journal de bord | février 2010

Lokan, nouvelle star [lundi 1 février 2010]

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Merci Tehu de me faire découvrir la nouvelle star montante de la blogosphère geek : LoKan.

“Le nom de domaine www.lokan.fr a été acheté le 7 janvier 2007, pour sortir de la spirale infernale des Skyblogs et avoir mon propre site, avec mon nom perso (il paraît que ça le fait).”

LoKan.fr : “À propos”.

Eh oui, les skyblogueurs grandissent et commencent à envahir le reste du Web… Les Mr Dream et Gonzague prennent soudain un bon coup de vieux, et Presse-Citron est proche de la préretraite.

C’est sûr, Lokan a le sang chaud :

“Je me dis que franchement, c’est de la merde, on nous prend encore pour des cons. Je ne vois aucune différence avec ce que sait faire mon MacBook, ou ce que sait faire mon iPhone. C’est clairement de la merde. Mon iPhone navigue aussi bien sur Internet que cette connerie d’Ipad. L’AppStore, laissez-moi rire, c’est le même que pour l’iPhone. Franchement, ça reste un gros iPhone. Je trouve ça moche en plus. Y a des bords gigantesques et une grosse pomme immense au dos. C’est tout d’aluminium. Franchement, je trouve ça pas beau, je trouve ça cher, je trouve ça pas utile. 16 Go de mémoire dessus, mais on prend les gens pour des cons ou quoi ? J’ai autant sur mon iPhone. 16 Go de mémoire et ça veut être un outil mobile ? C’est pas vrai, 16 Go de mémoire, tu fais rien aujourd’hui ! […] À un moment, faut arrêter de se masturber sur un produit, parce que là, je suis désolé, avec un truc comme ça, là, avec cette grosse chose, on ne fait rien ! C’est de la poudre aux yeux, c’est une aberration. Ils auraient mieux fait de mettre à jour leur gamme, ces petits MacBook Pro qui sont à la bourre de tout ce qui se fait dans la concurrence. […] Plutôt que sortir, c’est connerie parce qu’il y a des millions d’utilisateurs d’Apple qui se masturbent en disant “ouais, on va avoir une tablette”. Donc, je suis désolé, c’est un coup de gueule à chaud, […] mais là, sérieux, ça me gonfle !

Vous l’aurez compris, pour Lokan, l’iPad, c’est de la merde !

Cela dit, j’aime bien son franc-parler, “Apple, la marque favorite des Jean-Jacques”, sa réjouissante énergie, ses bonnets en poil de lama et son accent du Sud-Ouest (Samantdi va aimer).

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(M’étonnerait pas qu’il devienne une icône gay en plus…)

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Comment perdre des lecteurs ? [mardi 2 février 2010]

En changeant son fil RSS sans rien dire.

Yagg.com avait disparu de mon radar, mais dans la masse de sources, je ne m’en étais pas aperçu. Dans mon agrégateur, Yagg.com restait figé au 21 décembre 2009. Je suis donc allé voir sur le site si Yagg était mort, mais non, toujours en vie…

Donc, mon petit coup de gueule du jour : “Bordel, avertissez quand vous abandonnez un feed.” Et si vous passez à Feedburner, faite une redirection.

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Auxiliaires ethniques [mardi 2 février 2010]

Nous sommes un peuple qui fut graduellement mis en minorité par un autre peuple, les Canadiens anglais, lequel s’est essentiellement développé sur notre dos au moyen d’une immigration colonialiste massive. Nos efforts de libération politiquement corrects, bien épurés de tout ethnocentrisme, ont été mis en échec en 1995 par un vote massif et colonialiste non seulement des anglophones, mais aussi des allophones et même d’une forte majorité d’immigrants francisés comme les Haïtiens. On nous a eus par notre point faible. L’ennemi a fait pénétrer ses auxiliaires ethniques par le point de la forteresse que nous avons refusé de défendre : le front de l’immigration. L’on disait alors et l’on dit encore qu’une opposition à l’immigration des indépendantistes nuirait à la cause. C’est exactement le contraire qui est arrivé. C’est notre négligence ou notre faiblesse, voire notre lâcheté, à combattre l’immigration qui a causé la perte du référendum de 1995 et qui a causé le recul démographique que nous avons subi entre les recensements de 2001 et de 2006 aussi bien à Montréal et au Québec qu’au Canada. Et rien ne permet de croire que cet effondrement démographique ne se poursuit pas depuis 2006. L’immigration a d’abord enrayé notre émancipation nationale et maintenant elle met en cause notre survie même.

Nous nous dirigeons vers une fin rapide et misérable si nous n’ajoutons pas aux revendications historiques d’indépendance et d’unilinguisme français celle d’une réduction très marquée du nombre d’immigrants admis au Québec chaque année (division par quatre au moins) couplée à l’obligation que ces immigrants parlent le français et ne proviennent pas de pays dont les ressortissants alimentent les gangs de rue ou les revendications islamistes.

Vigile.net, Yves Ménard : “Unilinguisme français et réduction de l’immigration”.

Je me demande si je suis un auxiliaire ethnique…

(Tout cela est bien sûr à mettre dans le sillage de la fameuse citation de Jacques Parizeau en octobre 1995 “C’est vrai, c’est vrai qu’on a été battus, au fond, par quoi ? Par l’argent puis des votes ethniques, essentiellement”.)

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Pas de pizza 2.0 pour moi [mardi 2 février 2010]

Yves Jégo essuie mardi soir les plâtres de la première soirée “Pizz@ 2.0” de Valérie Pécresse.

Le député de Seine-et-Marne, tête de liste en Seine-et-Marne pour les élections régionales, sera soumis à partir de 19h30 au feu roulant de questions, décalées ou non, de jeunes et/ou de blogueurs, dont les plus connus sont Guy Birenbaum (Le Post, Europe 1) et Embruns (Laurent Gloaguen).

Infos France 2 : « Les soirées “Pizz@s 2.0” de Valérie Pécresse ».

Je confirme avoir bien reçu une invitation de l’équipe de Valérie Pécresse à participer à un “interview insolent” avec Yves Jégo, député de Seine-et-Marne, maire de Montereau-Fault-Yonne, conseiller politique de l’UMP, tête de liste en Seine-et-Marne pour les élections régionales. Le tout autour d’une bonne pizza comme aux riches heures du QG de campagne du candidat Nicolas Sarkozy.

Je remercie Valérie Pécresse et son équipe de cette charmante invitation.

Malheureusement, je me trouve à 5 500 km de la péniche Équité et je ne pourrai donc assister à cette manifestation aux côtés de mon pote Guy Birenbaum.

Je démens donc l’information de la rédaction de France 2.

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P.S. Ah, Guy Birenbaum ne viendra pas non plus : “Je regarde Dr House”.

P.S. bis. L’article de France 2 a été corrigé.

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Retour vers le futur [mercredi 3 février 2010]

Si l’enthousiasme, la volonté politique et la prodigalité en grands travaux qui régnaient dans les années 60 avaient perduré, le métro de Montréal compterait aujourd’hui 9 lignes et 300 stations.

Le réseau inauguré en 1966 :

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Le réseau en 1967 :

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En octobre 1967, le Bureau de Transport Métropolitain imagine le réseau tel qu’il devrait être en 1982 :

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Marc Dufour, ferrovipathe montréalais, a redessiné ce plan pour plus de lisibilité :

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L’optimisme des années 60 était à plein régime : 9 lignes, presque 300 stations (autant qu’à Paris) et 112 km de voies.

Pour référence, le réseau réel en 1983 :

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La ligne bleue est encore en construction (le premier tronçon, Castelnau à Saint-Michel sera inauguré en juin 1986). La ligne orange va de Plamondon à Henri-Bourassa (le tronçon Du Collège à Côte-Vertu sera inauguré en octobre 1986).

L’évolution du réseau, de 1966 à nos jours :

  • 14 oct 1966: (1) ligne verte Atwater - Papineau
  • 14 oct 1966: (2) ligne orange Place-d’Armes - Henri-Bourassa
  • 19 déc 1966: (1) ligne verte Papineau - Frontenac
  • 21 déc 1966: (1) ligne verte Beaudry
  • 06 fév 1967: (2) ligne orange Place-d’Armes - Square-Victoria
  • 13 fév 1967: (2) ligne orange Square-Victoria - Bonaventure
  • 31 mar 1967: (4) ligne jaune Berri-UQÀM - Longueuil
  • 28 avr 1967: (4) ligne jaune Île-Sainte-Hélène (maintenant Jean-Drapeau)
  • 06 juin 1976: (1) ligne verte Frontenac - Honoré-Beaugrand
  • 03 sep 1978: (1) ligne verte Atwater - Angrignon
  • 28 avr 1980: (2) ligne orange Bonaventure - Place-Saint-Henri
  • 07 sep 1981: (2) ligne orange Place-Saint-Henri - Snowdon
  • 04 jan 1982: (2) ligne orange Snowdon - Côte-Sainte-Catherine
  • 29 juin 1982: (2) ligne orange Côte-Sainte-Catherine - Plamondon
  • 09 jan 1984: (2) ligne orange Plamondon - Du Collège
  • 16 juin 1986: (5) ligne bleue De Castelnau - Saint-Michel
  • 27 oct 1986: (2) ligne orange Du Collège - Côte-Vertu
  • 15 juin 1987: (5) ligne bleue De Castelnau - Parc
  • 04 jan 1988: (5) ligne bleue Parc - Snowdon
  • 28 mar 1988: (5) ligne bleue Acadie
  • 28 avr 2007: (2) ligne orange Henri-Bourassa - Montmorency

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New Business [jeudi 4 février 2010]

Moi, je bosse dans le caritatif… Ça rapporte un max !

Le blog viril de Jéromeuh : “Sacerdoce”.

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Creative Destruction [vendredi 5 février 2010]

[…] Microsoft has become a clumsy, uncompetitive innovator. Its products are lampooned, often unfairly but sometimes with good reason. Its image has never recovered from the antitrust prosecution of the 1990s. Its marketing has been inept for years; remember the 2008 ad in which Bill Gates was somehow persuaded to literally wiggle his behind at the camera?

While Apple continues to gain market share in many products, Microsoft has lost share in Web browsers, high-end laptops and smartphones. Despite billions in investment, its Xbox line is still at best an equal contender in the game console business. It first ignored and then stumbled in personal music players until that business was locked up by Apple.

Microsoft’s huge profits — $6.7 billion for the past quarter — come almost entirely from Windows and Office programs first developed decades ago. Like G.M. with its trucks and S.U.V.’s, Microsoft can’t count on these venerable products to sustain it forever. Perhaps worst of all, Microsoft is no longer considered the cool or cutting-edge place to work. There has been a steady exit of its best and brightest.

What happened? Unlike other companies, Microsoft never developed a true system for innovation. Some of my former colleagues argue that it actually developed a system to thwart innovation. Despite having one of the largest and best corporate laboratories in the world, and the luxury of not one but three chief technology officers, the company routinely manages to frustrate the efforts of its visionary thinkers.

[…] Part of the problem is a historic preference to develop (highly profitable) software without undertaking (highly risky) hardware. This made economic sense when the company was founded in 1975, but now makes it far more difficult to create tightly integrated, beautifully designed products like an iPhone or TiVo. And, yes, part of the problem has been an understandable caution in the wake of the antitrust settlement. Timing has also been poor — too soon on Web TV, too late on iPods.

Internal competition is common at great companies. It can be wisely encouraged to force ideas to compete. The problem comes when the competition becomes uncontrolled and destructive.

The New-York Times, Dick Brass, vice president at Microsoft from 1997 to 2004: “Microsoft’s Creative Destruction”.

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Orgasme divin [dimanche 7 février 2010]

Écoutons Dominique Bertrand expliquer ça :

« Recroquevillée sur le canapé du salon, maigre à faire peur, à bout de nerfs comme de larmes, je fus saisis soudainement et sans avertissement d’une violente sensation vibratoire. J’eus l’impression de ressentir un choc électrique fulgurant de la tête aux pieds. Pendant ces secondes ou ces minutes pétrifiantes, j’avais le sentiment que se déversait sur ma tête une invisible coulée de miel chaud et lumineux. »

Du miel chaud… Intéressant.

Elle précise :

« Quelque chose me rentrait dedans par je ne sais où avec une force qu’il m’est encore aujourd’hui impossible de dépeindre. Quand l’étreinte s’est finalement relâchée, je me suis mise à pleurer comme une enfant. J’étais secouée de sanglots profonds qui trouvaient leur source dans une émotion plus que submergeante, dans la parfaite pureté de la vérité qui s’imposait à moi : Dieu existe. »

Et elle ajoute :

« À ce moment précis, j’ai su qu’on ne meurt pas. Dès lors, j’ai su que la vie se poursuit après la mort. Et je le sais toujours. Dieu, comme un soleil, illumine tout. Baigne tout, même les recoins les plus obscurs de ma vie. »

Cette preuve de l’existence de Dieu, vous la trouverez dans une autobiographie publiée non par Médiaspaul mais par les Éditions de L’Homme.

Le Soleil, Didier Fessou : “Dominique Bertrand a reçu la visite de Dieu”, via Antoine Robitaille.

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C’est du béton [dimanche 7 février 2010]

Une verge en béton.

Pause publicité grâce à Maïa.

(Cadeau Bonux : on attrape pas les mouches avec du vinaigre.)

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Tweet du jour [dimanche 7 février 2010]

@embruns Je t'unfollow. Tu est beaucoup trop dérangeant et homosexuel pour moi!

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Bernard-Henri Lévy atteint de botulisme [lundi 8 février 2010]

Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme » ? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n’a qu’à bien se tenir. À la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de La Critique de la raison pure, « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».

Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du Canard enchaîné, où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 2004 aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».

Nouvel Observateur, Aude Lancelin : “Bernard-Henri Lévy en flagrant délire”.

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Mickaël Vendetta agressé [lundi 8 février 2010]

Claudette. On se défonce, on fait les gentils. Pis c’est nous qu’on est up ! Et toi, tu vas insulter les gens là, leur faire de la peine. Pis c’est correct ? Ça va ? Non, ça va pas.

Mickaël. J’ai rien fait de mal. J’ai…

Claudette. Ça va pas ! C’est pas gentil ce que tu as dit à mon amie. C’est pas gentil de la traiter… de la traiter… d’au… d’autruche !

Mickaël. Mais… Je l’ai pas traité…

Claudette. Tu l’as traité d’autruche !

Mickaël. Vous utilisez ça pour m’éliminer. Rien d’autre. Je suis un mec gentil, vous le savez…

Claudette. Non !

Mickaël. Quand je vais chercher ma nouvelle couette… je suis venu la chercher…

Claudette. Arrête. Arrête. Non. Non !

Mickaël. Vous utilisez ça pour m’éliminer. C’est différent. C’est un subterfuge.

Claudette. Arrête. Arrête. Non, non ! N’utilise pas ça. Je vais te la redonner la couette, je m’en câlisse ! Dis-moi pas ça ! Ne manipule pas l’amitié ! Je peux faire m’importe quoi pour les gens ici. N’importe qui ! N’importe qui, je peux faire n’importe quoi ! Mais fais pas de peine à mes amies, c’est tout ! C’est tout ! Non, je dors ici, c’est aussi mon territoire.

Célyne. Viens avec nous, on veut t’avoir avec nous, nous.

Claudette. (Essuyant ses larmes). Non… Arrête.

Hermine. Vous faites pleurer Claudette ? Mais c’est pas possible ! C’est la plus solide ! Merdeuh !

Claudette. …dans la vie, je suis quelqu’un de correct.

Hermine. Mais t’es qui pour faire chier tout le monde ?

Claudette. Mickaël, Mickaël, elle se défonce, tout le temps, et pour tout le monde. Elle méritait pas que tu la traites d’autruche.

Mickaël. Putain, hé, on se croirait dans un film, vous abusez… Oh, la la.

Hermine. (Se précipitant vers Mickaël). Oh, putain ! Tu commences à me faire chier !

Mickaël. Hé, tu vas pas me frapper là ?

Hermine. Je te frappe pas (Paf !), je te donne juste une leçon de morale, petit con de merde.

Hermine de Clermont-Tonnerre déclarait : “Je suis une grande gueule, si on vient me chercher, je risque de ne vraiment pas être sympa !”

[Via La Clique du Plateau.]

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Soutien à Ilham Moussaïd [lundi 8 février 2010]

Je m’aperçois, en me relisant, que je n’ai pas abordé la question du rapport entre voile et féminisme. Ilham Moussaïd a notamment précisé qu’elle ne se sentait ni opprimée ni dégradée par le voile, qu’il s’agissait pour elle de l’expression de son culte. Être féministe, c’est aussi laisser les femmes faire ce qu’elles pensent juste de leur corps et affirmer tout ce qu’elles sont, en toute liberté.

La Vie secrète des mites : “Soutien à Ilham Moussaïd”.

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Il hait la Suisse [lundi 8 février 2010]

Je hais la Suisse.

Roman Polanski, nous venons de l’apprendre, va passer un an de plus dans sa prison suisse. Je dis bien : « prison ». Une prison, ce n’est pas strictement un cachot avec des rats. Une prison, c’est tout prosaïquement un endroit dont on ne peut sortir. D’où on ne peut pas s’échapper. Peu importe que la prison soit une cellule ou un chalet, un terrier ou même un immeuble tout entier. On est en prison quand on ne peut pas être ailleurs. Roman Polanski restera emprisonné en Suisse : c’est la Suisse la prison. C’est la Suisse le bourreau. C’est la Suisse la sentence. C’est la Suisse la trahison. C’est la Suisse la haine et la revanche et la vengeance. Parce que la Suisse n’est pas un pays : la Suisse n’est rien. La Suisse n’existe qu’en détruisant. En neutralisant. Ce n’est pas un pays neutre, non : c’est un pays qui neutralise. Très joli pays qui, pendant la guerre, voyant qu’un peu trop de juifs venaient étrangement faire du tourisme en ses montagnes, a demandé à ce que fût apposé sur les passeports le « J » de Juden. La Suisse n’est pas un pays neutre : c’est un non-pays vendu. La Suisse, ce pays des horlogers, sait manier le temps comme Satan : enfer du temps dans lequel elle neutralise un génie (un an de plus), enfer du temps à l’intérieur duquel, avec une infinie patience, elle guette sa proie : trente-deux ans pour attraper Polanski. La Suisse n’existe pas : pour exister, elle est obligée de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. La Suisse est un pays pornographique. Sales affaires (comptes bancaires, fiscalité), sale comportement (arrestation de Polanski) : tout est propre dans les rues suisses, dans les montagnes suisses, dans les vallons suisses, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis.

Je hais la Suisse. Sa gentillesse méchante, sa dégueulasserie bonbon, son calme rempli de dagues et de couteaux, sa surface polie mais comme une lame. Nous voudrions que ce pays relâche Roman Polanski, s’excuse, arrête tout. Nous voudrions que la population suisse ait honte, définitivement honte, pour ce qu’elle fait endurer à Polanski. Que des grèves se déclarent à Genève, à Lausanne, à Gstaad, ou des manifestations. Que les gens sortent dans la rue. Crient. Hurlent. Contre leur « gouvernement ». Autrefois, Alfred Jarry disait (c’est dans Ubu Roi) : « la scène se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part. » Nulle part, ce serait plutôt la Suisse. La Suisse voudrait empêcher que le réalisateur de Chinatown (que je viens de revoir cette nuit et qui est un chef-d’œuvre) continue de nous donner des œuvres d’art. Pourquoi, Suisse, ne laisses-tu pas cet homme partir ? Parce que tu as peur de l’Amérique ? Parce que tu trembles ? Parce que tu suis toute cette meute ignoble, parfaitement aveugle, et qui veut que Polanski représente, pour la nuit des temps, le pédophile par excellence ? Qu’il en soit l’incarnation, le parangon, l’icône ? Suisse, sois digne pour une fois dans ta vie. Suisse, donne-toi une dignité en rendant la sienne à un des grands génies du cinéma qui a suffisamment payé pour quelque chose qui ne s’est pas déroulé comme on le sait, le croit, croit le savoir. Suisse, sois une nation, sois un pays, sois quelqu’un. Sois un homme, Suisse.

Quand il y a la guerre, Suisse, tu te carapates. Tu regardes tes chaussures. Tu vas tranquillement te promener en montagne. Tu respires le bon air parmi les gentils (petits) oiseaux. Rien n’est ton problème, Suisse. Tu n’es jamais concernée. Tu n’es jamais impliquée. Tu n’es jamais inquiétée. Tu n’es jamais là quand on a besoin de toi. Tu es toujours là, sur la planète, mais tu ne sers à rien : tu arrêtes les artistes et tu enrichis les enrichis. Tu ne sais rien faire, sauf pitié. Je te hais, Suisse. Je te demande de m’arrêter, moi, aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde.”

Yann Moix.

Les citoyens de la “pute” ne sont pas content, et sous le déversement de signalements, Facebook suspend le compte de l’auteur du libelle, immense artiste français à qui nous devions déjà “Podium“ :

Je suis écrivain, je suis réalisateur. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, c’est ainsi. J’écris, je publie, je travaille beaucoup, je réfléchis, j’existe. Je suis un être passionné, parfois emporté, et je travaille actuellement sur plusieurs livres : un essai sur le judaïsme, une biographie de Kafka et un roman sur les Marranes.

J’avais, il y a quelques jours encore, une page Facebook, comme tout le monde, car il est spécifié, quand on s’inscrit sur Facebook, que Facebook est ouvert à tout le monde. Mais Facebook, la société Facebook a décidé de supprimer mon compte, ma page. Sur cette page, il y avait des articles sur Kafka, sur Proust, sur Gombrowicz et sur Miles Davis, sur Stravinsky et sur Sollers. Il y avait des propos polémiques car je suis polémiste. Il y avait des propos sur Polanski car je suis polanskiste. Il y avait une part de moi, de mon univers. Tout ça, ainsi que mes 3 300 amis, a disparu : non seulement c’est ignoble pour mes 3 300 amis, qui ne peuvent plus communiquer avec moi, mais c’est ignoble tout court.

Car pendant qu’on me fait taire, qu’on me sabre, qu’on me supprime, qu’on m’élimine virtuellement, culturellement, intellectuellement, tous les groupes Facebook haineux à mon endroit, eux, perdurent, sont là, consultables, en pleine forme. Je suis supprimé, moi, sans avertissement, de Facebook, mais des groupes tels que « Yann Moix, la Suisse t’emmerde ! » ou « Yann Moix, la Suisse t’encule ! », qui appellent à brûler mes livres sur la place publique, appellent à me frapper physiquement ou s’en prennent à mon physique par des injures démentielles, des groupes comme ceux-là, oui, sont consultables.

Ce n’est plus de la censure : Facebook pratique le délit de sale gueule. Facebook prive un écrivain, un artiste, de parole, de moyen d’expression, de vitrine, au profit de la Meute hurlante, nombreuse, haineuse, dégueulasse.

Ceci est une lettre ouverte à Facebook : je ne savais pas que, pour perdurer sur ce support, il fallait pratiquer la faute d’orthographe de manière systématique, encourager la haine de la pensée, du pamphlet et de la littérature, et encourager la pratique de la menace de mort et du délit de faciès. Je ne savais pas que Facebook avait la haine des penseurs, des artistes et des intellectuels.

Je demande instamment à Facebook de rétablir ma page, non pas une toute nouvelle page bien vierge qui recommence à zéro, avec mémoire effacée, avec amis détruits, avec articles déchirés : mais la page mêmement même que celle que je possédais il y a deux jours encore. Non pas le jumeau nettoyé de mon mur pestiféré, mais le même mur mêmement même, les mêmes amis semblablement semblables. Je veux retrouver mon profil strictement profilé de la stricte même manière.

Je suis le premier écrivain au monde éjecté de Facebook. Le premier détruit sur Facebook. Le premier qu’on accepte de livrer aux chiens de la Meute, le premier que Facebook permet de lyncher, d’assassiner (pas de panique : j’ai la peau dure), mais qui, supprimé, rayé, éradiqué, ne peut ni se répondre, ni s’exprimer. Je n’ai, sur Facebook, que le droit d’être tué, fustigé, haï. Je n’ai plus le droit, sur Facebook, de vivre, de faire partager des vidéos de Frank Zappa ou de Cornell Dupree, de faire découvrir Cziffra à mes amis, ni leur dire ô combien Guitry est un génie. Je ne peux plus donner au moindre ami, sur Facebook, un renseignement sur Rossellini, ni livrer une anecdote sur Fassbinder.

Je n’ai que le droit d’être exposé. Sur Facebook, on menace de me torturer (physiquement), on menace de faire un autodafé de mes livres en place publique, on menace de me faire la peau. Sauf que c’est un support sur lequel je suis déjà mort. Réduit au silence. Même les néo-nazis ne connaissent pas ce traitement.

Je suis le premier artiste français, le premier écrivain du monde a être excommunié d’une société virtuelle ouverte à tout le monde sauf un, ouverte au monde entier sauf à moi.

Je demande ici, solennellement, aux autorités facebookiennes de rétablir immédiatement mon profil, mes pages, mon mur. Facebook est un trombinoscope : ma trombine n’est pas au goût de Facebook.

J’irai jusqu’au bout pour revenir, non par une ruse, non nanti d’un nouveau profil pirate et marrane, d’une crypto-identité, en toute lumière sur ce site démocratique moins un. Ce site pour tous sauf pour Yann Moix. Ce site pour l’humanité entière à une exception près. Ce site universel à un paria près : moi. A une sale gueule près : la mienne.

J’ai de la force, de l’énergie, de la conviction, de l’intelligence et des avocats. Le combat commence aujourd’hui. Ceux qui voudront me soutenir sont les bienvenus.

Sur Facebook, “Yann Moix la Suisse t’encule” n’est pas une insulte. En revanche, “Yann Moix” tout court est une insulte. Et la pire au monde.

La Règle du Jeu, Yann Moix : “Comment Facebook m’a éliminé”.

Je publie les textes in-extenso. Je n’aime pas la censure et souffrirais que la parole de Yann Moix puisse être censurée, voire oubliée.

Commentaire inutile : “Ah, bien, on préférait Michaël Vendetta finalement…”

Commentaire inutile (bis) : “On voit que le ridicule ne tue pas”, ou encore quelconque citation d’Audiard à propos des cons.

Commentaire inutile (ter) : “Oh, comme Yann Moix maîtrise l’Art du Je”.

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Better than nothing [mardi 9 février 2010]

2010-amazon-nothing.

Je n’arrive pas à me décider à acheter ce produit sur Amazon tant les commentaires sur sa qualité sont contradictoires.

Et celui-ci, qui parait intéressant également, me semble bien trop onéreux.

— 3 commentaires.

À la recherche des Gnacsitares [mardi 9 février 2010]

Où comment la sérendipité propre à la Toile vous mène sur la piste d’une tribu oubliée et perdue.

L’australien BibliOdyssey figure parmi mes carnets Web favoris.

Sur son billet “Victorian Infographics”, ou “infographies à l’ère victorienne”, il présente la collection de M. David Rumsey.

M. Rumsey est un collectionneur de cartes anciennes, qui consacre son argent non seulement à enrichir sa collection (150 000 documents), mais aussi à la rendre accessible sur Internet dans les meilleures conditions.

Il a également un blogue que tout amateur de la chose se doit de suivre.

Je me rends donc sur le site de la collection Rumsey, et après quelque temps à baguenauder, je tombe sur la “Carte du Canada ou de la Nouvelle France et des decouvertes que y ont été faites” de 1703.

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Sur son cartouche, on peut y lire :

Carte du Canada
ou de la Nouvelle France
et des découvertes que y ont été faites.

Dressée sur plusieurs observations
et sur un grand nombre de relations imprimées ou manuscrites.
Par Guillaume de l’Isle, Géographe
de l’Académie Royale des Sciences.
À Paris,
chez l’Auteur sur le Quai de l’Horloge à l’Aigle d’Or,
avec Privilege du sa Majesté pour 20 ans,
1703.

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Dans sa partie Est, cette carte du début du XVIIIe siècle est fort proche de la géographie du Québec et de ses abords telle que nous la connaissons aujourd’hui.

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Mais plus nous allons vers l’Ouest, plus elle est parcellaire, imprécise, et s’éloigne de notre savoir moderne, notamment au-delà des Grands Lacs.

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L’exploration de ces zones laisse place à la rêverie, à l’inconnu :

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Quel est donc aujourd’hui ce pays des Moozemleks “qui ont beaucoup de politesse” et quel est ce mystérieux pays des Gnacsitares, au-delà de celui des Esamapes, auquel on accède par une “rivière longue nommée par quelques peuples la Rivière Morte à cause de sa lenteur” ?

L’étendue d’eau sur la gauche serait, aux dires de la carte, un :

Lac d’eau salée de 30 lieues de large et 300 de tour. Suivant le rapport des Sauvages qui disent que son embouchure, qui est bien loin du côté du Sud, n’a pas plus de 2 lieues de large, qu’il y a environ 100 villes autour de cette espèce de mer sur laquelle ils naviguent avec de grands bateaux.

Je me rends sur Google Maps, mais force est de constater qu’il n’y a aucun grand lac susceptible de correspondre et je situe très approximativement ces Moozemleks et Gnacsitares du côté du Nord-Dakota.

Voyons si la carte nous en dit plus :

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La Rivière Longue ou Rivière Morte a été découverte depuis peu par le baron de Lahontan jusqu’à l’endroit qui est marqué dans la carte, ce qui est plus à l’Occident a été dessiné sur des peaux de cerf par des Sauvages de la Nation des Gnacsitares à moins que le dit Sieur de Lahontan n’ait inventé toutes ces choses ce qu’il est difficile de résoudre étant le Seul qui a pénétré dans ces vastes contrées.

Cette carte est donc au fait de toutes les connaissances de 1701, y compris certaines, plus floues, dont l’origine serait des dessins de sauvages sur des peaux de cerfs. Il s’agit de documenter au maximum la Terra incognita.

Ma curiosité est aiguillonnée, qui sont vraiment et que sont devenus ces Gnacsitares dont le nom ne m’évoque, de près ou de loin, aucune tribu indienne ?

Mes recherches m’orientent d’abord vers une reproduction de la carte donnée au baron de Lahontan par les Gnacsitares, extraite du livre “Nouveaux voyages de M. le baron de Lahontan dans l’Amérique septentrionale” (1703) :

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Deux jours après le Cacique vint me voir, emmenant avec lui 400 des siens, et quatre Sauvages Mozeemlek, que je pris pour des Espagnols ; Cette méprise venait de la grande différence qu’il y a entre ces deux Nations Amériquaines. Ces quatre Mozeemlek étaient vêtus ; ils portaient la barbe touffue et les cheveux jusqu’au dessous de l’oreille ; ils avaient le teint bazané ; enfin par leur abord civil et soumis, par leur air posé et leurs manières engageantes, je ne pouvais m’imaginer que ce fussent des Sauvages ; Je me trompais néanmoins, ils en avaient le nom et la chose. Voici ce que j’appris du Pays de ces Esclaves, suivant la description géographique que les six Gnacsitares firent en forme de Carte sur une peau de cerf ; Je vous envoie la Copie.

Nouveaux Voyages de Mr le baron de Lahontan dans L’Amérique septentrionale - La Haye, 1703 [Google Books].

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Hélas, je devais rapidement découvrir que les Gnacsitares n’ont jamais existé et sont une pure création de l’esprit fertile de M. de Lahontan, qui trompa une bonne génération de géographes, y compris le réputé cartographe du Roi, Guillaume de l’Isle.

Au moment où il réalise l’une de ses premières grandes cartes, sa seconde carte d’Amérique, le jeune prodige Guillaume Delisle (1675-1726), qui sera bientôt la plus grande figure des cartographes français, est piégé par Lahontan auquel il accorde sans aucune forme d’analyse critique tout l’extrême ouest de sa « Carte du Canada ou de Nouvelle-France ». Certes, cette carte sera corrigée par la suivante, dès 1718 (« La Louisiane et le cours du Mississippi »), mais sa carte de 1703 sera rééditée sans cesse de son vivant, signée à titre de Géographe du roi, et bien après sa mort, jusqu’en 1783 ! Une bien belle carte qui prend une tournure toute narrative pour redessiner l’affabulation de Lahontan dans la réalité géographique, alors même que le talentueux cartographe dit explicitement qu’il n’a aucune autre information sur la rivière Longue que le témoignage de Lahontan : « La Rivière Longue ou Rivière Morte a été découverte depuis peu par le Baron de Lahontan […] à moins que le dit sieur de Lahontan n’ait inventé toutes ces choses, ce qu’il est difficile de résoudre, étant le seul qui a pénétré dans ces vastes contrées ». On remarquera, bien entendu, la pétition de principe.

Guy Laflèche, Université de Montréal : “L’invention de la rivière Longue par le baron de Lahontan”.

Adieu Gnacsitares, adieu Moozemleks “qui ont beaucoup de politesse”

M’en voilà arrivé là, mais je rebondis déjà sur la vie de ce Monsieur de Lahontan, qui est des plus saisissantes…

Maudite sérendipité et maudit Internet qui vous emmènent sur les traces d’aventuriers oubliés et de pays imaginaires.

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On tue la une [mercredi 10 février 2010]

Michel Dumais.

L’explosion d’Internet joue un rôle déterminant dans la crise des médias. En plus d’offrir un accès souvent gratuit au travail des journalistes, Internet donne la parole au public qui utilise abondamment cette possibilité pour s’exprimer, commenter et diffuser l’information. Le nouvelle dynamique signifie-t-elle la fin du rôle traditionnel des médias ? ON TUE LA UNE ! discute avec des professionnels de l’information de l’impact des citoyens qui les remettent en cause et pensent pouvoir un jour se passer d’eux.

V Télé, “On tue la une”, une série documentaire de Pierre Szalowski : émission du samedi 6 février 2010, “Quand le public prend la parole”.

(Via Fagstein.)

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Anniversaire Slate.fr [mercredi 10 février 2010]

Slate.fr a un an. Malgré un design moche, le meilleur site dans sa catégorie et mon site d’actualités favori du moment.

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Équipage [mercredi 10 février 2010]

Je trouve cette vidéo fascinante.

Welcome! I’m Ben, and I’m an engineer at Twitter. We’ve started this blog to show some of the cool things we’re creating and tough problems we’re solving.

As a fun way to kick things off, I ran Code Swarm over a few essential production apps. Icons represent developers, and particles represent files added or modified. It doesn’t cover prototypes or contributions to open source, so it isn’t exactly scientific, but it still goes to show Twitter’s explosive growth mirrored in engineering.

The Twitter Engineering Blog: “Hello World”.

De fait, c’est la vie tout à fait courante d’une entreprise qui est illustrée graphiquement. Mesmerizing.

J’aimerai pouvoir réaliser une telle représentation graphique de mes relations sociales avec un code couleur pour chaque genre d’interaction (courriel, twitter, blogue, téléphone, monde physique, relations sexuelles, etc.).

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Sauver Notre-Dame des Sodomites [jeudi 11 février 2010]

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Tous les cathos ne sont pas des gros cons. Mais les plus tonitruants sur le Web en sont de vrais.

Donc, du côté des gros cons :

Dimanche 14 février à 14 h, des extrémistes homosexuels ont prévu de se rassembler juste devant Notre-Dame de Paris pour… s’embrasser sur la bouche durant 5 minutes.

Un lieu choisi au hasard ? Non, comme l’admet Arthur Vauthier, l’organisateur : « C’est une façon d’interpeller l’Église, de questionner la religion sur la question de l’amour et du mariage entre gays et entre lesbiennes ».

L’Église n’approuve pas les relations homosexuelles (qu’elle juge « désordonnées » et contraires au plan de Dieu pour l’homme) mais respecte et accueille toutes les personnes quel que soit leur comportement. Autant dire que ce « kiss in » contre l’homophobie devant la cathédrale de Paris est particulièrement malvenu.

Étrangement, les extrémistes de la cause homosexuelle ne se rassemblent pas devant la Grande mosquée de Paris. Or, c’est en pays musulmans (où s’applique la Charia) que sont exécutés des homosexuels !

En réalité, les initiateurs de ce rassemblement savent qu’ils ne risquent rien en se moquant des catholiques. On lit d’ailleurs dans Têtu qu’Arthur Vauthier « ne craint pas les réactions hostiles ».

10 mois et demi après les échauffourées provoquées par la distribution de préservatifs du PCF et des Verts sur le parvis Jean-Paul II suivie du “die in” d’Act-Up, ce rassemblement sonne comme une provocation. La provocation de trop.

Il nous fallait déjà supporter le harcèlement continuel des lobbies homos pour singer le mariage, s’en prendre à nos enfants dans les écoles (cf. l’affaire du Baiser de la lune) ou réduire notre liberté d’expression.

Ne laissons pas certains groupuscules prendre la mauvaise habitude de venir nous insulter devant nos églises. Ils seraient tentés de le faire ensuite dedans comme l’a déjà fait Act up.

Rendez-vous dimanche à Notre-Dame pour la messe de 12h45, de façon spontanée ou avec une association, pour répondre avec fermeté et courtoisie aux provocateurs !

Chrétienté.info : “Défendons Notre-Dame”.

On ne risque donc rien en se moquant des catholiques ? Heureux de l’apprendre. Et bien, nous n’allons pas nous priver…

Côté blogueur-catho-versaillais-UMP, dont la consanguinité n’a pas trop endommagé le capital de neurones, on est cependant beaucoup plus nuancé (évitez toutefois la lecture des commentaires qui peuvent être malodorants).

Bref, à supposer que l’on ressente autre chose que de l’indifférence polie envers l’agitation de dimanche prochain, que l’on veuille véritablement protester contre cette initiative, le mieux est encore l’ignorance, l’absence de réaction. En tout cas, n’y allez pas en pensant défendre l’Église.

Question choix de lieu, j’aurai plutôt pris le Sacré-Cœur… Rien que pour la vue.

Ah, mais… ? Que vois-je ? Ces pédés n’ont pas de couilles, et se replient sur Saint-Michel… C’est pourtant bandant de se bastonner avec du petit FAF !

Deux solutions s’offraient alors à nous : nous obstiner — la sécurité des participants aurait été mise en péril — ou annuler l’événement, cédant de ce fait à la peur face aux menaces de violence. Mais ces catholiques « traditionalistes », s’ils peuvent faire reculer le gouvernement en matière de lutte contre la discrimination à l’école en demandant l’interdiction du court-métrage « Le Baiser de la lune », pourront-ils dire également : « nous avons empêché les homosexuels de s’embrasser dans les lieux publics » ? Cela est inacceptable.

Nous choisissons donc une troisième voie, et appelons tous les participants à se replier sur un autre lieu, voisin du premier : la place Saint-Michel. Ainsi, nous serons en vue de la cathédrale, sans donner à nos détracteurs l’opportunité de nous taxer de provocateurs.

Et lorsque je lis :

Le kiss-in du 14 février à Paris était initialement prévu sur le parvis de Notre-Dame (qui est, puisqu’il faut le préciser, un lieu PUBLIC), et n’avait pas pour vocation d’agresser, ni même de provoquer l’Église et les catholiques.

… Je me dis que les organisateurs de ce “kiss-in” sont non seulement des pleutres, mais aussi des cons. (Ce qui nous fait dire que la connerie n’est pas un monopole catholique, les gays ont aussi le droit d’être idiots.)

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Tputh [jeudi 11 février 2010]

TPUTH. “Socially Generated, Machine Filtered, Hand Polished, Electronic Newspaper for Geeks, Designers & Venture Capitalists.” [Via J. Gruber.]

J’aime beaucoup la maquette, clin d’oeil à la Правда :

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(Les titres sont en Impact, si vous vous posiez la question.)

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Anthropomorphes [jeudi 11 février 2010]

Je teste en ce moment la version 3 du logiciel de catalogage de photos Aperture d’Apple (le concurrent de Adobe Lightroom).

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J’émets tout de suite quelques réserves sur l’efficacité de la nouvelle fonction de reconnaissance des visages…

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Pas pour les enfants [vendredi 12 février 2010]

Daniel Glazman a vu une bite sur ChatRoulette

But there’s a very bad side on that site: total lack of control… There’s a link to report inappropriate content but I wonder if it really works. Some users are totally nuts, and offensive (even very offensive) cams are not rare. There are a lot of very cool and normal users, but the site is also full of totally nuts people showing their anatomy… Since there are a lot of teen-agers and even children connected, I think the site is a dangerous, if not very dangerous, place and I strongly recommend you add the URL to the parental controls of your kids’ computer.

Glazblog : “Chatroulette”.

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Vancouver 2010 [vendredi 12 février 2010]

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Les Jeux Olympiques d’hiver, ça commence aujourd’hui ! Go, Canada ! Go !

Les mascottes de Vancouver.

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Iroquois et mixité [samedi 13 février 2010]

Sur les 8 000 habitants, environ 300 ne seraient pas mohawks. Les chefs indiens, à la suite de lettres anonymes et d’appels téléphoniques d’une centaine de leurs compatriotes, ont décidé d’expulser un premier contingent de Blancs, dont les conjoints sont pourtant mohawks. « Nous avons identifié un premier groupe de 26 personnes. Ils ont dix jours pour déguerpir. Ces gens ne sont pas mohawks. Ils n’ont pas le droit de vivre ici. Nous ne faisons qu’appliquer la loi », confie l’ancien chef Joe Delaronde […]

« Les gens pensent que nous sommes une ville comme une autre. Nous ne sommes pas canadiens. Nous sommes mohawks. Nous avons une histoire, une terre, une culture. Nous sommes encerclés par les Américains, les Canadiens, les Québécois. Nous préservons notre culture, notre droit d’exister. »

Pete, lui non plus, n’aime pas les mélanges avec les Blancs : « Tu vas vivre avec les chevaux, ça ne veut pas dire que tu deviens cheval. » Les Blancs se terrent. Ils sont devenus pestiférés. À quelques maisons de là, l’un d’eux requiert l’anonymat. Il est marié à une Mohawk. Il vit depuis huit ans dans la réserve. « Je suis inquiet. Je suis très impliqué dans la vie de Kahnawake, alors j’espère qu’ils seront compatissants. En même temps, je les comprends. Ce peuple a été peu à peu dépossédé de tout. »

Le Figaro, Ludovic Hirtzmann : “Les Indiens Mohawks ne veulent plus des Blancs”.

“We’ve spoken to several of the affected people who let us know that they respect the law and will act accordingly,” said Grand Chief Michael Ahríhrhon Delisle, Jr. “While the media has had a field day with this story and some have used the word ‘racist,’ we will, once again, state: the issue isn’t about anyone’s feelings towards non-Natives; it is simply an issue of residency and our right to determine who can and cannot live on the 13,000 acres we call home.”

News Release from the Mohawk Council of Kahnawà:ke (pdf).

[…] Horn [MCK Chief Carl Horn] said his main reasoning behind the letters as far as he is concerned is non-natives abusing our rights and possibly losing reserve status down the road.

“How do we know they aren’t using our rights not to pay tax? If it continues like this, where more non-natives come to live here, maybe one day 50 percent of the community could be non-native and 50 percent Native. Then the government could turn around to ask why they are giving money to a community that’s only half Native and half non-native.”

Horn cited the ‘wishes of the community’ is to target non-natives who have no ties such as kids, although he did say that non-natives with kids would probably be next in line to get letters.

“For me personally to have to take a mother or father from their kids is never easy. Honestly I’m not even sure how we will deal with that situation. We don’t have the answer right now.”

MCK Grand Chief Mike Delisle said that non-natives living here are flouting the 1981 moratorium that basically decreed that anyone marrying a non-native after that time could not live here. He also added that using the Peacekeepers to enforce the words behind the 26 letters is a possibility, but that would be decided at the Council table.

[…] Horn talked about judging each situation on a case-by-case basis for ‘every single non-native living here,’ adding that the MCK is meeting on a weekly basis on the issue.

[…] The couple agreed that if any non-natives were infringing on Mohawk rights that they should not be here, but they say that is not the case in their situation. The non-native spouse helps out by giving back to the community in many ways, through fundraising and helping out local entities.

“There are bigger issues in this community than who is sleeping in my bed,” said the local. “There are drugs being sold in this community, what’s being done about that?”

The Eastern Door, Steve Bonspiel : “Mohawk Council turns up heat on non-natives”.

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Jean Charest le cynique [samedi 13 février 2010]

[…] Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, réitère la position de son gouvernement : si des rapports « disent qu’il y a des maladies liées à l’amiante », il n’en reste pas moins que son utilisation peut se faire de façon sécuritaire. Ses propres chercheurs estiment pourtant que, même au Québec, l’utilisation sécuritaire de l’amiante est impossible.

« Nos études nous montrent que le Québec éprouve des difficultés à contrôler l’exposition dans les secteurs des usines qui fabriquent des produits en amiante et dans le secteur de la construction », explique le Dr Louise deGuire, médecin conseil à l’Institut national de Santé publique du Québec.

[…] La question a également ressurgi au cours de la récente mission économique québécoise en Inde, il y a une dizaine de jours. Des dirigeants de la Trade Union Centre of India, puis de la Building and Wood Workers International, des centrales syndicales représentant plus de 2 millions de travailleurs, ont tour à tour interpellé Jean Charest sur les dangers du chrysotile.

Accusant le Québec d’être irresponsable parce qu’il exportait un produit cancérigène, ils ont réclamé qu’il en fasse cesser les exportations. Un des dirigeants a estimé que près de 25 % des travailleurs indiens exposés à la poussière d’amiante développent des maladies pulmonaires, comme l’amiantose ou le mésothéliome.

Le syndicat avait aussi indiqué que 94 % des emplois, en Inde, sont des « petits boulots » où il est difficile de faire respecter des normes de sécurité. Jean Charest a rétorqué qu’il revenait au gouvernement indien de légiférer de manière à protéger les travailleurs qui doivent travailler avec de l’amiante chrysotile produit dans la province.

L’American Journal of Industrial Medecine vient par ailleurs de publier une enquête qui montre que l’amiante qu’exporte le Québec a aussi des conséquences dévastatrices sur la santé des travailleurs mexicains.

Radio Canada : “Charest accusé de travestir la vérité”.

[Québec > scandale de l’amiante.]

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Les suceurs [samedi 13 février 2010]

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— Un vampire ? Mais tu es resté combien de temps là-dessous ? Ah ouais, 1869 d’après ta pierre tombale… Mon pauvre, tu retardes grave. Les vampires ne font plus peur à personne, de nos jours. Tout le monde les trouve sympa, on ne compte plus les jeunes filles qui en tombent amoureuses, on en fait même des séries télé et des films pour adolescents !
— Hein ?
— Eh oui. Tu es complètement has been, il va falloir t’y faire. De nos jours, ce qui fait peur, ce sont les gens comme nous.
— Les gens comme vous ?
— Les pédés. C’est terrible, un pédé.
— Sûrement pas aussi terrible qu’un vampire qui suce la sève vitale des jeunes gens innocent !
— T’inquiète pas, nous aussi nous suçons la sève vitale, chéri.
— Et nous nous multiplions, ceux que nous avons pris deviennent vampires à leur tour !
— Pareil. Je t’assure qu’après que j’ai sucé un jeune garçon innocent, il jette sa copine et il devient pédé.
— Et nous sommes des créatures de la nuit !
— Tu crois qu’on est quoi, nous ? Tu as déjà vu beaucoup de mecs s’enculer dans les cimetières en plein jour ? Et puis Le Dépôt, c’est pas dans la journée qu’il fait son chiffre d’affaire…
— Bon sang mais tremblez, je suis envoyé par le Diable, je défie la parole divine, j’effraie les bon chrétiens !
— Ouais, on s’y connaît également pour tout ça aussi.

Ad Virgilium : “Créatures de la nuit”.

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Langue de jeux [lundi 15 février 2010]

Des médailles, des médailles, des médailles ! On veut des médailles ! Mais pourquoi ? Pour voir des Québécois, ayant grandi ici, parlant notre langue, issus de notre riche culture, s’enrouler dans le drapeau sanguinaire d’un pays génocidaire de sa minorité francophone et gicler de chaudes larmes au son du « Oh Canada, We stand on guard for thee, God keep our land Glorious and free » tout en remerciant son pays comme une quelconque pute remercie son proxénète de lui remettre une infime partie de son dû après une humide nuit de travail. Pour constater que le Canada, sans l’apport d’un Québec qu’il contribue à élimer comme autant de vagues se brisent sur la roche de notre identité, ne représente rien, n’a rien à offrir, ne constitue qu’une supercherie sportive sur-financée temporairement pour espérer offrir au monde autre chose que le triste spectacle de l’agonie d’un pays dont la contribution à l’humanité se résume à un ou deux alinéas dans des documents que les puissants de ce monde lisent sur le trône.

Ne me faites pas pleurer avec votre bilinguisme à la noix. Ces olympiques sont une fumisterie qui consume l’intelligence et qui nous rappellent à tous, aujourd’hui plus que jamais, que ce pays n’est pas le nôtre, que ces athlètes qui se masturbent dans l’unifolié ne méritent pas notre respect et que cette misérable organisation méprisant notre langue et ignorant notre présence ne devrait même pas être habileté à nettoyer les dalles de la plus cochonne des morgues.

LouisPrefontaine.com : “La honte”.

On dira que ces affaires de langues sont de peu d’importance dans une manifestation sportive: ne comptent que les athlètes que l’on verra triompher, pleurer, souffrir, et même mourir comme ce fut le cas hier. Il s’agit pourtant d’un principe fondamental. Le drapeau et l’hymne national, indissociables des cérémonies de remise des médailles, contribuent à la fierté des vainqueurs et de ceux qui les appuient. De la même manière, le français est indissociable de l’olympisme. Il n’y a pas à se gêner pour en réclamer le respect inconditionnel, même à Vancouver.

Le Devoir, Josée Boileau : “Jeux olympiques - En français, toute !

Tant au courte piste samedi qu’au longue piste dimanche, le français a retrouvé son plein statut de langue officielle des Jeux. Je ne me souviens pas de Jeux olympiques récents où le français était autant mis en valeur sur les sites. La présentation des athlètes, leur courte biographie, les temps de passage et les explications, tout nous est donné dans un excellent français. En fait, sans en jurer, aux deux endroits, on a eu plus de français que d’anglais.

La Presse, Pierre Foglia : “La messe”.

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Montreal style [lundi 15 février 2010]

When Chaim Steinberg came to Montreal three years ago to teach at Bialik High School, he pricked up his ears at turns of phrase most Montrealers barely notice.

“Instead of turning off the lights, you close the lights. You have a coffee instead of having coffee. You fall pregnant instead of getting pregnant,” he says.

[…] From dépanneur to autoroute, terrasse to chômage, English Montrealers sprinkle their speech with words and phrases that would baffle most other North Americans.

[…] Professor Charles Boberg, a sociolinguist at McGill University who has studied Montreal English extensively, says the influence of French extends beyond our use of words like guichet (ATM or bank machine), chalet (cottage) and garderie (daycare centre) to the way we formulate our sentences. Some Montrealers say “I’m living here three years,” or “it’s the first time I see that” - a direct translation from French - instead of “I’ve been living here for three years” or “it’s the first time I’ve seen that.”

Some people “pass the vacuum” instead of “vacuuming” and “clean the snow” instead of ”clearing it.”

[…] Reporters at The Gazette are not immune. We read communiqués instead of press releases and cover manifs instead of demonstrations. If you’re an arts reporter, you might cover a vernissage (the opening of an art exhibition) held in an atelier (studio).

Of course, francophones borrow from our lingo just as much as we borrow from theirs, using English words that take on a different meaning in joual (Quebec’s French dialect), like “chum” (boyfriend), “le fun” (great, cool) and “smooth” (easy-going).

And then, in true Montreal style, we import those words back with the French meaning still attached: “I love your hair, it’s really fun!” Say what?

[…] In a 2003 survey, Boberg found that when English Montrealers are thirsty, they reach for a “soft drink,” unlike other Canadians, who prefer the term “pop.” Most Americans drink “soda.”

Only in Montreal does one order pizza “all dressed.” Westerners ask for “deluxe” pizza, Maritimers order “the works,” and Americans want “everything on it.”

The Gazette, Marian Scott: “Montrealers’ borrowed lingo”.

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Fougère d’argent [mardi 16 février 2010]

New Zealand Blue Ensign 1869.

Ce petit billet est dédié à maître Eolas qui est, et c’est moins connu, un vexillologiste-héraldiste. Nous y parlerons même de rugby, c’est dire la qualité de l’hommage. (Ce qui permettra au passage de corriger quelques imprécisions dans son billet d’octobre 2007.)

Alors que la France s’enlise dans le débat de l’identité nationale (qui doit répondre à la question existentielle des attributs qui font d’un noir ou d’un arabe un bon Français, si j’ai bien compris l’enjeu), à l’autre bout de la planète, la Nouvelle-Zélande est en plein débat de l’identité graphique nationale, en l’occurrence, rien de moins que son drapeau.

Il convient tout d’abord de rapidement connaître l’histoire de ce drapeau, qui débute de façon assez pittoresque.

[Lire la suite : “Histoire et avenir du drapeau de Nouvelle-Zélande”.]

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I Killed Someone Once [mardi 16 février 2010]

And maybe this is the time to share a secret that I’ve kept for quite a long time. I killed someone, once…” So begins BBC journalist Ray Gosling’s televised confession in which he briefly describes the time he smothered his lover who was dying of AIDS. Police are now investigating.

MetaFilter : “I Killed Someone Once”.

Voir aussi.

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Réchauffement illustré [mercredi 17 février 2010]

Orcades du Sud.

L’archipel des Orcades du Sud, dans l’océan Austral (et non Atlantique comme indiqué sur cette carte de Wikimedia Commons), se trouve entre le 60e et le 61e parallèle, à environ 350 milles nautiques au nord-est de la pointe de la péninsule antarctique.

Il a été découvert l’été 1821-1822 par la flotte de chasseurs de phoques qui labourait l’océan entre le Cap Horn et la péninsule antarctique, juste après la découverte des Shetland du Sud qui avait attiré nombre de chasseurs américains et anglais dans les parages. C’est l’un d’entre eux, le capitaine anglais James Weddell qui trouvera à ces îles leur nom, en référence aux îles écossaises Orcades, situées sur le 59e parallèle Nord.

Île Laurie

L’île Laurie, la seconde en superficie après l’île Coronation, abrite la plus ancienne base de recherche antarctique. Sa station météorologique a été créée en 1903 par l’expédition écossaise menée par William Speirs Bruce.

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Maison Omond, 1903. Source Glasgow Digital Library, University of Strathclyde.

La base, rebaptisée Orcadas par les Argentins, a été continuellement occupée depuis sa création. Ce qui permet d’avoir un relevé continu de températures australes de 1903 à 2010.

Températures base Orcadas

Moyennes annuelles de températures à la base Orcadas. Source Goddard Institute for Space Studies, NASA.

Il n’y a pas d’explication scientifique globale du réchauffement aux Orcades du Sud et de l’ensemble de la péninsule antarctique. Comme souvent dans ces phénomènes complexes, il s’agirait du résultat de cofacteurs : trou dans la couche d’ozone (à partir des années 70), activité solaire, activité volcanique, gaz à effet de serre, circulation atmosphérique, etc.

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Augmentation des températures australes sur les 50 dernières années. NASA/GSFC, 2009 : “Half-Century of West Antarctic Warming”.

Les résultats observables sont multiples :

The increasing air temperature in the West Antarctic, especially in the Antarctic Peninsula, has brought about many natural consequences. The ablation of glaciers has clearly intensified, deglaciation takes place and glaciers are in retreat (Doake and Vaugham 1991, Kejna et al. 1998, Battke et al. 2001, Birkenmajer 2002). Some areas are becoming free of ice and a decay of shelf glaciers occurs, for example at Larsen−A (Vaughan and Doake 1996). The temperature of the oceans is rising. On the basis of satellite images from the years 1979–98 Cosimo (1998) found that, the ocean surface temperature in this region is growing at a rate of 0.54°C/decade. The extension and thickness of the sea ice is becoming smaller. In the region of the Antarctic Peninsula during the last 40 years the border of sea ice moved by 1°S (Gloersen and Campbell 1988), while isotherms at every 1°C by 1.5°S (Jacka and Budd 1991). There are changes in the circulation of air masses, the intensity of western winds are growing and the frequency of cyclones moving more and more frequently deep into the interior of the continent is increasing (Schwerdtfeger 1984).

The environmental changes lead to disturbances in the functioning of the Antarctic ecosystem (Rakusa−Suszczewski 1999, 2002). The uncovered areas under glaciers produce vegetation (Olech 1998, Lewis−Smith 2002), and new species of plants and animals appear. The population of species strictly connected with the border of sea ice – penguins (Ciaputa 1998) and seals – changes together with the changes of the sea ice extension (Fraser et al. 1992). On the Bellingshausen sea the period of ice−free water elongated in the years 1973–93 by one month (Jacobs and Comiso 1997).

Polish Polar Research, Marek Kejna, 2003 : “Trends of air temperature of the Antarctic during the period 1958–2000”.

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Zones de fonte des glaces en Antarctique. NASA/JPL, 2005 : “NASA Finds Vast Regions of West Antarctica Melted in Recent Past”.

Base Orcadas.

Base Orcadas.

La base Orcadas, janvier 2010. Photos Gabriel Bajo Cero.

Maison Omond.

Maison Omond, avril 2009. Photo Gabriel Bajo Cero.

Base Orcadas.

La base Orcadas, février 2009. Photo Gabriel Bajo Cero.

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Solidarité avec Beppe Bigazzi [mercredi 17 février 2010]

Beppe Bigazzi, un célèbre chef cuisinier italien, a été suspendu jusqu’à nouvel ordre de l’émission de télévision culinaire « La Prova del Cuoco », sur la RAI, pour avoir exprimé avec un peu trop de ferveur son goût pour la viande de chat, rapporte le site Sky News.

Au cours de l’une des émissions, qui passe le midi en Italie, le chef de 77 ans, avait même donné quelques indications pour préparer de la « viande de chat, blanche et tendre ». « Je peux vous assurer, c’est un délice, mais maintenant je vais recevoir beaucoup de lettres », avait malicieusement déclaré Beppe Bigazzi.

Bonne prédiction pour le chef qui a provoqué la fureur des associations italiennes de défense des animaux et de nombreux téléspectateurs alors que le pays fête ce mercredi la journée nationale du chat.

Parlant d’un « malentendu », Beppe Bigazzi s’est défendu en expliquant que, dans sa région, « la viande de chat était très populaire dans les années 1930 et 1940 ». Mais la sous-secrétaire italienne à la Santé, Francesca Martini, a jugé ces propos « honteux », rappelant au cuisinier qu’en Italie, « tuer et manger des chats est illégal depuis 1991 ».

20 Minutes : “Un célèbre cuisinier italien viré de la RAI pour avoir vanté les mérites de la viande de chat”.

Rappelons qu’en France, pays de la gastronomie, il n’est pas illégal de cuisiner le chat.

Précédemment : “Ragoût de chat”.

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Joubert, bovin “hétérosexuel” [jeudi 18 février 2010]

Brian Joubert.

Le jean-foutre s’est classé 18e sur 30 à l’issue du programme court, après une vaine esquisse de saut quadruple boucle piqué enchainée avec une chute sur triple lutz… Son excuse cette fois-ci est : “Mes problèmes ne viennent pas de la patinoire, mais de ma vie personnelle. J’ai perdu beaucoup d’énergie à l’extérieur de la patinoire”. Soit. Même si le président de la Fédération française des Sports de glace pointe plutôt un manque patent de rigueur et d’entraînement : “C’est un petit con”.

Dans la veine de l’élégance du patinage à la française instaurée par Philippe Candeloro, voilà que Joubert remet une énième fois le couvert de ces vilains patineurs efféminés pas capable de faire des quadruples.

Paillettes et arabesques, rien de tel pour nourrir un cliché gay. Joubert le subit. Il le comprend aussi. “Certains patineurs ne nous aident pas. Ils sont efféminés et en rajoutent encore avec des frous-frous. Je me bats contre tous ces chichis, ça m’horripile. Pas étonnant ensuite qu’on passe tous pour des tatas ou des chochottes”, nous confie le champion du monde 2007.

Il y a aussi autre chose qui n’aide pas le Français et son style très masculin : le système de notation. Introduit en 2004, il valorise l’aspect artistique bien davantage que la prise de risques techniques. “Ce sont les Canadiens qui l’ont créé pour favoriser les Nord-Américains en vue de Vancouver, tranche Joubert. Il faut savoir que leurs patineurs, souvent homosexuels, sont spécialisés dans le patinage efféminé. Du coup, certains sont passés de la 10e place au podium. Pourtant, on peut être à la fois homo et patiner viril. Mais non, eux font des manières, ça devient infernal.”

Le Journal du Dimanche, Damien Burnier : “Joubert: les chichis et les chochottes”.

Brian Joubert n’a pas un “style très masculin”, il n’a pas de style du tout, sur la glace, comme dans ses déclarations. C’est une brute sur patins aux insuffisances chorégraphiques flagrantes. Il s’est tout simplement trompé de sport, une affaire de soudards comme le hockey lui aurait mieux convenu.

À force de redites et d’insistances, nous allons bien finir par croire que Brian Joubert est un homo refoulé qui a un problème avec la sexualité et que Laetitia Bléger avait raison quand elle disait “J’étais amoureuse mais il a utilisé ma notoriété à des fins personnelles, pour faire croire qu’il sortait avec des filles”.

C’est exactement la même histoire qu’en 2008, avec la première place de l’adorable (et regretté) Canadien Jeffrey Buttle et le bon classement de la princesse des glaces Johnny Weir qui avaient fait péter les plombs du patineur français. Ce qui m’avait déjà donné l’occasion d’écrire un billet sur le sujet, que je vous invite à relire : “De la nature du patinage artistique masculin”.

Brian Joubert.

(Et qu’il cesse de râler sur le système de notation instauré en 2004 puisque la meilleure saison de sa carrière, où il a battu toutes les folles du circuit avec que des médailles d’or, c’était 2006-2007, avec ce même barème qu’il critique quand il finit le cul sur la patinoire. Mauvais joueur.)

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Naufrage du S.V. Concordia [vendredi 19 février 2010]

S.V. Concordia.

Une triste nouvelle ce matin, le Concordia a fait naufrage, à 300 milles au large de Rio de Janeiro, lors de sa traversée Recife-Montevideo.

Le Concordia est un trois-mâts goélette de 58,1 mètres lancé en 1992 aux chantiers de Szczecin en Pologne pour le compte de Class Afloat, un projet éducatif qui lie études, expérience de la mer et du monde.

L’équipage de 64 personnes (8 marins, 8 professeurs, 48 étudiants de 16 à 18 ans) est sain et sauf.

Hier, vers 17 heures, heure locale, les autorités brésiliennes ont reçu un signal de détresse. Un avion des forces aériennes brésiliennes a localisé vers 20 heures une embarcation de sauvetage. À 3 heures du matin, le Hokuetsu Delight (IMO 9167370 - photo), un cargo de 200 m faisant route vers l’Argentine, avait atteint les lieux, mais les conditions de mer ne permettaient pas le sauvetage des naufragés.

Les frégates Constituição et Liberal ont été envoyées sur zone et trois navires marchands se sont portés au secours.

Le remorqueur de haute mer Almirante Guillobel a été envoyé de Rio de Janeiro et devrait être sur zone samedi matin.

Le navire aurait chaviré dans une tempête.

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Dernier voyage du Concordia cette saison, parti de Lunenburg (Nouvelle-Écosse) le 7 septembre dernier.

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Le Concordia filant 20 nœuds par vent arrière. Photo West Island College International - Class Afloat.

  • Trois-mâts goélette en acier.
  • Jauge brute (GRT) : 413 tonneaux.
  • Jauge nette : 123 tonneaux.
  • Déplacement : 490 tonnes.
  • Longueur hors-tout : 58,1 m (46,5 à la flottaison).
  • Largeur au maître-bau : 9,44 m.
  • Tirant d’eau : 4,04 m.
  • Hauteur grand-mât : 35 m.
  • Voiles : 15 - 993 m2.
  • Moteur : MAN-DEMP diesel 425 kW.
  • Réservoirs : 40,5 tonnes.
  • Vitesse au moteur : 7 nœuds.
  • Autonomie : 45 jours.
  • Capacité max. : 64 personnes.
  • Construction : Colod Co Ltd, Szczecin, Pologne.
  • Classification : Lloyd’s Register of Shipping.
  • IMO : 1001269.
  • Pavillon : Barbade.

Le 5 décembre 1996, un malheureux accident avait endeuillé le Concordia. Lors de son voyage de Brisbane à Darwin, un étudiant était passé à la mer. Il était en train d’enlever la rouille à l’aide d’une disqueuse sur le capot de fermeture du compartiment à batteries (pour l’électronique de bord), situé sous la timonerie, quand une explosion le projeta à la mer. L’enquête a déduit que les étincelles du moteur de la disqueuse avaient allumé de l’hydrogène provenant des batteries dans un espace insuffisamment ventilé. Sous la violence du corps projeté par le souffle, l’épaisse lisse bâbord fut brisée et une batayole tordue.

Le corps de l’étudiant n’a pas été retrouvé.

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Accident de 1996. Photo de l’Unité d’enquête sur les accidents maritimes (MIIU), Canberra, Australie.

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Vieux cons sur RDS [vendredi 19 février 2010]

Il ne faut pas laisser les vieux Statler et Waldorf du Muppet Show commenter le patinage à la télé.

Des propos tenus par l’animateur Claude Mailhot et l’analyste Alain Goldberg sur le patineur américain Johnny Weir sont jugés homophobes par le Conseil québécois des gais et lesbiennes.

Les commentaires ont été prononcés durant l’émission Le réveil olympique, à RDS et à V hier matin.

Goldberg y a notamment affirmé « que Weir laisse une image assez amère pour le patinage artistique, qu’il est un très mauvais exemple, car le monde va penser que tous les garçons qui pratiquent ce sport vont devenir comme lui », peut-on lire dans un communiqué du CQGL, intitulé « Mailhot et Goldberg doivent s’excuser publiquement ».

Mailhot et Goldberg auraient ensuite insinué « que Weir devrait passer des tests pour vérifier sa masculinité ou sa féminité ». Mailhot s’est aussi demandé « si Weir ne devrait pas compétitionner chez les femmes ».

Je viens d’écouter l’entrevue complète. Mailhot et Goldberg ont été effectivement très maladroits et résolument « mononcles » dans leurs commentaires. C’est hélas le lot d’une trop grande partie du monde sportif. Même si son exubérance et ses choix vestimentaires peuvent faire sourire, on ne peut pas forcer Weir à être autre chose que lui-même.

Et ce n’est certainement pas un « très mauvais exemple » pour la jeunesse, contrairement à ce que pense Goldberg.

La Presse, Richard Therrien : “Propos de Mailhot et Goldberg jugés homophobes”.

Evan Lysacek, médaillé d’or, et pourtant viril, n’a pas été à l’abri des critiques et nous trouvons dans la rubrique “mononcles du jour” messieurs Réjean Tremblay, chroniqueur à La Presse, et David Pelletier, commentateur à CTV et NBC :

Evan Lysacek a transcendé son propre passé et a offert la performance de sa vie.

Mais sincèrement, j’étais un peu mal à l’aise en voyant son accoutrement et son allure générale quand il s’est installé au centre de la patinoire. Le téton négligé dans le transparent de la chemise, pas certain…

David Pelletier, médaillé d’or à Salt Lake City, analyste à CTV et à NBC, était plus qu’un peu mal à l’aise. Il était en colère. « Il y a une maudite limite. Moi, tous ces costumes, toutes ces paillettes, ces brillants et ces sequins, je les interdirais aux Jeux olympiques ! On pourrait les tolérer aux Championnats du monde parce que ce sont des connaisseurs dans les gradins qui savent pourquoi c’est ainsi. Mais on est aux Jeux olympiques. Le patinage artistique est un sport exigeant, dur. Les spectateurs voient des skieurs descendre les montagnes l’après-midi, des joueurs de hockey et en soirée, on a droit à tout ce flafla. On devrait accentuer l’aspect athlétique de notre sport. C’est simple, aux Jeux olympiques, ça devrait être pantalon et t-shirt noirs pour tout le monde ! Là, on verrait les athlètes qu’ils sont ! »

La Presse, Réjean Tremblay : “Antisportif, anti-olympique”.

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Lutte des classes [vendredi 19 février 2010]

Le dominant n’a jamais conscience de l’être, c’est bien pour ça qu’il nie la situation des dominés et les problèmes que ces derniers peuvent rencontrer. C’est le fondement de la critique de Raymond Aron par Didier Éribon. Au premier qui affirme que la conscience de classe n’existe pas, le second rétorque que pendant que le jeune Raymond jouait au tennis sans avoir conscience d’appartenir à sa classe sociale, il existait une jeune femme de ménage qui lui repassait ses chemises et qui elle, avait parfaitement conscience de la classe sociale à laquelle elle appartenait. Les associations homosexuelles rencontrent exactement la même problématique. Comme la plupart des hétéros n’ont pas conscience que l’hétérosexualité n’est pas qu’une simple orientation sexuelle mais aussi un système politique normatif et oppressif, ils ne comprennent ni l’intérêt ni la légitimité des revendications homosexuelles.

Ad Virgilium : “Lutte des classes”.

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Commentaires intelligents, SVP [vendredi 19 février 2010]

Je viens donner quelques nouvelles sur mon blog. Tout d’abord, je voulais vous remercier pour vos messages. Je suis agréablement surpris… Beaucoup de positif. Vous semblez commencer à comprendre ma personnalité…

Par contre, je pète un câble à la lecture de certains commentaires ! Je reste assez dérouté lorsque je lis : « teii tr0p bow’ haann SiiSii tkt ! ». J’apprécie votre soutien et je ne peux que vous en remercier, mais si vous voulez m’intéresser et attirer mon attention, il va falloir vous différencier des autres…

J’ai envie d’élever le niveau de ce blog en lisant des choses qui percutent. J’ai reçu quelques commentaires qui m’ont beaucoup intéressé. Ils venaient d’étudiants en écoles de commerce, en faculté de psychologie, anthropologie, économie… J’ai pris beaucoup de plaisir à les lire. Voilà pourquoi j’aimerai que vous preniez le temps de construire vos commentaires. Prenez le temps de m’étonner.

Quelques fois, les commentaires sont tellement mal écrits que je ne les comprends même pas. Genre : « seluila il se la pèt de tro com meme c dar tkt Sisii —’ ». Que voulez-vous tirer de ça ? Je n’en ai strictement rien à faire ! Je n’ai pas fait ce blog pour lire ce genre de pollution visuelle. Les aberrations émanant de petits névrosés schizoïdes complètement tordus et parfaitement inoffensifs ne m’intéresse en aucun cas. Leur intellect n’a d’égal que l’ineptie de leurs petits propos. Je peux pardonner les fautes d’orthographes (nous en faisons tous), mais je ne peux pas tolérer, ni pardonner la connerie et le foutage de gueule. J’ai envie de lire des commentaires pertinents qui se différencient naturellement. Je veux des commentaires qui reflètent votre intelligence. Je sais que vous êtes largement capables de faire preuve de cohérence et de structure. Vous pouvez tous être en mesure de m’apporter des réflexions intelligentes.

Mickaël Vendetta.

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Nouvelles du Concordia [samedi 20 février 2010]

Le Concordia (IMO 1001269) a quitté Recife en direction de Montevideo le 8 février, avec 64 personnes à bord (48 élèves de 16 à 19 ans, 8 professeurs et 8 marins) originaires de 10 pays (Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Pologne, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande et Japon).

Mercredi 17 février

Le Concordia chavire mercredi vers 14 h 15 et sombre 30 minutes plus tard, à environ 300 milles au sud-ouest de Cabo Frio, dans des conditions météorologiques difficiles.

Le signal de la radio-balise est capté seulement en soirée par la Marine brésilienne, vers 22 h 00.

Jeudi 18 février

Vers 17 heures, le Commandement du Premier district naval (SALVAMAR SUESTE) demande une reconnaissance aérienne au Centre des opérations de la Seconde force aérienne (II FAE).

À 18 heures, un P-95A de l’escadrille Cardinal décolle de la base aérienne de Santa Cruz.

À 19 h 45, l’avion atteint la zone d’émission du signal de détresse et commence les recherches. Rapidement, il localise une première embarcation de sauvetage avec des survivants.

Vendredi 19 février

Vers 0 h 00, la frégate Constituição (F-42) quitte son port avec un hélicoptère à bord, ETA sur zone vers 13 h 00.

À 2 h 00, un Hercule C-130 de la Première escadrille du Premier groupe de transport quitte la base aérienne de Galeão.

Trois navires marchands, Hokuetsu Delight (IMO 9167370), Crystal Pioneer (IMO 9363118) et Sestao Knutsen (IMO 9338797) se déroutent.

À 3 h 10, le KC-130 arrive sur zone et trouve les trois autres radeaux avec environ 48 personnes. Le Hokuetsu Delight, un cargo de 200 m faisant route vers l’Argentine, est arrivé à proximité, mais ne peut intervenir en raison des vents forts et de l’état de la mer.

À 7 H 00, le Hokuetsu Delight commence les opérations de sauvetage à la lumière du jour. Cela fait plus de 40 heures que l’équipage du Concordia dérive sur les radeaux de survie.

À 9 h 00, la frégate Liberal (F-43) quitte Rio de Janeiro.

Vers midi, le remorqueur de haute mer Almirante Guillobel (R-25) est envoyé de Rio de Janeiro et devrait être sur zone samedi matin (ETA 6 h 00).

La frégate Constituição arrive sur zone.

Dans l’après-midi du vendredi, l’hélicoptère de la frégate Constituição tente de rapatrier les rescapés que sont à bord des navires marchands, mais le vent fort rend la tâche délicate et l’opération est abandonnée au coucher du soleil.

Samedi 20 février

La frégate Constituição doit arriver à la Base navale de l’île de Mocanguê, dans la baie de Guanabara, cette fin de matinée (10-12 h 00).

L’amiral Gilberto Max Rossé Hirsch Feld, commandant du Premier district naval, a salué les compétences du capitaine du Concordia qui a réussi à rassembler tous ses passagers dans les embarcations de sauvetage par des conditions de mer difficiles.

[Sources : Ministère de la Défense, Jornal do Barsil.]

MÀJ. 1. La frégate Constituição est arrivée à la Base navale de Mocanguê à 10 h 40, heure locale. Il y a 13 rescapés à bord, 12 étudiants et le capitaine du Concordia, William J. Curry, récupérés du Hokuetsu Delight. En raison du mauvais temps, il n’a pas été possible de transférer plus de monde à bord de la frégate. Les 51 autres rescapés sont restés à bord des deux navires marchands qui se déroutent vers Rio de Janeiro.

Photo AP.

Edgardo Ybranez, le capitaine du Hokuetsu Delight, joint par l’Associated Press, a déclaré avoir secouru 44 personnes (soit 3 embarcations de sauvetage et un canot pneumatique) dans une mer très formée, dont le médecin du bord qui serait légèrement blessé. Les 20 autres, sur le 4e radeau, ont été récupérées par le Crystal Pioneer.

Selon les premiers témoignages, le Concordia aurait été victime le 17 février vers 14 h 15 d’une rafale descendante (micro-burst) alors qu’il était sous voiles, ce qui l’aurait couché. Le voilier se redressait quand une seconde rafale l’aurait couché à nouveau sans qu’il ne puisse se relever. Il a coulé en une trentaine de minutes, ce qui a permis à l’équipage de revêtir les combinaisons de survie avant d’embarquer sur les radeaux.

Ruth McArthur, 23 ans, de Brampton, Ontario, enseignait la biologie quand le coup de vent est arrivé, et explique que les opérations d’évacuation se sont déroulées avec efficacité et dans le calme. « Tout le monde savait ce qu’il avait à faire et où il devait se trouver ».

L’électronique de bord étant noyée, c’est une radiobalise EPIRB qui a donné automatiquement le signal de détresse. Le bosco Geoff Byers s’est jeté à l’eau pour récupérer la radiobalise à la dérive.

Les circonstances de ce naufrage me font penser à celui du trois-mats barque Marques en 1984, à l’issue bien plus dramatique.

MÀJ. 2. Vers 15 h 00, le Hokuetsu Delight et le Crystal Pioneer sont arrivés devant Rio de Janeiro. Les 51 rescapés, restés à bord de ces deux navires, ont été transbordés par la Marine brésilienne et déposés à terre vers 16 h 20.

Nigel McCarthy, president du West Island College International se pose des questions sur le délai entre le déclenchement de la balise EPIRB et le début des opérations de secours. [Source Calgary Herald.]

School officials are now looking for “clarification” on the time that elapsed between when the distress signal went out and when emergency crews were dispatched, said McCarthy.

“We have questions,” he said.

“Our concern is simply the length of time it took to respond to the EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacon). We don’t know how long it took them to respond. It’s something we’re looking for some clarification on,” said McCarthy, adding: “It’s a long time for them to be in the water.”

The investigation into what happened will be led by officials in Barbados, where the Concordia was registered.

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Et toc [samedi 20 février 2010]

Parlant de Johnny Weir, ici aussi il se dit beaucoup de niaiseries. Je ne suis pas le dernier d’ailleurs. Mais à la fin, je finis toujours par le saluer : il a un sacré guts, ce garçon. Je pense exactement le contraire des deux commentateurs de Montréal, je pense qu’il est un exemple. Je suis comme je suis, nous dit-il, je l’assume, et je vous emmerde. En cela, il est un exemple.

En même temps, et ce n’est pas une contradiction, je l’écris depuis longtemps, j’en ai contre les falbalas, ceux des filles plus encore que ceux des garçons. Comme la gymnastique tout aussi « artistique » dans son essence, le patinage gagnerait beaucoup à adopter un costume peut-être pas strict mais qui habillerait la performance sans pomponner le performant.

En attendant soyez donc indulgent avec Johnny Weir. Regardez-le patiner plutôt. Sixième aux Jeux olympiques, c’est tout ce qu’on voudra sauf une performance moumoune.

Je vous entends bien : oui mais crisse il exagère. C’est exactement le fond de l’affaire, les gais on les aime bien, on a l’esprit ouvert, mais faut pas qu’ils exagèrent.

Pour revenir à Weir, et ici j’avertis d’avance que je ne ferai d’excuses ni aux handicapés, ni aux gais, ni aux lesbiennes pour ce que je m’apprête à dire, pour revenir à Weir donc, pour moi sa prestation a la même portée « positive » que le geste d’Alexandre Bilodeau quand, devant les caméras du monde entier, il a pris dans ses bras son frère atteint de paralysie cérébrale.

Et Bilodeau et Weir nous disent la même chose : la différence est toujours subversive.

La Presse, Pierre Foglia : “Couleurs”.

Par ailleurs, Foglia ne salue pas l’organisation :

Tout ce qui est organisation, transport, billetterie, accès aux sites, Zamboni, ces Jeux-là sont étonnamment mal organisés, un ratage qui ressemble à celui d’Atlanta, sinon par l’ampleur, par l’esprit. C’est l’excès d’assurance qui a mené à ce gentil cafouillis. Une assurance voisine de la suffisance : ne sommes-nous pas, nous, Canadiens, les plusses meilleurs ? Dans les journaux, John Furlong, le grand boss des Jeux, reconnaissait que le COVAN avait eu, effectivement, beaucoup de feux à éteindre… mais on les a éteints, se pétait-il les bretelles comme un capitaine des pompiers devant des ruines fumantes. J’exagère.

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Cour d’école au Modem [jeudi 25 février 2010]

Joëlle Ceccaldi, François Bayrou, même combat, mêmes méthodes. Car sur ordre des dirigeants du MoDem en Ile de France, Jacky Majda a porté plainte au commissariat contre moi dans l’espoir de faire fermer mon blog.

Oui, le grand, l’immense mouvement DE-MO-CRATE ne supporte pas la raillerie potache, la contradiction et surtout n’a aucune intention de laisser s’installer sur la toile la moindre liberté d’expression. Et ne me dites pas que Majda a agit seul. Le gars est colistier en Ile de France sur la liste parisienne, ce qu’il fait en période de campagne engage la liste dans son ensemble, le mouvement tout entier puisqu’il déclare le faire au nom du MoDem.

J’espère pour lui que non seulement ses colistiers mais que Fadela Mehal, Alain Dolium mais aussi François Bayrou lui-même sont au courant de sa démarche parce que je peux vous garantir qu’à la seconde où je reçois le PV de plainte, je fais pêter l’affaire de la façon la plus médiatique qui soit. Il y en a qui vont pouvoir aller directement au maquillage parce que le 20 heures, c’est pour ce soir.

C’est vrai, les journaux adorent ces histoires de censure de l’Internet. Déjà que le MoDem n’a pas franchement la cote dans les médias du fait des relations exécrables que Bayrou entretient personnellement avec les journalistes (il faut dire qu’il est odieux avec eux), là ils vont se régaler quand ils vont apprendre qu’il entreprend de censurer la blogosphère.

Le blog du Chevalier Orange : “Je suis fait ! Le MoDem d’Ile de France censure la blogosphère”.

Ensuite, j’ai tendance à penser que lorsque l’on a une activité publique, et notamment une activité militante politique - c’est-à-dire lorsque l’on développe une image médiatique en vue de convaincre une personne de nous accorder sa confiance par rapport à ce qu’il a de plus précieux en qualité de citoyen (son vote) - on a un devoir d’accepter un degré de critique plus important que le citoyen lambda. Outre le fait que c’est une qualité d’abnégation républicaine rare et appréciable, c’est surtout la juste compensation du jeu politique : si l’on entend faire intrusion dans la vie citoyenne des gens, il faut accepter en contrepartie que ces citoyens aient le droit de vous rejeter s’ils en ont envie, y compris si ce rejet peut paraître excessif. Le politique a le droit de se défendre, en expliquant pourquoi il n’est pas d’accord. Mais il n’a pas le droit de chercher à faire taire, par voie judiciaire qui plus est, le citoyen qui le brocarde !

[…] Je vais vous dire, je trouve que la plainte de M. MAJDA est pathétique et je pense même qu’elle est contraire aux valeurs que devrait incarner, plus que tous les autres partis, le Mouvement Démocrate. Il y a dans ce pays un vrai problème de liberté d’expression, et plutôt que de défendre cette dernière, notamment dans une polémique dont il est la cible (ça aurait témoigné d’une certaine “classe” qui aurait renforcé sa crédibilité politique), M. MAJDA a fait passer, me semble-t-il, son égo avant l’intérêt général.

Benoît Petit : “Plainte contre le Chevalier orange… la liberté d’expression en question !

Le Chevalier orange aurait traité Jacky Majda de “grand benêt” et de “chihuahua cocaïnomane”. Jacky Majda a dit du Chevalier orange que son “QI est certainement plus proche de celui du singe que d’Einstein”.

Certains supputent que ce serait Christophe Ginisty, orangiste dégrisé, qui serait derrière le mystérieux blogueur. C’est parfaitement stupide, le Chevalier orange a de l’humour.

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IE6, requiescat in pace [jeudi 25 février 2010]

Message d'alerte YouTube.

YouTube va abandonner le support d’IE6… Ainsi que d’autres applications de la galaxie Google. Certains préparent des funérailles.

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Prince privé d’ostie [jeudi 25 février 2010]

La tradition du pays veut aussi que pendant la période du Carnaval une messe soit célébrée à laquelle assistent tous les participants officiels et pendant laquelle le Prince Carnaval lit un texte aux fidèles. Avant cette célébration, le curé de la paroisse, l’abbé Luc Buyens, très inquiet du respect du droit canon, a appelé le Prince Carnaval pour lui signaler qu’en raison de son style de vie homosexuel ouvertement revendiqué il ne pouvait s’approcher de la Sainte Table pour y communier. Le curé, pris entre le fer (l’enfer?) du droit canon et l’enclume de la tradition, a ajouté qu’il lui donnerait simplement une bénédiction (une petite croix tracée sur le front) lorsqu’il s’approcherait de la Sainte Table le premier, comme c’est aussi l’usage. Le Prince élu protesta pendant une demi-heure au bout du fil, mais le prêtre refusa de revenir sur sa décision.

[…] Et l’affaire a effectivement fait grand bruit tant dans la presse néerlandaise que dans les milieux associatifs LGBT hollandais. L’évêché a dû intervenir pour rappeler les positions de l’Église catholique: les homosexuels sont les bienvenus dans l’Église et sont admis à la communion seulement s’ils sont repentants et ne pratiquent pas d’actes homosexuels; l’Église catholique ne juge pas les personnes homosexuelles, qu’elle respecte, mais les actes. Divorcés et homosexuels sont accueillis mais invités à s’abstenir de participer à la communion.

Gay Kosmopol, Luc Lebelge : “Feuilleton catholique aux Pays-Bas: le refus d’eucharistie à un gay se transforme en bombe arc-en-ciel”, via Yagg.

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Élégant [jeudi 25 février 2010]

Johnny Weir

Son style? Adorable, son style. Même si ce n’est pas le même que le mien, je l’aurais volontiers embrassé, ce garçon, pour sa fraîcheur, son humour, sa délicatesse. Il était venu pour répondre aux bêtises des deux présentateurs de V-RDS, il l’a fait avec élégance, sans appuyer, il a d’abord précisé qu’il comprenait suffisamment le français pour avoir bien saisi les propos de Goldberg et Mailhot, j’ai bien compris qu’ils ne critiquaient pas ma routine, mon patinage, mais ma personne, ce que je suis. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui.

Il est arrivé dans le petit amphithéâtre du centre de presse des médias non accrédités avec une étole de fourrure autour du cou, astrakan, chinchilla va savoir, quand je vous disais l’autre jour que ce garçon a du guts, c’est exactement ce que je voulais dire. Plus tard, il dira: vous savez, ce n’est pas la première fois que j’entends des choses comme celles qu’ont dites les deux commentateurs du Québec, j’ai l’habitude, quand on s’habille librement comme j’aime le faire, on s’attire souvent ce genre de commentaires…

Pourquoi cette conférence de presse alors?

Il n’a pas aimé se faire traiter de mauvais exemple… Je souhaite à tous les enfants d’être élevés comme je l’ai été, de recevoir autant d’amour que j’en ai reçu. Surtout, je souhaite à tous les enfants de pouvoir devenir ce qu’ils sont, de s’épanouir pleinement.

Il est revenu deux fois sur l’importance de devenir ce qu’on est. Laissant entendre que c’était aussi affaire de génération, que la vie était plus facile aujourd’hui pour des garçons comme lui qu’autrefois.

La Presse, Pierre Foglia : “Johnny Weir, le petit garçon avec du guts”.

La conférence de presse de Johnny Weir chez Yagg.

L’étole de fourrure, qui fait dire encore une fois à Foglia que Johnny Weir a des couilles des guts, c’est un message aux militants de PETA qui, en janvier dernier, l’ont menacé de mort s’il continuait à en porter.

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