Le doute

[Photo AFP/Kenzo Tribouillard.]
[…] Je suis né au milieu des années 60, d’un famille de la bourgeoisie parisienne. Baptème, école primaire chez les soeurs, première communion et profession de foi, collège chez les frères. Mariage à l’église. Mon besoin de spiritualité, cette recherche spirituelle que je revendique, a été naturellement encadré par la religion dans laquelle j’ai toujours baigné. Ma foi est catholique, parce que c’était évident que ça ne pouvait pas être autre chose, vu l’environnement.
[…] Mais ce silence ne peut plus durer, car il est pénible à vivre. En effet, la manifestation qui a lieu en ce moment même révèle à quel point mes coreligionnaires peuvent se montrer intolérants et rétrogrades, dans le cas présent en faisant preuve d’une homophobie qui ne dit pas (toujours) son nom.
J’ai de nombreux amis et collègues homosexuels. Je ne me sens pas le droit de leur interdire le mariage civil. Qui serais-je pour leur interdire cela ? De quel droit pourrais-je décider cela ? L’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme indique-t-elle que “Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits (sauf les homos)” ? Non.
Je crois au respect de l’autre quel que soit sa couleur de peau et son orientation sexuelle. C’est une valeur fondamentale pour moi, en tant que citoyen et en tant que croyant. Que d’autres, se revendiquant de la même religion, aient un réflexe de rejet, d’homophobie, une contraction morale, une telle attitude réactionnaire m’afflige et m’indigne au plus au point.
Être catho en 2012 n’était pas facile. En 2013, c’est devenu beaucoup plus difficile.
Et d’ailleurs, je me demande si je me reconnais désormais sous ce terme. En d’autres lieux, en d’autre temps, ma recherche spirituelle aurait pu s’orienter vers d’autres religions ou d’autres philosophies. Faut-il que je continue à m’accrocher au catholicisme ? J’y ai rencontré des personnes formidables, respectueuses de l’autre. Il serait fort dommage que les gens ordinaires qui vivent leur foi catholique sans bruit et de façon authentique et généreuse soient mis dans le même sac qu’un groupe bruyant animé par la peur et exprimant l’intolérance. Alors aujourd’hui, je suis toujours catho, juste encore un peu moins fier de l’être.
StandBlog : “Mon coming-out”.
Être catho, ce douloureux problème…
Tristan me semble très lucide sur le fait qu’être catholique est juste le fruit d’un conditionnement social et d’un enrégimentement précoce dans une structure autant coercitive qu’anachronique qui se veut monopolistique de la quête spirituelle. Le doute s’installant, je le vois bon candidat à l’apostasie et j’imagine qu’il y a mille façons de se vivre chrétien en dehors de la doctrine catho.
Le catholicisme est une version propriétaire d’un logiciel libre, le christianisme.
Désinstallation en cours…