Parce que j’y ai plein de souvenirs, parce c’est là que j’ai découvert mon premier ordinateur vers 1978 et que j’y ai passé tous mes mercredis et fins de semaine lorsque j’étais adolescent, parce que la Cité des Sciences ne joue pas dans la même catégorie, parce que c’est un lieu “magique” malgré son délabrement, parce que l’enseignement des sciences est essentiel, parce que je connais plusieurs personnes qui y ont trouvé leur vocation, je relaye avec ferveur :
Sauvons le Palais de la Découverte !
Et, non seulement il faut sauver, mais il faut enfin financer le Palais de la Découverte et lui donner un statut pérenne, une ambition renouvelée dans le sillage de celle de 1937.
Nous manquons en France d’un Jean Perrin contemporain. Et, quand on y songe, n’est-il plus beau nom de musée que celui de la découverte ?
Mais ce genre d’établissement ne plait pas à tout le monde et il y a des gens pour le voir disparaître.
La Société Mathématique de France, la Société Française de Physique et la Société Française de Chimie sont soucieuses des risques que pourrait représenter pour l’avenir du Palais de la Découverte une simple fusion avec la Cité des Sciences et de l’Industrie (CSI). Nos trois sociétés souhaitent par cette lettre commune vous apporter leur soutien.
Depuis sa création et jusqu’à ce jour, le Palais a su maintenir une qualité exceptionnelle de contact avec la communauté scientifique des sciences de base, dont nous nous faisons l’écho. Le dialogue avec nos chercheurs est présent depuis que le Palais a été créé aux cotés du futur CNRS. Les présentations d’expériences et les créations d’expositions en interne et itinérantes rendent bien compte de « la science en train de se faire ».
[…] Nous défendons fermement le fait que le Palais de la Découverte continue à fonctionner sur le site central et prestigieux qu’il occupe aujourd’hui. Nous affirmons que des moyens propres suffisants doivent lui être attribués, de façon à renforcer encore sa mission de mise en valeur des savoirs de base et leur diffusion auprès des jeunes et du grand public.
Nos trois sociétés affirment leur volonté de poursuivre leurs actions communes avec le Palais de la Découverte en y associant à l’occasion les sociétés savantes européennes.
[Société Française de Physique, Société Française de Chimie, Société Mathématique de France : lettre adressée à Monsieur Jack Guichard, Directeur du Palais de la Découverte.]
Le Haut Conseil de l’éducation va réfléchir à une nouvelle appellation des classes en élémentaire. Exit le CP, le CE1 ou encore le CM2 chers à notre enfance ? Le président du Haut Conseil de l’éducation, Bruno Racine, également président de la Bibliothèque nationale de France, a émis l’idée de changer l’appellation des classes du primaire. [Le Figaro : “Primaire, les noms des classes pourraient changer”.]
Changer les noms de classe, ça va tout changer… Voilà un grand chantier ambitieux pour l’Éducation nationale…
Lorsque j’étais à l’école, si mes souvenirs ne me trahissent pas, on ne parlait pas de CP, CE, CM… Soit, cela n’existait pas encore, soit, cela était-il réservé au langage technocratique. “Tu es dans quelle classe ?” “Je suis en 10e B”. C’était simple, neutre. À quoi bon chercher midi à quatorze heure ?
P.S. Un comparatif avec le système au Québec :
| France ancien système | France système actuel | Québec |
|---|---|---|
| 11e | CP | 1re |
| 10e | CE1 | 2nde |
| 9e | CE2 | 3e |
| 8e | CM1 | 4e |
| 7e | CM2 | 5e |
| 6e | 6e | 6e |
| 5e | 5e | 1re secondaire |
| 4e | 4e | 2e secondaire |
| 3e | 3e | 3e secondaire |
| 2nde | 2nde | 4e secondaire |
| 1re | 1re | 5e secondaire |
| Terminale | Terminale | 1re année de Cégep |
Le Cégep québécois (Collège d’enseignement général et professionnel) est une transition entre l’école secondaire et l’université. On y donne des cours généraux (philosophie, littérature, anglais, éducation physique, culture générale), et des cours de spécialisation à choisir (sciences de la nature, sciences humaines, arts et lettres). Le passage au Cégep dure deux ans.
Le passage au Cégep recouvre la terminale et la première année universitaire en France.
Pour ce qui concerne le lycée actuel (6e, 5e, etc.) et les anciennes dénominations du primaire (7e, 8e, etc.), je trouve qu’il est assez bizarre de faire le décompte des années à l’envers. On s’y fait vite mais je ne trouve pas que ce soit très facile à appréhender pour les jeunes enfants. Par exemple, lorsque j’étais en primaire, je me souviens que j’avais du mal à comprendre la dénomination des classes de lycée, lorsque j’en entendais parler (seconde avant première, puis terminale, qui se trouve hors décompte). Perso, je pense qu’un système de nom plus rationnel ne ferait pas de mal (pour une fois que je suis d’accord avec une mesure de l’Éducation nationale…).
Pour résumer en une phrase mon précédent commentaire, pour moi, le CP devrait s’appeler la 1re et la terminale devrait s’appeler la 12e.
On pourrait même continuer dans cette logique pour ce qui concerne les études supérieures (13e, 14e, etc. avec des dénominatifs de spécialités, bien entendu), ce qui permettrait à chacun d’y voir plus clair, à mon avis. Sus aux acronymes ! ;-)
On pourrait leur donner des noms faciles à retenir, comme ’Guy Moquet’…
@Ouinon : au Québec, c’est le système adopté, en primaire, on va de la 1re à la 6e. Dans le secondaire, on va de la “1re secondaire” à la “5e secondaire”. Je vais rajouter un tableau comparatif à mon billet.
Je me souviens avec émotion de mon père hurlant, lors de mon inscription en primaire, qu’il était honteux de voir que je n’étais pas sur les listes du CP12. Changer tous les 10 ans de dénomination de classe, franchement, face à toutes les réformes qu’il faut mettre en place et qui sont toutes ou presque urgentes [Sans rentrer dans certaines polémiques sur l’utilité de certaines revendications…], c’est… Comment dire. Indécent ?
Je continue, après avoir lu l’article lié (mieux vaut tard que jamais). Le haut Conseil de l’éducation ne souhaite changer que les noms de classes primaires mais pour ce qui concerne la suite, le fait de définir l’année du Bac comme la « terminale » marque cette année, d’un point de vue sémantique, comme un objectif ultime. Ce qui, d’une part, n’est plus le cas aujourd’hui ; et d’autre part, dévalorise les filières professionnelles que l’on peut choisir dès le collège. Pour s’adapter à ce nouveau contexte, pourquoi ne pas changer tous les noms ?
PS (tableau du billet vu juste avant de publier ce commentaire) : le système québécois me semble déjà plus logique ;-)
Ouinon : Ce qui, d’une part, n’est plus le cas aujourd’hui ; et d’autre part, dévalorise les filières professionnelles que l’on peut choisir dès le collège.
Dès le collège… mais à la fin de la 3e seulement, sauf dans le cas d’un pré-apprentissage (donc hors Education nationale) où il faut juste avoir 15 ans. La troisième est suivie en BEP de 1re BEP (ex-seconde professionnelle), terminale BEP (ex première BEP). Puis en bac pro de 1re bac pro, terminale bac pro. Mais le système de refonte du BEP-Bac pro en 3 ans va amener un alignement sur les années du lycée général et technologique. On parle très peu de cette réforme qui va laisser un grand nombre de jeunes sur le carreau. L’enseignement professionnel, cela n’intéresse personne dans les blogues ou les médias qui pensent.
En Belgique, il y a six années d’école primaire (de la 1re à la 6e) et 6 années d’école secondaire (également de la 1re à la 6e). Un enfant est donc en « 3e primaire », un adolescent en « 5e secondaire ». La dernière année est officieusement dénommée année de rhétorique ou simplement « rhéto ». Les élèves qui s’apprêtent à entrer à l’université sont donc des rhétoriciens. Ce pays a définitivement un charme suranné…
Changement des noms de classes au primaire, abandon des numéros de département sur les plaques d’immatriculation. Qui a dit qu’il n’y avait ni réforme ni rupture ?
PS : Au primaire, tu étais dans le public ou le privé ? Car ayant fait les deux, on parlait dans le public de CP-CE1-CE2-CM1-CM2 et dans le privé de CP-10e-9e-8e-7e.
Je propose Kinder, Mars, Nutella, Raider, Crunch, etc. pour les noms des niveaux :p
Le cours moyen est nommé ainsi parce qu’il précédait le cours primaire supérieur qui était réservé aux élèves ayant déjà passé leur certificat d’études primaires. En fait, ces appellations étaient propres à l’enseignement primaire qui était distinct du système des lycées. Un enfant pouvait suivre deux parcours différents sous la IIIe République, soit totalement dans le primaire depuis le cours préparatoire avec arrêt obligatoire de la scolarité à la fin du primaire supérieur (donc vers 14 ans au grand maximum), soit dans le système des petits lycées où il suivait les cours de la 11 e à la terminale. Celui qui était en 7e était assuré de passer en 6e, mais pas celui qui était en CM2, d’où l’examen de passage en 6e qui a été supprimé seulement en 74 selon mes souvenirs, après être devenu facultatif. Lorsque l’enseignement secondaire a été unifié à la suite de la réforme Haby, les CEG qui descendaient des anciens cours primaires supérieurs ont été fondus dans les CES, tandis que les petites classes des lycées ont été restituées à l’enseignement primaire (je passe sur l’étape intermédiaire entre les années 50 et 70 où il y avait trois filières différentes). Les dénominations différentes viennent du fait qu’il y avait deux types d’enseignement différents selon les classes sociales ; un élève pauvre, mais méritant, pouvait certes intégrer le secondaire où il rejoignait des camarades plus favorisés qui avaient pu faire toute leur scolarité déjà dans le cadre du lycée. Chacun des deux niveaux a conservé ses anciennes dénominations, d’où la fin en CM2 pour le primaire et le début en 6e pour le secondaire. Je vous passe les dénominations des classes de 6e (grammaire) à terminale (philosophie) qui avaient cours avant la fin du XIXe s.
@Eolas : j’étais dans le public.
Et j’ai devant les yeux un vieux cahier jaune “Ville de Paris - Fournitures scolaires gratuites” : “Cahier du jour - Classe de 10ème B - Laurent Gloaguen”.
N’oublie pas que tu es plus jeune que moi :-)
On a vraiment du temps à perdre. Les enfants n’en ont rien à foutre qu’ils soient en 10 ou en CE1. Ils ne savent même pas ce que ça veut dire. Si l’on pouvait s’attacher aux programmes plutôt qu’au nom. C’est encore un rideau de fumée…
@Eolas : ? j’ai fait 13 ans de privé catholique et /…/
pardon, j’ai vomi (à cause du mot “catholique”)
/…/ et ça a été CP CM1 etc… puis 6 5 4 … jusque Terminale.
Faudrait que Bruno Racine (un nom pareil quand on est président de la BNF, il faut quand même oser - mon préféré reste louis le Pensec, ministre de la mer sous Mauroy I bien que Cresson à l’agriculture, c’était assez terrible) ait vraiment rien à foutre de ces putains de journées, payé par le contribuable pour avoir des idées aussi connes et tenter de les mettre en branle. Et puis, c’est dans ses attributions ce genre de réflexion ?
D’ici à ce qu’on apprenne que le rapport finale a été rédigé par une certaine “XT, Paris V” pour 225 000 euros…
née en 48 j’ai vécu le CP…….CM2 et même classe du Certificat d’études. (retour en France sans le niveau nécessaire pour entrer en sixième). Et là, à l’époque et bien on pouvait reprendre une filière normale en passant par la 6 eme et la 5 ème d’accueil en un an et la quatrième et la troisième d’accueil (avec deux options, classique ou moderne) selon le même principe pour obtenir le fameux BEPC qui nous autorisait l’entrée au Lycée, le graal, la suprème récompense. Quelle période, quels profs, que de souvenirs. J’ai eu des profs de francais et de latin merveilleux…
On peut changer toutes les appelations que l’on veut, mais il vaudrait mieux privilégier les passerelles qui permettent de revenir dans les filières dites nobles. Ne laisser personne sur le bas-côté.
@xave. Et merde, c’est mon vieux con opus 2. de cette semaine. En effet ils ont changé de nom.
@Mich : t’as raison, qu’est-ce qu’on s’en tape !! Ce qui me fait juste gerber encore une fois, c’est qu’on va payer des gens, avec de l’argent public, pour faire des inutilités pareilles… Et à côté, on ferme 11200 postes…
@Dominique : petite rectif ;) après la 3ème c’est la seconde professionnelle (ex 1ere BEP), suivie de la terminale professionnelle (ex 2ème BEP) pour entrer en 1ere bac pro.
Mais de toute façon, on s’en fout aussi : les BEP, dans 2 ans, y’en a plus…
Pascale, en 3e on oriente en 2de professionnelle (opposée à 2de générale ou indifférenciée), mais elle se nomme 1re professionnelle en lycée professionnel ! Je le sais parce que j’y enseigne par hasard cette année et que j’ai des classes de ce niveau. La réforme du cycle BEP-Bac Pro en 3 ans (sauf dans certains cas) va encore foutre un peu plus le bordel dans ces dénominations déjà passablement à bazarder.
Samuel Laurent : “Steve Ballmer n’a pas une vie facile”.
Repris sur Embruns ? Je suis flatté…
Le pauvre…
Mais il se rattrapera en vacances : http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=107587&motcherche=octopus
Sinon, c’est dommage que le message passe mal.
Rudy Ricciotti est un architecte français, d’origine italienne, né en 1952 à Alger. On lui doit notamment le “Stadium” de Vitrolles. En 2000, l’État lui confie la restructuration de l’accueil du public (billeterie, salles d’expositions, circulations, etc.) à l’abbaye de Montmajour, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Au début de ce mois, il envoie cette lettre au Centre des Monuments Nationaux au sujet d’un nouveau marché concernant l’abbaye :
Monsieur,
En main votre marché de maîtrise d’œuvre du 13 février 2008.
Celui-ci présente les conditions suivantes :
[Longue liste de pénalités et d’engagements divers…]
Je veux bien admettre que ma gueule de voleur de poule et mon accent de bâtard méritent peu de considération, mais ce contrat scandaleux et méprisant n’incarne pas l’idée que je me fais de l’État, de la démocratie et de la culture. Je veux bien admettre que les pulsions fascistes et autoritaires puissent amener à ce délire psychopathe, paranoïaque et tortionnaire, mais je ne veux pas me faire enculer avec le sourire sardonique de la Joconde sans protester tout de même.
Par voie de conséquence, je vous prie de chercher le pigeon corvéable à merci, plumable à souhait, docile et sodomisable frontalement ailleurs que dans mon cabinet.
Je vous accolade cependant à la façon des commandos narines.
Je veux bien renoncer aux exorbitants vingt mille euros d’honoraires pour toute cette mission et ainsi ne rien signer et travailler gratuitement ce qui me reviendra moins cher.
Très respectueusement.
Rudy Ricciotti
Grand Prix National d’Architecture
Chevalier de la Légion d’Honneur
Officier des Arts et des Lettres
[Lofta+Playtime, agences d’architecture : “Tribute to Rudy Riccioti” — Merci Petites Phrases.]
C’est la technique de la pieuvre, envoyer un bon gros nuage d’encre dans la gueule du destinataire…
il a toujours eu de la classe et de la gueule ce type…mais là, c’est le TOP !!! chapeau bas…et milles respects !
Il parle à un fonctionnaire qui n’a fatalement qu’une notion très ésotérique de ce qu’est un compte d’exploitation… et il lui dit fort élégamment “va fan culo”. Rudy Riccioti vient de perdre un marché, mais avec quel panache!
En même temps on ne peut pas en vouloir aux serviteurs de l’État de veiller à la bonne gestion des deniers des contribuables.
Le style littéraire de ce monsieur est à la hauteur de ses créations. Vulgaire.
Un petit côté Cyrano de Bergerac, pas du meilleur goût certes, mais quel panache !
Rude boy, quand même, ce Rudy (oui, autant que ce soit moi qui la fasse).
Sinon, cher Maître, désolé de vous contredire, mais Rudy Ricciotti fait partie des quelques architectes vraiment intéressants qu’on trouve dans ce pays. Il n’a pas encore beaucoup construit en région parisienne, à part son intervention minimale sur les Grands Moulins de Paris, et la rénovation d’un collège à Saint Ouen, mais sa carrière a commencé tardivement.
Et plutôt qu’encore et toujours Wikipedia, un coup d’oeil sur son site (flash 8, fonctionne sans problème avec ma Fedora 8)
Mais qu’est-ce qu’il a donc contre la sodomie, ce type ?
Merci Eolas pour ce commentaire vraiment constructif, je ne trouve pas grand chose de vulgaire dans l’architecture de Riccioti pourriez vous développer un peu ? Ce qui est intéressant dans cette démarche c’est de faire parler, un peu, de la condition des architectes en France. Qui contrairement aux avocats ont toujours de gros problèmes à être reconnue en tant que professionnels compétent et se font baiser à longueur de contrat de plus en plus contraignant alors que les architectes sont très largement sous-payé (contrairement aux avocats, je l’ai déjà dit? et bah c’est pas grave). Et là on a l’exemple d’un architecte avec une certaine notoriété, on peut imaginer les contrats de la grande majorité des inconnues. Alors vulgaire peut-être mais ça fait du bien quand un architecte ouvre enfin sa gueule pour “dénoncer” des contrats souvent abusifs.
Rudy Ricciotti est effectivement un des grands, un des créateurs. Ce qu’il exprime, tous les fournisseurs de l’Etat (devrait-on dire les serviteurs externes ?) le vivent trop souvent. Clauses ahurissantes, démarches ubuesques, délais de paiement qui font peur…
Dans le batiment, cela tient souvent du ridicule. Parfois (souvent ?) les contentieux démarrent avant même les travaux, quand les gentils prestataires ont la force de pouvoir résister et se protéger de l’absurdité de la commande publique.
Il a presque la chance d’être un artiste, et d’ainsi pouvoir se permettre de s’allier ainsi du monde derrière son humeur. Si un chauffagiste, soumis aux mêmes absurdités gueulait de la sorte, je doute qu’il n’emmènerait derrière lui une vaste foule. Il a d’ailleurs raison de parler pour tous ces acteurs qui peinent face à un Etat qui, malgré son admirable président, peine à entrer dans des normes de fonctionnement vivables…
Pour avoir fréquenté de près ce milieu je dirais qu’il faut distinguer 2 types d’architectes (et de décorateurs). Il y a ceux celles et ceux qui bossent (dans l’ombre) comme des tarés en agence, souvent payés au minimum conventionnel, et qui subissent au quotidien la pression du boss et du client, lequel peut changer d’avis comme de chemise, c’est-à-dire 2 à 3 fois par jour. J’ai vu pas mal de nocturnes s’enchaîner juste pour satisfaire des impatiences d’adolescents, ou encore pour assurer une présentation-client inopinée, aussi je leur tire mon chapeau.
Puis il y a les boss, ceux qui ont réussi à se faire un vrai nom, et dont l’égo est pour beaucoup exacerbé. Ils sont à la fois chef d’entreprise, créateurs, vendeurs, relations publiques, et mènent des vies de fous. Ils sont très durs c’est vrai, mais c’est le “milieu” qui veut ça. autant le dire, soit tu es un prédateur soit tu te fais bouffer.
Pour ce qui est de Rudy Ricciotti , je ne pense pas qu’il ait pris ces marchés publics pour l’argent, car il pourrait et a sûrement dû gagner des sommes colossales dans le marché des particuliers (fortunés). Aussi tout le monde sait que l’Etat est un piètre payeur…
je pense que ce qui l’a opposé aux Monuments Nationaux tient surtout de l’égo. je sais que leurs exigences sont (souvent à juste titre) très pointilleuses, et lui n’a pas dû supporter de ne pas pouvoir donner libre cours à son esprit créatif, bref d’imposer son style. Sa lettre peut paraître vulgaire, mais elle est à mon avis à la hauteur des vexations qu’il a dû encaisser, qu’elles soient ou non justifiées.
Pour ce qui est de ses créations, et d’un point de vue extérieur je dirais comme Eolas qu’elles manquent cruellement d’élégance, et sont peut-être à l’image du créateur lui-même : carrées, froides, brutes et tortueuses. En revanche, il sait comment faire rentrer la lumière dans les espaces intérieurs, et ça j’apprécie plus.
Sinon il y a une autre chose qu’il faut crier haut et fort, c’est qu’en France nous possédons encore les meilleurs artisans du monde et quel que soit le domaine, ébénisterie, marqueterie, ferronnerie, peinture décorative, vitrerie, j’en passe et des meilleures…
Maitre Eolas, que vous parliez d’architecture, voilà qui est vulgaire, restez dans votre domaine, restez un bon avocat bien intègre et fan de rugby, c’est bien mieux pour l’histoire de l’architecture.
Maître Eolas a bien parlé.
GreG dit nimporte quoi : il reconnait que cet architecte fait de la merde : “… manquent cruellement d’élégance, et sont peut-être à l’image du créateur lui-même : carrées, froides, brutes et tortueuses. “
… et il dit avant cela : “leurs exigences sont (souvent à juste titre) très pointilleuses, et lui n’a pas dû supporter de ne pas pouvoir donner libre cours à son esprit créatif,”
Ben si ce qu’il fait est nul, l’esprit créatif de cet architecte, on s’assoit dessus.
@ la mouche du coche : Votre cerveau de mouche à merde vous ne vous a visiblement pas permis de “comprendre” mes propos dans lesquels il n’y a aucune contradiction.
D’abord je n’ai jamais écrit que cet architecte “faisait de la merde”, et qui serais-je d’ailleurs pour le prétendre ? Je n’ai fait que donner mon point de vue personnel, lequel n’engage que moi et ne tient pas lieu de vérité absolue. J’ai suffisamment de respect pour les artistes en général, quels qu’ils soient, pour ne pas leur porter de jugement de valeur. Chacun apprécie l’art à sa façon et de façon subjective, il y en a qui aime et d’autres pas, c’est comme ça. Par ailleurs, j’ai précisé que je n’aimais pas ses constructions “vues de l’extérieur”, mais que je pouvais apprécier certains de ses espaces intérieurs.
Pour ce qui est de l’esprit créatif, ne vous en déplaise, un architecte n’est pas qu’un technicien ou un maître d’oeuvre, c’est aussi un créateur, qu’on aime ou pas ce qu’il fait. Moi c’est sur votre connerie que je m’assoies…
J’vous fait pas la bzZzz hein.
Les Boss comme tu dis ça représente quoi? 1% des architectes et encore quant aux sommes colossales il faut me dire comment on fait parceque j’ai jamais vu.
La frustration vient du systeme de concours et des contrats qui arrive par la suite. Les budgets donnés sont à l’origine ridicule, une fois que tu t’es fais planter 3 fois par des projets qui dépassent 2 fois le budget tu commence à reflechir.
Si tu arrives à gagner un concours, la première clause du contrat est: en cas de dépassement du budget de plus de 5% tu as une diminution d’honoraire, et plus tu dépasse moins tu gagne, bien sur.
Qu’est ce qu’il faut faire? refuser d’entrer dans le jeux des concours public (dans le privé c’est pire). Accepter de travailler comme un taré pour gagner quasiment rien, pas facile comme question.
C’est pas une question d’égo, les architectes se font avoir depuis trop longtemps et j’aimerais qu’il y est plus de Riccioti pour en parler.
@ Cedric : Je ne connais pas vraiment les architectes qui réalisent des bâtiments publics, mais surtout des architectes et décorateurs d’intérieurs qui réalisent des demeures luxueuses, voire de vrais palais pour des clients fortunés. Comme tu le dis, ils ne représentent sûrement qu’à peine 1% de la masse, et sont souvent entourés par des dizaines d’assistants (archi et déco). D’ailleurs ces derniers tournent souvent dans les agences les plus renommées avant de se faire un nom, s’ils y arrivent, et il est clair que les boss n’ont pas toujours une bonne réputation humainement parlant…
Il y a juste un truc qui m’a échappé, c’est l’accolade façon commando narine.
S’agit-il d’un jeu de mot, ou d’une simple coquille ?
Demeures luxueuses ? Vrais palais ? Clients fortunés ? La villa que Rudy Ricciotti a construite dans un lotissement ordinaire sur les hauteurs de Toulon est-elle comprise dans le lot ? N’est-on pas une fois de plus en train de confondre l’architecture et la pâtisserie ornementale ?
En tous cas, l’abbaye de Montmajour est d’une ahurissante beauté. Je manque cruellement de Moyen Age dans ce pays un peu trop jeune. Quoique le mois dernier j’ai visité de magnifiques cloitres médiévaux et autres églises romanes a… New York. Avec le cloitre de St-Guilhem le Désert, juste a coté de chez moi. J’ai failli en chialer d’émotion.
@ Denys : Les termes que vous avez empruntés dans mon précédent commentaire concernaient des architectes et décorateurs d’intérieur que je connais, et disons au moins un pour lequel j’ai travaillé, mais il n’était pas du tout question de Rudy Riciotti.
@ Guillermito : Ici on a le cloître de Notre Dame, le cloître des Billettes rue des Archives…
Ce qui m’ennuie avec certains de ces architectes, c’est que ce n’est pas trop écolo-compatible, à l’heure où ça devrait être notre priorité.
juste une précision ( puisque la lettre est sur mon site) il s’agit d’une réponse à la PRM ( personne responsable des marchés) en l’occurence celui qui gere le dossier d’appel d’offre pour dans ce cas précis, les monuments nationaux. RR a donc passé la premiere etape de la sélection, et il a reçu le reglement qui lui donne les règles de l’acte d’engagement, qui sont donc on le voit intenables. Il n’est ici ni question de création, d’architecture, de liberté etc mais plutôt de rédaction purement administrative et paranoiaque visant à faire reposer toute la responsabilité des futurs problèmes à l’architecte par des rêgles mesquines et sans grandeur…La plupart des règlement d’appel d’offre publics intègrent de plus en plus de ce genre de pénalités en tout genre, qui permettent à l’organisateur de se dédouaner et de pouvoir dire a l’échelon supérieur: nous sommes bien protégés dans notre bunker administratif.
Je trouve que RR, même si le style est un peu cru et vulgaire, a la franchise de le dire, et son “pédigrée” et sa notoriété vont probablement permettre de faire évoluer la situation dans bien des marchés… Merci à lui donc,
Nils (que quelqu’un m’explique ce qu’est l’accolade façon commando marine j’aimerais tester ca avec des clients pénibles!)
La réponse de GreG à mon commentaire me passionne :
d’un coté il voit bien que ce que produisent ces architectes est mauvais; de l’autre il continue de leur vouer un culte très fort en les plaçant au firmament et en s’écrasant jusqu’à terre devant eux. Nous sommes dans le registre du religieux, que répondre à cela pour le convaincre ? Voilà ce qu’il nous faut trouver.
Nils Je trouve que RR, même si le style est un peu cru et vulgaire, a la franchise de le dire, et son “pédigrée” et sa notoriété vont probablement permettre de faire évoluer la situation dans bien des marchés.
Il suffit de le dire pour le croire. Où as-tu vu que Ricciotti a changé quoique ce soit dans ce milieu. Il est au contraire un pur produit du système : regarde le nombre de décorations qu’on lui a donné. Il ne va rien se passer fais-moi confiance.
@lamouche: pas compris de qui vous parlez ( “il leur voue un culte…”
N
@ La mouche du coche : Un rien suffit à vous faire fantasmer vous, et le mot “délirer” serait d’ailleurs plus approprié. Dans le doute, j’vais quand même croire que c’est de la provoc’ à deux balles, parce que j’ai du mal à imaginer qu’on puisse être aussi con…
@ Nils, je dis que GreG leur voue un culte quand il dit que les architectes sont des “créateurs” et qu’il ne se donne pas le droit de les juger. Car pourquoi ne le pourrait-il pas ? Pour qui construisent ces architectes si ce qu’ils font ne plait pas ? Il est normal que GreG soit furieux contre moi mais moi j’aimerais bien le convaincre !!! Comment faire ? :-(
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Oups Désolé pour la dernière phrase. Laurent, pourrais-tu la retirer ? merci d’avance.
Ce qui me turlipine, vraiment, c’est l’expression : l’accolade façon commandos de narine. Serait-ce une allusion quant à l’orientaion sexuelle de ce corps d’élite. Sinon rien de bien nouveau, quant au contenu des contrats de maîtrise d’œuvre, c’est de plus en plus ubuesque…
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1. Konal le 20 mai 2008
Ha la cité des sciences !
Que de nostalgie, des souvenirs de petit enfant ébahi devant toutes ces merveilles.
2. karl, La Grange le 20 mai 2008
Et moi donc… ah le Palais de la Découverte.
J’y ai de très nombreux souvenirs, accompagné de mes parents en solo ou en duo. Et puis aussi mon premier voyage à Paris, seul avec un copain (Je devais avoir 12 ans) pour aller voir une exposition au Palais de la Découverte, je ne me souviens plus du thème.
Le premier contact avec les ordinateurs s’est également réalisé au Palais de la Découverte. Les laboratoires et les démos en face du public que ce soit de chimie ou d’électromagnétisme étaient magiques et surement l’une des raisons pour mes études scientifiques. L’extase devant la beauté des modèles 3D en bois ou plâtre de courbes mathématiques.
Et puis… le planétarium.
Au risque de démarrer une polémiqu: Autant la Vilette, aka la Cité du m’as-tu vu, était superficielle, que le Palais de la Découverte était riche de contenus. (Oui, oui, j’assume mon titre de vieux con.)
3. Gus le 20 mai 2008
Péréniser, c’est privatiser. La ville de Paris, ou à la limite la Région est bien assez riche pour payer toute seule les musées d’intérêt de facto local.
4. authueil le 20 mai 2008
Je n’ai rien contre le principe du maintien d’une entité comme le palais de la découverte, qui joue un rôle complémentaire à la cité des sciences.
Ce qui m’énerve, c’est la position des personnels, qui savent que la structure doit évoluer, et qui pourtant, se braquent sur un “il ne faut rien changer”. Le tout en faisant passer la défense de leur position et de leurs intérêts pour la défense du service public
5. Off Topic le 20 mai 2008
Quand je pense à Laurende, je bande!
6. Monsieur Be le 20 mai 2008
évidemment, sauvons le musée de la découverte, le lieu ou j’ai pour la première fois versé de l’azote sur un caillou (supra) et l’ai vu leviter dans l’air, mais ne crachons pas non plus sur la cité des sciences, l’endroit ou pour la première fois de ma vie j’ai exposé une émulsion avec des lasers. Oui nos vocations de scientifiques viennent de la, de la découverte justement.
7. Olivier G. le 20 mai 2008
Il y a visiblement plus de monde pour sauver le palais de la découverte que pour demander au conseil d’état un décret sur l’accessibilité des sites web publics…
8. michel v le 20 mai 2008
Marre de lire des trucs comme « défense de leurs intérêts » comme si c’était socialement immoral de ne pas vouloir perdre sa situation professionnelle !
Aussi, copier-coller de mon commentaire sur le billet d’Autheuil :
« Ce qu’il faut voir au niveau RH dans ce déménagement, c’est que les fonctionnaires du Palais sont payés à la fois 1) au lance-pierre 2) à la prime.
La proposition de requalification en postes privés (même pas des CDI d’après ce que j’en sais) se fait sans prendre en compte la prime, ce qui pour beaucoup d’eux équivaut à une perte sèche de 20% du salaire net.
Vous accepteriez, au nom du bien commun, de perdre à la fois la sécurité de l’emploi pour laquelle vous aviez signé, ET 20% de vos revenus ? Le tout pour arriver sans perspective d’évolution dans une structure bâtarde au futur incertain ?
Permettez-moi de douter que quiconque ici réponde par l’affirmative à une proposition aussi peu engageante. »
9. authueil le 20 mai 2008
Michel, c’est malheureusement trop souvent le cas : les employés d’un structure regardent d’abord leur intérêt avant de voir celui de la structure. Si les deux sont contradictoires, ils choisissent en général leur intérêt personnel.
C’est humain, mais c’est aussi citoyen de le dénoncer lorsque cela se présente !
10. Franc belge le 20 mai 2008
Si les deux sont contradictoires, ils choisissent en général leur intérêt personnel.
Je trouve un peu immoral de reprocher aux gens de défendre leur propre intérêt. En particulier dans une entreprise privée (du genre “le Kapital qui mange des enfants”).
Mais quand ça concerne l’argent publique, j’ai moins de scrupules. Surtout que les structures publiques ont la fâcheuse habitude de faire du gras avec les années…
11. michel v le 20 mai 2008
@Gus : « Péréniser, c’est privatiser »
Allez dire ça au rail britannique, et on en reparle. :)
12. michel v le 20 mai 2008
(Quel SLOGAN prêt-à-penser quand même ! Qui a dit que la gauche avait le monopole des formules creuses à l’épreuve de la réalité ?)
13. Mehdi le 22 mai 2008
J’ai un super souvenir du simulateur de tornade ! Génial !
mehdi http://impertinence-mediatique.blogspot.com/
14. gilda le 22 mai 2008
Ma toute première connexion à l’internet c’était au Palais de la Découverte. J’étais déjà adulte, encore un peu jeune (ne sais plus la date exacte), j’imagine qu’à l’époque seuls les tout pionniers bloguaient. En entreprise alors nous n’avions pas encore de messagerie interne à moins que ses prémices, c’est dire.
Nous disposions chacun d’un temps restreint. J’en avais profité pour faire une recherche sur l’adresse d’une amie italienne perdue de vue et qui m’avait confirmé qu’elle n’avait pas déménagé mais que le nom de son époux ne figurait plus à côté du sien. Ainsi j’avais compris.
J’y retourne régulièrement, avec où sans le fiston (la grande n’a jamais été passionnée de sciences). Les expériences mises en scène nous ravissent. Le côté un peu “comme avant” fait partie du charme et le planétarium, s’il fait petit joueur à côté de celui exceptionnel de Stuttgart, est encore très très bien. En plus que c’est bon que quelque chose comme ça existe en bas des Champs.