Au Parti socialiste, les jeunes élus ruent dans les brancards. Le discrédit du parlement les inquiète, le délabrement de la vie politique aussi. Ils veulent rénover, mais sans claquer la porte du parti comme d’autres.
“C’est un ensemble, des comportements personnels, les affaires, l’image du parlement… les partis politiques qui ne jouent plus leur rôle comme apporteurs d’idées, mais davantage comme lieux de querelles, je crois que nous avons notre propre responsabilité de politiques, balayons devant notre porte, donnons une autre image. Et aussi, essayons de convaincre les citoyens, la presse, qu’il y a une démocratie et des institutions à faire respecter.”
Jouer explicitement ce jeu, c’est-à-dire pour le PS choisir son prochain premier secrétaire en pensant choisir du même coup son candidat présidentiel, c’est offrir un surcroît de chances à Ségolène Royal. Or le problème est que cette candidate avenante et charismatique n’a à l’évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu’elle postule. Elle représente une certitude de défaite, au prix en plus d’une très grave crise dans le Parti.
Personne d’autre n’est actuellement disponible. Il est essentiel que Delanoë s’occupe de Paris exclusivement et pour longtemps, il est acquis que Dominique Strauss-Kahn fait son métier à Washington et pour longtemps.
L’émergence d’un nouveau leader charismatique est possible, c’est même la solution la plus probable, mais il faut des années pour que le PS soit capable de définir et d’adopter un vrai projet social-démocrate qui supporte le discours et les mêmes années pour qu’émerge le meilleur avocat de ce discours. Telle est la situation de fait.
Michel Rocard : “Halte au meurtre”.
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