Journal de bord

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Brie Agropur Import

Site fromages Agropur 2013

[Site Plaisirs et fromages d’Agropur.]

Si vous vous posez des questions au sujet du fromage Brie Agropur Import, sachez que ce n’est tout simplement pas un fromage de Brie.

Il n’a ni la forme, ni le goût, ni l’origine d’un brie, et ne ressemble même pas à un coulommiers (petit brie moulé).

Il s’agit en fait d’un camembert bas-de-gamme produit par Lactalis dans l’Orne (Normandie) dans une unité spécialisée dans le camembert industriel, l’usine de Domfront (FR 61.145.001 CE).

En résumé : tromperie sur la marchandise.

Gestion des fans par Ferrero

On May 25, 2013, I’ll be darkening the World Nutella Day site, nutelladay.com, and all social media presence (Facebook, Twitter), in compliance with a cease-and-desist I received from lawyers representing Ferrero, SpA (makers of Nutella).

Seven years after the first World Nutella Day in 2007, I never thought the idea of dedicating a day to come together for the love of a certain hazelnut spread would be embraced by so many people! I’ve seen the event grow from a few hundred food bloggers posting recipes to thousands of people Tweeting about it, pinning recipes on Pinterest, and posting their own contributions on Facebook! There have been songs sung about it, short films created for it, poems written for it, recipes tested for it, and photos taken for it.

The cease-and-desist letter was a bit of a surprise and a disappointment, as over the years I’ve had contact and positive experiences with several employees of Ferrero, SpA., and with their public relations and brand strategy consultants, and I’ve always tried to collaborate and work together in the spirit and goodwill of a fan-run celebration of a spread I (to this day) still eat.

I have hope that this is not a goodbye to World Nutella Day forever, for the fans’ sake, and hopefully it will live on in one form or another in the future.

I’ve spent hundreds of hours interacting with you, the fans, collecting and sharing your contributions, updating the World Nutella Day website with more than 700 recipes which were painstakingly gathered from bloggers sending me their posts and by scouring the internet for the best Nutella recipes, Tweeting and sharing on Facebook your favorite sayings, stories, and links about Nutella, and encouraging everyone to try it just once!

Thanks for letting me be a part of that – it was truly a labor of love by a fan and something I did as a fan, in my (very little) spare time, and I have a full-time job I love. I hope that February 5th stays alive in your hearts and on your spoons, and hopefully it’s arrivederci (see you soon) and not addio (goodbye).

Sara Rosso. Founder and co-host, World Nutella Day, 2007 – 2013.

World Nutella Day”.

Numerama : “Nutella fait fermer le site de la Journée Mondiale du Nutella”.

Minerai de bœuf

Minerai de bœuf Spanghero

Pour les carcasses, 80 à 90 % de l’animal abattu est déjà affecté à un acheteur : la carcasse elle-même est dûment tamponnée, identifiée, tracée et étiquetée « au champ près », assure un expert.

Restent les 10 % à 15 % de « minerai » qui n’est pas directement valorisable et s’incorpore dans les préparations industrielles en boulettes, raviolis, lasagnes, hachis parmentiers…

Ce sont des « pointes de muscle », les deux extrémités d’un faux-filet par exemple, coupées sur 5 cm et invendable en l’état à l’étal, du gras et des morceaux prélevés sur les « avants » de la bête, moins nobles.

Ce minerai vendu congelé en sacs de 5 à 10 kilos n’est pas soumis aux mêmes obligations par la législation européenne mais relève des « conventions commerciales » entre vendeurs et acheteurs : à l’acquéreur d’énoncer ses besoins et ses critères et à lui de vérifier que la viande livrée correspond chez son fournisseur.

Dans l’affaire Findus, les firmes françaises Spanghero et Comigel auraient dû s’assurer de la qualité de la livraison.

Les intermédiaires. Ce sont des circuits tout à fait légaux par lesquels un opérateur s’adresse à un trader pour s’approvisionner. Dans l’affaire Findus, au moins un basé à Chypre est intervenu : il sert d’interface grâce à son réseau et peut aussi démarcher des clients pour placer des lots « au plus offrant ».

Le trader qui dispose d’une tonne de minerai dans un abattoir en Roumanie trouve un acheteur : le lot arrive chez l’acquéreur ou directement chez l’industriel qui va le transformer.

Aucun des interlocuteurs contactés par l’AFP n’a pu donner de prix, « mais on est très loin de ce que paie le consommateur chez le boucher », confie l’un et c’est bien l’approvisionnement au moindre prix qui motive ces pratiques.

C’est néanmoins du commerce de gros, tout à fait légal.

AFP.

À votre place, j’éviterais les boulettes, raviolis, moussakas, lasagnes, hachis-parmentier, etc., plats industriels tous faits de “bœuf 100% déchets”… Et ces plats devraient être étiquetés “minerai de bœuf” pour l’information du consommateur.

De fait, il n’est pas impossible de penser que les plats Findus n’aient jamais été d’aussi bonne qualité que lorsqu’ils étaient faits avec du cheval.

Méfiez-vous aussi des similis steaks en “viande remodelée” comme le Tendregal, courant en restauration collective et cantines scolaires :

Tendreté garantie grâce à un procédé exclusif. Viande de boeuf coupée en feuilles ultra-fines et remodelées : une chair fondante pour une saveur intacte. 10% seulement de matières grasses, pour un apport modéré en lipides. Testé en cuisine collective, ce produit présente peu de perte après cuisson et reste goûteux et tendre, même avec une température à coeur de 65°C.

Fabrication : Utilisation de minerai de boeuf frais. Les muscles sont complètement parés sans aucune aponévrose. La viande est ensuite coupée en feuilles ultra-fines et remodelées.

Site Davigel.

Après l’invention de la VSM, l’industrie agroalimentaire est devenue très créative dans le recyclage du normalement invendable, voire immangeable.

Jus d’orange frais

Quoi de mieux pour démarrer la journée…

Je me suis toujours interrogé sur le jus d’orange au rayon frais, style Tropicana… surtout quand ce n’est plus la saison des oranges dans l’hémisphère nord.

En fait, votre « jus d’orange frais “pure premium” qui n’est pas fait de concentré » en Tetra Pak peut avoir plus d’un an d’âge, et être rajeuni avec des ingrédients confidentiels pour lui donner le même bon goût toute l’année. C’est beau la technologie. « 100 % pur jus », revenez-en.

Vous avez maintenant le sentiment qu’on vous prend pour un con ? C’est que vous devez l’être un peu. C’est le commerce.

[…] Let’s start with the obvious: oranges only grow in certain seasons, and because orange juice goes bad after a short period of time, orange juice providers had to come up with a way of storing the juice if they weren’t going to go with the old school method of freezing juice in concentrate. What they came up with is a process called “deaeration,” in which the oranges are picked, the oranges are squeezed, the juice is heated to eliminate bacteria, and then the juice is kept in vast, zillion-gallon tanks from which oxygen is eliminated. This allows the juice to not spoil for up to a year. The downside to this process is that the juice loses its taste, so when the juice is ready to be packaged for consumption, flavor packets are added to give it its consistent, “pure,” orangey taste. Fragrance companies responsible for the same formulas used for perfumes come up with the right taste concoctions that you and I know as orange juice.

[…] This process certainly explains why every carton of Tropicana OJ tastes exactly the same. It also explains why Tropicana juice tastes different in different countries—because Tropicana modifies the flavor packets to the popular taste preferences of different regions. It’s also why Minute Maid’s Pure Squeezed orange juice tastes different—they use different flavor packets. Did you catch that? It’s called “pure squeezed,” which sounds a whole lot like fresh squeezed, but it’s not. Which brings us to the most important point of all: haven’t you ever wondered why a fresh squeezed glass of OJ tastes so different from these “pure” orange juices? It’s the process, stupid.

I’m not mad at you. I’m mad at myself. I never wondered why.

Food Republic, Tom Roston: “What’s Really In Your Orange Juice?

When the juice is stripped of oxygen it is also stripped of flavor providing chemicals. Juice companies therefore hire flavor and fragrance companies, the same ones that formulate perfumes for Dior and Calvin Klein, to engineer flavor packs to add back to the juice to make it taste fresh. Flavor packs aren’t listed as an ingredient on the label because technically they are derived from orange essence and oil. Yet those in the industry will tell you that the flavor packs, whether made for reconstituted or pasteurized orange juice, resemble nothing found in nature. The packs added to juice earmarked for the North American market tend to contain high amounts of ethyl butyrate, a chemical in the fragrance of fresh squeezed orange juice that, juice companies have discovered, Americans favor. Mexicans and Brazilians have a different palate. Flavor packs fabricated for juice geared to these markets therefore highlight different chemicals, the decanals say, or terpene compounds such as valencine.

NutritionDigest, Alissa Hamilton: “‘Fresh’ Squeezed?

Effet de proximité

Je découvre cet article du Huffington Post, sous la plume de François Buche et Céline Jouquand, enseignants à l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais : “Faut-il supprimer le Nutella de son alimentation ? » Un article très gentillet qui conclut qu’il n’y a pas de problème nutritionnel avec le Nutella, si ce n’est que c’est un peu trop sucré.

Cet article est une référence « scientifique » utilisée par les équipes de Ferrero dans leur communication de crise, et repris par des employés du groupe Ferrero sur leurs fils Twitter, leurs comptes Facebook, etc., comme Guillaume du Gardier par exemple.

On va supposer que le fait que Ferrero ait signé un partenariat avec l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais soit tout à fait étranger à l’existence de cet article.

Ferrero bidouille…

Comparaison nutritionnelle Nutella

[Copie d’écran du site http://nutellaparlonsen.fr/ le 16 novembre.]

Comparaison nutritionnelle Nutella

[Le même site aujourd’hui.]

Malhonnêteté de Ferrero

Communication Ferrero-Nutella

Si vous ne l’avez pas déjà lu, allez voir mon billet de samedi dernier, “Junk Nutella” qui contient des informations que je ne répète pas ici.

Aujourd’hui, Ferrero France a lancé une campagne de publicité dans la presse française, accompagnée d’un site web, pour défendre ses intérêts. Sans surprise, ses arguments sont partiels et parfois partiaux.

Comparaison nutritionnelle Nutella

[Copie d’écran du site http://nutellaparlonsen.fr/]

Cette comparaison nutritionnelle est biaisée. (Et mal relue, “biscuites” ?)

1. Elle est imprécise. La gamme des biscuits secs est extrêmement large, représente des mètres de linéaires dans le moindre supermarché, et chaque produit présente ses propres caractéristiques nutritionnelles.

Vu le profil nutritionnel des biscuits choisis par Ferrero, on pourrait penser rapidement à des biscuits style “Petit beurre” de Lu. Or, le “Petit beurre” contient 3,7 g d’acides gras saturés pour 50 g, et non 7,1 g.

Pour avoir 7,1 g de gras saturés pour 50 g (soit 14,2%), il faut pas mal de beurre dans la recette, comme par exemple dans la famille des galettes bretonnes pur beurre du genre “galettes de Pont-Aven” de Traou Mad (15,5%). Et tout le monde sait que c’est bien gras (et que c’est délicieux)…

Pour référence, des produits souvent identifiés “junk food” comme les biscuits Oreo, ne contiennent “que” 11% de gras saturés.

Des biscuits identifiés “petit déjeuner” comme le “Casse-Croûte original” de BN ne présentent que 1 g d’acides gras saturés pour 50 g, et non sept fois plus comme le biscuit-type choisi par Ferrero, qui ressemble plus à une galette riche en beurre.

2. Elle est trompeuse. Ferrero n’a choisi que des produits riches en gras pour comparer avec le Nutella, des produits au beurre dont chacun sait qu’il ne faut pas abuser pour la santé cardio-vasculaire. S’ils avaient pris des biscuits courants de petit déjeuner comme les BN “Casse-Croûte original”, le tableau serait le suivant :

Comparaison nutritionnelle Nutella

[Copie d’écran du site http://nutellaparlonsen.fr/ modifiée avec les valeurs nutritionnelles de “Casse-Croûte original” de la Biscuiterie nantaise/United Biscuits.]

D’autre part, la consommation de produits au beurre n’est en rien systématique au petit-déjeuner (ni conseillée par personne d’ailleurs…). Un bol de “corn-flakes” de Kellogs avec du lait demi-écrémé apporte 172 kCal, 2,5 g de graisses (donc 1,5 g saturées) et 31 g de glucides. Il est tout à fait artificiel de comparer le Nutella avec exclusivement des produits contenant du beurre.

Ferrero est donc ainsi pris en flagrant délit de tromperie en écrivant :

“une tartine de NUTELLA® présente un meilleur profil que la plupart des produits du goûter ou du petit déjeuner.”

C’est juste faux. Par contre, il serait exact d’écrire que la tartine de Nutella présente plus de glucides que la plupart des produits du goûter ou du petit déjeuner, ce que le tableau de Ferrero démontre.

3. Elle est partiale. Ferrero ne retient que les critères nutritionnels qui l’arrangent pour sa démonstration. Le bilan nutritionnel d’un aliment ne se résume pas qu’à la quantité de graisse et de sucre. Il y a aussi les fibres, le sodium, les protéines, les vitamines, etc.

De la même manière, dans toute sa communication, Ferrero ne met en avant que ses ingrédients minoritaires, à savoir les noisettes (13%), le cacao (7,5%) et le lait (6,6%). Mais jamais ses 55% de sucre.

Exemple :

NUTELLA® (prononcé « New-tell-uh ») est une délicieuse et unique tartinade — certains de ses ingrédients principaux comprennent les noisettes, le cacao et le lait écrémé.

Site http://www.nutella.ca/french/

Et Ferrero se refuse manifestement à considérer que son produit puisse être consommé sans pain. Vous imaginez manger du Nutella à la cuillère, direct du pot ? Pour Ferrero, cela n’existe pas, et pour toutes ses démonstrations nutritionnelles, l’entreprise se repose en partie sur les qualités propres au pain.

Comparaison nutritionnelle Nutella

[Copie d’écran du site http://nutellaparlonsen.fr/ modifiée avec les valeurs nutritionnelles de “Casse-Croûte original” de la Biscuiterie nantaise/United Biscuits, et avec une portion de 80 g de Nutella sans pain.]

Oui, je sais, 80 g de Nutella, c’est beaucoup.

Mais 80 g de Nutella, hmm, j’ai déjà fait… ça fait environ 5 cuillères à café bien remplies (15 g par cuillère). Ce qui n’a rien de particulièrement extraordinaire pour un consommateur de Nutella. On sait que c’est trop, on est un peu écœuré, mais on le fait quand même, car c’est un produit particulièrement addictif (en raison de sa haute teneur en sucre et en graisses, et de sa texture toute particulière due à l’huile)… La portion suggérée par Ferrero (30g) correspond à 2 cuillères à café. C’est ce que je mets sur une seule tartine parce que je suis gourmand.

Nous trouverons dans la plainte collective déposée au New Jersey contre Ferrero USA Inc. les arguments principaux qui font que Nutella ne peut se prévaloir d’être “un bon partenaire du petit déjeuner” :

20. Ferrero has engineered a marketing campaign focused on the representation of Nutella as a component of a balanced and nutritious breakfast.

21. As described herein, Defendant’s Class Period representations on the Nutella label and in advertisements regarding Nutella are misleading because they:

(a) omit that Nutella contains high levels of saturated fat, the consumption of which has been shown to cause heart disease and other serious health problems;

(b) omit that Nutella contains over 55% processed sugar, the consumption of which has been shown to cause type 2 diabetes and other serious health problems;

Nutella;

(c) omit that sugar and modified palm oil are the primary ingredients in

(d) omit that there is an artificial ingredient, vanillin, in Nutella; and/or

(e) omit that the nutritional value claimed, if any, is not derived from Nutella, but is instead derived from other foods or drinks (e.g., whole grain breads, fruit and milk) which are advertised to be consumed along with Nutella.

(On notera que point 21.e se retrouve aussi en partie dans le préalable de la communication nutritionnelle française : “Etalé sur du pain et associé à un produit laitier et un fruit, et dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée…”. De même façon au Canada : “NUTELLA® peut faire partie de la solution à la routine du matin, souvent difficile, en ajoutant une touche de plaisir à un petit déjeuner rapide, équilibrée [sic], comme lorsqu’on le tartine sur du pain à grains entiers et servis [sic] avec un verre de lait et un morceau de fruit ou du jus de fruit 100 %.”)

Je ne reviens pas sur le fait que la graisse de palme ne saurait être considérée comme “une alternative saine” aux huiles artificiellement hydrogénées. Les scientifiques ont répondu clairement que non. Globalement, l’huile de palme est tout aussi mauvaise que le beurre pour la santé cardiovasculaire. Il ne faut pas en abuser.

Quand Ferrero dit “l’huile de palme n’est pas dangereuse pour la santé”, certes, tout est affaire de quantité… Mais dans la famille des matières grasses, l’huile de palme ne figure pas parmi les meilleures pour la santé. Je crois que le public le sait bien pour le beurre et autres graisses solides, il faut qu’il le sache aussi pour l’huile de palme (qui est en fait une graisse solide), huile qui est malheureusement de plus en plus présente dans quantité de produits industriels pour ses qualités de consistance (c’est une huile naturellement hydrogénée), de résistance aux procédés industriels, de conservation, et bien sûr parce qu’elle n’est pas chère et permet d’augmenter les marges.

(Les Papous sont moins bien payés que les agriculteurs européens — je ne pense pas vous surprendre —, et le rendement pour l’huile de palme est de plus de 4 tonnes à l’hectare contre 1/2 tonne pour le tournesol.)

Un produit constitué à plus de 50% de sucre (considéré comme substance toxique par certains) et de 20% de graisse rentre dans la famille du “junk”, de ces produits peu coûteux aux calories vides. Il ne s’agit pas de les interdire, il s’agit d’empêcher les industriels de vous les faire passer pour des produits sains et indispensables, et d’informer les consommateurs que leur abus, comme l’alcool ou le tabac, est mauvais pour la santé, sans oublier les implications de leur mode de production sur la santé de la planète.

Pour le reste, je laisse aux écologistes vous démontrer pourquoi l’huile de palme, c’est mal. Ne pensez qu’au fait qu’il faut la faire venir du Sud-Est asiatique, de Papouasie ou de Malaisie. Quitte à manger de la merde, autant manger de la locale, la planète vous dira merci.

Dans nos sociétés occidentales, particulièrement dans ma société nord-américaine, et de plus en plus dans les économies émergentes, les gens consomment trop de sucre et trop de graisse, et les résultats sur la santé et la qualité de vie sont reconnus comme désastreux. Ferrero propose des produits de grande consommation très riches en sucres et en graisses, et consacre d’importants budgets à la promotion de ce genre d’alimentation. Cette entreprise, comme d’autres de l’agroalimentaire, ne peut écarter d’un revers de la main ses responsabilités éthiques et sociétales, en rejetant l’entière responsabilité sur les consommateurs (“diminuez vos portions, mangez sainement, bougez votre cul”).

P.S.

J’ai lu dans le Rapport de Responsabilité Sociale et Environnementale du Groupe Ferrero (page 94, 2011) :

Ferrero a développé une technique exclusive de fractionnement de l’huile de palme qui permet de maintenir intactes les qualités organoleptiques du produit, augmentant son aspect crémeux et, dans le même temps, évitant le recours aux graisses hydrogénées.

J’aimerai bien qu’il y ait plus de transparence sur cette technique de fractionnement, apparemment propriétaire (bien que je n’en ai pas trouvé trace dans les brevets déposés par Ferrero Spa). Dois-je comprendre qu’il s’agit d’huile de palme modifiée avec un bidouillage du genre interestérification ?

Ferrero nous dit aussi :

Certaines marques proposent en effet des recettes sans huile de palme. La plupart d’entre elles la remplacent par des mélanges d’huile de tournesol, de beurre de cacao et d’huile de coco.

Pour autant, aucune de ces marques n’est parvenue à égaler NUTELLA®, auquel nos consommateurs reconnaissent un goût et une onctuosité uniques.

Cette popularité réside dans notre savoir-faire artisanal et notre exigence de qualité, de l’approvisionnement à la production de NUTELLA®. Cette exigence s’applique à l’ensemble de nos ingrédients, dont l’huile de palme. Nous sommes ainsi particulièrement attentifs à la qualité de l’huile de palme que nous utilisons ainsi qu’aux conditions dans lesquelles elle est produite.

Pour nous, la question n’est donc pas de proposer une pâte à tartiner sans huile de palme, mais de proposer une qualité de produit exceptionnelle en termes d’onctuosité et de préservation des saveurs dans le temps.

“Savoir-faire artisanal”. Huhu :-)

Ce qu’oublie de vous préciser Ferrero, c’est que la recette du Nutella n’a rien d’immuable. Le Nutella a déjà existé sans huile de palme, ne serait-ce que puisqu’au moment de sa première commercialisation (au début des années 60), ce corps gras n’était pas disponible comme aujourd’hui.

D’autre part, la composition de la part d’huile végétale a subi des changements notables au cours des années. Ainsi, nous pouvons apprendre sur le site de Nutella Australie que la pâte à tartiner contenait de l’huile d’arachide avant 2006 :

”[…] in 2006 Ferrero changed the ingredients of Nutella so that peanut oil is no longer used.”

En 2005, Ferrero disait pour la version nord-américaine du produit :

The peanut oil that Nutella contains goes through a hot-solvent extraction process which takes out all the proteins, so you are left with pure peanut oil which is generally non-allergenic. Only oil prepared by the hot solvent extraction process that is commonly used in the United States is known to be free of protein. But, of course, please consult your doctor about any health concerns you may have.

Composition du Nutella américain en 2006

[Composition du Nutella américain en 2006. Sans huile de palme.]

composition-nutella-US-2006b.jpg

[Même pot que précédent : “sans gras trans”.]

Ce qui prouve que Ferrero peut parfaitement faire du Nutella sans huile de palme et pratiquement sans gras trans, puisque Ferrero l’a déjà fait. Ferrero défend aujourd’hui l’huile de palme pour des motifs principalement économiques. Ce qui répond sans doute à la question :

Nutella, c'est délicieux, mais pourquoi y a-t-il de l'huile de palme ?

[Visuel Ferrero France.]

À titre de curiosité, il aurait existé au moins un Nutella à l’huile de colza, en Pologne et Roumanie :

“Poland: sugar, rapeseed oil, hazelnuts (13%), cocoa (7.4%), skimmed milk (5%), lactose, soya lecithin, vanillin (an artificial flavor).”

Le Nutella de 2012 a une composition différente du Nutella de 2005, et a certainement une composition très différente du Nutella de 1964. Sans compter les variations régionales au même moment…

Un petit visuel parlant pour terminer :

Nutella déconstruit

[“Nutella déconstruit”, photo Adrien Gontier. De bas en haut, lait en poudre, poudre de cacao, poudre de noisettes, graisse de palme, sucre.]

P.S. bis. 17 novembre. Vivre sans huile de palme : “Ferrero m’a tuer”.

Junk Nutella

Frédéric Thil, le directeur général de Ferrero, ne digère pas « l’amendement Nutella », du nom de son produit phare. Adopté en commission des Affaires sociales au Sénat, ce texte vise à augmenter de 300% la taxe sur l’huile de palme, considérée, selon ses détracteurs, comme néfaste pour la santé et l’environnement.

Alors que le texte sera examiné en début de semaine à l’Assemblée nationale, Frédéric Thil refuse de servir de bouc émissaire. « On s’attaque à un produit fabriqué en France depuis cinquante ans qui est l’un des préférés des Français. Les répercussions sont catastrophiques alors que les arguments avancés sont injustes », explique-t-il.

Selon lui, aucune étude scientifique ne démontre la nocivité de cet ingrédient. « L’huile de palme, comme le beurre, le fromage, contient des acides gras saturés. Il ne faut pas en abuser, reconnaît-il. Mais, contrairement à d’autres huiles, on n’est pas obligé pour la travailler de passer par une phase d’hydrogénation qui crée des acides gras trans qui sont, eux, très mauvais pour la santé. Et c’est essentiellement pour cela qu’elle est utilisée dans le processus de fabrication. »

Le Parisien, Guillaume Zambaux : “Le patron de Ferrero : «Nous n’allons pas modifier la recette du Nutella»”.

Une bonne occasion de rappeler que le Nutella, c’est 50% de sucre et 30% de gras (17% d’huile de palme modifiée).

Et si l’huile de palme (qui est en fait une graisse, semi-solide aux températures ambiantes normales) est utilisée, c’est parce qu’elle est bien moins chère que les autres qui proposeraient les mêmes avantages technologiques (stabilité, conservation) et organoleptiques (consistance crémeuse).

“Mais, contrairement à d’autres huiles, on n’est pas obligé pour la travailler de passer par une phase d’hydrogénation qui crée des acides gras trans qui sont, eux, très mauvais pour la santé”.

C’est oublier de dire que c’est la graisse la plus riche en gras saturés (avec l’huile de coco), des gras réputés mauvais pour la santé cardiovasculaire, et que l’huile de palme, naturellement hydrogénée, ne saurait en aucun cas être considérée comme un “substitut sain” aux huiles artificiellement hydrogénées.

D’autant plus que l’ajout de graisse dans ce genre de produit n’est pas indispensable, si ce n’est que pour des raisons de coûts de fabrication et que le gras est une drogue (“fidélisation du consommateur”).

Bref, Ferrero, en plus de vous donner un gros cul, vous prend un peu pour des cons.

Il existe en Italie, de nombreuses marques de “crema alle nocciole” dérivées du classique gianduja, sans graisses bon marché ajoutées, comme la Crema Novi (aussi vendue plus chère sous la marque Baratti e Milano) : “noisettes (45%), sucre, cacao maigre (9%), lait écrémé en poudre (5%), beurre de cacao, lécithine de soja, arômes”.

(Nutella : sucre, huile végétale, noisettes (13%), cacao maigre (7,4%), lait écrémé en poudre (6,6%), lactosérum en poudre, lécithine de soja, vanilline.)

La Novi est gustativement très supérieure au Nutella où le sucre domine. Mais la qualité a un coût, la Novi est à 10,25 € le kilo, contre 6 € pour le Nutella (source). Et le Nutella devrait être encore bien moins cher sans son énorme budget de marketing-publicité ciblant tout particulièrement les enfants…

Le Nutella est clairement à classer dans le “junk food” même si Ferrero fait miroiter la qualité de ses ingrédients minoritaires :

Pour obtenir cette excellence gustative et cette onctuosité incomparable, la marque a toujours eu à cœur de préserver son processus de fabrication et de sélectionner rigoureusement les ingrédients qui font sa spécificité : des noisettes de grande qualité, sélectionnées pour leur gros calibre et leur saveur fruitée exceptionnelle, des fèves de cacao originaires d’Afrique de l’Ouest et torréfiées au sein de Ferrero, du lait écrémé provenant d’Europe, et notamment de Normandie.

Site Ferrero France.

On trouvera dans le 3e rapport de Responsabilité Sociale et Environnementale du Groupe Ferrero (2011) les précisions suivantes :

“Notre stratégie repose en partie sur la réduction des portions, ce qui évite d’avoir à réduire la teneur en sucres et matières grasses de nos produits.”

Tenez-vous-le pour dit, Ferrero n’a aucune intention de proposer des produits au bilan nutritionnel plus sain, ni de réviser des recettes créées spécialement pour développer une assuétude chez ses consommateurs (à coups de sucre et graisse). La responsabilité de manger sainement est dans le camp des consommateurs, et surtout ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter de la Baratti e Milano.

En parlant de réduction de portions… Lol.

Et je ne vous ai même pas parlé d’orang-outans, parce qu’à vrai dire, je m’en fiche un peu…

P.S. On rappellera qu’aux États-Unis, Ferrero a fait face à un recours collectif pour publicité mensongère induisant de fausses qualités nutritionnelles au Nutella. La procédure est actuellement en appel.

P.S. bis. La nouvelle campagne de communication de Ferrero.

Pause publicité

La poutine de Valentine, ce sont ses consommateurs qui en parlent le mieux.

Un peu de maïs OGM ?

Genetically modified organism

Les OGM, c’est bon, mangez-en.

Abstract. The health effects of a Roundup-tolerant genetically modified maize (from 11% in the diet), cultivated with or without Roundup, and Roundup alone (from 0.1 ppb in water), were studied 2 years in rats. In females, all treated groups died 2–3 times more than controls, and more rapidly. This difference was visible in 3 male groups fed GMOs. All results were hormone and sex dependent, and the pathological profiles were comparable. Females developed large mammary tumors almost always more often than and before controls, the pituitary was the second most disabled organ; the sex hormonal balance was modified by GMO and Roundup treatments. In treated males, liver congestions and necrosis were 2.5–5.5 times higher. This pathology was confirmed by optic and transmission electron microscopy. Marked and severe kidney nephropathies were also generally 1.3–2.3 greater. Males presented 4 times more large palpable tumors than controls which occurred up to 600 days earlier. Biochemistry data confirmed very significant kidney chronic deficiencies; for all treatments and both sexes, 76% of the altered parameters were kidney related. These results can be explained by the non linear endocrine-disrupting effects of Roundup, but also by the overexpression of the transgene in the GMO and its metabolic consequences.

Gilles-Eric Séralini, Emilie Clair, Robin Mesnage, Steeve Gress, Nicolas Defarge, Manuela Malatesta, Didier Hennequin, Joël Spiroux de Vendômois: “Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize.”

Le lobby scientifico-industriel met en doute l’étude.

Identité, bouffe et langue

consommation-hamburger-2012.

[Source Le Figaro, Isabelle de Foucaud : “Les Français cèdent à la « burger mania »”.]

Hier, j’avais noté sur ce graphique le faible engouement des Italiens pour le hamburger.

Aujourd’hui, je tombe sur cet intéressant billet, qui parle aussi d’Italiens et de hamburgers :

Récemment, je suis tombée sur le site de l’émission française The Voice : la plus belle voix française, sur lequel, en plus du titre qui est en anglais, on trouve les onglets News, The Voice Tour, et Coach & Talents. Ma réaction rationnelle a été celle que j’ai habituellement quand je me trouve devant des emprunts lexicaux : les emprunts lexicaux ne mettent pas une langue en danger. Ma réaction émotionnelle, cependant, a été la même que celle de bien des Québécois : « Ben oui, c’est ça, comme si y’avait aucun mot français de disponible ! »

J’ai souffert de cette contradiction intérieure. D’un côté, je me bats depuis longtemps pour démontrer que la condamnation systématique des anglicismes ne mène à rien. Mais, de l’autre, je juge négativement les Français qui semblent incapables d’utiliser autre chose que des mots anglais. C’est en discutant avec mon Italien personnel que j’ai, je crois, trouvé une piste d’explication. Je dis piste d’explication, car mon échantillon est trop restreint et mon état de la question trop inexistant pour me permettre de prétendre à quoi que ce soit d’autre…

En italien, il y a beaucoup d’emprunts directs à l’anglais. Pour les Italiens, par exemple, un ordinateur est un computer, une souris d’ordinateur est une mouse, le temps plein est du full time et le temps partiel, du part time. Et j’en passe. Les Italiens ne se sentent aucunement menacés par cette intrusion de l’anglais dans leur langue courante. Là où les Québécois verraient un signe de colonisation, les Italiens ne voient que des emprunts normaux.

Par contre, les Italiens jugent négativement les grandes chaînes de restauration rapide américaines comme McDonald’s. Un Italien qui va chez McDo est un italien colonisé. Bien qu’au Québec aussi McDo soit critiqué, ce n’est pas pour les mêmes raisons. Ici, si McDo est critiqué, c’est parce qu’on y vend de la nourriture de piètre qualité. D’ailleurs, les Québécois critiquent également les chaînes québécoises Asthon et La belle province. Mais personne, au Québec, ne se sent colonisé à manger un bigmac. On se sent certes un peu coupable et, après, on le regrette amèrement, mais cela n’a rien à voir avec le fait que le bigmac soit le produit d’une grande chaîne américaine. C’est parce que c’est de la malbouffe, tout simplement.

Mon hypothèse: tout est question d’identité. Les Italiens accordent une très grande importance à leur gastronomie. Leur identité est construite autour de cette gastronomie. Pour beaucoup d’Italiens, on ne mange bien qu’en Italie. Tout ce qui vient d’ailleurs est douteux, et tout ce qui vient des États-Unis est mauvais. Un Italien qui s’abaisse à aller manger chez McDo est un italien déchu. Il a succombé à la nourriture de masse. Il est colonisé.

[…] Comme ce serait impensable d’avoir, au Québec, une émission de variété qui porterait un titre anglais. Ici, ce n’est pas la gastronomie qui est la pierre angulaire de l’identité, c’est la langue. Ici, ce n’est pas le McDo qui est perçu comme une menace, ce sont les mots anglais. Ici, ce ne sont pas ceux qui mangent dans les grandes chaînes de restauration rapide américaines qui sont colonisés, ce sont ceux qui truffent leur discours d’emprunts directs à l’anglais. L’imaginaire québécois accorde beaucoup d’importance à la résistance au fait anglais, à la résistance à l’assimilation. Cette assimilation que les autorités britanniques ont ouvertement favorisée.

Au Québec, utiliser trop de mots anglais, c’est laisser le processus d’assimilation agir. Se défendre contre les mots anglais, c’est se défendre contre l’assimilation. […]

On parle donc d’identité. Et l’identité est tout sauf rationnelle. Cela explique peut-être ma vive contradiction interne. Mon cerveau a beau vouloir me convaincre que les mots anglais ne sont pas une menace, mes tripes me disent le contraire lorsque je vois le nombre de mots anglais que les Français et les Italiens acceptent. […]

En Tous Cas…, Anne-Marie Beaudoin-Bégin : “De la gastronomie italienne et du français québécois…”.

(Si ces questions vous intéressent, vous pouvez aussi vous reporter à mon article de 2003 : “Au stop, il y a le parking pour le shopping”.)

Open Food Facts

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L’Open Data est en passe de se démocratiser et peut surtout se décliner à l’envi dans plus ou moins n’importe quel domaine, touchant l’intérêt général.

Mais il est une base de données qui n’existe pas et qui concerne en moyenne trois fois par jour la majorité des terriens : celle sur l’alimentation et les composants de produits transformés – appelés unanimement ingrédients sur les étiquettes des produits que nous consommons chaque jour. Loin des stratégies de com’ des géants du secteur, Open Food Facts a décidé d’ouvrir la porte de l’Open Data alimentaire. Et de constituer une des bases les plus complètes en matière d’information nutritionnelle et de composition des aliments, consultable et exportable pour une exploitation exhaustive des données, en toute liberté.

Pour l’alimentation, Open Food Facts a décidé d’entamer sa première opération avec l’agrégation de données sur la composition des sodas. Une collecte de données se déroule à partir de ce lundi et jusqu’au 24 juin. Elle a pour but de répertorier toutes les données relatives aux différents sodas pour qu’Owni puisse réaliser une datavisualisation. Par exemple, votre soda a-t-il la même composition qu’il soit acheté dans les DOM-TOM ou en métropole ? En fonction du lieu de production ? Quels additifs chimiques y trouve-t-on ? En quelles quantités selon la législation en vigueur ? […]

OWNI, Claire Berthelemy : “Ouvrir les sodas”.

(Petit message à Claire Berthelemy : il n’est pas interdit d’écrire “données ouvertes”. :-)

Le projet collaboratif Open Food Facts a été créé par Stéphane Gigandet, qu’on ne présente plus dans la communauté des blogueurs (tout du moins, les av. LLM).

La base de données est encore toute jeune et ne comporte pour l’instant que 1300 produits. Elle n’attend que votre bonne volonté.

Les contributeurs québécois sont les bienvenus (la catégorie produits du Canada est bien maigre pour l’instant).

À terme, avec un corpus de données important, on pourra faire de l’exploration de données (je traduis pour Miss Berthelemy : du “Data mining”…). Déjà, grâce aux codes d’emballeurs (qui n’existent hélas pas au Canada), on peut trouver des produits sous différentes marques qui sortent de la même usine, exemple avec la Compagnie générale de conserves à Theix, dans le Morbihan.

C’est également très intéressant pour la recension de l’utilisation de certains additifs. Le Guanylate disodique, vous connaissiez ?

Et c’est aussi aux utilisateurs d’imaginer de nouveaux usages. Collaboratif, qu’on vous dit…

Chunky Test

Quand mon époux n’est pas là, lorsqu’il m’abandonne pour le soir, je me livre aux délices de la gastronomie locale.

Lui étant un peu snob, il n’accepte à table que le meilleur de la cuisine française, fait de mes douces mains. Il me reste donc toute une culture culinaire nord-américaine à faire et je m’y emploie dès que l’occasion se présente.

Ce soir, influencé par la publicité télévisée (hélas pas trouvée en ligne), c’était Chunky, “côte de bœuf avec légumes”.

Campbell's Soup - Chunky

Campbell's Soup - Chunky

Campbell's Soup - Chunky

Accord mets-vin. Pour accompagner votre Chunky, “côte de bœuf avec légumes”, je pense qu’un Saint-Estèphe serait parfait. Je vous suggère ainsi un Château Calon-Ségur 2001 (187,25 $, code SAQ 11028287).

Est-ce que c’est bon ? Disons que vous n’avez aucune raison de vous étonner de ne pas trouver ce produit distribué en France.

Le point faible ? On cherche un peu les morceaux de viande sous les légumes… La photographie sur la boîte est clairement mensongère.

C’est sain ? Rien de choquant dans la composition. Des légumes, de la viande (enfin, fort peu), de l’amidon modifié de maïs, du glutamate monosodique, de la fécule de pomme de terre, du sucre, du chlorure de potassium, du caramel, de l’acide ascorbique et citrique. Probablement des OGM, mais ce n’est pas signalé, le Québec de Jean Charest trouve ça “trop compliqué et pas vraiment nécessaire”.

Eskimos et malbouffe

Les chefs des 14 villages du Nunavik se sont entendus, en collaboration avec les autorités de la santé du Grand Nord, pour lutter contre les gras trans dans les épiceries inuites. Il s’agit là de tout un tour de force puisque le terme « gras trans » n’existe même pas dans la langue inuktitut.

La Presse, Sara Champagne : “Le Nunavik s’attaque aux gras trans”.

Drame de la mondialisation

Des chats, des chiens qui meurent par milliers, des plaintes déposées par dizaines de milliers, des millions de boîtes d’aliments retirées du marché, l’affaire émeut l’Amérique du Nord depuis plus d’un mois. Le mystère est levé depuis hier, avec un aveu des autorités sanitaires chinoises : deux entreprises locales ajoutaient de la mélamine, un composant utilisé dans la fabrication de colle, de plastique ou d’engrais, à la pâtée destinée aux animaux, exportée sans contrôle.

Vers la mi-mars, alors que les animaux, des chats pour la plupart, mourraient comme des mouches aux Etats-Unis, une centaine de marques a été retirée du marché. Dans le même temps, l’Agence américaine de l’alimentation et des médicaments (FDA, Food and Drug Administration) avait reçu 17 000 plaintes de propriétaires d’animaux malades ou morts.

[Libération : “Des chiens et des chats américains victimes d’aliments chinois avariés”.]