Journal de bord

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Populisme de gauche

Le député socialiste Yann Galut vient, ni plus ni moins, que de proposer de déchoir les exilés fiscaux de leur nationalité française. Oui, vous avez bien lu « déchéance de nationalité »… Moi, ça me rappelle des trucs, pas si anciens, qui m’ont laissé un sale arrière-goût dans la gorge. Je n’aurais jamais pensé que les socialistes puissent, aussi rapidement, tomber dans l’ornière du populisme à gros grain. Mettre ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy, utiliser les mêmes mots. C’est sidérant ! Que n’a-t-on pas entendu quand Sarkozy proposait une telle solution pour certains crimes !

Passons rapidement sur la non faisabilité technique et juridique de la chose. On ne peut pas créer des apatrides. Il faut donc que l’exilé fiscal ait une autre nationalité. C’est loin d’être le cas de tous les exilés fiscaux. […]

Ce qui est ahurissant, c’est que 6 mois après leur arrivée au pouvoir, des députés socialistes s’amusent, sans visiblement être désavoués par leur hiérarchie, à faire du buzz imbécile et populiste, à la Sarkozy. Aucune pudeur, aucune décence, surtout aucune mémoire. Le changement c’est maintenant… pas pour ça en tout cas !

Authueil : “Déchéance de nationalité”.

Une proposition particulièrement stupide. La “déchéance de nationalité” est contraire à l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sauf si la personne dispose déjà d’une autre nationalité. Ce principe est repris dans l’article 25 du Code civil français qui empêche la déchéance si le résultat est de rendre la personne apatride.

Marinière

Il me semblait bien que j’avais déjà vu cette image quelque part…

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg. Ministre du Redressement productif.

L’omniprésent Arnaud

Arnaud Montebourg, un nouveau Don Quichotte, ou un Hugo Chávez tricolore ?

La garce

Certains se souviendront de mon peu d’enthousiasme pour Ségolène Royal, que je voyais faire perdre la gauche dans des conditions gagnantes. Mais ce matin, elle me paraîtrait presque sympathique…

On cherchait un titre pour Valérie Trierweiler, première dame de France, première maîtresse… Dans un grand éclat de rire à découvrir la presse du jour, il m’est venu naturellement : “Oh, la garce !”.

Je ne sais plus quel petit con disait que “Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon”. On connaît désormais le défaut de François Hollande.

(J’ai retrouvé ce morceau de film mettant en scène Valérie Trierweiler et Ségolène Royal.)

Montréal socialiste

The riding is leaning Socialist, and it’s because of Montreal. As expected, the North American race is turning into a faceoff between left-leaning Montreal and right-leaning New York City. Dominique Strauss-Kahn, a prominent French socialist, probably did the most to sully the French Socialist brand in the U.S. after he was brought up on false rape charges involving a New York chamber maid last May. Nevertheless, with 50,000 registered voters — and an excellent voter turnout record — Montreal is routinely one of the most important non-European French electoral districts. After Quebecers voted 58% in favour of Socialist presidential candidate François Hollande, Quebec is expected to hand an easy victory to Ms. Narassiguin, a New York banker. In France, by the way, the terms “right wing” and “left wing” have literal connotations. In the French National Assembly, as per Revolutionary tradition, conservatives are asked to sit to the right while liberals, socialists — and the occasional communist — are asked to sit to the left.

National Post, Tristin Hopper: “Nine things you should know about the French election that treats Canada, and the rest of the world, as a province.

La machine à perdre

Sans même tenir compte des innombrables inimitiés que le style du président a suscité dans son propre camp, ni des affaires multiples qui empoisonnent l’atmosphère politique, les conditions semblent donc réunies pour que, en 2012, pour la première fois depuis 24 ans, la gauche gagne les élections présidentielles, et les législatives qui suivront. Et pourtant, il est vraisemblable qu’il n’en sera rien ; car la gauche a mis en place, une fois de plus, une de ces formidables machines à perdre, dont elle a le secret.

Jacques Attali - Lexpress : “La machine à perdre”.

Rénovation au PS

Au Parti socialiste, les jeunes élus ruent dans les brancards. Le discrédit du parlement les inquiète, le délabrement de la vie politique aussi. Ils veulent rénover, mais sans claquer la porte du parti comme d’autres.

“C’est un ensemble, des comportements personnels, les affaires, l’image du parlement… les partis politiques qui ne jouent plus leur rôle comme apporteurs d’idées, mais davantage comme lieux de querelles, je crois que nous avons notre propre responsabilité de politiques, balayons devant notre porte, donnons une autre image. Et aussi, essayons de convaincre les citoyens, la presse, qu’il y a une démocratie et des institutions à faire respecter.”

Conférence des réformateurs socialistes.

Certitude de défaite

Jouer explicitement ce jeu, c’est-à-dire pour le PS choisir son prochain premier secrétaire en pensant choisir du même coup son candidat présidentiel, c’est offrir un surcroît de chances à Ségolène Royal. Or le problème est que cette candidate avenante et charismatique n’a à l’évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu’elle postule. Elle représente une certitude de défaite, au prix en plus d’une très grave crise dans le Parti.

Personne d’autre n’est actuellement disponible. Il est essentiel que Delanoë s’occupe de Paris exclusivement et pour longtemps, il est acquis que Dominique Strauss-Kahn fait son métier à Washington et pour longtemps.

L’émergence d’un nouveau leader charismatique est possible, c’est même la solution la plus probable, mais il faut des années pour que le PS soit capable de définir et d’adopter un vrai projet social-démocrate qui supporte le discours et les mêmes années pour qu’émerge le meilleur avocat de ce discours. Telle est la situation de fait.

Michel Rocard : “Halte au meurtre”.