journal de bord | juin 2003

Première [lundi 2 juin 2003]

Demain midi, je déjeune avec un blogueur. Voilà une grande première. Allons-nous parler de blogues ?

PS privé. Mon lapin, c’est un blogueur hétérosexuel.

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Un nouveau joueb [lundi 2 juin 2003]

alor je sui l’ainé dune famille de 4 enfant g 17an (18 a la fin de lannée) mes paren on en meme pa 40 et oui il son assez jeunes .mé frere s appele respectivemen et par ordre darrivée Quentin 15 ans , Florian 10 an et Xavier 1 an.g plu de cousine ke de cousin (5 cousine pour 1 cousin ) ma mere a 1 frerre et une soeur et mon pere 1 soeur et un frere g tou mes gran parent encore en vie (et oui g de la chance sur se point).
g des amis dan toute la france.mé  mé preferé se trouve ché moi en ardeche .mes meilleure amies son 2 filles super genial ki se prenome Audrey et Marie .sinon ya oci Ludivine juste deriere et pleine d otres sinon coté copin ya antony yohan julien alban jonathan remy…
et coté amour sa na pa toujour été la joie pour moi mé c du passé ojourdui je doi etre lun des plu heureu des homme.
Boubou.

L’avenir de la langue ? À lire.

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Blogues nuls [lundi 2 juin 2003]

Si vous trouvez cela dans vos referrers :

http://www.navire.net/poubelle/blognuls.html

Allez donc voir par ici.

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Blogue en grève [mardi 3 juin 2003]

Voici un préavis de grève du blogue. Cette grève est reconductible d’heure en heure.

(Comme cela, les fonctionnaires n’auront pas aujourd’hui le privilège de la grève).

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Post-coitum [mardi 3 juin 2003]

Ca y est ! Je l’ai fait ! J’ai déjeuné avec un blogueur ! Un blondinet bronzé plutôt beau gosse et très charmant.

On a discuté de pas mal de choses, mais finalement assez peu de blogage. Comme je sais que vous êtes avides de détails salaces, je vais vous faire quelques révélations : il a commandé un rumsteak entre saignant et à point, et j’ai pris un tartare de boeuf ! Hmmm, c’était bon !

Bien sûr, je garde son identité sous le sceau du secret, mais les paris sont ouverts…

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Anniversaire [mardi 3 juin 2003]

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon lapin !

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Blogo-événement ? [mercredi 4 juin 2003]

Une adresse à surveiller dans les jours qui viennent : http://www.blogolist.com/.

Au moins, j’aurai grillé Mediatic sur ce coup là…

Strictement rien à voir : les filles (et les gais), allez voir par là, un blogueur nu.

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Bloguiversaire [mercredi 4 juin 2003]

Le lexicobloque continue sa route…

Nouvelle entrée :

Bloguiversaire
n. m. Jour où un blogue entre dans une nouvelle année d’existence. Peu de blogues atteignent leur premier bloguiversaire. Existe également sous la forme blogiversaire.

Les plus observateurs auront noté qu’il manque toujours une vraie définition pour blogue. Une future foire d’empoigne à prévoir.

Un grand merci à Emmanuel Clément grâce à qui le code source de ce lexique est sémantiquement plus adapté.

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Journée nationale [mercredi 4 juin 2003]

couple hockey sur glace

4 juin, journée nationale contre l’homophobie. Ce n’est pas demain que l’on verra ça en France…

PS. Pour ceux qui préfèrent les filles.

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Ke dl’amour ! [jeudi 5 juin 2003]

mon coeur ne bat ke pour elle , mon ames ne subsiste ke grace a elle , sans elle je ne sui plu rien le jour ou je lé rencontré mon coeur c embalé son sourire et telemen magnifik son visage est celui dun ange si la perfection existe alor c elle .

je feré nimporte koi pour elle ,je ne pouuré jamé lui montrer tou lamour ke je lui porte telemen il est gran je lé attendu je lé esperer et la voila mon coeur mon ange mon amour ma vie

JE T’AIME MON ARLINOUNETTE OJOURDUI DEMIN ET POUR TOUJOURS

boubourret

Désolé, je n’ai pas pu résister… Je sens que ce blogue joueb va devenir “culte”.

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Blogoscopie [jeudi 5 juin 2003]

Le lexicoblogue s’enrichit grâce à Mouche.

Nouvelle entrée :

Blogoscopie
n. f. Étude, enquête consacrée au phénomène du blogue. Description de la blogosphère basée sur des études statistiques et sociologiques.

Pas d’usage avéré pour l’instant. Adapté de l’anglais Blogoscopy.

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Blogosélectif [samedi 7 juin 2003]

J’ai revu ce matin ma blogoliste (blogroll pour Mouche et Steph). Mes liens sont classés en catégories qui vont de “toujours” à “occasionnellement” en passant par “régulièrement”. J’ai également mis à part dans “design & standards” des blogues que j’utilise souvent dans le cadre de mon travail. Il faut savoir que c’est ma blogoliste que j’utilise pour visiter les blogues de jour en jour (je n’utilise pas de signets ou d’agrégateur).

L’idée originelle, c’était d’avoir les blogues classés selon une péréquation entre leur fréquence de mise-à-jour et leur intérêt à mes yeux. De cette façon, si je n’ai le temps que pour regarder une dizaine de blogues, je prends les dix premiers en ayant la certitude d’avoir des choses fraîches et intéressantes à lire. C’est un classement par ordre de priorité à lire.

Hélas, cela ne fonctionne pas ! Pourquoi ? Parce que les blogueurs sont labiles, insconstants, fluctuants et irréguliers, autant dans la qualité que la quantité. Sans compter les vacances et les RTT… Ainsi, du 20 mai au 2 juin, rien chez Michel Dumais, nada, nothing, néant, électroencéphalogramme plat, blogue en état de mort cérébrale. Pareil chez Chryde, dont le Tatoo Happening me gave depuis le 28 mai. Sans compter les petits producteurs parcimonieux et erratiques comme Stéphane ou Sam.

Alors que faire ? Passer à l’agrégateur de nouvelles (mais tout le monde n’a pas de fil RSS) ?

C’est quoi la blogoliste idéale ?

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Blogosuicide [samedi 7 juin 2003]

Marysia Cywinska-Milonas nous rapporte l’histoire d’une jeune fille de 14 ans qui s’est suicidée le 3 mars. Cette jeune fille de Silésie (sud de la Pologne) avait un blogue. La mère de la disparue a demandé à l’hébergeur Blog.pl de supprimer le blogue, ce qu’elle a obtenu.

Cette histoire soulève encore une fois la question des traces que l’on laisse sur Internet. Mais surtout celle de l’irruption du réel le plus cru dans la blogosphère, et notamment dans la famille des diaristes.

L’Internet a parfois tendance à déréaliser les choses mais derrière tous ces blogues, il y a des êtres de chair et de sang, et cela, on l’oublie parfois.

Dans notre activité d’utilisateur d’Internet, nous côtoyons quotidiennement des dizaines de personnes aux quatre coins de la planète. Tâchons chaque jour d’éviter de sombrer dans l’indifférence, même si nous avons nous-mêmes notre poids à porter. Je pourrais vous citer deux ou trois blogues de personnes qui me font penser au profil de Michael. Des gens souvent brillants par ailleurs. Derrière ces pages, il y a des gens, de vraies gens, et on a parfois tendance à omettre cette dimension. Il y a des cris au secours qui se perdent dans l’océan numérique. Il y a Internet qui enregistre froidement tout cela. Et nous sommes là, seuls face à des détresses que l’on souhaiterait ignorer, on jette le regard de côté comme on le fait dans la rue pour le pauvre qui mendie. On s’habitue à la misère du monde, et l’on devient indifférent.
L’histoire ordinaire de Michael Benjamins

Billets à lire (ou à relire) :
L’histoire ordinaire de Michael Benjamins et La navrante et triste histoire de Brandon Carl Vedas.

PS. J’espère que tu as voté aujourd’hui Marysia. Bienvenue à la Pologne dans la Communauté européenne !

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Blogonécro [samedi 7 juin 2003]

J’ai la douleur de vous faire part de la disparition depuis le 16 avril (je mets du temps à réagir…) du blogue Petites bulles rouges de Grenadine. Dommage, un si joli nom…

Blogoréalité : un blogue, ça naît, ça vit, ça meure.

Et ça n’a rien à foutre des Cool URIs don’t change.

P.S. En parlant de cool URIs, même les apôtres des standards

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Publicité gratuite [samedi 7 juin 2003]

Vous êtes sous Windows et vous utilisez Internet Explorer ? Sachez qu’il y a beaucoup, beaucoup mieux pour surfer sur le Web : Firebird. Soyez de votre temps (et gagnez du temps), utilisez un navigateur du troisième millénaire.

Téléchargez tout de suite Firebird.

Les raisons pour lesquelles vous devriez passer au navigateur Mozilla Firebird.

Vous êtes sous Mac OS X. Petits veinards, non seulement vous pouvez aussi essayer Firebird, mais en plus vous avez déjà les excellents Camino (ex-Chimera) et Safari.

Vous êtes sous Mac OS X et vous persistez à utiliser le vieux Internet Explorer 5.2.2 ? Vous êtes vraiment désolant.

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Blogoboursicotage [samedi 7 juin 2003]

Je n’ai jamais rien compris au fonctionnement de Blogshares et je n’ai jamais eu trop l’envie de me pencher sur le sujet.

Tout ce que j’observe, c’est que ma cotation grimpe :

graph.png

Mais je découvre aussi, à ma grande surprise, que certains spéculent sur moi ! Dont un certain inconnu prénommé Yurk et le plus connu Merriadoc. Merci de votre confiance d’investisseur :-)

Il y a même MindSmasher qui possède 2500 parts de mon blogue ! Et Houssein 500 parts.

Si je vaux $ 112.58 la part, je suis allé voir du côté de mes petits camarades :
Jean-Luc : $ 1,930.31 (ouch!).
Emmanuelle : $ 616.57.
Karl : $ 318.47 .
Michel : $ 209.95.
Blork : $ 148.20.
Xavier : $ 27.85.
Dolores : $ 15.61.
Delphine : $ 3.74.
Maciej : $ 3.53.
Pierre : $ 1.51.
Martine : $ 1.00 (!).
Cédric : $ 0.36 (pas trouvé en français).
Édouard : Just Added. Not yet indexed. Not available to trade.
Georges : $ 0.00 (pas trouvé).

Le marché me laisse franchement perplexe… Moi qui croyait avoir trouvé une solution pour ma blogoliste

PS. Mais bon, vous savez que je ne suis définitivement pas un libertarien.

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Déprimant Cosmos [samedi 7 juin 2003]

Déprimant Cosmos

Ranked by Blog authority (Rank by freshness)

1: Merde in France 142 inbound blogs, 164 inbound links (Last updated 1 day 17 hours 23 minutes ago)
Aujourd’hui est la journée nationale contre l’homophobie au Canada (le Consulat Général de la France au Québec y participe). Alors, pourquoi les
(Link created 2 days 17 hours 35 minutes ago) (Cosmos)

2: Merde in France 142 inbound blogs, 164 inbound links (Last updated 1 day 17 hours 23 minutes ago)
via Dispatch Emmanuelle Entre Nous Expat Egghead Fainting in Coyles Running w/Scissors Thimble Full of Thorns Verbero Iran: Iranian Girl Iraq/Irak: Where is Raed? The Looking Glass/Pays des Merveilles: Very Very Happy La Troïka: Les Autres Carion.org Navire.net Important:
(Link created 57 days 4 hours ago) (Cosmos)

3: Merde in France 142 inbound blogs, 164 inbound links (Last updated 1 day 17 hours 23 minutes ago)
kets. The high euro is happening at just the wrong time for the French and German economies. Far be it from me to suggest that a little benign neglect is just the first phase of punishment directed at the German and French economies. Note that UK, US, and Polish exports are now favored.
(Link created 10 days 20 hours 48 minutes ago) (Cosmos)

4: Merde in France 142 inbound blogs, 164 inbound links (Last updated 1 day 17 hours 23 minutes ago)
drais pas suggérer, loin s’en faut, qu’un peu de douce insouciance de la part des autorités monétaires amércaines n’est que le premier phase des punitions dirigées contre les économies allemande et française. A présent, ce sont les exportations US, UK, et polonaises qui sont favorisées.
(Link created 10 days 20 hours 48 minutes ago) (Cosmos)

5: Merde in France 142 inbound blogs, 164 inbound links (Last updated 1 day 17 hours 23 minutes ago)
Today is a National Day Againt Homophobia in Canada (The French Consulate in Quebec is participating). So how come the truly
(Link created 2 days 17 hours 35 minutes ago) (Cosmos)

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Coniglio Romano [samedi 7 juin 2003]

Bon, je blogue beaucoup aujourd’hui, mais mon lapin est parti quelques jours à Rome, alors le blogage sert de substitut.

PS. Vous-autres de la blogosphère, estimez-vous heureux que j’aie un lapin que j’aime, sinon vous seriez submergés par ma production.

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Chronique d’une mort annoncée [samedi 7 juin 2003]

Etat de votre espace disque

Espace total disponible :
80 Mo

Espace utilisé :
19472 Ko (19.02 Mo) (23.77%)

Espace restant :
62448 Ko (60.98 Mo)

Dans 76,23 %, j’arrête.

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François Huber, Nouvelles observations sur les abeilles [samedi 7 juin 2003]

Je possède l’édition originale des Nouvelles observations sur les abeilles adressées à M. Charles Bonnet par François Huber, à Genève, chez Barde, Manget & compagnie, Imprimeurs-Libraires. 1792. [368 pages + errata + 2 planches].

Je sais que ce livre est assez précieux pour les amateurs, aussi, j’en fait don gracieux à la première bibliothèque nationale (ou tout autre organisme public, de n’importe quel pays, prêt à en assurer la préservation pour les générations futures) qui se manifestera auprès de moi et qui me trouvera au gré d’un moteur de recherche.

Mots clés : François Huber, Charles Bonnet, François Burnens, Genève, abeille, abeilles, Apiarian Science, apiculture, 1792, hyménoptères, apoïdes, halictidés, andrénidés, mégachilidés, xylocopidés, halictes, apidés, méliponidés, Suisse, aveugle.

PS. Et oui, un blogue, cela peut servir aussi à ça.

PS. bis. Il faudra à l’occasion que je vous raconte la formidable aventure de François Huber, scientifique suisse, qui est à la base de l’étude sur les abeilles tout en étant aveugle.

Je vous cite la préface [orthographe en français contemporain par mes soins] :

“En publiant mes observations sur les abeilles, je ne dissimulerai point que ce n’est pas de mes propres yeux que je les ai faites. Par une suite d’accidents malheureux, je suis devenu aveugle dans ma première jeunesse [23 ans] ; mais j’aimais les sciences, & je n’en perdis pas le goût en perdant l’organe de la vue. Je me fis lire les meilleurs ouvrages sur la physique & sur l’histoire naturelle : j’avais pour lecteur un domestique (François Burnens né dans le Pays-de-Vaud) qui s’intéressait singulièrement à tout ce qu’il me lisait : je jugeai assez vite par les réflexions sur nos lectures, & par les conséquences qu’il fallait en tirer, qu’il les comprenait aussi bien que moi, & qu’il était né avec les talents d’un observateur. Ce n’est pas le premier exemple d’un homme, qui, sans éducation, sans fortune, & dans les circonstances les plus défavorables, ait été appelé par la nature seule à devenir naturaliste. Je résolus de cultiver son talent & de m’en servir un jour pour les observations que je projetais : dans ce but, je lui fis répéter d’abord quelques-unes des expériences les plus simples de la physique ; il les exécuta avec beaucoup d’adresse & d’intelligence ; il passa ensuite à des combinaisons plus difficiles. Je ne possédais pas alors beaucoup d’instruments, mais il savait les perfectionner, les appliquer à de nouveaux usages, & lorsque cela devenait nécessaire, il faisait lui-même les machines dont nous avions besoin. Dans ces diverses occupations, le goût qu’il avait pour les sciences devint bientôt une véritable passion, & je n’hésitai plus à lui donner toute ma confiance, parfaitement assuré de voir bien en voyant pas ses yeux.

La suite de mes lectures m’ayant conduit aux beaux mémoire de M. de Réaumur sur les abeilles, je trouvai dans cet ouvrage un si beau plan d’expériences, des observations faites avec tant d’art, une logique si sage, que je résolus d’étudier particulièrement ce célèbre auteur, pour nous former mon lecteur & moi à son école, dans l’art si difficile d’observer la nature. Nous commençâmes à suivre les abeilles dans des ruches vitrées, nous répétâmes toutes les expériences de M. de Réaumur, & nous obtînmes exactement les mêmes résultats, lorsque nous employâmes les mêmes procédés. Cet accord de nos observations avec les siennes me fit un extrême plaisir, parce qu’il me donnait la preuve que je pouvais m’en rapporter absolument aux yeux de mon élève. Enhardis par ce premier essai, nous tentâmes de faire sur les abeilles des expériences entièrement neuves ; nous imaginâmes diverses constructions de ruches auxquelles on n’avait point encore pensé, & qui présentaient de grands avantages, & nous eûmes le bonheur de découvrir des faits remarquables qui avaient échappé aux Swammerdam, aux Réaumur & aux Bonnet. Ce sont des faits que je publie dans cet écrit : il n’en est aucun que nous n’ayons vu & revu plusieurs fois, pendant le cours de huit années que nous nous sommes occupés de rechercher sur les abeilles.

On ne peut se faire une juste idée de la patience & de l’adresse avec lesquelles mon lecteur a exécuté les expériences que je vais décrire : il lui est arrivé souvent de suivre pendant 24 heures, sans se permettre aucune distraction, sans prendre ni repos ni nourriture, de suivre, dis-je, quelques abeilles ouvrières de nos ruches, que nous avions lieu de croire fécondes, afin de les surprendre au moment où elles pondraient des oeufs. D’autres fois, lorsqu’il nous importait d’examiner toutes les mouches qui habitaient la ruche, il ne recourait pas à l’opération du bain, qui est si simple & si facile, parce qu’il avait aperçu que le séjour dans l’eau défigure les abeilles jusqu’à un certain point, & ne me permet plus de reconnaître les petites différences de conformation que nous voulions constater ; mais il prenait entre ses doigts, une à une, toutes les abeilles, et les examinait avec attention sans redouter leur colère : il est vrai qu’il avait acquis une telle dextérité, qu’il évitait pour l’ordinaire les coups d’aiguillon ; mais il n’était pas toujours aussi heureux, & lors même qu’il était piqué, il continuait son examen avec la tranquillité la plus parfaite. Je me reprochais fréquemment de mettre son courage & sa patience à une telle épreuve, mais il s’intéressait aussi vivement que moi au succès de nos expériences, & dans l’extrême désir qu’il avait d’en connaître les résultats, il comptait pour rien la peine, la fatigue & les douleurs passagères des piqûres. Si donc il y a quelque mérite dans nos découvertes, j’en dois partager l’honneur avec lui ; & c’est une grande satisfaction de lui assurer cette récompense, en lui rendant publiquement justice.

Tel est le récit fidèle des circonstances dans lesquelles je me suis trouvé : je ne me cache point que j’ai beaucoup à faire pour gagner la confiance des naturalistes ; mais pour être plus sûr de l’obtenir, je me permettrai ici un léger mouvement d’amour-propre. J’ai communiqué successivement à Mr. C. Bonnet mes principales observations sur les abeilles, il les a trouvées bonnes, il m’a exhorté lui-même à les publier, & c’est avec sa permission que je les fais paraître sous ses auspices. Ce témoignage de son approbation est si glorieux pour moi, que je n’ai pas pu me refuser au plaisir d’en informer mes lecteurs.

Je ne demande point qu’on me croie uniquement sur ma parole : je ne raconterai nos expériences & les précautions que nous avons prises : je détaillerai si exactement les procédés que nous avons employés, que tous les observateurs pourront répéter ces expériences, & si alors, comme je n’en doute point, ils obtiennent les mêmes résultats que moi, j’aurai cette consolation, que la perte de ma vue ne m’aura pas rendu tout-à-fait inutile au progrès de l’Histoire Naturelle.”

PS. Sûr que la Grande Rousse ne restera pas insensible à cette belle langue du XVIIIe siècle… Si tous les blogues parlaient de même…

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Pisser dans un violon… [samedi 7 juin 2003]

C’est parfois l’impression que je me fais en bloguant. Et vous ?

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Excuses publiques [dimanche 8 juin 2003]

Toutes mes excuses à Sam Latchman, que j’estime beaucoup, qui a mal pris le fait que je cite son carnet Web comme étant celui d’un “petit producteur parcimonieux et erratique”.

Je souhaitais juste mettre en relief dans cette formule le fait que Sam nous délivre ses billets avec une certaine parcimonie (6 billets pour le mois de mai) et que nous nous aimerions l’entendre plus souvent.

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Mise au point [lundi 9 juin 2003]

Mon bouboui en face de mon bureau n’a rien à voir avec un Flunch et je fais partie du club très élitiste des “chouchous” de la succursale du Maxim’s de mon cher ami Pierre.

Et la petite pipe avec lui n’est pas une image au figuré. (Hélas ?)

PS. Je ne savais pas que tu rencontrais la coureuse de caleçons (la fille qui boit pas mal beaucoup) le soir même et je suis navré que cette journée fut assombrie par quelque bisbille avec ta douce et tendre.

PS bis. Continue à bloguer, sinon que deviendra notre troïka ? Le oui-qui n’empêche pas l’autre.

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Franco-américain [lundi 9 juin 2003]

Il y a peu d’endroits sur terre actuellement aussi ouvertement anti-américains que la France. Les américains devraient se résigner au fait qu’ils sont détestés ici. Point barre. [MIF]

Que non, les français savent séparer le bon grain de l’ivraie et notre histoire témoigne du fait que nous avons accueilli bien des américains qui n’étaient pas en phase avec l’idéologie dominante de leur patrie. Nous savons même faire triomphe à des cinéastes juifs, intellectuels et new-yorkais (trois tares indélébiles pour l’américain moyen).

À titre personnel, je me souviens d’un avocat de Boston qui enculait comme un Dieu, mais bon, là, je m’égare.

Les amitiés franco-américaines n’ont jamais été aussi fortes et j’ai plaisir à lire des américains comme Sale Bête et Maciej.

[Passage de très mauvaise humeur supprimé].

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Britain in Europe [lundi 9 juin 2003]

Et oui, il existe des Britanniques pour l’adhésion à la monnaie unique : Britain in Europe. Sans surprise, on trouvera dans la liste des généreux donateurs le gratin des entreprises : Alstom UK, BAE, British Telecommunications, Ford Motor, Kimberly-Clark, Kellogg’s, Nestle, Philips Electronics, PricewaterhouseCoopers, Unilever, Xerox.

Curieusement, l’organisation qui s’oppose à l’euro, No-euro.com, ne publie pas la liste de ses généreux donateurs.

Enfin, à l’autre extrémité de l’Europe, 77,44 % des électeurs polonais sur les 58,82 % qui se sont déplacés pour voter ont mis un bulletin “oui” dans l’urne. “C’est aussi une bonne nouvelle pour l’Europe : un peuple grand et ambitieux rejoint l’Union européenne” a déclaré le président Alexandre Kwasniewski.

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Révérence [mardi 10 juin 2003]

279 billets et il tire sa révérence… One, Archie St. baisse le rideau.

Blogoréalité : un blogue, ça naît, ça vit, ça meure.

À bientôt, Stéphane Élie.

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Blogopause [mercredi 11 juin 2003]

Trop de boulot ! Plus les grèves qui perturbent tout. Zut alors.

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Vive la France [jeudi 12 juin 2003]

Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie “Vive la France”, les Allemands qui m’exécutent, et je crie “Vive le peuple allemand et l’Allemagne de demain”.
Guido Brancadoro, 30 avril 1942 - fusillé à l’âge de 21 ans.

La Vie à en mourir : Lettres de fusillés, 1941-1944, Taillandier (ISBN : 2847340793). 130 lettres de résistants fusillés, un livre à lire, découvert chez Matoo.

Ces lettres de la dernière heure constituent un acte de résistance. Elles sont destinées à être lues, répétées, au sein de la famille, et dans un cercle plus large. Ces hommes se tiennent debout, sans regrets, face à la mort. Ils redisent inlassablement leur amour à ceux qui resteront. Ceux-là, surtout, les préoccupent : de quoi vivra leur femme, leurs enfants feront-ils de bonnes études, trouveront-ils un bon métier ? Ils parlent philosophie, foi, sacrifice, ils apprivoisent la mort. Souvent, ils nous étonnent. Fertet, un gamin fusillé à Besançon, répartit bouquins et soldats de plomb. Beck, un communiste polonais, s’étend sur l’ordonnancement posthume de son jardin. À quelques heures du trépas, ces combattants de la liberté livrent une inoubliable leçon de ténacité, de courage, de dignité.
[Présentation de l’éditeur].

Lettre de Joseph Epstein à sa femme et à son fils. “Ma petite Paula bien-aimée, Fidèle jusqu’au dernier souffle à mon idéal, cet après-midi à15 heures, je tomberai fusillé. Je te laisse seule avec notre petit garçon chéri. Je ne pense qu’à vous deux. Je vous aime tellement, je t’aime tellement, ma petite chérie. Je te demande pardon de tout le mal que j’ai pu te faire. Tu m’as donné tellement de bonheur.” (…)

Des voix. Plus d’une centaine de voix arrachées à l’oubli. Moins des cris que des appels. Appel à l’espérance, à la fraternité. Des regrets, bien sûr, de laisser ceux qu’on aime dans la peine et l’insécurité, mais de remords aucun.

En présentant cette copieuse et intelligente anthologie d’adresses “d’outre-tombe et d’outre fosses communes” , François Marcot, professeur à l’université de Besançon et conseiller historique du Musée de la Résistance et de la déportation de la ville, pose crûment la seule question qui vaille devant le sacrifice de ces anonymes - la notoriété de Gabriel Péri, Guy Môquet ou Honoré d’Estienne d’Orves ne contrebalançant pas le poids des victimes restées dans l’ombre : “Qu’avons-nous fait de leur idéal de solidarité ? Quelle signification avons-nous donnée à leur mort ?”

(…)

La diversité des cas retenus, l’intelligence du dispositif (la lettre, telle quelle, puis une brève notice explicative pour que l’émotion, intacte, n’ait pas le dernier mot, piège d’une compassion qui dispense souvent de l’analyse), la qualité des annexes, tout concourt, à force de sobriété et d’efficacité simple, à faire de ce recueil un grand livre. A lire pour rendre à ces martyrs leur voix propres, débarrassées des interprétations postérieures. Avec les mots de leur engagement, ceux de leur passion, de leur rage et de leur générosité. Nulle recomposition. Aucune reformulation. Même l’orthographe originale a été conservée (ce qu’un bref cahier d’illustrations, émouvant en cela même qu’il donne à voir la matérialité de la dernière trace, permet de confirmer).

Et on ne sourit pas lorsqu’on lit la lettre du fondeur Jean-Pierre Timbaud, ouvrier syndiqué et militant communiste qui ne fut quasiment pas scolarisé, à sa femme et à sa fille : “Toute ma vie jais combattue pour une humanité mailleure jais le grandes confiance que vous verait realise mon rêve ma mort aura servie a quelque choses mai derniere pensée serront tout d abord a vous deux mes deux amours de ma vie et puis au grand ideau de ma vie. Au revoire me deux chere amours de ma vi du courage vous me le juré vive la France vive le proletariat international.”

[Le Monde, 9 mai 2003.]

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Blogodysfonctionnel [vendredi 13 juin 2003]

“L’œil de Mouche est passé sur Dano, et depuis je peux écrire, publier mais vous ne voyez rien.” Delphine.

Delphine a inventé le blogue super intime, elle publie mais personne ne peut la lire. Ça me fait penser à ces petits carnets de jeunes filles, couleur rose Barbie, avec un petit cadenas bidon sur la couverture… Le seul soucis, c’est que Delphine n’a plus la clef…

Je n’hésite pas à re-publier son merveilleux billet (oulipien ?) :

archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives archives

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On ne se lève pas tous pour Dano… Heureusement la Mouche a plus d’un blogue à son arc…

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The Death of France [samedi 14 juin 2003]

“La notion de la fin de la France n’est pas, en aucun cas, une idée absurde. Au contraire, c’est une notion de plus en plus plausible — ou encore, selon certains, déjà une réalité en cours. La présence d’une énorme et grandissante population musulmane en France a fondamentalement altéré l’identité nationale. Antiaméricanisme et antisémitisme sont devenus endémiques, et la France fait le choix de l’islamisation et de l’amitié avec les dictateurs arabes sur celle avec l’Amérique et Israël.” Jamie Glazov, 9 juin 2003. FrontPageMagazine.com. Via Netlex.

Mais où vivent ces Américains ? Dans leurs fantasmes ou dans la réalité ? Ont-ils déjà mis le pied en France ? Qui sont ces Juifs américains qui écrivent comme Jean-Marie Le Pen ? Imaginez :

“La notion de la fin de la France n’est pas, en aucun cas, une idée absurde. Au contraire, c’est une notion de plus en plus plausible — ou encore, selon certains, déjà une réalité en cours. La présence d’une énorme et grandissante population musulmane en France a fondamentalement altéré l’identité nationale.” Jean-Marie Le Pen, 9 juin 2003. National Hebdo.

Étonnant, non ? En tout cas, tout à fait crédible.

Ce paragraphe de Jamie Glazov introduit un brillant symposium doté d’un non moins brillant aéropage : Jean-François Revel, Guy Millière et Alain Madelin. Qu’avons-nous a exporter toutes nos merdes aux États-Unis ? Sommes-nous donc à ce point anti-américains ? Deux citations prises un peu au hasard en lisant en diagonale :

For the French, Americans are the enemy they have to hate in every circumstance. They have to hate Americans because Americans are successful, because Americans are powerful, because the French prefer resentment to achievement. They are so obsessed by their hatred of the United States they do not see anymore the real dangers confronting France. It’s a very dangerous situation. I do not know how we could go out of this situation. I honestly don’t know if it is even still possible.
Jean-François Revel, dans ce symposium.

As a supposed French friend of freedom and the United States, France has to pay a price for sacrificing freedom and the greatest protector of it. In general, friends help their friends: America would help its French friend if it made it pay a price.
Guy Millière.

S’il-vous plaît, Messieurs les Américains, Jean-François Revel, Guy Millière et Alain Madelin, gardez-les chez vous ! On vous enverra en prime (la cerise sur le sundae) Romain Goupil et André Glucksmann…

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New NBC [samedi 14 juin 2003]

Le NITLE Blog Census fait peau neuve. À voir. Et notamment la distribution des langues dans la blogosphère.

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American Way of Life [samedi 14 juin 2003]

Burger King en Irak

Le premier Burger King en Irak (aéroport international de Bagdad). Photo AP. Via Brain Not Found.

Remarquez sur la photo le logo de l’AAFES, The Army and Air Force Exchange Service.

RELEASE NO. 03-030
RELEASE DATE: May 2003

AAFES recognized for it’s outstanding contributions to Burger King Corporation

DALLAS — The Army and Air Force Exchange Service (AAFES) recently received special recognition for its “outstanding contributions” to the Burger King business. The award acknowledged AAFES’ commitment to providing quality service to soldiers and airmen and their families around the world.

(…) AAFES opened its first Burger King restaurant in Ansbach, Germany and currently has 183 restaurants worldwide. AAFES also operates the only name brand hamburger restaurants (Burger King’s) in Bosnia, Kosovo and the DMZ in Korea. Soon, there will be an AAFES Burger King in the Azores.

Un livre plus que jamais à lire.

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Jean-Séb ! [samedi 14 juin 2003]

Jean-Sébastien Lavoie, réceptionniste au Journal de Montréal : boudé par Star Académie, IDOLE EN FRANCE !

À voir chez Martin.

PS. Je vois un péril plus grand que l’islamisation pour la France : la québéquisation ! ;-) C’est vrai, y en a marre de tous ces Québécois chez nous (même dans mon lit, c’est dire).

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C’est ça ma blogosphère [samedi 14 juin 2003]

Les weblogs sont beaux. Ils sont beaux par leur diversité, leur personnalité, leur design, leurs petites trouvailles techniques. Chaque carnet est unique et raconte une histoire unique. Il y a de la place pour tout le monde, il y en a pour tous les goûts.

Ce que j’aime en plus, c’est que la notion de weblog elle-même est le sujet de débats, ce qui prouve que c’est un univers changeant, un univers vivant. Et j’aime la vie.

C’est ça ma blogosphère.

Kicou, Moi, Ma blogosphère et encore moi.

Minh Quang et sa famille française, originaires du Laos et du Vietnam, échoués à Québec. Encore un blogue découvert grâce à Weblogues.com.

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Monsanto Canada [dimanche 15 juin 2003]

Jean Chrétien prend régulièrement la défense des céréales transgéniques américaines bannies dans la plupart des pays d’Europe. Déjà, en 2000, lors de sa visite à Paris, et encore en mai dernier, à Athènes, lorsqu’il plaidait pour un accord bilatéral entre le Canada et la Communauté européenne sur l’exportation d’OGM.

De plus, les États-Unis et douze autres pays dont le Canada ont annoncé en mai dernier qu’ils portaient plainte contre l’UE pour son moratoire sur les produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), devant l’OMC.

Et voilà que Greenpeace Canada accuse Ottawa de collusion avec Monsanto

L’acharnement et la persévérance de Jean Chrétien en tant qu’ambassadeur des céréales transgéniques américaines sont tout à fait suspectes. Quel est l’intérêt du Canada (dont la population est dans sa grande majorité, et en particulier les agriculteurs, résolument contre les OGM) ? Quel est l’intérêt de son parti ? Et enfin, quel est son intérêt personnel ? Trois questions plus que légitimes qui attendent des réponses.

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Tasman R.I.P. [dimanche 15 juin 2003]

Alors que l’on nous annonçait le nouveau Tasman il n’y a pas longtemps, voici que j’apprends aujourd’hui sa mort officielle.

Et bien, on ne va pas pleurer (même si j’imagine l’équipe de développement assez désemparée). Certes IE5 fut un bon produit, assez respectueux des standards, très intégré à la logique de l’OS et très en avance sur son homologue Windoze, mais c’était à l’époque de son lancement, soit en 2000. Depuis, plus rien… Sinon son portage minimaliste sous OS X.

Avec, comme conséquence, nombre d’utilisateurs qui ont, comme moi, testé un temps Icab puis Omniweb, pour enfin choisir Chimera (maintenant Camino) avant qu’Apple ne lâche sa bombe Safari. Notez bien que je ne qualifie pas Safari de “bombe” pour ses prouesses techniques (quoique…) mais pour l’effet sur l’ensemble de la communauté Apple puisque Safari est désormais le navigateur livré par défaut avec l’OS (et dont les mises à jour sont proposées automatiquement par le système).

Aujourd’hui, l’utilisateur Mac a le choix entre Safari (par défaut) et Camino (sans compter les autres déclinaisons de Mozilla style Firebird), franchement, il n’a pas à se plaindre.

L’utilisateur néophyte sous OS X a par défaut Safari, celui sous Windows a IE6. Je vous laisse deviner celui qui sera le mieux parti pour une expérience utilisateur agréable et intuitive du Web…

De plus, la fin d’un logiciel Microsoft ne peut que me réjouir, surtout quand c’est le logiciel libre qui a sa peau (Konqueror pour Safari, Gecko pour Camino).

Internet Explorer est aujourd’hui à son apogée en terme d’utilisation, il ne peut plus maintenant que décliner.

PS. Sous IE/Windows ? Cliquez ici. Sous IE/OS X (encore?), Cliquez , ou bien , ou encore et , et pourquoi pas .

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Canada tropical [dimanche 15 juin 2003]

Tout aussi loufoques que Ferdinand Lop qui demandait le prolongement du boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer et que les Hydropathes de Honfleur, certains Canadiens militent pour l’annexion d’une “province tropicale”, et pourquoi pas les Turks et Caicos (dans l’archipel des Bahamas).

National Post: Canada urged to create a ’sunshine province’.
A seniors need a tropical province.

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Eussé-je carnetisé… [dimanche 15 juin 2003]

Le lexicoblogue s’enrichit (grâce encore une fois à Mouche pour “bloguable”).

Nouvelles entrées :

Bloguable
adj. Qui peut être blogué. Qui est susceptible de faire l’objet d’un billet dans un carnet Web.
Carnetiser
v. intr. Publier un carnet Web. Je carnetise, vous carnetisez ; je carnetisais ; je carnetiserai ; je carnetisai ; que je carnetise ; que je carnetisasses ; carnetisant ; vous eussiez carnetisé, eussé-je carnetisé.

Verbe très utilisé par la petite brune.

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“Les États-Unis sous domination juive” [lundi 16 juin 2003]

Non, ce n’est pas moi qui le dit, mais Henry Ford en 1920.

Alors cette publicité envahissante sur nos écrans de télévision française où l’on voit ces images d’archives montrant Henry Ford comme un “papy gâteau” se promenant dans son jardin pour nous vendre la voiture du centenaire a le don de m’agacer un peu.

M. Ford, persuadé du “péril juif”, a utilisé ses impressionnants moyens financiers pour convaincre ses concitoyens de ce “danger”. Il a ainsi créé un journal à destination de ses nombreux employés, le Dearborn Independent édité à 250 000 exemplaires, où il a mené une campagne virulente contre les juifs. Certains de ses articles seront réunis dans un livre tristement célèbre : Le Juif international, le plus grand problème du monde (The International Jew, The World’s Foremost Problem).

Rien que le sommaire peut donner une idée précise de son contenu :
1. Histoire des Juifs aux Etats-Unis
2. Aspects de l’influence juive
3. Victimes ou persécuteurs ?
4. Les Juifs constituent-ils une nation ?
5. Le programme politique des Juifs
6. Introduction aux Protocoles des Sages de Sion
7. Comment les Juifs usent-ils de leur pouvoir ?
8. L’influence juive dans la politique américaine
9. Bolchevisme et sionisme
10. Suprématie juive dans le théâtre et le cinéma
11. Le jazz juif devient notre musique nationale
12. L’alcool, le jeu, le vice et la corruption
13. Le problème le plus lancinant de ce monde
14. Les hauts et les bas de la puissance financière juive
15. La bataille pour le contrôle de la presse
16. L’Etat panjuif

On dit également que M. Ford a fêté au Waldorf Astoria la victoire allemande sur la France. Alors, maintenant, vous y réfléchirez à deux fois avant d’acheter la Ford du Centenaire. Et je ne vous ai pas parlé des conditions des ouvriers dans les usines Ford…

Utiliser le personnage de Ford pour vendre aujourd’hui des voitures est, pour le moins, maladroit et déplacé.

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Déclaration [lundi 16 juin 2003]

Mon lapin est à Montréal… Alors je confie à mon blogue ces quelques déclarations susurrées…

J’aime quand tu viens à mon secours pour occire quelque arthropode facétieux qui a élu domicile dans ma garde-robe.

J’aime ta tolérance, ton respect et ton humanité.

J’aime le contact de ta peau, son odeur ; je t’aime tant que je pourrais te manger, en sauté, en daube ou en ragoût.

J’aime quand tu me dis que j’écris bien, même si ce n’est pas vrai, j’ai l’envie de te croire.

J’aime quand tu me fais les gros yeux parce que j’ai encore terminé la bouteille de vin à laquelle tu n’as soustrait qu’un verre.

J’aime ta persévérance à m’aimer malgré mes insondables abîmes.

J’aime ta sollicitude de tous les instants.

J’aime quand tu casses par mégarde notre vaisselle de prix, que tu as l’air tout piteux et que j’ai ainsi l’occasion de me montrer bon prince.

J’aime l’attention que tu portes à ma mère et qui me délivre de certains devoirs filiaux.

J’aime sentir ta passion turgescente qui se colle chaudement au creux de mes reins.

J’aime ta curiosité sans cesse renouvelée.

J’aime quand tu mets la salade pas lavée dans l’essoreuse au réfrigérateur.

J’aime quand tu fais mine de t’offusquer de ma radicalité.

J’aime quand tu me caresses en croyant ne pas me réveiller.

J’aime savoir que tout le monde t’aime parce que tu es fait pour cela.

J’aime ta commisération quand je pars à la dérive.

J’aime ta légendaire maladresse et brusquerie.

J’aime ton ignorance de l’outrage du temps qui passe et de ces poignées d’amours qui se veulent bouée de sauvetage.

J’aime ton affection prégnante et constante.

J’aime l’activité que tu m’imposes et l’énergie que tu m’instilles.

J’aime ta démarche de caneton mal dégrossi.

J’aime ta patience, surtout quand je te quitte pour 45 jours pour ma maîtresse de toujours, la mer.

J’aime ta québécitude si exotique et désarmante.

J’aime ton regard dans lequel je me retrouve.

J’aime ton endurance à vouloir m’aimer.

J’aime ton humanisme qui cautérise ma misanthropie.

J’aime tes petites attentions qui assouplissent mon réel.

J’aime quand tu arrives à casser la machine à laver ou la voiture de maman.

J’aime ton admiration imméritée.

J’aime quand tu m’apportes mon café au lit et que tu ignores ma tête de marmotte endolorie.

J’aime ton courage et ta force d’esprit.

J’aime ton aménité, ta bienveillance, ta chaleur, ta clémence, ta douceur, ta gentillesse.

J’aime quand tu massacres le tube de dentifrice.

J’aime ta magnanimité, ta mansuétude, ta sagesse.

J’aime, j’aime, j’aime… Je t’aime.

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Émerveillement [lundi 16 juin 2003]

Grâce à Kicou, qui l’a lui-même découvert chez Michel Saint-Denis, le site du photographe Arnaud Frich.

Je vous propose donc de découvrir à Paris, la Librairie Shakespeare & Co, près de là où j’habite, là où je magasine, là où je travaille (là aussi), le Paris que j’aime (et là encore), là où j’ai tant aimé

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La blogoliste est arrivée [mardi 17 juin 2003]

Bravo Houssein et longue vie au Blogolist.com

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7e [mardi 17 juin 2003]

7e chez Blogolist. 7e chez Blogomat

Le 7 doit être mon chiffre porte-bonheur. En tout cas, il y en a un qui nous écoeure. ;-)

Enfin, quelle importance devons-nous accorder à ces classements de popularité ? Déjà, rien qu’en prononçant le mot de popularité, je sens sens l’épiderme de certains d’entre vous se hérisser…

On retombera facilement dans les discussions sur l’artiste maudit, méprisé de ses contemporains, sur l’art avec un grand A qui n’a que faire de reconnaissance.

Mais, je l’avoue, j’ai plaisir d’être lu, et encore plus d’avoir la reconnaissance de gens que j’admire (qu’ils se cherchent, ils sont presque tous dans ma blogoliste). Devrais-je en avoir quelque honte ? Non, je ne pense pas. Est-il inavouable d’exprimer sa satisfaction a être lu ? Non, je n’ai pas le syndrome de l’éternel incompris qui tisse sa toile dans le silence.

Force est de constater que dans ces classements de popularité figurent les meilleurs des blogues, et pas forcément les plus fédérateurs et les moins-disant intellectuellement. La blogosphère ne fonctionne pas comme la télévision puisqu’il y a une certaine prime au mérite, à la régularité de l’ouvrage et à la qualité intrinsèque. On ne peut pas dire que ceux qui y figurent fassent dans le racolage… Certes, il y a sans doute des perles oubliées, et je m’insurge du faible classement de blogues qui me sont chers, mais n’ayant pas l’ambition d’être représentatif de quoique que ce soit, je trouve que la loi des liens fait plutôt pas trop mal les choses. Et que cette loi est éloignée dans ses résultats de ces blogues d’or pour lesquels j’ai déjà montré mon peu de bénédiction…

Regardez donc ce Blogomat, à quelques exceptions près (je ne dirais pas qui…), ce ne sont que des blogues hautement intéressants qui méritent vraiment la visite et qui devraient figurer dans votre blogoliste.

Je dis que ces classements reflètent la qualité globale de la blogosphère et des gens qui la constituent. Globalement, la blogosphère a bon goût.

Alors, je dis oui à ces classements de popularité. Enfin, pour l’instant, car si un Instapundit francophone faisait son apparition, je serais horrifié, non pas du classement qui n’est lui même qu’une statistique, mais de la connerie de la majorité de mes homologues francophones.

Maintenant, vous pouvez me taper sur les doigts, les commentaires sont faits pour cela (car je rappelle à certains que l’une des caractéristiques essentielles d’un blogue est l’existence des commentaires).

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La Françoise [mercredi 18 juin 2003]

Nous sommes en France souvent prompts à stigmatiser le conservatisme de la société, en nous comparant, par exemple, avec certains pays nordiques.

Mais, à leur rythme, les choses avancent, et plus vite que l’on ne croit. Ainsi, nous avons un maire de Paris ouvertement gay et néanmoins populaire, M. Bertrand Delanoë. Qui aurait pu imaginer cela, ne serait-ce qu’il y a qu’une décennie ?

Malgré cela, Françoise de Panafieu, maire UMP bon chic bon genre du XVIIe arrondissement de Paris, celle-la même qui se voulait l’outsider de la droite et la tueuse de Tibéri lors des dernières élections, a cru bon de déclarer au magazine VSD que : “être élu comporte une responsabilité et, lorsqu’on est maire de Paris, on n’a pas vraiment sa place en tête de la gay pride”.

Et d’enfoncer le clou : “Cela ne me gêne pas. Ce que je demande à un élu, c’est de faire correctement son travail. Mais j’insiste sur le fait que je suis intraitable sur la question du prosélytisme. (…) Pour les Parisiens, cela peut être perçu comme du zèle intempestif, une façon trop directe de soutenir ce mouvement”.

Sans surprise, l’ensemble de la Gauche et des Verts lui sont tombés dessus à bras raccourcis. Mais, la Françoise s’en est aussi pris plein la gueule de la Droite. Frédéric Latour, secrétaire national des jeunes UDF, se déclare “surpris” des propos de Françoise de Panafieu et précise que “ce n’est pas une leader et qu’elle s’est exprimée uniquement à titre personnel”. Et dans une déclaration à l’AFP, Claude Goasguen, président du groupe UMP du Conseil de Paris, “tient à préciser que les propos tenus par Françoise de Panafieu concernant Bertrand Delanoë ne sauraient en aucune manière engager le groupe des conseillers UMP de Paris”. C’est ce qu’on appelle, en politique, un camouflet.

Mais je souhaite revenir sur le terme de prosélytisme employé par La Panafieu (née Missoffe). Le prosélytisme est le zèle ardent déployé pour recruter des adeptes, hors, l’homosexualité ne se fait ni par recrutement ni cooptation. Homo, on l’est, ou on ne l’est pas, mais l’on ne le devient pas. L’homosexualité n’est pas une religion, ni même une “race”. Mais ce terme a forgé sa notoriété parmi les pires homophobes du XXe siècle (souvent antisémites par ailleurs) et son usage n’est en rien anodin.

La Panafieu, qui se veut des airs modernes, tout en se parant de sang bleu, n’est qu’une vielle réactionnaire pitoyable et vulgaire. N’importe quelle catin des boulevards des Maréchaux du XVIIe arrondissement de Paris a sans doute plus de coeur que cette blondasse desséchée.

Madame de Panafieu, je suis fort aise d’avoir mon blogue pour vous dire et confier à la postérité numérique du Web transfrontalier et apatride que vous êtes une idiote.

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Pour Maïa [jeudi 19 juin 2003]

J’ai trouvé par hasard un billet touchant, enfin, tout du moins, qui m’a beaucoup touché et auquel j’aurais aimé pouvoir laisser un commentaire. Seulement, chez Twenty-Six, il faut s’abonner à je ne sais quoi pour pouvoir laisser un message. C’est clair, je n’aime pas du tout ces gens là. Et quand je découvre, en plus, que les membres de ce club fermé sont invités à se laisser des bonbons, je pense au pire du Club Med.

Bon, alors j’en suis réduit à faire mon commentaire ici, d’autant plus que les commentaires des twentysixiens que j’ai lu sont un peu navrants.

Et puis, voilà que je n’ai plus rien à dire… Sinon que j’ai eu une pensée pour toi, Maïa.

Quant à parler de commentaires, chez Joueb.com, ce n’est pas terrible non plus.

PS. Mes doléances voilées ont été prises en compte par Biz.

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Pour Maciej [vendredi 20 juin 2003]

Cher Maciej, je ne t’ai pas oublié mais il se trouve que j’ai eu une semaine un peu chargée et, de plus, la question que tu m’as posée est bien loin d’être simple. Alors je te promets de répondre, mais pas tout de suite, d’autant plus que je pars en voyage demain.

Et puis, réflexion faite, pourquoi ne pas faire travailler les neurones de nos chers blogueurs, d’autant plus qu’il doit y avoir parmi mes lecteurs des blogueurs très compétents en la matière.

Voici donc le questionnement, hautement d’actualité, de Maciej :

J’aimerais bien expliquer à mes lecteurs américains d’où vient cette habitude des français de faire la grève. Quand j’habitais en France, il me semblait que la moindre reforme qui touchait aux fonctionnaires risquait une grève générale. Cela m’intéressait beaucoup comme phénomène social et politique. Comme vous imaginez, on n’a rien de pareil aux États-Unis. Ici, on exaggère plutôt vers l’autre côté; pas de protection sociale, peu d’organismes syndicaux.

Je suggère quelques pistes de réflexion, en vrac :

- Les Français sont latins. Il préfèrent gueuler avant de s’entendre.

- Notre société est peu portée sur le dialogue social.

- Il existe deux types de grèves : la grève contre la perte de l’emploi, souvent propre à une entreprise particulière, et la grève corporatiste à la défense d’avantages sociaux, propre à un secteur, et plus rarement catégorielle.

- Il y a 2,3 millions de fonctionnaires en France pour une population de 60 millions d’habitants.

- Nous avons une histoire marquée de grands mouvements sociaux éruptifs. Je citerai pour exemple : la Révolution, la Commune de Paris en 1871 et mai 1968.

- Il existe en France une règle dite de l’avantage acquis. Tout avantage social acquis ne peut être remis en cause.

- C’est une vison caricaturale : la France n’a pas le monopole européen des grèves. On peut se souvenir de mouvements forts et violents en Allemagne ou en Grande Bretagne. Je pense en particulier au syndicat IG-Metal en Allemagne et à la récente grève dure des pompiers en Grande Bretagne.

- Les grévistes trouvent une certaine “jouissance” à faire grève, une certaine sensation d’exister (enfin) par rapport à un encadrement figé, sourd et aveugle, et en tous cas, peu communiquant.

- Les grèves sont l’objet d’un rapport de forces entres les syndicats et le gouvernement. Les syndicats, en perte de vitesse, y voient un pouvoir de nuisance et d’affirmation de leur puissance.

- Il y a une culture d’affrontement chez les syndicalistes. Lutte Ouvrière étant une caricature de ce mouvement avec Arlette Laguiller qui rêve encore du “grand soir” où l’on pendra tous les bourgeois capitalistes à la lanterne.

- Les fonctionnaires, pour leur majorité, ne vivent pas en environnement concurrentiel et changeant, et sont inaptes à l’idée même de changement et de progrès.

- Le Français est paranoïaque : si il y a réforme, c’est forcément pour “l’entuber”.

- Nous ne vivons que dans des rapports de force et les notions de classes, dépassées ailleurs, sont encore très prégnantes dans la société française.

- Les Français sont nombrilistes. Il ne se rendent pas compte de tous leurs avantages sociaux (code du travail, système de santé, congés payés, etc.) et bien des étrangers nous envient alors que nous ne cessons de nous plaindre. C’est la loi du toujours plus. À quand la semaine de 20 heures payée 40 + les RTT + les deux mois de vacances ? Des Américains seraient bien heureux d’avoir le dixième de ce que nous avons déjà (forcément, ils n’ont rien).

- En France, nous avons le droit de grève et cela n’est pas donné à tout le monde.

Sachez que je ne souscris pas forcément à chacune des idées émises ci-dessus, ce ne sont simplement que des pistes de réflexion. Inutile de m’insulter ou de me traiter de madeliniste (au secours!).

Alors, à votre avis, pourquoi toujours ces grèves en France ? Est-ce un trait proprement Français ? Et est-ce négatif ou positif ?

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Les 10 défauts du blogueur [vendredi 20 juin 2003]

Les 10 plus gros défauts des auteurs de carnets. Traduction d’un article de Jeremy Zawodny à lire chez François Granger.

“5) Les auteurs qui ne fournissent pas de bio sur leur carnet ou de pointeur vers une bio quelque part. J’aime en savoir un peu plus sur ceux que je lis.”

Mea culpa, maxima culpa… Ça va venir…

“7) Les auteurs qui postent des excuses pour ne pas publier. Ca m’est égal que vous soyez occupé aujourd’hui. Si vous ne publiez pas, OK. Je supposerai que vous avez autre chose à faire.”

Cela m’arrive… Juste pour dire que je suis encore en vie.

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En voyage… [vendredi 20 juin 2003]

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Un peu de bateau pour s’aérer l’esprit.

Messieurs et Mesdames les blogueurs, merci de ne pas trop publier, que je n’ai pas trop de choses à lire à mon retour…

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À quai [vendredi 27 juin 2003]

Petite navigation dans des conditions bien calmes (vents de force 1 à 3) à part un bref coup de vent de NW force 6 le dimanche 22 juin et quelques grains orageux.

Mouillage à St Peter sur l’île Guernesey, histoire de boire quelques bières. Arrivée hier au Havre, quai du Cameroun.

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Star [vendredi 27 juin 2003]

Merriadoc m’indique que je suis récemment passé à la télé dans l’émission “C’est pas sorcier”… Dieu merci, j’ai raté cela, car j’ai horreur de me voir dans un film (mes prestations sont généralement assez navrantes et je ne supporte pas de voir ma tête sur un écran). Pour continuer dans la micro-gloire médiatique, les auditeurs de France Inter auront le plaisir de m’entendre au courant du mois de juillet.

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Retour à la civilisation [vendredi 27 juin 2003]

C’est bien difficile de réintégrer la blogosphère, et la société en général, après quelques jours en mer, loin de tout. D’autant plus, qu’à son retour, on observe que la vie a continué et que, de plus, on ne s’est pas privé de mettre la blogosphère à feu et a sang dans des disputes qui, vues de loin, paraissent bien pitoyables et dérisoires.

Sur mon navire, en mer, je réfléchissais au microcosme constitué par l’équipage et à son intérêt sociologique. Comme cette expérience de vie communautaire est proche de ces spectacles de la télé-réalité où l’on réunit en vase clos des individus d’horizons différents… Mais la différence entre le navire en mer et la terre, c’est que l’instauration d’un modus vivendi, d’un savoir-vire maritime presque inné et peu codifié, est indispensable. C’est la conservation du navire et des vies humaines qui est en jeu. Dès l’approche des côtes, cet état de grâce s’effondre et les dissensions reviennent au galop.

Il n’y a pas meilleur lieu qu’un bateau pour juger des qualités humaines d’une personne. On s’y révèle assez vite et les masques tombent rapidement. C’est aussi une grande école de tolérance et d’humanité.

Alors, le retour à terre, c’est toujours difficile, et le retour dans ce microcosme dérisoire de la blogosphère l’est encore plus.

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Navire night [samedi 28 juin 2003]

Des que nous appelons, nous devenons, nous sommes, déjà pareils. À qui ? À quoi ? À ce dont nous ne savons rien. Et c’est en devenant, personne pareille que nous quittons le désert, la société.
Écrire c’est n’être personne. “Mort”, disait Thomas Mann. Lorsque nous écrivons, lorsque nous appelons, déjà nous sommes pareils. Essayez. Essayez alors que vous êtes seul dans votre chambre, libre, d’appeler ou de répondre au-dessus du gouffre. De vous mélanger au vertige, à l’immense marée des appels.
Ce premier mot, ce premier cri on ne sait pas le crier. Autant appeler Dieu. C’est impossible et cela se fait.
M.D.

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Quart de nuit [samedi 28 juin 2003]

Je m’enfonce dans le mystère de l’existence. Cette blonde pierre d’Aquitaine m’irradie de sa chaleur ancestrale. Les landes m’appellent de leurs sucres jaunes. Dans l’immensité de la nuit à trois cent soixante degrés, je m’éparpille entre ciel et terre. Sur ma vergue, bien calé, je me perds et le seul port qui me rattache est le souvenir de ton sourire. Dérision de ce planisphère si petit qui me plonge dans l’abjection de cette condition que certains disent humaine. C’est à bras le corps que je m’attache à la ligne de vie, cette tenue filière fourrée de bitord. L’immensité de l’horizon répond au vide de mon coeur. Ineffable moment suspendu entre ciel et mer, entre perroquet et cacatois. J’embrasse cet espace loin de tout. Les animalcules phosphorescents dressent notre sillage. Je hurle silencieusement dans mon ventre. La mélopée de la houle envahit mon âme désarrimée. Il est temps de se saisir des enfléchures et de retourner au pont. La société des hommes me retourne le miroir de mon infinie inexactitude. Pourquoi toi, pourquoi lui. J’ai communié. Avec lui. Sans répit. J’ai touché du doigt l’insondable et mon coeur m’en brûle encor. Le partage, il me l’a donné, quitte à en ressortir en péril. Ton voyage est une offrande qui te coule entre les mains avant que tu n’aies eu le temps de t’en se saisir. Alors voyager, ce n’est pas aller à une destination, c’est compter le temps qui t’emporte d’un rivage à un autre. Dans quinze jours, j’aurais l’âge où tu m’as quitté, irrémédiablement. Le soluté salin inonde la vitre qui m’isole du réel. Pauvres vous qui ne savez, bienheureux les simples d’esprits. Fourbu, je m’allonge et j’offre mon corps au ciel. C’est dans ma solipsiste iniquité que je me confronte aux éléments. M’avez-vous bien mérité ? La vierge répond à mon trépas. Ce n’est pas sans ardeur que je croque la pêche tout en m’assurant que la surliure défendra tout décommettage des brins qui nous unissent. Mais, ne te méprends pas, je ne suis qu’une ode à la vie mais pas celle qui nous est affectée par défaut. Je me livre, tel quel. Bienvenue à celui que saura lire entre les pages. Je n’ai pas choisi mon amure mais le virement bord sur bord m’est par trop pénible alors je t’implore, accepte-moi dans toute mon incomplétude. De la dunette au gaillard, nous sommes tous dévoués à la sauvegarde de notre petite société et je me fais la figure d’un ange tutélaire qui a trop vécu pour souffrir de voir l’absolution de nos errances. J’ai touché l’ineffable et j’en suis réduit à publier cette succession de mots pour tenter d’en communiquer les parages brûlants. Alors, mouillons l’encre de nos pathétiques esquifs qui surnagent sur cet océan illusoire. Avec beaucoup d’effort, peut-être nous rejoindrons nous. À quoi bon tant savoir si ce n’est pouvoir partager. Hors, cela est impossible et me voilà prisonnier de la vérité nue. La brise adonne. Mon compas suit alors la dictée du vent. Leçon d’humilité s’il en est. Comment communiquer avec vous ? L’indicible qui nous unit et qui nous sépare. Ne riez pas. Je connais le scalpel qui vous fera souffrir. Je ne suis que pauvre hère qui voudrait juste vous dire quelque vérité première mais dont les mots trahissent le sentiment, car nous sommes bien mal équipés pour aborder la sphère de l’essentiel. Je n’ai pas l’habitude de m’épancher, mais qui m’aimera me suivra sur ce chemin caillouteux peuplé de revers qui font la ligne de plomb peuplée d’incertitude.
Vous m’avez suivi jusque-là, mais qu’en avez-vous retiré ? L’onde de la marée se répand dans les estuaires de vos incertitudes. Fortune de mer saura sourire à qui la prendra. Alors, je vous laisse ces quelques mots en partage et n’hésitez pas à les recueillir abandonnés sur la grève. Telles paillettes de mica, elles brilleront mêlées d’algues au soleil que vous saurez leur accorder.
Mais que sont ces paroles qui paraissent vous ignorer ? C’est tout l’art des mots que de vous transmettre une émotion qui appartient plus au lecteur qu’à l’écrivain. Alors, pardonnez-moi cette effusion et ce billet atypique. Ce n’est que vraquier de mots sans destination précise, qui le veut s’y reconnaîtra.

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Banalisation [dimanche 29 juin 2003]

En huit années, la tolérance à l’égard des gays et des lesbiennes semble avoir grandi. Ainsi, 61 % des personnes interrogées déclarent qu’elles accepteraient “bien” que leur enfant soit homosexuel — contre 41 % en 1995 — et même “très bien” pour 18 % ; 36 % le vivraient “mal”, contre 58 % en 1995.
Le Monde - Sondage IFOP “L’homosexualité : du pacs à l’adoption, comment évolue le regard de l’opinion ?”

En outre 55 % se déclarent favorables à un “mariage homosexuel”.

Au milieu des années 80, ma première Gay Pride se terminait au Palais-Royal, nous étions 500 (300 selon la police). Aujourd’hui, la Marches des Fiertés réunit 700 000 personnes (500 000 selon la police). J’ai donc jugé que ma présence n’était plus indispensable…

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Avis de mariage [dimanche 29 juin 2003]

Si tout se passe bien, je me marie l’année prochaine à Montréal. Parce que le PACS français, je trouve que ça ne le fait pas…

Il me reste donc quelques mois pour réfléchir à ma robe mon habit de mariage et à la liste des invités. J’imagine que quelques YUL blogueurs risquent de recevoir un carton d’invitation.

P.S. privé : voyages de noces ici ? Ou cargo ou autre navire pour rentrer en Europe ?

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