupables, vous savez comme moi que c’était une opération pour augmenter le nombre d’arrestations et « rassurer » la population —, et sans vouloir justifier la violence des uns en invoquant la violence des autres, vous comprendrez, M. Reid, que l’on s’attend à des propos plus dignes et responsables que ceux que vous avez tenus aujourd’hui.

Respect mérité

Nous assistons, de la part de tous les leaders étudiants, en revanche, et à chacun des 84 jours de ce conflit, à un discours posé, responsable, éclairé, ouvert, à mille lieues des demi-vérités, des propos louvoyant, des rétractations lâches de votre parti. Ces leaders méritent, à tout le moins, un minimum de respect, à tout le moins le type de respect auquel on s’attend et qui incombe aux gens qui ont le privilège d’occuper le statut qu’est le vôtre. Ce que vous avez dit est indigne d’un ancien ministre de l’Éducation et je crois que vous devez vous expliquer et vous excuser publiquement.

Pourquoi pensez-vous que ces étudiants sont dans la rue depuis 13 ou 14 semaines, que, jour après jour, ils débattent des heures en assemblée, s’informent, militent, marchent, réfléchissent, rêvent (est-ce encore permis) ? Parce qu’ils considèrent qu’il est injuste de laisser les universités se faire noyauter par des individus qui ne visent que leur privatisation, qu’ils croient que l’éducation doit demeurer ouverte et accessible, qu’il y a des injustices sociales et des iniquités terribles qui doivent être dénoncées.

Envie de réfléchir ?

Ils sont en grève aussi, et c’est le plus beau, M. Reid, parce qu’ils voient bien que votre arrogance, la vôtre et celle de tous les autres, que ce mépris ne fera qu’un temps (du moins peut-on l’espérer), que votre monde est vieux et triste et qu’ils sont jeunes et vivants, qu’ils ont la chance de croire que ça vaut le coup de lutter pour des convictions, et même pour une cause qui ne les concerne que partiellement (je vous rappelle que beaucoup des étudiants ne seront plus aux études quand la hausse atteindra son plus haut seuil).

Est-ce que cela, à tout le moins, ne vous donne pas envie de vous arrêter, de réfléchir, et de vous demander si vous vous trompez ? Le fait que la quasi-totalité des professeurs de cégep et d’université du Québec appuie le mouvement ne vous amène-t-il pas, également, à réfléchir ? Ils étaient 350 000 étudiants en grève, au plus fort du conflit. C’est plus de la moitié des étudiants du Québec, M. Reid, qui sont, en réalité, contre cette hausse (si certains ont dû reprendre le chemin des classes, cela est en bonne partie dû à la nature de certains programmes, mais le fait demeure, ils sont 350 000 à s’opposer à cette hausse). Cela ne vous fait-il pas réfléchir ?

Je ne puis qu’espérer qu’il vous arrive encore de relever cette tâche si difficile pour les politiciens, de sortir à l’occasion de vos certitudes, d’écouter ce que l’autre a à dire et de regarder, un peu, la réalité en face. Si elle vous a échappé jusqu’ici, peut-être que ce message aura le loisir de vous l’éclairer.

André Habib. Professeur adjoint à l’Université de Montréal, Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques.

1. Le 10 mai 2012,
François

Une question : quel est le sens d’allumés à la fin du deuxième paragraphe ? La même utilisation qu’en Français ou un sens proche du “enlighted” américain ?

2. Le 10 mai 2012,
Laurent Gloaguen

Au Québec, “allumé” a le sens de “passionné”.

3. Le 10 mai 2012,
François

Merci ;)

Blah ?

Charest le Grippeminaud

Samedi, en conférence de presse, commentant l’entente, M. Charest se pourléchait les babines comme Grippeminaud, le chat d’une fable de La Fontaine : Grippeminaud le bon apôtre leur dit, approchez mes enfants… et jetant la griffe des deux côtés en même temps croqua l’un et l’autre. On verra bien, ronronnait-il, ce qu’il sera possible de sabrer dans les universités. Mais soudain, inquiet : il ne faudrait pas, par exemple, toucher à la recherche…

On s’est extasié maintes fois sur l’intelligence des leaders étudiants. Si vous voulez mon avis, intelligent, M. Charest l’est autant que les trois en même temps. Et il ajoute à cette triple dose d’intelligence un zeste de malignité ratoureuse, comme lorsqu’il laisse entendre qu’il ne faudrait tout de même pas aller jusqu’à faire des coupes dans la recherche. Ce disant, il avait pris un petit air douloureux, comme s’il avait déjà mal, par avance, à sa recherche coupée…

Rassurez-vous, monsieur le premier ministre, l’entreprise privée qui subventionne très largement la recherche universitaire n’a pas du tout intérêt à faire des coupes dans cette recherche tout bénéfice pour elle, une recherche dont elle détermine souvent l’objet et parfois même les résultats. Voyez par exemple le lobby de l’amiante à McGill. C’est la recherche fondamentale qui est en danger. Vous savez, ces pelleteux de nuages qui ne savent même pas ce qu’ils cherchent. Il n’y a absolument plus rien à couper chez ceux-là, leurs ailes le sont depuis un bon moment déjà.

Bref, je ne suis pas le premier à le dire: les étudiants se sont fait fourrer. Il est trop tard maintenant pour relancer en grand la machine à manifester. Alors ? Rentrer la queue basse ?

Parlant de queue, j’ai une idée qui me vient d’une manif à laquelle j’ai participé jeudi dernier et qui rassemblait quelques centaines de marcheurs tout nus ou presque. Pourquoi tout nus ? ai-je demandé à une jeune fille en train de se peinturlurer les seins. Parce que, me répondit-elle avec un bel à-propos, tant qu’à se faire fourrer, aussi bien se mettre tout nu. Même qu’elle a dit « toute nuse ».

Ma suggestion, donc : mettez fin à votre grève, rentrez dans vos classes, mais rentrez tout nus et toutes nuses. On accourra du monde entier pour vous appuyer.

La Presse, Pierre Foglia : “Tout nu en classe”.

Grippeminaud
n. m. Homme fin, rusé et hypocrite. Personnage créé par Rabelais dans le Le Cinquiesme et dernier livre des faicts et dicts heroîques du bon Pantagruel. C’est “l’archiduc des chats fourrez”, ces chats fourrés étant les présidents à robes fourrées d’hermine, et l’archiduc des chats, probablement le premier président de la Grand-chambre du parlement de Paris. La justice grippeminaudière est symbolisée par une balance dont l’un des plateaux est plein d’argent et l’autre est vide. Rabelais avait quelque ressentiment envers le parlement qui avait censuré son Quart livre par arrêt au printemps 1552.
Ratoureux
adj. [Québec] Rusé. Malin. Sournois. Roublard.
Pelleteux de nuages
loc. [Québec] Personne rêveuse. Idéaliste. Utopiste.
Se faire fourrer
loc. [Québec] 1. Se faire pénétrer par un pénis, avoir des relations sexuelles avec un homme. 2. Se faire avoir, être berné. Syn. Se faire baiser.

Mickaël reste en France

Mickael Vendetta n’a pas quitté la France, c’est la nouvelle people du jour. Ce dimanche soir, le bogoss, comme il s’est lui même surnommé, a annoncé son départ sur Twitter, à la suite de la victoire de François Hollande face à Nicolas Sarkozy (qu’il soutenait publiquement). Cela faisait plusieurs semaines que le gagnant de La Ferme Célébrités menaçait de quitter la France pour les États-Unis ou Israël, si Nicolas Sarkozy n’était pas réélu. Chose dite, chose faite, enfin c’est du moins ce qu’il a tenté de faire croire à ses fans sur Twitter en postant ce message laconique : « Au revoir », et en fermant son compte.

Que ses milliers de fans se rassurent, Aix City Local News l’a retrouvé en pleine séance de dédicace à Aix-en-Provence. Le fondateur du concept de bogossitude en a profité pour donner quelques conseils à François Hollande. « Qu’il coure un petit peu, qu’il fasse du sport, du vélo comme Nicolas Sarkozy, qu’il arrête de trop manger », des remarques un peu étonnantes sachant que le nouveau président socialiste a fait un régime en vue des élections…

En ce qui concerne sa possible migration de l’autre côté de l’Atlantique, le jeune entrepreneur a déclaré ne pas pouvoir révéler la date de son départ : « Je peux pas dire, je peux pas dire. Secret ». On est mort d’inquiétude.

France Soir : “Mickael Vendetta donne des conseils à François Hollande”.

1. Le 10 mai 2012,
Damien B

C’est triste, tellement triste.

2. Le 10 mai 2012,
romu

de source sure MRY est près a l’héberger pour 183 jours pour une france forte :)

3. Le 10 mai 2012,
FX

Et voilà, déjà la première promesse non tenue de François Hollande !

4. Le 11 mai 2012,
Krysalia

FX ah non, c’était la promesse d’un sarkozyste convaincu, surtout :D.

5. Le 12 mai 2012,
mry

Donner du sens à la vie d’autrui

6. Le 6 juillet 2012,
Le Marginal Magnifique

Ce MV est loin d’être bête, son parcours le prouve, mais il fait parfois de la peine avec ce genre de propos.

De plus il prouve sur ce coup là, enfin avait-il besoin de le prouver encore, qu’il a une trop grande gueule et n’assume pas ce qu’il dit.

Quand les people se mêlent de politique ce n’est jamais très bon…

Blah ?

Mitt Romney, Bully

John Lauber, a soft-spoken new student one year behind Romney, was perpetually teased for his nonconformity and presumed homosexuality. Now he was walking around the all-boys school with bleached-blond hair that draped over one eye, and Romney wasn’t having it.

“He can’t look like that. That’s wrong. Just look at him!” an incensed Romney told Matthew Friedemann, his close friend in the Stevens Hall dorm, according to Friedemann’s recollection. Mitt, the teenaged son of Michigan Gov. George Romney, kept complaining about Lauber’s look, Friedemann recalled.

A few days later, Friedemann entered Stevens Hall off the school’s collegiate quad to find Romney marching out of his own room ahead of a prep school posse shouting about their plan to cut Lauber’s hair. Friedemann followed them to a nearby room where they came upon Lauber, tackled him and pinned him to the ground. As Lauber, his eyes filling with tears, screamed for help, Romney repeatedly clipped his hair with a pair of scissors.

[…] After the incident, Lauber seemed to disappear. He returned days later with his shortened hair back to its natural brown. He finished the year, but ultimately left the school before graduation — thrown out for smoking a cigarette.

Sometime in the mid-1990s, David Seed noticed a familiar face at the end of a bar at Chicago O’Hare International Airport.

“Hey, you’re John Lauber,” Seed recalled saying at the start of a brief conversation. Seed, also among those who witnessed the Romney-led incident, had gone on to a career as a teacher and principal. Now he had something to get off his chest.

“I’m sorry that I didn’t do more to help in the situation,” he said.

Lauber paused, then responded, “It was horrible.” He went on to explain how frightened he was during the incident, and acknowledged to Seed, “It’s something I have thought about a lot since then.”

Lauber died in 2004, according to his three sisters. […] He kept his hair blond until he died, said his sister Chris. “He never stopped bleaching it.”

The Washington Post, Jason Horowitz: “Mitt Romney’s prep school classmates recall pranks, but also troubling incidents.”

1. Le 11 mai 2012,
Gagarine

Terrible.

2. Le 11 mai 2012,
Édouard

Cela montre bien le caractère profondément infâme de cet homme, intouchable alors parce qu’il était fils du gouverneur de l’état. Il n’est tout simplement pas à la hauteur d’être président – hélas, on a déjà vu ça avec Bush, le jeune.

Blah ?

Parole de flic

Cela fait maintenant quelques semaines que je suis un policier à part entière. Après des semaines d’attentes, j’ai finalement été engagé dans un service de police, le SPVM de son nom. Moi qui m’attendais à simplement patrouiller et à répondre à des appels d’urgences, j’ai eu ma dose de manifestations étudiantes. Dans ce débat, je n’ai jamais pris position fermement bien que tous mes amis soient en faveur de cette hausse. Je peux comprendre que cela représente une masse financière énorme et que si jamais je décidais d’aller à l’université, je n’aurais pas les moyens financiers. Bref, je respecte énormément toutes les personnes prenant part à ces manifs-là.

Quelques semaines après avoir été engagé, je me suis retrouvé au cœur d’une manifestation étudiante un peu comme celles qui se tiennent maintenant à tous les soirs. Étant dans une auto patrouille, je ne réalisais pas l’ampleur de ce rassemblement. Quelques pétards étaient lancés, mais pas de casse ni d’actes violents. Quelques minutes plus tard, on m’annonce qu’on s’apprête à déclarer la manifestation illégale parce que les esprits semblent s’échauffer. L’anti-émeute qui est présente comme à chaque soir se prépare au pire. On me dit même de demeurer dans l’auto puisque je n’ai pas assez d’expérience pour ce type d’interventions.

Les policiers lancent donc un avis d’éviction que les manifestants semblent se crisser en grande majorité. Des autobus de la STM étaient prêts à recevoir plusieurs militants suite à leurs arrestations. D’un seul coup, l’anti-émeute s’est mise en branle sous mes yeux et ont foncé dans le tas en sacrant littéralement des volées à des gens quittant la manif qui vire un peu trop violente. Puis, je vis carrément un carnage. Comment mes collègues pouvaient-ils rentrer dans le tas de cette façon? Comment pouvaient-ils blesser des jeunes innocents alors qu’ils savaient pertinemment que ce n’étaient pas ceux-ci qui foutent la marde lors des manifestations? Ce que j’ai vu m’a franchement dégoûté. Je n’ai pas été à l’école pour ça, j’y ai été pour défendre et protéger les droits des citoyens de ma province.

Par la suite, arrestations de masse, encore du gaz et des cris perçants provenant de manifestants blessés à qui je ne peux même pas porter assistance parce que c’est l’ordre que j’ai reçu. Puis, la manif se termine et en quittant je constate qu’on laisse derrière nous un véritable champ de bataille. Ce soir-là, je n’ai pas fermé l’œil. Ça m’a fait réfléchir, ça m’a fait vomir. Quelques jours plus tard, on m’a renvoyé sur une de ces manifs. C’était simplement la reprise de ce qui s’était passé quelques jours auparavant. Comme si ça avait été dans un film…

Pour avoir discuté avec des policiers et certains faisant partie de l’anti-émeute, une grande partie sont derrières les étudiants. Ça leur fend le cœur de devoir agir comme des sauvages avec ces derniers, ils exécutent les ordres. Bien sûr, d’autres s’en donnent à cœur joie dans ça. C’est probablement ce qui me dégoûte le plus dans mon métier, certains y passent leurs frustrations personnelles avant d’agir pour leur communauté.

Témoignage de “Kim”, transmis sur Facebook, via Pascal Renart Léveillé.

1. Le 11 mai 2012,
Gilles

Le premier lien (SPVM) pointe vers ici… une façon cachée de nous dire que tu as un nouveau boulot ? :)

2. Le 11 mai 2012,
Laurent Gloaguen

Oups. Lien corrigé.

Blah ?