Journal de bord

québec > la langue

Du steak aux W.-C.

Quand la police de la langue fait une descente dans une brasserie de Montréal…

[…] L’inspectrice était choquée. On n’a pas le droit d’écrire « steak » dans une cuisine où s’applique la Charte de la langue française. Il faut paraît-il utiliser « bifteck ». Vous essaierez ça avec le serveur en commandant un steak-frites à Paris : « Je préférerais que vous disiez bifteck. » Vous risquez de le recevoir en pleine face.

Le chef pensait à une sorte de blague. C’était sérieux : il ne faut plus écrire des vilains mots.

Quoi d’autre ? En caractères minuscules, sur le côté de la machine à café, il était écrit « hot water ». Personne n’avait jamais vu ça, mais heureusement, l’inspectrice a l’œil.

« Je me disais : Maurice, ferme-la, passe à autre chose, c’est correct… »

Sauf qu’à la fin, l’inspectrice a visité les toilettes. Pour faire parisien, Holder a installé un écriteau « W.-C. » Ce qui signifie « water-closet » et qu’on trouve dans toutes les brasseries françaises.

— Ça ne va pas, ça, monsieur, ce n’est pas français.

— C’est dans toutes les toilettes publiques en France !

— On n’est pas en France.

— C’est dans le Larousse !

— Ce n’est pas dans notre lexique.

C’était une niaiserie de trop. « Je suis désolé, madame, mais ça, je ne le changerai pas. Je ne suis pas capable. On va devoir aller en cour. »

La Presse, Yves Boivert : “Du steak aux W.-C.”.

National Post, Canadian Press: “Following ‘pastagate’, famous Montreal restaurant goes public about its own language police run-in.”

Étampes vulgaires

Indispensables pour égayer vos courriers des fêtes…

etampes-vulgaires-2012.jpg

En vente icitte. [Via KMS.]

#mailart

Quérulence

Le roi des taudis déclaré plaideur quérulent à la Régie

Quérulent, nom masc. : Personne atteinte de quérulence.

Quérulent, adjectif : Se dit d’une personne atteinte de quérulence.

Quérulence, nom fém. : [Psychiatrie] Tendance pathologique à réclamer la réparation de dommages et d’injustices dont on se croit victime.

Dictionnaire Antidote.

PSYCH. Tendance pathologique à la revendication, observée chez des sujets de type paranoïaque ou hypocondriaque et revêtant parfois une forme processive. La quérulence est une réaction hostile et revendicatrice de certains sujets qui se croient lésés et considèrent qu’il y a sous-estimation dans l’appréciation du préjudice causé; de ce fait, ils passent facilement de la plainte à l’attaque, soit directement, soit en justice (Porot1960, 1975).

CNRTL : “Quérulence”.

Dans le vocabulaire juridique du Canada francophone, on utilise l’expression “plaideur quérulent” comme traduction du concept anglo-saxon de “vexatious litigant”. Le ministère de la Justice du Québec recommande cet emploi en lieu et place de l’horrible calque de l’anglais “plaideur vexatoire”.

En droit québécois, une personne déclarée plaideuse quérulente par une autorité judiciaire garde le droit d’ester personnellement en justice, mais avec autorisation préalable et ponctuelle de la cour.

« Il arrive parfois que l’on se trouve aux prises avec un plaideur vexatoire, note Me Tremblay. La plupart du temps, ce sont des personnes qui se représentent elles-mêmes et qui intentent des procédures à répétition contre tout ce qui se trouve sur leur chemin. Si un de vos clients se trouve confronté à un plaideur vexatoire, sachez qu’il existe un moyen de mettre un terme aux frasques de celui-ci. Il s’agit de l’article 46 C.p.c. qui permet à un tribunal de déclarer qu’une personne abuse des procédures et du système judiciaire à un point tel qu’elle doit être considérée comme un plaideur vexatoire. Par la suite, la cour peut lui interdire d’intenter de nouvelles procédures sans l’autorisation du juge en chef ou du juge coordonnateur du district. Cette procédure n’est pas souvent utilisée mais elle existe. » Même un avocat peut être considéré comme un plaideur vexatoire.

Journal du Barreau. Volume 34, numéro 15, 15 septembre 2002.

Plus de 150 plaideurs vexatoires au Québec

Exemple d’anglicisme dans un titre du Journal de Montréal.

Français de rue

Hier matin, Tony Accurso a choisi La Presse pour accorder sa première entrevue à vie à un média. Au téléphone, l’homme qui s’exprime dans un français de rue bien québécois était calme, posé, mais résigné.

La Presse, Francis Vailles : “«Je n’ai jamais rien volé», affirme Tony Accurso”.

Choisir Bell

Publicité Bell

Mardi, je disais que le problème n’est pas la prolifération des fautes [publiques] — affiches, pancartes, pub —, mais notre indifférence à ces fautes.

Il vient de m’arriver cette illustration parfaite. Bell orchestre en ce moment une campagne de pub articulée autour des cinq raisons pour lesquelles nous devrions choisir Bell. Ces jours-ci, dans les quotidiens de la province, ce titre qui court sur deux pages: 5 raisons pourquoi tant de Québécois choisissent Bell…

Une faute de mauvais élève de 2e secondaire. Il fallait écrire bien sûr 5 raisons pour lesquelles; cinq raisons pourquoi, c’est du moldave. Pire, c’est de l’anglais, calvaire: 5 reasons why

Il y a eu le traducteur de l’agence de pub qui a fait la faute. Il y a eu son boss qui ne l’a pas vue. Il y a eu les gens de Bell qui l’ont approuvée. Il y a eu les gens des médias qui l’ont imprimée sans sourciller. Il y a eu surtout des dizaines de milliers de lecteurs qui ne s’en sont même pas aperçus. Et enfin, il y a tous ceux qui, en ce moment, me lisent et disent: il est bien énervé, c’est pas si grave que ça.

Ça l’en fait du monde qui devrait refaire sa 2e secondaire.

Cyberpresse, Pierre Foglia : “Béotien, béotienne…”.

Poltan d’gnézé

Le Parti Québécois est raciste. Pourquoi ?

Parce qu’il publie de médiocres vidéos “virales” sans noirs ni asiatiques dedans, avec que des blancs d’icitte.

Parce que les péquistes y parlent dans un langage discriminant (le “créole québécois”) qui est très éloigné du français, un sabir incompréhensible pour ceux qui ne parlent que le vrai français (la langue commune à la francophonie), un baragouin qui est encore plus inintelligible pour les anglophones et autres allophones, pour qui le français est langue seconde, voire troisième.

On tient ici la preuve que le PQ méprise tout ce qui n’est pas blanc et québécophone “pure laine”. Le projet national québécois, c’est en fait un peu White Power à la sauce sirop d’érable…

J’exagère ? Tout ce qui précède vous paraît profondément ridicule ? C’est pourtant ce que l’on peut lire sur le site du Journal de Montréal :

Vous avez vu la nouvelle publicité que le Parti Québécois a diffusée hier? Une trentaine de personnes, hommes, femmes, de tous âges, tous blancs, qui répètent, comme un mantra:« PQ majoritaire, pas le temps de niaiser!»

Ce message est probablement la pire chose que le PQ pouvait faire, alors que les sondages le donnent favori pour remporter l’élection ce soir.

«Poltan d’gnézé», c’est du créole, du vernaculaire québécois au sens imprécis. Niaiser peut vouloir dire prendre son temps, comme dans niaiser avec la poque. Ou perdre son temps, comme passer un dimanche après midi à niaiser sur une terrasse plutôt que faire du vélo ou du ménage. Ça peut vouloir dire hésiter avant de plonger, parce que l’eau est froide, ou le tremplin trop haut.

[…] «Pas le temps de niaiser» est un appel du pied codé, qui s’adresse au gens qui ont grandi ici en français, mais échappe à ceux qui ont appris le français ailleurs, ou dont le français est une langue seconde.

C’est un message qui discrimine contre les gens que le Parti Québécois devrait plutôt tenter d’attirer, de fédérer, pour que son projet ait quelque chance de réussir.

«Pas le temps de niaiser» est de la même veine que les «nous» de Jacques Parizeau, battus par «l’argent et des votes ethniques» en 1995.

Ce message suggère que les stratèges du PQ n’ont guère évolué sur cette question depuis 1995, ce qui est déplorable.

Ou alors, que c’est sur ce type de discrimination que se base leur projet national, ce qui est proprement inquiétant.

Le Journal de Montréal, Benoît Aubin : “Le PQ et son vote ethnique”.

Je me demande parfois si Benoît Aubin abuse de certaines substances…

Si j’étais aussi brillant que lui dans l’analyse sémantique des vidéos YouTube, j’arriverais sans doute à vous démontrer que la CAQ est une émanation des Illuminati (vous vous en doutiez ?).

L’amusant dans cette histoire, c’est que l’auteur de cette vidéo maladroite, un militant du PQ, fait référence à un “mème” québécois dont le héros n’a pas vraiment la gueule de “pure laine”, même s’il parle parfaitement dans le charabia local (ah, métissages qu’on aime)… Mais je crains que M. Aubin ait loupé la référence…

Car oui, le message est effectivement discriminant : il écarte de la compréhension ceux qui ne fréquentent pas Internet et sont à l’abri de la circulation des mèmes, les faisant passer par la même occasion pour de vieux cons. Comme M. Aubin, en l’occurrence.

Biculturel

En France, il y a le pet de nonne. Au Québec, il y a le pet de noune.

Ne pas confondre.

Identité, bouffe et langue

consommation-hamburger-2012.

[Source Le Figaro, Isabelle de Foucaud : “Les Français cèdent à la « burger mania »”.]

Hier, j’avais noté sur ce graphique le faible engouement des Italiens pour le hamburger.

Aujourd’hui, je tombe sur cet intéressant billet, qui parle aussi d’Italiens et de hamburgers :

Récemment, je suis tombée sur le site de l’émission française The Voice : la plus belle voix française, sur lequel, en plus du titre qui est en anglais, on trouve les onglets News, The Voice Tour, et Coach & Talents. Ma réaction rationnelle a été celle que j’ai habituellement quand je me trouve devant des emprunts lexicaux : les emprunts lexicaux ne mettent pas une langue en danger. Ma réaction émotionnelle, cependant, a été la même que celle de bien des Québécois : « Ben oui, c’est ça, comme si y’avait aucun mot français de disponible ! »

J’ai souffert de cette contradiction intérieure. D’un côté, je me bats depuis longtemps pour démontrer que la condamnation systématique des anglicismes ne mène à rien. Mais, de l’autre, je juge négativement les Français qui semblent incapables d’utiliser autre chose que des mots anglais. C’est en discutant avec mon Italien personnel que j’ai, je crois, trouvé une piste d’explication. Je dis piste d’explication, car mon échantillon est trop restreint et mon état de la question trop inexistant pour me permettre de prétendre à quoi que ce soit d’autre…

En italien, il y a beaucoup d’emprunts directs à l’anglais. Pour les Italiens, par exemple, un ordinateur est un computer, une souris d’ordinateur est une mouse, le temps plein est du full time et le temps partiel, du part time. Et j’en passe. Les Italiens ne se sentent aucunement menacés par cette intrusion de l’anglais dans leur langue courante. Là où les Québécois verraient un signe de colonisation, les Italiens ne voient que des emprunts normaux.

Par contre, les Italiens jugent négativement les grandes chaînes de restauration rapide américaines comme McDonald’s. Un Italien qui va chez McDo est un italien colonisé. Bien qu’au Québec aussi McDo soit critiqué, ce n’est pas pour les mêmes raisons. Ici, si McDo est critiqué, c’est parce qu’on y vend de la nourriture de piètre qualité. D’ailleurs, les Québécois critiquent également les chaînes québécoises Asthon et La belle province. Mais personne, au Québec, ne se sent colonisé à manger un bigmac. On se sent certes un peu coupable et, après, on le regrette amèrement, mais cela n’a rien à voir avec le fait que le bigmac soit le produit d’une grande chaîne américaine. C’est parce que c’est de la malbouffe, tout simplement.

Mon hypothèse: tout est question d’identité. Les Italiens accordent une très grande importance à leur gastronomie. Leur identité est construite autour de cette gastronomie. Pour beaucoup d’Italiens, on ne mange bien qu’en Italie. Tout ce qui vient d’ailleurs est douteux, et tout ce qui vient des États-Unis est mauvais. Un Italien qui s’abaisse à aller manger chez McDo est un italien déchu. Il a succombé à la nourriture de masse. Il est colonisé.

[…] Comme ce serait impensable d’avoir, au Québec, une émission de variété qui porterait un titre anglais. Ici, ce n’est pas la gastronomie qui est la pierre angulaire de l’identité, c’est la langue. Ici, ce n’est pas le McDo qui est perçu comme une menace, ce sont les mots anglais. Ici, ce ne sont pas ceux qui mangent dans les grandes chaînes de restauration rapide américaines qui sont colonisés, ce sont ceux qui truffent leur discours d’emprunts directs à l’anglais. L’imaginaire québécois accorde beaucoup d’importance à la résistance au fait anglais, à la résistance à l’assimilation. Cette assimilation que les autorités britanniques ont ouvertement favorisée.

Au Québec, utiliser trop de mots anglais, c’est laisser le processus d’assimilation agir. Se défendre contre les mots anglais, c’est se défendre contre l’assimilation. […]

On parle donc d’identité. Et l’identité est tout sauf rationnelle. Cela explique peut-être ma vive contradiction interne. Mon cerveau a beau vouloir me convaincre que les mots anglais ne sont pas une menace, mes tripes me disent le contraire lorsque je vois le nombre de mots anglais que les Français et les Italiens acceptent. […]

En Tous Cas…, Anne-Marie Beaudoin-Bégin : “De la gastronomie italienne et du français québécois…”.

(Si ces questions vous intéressent, vous pouvez aussi vous reporter à mon article de 2003 : “Au stop, il y a le parking pour le shopping”.)

Complexité des lectures

Les élèves en France lisent au moins une pièce de Molière (Le Bourgeois gentilhomme, Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire) en classe de 5e (jeunes âgés de 12 ans).

Au Québec, une “professeuse” de français a osé inscrire Le Malade imaginaire dans son programme de CEGEP (jeunes âgés de 17 ans). Émoi de parents, ce genre d’œuvre d’une rare complexité devrait être réservé aux étudiants en Lettres à l’université.

Revenons à la lettre du papa. Il se décrit comme un parent responsable qui, dans les circonstances agitées que l’on sait, essayait d’aider son ado à reprendre ses cours, en particulier son cours de français, et c’est ce faisant qu’il a découvert Le malade imaginaire dans le plan de cours de la prof. Il est alors saisi d’un immense découragement, pour la première fois de sa vie de parent, il baisse les bras : j’étais désespéré, sans voix, pour la première fois de ma vie, je me suis vu incapable de l’aider. Je me suis senti désarmé devant des mots, des expressions, des réflexions, des analyses d’une lecture indigeste QUI S’ADRESSE PLUS À DES ÉTUDIANTS EN ART ET LETTRES ou à des futurs enseignants ou écrivains qu’à des étudiants qui doivent malheureusement passer par le cégep et des cours obligatoires pour accéder à l’université.

Les majuscules sont de moi. En fait, ce qu’il faudrait mettre en majuscules, c’est cette idée qui sous-tend le discours du monsieur, que la culture est une spécialité pour étudiants en arts et lettres, qu’on aille surtout pas emmerder les futurs ingénieurs du Plan Nord avec ça, quand ils s’ennuieront le dimanche après-midi à Fermont, ils iront se relouer Starbuck et puis voilà, c’est bien, Starbuck, vous l’avez vu?

La Presse, Pierre Foglia : “Starbuck”.

(À toutes fins utiles, nous rappellerons que la moitié des Québécois ne savent pas lire correctement.)

Sur le site du Ministère de l’Éducation consacré aux suggestions de lectures pour les jeunes, la complexité des livres est notée sur une échelle de 1 à 11. La note 11 veut dire “difficile à lire, haut degré de complexité, pour les 16 ans et plus”.

Sur les 24 livres de niveau 11 (sur une base de 6624 livres), on trouve Vendredi ou les limbes du Pacifique, Les Trois Mousquetaires, Le Seigneur des Anneaux, Les Misérables, David Copperfield, Au Bonheur des Dames, Le Capitaine Fracasse. (De mon point de vue, c’est probablement Le Seigneur des Anneaux qui emporte la palme de la difficulté… mais le succès de son adaptation cinématographique lui confère un supplément de motivation à le lire.)

Faire la bobette ?

Des mots savoureux de la francophonie débarquent, comme le “bracaillon” (helvétisme pour ouvrier maladroit) qui pourra “se rincer le gorgoton” (s’enivrer) ou “faire la Bobette” (conducteur acceptant de ne pas boire afin de reconduire ses compagnons), comme l’on dit au Québec.

AFP : « Les “Twitteurs” dans Le Petit Larousse ».

Problème : absolument personne dans mon entourage ne connaît l’expression “faire la bobette”…

P.S. Trouvé ma réponse, l’AFP est dans les choux, “faire le bob”, “faire la bobette”, est une expression belge.

Le gorgoton est lui bien québécois, il s’agit de la pomme d’Adam.

Corrigé

La police a arrêté un homme en lien avec une fusillade en plein jour survenue cette semaine dans la petite Italie de Toronto. Les autorités ont indiqué que Dean Wiwchar, 26 ans, a été arrêté sans résistance jeudi, et qu’il comparaîtra en cour vendredi pour faire face à une accusation de meurtre prémédité.

Elles ont affirmé que l’homme est un résident de la Colombie-Britannique ayant des contacts à Toronto, et qu’il avait sur lui des pièces d’identification sous différents noms.

La police de Toronto n’en dit pas beaucoup plus sur cette affaire, alors qu’une « enquête élargie » impliquant d’autres corps policiers, incluant la Gendarmerie royale du Canada (GRC), est toujours en cours.

La police a indiqué que la fusillade de lundi était une attaque ciblée contre John Raposo, qui est mort d’une balle dans la tête.

Un autre homme, qui n’est pas identifié, a été blessé dans l’échange de tirs, mais la police a dit croire qu’il n’était pas visé par l’attaque. Il devrait survivre à ses blessures.

John Raposo, 35 ans, était connu des policiers, mais les autorités n’ont pas donné davantage de détails. Des informations circulant dans les médias laissent croire qu’il aurait pu avoir des liens avec le crime organisé, mais sans appartenir à un groupe en particulier.

La fusillade survenue lundi à l’extérieur du Sicilian Sidewalk Cafe a eu lieu alors que des dizaines de partisans de soccer s’étaient réunis dans une boutique de douceurs glacées pour regarder une joute du championnat de l’Euro.

À ce moment, le tireur portait un chapeau blanc et un masque blanc et une veste de sécurité orange avec un « X » vert fluorescent à l’avant et à l’arrière.

Radio Canada, agence La Presse Canadienne : “Fusillade dans la petite Italie de Toronto : un homme est arrêté”.

Notes :

Une “fusillade” désigne la décharge simultanée d’armes à feu individuelles. Son emploi est donc ici une impropriété, une seule arme ne peut faire une fusillade. Dans les faits, le tireur aurait tiré cinq fois. Par ailleurs, il n’y a pas “d’échange de tirs” quand il y a un seul tireur.

L’expression “une boutique de douceurs glacées” pour désigner un glacier est surprenante dans un contexte journalistique autre que celui d’une chronique gastronomique. (J’ai vérifié, le Sicilian Sidewalk Cafe est bel et bien un glacier italien, “Sicilian’s is an Authentic Italian Gelateria, the oldest one in the City” [source]).

Une veste est un vêtement avec manches. En anglais, “a vest” est une veste sans manches : “a close-fitting waist-length garment, typically having no sleeves or collar and buttoning down the front”. En français, “a safety vest” est donc un gilet de sécurité.

“Un chapeau blanc et un masque blanc”. Après vérification avec d’autres sources, le tireur, habillé en tenue d’ouvrier de la construction, portait un casque de chantier blanc et un masque de protection respiratoire de même couleur.

Corrigé rapide :

La police a arrêté un homme suspecté du meurtre survenu lundi dernier en plein après-midi dans le quartier de la Petite Italie à Toronto. L’auteur présumé des tirs, Dean W., 26 ans, a été arrêté sans résistance jeudi selon les autorités. Il devra comparaître en cour ce vendredi et être accusé de meurtre prémédité.

Toujours selon les autorités, l’homme est résident de Colombie-Britannique, a des contacts à Toronto et était en possession de pièces d’identité à différents noms.

La police de Toronto n’apporte pas d’autres précisions sur cette affaire. L’enquête se poursuit avec la collaboration d’autres corps policiers, dont la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

John Raposo, 35 ans, victime du tireur, a été tué d’une balle dans la tête. Sans livrer plus de détails, la police indique qu’il était connu de ses services. Certains médias évoquent des liens entre la victime et le crime organisé, mais l’homme n’appartiendrait toutefois pas à un groupe criminel.

L’attaque s’est produite sur la terrasse du glacier italien Sicilian Sidewalk Cafe où des dizaines d’amateurs de soccer s’étaient réunis pour regarder une rencontre du championnat Euro 2012.

Le tireur portait un casque de chantier blanc et un masque respiratoire, blanc également, ainsi qu’un gilet de sécurité orange à bandes réfléchissantes.

Un autre client a été blessé par balle dans l’attaque, mais n’était pas ciblé par le tueur selon la police. Il devrait survivre à ses blessures.

Étiquette montréalaise

Here then is a spectrum of greetings you are likely to encounter from staff in a Montreal shop, and what they mean:

  • Bonjour - I am probably French mother tongue and I prefer to speak French. I might not speak English very well.
  • Bonjour-Hi - I am perfectly bilingual and am happy to serve you in the language of your choice. Although I am probably from Quebec, I might not speak French as a first language.
  • Allô! - “Allô”; is a tricky one as it sounds a lot like “Hello.”; Sometimes counter staff use it to be ambiguous and will serve you in the language in which you respond. Sometimes, however, they are unilingual francophones who are attempting to be informal. In fact, as “Allô”; is only used when answering the phone in the rest of the French-speaking world, it took your correspondant about a year to work out that it wasn’t an heavily accented “hello”;! Bonjour is almost always the best response to an Allô.
  • No greeting - I am probably waiting for you to say Bonjour or Hi so I know which language you prefer (by the way, your editor considers this rude.) I am probably not French mother tongue.
  • bonjour-HIII!! - I am stressing the “HI”; because although I can serve you in French (and am required to by law), it is not my first language and I would rather serve you in English.
  • Hi - I only speak English or I strongly prefer to speak English.

Fuck Yeah Quebec: “Bonjour-Hi! Decoding day-to-day bilingualism.”

J’ajoute l’étonnante variante déjà entendue “Hello-hi!”…

De mon expérience dans les commerces, le “bonjour” n’est pas si fréquent que ça et le “allô” est très courant… Un “bonjour Monsieur” ou “Madame” est inexistant.

Apprenez le québécois #5 - Shaker

Ne dites pas « Bouger », « Remuer » ou « Vibrer », mais dites “Shaker”.

“Dans mon restaurant, tous les verres et les tables ont shaké.” — Témoignage suite à un tremblement de terre, La Presse du 24 juin 2010.

“Je criais presque comme une folle « ça shake, ça shake ! Mon bureau shake j’vous dis ! », dit-elle.”La Presse du 24 juin 2010.

“Rien senti au premier étage, mais mon chum s’est fait shaker au deuxième !”Martine P., sur Twitter, 23 juin 2010.

“Les descentes du samedi étaient sublime, c’étais mou mais parcontre ça shake pas mal à haute vitesse.” — Forum, 2009.

“S’cusez si ça shake pas mal mais c’est chiant tenir le volant et une caméra d’une main pendant que l’autre shift.” — Forum, 2008.

“Moi ça shake pas mal en arriere aussi là, jva aller dégeler ça un peu je pense ben avant de scrapper mes bearings de roues…” — Forum, 2005.

“Si ton char roule tout croche au neutre pis ça shake pas mal c’est sûre que c’est un seal qui à petté, ça m’est arrivé l’an passé et un seal brisé = rebuilt.” — Forum, 2007.

“Ché que t’aime ca, sinon pourquoi ta tête shake comme ça.” — Chanson de Francis Belleau.

À l’oral, ne pas confondre avec “Checker”.

Noter qu’au Québec le mot “shaker” pour mélangeur, secoueur ou gobelet double est considéré comme un anglicisme à proscrire.

Étym. De l’anglais, to shake.

Impératif franglais

Le groupe Facebook typically montréalais of the day : Moi I speak le Franglais! - “For tous les people who parle the language of le Franglais. Franglais fait un big comeback ces temps ci. We want to encourager cette langue.”

Apprenez le québécois #4 - La plug et ploguer

Ne dites pas « La prise », mais dites “La plug”.

Ne dites pas « Brancher », mais dites “Pluguer” (ou “Ploguer”).

Ne dites pas « Débrancher », mais dites “Tirer la plug”.

“C’est difficile de faire la coupure et pourtant, il faut être capable de tirer la plug ! Il ne faut pas laisser le travail envahir la vie privée.” — Nicole Hébert, psychologue, citée par La Presse du 8 février 2010.

Étym. De l’anglais, plug.

Ne dites pas « Une publicité », mais dites “Une plug”, ou “Une plogue”.

Ne dites pas « Faire la publicité », « Faire la promotion », « Vanter », mais dites “Faire la plug”, ou “Pluguer” (parfois “Ploguer”).

“Et puis, hein, Montréal, c’est une grande ville, elle existait avant le Grand Prix de F1, elle existera après la fin de ces courses chromées qui servent à ploguer les grandes marques de la consommation mondiale…” — Patrick Lagacé, La Presse du 23 juillet 2009.

“Puis je songe aussi à mes clients que j’aime bien ploguer de temps à autre (bonjour Claudelle) tel que ShoppingTVA ou à cet autre pilier de l’empire Quebecor Archambault ainsi qu’à Ice.com qui est la référence des sites de bijoux en ligne (scusez les liches pour mes clients, mais ils sont tout de même des incontournables).” — Michelle Blanc, plogueuse et autoplogueuse professionnelle, 13 novembre 2007.

Étym. De l’anglais, to plug. “To mention (a product, event, or establishment) publicly in order to promote it.”

Apprenez le québécois #3 - Focuser

Ne dites pas « Se concentrer sur » ou « Se focaliser sur », mais dites “Se focuser sur”.

“Le patron du Blizzard tente par ailleurs d’installer une nouvelle philosophie au sein de sa formation. «Ce qu’on dit aux gars, c’est de ne pas focuser sur les résultats. Les clubs qu’on rencontre ne veulent pas de défaite, c’est ça qui les motive. Nous, on veut focuser sur autre chose.”Le Soleil du 4 octobre 2009.

“Ce que je veux chercher avec vous là, parce que vous avez touché à la fois l’ensemble du système, mais vous êtes les représentants des employés de Radio‑Canada, puis j’essaie peut‑être de vous ramener à se focuser sur Radio‑Canada.” — Michel Arpin, Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Occasionnellement, vous pouvez recontrer “Se défocuser” :

“Avec tout ces évênements, prends soin de toi et surtout je te souhaite de ne pas défocuser sur ton objectif poids.” — Commentaire de blogue.

“T’es con, mais à la fois, tu me fais sourire et défocuser de ce qui m’angoisse.” — Commentaire de blogue.

Ne dites pas « la concentration », mais dites “le focus”.

“De savoir qu’ils sont là et qu’ils vont me regarder, ça va m’aider à garder le focus. Ils sont vraiment importants pour moi.”Le Quotidien du 10 février 2010, Marianne Saint-Gelais, patineuse.

Étym. De l’anglais, to focus on et a focus.

Apprenez le québécois #2 - Le post-mortem

Ne dites pas « Faire le bilan » ou « Faire l’analyse » ou encore « Examiner après-coup », mais dites “Faire le post-mortem”, et mieux, avec un pléonasme, “Faire l’analyse post-mortem”.

“Le Gestionnaire de projets Web […] Prépare le post-mortem, le rapport de fermeture et documente les leçons apprises.” — Ressources humaines de Bell Solutions Web.

“Mener les post mortem de projet et avec l’assistance du/de la chef de projet, créer un rapport de recommandations afin d’identifier les éléments de projet qui ont connu un succès et ceux qui ont connu un échec.” — Agence de marketing Bam Strategy.

“Coordonner les rencontres post-mortem.” — Agence web Activis.

[Rencontrer les morts, découvrir la vie après la vie, c’est la communication de demain.]

“Celui qui a soutenu Michael Ignatieff lors de la course à la direction du PLC a laissé entendre que la performance de M. Proulx comme lieutenant sera évaluée dans un nécessaire post-mortem général. «La beauté d’un post-mortem, c’est que ça doit être entre nous», a-t-il dit en mentionnant que l’objectif ne sera pas de pointer quiconque du doigt, mais de comprendre «ce qui s’est passé lundi».”Le Devoir du 21 septembre 2007, Guillaume Bourgault-Côté.

“Quoi qu’il en soit, quand Gainey, cet après-midi, procédera au post-mortem de son équipe, j’espère qu’il dira les vraies choses.”La Presse du 23 avril 2009, Michel Blanchard.

Étym. De l’expression anglaise, post mortem.

Apprenez le québécois #1 - Checker

Ne dites pas « Je regarde » ou « Je vais voir », mais dites “Je check ça”.

“Check moé l’beau bazou !”

Étym. De l’anglais, to check.