Journée douce et pluvieuse sur Paris. Me voici donc avec un blogue… Reste à savoir qu’en faire. Je ne sais pas encore, on verra bien. Peut-être juste noter les petites choses que je ne souhaite pas oublier, mes indignations du moment, des mots d’esprit, des confidences aux proches sur ce petit espace personnel perdu dans l’immensité de la toile mondiale. Bref, une petite extension du Moi, lisible par tous et confiée à la postérité numérique.
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Si il y a une chose que j’apprécie en fin d’année, c’est de pouvoir rejeter sans vergogne certaines obligations à l’année prochaine. Étant petit, ma mère n’avait cesse de me dire “il ne faut pas reporter au lendemain ce que tu peux faire le jour même”. C’est donc avec un vrai délice que je peux aujourd’hui, non seulement rejeter certaines obligations au lendemain, mais même à l’année prochaine… Ainsi, au bureau : “— tu en es où sur tel dossier ? — oh, je verrai ça l’année prochaine”. Ou encore ce matin même, mon lapin qui me fait remarquer que je n’ai pas mangé mon yaourt (mon lapin a décidé que je devais manger au petit-déjeûner), s’entend rétorquer “ton yaourt, je le mangerai l’année prochaine”. Réplique quasi-surréaliste en une autre époque de l’année, qui m’a procuré sur l’instant un genre de petite jouissance intérieure.
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Libération se fait écho aujourd’hui de ces intellectuels qui se laissent séduire par la droite. Le quotidien illustre son discours par la philosophe Blandine Kriegel, ex-mao déçue du socialisme, professeur ambitieuse à l’université Paris X-Nanterre, qui a consommé sa rupture avec la gauche en devenant conseillère de Jacques Chirac, ce qui l’a propulsée présidente du Haut Conseil à l’Intégration. Son mari, l’historien Alexandre Adler a lui aussi rallié l’étendard chiraquien et rejoint le groupe Figaro comme conseiller rédactionnel et éditorial.
Blandine Kriegel se justifierait ainsi : “dans une société démocratique il est normal que les universitaires, les intellectuels viennent à la décision et à l’action. Cela n’a rien de scandaleux”. On ne déniera pas effectivement le droit aux philosophes de venir à la décision et à l’action, ils l’ont toujours eu, et plus d’un philosophe s’est naguère illustré dans l’action. Il n’y a pas de scandale.
Les intellectuels ont aussi droit aussi à la bêtise, Blandine en est le vivant exemple.
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Aujourd’hui, j’ai reçu un courriel de Mathieu P. Il vient d’être nommé commandant du B. :
Ah, j’oubliais, je suis désormais Commandant de ce fier navire ! Ce n’est pas moi qui le dit, il suffit de lire les journaux (cf. “Le Marin” du 20 décembre) ! Mais je n’ai jamais cru les journaux !
Les journalistes sont des marrants.
J’ai appris également que Christophe K. était nommé second capitaine du trois-mâts goélette La Boudeuse pour un tour du monde de deux années.
Pour ma part, je commence à songer à mon petit programme de navigation 2003…
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La grande-mère maternelle de mon lapin, celle de Saint-Jovite, s’est éteinte, à 95 ans. Elle avait plus le goût. Parfois, les vieux, ils s’éteignent comme des chandelles arrivées à court de cire. Doucement, mais fatalement.
De fait, les chansons préparées pour la nuit de réveillon ne seront pas chantées et seront gardées pour l’année suivante.
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