Journal de bord

jeudi 28 février 2013

Embrace pessimism

Vivez vieux et heureux, soyez pessimistes.

A growing body of research has credited the power of positive thinking for contributing to good health and a longer, happier life. But a new study out of Germany suggests people who are pessimistic about their futures — specifically older people — may find greater life satisfaction down the road than their more optimistic peers.

“The optimists are those who basically close their eyes, shut their eyes and don’t really want to know about the truth” about the inevitable costs of aging and death, he said. “That’s how we interpreted this finding — that basically these things [pessimistic expectations] really help people to be aware that they need to be cautious.”

The longitudinal study, published this month in the American Psychological Association’s journal Psychology and Aging, set out to discover how anticipations about future life satisfaction change over time.

More than two-thirds of older Germans, aged 65 to 96, who thought life would only get worse actually had better health outcomes, said lead study author Frieder R. Lang, a professor at the University of Erlangen-Nuremberg and the German Institute for Economic Research.

“If you really think about the future in five years, understanding that although things are fine right now they might get worse, this seems to have a positive effect on lower disability risks and lower mortality risks,” he said in an interview Wednesday from Germany.

A pessimistic future forecast is often the more realistic one, he said. Older people, after all, see a narrowing future with physical and mental breakdown as well as death on the horizon. As such, thinking things will probably be bad could motivate people to take advantage of more social services, for example, or make investments that will ease the aging process, he said.

[…] While the findings may appear to fly in the face of positive psychology, it actually jives very well with it, Mr. Lang said.

“We think this is very consistent with our findings because five years later you find out that five years earlier you were a little too pessimistic and you are positive again,” he said. “Things may have gotten worse, but then you learn to understand how to interpret them positively. But then if you think about the next five years, things may not stay as good as they are today and so you keep struggling for the good things to keep up but you expect things could get worse.”

Wary that the findings not be misinterpreted, he added this: “There are already a lot of findings that being positive is actually positive,” he said. “In our study, we only add to it that being positive right now may not inform us well about the effects of how you think about the future.”

National Post, Sarah Boesveld: “Want a longer, happier life? Embrace pessimism, study says.”

1. Le 28 février 2013,
Krysalia

je trouve l’article hyper juste.

En tant que malade de longue durée, je suis pessimiste parce que mon avenir et ma santé le sont par nature. Pourtant je tombe systématiquement sur des gens qui voudraient me voir (et tous les gens dans mon cas avec moi) me mentir au sujet de mes chances, de mes risques etc. Ils se mentent eux même à ce sujet et traitent leur propre santé avec une grande légèreté, sans grand rapport avec les risques qu’ils prennent ou les chances qu’ils ont.

Au final, être prudente et pessimiste d’une façon générale m’a déjà protégée de choses auxquelles certains d’entre eux n’ont pas échappé pendant qu’ils se voilaient la face…

ça me fait penser à ces gens qui voudraient se lancer pour traverser une autoroute à pied, et se disent qu’il faut se persuader qu’il vont y arriver tandis qu’ils s’élancent les yeux bandés.

Si je devais vraiment traverser une telle zone de dangers (ce que je fais, en fait), je préfèrerais avoir les yeux grands ouverts et tenter de gagner mes chances d’une façon plus active que “advienne que pourra” :D. J’ai toujours pensé qu’une telle attitude me donnait un peu plus de chances d’influer sur mes actions d’une façon qui ferait pencher la balance, je suis ravie que cet article me me confirme :D.

Reste à ce que les “optimistes” forcenés, j’irais jusqu’à dire “terroristes”, cessent de se persuader que si finalement ils ont été touchés par le malheur, c’est de la faute des pessimistes :/… On me l’a sortie aussi souvent celle ci : si l’optimiste en question a eu des problèmes, c’est parce qu’il n’a pas su créer autour de lui un voile qui lui cachait la réalité d’une façon parfaite. Et s’il n’a pas réussi à faire ça c’est à cause du méchant cynisme et de l’existence même de gens entrain de douter. Et ces gens là, ce sont eux qui l’auraient rendu malade ou qui auraient influé sur le destin, surtout pas le hasard qui n’existe pas… (mais ouais oO.)

Blah ?

Instagramisation du photojournalisme

Gaza - Paul Hansen

Paul Hansen aime esthétiser la douleur et la mort.

Je me souviens de sa tragique image de Fabienne Cherisma, récompensée en 2011. Image qui avait déjà fait polémique dans le monde du photojournalisme… Paul Hansen est le spécialiste du genre.

Son cliché de Gaza, qui a gagné le concours “World Press Photo of the Year”, est de même nature. Mais je ne sais pas s’il faut accabler le photographe qui abuse en traitant ses fichiers RAW ou le jury qui couronne des images plus pour leurs qualités picturales qu’informatives.

Cette photo à la colorimétrie considérablement altérée et ces personnages cireux sont à mes yeux artificiels et désagréables.

Grâce à Google Images, j’ai trouvé une autre photo, plus “crue”, de cette manifestation funèbre :

Gaza - Naaman Omar

[Beit Lahiya, Gaza. 20 novembre 2012. Photo Naaman Omar, APA images. Via Electronic Intifada.]

Chez Sipa Press, d’autres photos de Naaman Omar.

Il y avait bien d’autres photographes, comme Mohamed Salem pour Reuters par exemple, pour saisir cette mise en scène médiatique à destination de l’opinion publique internationale. Car ce genre d’événement est créé et orchestré à destination des médias, c’est en substance de la propagande. Il s’agit d’offrir aux journalistes ce dont ils raffolent, de l’image forte.

Le bleu “Asociación del Fútbol Argentino” permet de mesurer l’ampleur de la dérive par rapport au réel :

Gaza paul hansen 2012 bleu

Pour l’essentiel, les couleurs perdent en vibrance et saturation et les contrastes sont accentués. Le “climat de l’image” est substantiellement transformé. Ce que pourrait faire un filtre Instagram.

Cette photo est juste “overprocessed”, Paul Hansen a franchi la ligne qui borde le champ du photojournalisme.

Les couleurs du réel ne satisfont plus. Il faut les sublimer, les trafiquer, leur donner une dimension pictorialiste, les rendre plaisantes à l’œil, les “glamouriser”. Nous sommes bien dans une “instagramisation” de la vision du monde dans les concours internationaux de photojournalisme.

Mais j’ai la solution ultime pour ne plus polémiquer sur les goûts et les couleurs, et enfin parler photo :

Gaza - Paul Hansen

Gaza - Naaman Omar

Sinon, je prédis que l’avenir du photojounalisme, c’est la Lomographie et iPhone/Instagram.

Pardon ? C’est déjà le cas ?

1. Le 28 février 2013,
Marie-Aude

Je me permets de désagréer respectueusement. Ou du moins en partie.

La transformation photographique du réel n’est pas incompatible avec le reportage. Les noirs et blancs incroyables d’Eugen Smith transforment bien plus encore la réalité que les coups de retraitement de Paul Hansen. Et pourtant, ces images ne trahissent pas la réalité, elles la servent au contraire, en mettant en évidence ce qui lui parait essentiel.

La photo de Paul Hansen est, en termes de cadrage, d’expressions, meilleure que celle de Naaman Omar que tu as choisie, et aussi des autres chez Sipa (mais je ne peux voir que des vignettes).

En revanche, ce qui est profondément choquant, sur ces photos, c’est que la post prod est un travail de goret. Entre les bouts de ciel pas retraités, au fond, et les aplats sur le visage, c’est assez effrayant.

Finalement, la question, c’est “quelle est l’information la plus importante ici” ? Le bleu du survêtement du père, ou l’impression ressentie face à ce cortège funèbre enserré dans une ruelle étroite et sûrement pouilleuse ?

(Bon j’espère qu’avec son prix, il s’offrira une sonde pour calibrer son écran de portable..=

2. Le 28 février 2013,
Anne Onyme

Ce qui me choque ce n’est pas le traitement, mais l’impression de HDR qui est en effet tue un peu la photo. Pour ce qui est des post-traitements, nous le faisions déjà sous l’agrandisseur.

Comme Marie-Aude, c’est pourquoi un prix pour ce travail de goret.

3. Le 1 mars 2013,
narvic

Voyons, Laurent, tu n’es tout de même pas tombé dans le piège si facilement? Nous voilà donc revenus au bon temps du (très vieux) débat photographie versus peinture : la photo est “vraie”, alors que la peinture est “fausse”.

Tu donnes pourtant toit-même les clés de cette histoire, mais tu n’en tires pas les conséquences.

La scène photographié est une mise en scène, dans un but de propagande politique. L’image la plus “vraie” n’est donc pas celle qui donne l’impression du reportage “pris sur le vif”, “dans le feu de l’action”. Cette image-là est une falsification.

En revanche, l’image retraitée s’affiche clairement pour ce qu’elle est: de la propagande. C’est cette image-ci qui ne ment pas, elle ne dissimule pas qu’elle est mise en scène, c’est celle-ci qui est la plus “vraie”.

;-)

4. Le 1 mars 2013,
redrag

@narvic: le photographe doit il d’être un des acteurs de cette propagande ?

Ce qui me perturbe dans cette photo (et surtout dans celle de Fabienne Cherisma), c’est cette esthétisation outrancière (qui va bien au delà d’un traitement simple). J’irais même jusqu’à penser qu’elle dessert l’objet même de la photo, ce n’est plus le fond, mais la forme qui la rend intéressante.

5. Le 1 mars 2013,
lolofoislolo

Tout à fait d’accord avec toi. L’effet est encore plus saisissant au festival de photojournalisme à Perpignan où je traîne une fois l’an afin de me renseigner sur la misère du monde. Elle est même dans la photo !

Blah ?

Hep, taxi !

D’une bande magnétique, un soupir lui échappe. Morceau de (ma) jeunesse. La forme de son corps ne voulait (plus) rien dire pour moi. Ses yeux sont fermés. Miroir.

C’est, c’était Paris 1984. Belle année !

Vous prenez un ange, vous lui brûlez les ailes, il a les bras noircis.

1. Le 1 mars 2013,
Christophe D.

Je ne peux m’empêcher d’écrire que Paris aurait pu être un chef d’œuvre si on y avait viré la guitare électrique (du coup, le morceau aurait pu commencer à la 43e seconde).

2. Le 1 mars 2013,
Denys

Je regrette de ne pas avoir été capable d’écrire la même chose.

3. Le 1 mars 2013,
lolofoislolo

La mort de DD m’a pas mal retournée comme si avec lui on enterrait définitivement les vraies années 80, celles de notre adolescence. “j’irai au paradis car c’est en enfer que j’ai gâché ma vie…” Te fais pas trop chier quand même Daniel …

Blah ?