journal de bord | janvier 2010 | 05

Accélérateur de particules [09 h 18]

[…] Il fut néanmoins proprement stupéfiant de voir, lundi en fin d’après-midi, la quasi-totalité des sites des médias les plus sérieux, reprendre sans le moindre conditionnel la thèse de la tentative de suicide, propagée par TF1. Une fois de plus, l’exemple montre comment une rumeur peut prendre corps dans un groupe humain (et le groupe humain des journalistes des dits sites n’est pas différent, finalement, de celui des braves bourgeois d’Orléans, qui crurent fermement, dans les années soixante, que les cabines d’essayage de certains magasins de prêt-à-porter de la ville amenaient directement certaines clientes à des bordels du Maghreb). […]

Ces phénomènes sont éternels. Qu’y change le Web ? À première vue, il en accélère la propagation, et… le dégonflement. Dans les années 80, la rumeur selon laquelle Isabelle Adjani aurait été atteinte du SIDA avait circulé souterrainement, des semaines durant, avant que Adjani ne vienne la tuer sur le plateau du 20 heures. S’agissant de Laura Smet, il n’aura fallu que quelques heures pour que la version officielle ne vienne concurrencer, environ à égalité, la thèse de la tentative de suicide. Au total, on peut considérer qu’on a gagné du temps.

Arrêt sur Images, Daniel Schneidermann : “Laura Smet, la rumeur acceléré”.

1. OlivierJ le 6 janvier 2010

Ça me fait plaisir de lire ça, je vais pouvoir envoyer ça à mon père (65 ans) qui me disait que les fausses informations avaient plus de place avec le Net. Finalement pas plus qu’avant, et c’était ce que je lui avais soutenu. Les fausses informations sont facile à vérifier. La crédulité des gens est malheureusement toujours la même.

Ou en tous cas si les gens de la génération de mon père créditent plus particulièrement ce qui vient du Net (courriels rebalancés surtout), ils apprendront à douter comme pour le reste.

Blah ?

Phrase du jour [09 h 32]

Car derrière les jambes écartées de Kelly Bochenko, n’oublions pas qu’il y a des emplois et des journalistes avec des cartes de presse.

Slate.fr, Quentin Girard : “Miss Paris est l’avenir du féminisme et de la presse”.

1. Xavier le 5 janvier 2010

Blah ?

Face à face [10 h 19]

Dans le contexte d’hyper-concentration médiatique dont le Québec est aujourd’hui victime, le seul antidote réaliste est de compter sur Quebecor pour éclairer les activités de Power, et sur La Presse pour suivre à la trace celles de Quebecor.

L’actualité.com, Jean-François Lisée : “Les Desmarais: un empire médiatico-bitumineux ?

Blah ?

Mort de Brad [11 h 49]

IT’S PETER’S FAULT: A year ago, "weblog" was hardly a common word, and then it was used to describe sites like this and this and this and this and this and this and this and this and you get the idea. Then the supremely urbane Peter Merholz decided it would be fun to pronounce "weblog" as "wee’blog" and I thought that was kind of cute. Then folks started truncating that to merely "blog" and — ugh! — it’s stuck! (The BradLands is, I suppose, roughly blog-like. In fact, if you kiss my blog, it becomes a handsome prince.)

So, now then. Where are we headed? Will personal publishing soon be described as being “as simple as falling off a blog”? Shall we see ultra-conservative gays start weblogs and dub themselves Blog Cabin Republicans? Track the tides with an Ebb Blog? Is blog- (or -blog) poised to become the prefix/suffix of the next century? Will we soon suffer from (and tire of) blogorreah? Despite its whimsical provenance, it’s an awkward, homely little word.

Goodbye, cyberspace! Hello, blogiverse! Blogosphere? Blogmos? (Carl Sagan: “Imagine billions and billions and billions of blogs.”)

Brad L. Graham : “Friday, September 10, 1999”.

Brad L. Graham, a theater publicist and social networking pioneer who is credited with coining the term “blogosphere,” has died. He was 41.

His body was found Monday at his home in the city’s Shaw Neighborhood. Although the time and the cause of death remain unknown, Graham seems to have died of natural causes, said Steven Woolf, artistic director of the Repertory Theatre of St. Louis. Graham was the theater’s longtime public relations manager. “We are all mystified,” Woolf said.

St. Louis Post-Dispatch, Judith Newmark: “Repertory Theatre’s Brad Graham dies”.

MetaTalk: “Remembering our friend Brad”.

1. Xavier le 5 janvier 2010

.

Blah ?

Respectons l’anglois ! [14 h 09]

Cette énième erreur, chez Ceteris Paribus, me fait bondir…

On ne dit pas un twit

Twit /tw’ɪt/ noun. A silly or foolish person.

Mais un tweet !

Tweet /tw’iːt/ noun. 1. The chirp of a small or young bird. 2. A micro-blog post on the Twitter social network site.

Un auteur de tweets est un twitterer ou tweeter.

Nul doute cependant que nombre de twitterers sont de parfaits twits.

1. Nicolas B. le 5 janvier 2010

Et le chantre du blogue et de blogueur en France (haaaa les vieux débat) ne nous propose pas un touite et touitteur ? nonparce que cette graphie en “wee” c’est pas très français !

2. Martine le 5 janvier 2010

Ça fait 10 ans et plus que les blogues existent et les gens disent encore: “j’aimerais que tu écrives un blogue sur X sujet.” (au lieu d’un billet). M’énerve.

Les humains, quels emmerdeurs.

3. Nicolas B. le 5 janvier 2010

Ah ça c’est canadien. Chez nous c’est un post et ce n’est pas mieux.

4. Laurent Gloaguen le 5 janvier 2010 Author Profile Page

@Nicolas B. : ma mauvaise foi a des limites. Touitteur ? Non, merci.

5. Damien B le 6 janvier 2010

Tweet c’est trop long, comme weblog. Je propose eet à la place, comme blog.

6. Karl, La Grange le 6 janvier 2010

Sérieusement avec les dernières initiatives de la toile sémantique parue au journal officiel, je propose gazouillis, gazouilleur, gazouiller. Et puis on pourra toujours parler de bouillie de gazouillis

7. âne le 6 janvier 2010

Couiner, Couineur, un Couine ?

8. Merrill le 6 janvier 2010

Et ne pas confondre les twits et les twats, mêmes si les deux sont un peu “cons” :D

Blah ?

Démocratisation de la rumeur [21 h 34]

C’est intéressant et ça vient en écho des mots de Daniel Schneidermann ce matin.

Mazarine était, en sont temps, un secret de polichinelle. Tous les journalistes politiques étaient au courant, personne ne l’ouvrait. De nos jours, les choses ont quelque peu évolué. Il existe une multitude de rumeurs du même type, qui s’échangent lors de dîners en ville, à propos d’une multitude d’hommes et de femmes politiques. De la mallette de billets aux histoires de fesses en passant par les comptes en Suisse, au final, rien de nouveau sous le soleil.

Mais parmi les polichinelles à partager les histoires sales de la République, se trouvent de plus en plus de blogeurs (influents ou pas), de spécialistes de l’internet, et contrairement aux journalistes, ceux-ci n’ont nul besoin d’une publication pour lancer des rumeurs.

Readwriteweb, Fabrice Epelboin : “Les politiques jouent avec le feu sur Twitter”.

Je nuancerai en ajoutant qu’il y a aussi de plus en plus de jeunes journalistes présents sur le Web qui ont une approche beaucoup plus décomplexée que leurs aînés, et qui diffusent via Twitter et autres ce qu’ils n’oseraient pas soumettre via des canaux plus traditionnels.

Et le respect poli dû aux institutions et à ses représentants a volé en éclats. Les dits représentants ayant largement leur part de responsabilité dans cet état de fait.

La rumeur n’est pas nouvelle, c’est la rapidité et l’ampleur de la diffusion qui ont changé. Comme pour beaucoup d’activités humaines avec Internet.

1. Hugues le 6 janvier 2010

Respectons aussi le françois alors : “en sont temps”, c’est pour caser le T de Twitter ? Je sais que c’est juste une citation d’un tiers, mais comme tu ne bondissais pas sur ce coup…

2. Karl, La Grange le 6 janvier 2010

Tous les journalistes politiques étaient au courant, personne ne l’ouvrait. De nos jours, les choses ont quelque peu évolué.

Qu’est-ce qui a changé ? Le Web est bien souvent une forme d’oralité, mais les gens y pensent comme un média écrit. Dans les cafés, les conversations, tout le monde parlait de ces rumeurs. La différence entre avant et maintenant est que nous n’étions pas au courant de l’ampleur du brouhaha. Il est maintenant visible à cause de la réduction d’opacité de nos communications.

3. Karl, La Grange le 6 janvier 2010

4. Laurent Gloaguen le 6 janvier 2010 Author Profile Page

@Karl : c’est vrai (visibilité de l’ampleur), mais l’exemple l’illustre mal. Dans les années 70-80, la connaissance de la rumeur Mazarine était circonscrite à certains cercles, relativement étanches à l’époque, ce n’était pas “tout le monde”.

@Hugues : clairement une faute d’inattention de l’auteur. J’aurai pu la corriger.

5. Fabrice le 6 janvier 2010

Arg… non, l’auteur est une brèle en orthographe… désolé…

6. des fraises et de la tendresse le 7 janvier 2010

Est-ce à dire qu’on saurait que Carla et Nicolas font chambre à part et qu’on ne nous le dirait pas? C’est proprement scandaleux.

“j’aurai pu la corriger” avec un s, c’est mieux.

Blah ?

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