journal de bord | septembre 2003

Retour sur le Flash-Mob [lundi 1 septembre 2003]

À propos de la première foule éclair de Paris, un intéressant point de vue d’Isabelle Vodjdani, à qui l’on devait déjà un compte-rendu de la conférence à la Sorbonne du cyber-gourou Howard Rheingold :

Je n’y étais pas, et quoique j’en dise, je regrette un peu d’avoir manqué l’expérience. Cependant, il est également certain que si j’y avais été je l’aurais tout autant regretté ; oui, comme Laurent , je me serais sentie piégée par le caractère moutonnant et déjà réifié de l’évènement. Moutonnant par ce que les organisateurs étant obscurs et anonymes, les participants sont assignés à une position de croyance et d’obéissance aveugle. Réifié, parce que le lieu choisi était un espace public surmonté d’une mezzanine qui favorise l’effet de spectacle que les médias, dûment prévenus, ont pu apprécier comme une belle chorégraphie depuis leur observatoire.
Quoi ! Etre venu, et s’apercevoir qu’en définitive on a été le bouffon de service pour qu’une poignée de journalistes, du haut de leur tribune, puissent remplir leurs bobines et leurs colonnes ? Je comprends la déception de nombre de participants. Ce rassemblement qui devait être le lieu de connivence et de reconnaissance mutuelle d’une myriade de solitaires anonymes, habituellement rivés à leurs écrans, soudés à leurs portables, est devenu, du fait de ce regard extérieur qui les surplombe, le lieu d’une reconnaissance publique qui les réduit à un corps collectif, une masse compacte qui réagit à l’unisson, obéit au doigt et à l’oeil. Il y a de quoi frémir.
[ Isabelle Vodjdani, Flashmob : la preuve par l’image. ]

S’en suit une intéressante analyse de la distorsion de regard en le spectateur et celui qui participe. Et notamment les photos faites de l’escalier, en surplomb : “Elles donnent l’image d’une chorégraphie parfaitement ordonnée, des images qui vous donnent froid dans le dos, car elles vous disent : regardez comme ils sont dociles quand on leur donne l’illusion d’agir et de s’organiser de leur plein gré, regardez comme on sait bien manipuler une bande de geeks cramponnés à leur liberté individuelle et à leur cher anonymat. Regardez, on dirait qu’ils ont été hypnotisés ou endormis par un gaz soporifique.”

Il y a quelque chose qui me gêne dans les foules éclairs, et notamment au travers de son illustration donnée par la première parisienne. Quelque chose d’abord de l’ordre de l’intuitif, qui a fait que je n’ai jamais envisagé de participer à ce genre de manifestation, tout en me faisant conclure, trop rapidement, “marrant, mais un peu débile” (sans compter le malaise que j’éprouve à l’idée de me donner en spectacle).

La majorité des comptes rendus publiés ont amplifié mon scepticisme sans toutefois me faire pointer clairement du doigt le noeud du problème, ni bâtir un appareil critique bien étayé. La voix générale des participants ne fait que dire grosso-modo : “c’était cool, on s’est amusé comme des enfants, on a eu le vague sentiment d’être transgressif”. Et moi de penser plutôt illusion que sentiment.

Mon billet volontairement provocateur qui exprimait, à sa façon, mes doutes et questionnements, a récolté son lot de commentaires, comme le miel attire les abeilles, mais à part les témoignages émotionnels, peu d’éléments supplémentaires à verser à mon dossier. À part, le rappel d’un texte de Karl, qui traduit lui aussi un sentiment et pose des questions :

Un des aspects des flashmobs fait pourtant partie de l’ironie. Je m’interroge sur la motivation individuelle de chaque personne dans ces regroupements. Je me demande également pourquoi ces personnes ne sont pas aussi promptes à se moboliser pour un événement politique quelconque ou une manifestation. Je pense que certains prôneront également le fait de ne jamais participer à une manifestation, comme si c’était une maladie honteuse.
Je vois ces regroupements comme un peu tous les dérivés de produits de consommation courante : allégé, 0%, transparent, light, etc. Nous vivons dans une société ou plus que jamais, nous avons besoin de la mobilisation des individus pour réinventer et créer le monde. Mais les gens de plus en plus tentent d’échapper à une forme d’implications philosophiques, politiques, sociales, intellectuelles.
J’aime les flashmobs par leur spontanéïté à faire bouger les gens, mais j’ai l’impression que cela me laisse l’impression d’une classe favorisée allant dans les faubourgs de Pigalle pour s’encanailler.
[ Karl Dubost, Flashmobs, fausse nouveauté. ]

Ce qui rejoint en partie ma conclusion provisoire : les FlashMobs passeront vite aux oubliettes de l’histoire, à moins de prendre une dimension soit politique, soit clairement artistique.

Alors, j’ai re-passé en revue les commentaires des participants, car mon interrogation fondamentale est leur motivation comme celle des organisateurs. Paroles à eux :

L’ambiance est euphorique, cependant. Nous partageons une réelle connivence, qui me surprend et me plait. [Merriadoc]

C’était gratuit, c’était inutile, c’était éphémère. C’était un peu magique, c’était un peu bêbête, un peu gamin. C’était drôle et ca restera un bon souvenir. [Fleur]

All good fun. My only complaint is that there weren’t enough tourists/random people to witness it. [Jezblog]

Un enthousiasme et un plaisir enfantin pur. [Nincompoop]

Un seul petit regret : qu’il n’y ait pas eu plus de gens surpris par ce mouvement de foule, autour de nous. (…) Je crois que l’instant d’un quart d’heure, 150 personnes se sont pris pour de grands enfants qui n’avaient qu’un seul but : faire quelque chose de complètement inutile dans un endroit qu’ils se sont réappropriés. Avec ce petit risque de se faire pincer, comme quand on lançait une gomme dans le dos de l’instituteur à l’école élémentaire. [Manublog]

Deux déceptions, pas assez de badauds/touristes et pas de Mousse après pour discuter avec tout les gens aperçus. [Znarf]

Je suis ressorti amusé, le sourire scotché aux molaires. Ca sert à rien mais cette communion de personnes qui ne se connaissent pas est amusante. Peu de filles dans l’ensemble, trop de journalistes, mais un moment mémorable. [Haeon]

C’était trop d’la balle de ouf ce ParisMobs ! ;-) [Ze6TmD]

L’ivresse collective soudaine fait oublier pour un court laps de temps les scepticismes d’avant et les critiques d’après. [Chryde]

Je suis désormais officiellement un rebel sans cause. [Quiddité]

Et puis c’était le premier, il fallait y être… [Matoo]

J’y étais, je suis très content d’y avoir été et j’y retournerais si j’ai l’occasion. J’ai rarement eu une si grande émotion. [It’s Not TV. It’s McM !]

Ce qu’il ressort de tous ces témoignages est avant tout l’émotion collective. Aucune autre forme de justification autre que le frisson d’excitation, que beaucoup qualifient d’enfantin. D’autres touchent l’aspect rite païen en évoquant un esprit de communion. Enfin, les deux regrets quasi-unaniment, partagés par ceux qui en expriment, sont le manque de spectateurs (et leur peu de réactions) et la sur-représentation de journalistes.

Ce qui s’inscrit en creux dans la pluralité des voix, c’est le refus du sens et la gratuité de l’action qui traduiraient, avec peut-être quelque contradiction, au travers d’une manifestation collective, un “je-suis-libre”, et même de ne pas l’être. Avoir, dans une expression collective, le sentiment d’exister. Et surtout, vivre des sensations brutes et fortes. Il n’y a, à vrai dire, pas d’autre motivation que celle de se sentir vivre et de partager un émoi collectif, par le biais d’une bonne blague.

Que dire de plus ? La question Flash-Mob se pose toujours, malgré le refus quasi-autiste de certains à poser la moindre analyse sur le phénomène, ou les réactions non distanciées, style cour d’école, “tu n’y étais pas, t’as pas le droit de juger”. Et je n’ai pas de réponses à apporter, sinon l’expression des mes propres doutes.

P.S. Il y en a un qui n’a pas sa langue dans sa poche : “Decided that flashmobs are to human stupidity what Mount Everest is to la Butte Montmartre”.

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Le procès du CraoWiki [lundi 1 septembre 2003]

Il y a quelque chose qui m’agace ces derniers jours (oui, c’est fou le nombre de choses qui peuvent m’agacer), c’est le procès actuel fait au CraoWiki et à son usage du VraiNom. J’en parle d’autant plus librement que j’étais moi aussi réticent lors de mes premiers pas sur ce WiKi (mon vieux fond anar et libertaire sans doute ;-)

J’ai découvert la polémique chez Znarf : Wikidentité, puis, sur le CraoWiki lui-même (BoycottWikisVraiNom), et enfin, cet article stupéfiant de bêtise repris par le site suisse d’Indymedia. Un vrai procès en sorcellerie.

Soyons clair, une communauté se définit par des usages communs. L’usage commun sur le CraoWiki, c’est de s’enregistrer avec un vrai nom. Sa philosophie, c’est les relations et les rencontres entre de VraisGens. Si les usages d’une communauté (les règles du jeu) ne vous conviennent pas, allez donc voir ailleurs, le Web est bien assez grand pour cela.

De plus, l’usage du VraiNom oblige à une certaine responsabilisation quant aux contenus que l’on ajoute au WiKi, et incite à adopter des comportements en ligne proches de la VraieVie. C’est la volonté, je suppose, de ses initiateurs. Et c’est ceci qui fixe la norme au sein du groupe et donne le ton général propre à ce Wiki. Alors, si cela ne correspond pas à vos choix et attentes, boycottez Crao-Wiki, mais ne perdez pas d’énergie à gueuler sans raison.

Pour résumer ce faux-débat : ridicule, nul et non avenu.

P.S. Dans un registre pas très éloigné de ce sujet, j’aime bien le billet de Damelon, Anonymously yours… : My journal isn’t about exercising your right to express yourself. It is about exercising mine.

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Idées ParisCarnet [lundi 1 septembre 2003]

ParisCarnet, c’est après-demain !

Lors de cette soirée, histoire que la première question ne soit pas invariablement : “t’es qui toi ? c’est quoi ton blogue et/ou wiki ?” Et trois quarts d’heure et une GuinnessPression plus tard : “Heu, tu m’as dit le nom de ton blogue mais j’ai déjà complètement oublié”… Vous pouvez (mais vous n’êtes vraiment pas obligé) venir avec un badge.

Bien sûr, cela en gêne certains : “j’aime pas les étiquettes”, “ça fait trop salon professionnel”, “ça va abîmer mon nouveau chemisier”… Mais chacun est libre.

Vous pouvez aussi envisager de vous fabriquer des petites cartes avec votre URL… Pratique pour laisser à quelqu’un que l’on a rencontré l’adresse de son carnet Web…

Et vous pouvez comprendre le mot badge dans un sens très large, cela peut-être un t-shirt personnalisé, un rappel graphique de votre blogue, etc. Ainsi, Beleg avec son chapeau melon, n’a nullement besoin d’un badge…

Voilà, chacun fait comme il veut ! L’essentiel, c’est de participer.

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Kitsch [mardi 2 septembre 2003]

briquet chatons

J’ai le don pour avoir des briquets vraiment ridicules… Mais bon, j’assume, même en public (le ridicule ne tue pas !). Alors, si vous me demandez du feu à la prochaine rencontre Paris Carnet, vous savez à quoi vous attendre.

Corollaire : je suis vraiment en panne d’inspiration aujourd’hui (parce que pour en être réduit au photoblogue, c’est que, vraiment, je n’ai rien à dire…).

P.S. Non, je n’aime pas les chats, j’ai horreur des chats !

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Opinion du moment [mardi 2 septembre 2003]

Bon, je vous le confirme, les foules éclairs (en tout cas, ce qu’on en voit à Paris), c’est vraiment débile.

Signé : Capitaine Bonhomme. (Je sais, j’y étais !).

“Hé, hé, hé, capitaine… Vous allez quand même pas nous faire croire que vous y étiez ?”

— Et bien oui, grâce à ce monsieur !

“Hé, hé, hé, capitaine… Vous devenez une victime de la mode !”

— Que nenni, j’étais venu voir quelques daguerréotypes de mon vieil ami Lartigue.

“Hé, hé, hé, capitaine… Insinuez-vous que les participants de cette manifestation téléphonée soient débiles ?”

— Je vous en prie, je ne me permettrais pas… Disons seulement qu’ils ont du temps à accorder à la vacuité des choses et que leur énergie trouverait, sans doute aucun, meilleur usage.

“Hé, hé, hé, capitaine… N’êtes vous donc pas un vieux réactionnaire ? Il faut bien que jeunesse s’amuse…”

— Nul ne doute ! Mais certains semblent s’attarder inconsidérément à leurs tendres années.

“Ah, capitaine… Vous voilà bien sévère !”

— Que voulez-vous, tant d’océans traversés vous enseignent le sens de l’essentiel…

“Hé, hé, hé, capitaine… Comment pouvez vous dire être venu sur les lieux du méfait, à la fois sur l’instigation du Monsieur, et à la fois de votre propre gré afin de voir une exposition artistique ?”

— Wow, wow, wow, espèce de mousaillon de la pouillasserie, ne suis-je pas le fameux Capitaine Bonhomme ?

“Ah, capitaine… Certes, vous l’êtes.”

P.S. L’art du ridicule, heureusement qu’il ne tue pas.

P.S. bis. En plus, le Centre Georges Pompidou, il est fermé le mardi…

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Commentaire [mercredi 3 septembre 2003]

[ Bon, dans le but d’éviter une grosse polémique inter-personnelle qui embraserait la blogosphère une fois de plus pour trois fois rien, en cette veille de Paris Carnet oecuménique, j’efface ce billet, mais je le garde en mémoire…]

P.S. Et oui, je vous avais prévenus.

PS. bis. C’est étrange, j’ai des commentaires qui disparaissent chez Mediatic… Sûrement haloscan.com qui déconne…

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Bizarre [mercredi 3 septembre 2003]

J’ai été viré de la blogoliste de Médiatic

J’ai un point commun avec Emmanuelle… ;-) J’ai été viré suite à un agacement…

P.S. Comme dirait Marc-O., on ne peut pas plaire à tout le monde.

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Ais-je eu tort ? [mercredi 3 septembre 2003]

Quelques uns se souviennent peut-être que sur un coup d’agacement, j’ai viré Emmanuelle de ma blogoliste, et pas en lâche catimini, mais en le disant.

Son billet du jour avait été la goutte d’eau qui fait déborder le vase, je lui reprochais pêle-mêle : d’avoir un peu servi la soupe à MIF avec un entretien l’année dernière, de lier inconsidérément des sites aux propos parfois très douteux, de manquer de jugement et d’esprit critique, et crime horrible, d’avoir délaissé le Mac pour le monde Wintel (mais il y a une justice divine, elle va de panne en panne ces temps-ci…).

Puis, le doute s’est immiscé dans mon esprit. J’aurai bien voulu que la Miss me renvoie dans les cordes avec “tu es vraiment un gros con” (ce que ne ce sont pas privés de dire d’autres…), ce qui m’aurait conforté dans l’idée “cette fille est une gourde, j’ai eu bien raison”.

Mais non, la Miss est restée calme et posée, à défendu ses positions avec sérénité et courtoisie, posté des commentaires sensés en plein coeur de la tourmente, m’a remercié de lui avoir fait découvrir des blogues et elle m’a même pris par les sentiments en m’offrant une mousse (oui, je sais, je suis un être faible).

Pourquoi je vous dis cela ? Parce qu’un blogue comme le mien, c’est l’opinion de l’instant (Instapundit…). Hier, je la trouvais inconséquente, aujourd’hui, je la trouve élégante. Mais cela ne veut pas dire que sur le fond, j’ai changé d’opinion (je suis un peu têtu…) : je n’ai pas bougé d’un poil.

Je promets d’être toujours fidèle à ma mauvaise foi et mon franc parler….

;-)

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Coin sexe [mercredi 3 septembre 2003]

“J’ai aménagé un coin sexe chez moi”
Pour un prochain numéro, Têtu recherche des gays ayant aménagé chez eux un endroit spécifique pour leurs plans sexe. Du donjon SM “classique” avec sling et accessoires au coin webcam pour la baise sur Internet, faites-nous part de vos idées déco les plus hot et originales. Si vous êtes d’accord pour témoigner et poser en photo, envoyez un courriel à yannick(at)tetu.com.

Je ne sais pas si cette annonce peut intéresser quelqu’un dans la blogosphère (si oui, je veux des noms !), mais ce n’est bien évidemment pas pour le côté sulfureux et décoration que je m’attarde sur ce texte, c’est parce que j’y vois un indice de la diffusion du mot “courriel” en France. Et ça, ça fait plaisir.

(Je verrais bien un article coin sexe aussi dans la Maison de Marie Claire… Il y a bien des filles qui s’intéressent aux coins carnets.)

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ParisCarnet, la deuxième [jeudi 4 septembre 2003]

Retour de ParisCarnet. Réactions à chaud.

Vraiment, qui y a-t-il de plus pathétique qu’une réunion de blogueurs (à part un FlashMob, peut-être) ? Tous ces gens qui ne sont là que pour d’auto-congratuler de leur exhibitionnisme virtuel, qui se croient le centre de l’Internet, les happy few de la techno-branchitude, donnent vraiment un spectacle navrant.

Imaginez les au fond d’un bar crade et enfumé, dans une rue à putes, à refaire le monde avec leurs pseudo-idées bourgeoises et bien pensantes. Tous regroupés en grappes de chapelles sectaires, d’un côté les craoistes wikisants à la solde du grand capital, de l’autre les ayatollahs des Web Standards, ou encore les DotClear (shampooing antipelliculaire?) et les Movébeuletipistes : voilà bien une bien consternante assemblée.

L’affluence à cette manifestation de l’inutile démontre encore une fois le panurgisme de ces blogueurs sans intérêt aucun.

Et quand vous voyez dans le réel les pseudos-stars que ce milieu qui sent le renfermé s’est choisi, vous comprenez l’éhontée falsification. Je ne citerai pour exemple que ce bellâtre qui pousse l’indécence jusqu’à être un excellent éditorialiste tout en ayant un hébergeur de merde, ou ce lutin déjanté qui se la joue dans son blogue au graphisme ringard.

De plus, je suis drôlement déçu, M. Le Solliec n’est même pas venu me casser la gueule. Encore un gros parleur, petit faiseur…

Voilà, ParisCarnet, n’y allez pas, c’est tous des cons.

Signé : le Capitaine Bonhomme, très en verve ce soir.

(Billet sur une idée originale de ce Monsieur.)

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Réclamations [jeudi 4 septembre 2003]

Ce qui étrange dans ces réunions de blogueurs, c’est de découvrir que vous avez de vrais lecteurs, des qui vous lisent régulièrement, des vraies gens en chair et en os. Et que ces lecteurs ont des attentes, des doléances, des récriminations. Et de s’entendre dire “c’est quoi cette nouvelle politique éditoriale sur le Navire depuis un mois ?”. Ou encore un assassin “je partage le fond, mais pas la forme”.

Ces lecteurs intransigeants qui vous mettent la pression, ils attendent une qualité constante, pointent vos faiblesses, vous font constater que vous vous livrez parfois à la facilité. Finalement, on rêve d’être lu et puis quand cela arrive, vous voilà saisi d’inhibition à écrire la moindre phrase en pensant “comment cela va t-il être lu, interprété ?”. À avoir les statistiques qui montent, on en perd sûrement en fraîcheur et spontanéité.

L’autre problème de ces réunions de blogueurs, c’est qu’après deux Guinness, vous êtes saisi d’un enthousiasme débordant et vous allez jusqu’à promettre d’essayer ce machin là.

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Mauvais voisinage [jeudi 4 septembre 2003]

Nouveautés Yahoo

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France-Québec, une longue incompréhension [vendredi 5 septembre 2003]

Ça chauffe dur chez Kicou

La France a de grandes redevances historiques envers le Québec : premièrement, celle d’avoir complètement laisser tomber la ’colonie’ lors de la conquête, et deuxièmement, avant la conquête, celle d’avoir incorrectement géré l’occupation du territoire, mais là, de façon tellement maladroite, que le pauvre colon francais (canadien) suivant les directives de la France (agriculture sous Jean-Talon), se voyait crever de faim, alors que les anglais tout juste au sud (nouvelle angleterre) florissaient avec la traite des fourrures et l’exploitation des ressources.
[commentaire de Neige]

Neige, putain mais ce n’est PLUS la Nouvelle-France ici, vous le faites bien comprendre aux immigrants français qui vivent vos brimades au quotidien !
[commentaire de Kicou]

Vous, vous connaissez bien votre histoire, vous savez combien nous vous avons honteusement abandonné à une horde d’anglais sanguinaires. Mais connaissez-vous notre d’histoire ?
[commentaire de Hoedic, un maudit français sans doute]

Les Québécois ont un “je me souviens” au cul de leur automobile, mais pour la majorité, c’est une “je me souviens de pas grand chose” car leurs connaissances historiques se résument à quelques noms de stations de métro et quelques simplifications. Je ne dis pas que c’est beaucoup mieux en France, mais quand il s’agit d’étayer des discussions politiques, cela devient plus gênant. Il faut savoir sortir des caricatures et connaître les faits pour discourir intelligemment.

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Comments Addiction [vendredi 5 septembre 2003]

Les commentaires participent à l’accoutumance au blogue. Aussi, la longue panne qui touche actuellement le système de commentaires de Rateyourmusic.com affecte bien des blogueurs.

There are now few bloggers who make the choice not to enable comments on their Web site. Bob is one of them. So is Karl. How does he feel about this? (I should have asked him at the YULBlog gathering last night but we were too busy having a non meta-blog conversation.) Do people send him more personal e-mails because they can’t talk to him directly and publicly on his blog? And what would Navire.net be like if people couldn’t react to the posts? Damn! They can’t even reply here because of those damn dead comments!
[Martine]

J’ai des difficultés à envisager un blogue sans commentaires. Le courriel, cela n’a rien à voir, c’est un message privé qui est une invitation implicite à une réponse, à engager une discussion. Le commentaire, c’est public, c’est plus gratuit et cela n’attend pas nécessairement de réponse de la part de l’auteur du blogue. Si Karl n’a pas de commentaires, je le regrette de temps en temps, je voudrais parfois lui signaler une chose ou deux (une erreur, un complément, un clin d’oeil, un questionnement, voire une critique), mais privé de l’immédiateté et la simplicité du commentaire, je ne le fais pas, je n’envoie jamais de courriel à Karl. Il ne sait pas ce qu’il rate.

La possibilité de discussion fait partie de mon idée du blogue, qui doit être un média interactif. Le blogue, c’est se confronter au lecteur et accepter ses réactions. Ceux qui font le choix de retrancher dans le tour d’ivoire n’exploitent pas toutes les possibilités de l’outil et y perdent sans doute.

Il faut savoir aussi que pas mal de gens hésitent à laisser un commentaire, timidité ou manque d’habitude, alors, envoyer un courriel, c’est encore une autre histoire…

Navire.net ne serait vraiment pas la même chose sans ses commentaires, ses discussions enflammées, ses trollmentaires et gentimentaires. J’imagine que ce serait plus autiste, égocentré, et que cela manquerait de sel. Quand je dépasse les 110 commentaires sur un seul billet, je me dis que je n’ai pas perdu mon temps à l’écrire. Bien sûr, quand on me dit Eat shit and die”, ça ne fait pas forcément plaisir, mais j’ai appris à me blinder un peu et à relativiser.

Et quand les gens commentent moins, je me sens comme Martine : “you remain silent and it feels like you are gone. I don’t like that. Like a desperate lover, I want you back. Talk to me, baby.”

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America, A Broken Toy [vendredi 5 septembre 2003]

BERLIN (Reuters) - Hollywood star Johnny Depp said on Wednesday the United States was a stupid, aggressive puppy and he would not live there until the political climate changed. (…)
“America is dumb, it’s like a dumb puppy that has big teeth that can bite and hurt you, aggressive,” he said.
“My daughter is four, my boy is one. I’d like them to see America as a toy, a broken toy. Investigate it a little, check it out, get this feeling and then get out”.
Depp slammed George W. Bush’s administration for its criticism of French opposition to the U.S.-led war in Iraq.
“I was ecstatic they re-named ’French Fries’ as ’Freedom Fries’. Grown men and women in positions of power in the U.S. government showing themselves as idiots,” he told Stern.
[Reuters, via Pierre Carrion]

Au moins un qui n’a pas peur pour sa carrière…

PS. Bon, le Johnny corrige le tir. C’était “hors-contexte”. “What I was saying was that, compared to Europe, America is a very young country and we are still growing as a nation,” he said. “My deepest apologies to those who were offended, affected, or hurt by this insanely twisted deformation of my words and intent.”

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Surenchère [vendredi 5 septembre 2003]

“Sabordons le flashmob parisien de Laurent Ruquier par un anti-flash mob”. Mediatic.

Déjà qu’une foule éclair à Paris, ce n’est pas très brillant, mais un anti-flashmob, avec le héraut que l’on sait, cela devient franchement consternant.

Commentaires glanés ça et là :
En quoi, un flashmob organise par France2 serait plus *faux* qu’un Flashmob organise par… on ne sait meme pas vraiment qui ? C’est un truc que je pige pas. [Pierre Carion]
Là faut qu’on m’explique ce qui justifie cette levée de bouclier. Ca décrédibilise complètement ma vision de MediaTIC, que je lis pourtant depuis longtemps. Il y a sûrement des choses beaucoup plus graves qui mériteraient une mobilisation générale des bloggeurs. Déçu. [Jerôme]
En tout cas mediatic est tres courageux de prendre la tête d’une croisade où il y a plus à perdre qu’à gagner. [minouminogue]
Restez chez vous si il vous reste un peu de sens critique, et ne vous donnez pas en pature à ceux qui n’attendent que ça… [Beleg]
En définitive, ils alimenteront le spectacle de masse par leur turbulente mais si sympathique contribution. Le mieux n’est-il pas de rester tranquillement chez soi ? [Isabelle Vodjdani]

PS. Vous voulez bien rire ? Allez lire PanameMob de Mewn, le petit blogue qui monte, qui monte…

Extrait de PanameMob :
Anatole prend sa belle pose de penseur, cigarette à la main, et nous assène la vérité suprème : “Je suis certain que cette manifestation a pour but de démontrer la force de la blogosphère. C’est un peu notre jour de fierté.” dit-il en soufflant la fumée d’une façon super classe.
Sophie rencherit “Oui oui, on va démontrer que la blogosphère est un organisme vivant qui peut interférer dans la réalité partagée, en plus cela réinvente l’idée de démocratie puisque n’importe qui avec un accès haut débit et travaillant dans le tertiaire et les NTIC ou dans le milieu universitaire peut en faire partie et donc s’exprimer virtuellement et agir concrètement dans le monde via les Flash Mob”.
Anatole hoche la tête en soufflant la fumée par le nez. Elle est forte Sophie, elle a fait un niveau deug de psycho avant de devenir graphiste dans une web-agency (sa vraie passion), deux ans à dessiner pendant les cours lui avaient permis d’acquérir une très bonne technique.

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J’y étais ! [vendredi 5 septembre 2003]

J’aurais vraiment tout essayé… Sur invitation de mon cher ami Laurent (au moins là, je connaissais l’organisateur), je me suis rendu à une FlashMob !

Et tout s’est fort bien passé, dans une ambiance bon enfant. C’était plutôt gai et amusant. Il y avait même une mamie flashmobeuse… Même pas l’ombre d’un contestataire, ou même d’un blogueur. Il y avait cependant quelques membres de la secte des craoistes.

Ca y est, vous allez pouvoir participer au premier FlashMob On a tout essayé. Merci de votre inscription. Il aura lieu demain, vendredi 5 septembre 2003 à Paris. Vous avez rendez-vous à l’angle des avenues Silvestre de Sacy et Élisée Reclus (Paris 7e, quartier du Champ de Mars) à 18 h 50 devant une camionnette blanche. Des personnes de l’équipe vous donneront alors les instructions pour la suite des opérations. Soyez à l’heure.

FlashMob Ruquier

19 h 45. À vrai dire, pas grand monde aux abords de la camionnette blanche… Je porte surtout mon attention sur un beau brun absolument sublime (ici de dos, en blouson rouge). Puis les gens arrivent d’un seul coup, peut-être une cinquantaine de personnes.

FlashMob Ruquier

Les portes du camion s’ouvrent, chic, des ballons !

FlashMob Ruquier

FlashMob Ruquier

On s’organise, on lit les instructions : “le ballon dans une main, mettez-vous à genoux, prosternez vous, et levez les bras au ciel en criant ’On a tout essayé’ trois fois de suite. Au coup de corne de brume, relevez-vous et mettez-vous à rire très fort. Second coup, chacun embrasse son voisin. Troisième coup, levez les bras au-dessus de la tête et tournez sur vous-même ’façon ballerine’. Dernier coup, lâchez les ballons. Quittez les lieux tranquillement. Laurent Ruquier et toute l’équipe vous remercie de votre participation et à bientôt sur France 2.”

FlashMob Ruquier

La foule s’ébranle en direction de la Tour Eiffel.

FlashMob Ruquier

Prosternés devant la Tour : “on a tout essayé !”.

Le mec du son a un joli petit cul. Heu, je m’égare là…

FlashMob Ruquier

Un petit tour de danse.

FlashMob Ruquier

On lâche les ballons.

FlashMob Ruquier

Ça filme pour la postérité.

FlashMob Ruquier

Un entretien avec la mamie flashmobeuse.

FlashMob Ruquier

Et voilà tout qui finit bien autour d’une mousse… Classe !

FlashMob Ruquier

Cette femme est dangereuse. Elle apprend le blogue à des jeunes…

Finalement, c’était bien, cette petite Flashmob ! Rendez-vous mardi à 19 h 00 sur France 2.

À savoir aussi, les Renseignements Généraux, rencontrés sur place, sont formels : selon eux, les foules éclairs vont se multiplier. Et tous les organisateurs de FlashMob et sympathisants sont fichés…

PS. Tiens, un autre truc pour rire, il n’y avait pas autant de journalistes que pour les précédentes éditions (voire pas du tout). Normal, là, il n’y avait pas d’attaché de presse.

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Radicalisation et désinformation [dimanche 7 septembre 2003]

Suite au raid aérien contre le fondateur et chef spirituel du Hamas, Cheikh Ahmed Yassine, les membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, réunis devant l’hôpital où est soigné Cheik Yassine, ont juré la mort d’Ariel Sharon, criant dans des haut-parleurs que la tête du premier ministre israélien était désormais mise à prix. Le premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, lâché par tout le monde, s’en va.

“Nous avons l’intention de liquider tout le Hamas, sans faire aucune distinction entre la branche politique et militaire de cette organisation terroriste” déclare un anonyme responsable israélien.

Il semble que le gouvernement israélien fait en ce moment tout son possible pour inciter à la radicalisation, profitant de la faiblesse de l’autorité palestinienne. Jusqu’où cette politique du “grand nettoyage” va-t-elle nous mener ? À de nouvelles actions terroristes de grande envergure ?

Pendant ce temps-là, au terme de sa visite en Irak, M. Rumsfeld qualifie de merveilleux le début de la reconstruction du pays. Et, selon un sondage paru hier dans le Washington Post (réalisé début août), au moins 70 % des Américains pensent qu’il est probable que Saddam Hussein ait été impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001, et 80 % sont convaincus que l’ex-dictateur irakien aurait fourni aide et assistance aux membres du réseau Al-Qaïda.

Il y a des jours où il vaut mieux ne pas ouvrir le journal.

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YUL contre PET [dimanche 7 septembre 2003]

À Montréal, des dizaines de manifestants se sont donnés rendez-vous samedi pour s’opposer au changement de nom de l’aéroport de Dorval pour celui d’aéroport Pierre-Elliot Trudeau. [Radio-Canada].

Cela n’a rien à voir, mais c’est la saison des mirabelles, profitez-en !

PS. Non, chers PETblogueurs, ne cherchez pas, il n’y a pas de contrepèterie dans ce billet idiot.

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Clou du spectacle [dimanche 7 septembre 2003]

Je vous aurais bien commenté l’excellent billet de Netlex, qui n’hésite pas à convoquer Hernani, mais l’on va encore m’accuser d’en rajouter une couche, de n’être vraiment pas charitable, et pire encore, de faire fuir les filles.

C’est d’ailleurs dommage, ce billet n’a même pas reçu un commentaire, sans doute trop amphigourique et abscons pour la moyenne des blogueurs. Pourtant, je le trouve bien meilleur et bien plus assassin que toutes mes modestes productions qui attirent moult commentaires enfiévrés.

PS. J’aurais plutôt fait appel au chahut du 29 mai 1913

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Surprenant miroir des vanités [dimanche 7 septembre 2003]

Oui, je suis surpris. Je publie trois courts billets aujourd’hui, l’un débile, l’un surfant sur la vague de nos agitations microblogosphériques, et l’un d’actualité pure et simple. Résultat, plein de commentaires intéressants sur le billet le plus ingrat. Ce soir, je suis un blogueur heureux.

Et j’ai l’envie de remettre en une de mon blogue des extraits de ces contributions qui pourraient être trop vite oubliées, ou pire, ignorées :

Blogosphère = sphère = bulle = cocon = monde protégé = communauté restreinte = nombrilisme = manque de curiosité et de générosité pour les autres.

Alors, oui, il n’y a pas de billet ou de réponse pour un tel sujet. Par contre, pour les “ParisCarnet”, les “FlashMobs”, et tout autre sujet futile et puéril concernant la Blogosphère, là y’a pas pénurie. Les langues se délient, les passions se déchainent. Les conneries fusent.

Peut-être qu’il ne faut pas ouvrir son journal et se plonger comme une autruche dans la blogosphère en l’alimentant de futilités et affirmations bien-pensantes. Mais c’est prendre le risque de faire “crever” la blogosphère telle la “bulle” spéculative… Elle tournera en rond sur elle-même, s’auto-alimentera de conformisme, de convenance, perdra son esprit critique et explosera. Et ce n’est pas ça qu’on attend d’un blog.

Bref, ce qui était et est encore l’émergence d’une nouvelle citoyenneté voire une nouvelle forme démocratique, devient petit à petit un lieu aride de bavardages creux et stériles…

Attention, blogueurs, soyez vigilants !!!!!!!!!!!

zboob

Il ne faut pas trop rêver, la euh… “blogosphère” (dont je fais sans peut-être partie) est en majorité une bande de geeks qui parlent d’eux-mêmes et de leur petit monde technique. Curieusement, les moyens extraordinaires de communication, d’expression et d’ouverture au monde que nous avons entre les mains ne servent qu’à nous regarder le nombril. De plus, je pense que le format même du blog (posts quotidiens, voire multi-quotidiens) empêche une certaine profondeur dans la réflexion (même si la spontanéité qui en résulte a aussi son intérêt).

Il y a un exemple ici même, sur navire.net. Les petites guéguerres avec Mediatic, les posts amusants et provocateurs, c’est intéressant cinq minutes, entre deux cafés. C’est de l’intérêt relativement temporaire. Par contre, la page de Laurent sur le Belem, qui n’est pas un blog mais une page web disons, “classique”, qui n’est sans doute pas remise à jour quotidiennement, est nettement plus fascinante et intéressante, et elle contient une somme d’information stable qui conservera toujours le même intérêt dans dix ans.

Le spontané des blogs, certes, mais si on veut de l’information fouillée, objective, réfléchie, stable et solide, je préfère autre chose.

Guillermito

C’est génial, ce sont mes lecteurs qui écrivent me billets maintenant. Bientôt la retraite !

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Dura Lex Sed Lex [dimanche 7 septembre 2003]

Netlex s’est suicidé, il s’est pendu à un compliment perfide. Le pire, ce n’était pas de ne pas le lire, c’était de ne point le comprendre, et certains thuriféraires montraient, à le lier à contresens, le peu de portée de ses écrits. En tout cas, il m’aura fait le plus beau des compliments en me qualifiant de joyeusement assassin. Et il fera partie de ces nombreux corps non-réclamés de cet été meurtrier.

“La police des vanités blogosphèriques classera sans suite cet épilogue d’une vie sans issue qui se répandait dans un weblog sans lecteurs, et qui s’achève par une petit meurtre entre inconnus.
Les prétentions de Netlex Blogs ont été enterrées dans un cercueil vide.
La cérémonie eut lieu sans filles, ni fleurs, ni couronne.”

Tiens, il faudra que je lui raconte l’enterrement d’Henri Sauguet… Puisque nous sommes dans le registre des messes mineures. Cela ne manquera pas d’égayer le défunt blogueur.

J’irai pleurer sur ton cénotaphe, inhumé sans voceratrices ni fleurissement, histoire de m’assurer que l’absent du catafalque ne bouge pas encore.

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Foules moins idiotes [mardi 9 septembre 2003]

Et oui, il y a quand même des choses intelligentes à faire dans l’espace public, des actes porteurs de sens, inventifs et revendicatifs. Ainsi Québec découvre l’occupation festive de la rue et Montréal connaît les joies des “randonnées de masse critique à vélo, en patin et même à pied” [liens via Houssein].

Le roi de la pédale nous signale l’arrivée imminente des “masses critiques” à Paris. Prochain rendez-vous, le 22 septembre à 18 h 30, place du Châtelet.

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Désir [mardi 9 septembre 2003]

Une galerie nommée désir. Sensualité des courbes, beauté des matériaux… Se perdre dans le bleu de la carte logique… Dans les ruelles de cette ville d’aluminium… Un regard jeté au travers des claustras métalliques. Expression de la pureté des formes en fonction de l’usage.

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Avis d’embarquement [mardi 9 septembre 2003]

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Toujours sur ma barque préférée

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Leni Riefenstahl [mercredi 10 septembre 2003]

Leni Riefenstahl

Leni Riefenstahl ou la mollesse de l’engagement. Elle vient de décéder à l’âge de 101 ans. Actrice entre 1927 et 1933, puis réalisatrice du documentaire exalté et grandiose sur le congrès du parti national-socialiste à Nuremberg en 1934, Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens), des Dieux du stade (Olympia : Fest der Völker, Fest der Schönheit) en 1936, ode à la gloire du corps humain dans le cadre des jeux olympiques de Berlin. Après guerre, elle partira en Afrique, réaliser des reportages photographiques sur les sculpturaux Nubas du sud du Soudan, publiés dans le Stern, The Sunday Times, Paris Match

Elle a toujours soutenu qu’en tant qu’artiste, elle ne faisait pas de politique. Ni membre du parti nazi, ni antisémite, elle a toujours maintenu se version des faits : l’art pour l’art. Nuremberg abandonnera les charges en la qualifiant de sympathisante.

La vie de Leni Riefenstahl fut à la fois grandiose et misérable. Vouloir ignorer la politique, être faible dans ses engagements autres qu’artistiques, n’est pas un choix viable pour une personne publique. Le talent n’excuse pas l’égarement et la naïveté politique.

Une grande artiste qui a marqué le XXe siècle, principalement de ses images de glorification du “romantisme” nazi, perpétuellement reprises pour illustrer cette époque, s’est éteinte. Une femme complexe, marquée de son temps, dont on ne peut cerner la réalité de ses pensées, qui illustre aussi le tragique et la grandeur de l’homme : la liberté de faire les bons choix dans sa vie. Mais cette “liberté” est-elle vraiment donnée à tout le monde ?

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Liaisons dangereuses [mercredi 10 septembre 2003]

Un juge fédéral de New-York autorise la poursuite des actions judiciaires contre les compagnies aériennes United et American Airlines, le fabricant aéronautique Boeing ainsi que les propriétaires du World Trade Center, l’Autorité portuaire de New York et du New Jersey, pour les blessés et les morts dans les attentats terroristes du 11 septembre 2001. [Radio-Canada]

À ce train là, bientôt le procès de l’Islam, de l’Amérique qui a créé le gigantisme architectural, des inventeurs de l’aviation civile… Cela fait penser aux procès intentés par des obèses contre les fabricants de junk food. À trouver des responsabilités partout, on déresponsabilise le citoyen qui est toujours la victime de quelque chose.

Par contre, on pourra toujours attendre pour l’analyse fouillée et le procès des implications américaines dans les dérèglements du monde. Les États-Unis ne sont pas une vierge éplorée et innocente, violée par des islamistes assoiffés de sang, c’est la victime de 50 années de démiurgisme plus ou moins bien inspiré, d’interventionisme et de coups tordus dans la politique internationale, c’est le soutien à des régimes fachos pour des raisons qui tiennent plus de l’asservissement économique que de motivations idéologiques, c’est le résultat de l’incroyable naïveté, plus ou moins crapuleuse, de sa classe politique. Non, la violée ne s’est jamais trop embarrassée des misères du monde, pire, elle a souvent soufflé sur les braises. Encore aujourd’hui, elle défend bec et ongles son mode de vie au détriment de l’intérêt général. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des causes. Et il reste encore beaucoup trop de zones d’ombres dans les liaisons dangereuses de la première puissance mondiale.

19 h 10 — P.S. À lire aussi chez Blork, Perspective… qui rebondit sur une citation de Pacific Views : “This Thursday will mark the 2nd anniversary of the destruction of the World Trade Center towers and part of the Pentagon. 3,000 innocent people lost their lives on that horrific day. In the days afterward, America came together as a nation. We had the sympathy of most of the world. Two years later we are a bitterly divided country. We have bombed and invaded two nations. We have caused the deaths of at least 1,000 innocent civilians in Afghanistan. We have caused the deaths of over 6,118 innocent civilians in Iraq… some estimates hint at numbers as high as 37,000. Those thousands whom we have maimed for life have yet to be adequately tallied. We have lost over 370 of our servicemen and women in Iraq and elsewhere. Our military is stretched to the breaking point. And we have very much lost the sympathy of the rest of the world. We are hated, feared and despised across the globe. Worse, Al-Qaeda and its ilk are now as menacing a threat as they were two long and bloody years ago.”

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Images de Cancún [mercredi 10 septembre 2003]

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Photo AFP/Luis Acosta.

Oxfam International : Unis pour un monde plus équitable !

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Photo AP/Jaime Puebla.

Centro de Medios Independientes, Cancún.

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Mobilisation pour Harvey Milk High School [mercredi 10 septembre 2003]

Lu dans le courriel de nouvelles de Têtu, hier :

États-Unis - Yoga Nono, Chiny Lauter et Fus Washingtonia ont répondu à l’appel de John Cameron Mitchell pour réaliser un disque au profit du lycée Harvey Milk à New York. Le disque reprendra les thèmes du film Hedwig and the Angry Inch de John Cameron Mitchell. Le réalisateur espère récolter 300 000 dollars avec les ventes de l’album et avec l’organisation d’un concert de charité.

Ne connaissant pas ces artistes confidentiels, sans doute de la scène alternative new-yorkaise, j’avais décidé de ne pas relayer l’information touchant le lycée Harvey Milk High School, la jugeant d’intérêt mineur.

Mais, un correctif m’a fait changer d’avis aujourd’hui :

États-Unis - Lycée Harvey Milk : Rectificatif - Un correcteur d’orthographe taquin nous a fait écrire “Yoga Nono, Chiny Lauter et Fus Washingtonia” au lieu de Yoko Ono, Cindy Lauper et Rufus Wainwright.

Ah, sacré farceur de Word !

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11 septembre [jeudi 11 septembre 2003]

Un bien triste anniversaire que les trente ans du coup d’état militaire au Chili, le 11 septembre 1973, qui vit l’avènement de la dictature avec la complicité des États-Unis d’Amérique. Du suicide de Salvador Allende dans le hall du palais de la Moneda à la nomination officielle de Augusto Pinochet comme chef suprême du pouvoir (le 26 juin 1974), près de 10 000 morts, 90 000 arrestations, 163 000 exilés. Puis, ce régime où la torture était quasi-institutionnalisée, et les exécutions expéditives d’opposants la règle, a tenu jusqu’en 1990.

Ce 11 septembre, la démocratie fut assassinée avec les complicités que l’on sait. Ironie, la même année, Henry A. Kissinger recevait le prix Nobel de la paix. Un homme aujourd’hui accusé de crimes de guerre.

L’histoire contemporaine a montré que les États-Unis d’Amérique avaient une idée de la démocratie circonscrite au territoire national. C’est pour cela que la volonté de George W. Bush de transformer la démocratie en produit d’exportation, de préférence largué de B-52, et la restriction des libertés civiles au sein même du pays, ne cesse de laisser rêveur.

Oui, le 11 septembre est aussi un jour de deuil.

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Idée de FlashMob [jeudi 11 septembre 2003]

Je propose de faire une prochaine foule éclair dans un supermarché Carrefour en signe de solidarité avec nos pauvres amis tchèques.

Pour référence :
Wired News : Flash Mobs Get a Dash of Danger.
DarkMaster Blog : Fotil jsem. Zmlátili mne.
MedvídekP? : Mohu si vyfotit recepci?

Ah oui, c’est vrai, les FlashMobs, c’est pas politique…

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Bon anniversaire ! [jeudi 11 septembre 2003]

Bon anniversaire au Padawan (communément connu sous le vocable “le traître”) qui fête ses 14 ans d’amour avec sa moitié un peu bourgeoise.

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Bush 2004 [jeudi 11 septembre 2003]

Do you have a personal Web site or Blog? Do you want to keep America strong? Make sure the latest Bush-Cheney ’04 news is posted on your site instantly!

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Élitiste ? [vendredi 12 septembre 2003]

D’abord réfléchir à ce que peut être une action transgressive dans la blogosphère conduit une réflexion théorique sur le langage. La philosophie analytique de Frege notamment, et sa position selon laquelle “le langage peut signifier mais sans qu’une vérification soit possible ou même faisable. De ce fait, l’erreur, la tromperie ou feintise, et même la fiction deviennent clairement des secteurs d’exercice linguistique, sans que les possibilités logiques du langage soient réellement engagées”.
[Netlex]

C’est cela, oui. Après ça, ne vous étonnez pas si Netlex ne caracole pas en tête des classements de popularité. Le même Netlex qui se pose la question “Comment puis-je exprimer cette émotion dans la blogosphère en la faisant partager ?”. Le partage, oui, mais avec un distingué aréopage, par nature numériquement faible, autant dans la VraieVie que dans la blogosphère. Les Skyblogueurs ne sont pas prêts de lire Netlex (Hé, y prend trop grave la tête le keum)… Et oui, c’est toute la violence des rapports sociaux.

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Et si j’arrêtais… [vendredi 12 septembre 2003]

…de lire les blogues.

J’y passe entre 1 et 2 heures par jour. Autant de temps que je ne consacre pas à écrire, alors que j’ai tant à dire.

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Gamineries [vendredi 12 septembre 2003]

Je me suis amusé à mettre des commentaires débiles et plus ou moins inspirés (avec des attributs TITLE) sur les liens de ma blogoliste. On s’amuse comme on peut.

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Pas raciste mais pure-laine [vendredi 12 septembre 2003]

Pas raciste mais pure-laine. Français au Québec, ce n’est pas tous les jours facile. Autant les Français ont des préjugés très favorables sur les Québécois (car en fait, ils les connaissent si mal), autant les Québécois ont parfois tendance à ressasser les mêmes vieilleries. Impossible d’échapper à la même vieille rengaine du “maudit français” quand ce n’est pas pire. Sous couvert de taquinerie, il y a souvent la traduction d’une agressivité latente et d’un reproche collectif bien intelligible. Mais bon, je préfère être maudit que mouton.

Le Québec est le seul pays où j’ai ressenti ce racisme diffus et sournois à mon endroit, qui n’ose dire son nom et qui se propage via des jokes de mauvais goût. Et quand on est Français de souche et blanc de peau, c’est un sentiment très étrange. Forcément, on a pas l’habitude. Alors que nègre à Alger, Casablanca, Paris ou Vancouver, c’est toujours un peu pareil et arabe à New-York ou à Moscou, c’est pas très diffèrent.

Il y a du racisme au Québec, comme partout ailleurs, car la bêtise est universelle. Les Français sont un peu les Belges des Québécois. Alors songez-y à deux fois avant de sortir une blague idiote sur les Belges ou les Français, les petits ruisseaux alimentent les grandes rivières.

Et puis, d’abord, je ne suis pas français, je suis breton.

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Rentrée colorée [dimanche 14 septembre 2003]

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Un rentrée colorée pour Harvey Milk High School [une photo de James Wagner, un blogue trouvé chez Sale Bête, plus de photos ici]. Heureusement, il y avait aussi une contre-manifestation avec des messages comme : I Love Queers, You’re Our Role Models, All kids deserve a safe school, etc.

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MIF le bien nommé [dimanche 14 septembre 2003]

I received the following question from a reader (whose name I will conceal, this question having been posted on a personal email to my care) in connection with Merde In France (a well deserved name according to Pierre):

The question was : “Has that dirtbag ever even come close on anything he has written or does he miss everything in his efforts to tar and feather France? That’s a rhetorical question by the way.”

It is an embarrassing question. Since we are speaking about rhetoric, it is necessary to distinguish between content and form. The form is nauseating but the content calls for debate. MIF, a bit like Jean-Marie Le Pen, is a very talented acrimonious polemist but his ideas stink.

Billie is an American from Brooklyn. He has been living in France for more twenty years. In 1981, while the wealthy people from Avenue Foch exported their gold in Switzerland panicked by the socialo-communist dictatorship to come, Billie arrrived in this country where a scent of Chile at the time of the Allende’s election floated in the streets. But Billie get used finally rather quickly to the French eighties, when money and free enterprise were fashionable, years when Bernard Tapie was the idol of all ambitious young people. Student at the Sorbonne, he considered going Sciences Po but finally went to CNAM to learn computer science. And while he get used to the French language and culture, his integration was a failure, even if he is still operating his small capitalist company on French soil.

Bill has political ideas, libertarians ideas. The State is evil. The State is a communist idea. Then, de facto, there are only stalinist communists in the actual French goverment (UMP, right) and dangerous leftists at the FN (extreme right). Our jacobinic France, where the State has always been the center of all, and has theorized the fact, is without any doubt the perfect image of hell for libertarians. However, France, from left or right, does not waver on its deep foundations, its single base. It remains hermetic to the liberalism mermaids’ song. And that excites Bill at the point to become a writing rottweiler defending his ideas bitterly with bites and nails.

The last straw was the political opposition of France to the American government on the Iraki conflict. All his recriminations as a sour immigrant tangled up in his schizophrenia, a love-hate relation to France, exploded. Then, inevitably, all Frenchmen became anti-American scums. He was directly in phase with the war-bloggers, intellectual masters of the American blogeoisie. They saw in Merde In France in Paris the equivalent of a Salam Pax in Baghdad and hastened to make him a broad publicity.

During these twenty years, Bill was so impregnated with French culture that it is difficult to say that he is really an American anymore but rather a hybrid beast suffering badly from his interior conflicts.

Through its blog, Bill pours all his bile and his “mal-être”. As for others, his blog replaces a psychotherapy. He shoots in all directions with fury. Sometimes, he hits sensitive spots, real problems or real questionings but his answers are only vitriolic satires or even lewd remarks.

His blog is of nothing close to be productive. It is only design to poke dissensions and hatred. Much of his readers, less intelligent than him take his entries for Gospel’s truth. And, worse, like any predator, he knows his territory quite well and can bite where that it hurts the most. He masters this game brilliantly. He is a tough hard cynic that doesn’t believe in humanism and in friendship between nations, because he is a man in war, in war with the world and with himself. In fact, he inspires me pity. At the day of his death, when God will ask him “What have you made of your talent ?” He could only reply : “I made war. I shit on my neighbours. That was my life !”

Even it is means getting a critical look on the situation in France, a look of an expatriate American, I will always prefer to read Damelon that assumes his writings under his real name. He has more scope with his intelligent and sober entries than that aggressive pooch vomiting on the “Froggies” with an irreducible bad faith.

No, MIF, we do not deserve you ! MIF, go home, and see if grass is greener in America’s great plains.

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France, pays de merde [lundi 15 septembre 2003]

Et oui, que voulez-vous, la France, c’est un pays de merde, rétrograde et immobiliste. Oh, la France est loin d’être toute seule, vraiment très loin. Seuls quelques pays peuvent se vanter d’avoir une bonne longueur d’avance. Mais il se trouve que j’ai une idée de la France, une grande idée. Une France qui fut un temps à la tête des progrès sociaux, même si ce fut parfois au prix du sang, une France généreuse qui pouvait afficher sans honte sa devise : liberté, égalité, fraternité. Mais, force est de constater que ces mots ne tiennent plus aujourd’hui que du formalisme républicain et sonnent désespérément creux. La France se laisse distancer à cause d’une classe politique en déphasage avec la société, qui ne sait que grenouiller sous les lambris dorés et poussiéreux, et jouer devant les caméras la saynète du débat démocratique. La France sent le renfermé.

J’attends tellement mieux de ma patrie, nation qui ne fait guère preuve reconnaissance envers ses plus fidèles zélotes, où la citoyenneté est à plusieurs vitesses. J’ai rempli mes devoirs de citoyens, je me suis investi dans la société, je participe à ma mesure au développement national, mais je n’ai en retour que des demi-droits à un tel point que je suis aujourd’hui contraint à envisager l’exil.

Je me fais l’effet d’un amoureux trompé. C’est ça d’aimer avec trop de passion, l’amour rend aveugle et l’on attend trop de l’être aimé. Le retour au réalisme est cruel, alors, forcément, je suis aigri.

P.S. Que je sois clair, ce ne sont pas des passe-droits, ou des demi-droits auxquels j’aspire, c’est des droits pleins et entiers à vivre ma vie, comme les autres, dans le respect de ma personne et de ma dignité.

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C’est pas tous les jours dimanche [lundi 15 septembre 2003]

Le lapin qui braille dans la salle de bain, le visage dévasté, et qui dit sans un hoquet de douleur “J’trouve ça dur”.

Bien oui, c’est dur. C’est la vie. je suis bien placé pour en savoir quelque chose.

Mais l’important, c’est que nous sommes vivants, bien portants, puis il y a toujours ça.

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Beau Cul [lundi 15 septembre 2003]

Je passais ce matin dans un bureau, à la recherche d’un directeur artistique, mais il n’était pas dans les lieux. Seule sa collègue féminine était présente, me regardant d’un air interrogatif. Je lui dis alors : “il n’est pas là, beaucul ?”. Elle fit semblant de ne pas relever l’inhabituel surnom et me répondit qu’il était probablement à l’étage. Sans avoir à me le demander, elle avait tout de suite compris de qui je parlais.

Il faut que je précise que le jeune homme en question a un cul très mignon (entre autres) et que je sais fort bien que sa collègue est l’une des principales animatrices de Radio Couloirs. C’est donc tout à fait à dessein que je plaçais de façon badine et inopinée ce petit qualificatif, sachant bien qu’il ne serait pas perdu pour tout le monde.

De retour de déjeuner, voilà tout le monde de pouffer de rire dans les couloirs, de s’enquérir de Monsieur Beaucul à la porte du bureau des DA. Toutes les filles étant unanimes sur l’appellation : “comme cela lui va bien”. Comme un pantalon bien moulant, préciserai-je.

Et bien, figurez-vous que le principal intéressé ne prend pas du tout l’affaire d’un bon oeil. Il paraît vexé de se voir ainsi réduit à une partie peu glorieuse, mais ô combien palpable et aguicheuse, de son anatomie. J’y sens même une atteinte à sa virilité et une certaine trace de machisme blessé. Dire qu’il y a des filles qui supportent ce regard réducteur tous les jours…

En tout cas, Beaucul, cela va faire long feu dans l’agence… car, au vu de la majorité féminine, qu’il se prépare à l’entendre encore souvent. Les mâles n’ont plus le pouvoir.

P.S. Bien sûr, ce billet sur mon collègue callipyge entre en écho avec “Regardez-le dans les yeux”.

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Un bâton de craie et de la poésie [lundi 15 septembre 2003]

Après le coup des canards, Montréal remet ça une deuxième fois.

Poétique, simple, imaginatif, créatif et sans médiatisation excessive. Bill du New York City’s Mob Project disait à Wired : “Really, the idea is so simple that it’s hard to mess up. What’s really been cool is seeing the ways that organizers in different cities have interpreted the idea differently.” Clairement, à mes yeux, Montréal remporte la palme.

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Le libertarien révolté [lundi 15 septembre 2003]

Par la voix de Melodius, les libertariens pur-jus se révoltent contre certains amalgames, et ils ont bien raison car cela leur fait un tort considérable. À lire ici.

Comment se fait-il alors que, sur le web francophone, il y a tellement de “libertariens” dont l’idéologie semble se résumer à un soutien inconditionnel aux néo-conservateurs américains défenseurs d’un impérialisme US et à la droite sioniste israélienne, le tout nappé d’islamophobie rabique ? Pourquoi diable ces gens qui professent, il est vrai, un certain libéralisme économique (ah, le libéralisme économique !) défendent-ils le USA Patriot Act, la guerre en Irak, la colonisation des territoires occupés, et j’en passe et des meilleures, le tout en lançant force anathèmes contre les libertariens américains, qui ont le mauvais goût de ne pas partager leurs vues.

Bonnes questions en effet.

À lire également chez Pierre, le libertarianisme pour les nuls.

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Le sexe de la blogosphère [mardi 16 septembre 2003]

*La mâle blogosphère*. (…) Mon évaluation à date : les carnets tenus par des hommes discutent politique, critique sociale, idéologie, technique, science. Ceux des femmes : de recherche personnelle, d’introspection, de séduction, ils sont journal intime, certains faisant même office de ’chat’ avec les lecteurs. Il y a des exceptions dans les deux cas, mais c’est là une dominante. A dire vrai, la blogosphère n’apporte rien de bien nouveau sous le soleil de l’identité et de l’égalité, ce n’est encore une fois que le prolongement de bonnes vieilles habitudes acquises sur le terrain, mais peut-être y-a-t-il pire, en ce qu’elle perpétue et solidifie le sexisme, les clivages, l’isolement, les traditions, les bonnes vieilles valeurs démocratiques.
[Neige]

Et alors ?

Est-ce que la blogosphère a quelque chose de nouveau à apporter par rapport à la vraie vie ? Doit-on attendre plus de la blogosphère qu’un reflet du monde tel qu’il est ?

Est-ce que les questions d’identité doivent se dissoudre dans l’égalité, dans le mimétisme ?

Va-t-on un jour admettre communément que la psyché féminine est différente de la masculine, que nous ne sommes fondamentalement pas pareils, et que cela n’est pas du sexisme que de l’observer ? Que les composantes de la psyché tiennent autant du corps et de sa biochimie que de l’acquis et du culturel ? Que nos différences ne constituent pas forcément un clivage mais aussi un enrichissement mutuel ? Et que ce n’est pas à vouloir se ressembler que l’on se retrouve ?

Les réponses sont incluses dans les questions.

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Adrian Lamo, the homeless hacker [mardi 16 septembre 2003]

En pensée à Martine qui travaille sur un sujet proche, l’étonnant entretien accordé par Adrian Lamo, “the homeless hacker” à CNET News.com.

Extrait :
So you believe in fate, not free will?
Not at all. I believe that history tends to itself, the universe sees to itself, and that we are all equally facets of the universe. And even as the universe sees to itself, we contribute to its evolution and everything that we do causes a ripple that makes it a better place…That’s the closest thing I have to a belief in a higher power.
Are you mentally preparing yourself for a possible prison sentence?
Faith manages.
That’s your favorite saying. What does it mean?
It means that nothing we do is wasted and that in the universe that we inhabit, it’s a closed system under the laws of physics in which energy is never destroyed and everything that we do is redistributed and recycled to the place it should be.

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Guignol du libéralisme [mercredi 17 septembre 2003]

Les rares français qui trouvent grâce aux yeux de MIF sont Maurice G. Dantec, Romain Goupil et Alain Madelin. Belle communauté d’esprit et marque de cohérence.

La guérilla contre les socialos, humanistes, globophobes, écolos, égalitaires, intellos, bovésiens, brejnéviens, néo-gauchistes, collectivistes, résistants à la MacDonalisation, censeurs et autres racailles continue malgré les attaques de la vieille garde stalinienne et bien pensante de la blogosphère franchouille, “cette boîte à coucou quelque peu déglinguée, desarçonnée par l’incursion époustouflante de blogs francophones libéraux sur son territoire”.

Faut-il en rire ?

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Un espoir pour l’Irak [mercredi 17 septembre 2003]

C’est officiel, la France participera à l’effort international de reconstruction de l’Irak. Cependant, dans un entretien privé, Jacques Chirac a posé une condition à son homologue George W. Bush : “La France ne mettra pas le pied en Irak tant que les frites servies au Congrès n’auront pas retrouvé leur appellation de French Fries”.

Des observateurs de l’ONU ont été postés à la cafétéria afin de noter tout changement au menu, et de prévenir dans les plus brefs délais les instances internationales du retour des Français à la table des négociations. Le chef cuisinier du Congrès, interrogé par FoxNews, a déclaré qu’il était prêt à servir les frites avec une sauce au camembert si un tel geste pouvait contribuer à l’apaisement de la diplomatie mondiale.

Sheila Jackson Lee (Rép.) a indiqué qu’elle avait déjà supprimé les frites de son régime alimentaire en raison d’une surcharge pondérale, elle ne fera pas donc face au dilemme de manger ou pas des French Fries. Toutefois, dans un moment d’apaisement, elle a concédé qu’il serait symbolique que les menus reprennent leurs noms traditionnels américains, c’est à dire avec des French Toasts et des French Fries.

Plus de développements sur CNN et commentaires chez Damelon.

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Merci Yolande [mercredi 17 septembre 2003]

Une charmante Yolande, fonctionnaire dans une collectivité territoriale, vient de remettre à jour un vieux billet de mai dernier (que j’avais oublié) en y postant un commentaire.

C’est étrange, je ne sais pas si j’oserai encore publier des billets aussi acides…

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Police de la langue [jeudi 18 septembre 2003]

On connaissait déjà la police du code, mais les blogues québécois voient maintenant débarquer la police de la langue. C’est ainsi que Québec Urbain s’est vu recevoir une injonction de l’Office québécois de la langue française (OQLF), suite à la dénonciation d’un citoyen outragé.

Cela rappelle un peu l’histoire du Directeur général des élections au Québec menaçant le site NonADQ.com. Les fonctionnaires ont du temps à perdre.

Quant à moi, je songe à envoyer un courriel (anonyme bien sûr) à l’OQLF afin de dénoncer cette délinquante bilingue. Et puis celui-là aussi, qui ne traduit pas ses citations. Et puis je vais déposer aussi une plainte collective contre tous ceux qui persistent à utiliser le mot blog (Neige me donnera la liste).

Toi aussi, tu veux dénoncer un vilain blogue qui ne respecte pas la langue française, qui refuse le droit de toute personne au Québec d’être servie et informée en français, à l’encontre de la Charte de la langue française ? Alors écris vite à : info-plaintes@oqlf.gouv.qc.ca ou rends toi sur cette page : Comment porter plainte.

P.S. Michel Dumais met son grain de poivre sur Branchez-vous : Quand l’OQLF sombre dans le ridicule. Ridicule est le mot qui convient pour cette maladresse. Rappelons quand même que l’OQLF est un organisme à qui l’on doit aussi de bonnes choses, comme l’excellent grand dictionnaire terminologique bilingue.

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Tiercé littéraire [jeudi 18 septembre 2003]

À l’occasion de la 15e édition de l’opération Lire en Fête, PointBlog lance une sympathique initiative. Il s’agit pour chaque blogueur de citer ses trois livres préférés, ceux que l’on recommanderait volontiers à des amis, ceux que l’on emporterait sur une île déserte.

Alors, j’ai fait le tour de ma bibliothèque, et le choix fut vraiment déchirant. Voici donc le tiercé du jour :

  1. Gödel, Escher, Bach : les brins d’une guirlande éternelle [trad. Jacqueline Henry & Robert French], Gödel, Escher, Bach: An Eternal Golden Braid.
  2. Herman Melville, Billy Budd, marin [trad. Pierre Leyris], Billy Budd, Sailor.
  3. Victor Segalen, René Leys.

J’ai aussi songé à :

  • Michel Tremblay, La grosse femme d’à côté est enceinte.
  • Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses.
  • Joseph Conrad, Le nègre du “Narcisse” [trad. Robert d’Humières], The Niger of the Narcissus.
  • Jean Genet, Querelle de Brest.
  • Joris-Karl Huysmans, À rebours.
  • Alfred de Vigny, Servitude et grandeur militaires.
  • Richard Henry Dana, Deux années sur le gaillard d’avant [trad. Simon Leys] Two Years Before The Mast.
  • Pierre Mac Orlan, Quai des Brumes.
  • Robert Musil, Les désarrois de l’élève Törless [trad. Philippe Jaccottet], Die Verwirrungen des Zöglings Törless.
  • Marcel Proust, À la recherche du temps perdu.
  • Marquis de Sade, Les prospérités du vice.
  • Pierre Schoendoerffer, Le crabe tambour
  • Antoine de Saint-Exupéry, Vol de nuit.
  • Villiers de l’Isle-Adam, Contes cruels.
  • Robert Louis Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes [trad. Léon Bocquet], Travels with a Donkey in the Cévennes.
  • François Sagan, La Chamade.
  • Saki, Le boeuf en visite. [trad Jean Rosenthal] The Best Of Saki.
  • Jean Giono, Fragments d’un paradis.
  • Maurice Leblanc, L’île aux trentes cercueils.
  • Etc.

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L’homme et la mer [vendredi 19 septembre 2003]

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Et mon bateau aussi

Il est fier mon navire
Il est est beau mon bateau
C’est un fameux trois-mâts
Fin comme un oiseau

J’ai déserté les crasses
Qui m’disaient: sois prudent
La mer c’est dégueulasse
Les poissons baisent dedans !

Dès que le vent soufflera je repartira
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons…

Paroles de Renaud.

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De retour ici le 4 octobre !

Amies blogueuses et amis blogueurs de la région parisienne, je serais à bord du Belem dans le Golfe de Gascogne le mercredi 1er octobre, aussi je ne pourrais pas participer à la troisième édition de la rencontre ParisCarnet. Ce n’est pas une raison pour ne pas y aller et boire une Guinness à ma santé !

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En passant [vendredi 19 septembre 2003]

Je suis dans un café à Marseille qui a un accès Internet. Mon lapin, j’en profite pour te dire que je t’aime, et qu’il n’y a rien qui n’ait plus de valeur au monde. J’embarque demain matin à l’aube. Sache qu’il n’y aura pas un quart à bord sans que je pense à toi.

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