Journal de bord

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Bye Funky Claude

Toujours étrange d’apprendre que quelqu’un qui a croisé votre vie, avec qui vous avez partagé certaines choses, disparaisse…

Claude était un sacré personnage.

Anniversaire triste

Triste, mais pas désespéré.

Le deuil évolue comme une croûte sur la plaie. Cette croûte protège, elle durcit et endurcit. Mais la blessure dessous jamais ne cicatrise.

Il suffit de gratter pour révéler le sang comme la peine. Gratter comme on le fait au minimum annuellement lors de ce genre d’anniversaire.

Et j’ai les hommes et l’amour qui coagulent.

A pas voté

En fait, il n’y a que moi qui ai voté. Noey a décidé de ne pas voter, car elle estime que ne vivant plus en France, elle n’a pas à décider de ce qui s’y passe. C’est un point de vue que je comprends. Le mien est cependant différent, et j’estime qu’en tant que citoyen français, j’ai le devoir d’exprimer mon vote.

Il est vrai que c’est un peu délicat : nous sommes citoyens de deux pays. Si avoir plusieurs nationalités présente des avantages, cela s’accompagne aussi de devoirs, contraintes, et dans certain cas, dilemmes. En effet, que se passe-t-il lorsque deux pays sont en guerre et que l’on est citoyen des deux ? On se retrouve alors malgré soi embarqué dans un conflit, même si l’on ne le veut pas, et il se peut que l’on ait à faire des choix difficiles… Heureusement dans notre cas je pense que les probablilités de conflit ouvert sont très faibles.

Nous vivons au Canada, et chaque jour qui passe, nous nous ancrons davantage dans notre univers. Alors, sommes-nous Canadiens ? Français ? Et quid de notre héritage laotien ? Vietnamien ? Il n’y a pas de réponse tranchée, nous sommes un peu tout ça et régulièrement il faut nous remettre en question et nous interroger sur notre identité.

Yvo*NET : “A voté”.

Pour ma part, j’ai fait le choix de Noey. La France n’est plus vraiment mon pays. Lorsque j’y retourne, je commence à m’y sentir à chaque fois un peu plus étranger. Ma France est faite d’images qui jaunissent dans un album intérieur. Je ne suis plus de son quotidien, je ne me sens plus autorisé.

Chaque jour fait que je suis québécois, le jour présent ayant de façon infime, mais toujours certaine, plus de poids que le précédent.

Peut-être que les gens qui votent de l’étranger s’ouvrent, plus ou moins consciemment, la possibilité d’un jour revenir en France, gardent comme un fil, une éventualité qu’ils n’osent biffer. Ce n’est pas mon cas. Je crois que les Français de l’étranger ne devraient pas avoir le droit de vote en France, au même titre que les étrangers résidants en France devraient l’avoir. Au jour le jour, c’est bien ta cité et ses règles qui contingentent ta vie, pas une idée au-delà de l’horizon.

Ton identité, ce n’est pas un morceau de papier plastifié. C’est bien plus malléable au présent et soluble au passé.

“On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger, pour apprendre à marcher. Être né quelque part, pour celui qui est né, c’est toujours un hasard”. Ton nid, c’est où tu mets tes œufs. Je suis né quelque part, juste un repère, une histoire, un hasard.

Et la vie va…

Le mois de décembre s’achève, même si je n’en ai pas parlé, je n’ai pas oublié l’anniversaire. Je suis toujours une veuve en colère.

Le “tagada”

1982, FG. Souvenir, souvenirs…

AC 871

Au revoir la France, adieu vieille Europe, que le diable t’emporte.

Ma patrie n’a eu aucune bienveillance pour ce que je suis, pour ce que nous sommes… alors, je la quitte. Définitivement, jusqu’à preuve du contraire.

J’intègre un autre pays qui me considère comme un citoyen à part entière, avec les mêmes droits que chacun, une société que j’estime plus respectueuse de la personne humaine, le Canada. Ce n’est certes pas sans un petit pincement au cœur, mais je sais qu’au bout du voyage, j’ai plus à gagner qu’à y perdre.

J’écris ces lignes dans un endroit entre-deux, la fenêtre de ma chambre donne sur le tarmac, le ballet des avions et véhicules de service dans la nuit humide. Je suis partagé entre joie et déchirement, je suis un émigrant. Juste un sac de voyage avec des photos précieuses, un ordinateur, un visa, et le reste au bonheur du transport maritime, je démarre une nouvelle vie, radicalement différente… et, j’ai peur. Mon seul mouillage, ma seule bouée d’amarrage, c’est l’amour. Qui ne connaît rien de plus intangible et cependant si fort…

Demain, vol Air Canada 871, aéroport de Dorval, vers midi heure locale… ma nouvelle vie commence. Et je sais déjà que je n’aurai plus de nostalgie.

Sur mon passeport, page onze, il y a un bel adjectif, mon statut : “immigrant”.

Joyeux Noël et bon anniversaire

Demain, c’est le 17 décembre.

Je n’ai pas la mémoire des dates (ni des nombres, ni des numéros de téléphone, etc.), mais ce 17 décembre me revient régulièrement dans la gueule, il ne sait pas se faire oublier. Je me souviens que j’en maintiens une haine farouche envers Noël et ses festivités. Je me souviens aussi que l’être aimé qui meurt dans ses bras, ça ne laisse pas indemne. Bref, je suis dans le temps du souvenir. Et, c’est encore bien douloureux.

Au jeu de l’amour, je ne sais pas si qui perd gagne. Salut l’artiste.

Anniversaire

C’était un 17 décembre. Ça fait 12 ans. Anniversaire.

Pas de pathos. J’ai gagné la sérénité, ce fut rude, ce fut long. Je suis aimé, je survis. J’espère que la nuit ne sera pas trop longue.

À la voix que tu donnes
Détendue, un peu lasse
Toute en creux qui m’apaisent
Et m’installent à ton bord,
J’entame le voyage,
Car les voiles ont claqué
De ce vent régulier
Frisant l’eau qui se fend
D’une étrave inclinée,
Un filet d’écume fine,
Et mon cœur à la gîte
Répond à l’oiseau
Que la terre précieuse
Est un désir par l’horizon,
Un murmure à la face du ciel.

3 décembre 1993.

Le cœur à la gîte. J’aime pas Noël. Vivement l’année prochaine.

Zut

Si le prix de ma sincérité, c’est de le prendre du purin dans la gueule, je suis prêt à l’accepter. Ici, il n’y a rien à vendre, ni la société où je travaille (activité professionnelle prenante et passionnante dont je ne parle que très rarement), que je vais devoir quitter à regrets parce que mon pays n’accepte pas vraiment ce que je suis, ni même ma personne qui se serait abstenue pour son auto-promotion de bien de ses propres écrits qui ne la mettent pas en valeur, sans oublier les photos montrant son cul.

En épitaphe, j’aimerai qu’on puisse lire “il n’a pas été hypocrite” sans que cela ne puisse faire rire quiconque.

Il y a deux choses inestimables dans la vie, ce sont l’amitié et l’amour. J’ai appris à mes dépends que l’amitié pouvait se faire rare quand on avait perdu l’amour. C’est dans ces circonstances que l’on décompte les vrais amis, et c’est là que vous vous rendez compte trop souvent que vous avez trop des doigts d’une seule main pour les dénombrer. Songez-y.

P.S. Merci Patrick. Et une pensée émue à Nicolas, il sait pourquoi.

P.S. bis. Et j’aime bien les gens dont le cœur déborde.

C’est difficile d’expliquer comment un coeur déborde. Cela fait un peu mal, comme une sorte de raz-de-marée, sans doute l’afflux de la circulation sanguine, une accélération du pouls, qui donne une bouffée de chaleur, un peu trop de bruit dans les tympans et une envie de serrer contre soi ceux que l’on aime. Ou bien de crier. Ou bien de pleurer, de sangloter. D’expliquer, de se justifier, ce n’est pas normal de sentir tout cela à la fois, de ne pas pouvoir canaliser tout en même temps, les battements de son coeur au même rythme que des pensées qui ont des mots sans être ordonnés, et les mots qui ne vont certainement jamais assez vite pour être au diapason, sans parler de la cacophonie qu’ils feraient s’ils étaient prononcés.

Mon quotidien du 25 décembre

Semaine de merde. Je la commence avec un genre de gastro, je la termine avec un rhume. Et, cerise sur le sundae, Noël. Beurk.

Reçu la reine ce midi. Je lui ai préparé homard, langoustines, magret de canard façon tournedos à la Rossini et sa poêlée de fèves aux lardons (une création personnelle). Bûche “Châtaigneraie” de Lenôtre (la “Lolita Lempicka” faisait un peu peur).

J’espère que la lapin s’amuse bien avec son Noël sans eau ni électricité.

Lundi dernier, j’ai reçu “Blogs pour les pros” avec une dédicace sympa. En attendant la livraison de François pour faire un billet comparatif.

Il faudrait que je commence mon livre, mais je suis tellement fainéant.

Noyeux Joël

Ma mère n’est pas venue hier soir, clouée au lit par la grippe. Nous nous sommes donc couchés vers 10 heures 30, après un bouillon de poule bien chaud. Adieu festin de rêve, adieu carpaccio de Saint-Jacques à la coriandre, salade de langoustines aux agrumes et escalopines de pétoncles, petites cailles au foie gras, etc. Nous sommes tous malades comme des chiens.

Aujourd’hui, 13 heures. Mon lapin crache ses poumons au fond du lit et moi je suis devant l’ordi, fiévreux, le nez qui coule, les oreilles bouchées et sifflantes. Je n’aime pas Noël, mais il semble que Noël me le rende bien.

Mon lapin m’a offert un beau livre sur les coureurs des bois et des disques d’Yvon Deschamps (mais comme j’entends plus rien avec le début d’otite, on va attendre un peu pour les écouter). Et, j’oubliais, le dernier roman de Michel Tremblay, Le cahier noir.

J’aime pas Noël

Pour la maison, les cadeaux à trouver, le menu du dîner de Noël à préparer, etc.

Pour le bureau, les clients qui veulent tout avant de partir en vacances, avant 2004, etc.

Noël = surmenage. (Même pas le temps de bloguer).

J’aime pas Noël. Vivement l’année prochaine.

PS. Je me plains, mais au moins, j’ai un four en état de marche pour préparer le dîner, ce qui n’est pas donné à tout le monde

C’est Noël !

Mon lapin est rentré de Montréal et m’a rapporté plein de cadeaux du Québec.

Des DVD :
- le coffret Six feet Under, The complete first season, qui vient de sortir,
- La vie, la vie, la série complète,
- Mon oncle Antoine, de Claude Jutra,
- le coffret 3 DVD Radio-Canada : cinquante ans de grande télévision jeunesse (avec Pépinot, Sol et Gobelet, Fanfreluche, le Major Plum Pouding, La souris verte, etc.),
- le coffret 5 DVD Radio-Canada : Cinquante ans de grande télévision (avec la Famille Plouffe, Radisson, Les belles histoires des pays d’en haut, Rue des Pignons, Le temps d’une paix, L’enfer c’est nous autres, etc.),
Des livres :
- Michel Tremblay, Bonbons assortis,
- Mordecai Richler, Rue Saint-Urbain,
- L’annuaire du Québec 2003,
Et aussi le logiciel Antidote MP, les derniers exemplaires de Fugues, Le Devoir d’hier, une laine polaire La Cordée et un Levi’s 501.

Moi, je dis, c’est beau d’être aimé !

Paris sous la neige

Il neige aujourd’hui sur Paris et le phénomène est assez rare pour qu’il mérite d’être signalé.

Mon lapin est tout content, ça lui rappelle son Québec.

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Fin d’année

La grande-mère maternelle de mon lapin, celle de Saint-Jovite, s’est éteinte, à 95 ans. Elle avait plus le goût. Parfois, les vieux, ils s’éteignent comme des chandelles arrivées à court de cire. Doucement, mais fatalement.

De fait, les chansons préparées pour la nuit de réveillon ne seront pas chantées et seront gardées pour l’année suivante.

Mot d’introduction

Journée douce et pluvieuse sur Paris. Me voici donc avec un blogue… Reste à savoir qu’en faire. Je ne sais pas encore, on verra bien. Peut-être juste noter les petites choses que je ne souhaite pas oublier, mes indignations du moment, des mots d’esprit, des confidences aux proches sur ce petit espace personnel perdu dans l’immensité de la toile mondiale. Bref, une petite extension du Moi, lisible par tous et confiée à la postérité numérique.