Journal de bord

dimanche 10 novembre 2013

Fête de la police russe

Cette vidéo “Get Lucky” du chœur du ministère de l’Intérieur (Хор МВД) me fascine…

La chanson a été préparée pour les fêtes du Jour des employés du Ministère de l’Intérieur qui tombe aujourd’hui, le 10 novembre.

Ce matin, l’artiste saint-pétersbourgeois Petr Pavlensky (Петр Павленский) a cloué ses testicules dans le sol de la place Rouge, en face du mausolée de Lénine, pour dénoncer le “triomphe de l’État policier”.

Je me demande combien il y a de gays dans ce chœur… J’aime bien le soliste Artem (Артем Мельников).

Détail amusant, le général Victor Eliseev dit ne pas savoir comment cette vidéo s’est retrouvée sur YouTube avant le 10 novembre. Il y a des fuites au Ministère de l’Intérieur !

(Le MVD est un ensemble du ministère de l’Intérieur qui porte le titre honorifique de chœur de l’Armée rouge, titre qu’il partage avec le chœur Alexandrov du ministère de la Défense.)

1. Le 10 novembre 2013,
lolosquared

je croyais que George Freche était mort … Apparemment, il est chef d’orchestre en Russie we’re all up night to get lucky. me too. Des nouvelles de Samantdi ? Ses commentaires me manquent. Mais parle nous plutôt de ta chatte. épisode 31 ???

2. Le 10 novembre 2013,
Yogi

Ces gens sont prêts à tout … http://www.youtube.com/watch?v=_JalFRPx69w

3. Le 10 novembre 2013,
Laurent Gloaguen

OMG.

Blah ? Touitter !

La politique et le vide

L’élection de Denis Coderre à la mairie de Montréal fait douter toute personne intelligente du bon sens de la démocratie, tout comme la hausse de popularité du maire Rob Ford à Toronto.

Richard Bergeron, candidat malheureux, est un peu amer, on peut le comprendre :

[…] « Rarement dans ma vie ai-je mieux mesuré le vide… Je l’ai côtoyé toute la campagne. »

Il a cru à la victoire jusqu’à la toute fin. Il s’indigne quand je manifeste mon étonnement. « J’ai perdu par seulement six points, bien sûr que j’y croyais ! »

Le chef de Projet Montréal est fâché contre les médias. Les clichés répétés de reportage en analyse, des mois durant.

« Ça m’a pris toute une vie pour arriver à faire la synthèse de mes connaissances. J’ai réfléchi. J’ai écrit. Mais dès que j’ouvre la bouche, on me traite de dogmatique. Ah, celui qui est un parfait ignorant, lui, on le trouve modéré, raisonnable ! »

Cette campagne a été « l’apologie de l’ignorance », dit-il. Tous les médias sont « tombés dans le panneau ». Le charme de Mélanie Joly [candidate venue de nulle part sans politique claire] a hypnotisé Pierre Bruneau [animateur de télé, vedette de la chaîne privée TVA de Québecor] : « Il ne me voyait même plus ! Même Marie-France Bazzo [animatrice radio-télé plutôt de gauche] a été séduite… »

[…] Il n’a pas tant parlé de la campagne. Plutôt… de la ville.

« Je suis architecte et urbaniste, et un des désavantages, c’est que quand je passe devant le square Phillips, quand je vais sur René-Lévesque [boulevard qui fait large saignée dans le cœur de la ville], j’imagine ce que ça pourrait être, et ça me fait mal… »

Il me rappelle un jog [une course à pied] qu’on a fait ensemble le long du canal de Lachine, en 2009, et où il dessinait dans le vide avec ses mains tout ce que serait ce quartier. « C’est en train d’arriver. Pas parfaitement, mais ça arrive. » L’air de dire : ça commence par un rêve, la ville.

— Il y a plusieurs villes dans Montréal, certaines sont comme les banlieues…

— Ce n’est pas ça. On a dit que je voulais faire comme sur le Plateau [quartier central à la réputation de BoboLand] partout. J’ai dit : selon le caractère de chaque arrondissement. Denis Coderre se contentait de dire qu’il aime les autos…

« Le jour où la ville-centre jouera pleinement son rôle, les banlieues n’ont aucune chance. La banlieue est un modèle tellement absurde, destructeur d’énergie, de temps, de forêt, de territoires… En Europe, c’est inimaginable, ce qu’on fait ici. »

— Mais on n’est pas en Europe…

— Ah ! voilà la question : sommes-nous réellement en Amérique du Nord ? Ou plutôt : dans quelle proportion sommes-nous nord-américains ?

« Je regarde la frénésie de destruction de la ville dans les années 1970. Je me dis qu’on avait une telle inquiétude existentielle comme peuple, on voulait effacer toute trace de ce qu’on avait été, se montrer le plus américain possible… »

— Mais l’Ouest-de-l’Île n’est pas Rosemont…

— On peut y faire des quartiers autrement. Là, on veut détruire le dernier paysage agricole sur l’île à Pierrefonds pour en faire un champ de monster houses [ = McMansion] avec trois, quatre chars [voitures automobiles] dans l’entrée ! Le je-me-moi ! Y a des limites à l’étalage de l’opinion triomphante qu’on a de soi-même !

« On n’a plus le droit de développer nos villes comme on l’a fait. Comme Gilles Vaillancourt [ancien maire corrompu de Laval]. De détruire la beauté et la remplacer par la laideur infinie. De livrer la population pieds et poings liés aux intérêts pétroliers. »

— Vous blâmez les gens censés vous élire…

— Je ne les blâme pas, c’était à moi de les convaincre. J’ai échoué. Quand j’étais au ministère des Transports, je demandais parfois au sous-ministre pourquoi le ministre ne suivait jamais nos politiques. Invariablement, il me disait : « Le ministre juge que la population n’est pas prête. » Elle ne sera jamais prête si on ne propose rien !

[…]

La Presse, Yves Boisvert : “Richard Bergeron, “J’ai côtoyé le vide toute la campagne””.

(Plus je vieillis, plus je vois la politique comme un dégoûtant carnaval. Et approcher la politique et les mass-medias de trop près est une véritable école de cynisme.)

Image du jour

Ryuji Taira

Ryuji Taira 平竜二. Vicissitudes. Tirage platine-palladium sur papier gampi. 2004.

En parlant de papier japonais, le tirage sur washi de Tosa 土佐和紙 est des plus délicats… (fabrication artisanale de papier washi de Tosa dédié au tirage platine). Certains papiers washi peuvent faire seulement 3.5 g/m2.