journal de bord | mai 2004

Mon avocate québécoise [samedi 1 mai 2004]

J’ai aussi choisi une avocate au Québec, et elle mérite le détour : Micheline Montreuil.

Voilà, entre mon avocate parisienne, la taquine Tarquine, et Micheline, vous pouvez me faire tous les procès en diffamation que vous voulez. Je vous attend de pied ferme.

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Bilan à venir [samedi 1 mai 2004]

Bon, j’ai effacé ce billet tout de suite après publication en le remplaçant par le message : [Supprimé, je ferais mieux d’aller dormir au lieu de ressasser de vieux machins.] Seulement, Karl est arrivé tout de suite et a ajouté en commentaire “Trop tard il est sauvé dans un fichier texte ;)”, donc, plutôt qu’être ridicule, je l’ai remis en ligne.

Puis, finalement, je l’efface à nouveau (je n’aime pas son ton). Je n’en garde que l’idée de faire un bilan.

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Masturbe-o-thon [dimanche 2 mai 2004]

Le mois de mai, le mois de la Sainte-Vierge Marie et de la masturbation. Les clitoris sont à la fête.

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Rouslan Charipov [lundi 3 mai 2004]

Parce qu’il y a des pays où il ne fait pas bon être journaliste ou homosexuel, et encore moins les deux : Rouslan Charipov.

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BlogoFight [lundi 3 mai 2004]

Votez-pour moi ! Je ne sais plus qui m’a inscrit au Combat de blogues, mais tant qu’à y être, autant ne pas se faire battre par une fille qui a un blogue tout rose.

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Wiki pour tous [lundi 3 mai 2004]

Michel Dumais ne blogue plus, mais il est toujours en vie : Le Wiki, le tableau blanc de l’intelligence collective.

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De la bière et des filles [lundi 3 mai 2004]

Ciel, c’est dèjà ce mercredi la 10e édition de Paris Carnet !

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Si on se parlait… [lundi 3 mai 2004]

J’aurai envie d’aller au Luxembourg voir Lili.

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Spirou blogueur [lundi 3 mai 2004]

Incroyable, retrouvez Spirou sur son blogue. [Via La Mouche.]

Super, ça marche ! Lionel de la Rédak m’a filé un coup de main pour mettre ce weblog en ligne. Je pense que petit à petit, je vais arriver à le faire moi-même… En tout cas, Fantasio avait raison, ça a l’air chouette ce truc ! Bon, ben… Bienvenue à tous, n’hésitez pas à venir me rendre visite de temps en temps et surtout… faites gaffe à la planète !

Mais, il est où le blogue de Fantasio ?

(Manifestement, les commentaires ne sont pas modérés pour l’instant… et le Spirou d’aujourd’hui, avec son pantalon moule-bitte et son langage, ne ressemble plus à celui de mon enfance.)

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Harmonie [mardi 4 mai 2004]

Petites gorgées de bière, l’air se stratifie des volutes de ma pipe, les Barcarolles de Fauré accompagnent le fil de mes rêveries. Paysages, images, atmosphères emplissent l’espace. Le cours fuyant des souvenirs s’écarte au passage de la carène. Reynaldo arriverait et me ferait quelque voluptueuse proposition. Bercé d’harmonies liquides, j’incline la tête. Appoggiatures irrésolues, relations falsifiées, résolutions et enchaînements insolites. Joliesse de la mélodie de ces eaux douces, soudainement troublées d’une somptueuse vague de mer (Op. 66), puissante et enivrante, puis le retour aux cascades gentilles de ce ru cristallin (Op. 70)… Il est temps d’aller me coucher, les opus suivants qui me mèneront à ce maudit hiver 14 peuvent bien attendre. Le bonheur tient parfois à peu de choses. Demain, je me lèverai de bonne heure.

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Blogofarce [mardi 4 mai 2004]

Le blogue politique nous a fait l’effet d’un pétard mouillé. Il ne nous reste plus qu’à sourire des indigences de l’équipe d’un Jean-François Copé avec ce blogue en déshérence qui vire au surréalisme. À moins qu’il ne nous donne de la politique cette image d’auberge espagnole, où l’on n’y trouve que ce qu’on y apporte. Le blogue ne serait-il qu’un miroir aux alouettes, d’autant plus qu’on lui prêterait quelque dessein ? Lire à cet égard le billet Quelques réflexions sur le blog politique chez Polytic.

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Fromage avarié et picrat [mardi 4 mai 2004]

Il y a un blogue qui s’appelle Fromage et vin. Une appellation de terroir sympathique. Ce nouveau carnet n’a pas encore fait ses preuves, tant la plupart de ses billets sont des resucées ou des copier/coller. Mais l’esprit qui y demeure aurait pu paraître à priori sympathique. De plus, il possède une blogoliste originale, classée comme des crus de pinards. Là où le bât blesse, c’est que cet anonyme m’a classé dans une catégorie “Vinaigre” aux cotés de Merde In France et du pathétique Vincent Bénard. Il y a apparemment maldonne. Pire encore, cet individu (anonyme, je le rappelle) publie une adresse qui devrait rester dans les confins des WhoIs et n’a jamais été publiée sur mes carnets, ce qui s’apparente à une faute de goût et de nétiquette.

Donc, de deux choses l’une, soit l’auteur de Fromages et Vins est un crétin (ce que je suspecte sans autre preuve), soit il y a malentendu (ce que j’espère), et je le prie de s’expliquer.

[PS. supprimé.]

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Pizza [mardi 4 mai 2004]

Reçu ce courriel de Technorati :

I would like to invite you to join the Technorati team for an evening of pizza, beer, and conversation. We have been amazed at some of the things you have been doing with our technology and we’d like to take an opportunity to meet you and thank you. And we’d also like to know what you think of it and what we can do to be of service to you.

Une pizza à San Francisco ? Désolé, j’aurais bien voulu, mais cela ne va pas être possible…

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Autocensure [mardi 4 mai 2004]

Le 4 mai 04, à 10:24, Damien Bonvillain a écrit :

Hello,
je rêve ou l’entrée sur MiF est passée à la trappe ?

Damien

Non, non, tu ne rêves pas, tu n’as pas abusé de substances illicites. Parfois, j’écris des billets le soir, et le matin suivant, en les relisant, je me dis “c’est nul” ou encore “à quoi bon”, “pourquoi ce troll minable”, “pourquoi parler toujours des mêmes trucs”, “je vais fatiguer mes 10/12 lecteurs habituels”, etc.

Je m’étais pourtant promis de ne plus parler de MiF, mais il m’agace tellement, que j’ai parfois des moments de faiblesse. Et parler de MiF, surtout en mal, c’est finalement le flatter et lui faire de la publicité, non ?

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Bis repetita [mardi 4 mai 2004]

Ce qu’il y a de bien à partir au Québec en ce moment, c’est que je vais vivre deux fois l’explosion du printemps cette année.

J’ai hâte.

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C’est la lutte [mardi 4 mai 2004]

302 réponses
151 (50%)  Le Meilleur du Peer
151 (50%)  Suivez Mon Regard

Ça, si c’est pas du serré… [Réf.]

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Star Office [mardi 4 mai 2004]

Le Centre hospitalier de Roanne abandonne Star Office au profit de Microsoft Office… Le route est encore longue.

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Démocratie [mardi 4 mai 2004]

Si vous ne votez pas pour moi, je noie des chatons et je fais griller des hamsters russes.

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Blurps [mardi 4 mai 2004]

Y a pas à dire, le beluga à gros grains, c’est quand même bien meilleur. (Pour les pauvresses au RMI, il y a toujours les oeufs de lump chez l’épicier E.D.).

Le luxe, ce n’est pas une question d’argent, c’est une question d’attitude. Soyez donc “Palace” chez vous !

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La femme [mardi 4 mai 2004]

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La femme, l’avenir de l’homme ? Foutaises ? La connerie n’a pas de sexe.

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Salon Carnet [mercredi 5 mai 2004]

Ah, le grand Loïc va passer à Paris Carnet, ce qui lui donnera l’occasion de rencontrer certains de ses clients sur U-blog et Typepad. Mais je ne sais pas si le traître sera là pour faire les présentations, ni même si la marquise de la blogosphère nous fera don de sa présence, ulcérée qu’elle pourrait être d’avoir été distancée par quelque monstre sous le lit. (Votez Mouche, parce qu’elle le mérite bien. Et que c’est une vieille de la blogo à qui on doit le respect.) Et, en guest star, on nous promet Nothing et “ses potes bikers” (hmmmm), ce qui remplacera agréablement les divas timides de la pédéblogosphère comme Garou ou le Matou

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Dépolitisation [mercredi 5 mai 2004]

Finalement, je viens d’avoir une révélation qui bouleverse ma pensée : il y a peut-être la même proportion de connards à droite qu’à gauche. Cela s’appelle la théorie de la relativité.

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Mariage et droit [jeudi 6 mai 2004]

Monseigneur Jacques Gaillot : “Le mariage homosexuel me paraît aujourd’hui la reconnaissance d’un droit”. “L’affirmation de l’égalité des individus nous vient de la démocratie”. Et d’ajouter : “Faire appel à l’ordre naturel est devenu un combat d’arrière-garde”. [Réf.]

Il va finir par se faire excommunier celui-là…

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Soirée télé [jeudi 6 mai 2004]

Programme télé ce soir : Envoyé Spécial, “Vaujours, la fin du voyage. Selon les chiffres officiels, un million de Français vivent à l’étranger et quarante mille d’entre eux seraient dans une situation très précaire. Le retour de ces expatriés en difficulté est organisé par le centre de Vaujours en Seine-Saint-Denis qui appartient au Comité d’Entraide des Français Rapatriés. C’est là que s’achève le parcours de milliers de personnes qui ont tenté de vivre à l’étranger.” Oui, ben, non merci. Sans façon, n’insistez pas.

Je vais regarder Diên Biên Phû, “Indochine, le 13 mars 1954. L’armée française attend de pied ferme l’ennemi viêt-minh dans la vallée de Diên Biên Phû. Dans un bar de Hanoï, Simpson, un journaliste américain, retrouve un ancien ami, le capitaine de Kervéguen, en compagnie de sa cousine, la violoniste Béatrice Vergnes. A minuit, on annonce que le Viêt-minh a pris l’une des collines entourant Diên Biên Phû. Kervéguen et ses camarades sont appelés d’urgence pour être largués au-dessus de la cuvette. Les hommes sont admirables de courage mais cela ne suffit pas. L’ennemi est le plus fort et fait tomber les positions une à une. Les blessés s’accumulent. La défaite semble inévitable.” Un film que certains Américains devraient regarder avant de nous traiter de fiottes (weasels).

PS. perso : Non, non, mon lapin, je n’ai pas encore préparé mes bagages. Demain, à 6 heures du mat, en catastrophe, ce sera beaucoup plus le fun. Tant que j’oublie pas le passeport et le billet, je peux bien arriver à poil, non ?

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Migration [jeudi 6 mai 2004]

Je veux pas cafter, mais il y a Stéphane Le Solliec qui a fait sa migration de U-Blog à Typepad

PS. Tiens, tiens, à moins que les apparences ne soient particulièrement trompeuses, il semblerait que, si je ne suis plus dans la blogoliste de X, je sois toujours dans son agrégateur, puisqu’il reproduit la même information à 23 h 25 ;-) Mais, il semble que cette migration fasse mal au coeur du romantique X… Faut dire qu’il est dans sa période je fais caca sur MovableType et TypePad.

PS. bis. Oui, je sais, j’avais promis de ne plus parler de X. Mais savez-vous que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ?

PS. ter. De toute façon, ma parole n’a plus aucune crédibilité puisque chacun sait que j’ai trinqué hier avec le Loïc. Mouarf ! Comme dit le traître négociateur, “Laurent, c’est que de la gueule” ;-)

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Vacances [vendredi 7 mai 2004]

Départ pour Montréal.

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Arrivé à bon port [samedi 8 mai 2004]

Bien arrivé. Et grâce au gentil jeune homme de Videotron passé ce matin, me voici de retour en ligne ! Bon, on m’avait dit que c’était le printemps au Québec, mais, y fait un peu frisquette. Un monstrueux écureuil m’observe du coin de l’oeil sur la galerie. Je ne suis guère rassuré, ce pays est sauvage. Le lapin avait l’air heureux de me retrouver à Montréal-PET. La suite, plus tard, quand je serai remis du décalage horaire et de toutes mes émotions.

Puis, allez écouter les Loco Locass (découverts ce matin en lisant La Presse du samedi), Libérez-nous des libéraux, la chanson du moment qu’elle est trop bien.

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Pas de bol [dimanche 9 mai 2004]

Ce dimanche matin, je vais faire mon chialeux de maudit Français sur un sujet d’importance : les chiottes. Je n’arrive pas à comprendre que les toilettes d’icitte n’aient pas leur petit coin bien à elles. Quand on vit seul, passe encore, mais à plusieurs… Par exemple, après mon café matinal, il y a mon caca, c’est physiologique. Et bien, non, pas ce matin, mon lapin est sous la douche et la douche de lapin est longue. Et même si nous partageons beaucoup d’intimité, il y a quand même des limites liées au savoir-vivre. Réunir dans un même endroit des fonctions aussi différentes me semble manquer de bon sens. Enfin, tout cela passe encore. Mais mon aventure de ce matin, c’est la forme du bol nord-américain, large, bas, évasé, et rempli d’eau, trop rempli (mauvais réglage?). Ainsi, je m’assoie, offre mon (très joli) postérieur à la porcelaine, et là, splotch, les couilles dans l’eau froide (très froide). Arghhh…

À part de ça, il fait beau, je blogue dans la cuisine, avec vue sur la ruelle où l’écureuil fait ses exercices d’équilibrisme matinaux.

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Résumé [dimanche 9 mai 2004]

Résumé des jours précédents. Vendredi. Le vol Air Canada 871 s’est bien déroulé (Airbus A330). Comme il était à moitié vide, j’ai pu m’étaler à loisir. J’observe que les allées sont calibrées à la largeur exacte des grosses madames en vert bouteille qui font office d’hôtesses de l’air. Le service se dégrade sur Air Canada, la bouffe est de pire en pire, il faut maintenant payer son whisky apéritif (mesquin). Auparavant fidèle à la compagnie, je pense que je vais switcher pour Air France la prochaine fois (c’est le même prix). Le beurre était passé de date (meilleur avant décembre 2003…), le pain sec, le plat peu appétissant (et je ne parle pas de l’immonde pizza offerte en en-cas avant la fin du vol). Une charmante petite fille asiatique de 4-5 ans, qui piaillait dans le suraigu et dans l’indifférence totale de ses parents, entraînant dans son sillage un bébé voisin, m’a longuement fait réfléchir aux bienfaits de l’infanticide. Un arabe sexy à ma gauche m’a fait penser aux bienfaits du multi-ethnique. Le système vidéo était en panne. Ce qui nous a épargné une grosse merde américaine retaillée pour l’exploitation à bord. 13 heures 30, 11 887 mètres d’altitude, 827 km/h, -50° C à l’extérieur, 56,02° N, 21,14 ° W, il est temps de dormir un peu.

Montréal Dorval Trudeau. Grand soleil. Larme à l’oeil. Le lapin est content, moi aussi. Taxi. Appartement sur Parc, près de Laurier, un peu flyé (j’y reviendrai).

Mon lapin m’emmène à la petite Italie acheter une onéreuse cafetière expresso (la même que dans son précédent couple, c’est bon signe?), dans le quartier du marché Jean Talon. La vendeuse est charmante. Petite sieste au retour. Nous dînons soupons dans un restaurant grec, non loin de la maison, le Symposium. Agréable. Les meilleurs calamars frits que j’n’ai jamais mangés. On se couche vers 21 heures.

Samedi. Grasse mâtinée se clôturant par l’intervention du technicien Videotron qui vient nous brancher l’Internet. Pendant que mon lapin l’assiste, je vais faire les courses à l’épicerie d’à côté. Bières, baguette au levain, smoked meat, salade, et vinaigrette de Normandy (sic). L’après-midi, promenade sur le centre ville, je retrouve vite mes repères, même si certains coins de la ville ont bien évolué (cela fait trois ans que je n’étais pas venu). Ballade sur le vieux port. Gros coup de fatigue, on se rentre. Yves part faire des courses pour le soir pendant que je dors. Petit repas en amoureux, bon vin espagnol (il y a une SAQ à proximité). Couché à 21 heures. J’ai toujours du mal avec les décalages horaires.

Vous avez déjà vu un écureuil faire du toboggan ? C’est ce que je viens de voir en écrivant ces lignes dans la cour d’en face. J’ai dû entrer dans une sorte de 6e dimension sans m’en rendre compte.

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Je m’excuse [lundi 10 mai 2004]

Je me dois de présenter des excuses par anticipation à l’intention d’une bonne partie de mes lecteurs. En effet, je ne vous ai pas accoutumés à cela, mais le risque est grand que les prochains jours voient une publication excessive de billets où je raconte ma vie (le fameux syndrome du repas chez la tante Cécile). Et pour vous achever, il est également possible que mon carnet Web devienne, ces trois semaines à venir, quelque peu mono-thématique (Québec ou Belle Province, alternativement). Retour à l’ordre normal des choses prévu début juin. Alors, si vous ne vous sentez pas concernés par ces deux sujets (le Québec et mon ego), vous pouvez totalement zapper pour la période, me suspendre de votre agrégateur, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Qui m’aime, me suive.

Je m’excuse aussi pour mon niveau de langue qui va se faire moins recherché, plus rapide, et entaché de québécismes et autres anglicismes, c’est le prix à payer de mon imprégnation au décor.

;-)

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Lettre perdue [lundi 10 mai 2004]

Hier, descendant l’avenue du Parc, le long du Mont Royal, mon regard est attiré par une enveloppe close, abandonnée à terre, zébrée, flétrie de la trace d’un pneu de vélo. Je continue mon cheminement quelques pas, le temps d’être saisi d’un regret, je rebrousse, et m’abaisse à relever l’éventuelle missive perdue.

Je saisi délicatement l’enveloppe salie et la retourne, j’y découvre une adresse tremblante et un timbre vierge. Je vérifie que l’enveloppe est bien close, elle l’est. Je l’examine par transparence, elle semble abriter un genre de petit coupon opaque. Je lis la première ligne de l’adresse à la bille bleue, “À mes petits enfants chéris”.

“— Mon lapin, il nous faut trouver une boîte à lettres.”

Moralité, soyez toujours curieux sur votre chemin. J’imagine qu’une grand-mère, attristée d’avoir perdu son petit message d’amour, sera toute surprise d’apprendre qu’il est arrivé à bon port. Et je plains les promeneurs qui ne se sont pas abaissés à retourner une enveloppe souillée, et qui se sont privés du petit bonheur du jour de faire une infime bonne action.

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Sur le cul-ture [lundi 10 mai 2004]

Télévision de qualité (Télé Québec), radio d’exception branchée en permanence dans la cuisine (Radio Canada, première chaîne, FM 95,1), concertos de Mozart dans le taxi, Beethoven dans le bus, suis-je tombé dans quelque Eldorado ?

Non, il ne faut pas rêver, il suffit de se promener rue Sainte-Catherine pour tomber sur une vitrine dédiée à la gloire juvénile de Lorie. Oui, vous ne rêvez pas, notre Lorie à Montréal. Pourquoi tant de haine de la part de mes compatriotes à l’égard de l’Amérique francophone ? Je propose un traité d’amitié franco-québécois (puisque Jean Charest semble bien introduit, sans chaperon fédéral, auprès de notre cher Jacquot), un traité de respect mutuel qui nous prometterait que chacun garderait ses merdes chez soi, sans velléités de les exporter en abusant de la faiblesse de nos marchés, en flattant nos instincts de facilité.

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Sentiments [lundi 10 mai 2004]

Il y a un sentiment qui m’imprègne ici, c’est celui de la précarité. J’ai l’impression que ce qui nous fait différer ici de la vieille Europe, c’est, non pas un sentiment du précaire (qui ne peut appartenir qu’au visiteur), mais le fait même de vivre le précaire. Les choses d’ici ne sont pas installées pour durer, elle sont là pour servir. J’ai un sentiment de provisoire, de fragile, de bercé au gré des flots. La pérennité ne semble pas une valeur, les gens sont plus dans l’instant. Nomadisme, tribulations, aventures, tout semble plus ouvert, plus acceptable. Je me sens comme fragilisé dans cet environnement, en perte de repères. Le tout est de bien vouloir se laisser bercer par le flot, sans résistance inutile, mais ce n’est pas tous les jours faciles. Bon dieu que le réfrigérateur est bruyant dans ce nouveau lieu de vie qu’est la cuisine, et mon ami l’écureuil semble s’être éclipsé la pluie venue.

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Gourmandises pour le lapin [lundi 10 mai 2004]

Hmmmm…

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Saloperie [lundi 10 mai 2004]

Anne Archet : je vais mieux, je vais mourir.

De quoi définitivement plomber cette journée grise et pluvieuse. Si la vie était juste, cela se saurait. Allez, vogue la galère.

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Guerre sale [lundi 10 mai 2004]

À lire chez Netlex : De la sale guerre à la guerre sale.

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PS en retard, DSK en avance [mardi 11 mai 2004]

Lundi, un sondage publié par Elle révèle que 64 % des Français sont favorables au mariage des gays, 49 % à l’adoption par un couple homosexuel (58 % chez les sympathisants de gauche).

Ma conception du socialisme est que chacun doit pouvoir maîtriser son destin et qu’il faut lutter contre toutes les formes de discrimination. Les droits des homosexuels doivent être les mêmes que ceux des hétérosexuels. Le seul argument de la droite pour s’opposer au mariage des personnes de même sexe, c’est de dire que le mariage doit servir à la procréation. Cela ne résiste pas aux faits : près de 50 % des enfants naissent hors mariage aujourd’hui et il y a, à l’inverse, énormément de couples mariés qui n’ont pas d’enfants. Le lien entre la procréation et le mariage a été rompu. Par conséquent, qu’est devenu le mariage ? Une déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment et un contrat afin de protéger les intérêts et le patrimoine des conjoints.
(…) Aujourd’hui, tout le monde voit bien qu’il y a une différence entre la droite et la gauche dans le domaine social. La droite veut libérer le marché, alors que nous, nous voulons libérer l’homme et la femme, les mettre au coeur des préoccupations politiques. Ce clivage est tout aussi pertinent sur les questions de société. Nul n’oublie que la majorité de la droite se prononça contre l’avortement, le Pacs ou la pénalisation des propos homophobes. La droite se prononce aujourd’hui contre le mariage des couples homosexuels.
— Il y a au PS un courant de pensée hostile au mariage en général, hétéro et homo…
— Faire en sorte que les homosexuels puissent se marier, c’est aussi leur donner le droit de ne pas se marier.
[Dominique Strauss-Kahn, dans Libération.]

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Souci domestique [mardi 11 mai 2004]

Call For Help. Comment on fait pour nettoyer l’extérieur d’une fenêtre à guillotine? (je suis dans un appartement où les carreaux n’ont pas été faits depuis… au moins une dizaine d’années). Je suis armé de mon Windex, mais là, je me sens un peu décontenancé. Signé : la fée du logis désemparée.

Besoin d’un coup de frais dans votre appartement sans effort ? Louez-moi votre appart pour une semaine.

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Ouf [mercredi 12 mai 2004]

Argh, coupé d’Internet toute la matinée suite à une petit problème de connexion avec Videotron. Enfin de retour en ligne ! C’est dans ces occasions que je me rends compte que je suis un drogué du Net.

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Montréal village [mercredi 12 mai 2004]

Hier soir, en compagnie de mon lapin, je faisais ma petite promenade digestive sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, dans le quartier voisin d’Outremont. Je m’extasiais devant des maisons dignes de Mary Poppins et expliquait à mon lapin, atterré et consterné, que je n’avais plus qu’une ambition dans ma vie, avoir mon Home Sweet Home à Outremont. C’est alors que, dans cette quiétude vespérale, un vélocipédiste fou s’avise de nous foncer dessus. Je m’apprêtai à traiter cet olibrius de danger public quand je reconnus les traits de, ciel, un blogueur !

À bloguer, nous ne sommes vraiment plus tranquilles nulle part et Montréal me fait l’effet d’un village. Il n’est même plus possible de se livrer à de saines activités péripatéticiennes en paix.

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Avis de lunch [mercredi 12 mai 2004]

Ce midi, je vais “luncher” avec une fille. Oui, mais pas n’importe laquelle. C’est celle que vous devez haïr de m’avoir donné l’envie de tenir blogue. C’est ma muse, inspiratrice et déesse. J’ai hâte, même si je sais que je vais être intimidé de rencontrer mon égérie.

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Journée tranquille [jeudi 13 mai 2004]

chateau la grange

Agréable repas avec Karl, qui fait preuve d’un certain à-propos dans le choix de ses appellations.

Passage du technicien Vidéotron aux jolis yeux bleus. Tout va bien.

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Bon anniversaire Martine [vendredi 14 mai 2004]

Aujourd’hui est un grand jour, cela fait quelques années (déjà !) qu’un 14 mai, la Basse-ville de Québec résonnait des vagissements d’un nouveau-né. Une nouvelle paire d’yeux examinait le monde offert, un nouveau regard interrogeait son environnement. Puis, la gamine a grandi, elle a voulu poser des mots sur le spectacle de la vie, et peu à peu une voix est née, façonnée de voyages et d’épreuves, une voix où le charme dispute à la finesse. Et depuis deux ans, ses chroniques et confidences nous bercent et accompagnent avec élégance. Bon anniversaire Martine.

PS. Nous pourrions chanter cette chanson en choeur ;-)

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Culpabilité [vendredi 14 mai 2004]

L’actualité est lourde, pesante, prégnante, désespérante. Devrais-je éprouver un peu de honte à ressentir autant d’insouciance à Montréal, de ne pas vivre la douleur ? Vacances de l’esprit, le monde continue à tourner sans moi. Cela me fait du bien. Déconnecté, mais attentif quand même.

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Invitation au voyage [samedi 15 mai 2004]

Une adresse à conserver égoïstement, à ne s’échanger qu’entre amis :
Restaurant CHI, cuisine vietnamienne + sushi bar,
5308, boulevard Saint-Laurent.

Nous avons atterris là un peu par hasard hier soir. Nous avions projeté d’aller nous sustenter à la Rôtisserie Laurier, mais le manque de diligence à nous placer et un personnel peu engageant nous ont fait quitter l’endroit après quelques minutes de poireautage inutile. C’est alors que nous nous dirigeâmes vers Saint-Laurent en quête d’un lieu accueillant et surtout plus chaleureux.

Après avoir inspecté plusieurs menus, scruté l’ambiance de salles plus ou moins achalandées en ce vendredi soir, un restaurant attirait mon regard sur le trottoir opposé. Une grande salle blanche, des tables et des chaises tout aussi immaculées, baignant dans une douce lumière, ni trop forte, ni trop chiche. Décor résolument moderne et zen, dépouillé, mais tout à fait avenant. Traversant au mépris de la circulation automobile, guidé par mon 6e sens gastronomique, pas plus de 15 secondes à balayer du regard le menu me permirent de déclarer à mon lapin affamé “j’ai très envie de manger là, cela te dit ?”. Je suis d’ordinaire circonspect envers les restaurants où le décor contemporain s’accompagne invariablement d’un service pincé et d’une cuisine indigente, mais là, un je-ne-sais-quoi de familier levait toute réticence.

Et nous ne fûmes vraiment pas déçus. Salade de papaye verte et foie de veau, marmite de fruits de mer au cari et lait de coco pour moi, soupe miso et plateau de 20 sushis pour mon beau, le tout arrosé de bière vietnamienne “Hué”, avec comme douce conclusion, un gâteau au fromage au thé vert. Plaisir de l’oeil avec des plats impeccablement présentés, sans ostentation inutile, odorat délicatement sollicité par ces mets inspirés du pays de la rivière des Parfums, papilles réveillées de riches et multiples saveurs instillant le voyage, spectacle des sens dans une ambiance apaisante baignée de musique lounge. Tout cela sans compter des prix doux, un accueil amical et un service tout fait de sourire et de prévenance.

C’est sûr, nous y retournerons.

80 dollars (48,50 €), taxes et service compris, pour deux (nous avons choisi parmi les plats plus chers de la carte et le service fut généreux).

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Don du ciel [samedi 15 mai 2004]

blonde au don du ciel

Comme je ne suis pas chien, voici encore une bonne adresse partagée, bien qu’elle ne semble mériter aucune publicité tant elle semble courue le soir venu. On trouve à Montréal de nombreuses “micro-brasseries”, des pubs où la bière est brassée sur place, c’est l’une d’entre elles que j’ai récemment testé (et approuvé) : Dieu du Ciel, au coin de Clark et Laurier. Pour 4 dollars (hors service), une pinte de riche blonde appelée Païenne, ronde, généreuse et houblonnée, m’a agréablement rafraîchi le gosier avec un goût de revenez-y.

Comme ce petit coin, de ce qui semble un paradis éthylique, n’est guère éloigné de la maison, je compte bien y repasser régulièrement, sur le coup des cinq heures, afin de m’essayer aux autres breuvages dont les noms résonnent comme autant de promesses diaboliques :
- la Fumisterie, rousse au chanvre,
- la Déesse nocturne, stout,
- la Voyageur des brumes, extra special bitter,
- la Grand messe, ale rousse allemande,
- la Rigor Mortis, blonde façon bière d’abbaye,
- la Péché mortel, imperial stout au café équitable…

Brasserie artisanale Dieu du Ciel !,
29, Laurier Ouest. De 15 à 3 heures.
Jean-Francois Gravel, brasseur.

PS. Ce serait vraiment un endroit parfait pour y organiser nos Paris Carnet, mais peut-être est-ce un tantinet un peu éloigné…

Êtes-vous, comme moi, blogueur alcoolique épicurien à Montréal, libre pour un cinq-à-sept autour d’une bonne mousse au Don du Ciel ? Vite un courriel.

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Verres stérilisés [samedi 15 mai 2004]

Il y a des blogueurs qui ont des noms de carnet assez étranges, tel un Michel Dumais qui promet une “ouverture 24 heures” et des “verres stérilisés”.

affichette verres stérilisés

Au détour d’une promenade sur le Plateau Mont-Royal, une petite affichette jaune ne manqua pas d’attirer mon attention, puisque, en toute gratuité, elle nous assurait la présence de pas moins de 400 lapins (ciel, un seul me suffit bien !) aux Verres stérilisés (800, rue Rachel Est). Alors, bien sûr, j’ai pensé à ce cher Michel et je me suis demandé si le nom de son carnet avait un quelconque rapport avec ce lieu de perdition, cette taverne de soudards assoiffés de rock ? Et si j’avais résolu une partie de l’énigme, il me restait encore la question des “ouverts 24 heures”…

Comme les hasards de la promenade me menèrent justement sur Rachel, faire quelque magasinage “grano” (Rachel-Berri), je tombai sur l’établissement sus-cité et en ramenai quelques photographies :

taverne verres stérilisés

enseigne verres stérilisés

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Monsieur l’écureuil [samedi 15 mai 2004]

ecureuil.jpg

J’ai le plaisir de vous présenter M. l’écureuil du Mile-End, saisi ici en pleine action sur la galerie, mon nouveau compagnon.

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Marre [lundi 17 mai 2004]

Je crois qu’elle en a marre :

Marre des frustrés, des jaloux, des trolleurs. Marre de ceux qui pensent que mon blog est une tribune pour leur médiocrité. Marre des messages-sms. Marre des ados en manque de cul. Marre…

Et on la comprend.

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Think Different [lundi 17 mai 2004]

When are people going to learn that whenever Dave Winer “thinks” something, the correct action is to “think different.”

Relevé dans les commentaires chez Loïc Le Meur.

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Faignasse [lundi 17 mai 2004]

Il fait beau. J’ai quantité de choses sans doute plus passionnantes à faire. Mais voilà, je faignasse devant l’ordi. Même pas encore pris ma douche. Ce n’est pas bien.

Si au moins j’écrivais des billets intéressants (ce ne sont pas les sujets qui manquent) ou encore avais le courage de publier les dizaines de photos qui attendent sur mon photoblogue. Mais non, rien, je procrastine, je paresse. Tiens, Alexandre le Bienheureux, voilà qui m’irait bien. Sauf que je ne suis pas bienheureux. Trop de doutes, trop de questions.

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Le temps de la réflexion [mardi 18 mai 2004]

Mena Trott lance un appel à la réflexion : How are you using the tool ? Après le chaos, mettons-nous autour d’une table pour examiner les différents problèmes à tête reposée, comptabiliser les “scenarios that can help shape changes in the licensing”.

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Délit de sale gueule [mardi 18 mai 2004]

Les maisons et appartements à vendre sont signalés, comme chez nous, par des panonceaux d’agences immobilières. Mais ici, la grande différence, c’est que l’agent immobilier y affiche son portrait. Une photographie où figure invariablement un visage tout “sourire Colgate”, si possible avec un air un peu niais qui doit sans doute inspirer confiance dans cette profession, que dis-je, ce sacerdoce, qui a réputation commune avec nos arracheurs de dents.

Au détour de l’une de nos promenades, riant d’un portrait soulignant avec acuité la stupidité revendiquée d’un bellâtre au dentier impeccable et à la choucroute laquée, à l’air benêt d’un premier de la classe, je posais la question à mon lapin “mais, est-il donc possible de faire carrière dans l’immobilier si on a une sale gueule ?”. Mon homme pris le parti de rire de tant de naïveté de ma part et me répondit que cela serait totalement improbable.

Songeur, poursuivant notre périple urbain, je me demandais quel était cet étrange pays où pour vendre un condo (appartement dans une co-propriéte), il fallait une face de Saint-Niais propre sur lui sorti d’une sit-com à l’eau de rose, alors que l’on n’avait pas tant d’exigence en politique, à voir les sales gueules d’un Paul Martin ou d’un Jean Chrétien. Il semblerait que la confiance réside plus dans les apparences dans l’immobilier, et plus dans les idées en politique.

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Banlieusardises [mardi 18 mai 2004]

Bon, aujourd’hui que j’aurais le goût d’explorer la jungle urbaine, voilà que c’est le déluge. Grrr… Enfin, il y aura quand même un rayon de soleil puisque j’ai un 5 à 7 avec Martine la banlieusarde, non, pas celle-là, l’autre, la virtuose du jardinage, de la cuisine et de MovableType ! (Trop de Martine icitte, Marlier et Delahaye ont dû faire bien du dégât au Québec dans les années 60).

PS. Comprendre “5 à 7” dans l’acception canadienne française de l’expression. Il ne s’agit nullement d’une rencontre salace dans un hôtel miteux comme mes lecteurs de France pourraient le comprendre.

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Escaliers [mardi 18 mai 2004]

escaliers Montréal

Il y a tant d’escaliers à Montréal. Corollaire, les facteurs ont de beaux mollets musclés.

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Festival de gnons [mardi 18 mai 2004]

Violences policières au Festival de Cannes, via Manur. Inacceptable.

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Expatriation [mercredi 19 mai 2004]

Édouard envisage de s’expatrier au Canada en cas de ré-élection de Bush : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse… Et il n’est pas tout seul.

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5 à 7 montréalais [mercredi 19 mai 2004]

Agréable soirée montréalaise au bar-restau grec Ouzeri (4690, Saint-Denis, au coin de Gilford) avec des convives qui n’ont pas peur de boire du vin (même si mon lapin a fait le décrocheur vers la fin…).

Martine Gingras est pétulante, vive, électrique et drôle. Sa lecture d’un commentaire sur son carnet à propos des tomates séchées m’a fait hurler de rire. Il y avait aussi son chum Martin (que j’ai trouvé pas mal cute… normal, Martine a bon goût) et Stéphanie, qui conjugue la navigation sur les carnets Web et sur les océans.

Bien sûr, entre mon lapin et la banlieusarde, ça a beaucoup parlé de bouffe, échange de trucs, tours-de-main et adresses gourmandes. J’ai dû grossir rien qu’à suivre la conversation…

Et une jolie petite attention qui m’a touché, des semences du jardin de Martine :

Semences de la banlieusarde

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Poudre de perlimpinpin [jeudi 20 mai 2004]

Tony Blair aspergé de poudre violette. Ce titre sur le site de Radio Canada avait de quoi susciter la curiosité, mais hélas, le texte derrière ne donne aucune information sur la nature de cette mystérieuse poudre et du projectile : “Le premier ministre Tony Blair répondait aux questions des députés lorsqu’un projectile lancé depuis les tribunes réservées au public l’a atteint dans le dos, libérant une poudre violette. La police a par la suite indiqué que la poudre était inoffensive.” Creusant l’information, je découvre que Reuters parle d’attaque à la peinture et de non moins mystérieuses boules. Donc, de poudre, on passe à de la peinture, et d’un projectile, à plusieurs “boules”. Mais pour dire vrai, il s’agissait de préservatifs remplis de farine et de colorant (AFP). Moralité : toujours prendre les informations, mêmes les plus triviales, avec des pincettes.

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Perl rules, PHP sucks [jeudi 20 mai 2004]

Pour adultes seulement : Spanking Perl Geek Girls [Via Fleshbot]. Reuhhh… (Désolé, je ne trouve aucun commentaire intelligent…).

PS. Oui, le titre de ce billet (invisible pour les lecteurs de la page d’accueil d’embruns.net) est un troll minable (destiné à faire cliquer les geeks dans leur agrégateur).

PS. bis. Bon, pas grand chose à voir, si ce n’est ma source, mais les garçons du Oberlin College (Ohio) savent s’exposer : Junk Mag.

PS. ter. Eurk ! Attention aux brûlures… Et vive la haute-technologie nippone (ça à l’air mieux que le fameux Rabbit…). D’autres modèles ici.

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Ma vie de star [jeudi 20 mai 2004]

Moi, je fais mon magasinage (Pogos, Spudz, Petit Québec, etc.) en compagnie d’Adrien Brody.

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Help Wanted [vendredi 21 mai 2004]

To New-Yorkers who need to enhance an evening with a genuine European atmosphere : Help Wanted.

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Au Cheval blanc [vendredi 21 mai 2004]

Brasserie Cheval blanc

Hier, 5 à 7 avec le charmant Houssein au Cheval blanc (809, Ontario Est), l’une des premières microbrasseries ouvertes à Montréal à la fin des années 80. L’ambrée était agréable, sans plus, la noire aux arômes marqués de café, sans relief et décevante à mon goût. Malgré le décor (taverne des années 30) et l’ambiance chaleureuse, cela ne vaut pas le Don du Ciel. (Nous devions originellement nous rendre aux 3 Brasseurs, 1660, Saint-Denis, mais nous avons reflué devant le monde et le bruit.)

Le midi, mon lapin m’avait invité au restaurant français Le Paris (1812, Sainte-Catherine Ouest). Ouvert depuis 1956, il fait figure d’institution historique dans une ville où la pérennité n’est pas la valeur première des restaurants. Fréquenté de vieilles dames qui semblent avoir leurs habitudes, nous faisions figure de petits jeunes égarés parmi les convives de cette annexe de maison de retraite. Pour le décor et le contenu de vos assiettes, imaginez le restaurant en demi-pension d’un hôtel de la Gare, dans les années 60, de quelque sous-préfecture oubliée du centre de la France, avec nappes à carreaux et cuivres aux murs. Une adresse à oublier bien vite, à moins d’apprécier le folklore.

(En entrée, trois rondelles de saucisson à l’ail sur une feuille de laitue flétrie, puis cervelles ayant oublié la case poêlage au beurre pour sauter dans une improbable sauce aux câpres trop liquide, accompagnées de frites au goût n’ayant rien de français, ni moins encore de belge, et d’une simili ratatouille fadasse, pour conclure avec un soi-disant sorbet à l’orange, de couleur vraiment orange, et à la saveur digne de la pétrochimie — imaginez une glace au lait et Fanta.)

Après ça, mon lapin va encore dire que je suis sévère…

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Il a chu [dimanche 23 mai 2004]

Et voilà la nouvelle qui bouleverse le monde ce dimanche matin : George W. Bush fait une chute à vélo.

Hier, à Cannes, Michael Moore : “He is probably choking on a pretzel or something. I hope nobody tells him that I have won this award while he is eating a pretzel”. Et bien, non, il faisait du vélo.

Palmarès du Festival : prix d’interprétation masculine, Bush, prix d’interprétation féminine, Rice, prix du meilleur scénario, Wolfowitz, prix du jury, Rumsfeld, prix de la mise en scène, Cheney. Waouh !

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Vers une écologie raisonnable ? [lundi 24 mai 2004]

La grosse dame d’à côté [lundi 24 mai 2004]

La grosse dame d’à côté fait une vente de garage.

Elle est là, assise sur les marches du perron, immobile et impériale, dominant silencieusement son étalage de bébelles, cossins et autres patentes à gosse, ce vide-grenier de choses éviscérées d’utilité et d’ordinaire promises au rebut.

Elle a le regard au loin, fixe, comme si elle était rêveuse, peut-être d’une autre vie que celle dont ces objets, rangés le long du trottoir, veulent bien témoigner. Elle est là, au milieu de ces épaves livrées au regard tantôt méprisant, parfois curieux, le plus souvent indifférent et aveugle du passant qui a d’autres idées en tête, en ce samedi ensoleillé, que d’accorder un peu d’attention à cet étalage impudique, tendre et un peu miséreux.

Peut-être rêve-t-elle de sa Grèce natale ? Un autre ailleurs ? Un passé recomposé ? Je ne sais pas. Il y a comme une beauté tragique et forte dans les traits empâtés de son visage, une fierté qui anoblit ce que j’imagine être une déchéance. Ou peut-être est-ce moi qui me fait mon cinéma. C’est juste une énorme, une lourde femme habillée de noir, qui a le regard dans le vide faute de pensées. Peut-être n’avait-elle d’autre destin que de se retrouver ainsi exposée, au milieu des vestiges usés de son passé, sur un perron un peu sordide de l’avenue Parc, coincée entre une échoppe de location de vidéos XXX et un vendeur de souvlakis graisseux, dans l’espérance de quelques piastres qui améliorait l’ordinaire. Et ici, ou ailleurs, quelle importance au final.

Et puis, que reste-t-il de la vie, sinon une collection de bébelles et de souvenirs épars et délavés ? Si tu faisais un inventaire, combien de choses bancales ou ébréchées aurais-tu à exposer sur le perron de l’agitation futile qui résume ton parcours ?

Mais, pourtant, tu l’as trouvé belle, touchante. Tu as balayé son étalage d’un regard intimidé, tout en marchant aux côtés de ton compagnon, puis, quelques pas plus loin, tu t’es arrêté, comme pris d’un regret soudain de laisser une occasion manquée. “As-tu vu le cendrier ? en forme de poisson ?” Encouragé par mon homme, je rebrousse chemin, me saisis de la chose qui avait agrippé mon regard au milieu des babioles. Et la dame me sourit, m’annonce trois dollars. Fébrilement, je lui tends un billet de cinq. Et puis, nous repartîmes sur notre chemin. La dame est repartie dans ses rêves sans fin. Et j’avais un peu plus de soleil dans mon coeur, et une jolie bébelle à trois piastres dans mon sac.

Un genre de sardine en céramique que je laisserai à Montréal, qui attendra mon retour, et qui finira peut-être un jour sur un trottoir de la ville, un jour de printemps, dans l’attente d’un nouveau possible.

poisson en céramique

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Des nouvelles de l’écureuil [mardi 25 mai 2004]

ecureuil

Mon ami l’écureuil se porte bien. Certains vont commencer à penser que je deviens obsessionnel…

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De retour aux affaires… [mardi 25 mai 2004]

Depuis bientôt trois semaines au Canada, j’ai un peu perdu de vue les agitations internes propres à notre blogosphère. Et c’est donc réellement avec distance que j’observe certains pions se déplacer sur l’échiquier. Dois-je avouer qu’il m’arrive d’avoir un grand sourire ? Ça fait du bien les vacances. Et toute ma sympathie à Loïc, il n’est jamais agréable de se trouver dans le harcélement médiatique. Si vous ne voyez pas à quoi je fais allusion, cela n’est pas bien grave… Ce ne sont que les petites ébullitions de notre micro-blogogeoisie française.

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Blogue et altérité [mardi 25 mai 2004]

“Tout ça à cause d’une conversation brève mais intensément contrariante avec une de ces personnes qui croient mieux connaître votre vie que vous, et qui m’a fait réaliser qu’avec cette connerie de blog je les attirais, ces gens qui croient pouvoir se permettre de juger ma vie.”
[Garoo, qui jette l’éponge (temporairement ?).]

C’est un peu la règle du jeu du blogue. À s’exposer sur la place publique, on se prête inévitablement à l’altérité des regards et donc aux jugements, plus ou moins pertinents, plus ou moins utiles, sources d’une potentielle fatigue psychologique. Pour le meilleur, et pour le pire.

La maturité du blogueur, c’est peut-être d’arriver à ne plus s’en offusquer, ni même s’en montrer surpris. Si l’on ne se prête pas à ses règles, il vaut mieux abandonner le jeu du blogue. Faire un journal personnel sans commentaires par exemple.

Pour terminer, laissons la parole à Garoo :

Je pense que je pourrai très bien vivre sans savoir ce qui arrive à la plupart d’entre-vous, et que j’ai tout à gagner à consacrer mon temps libre (plus exactement, mon temps d’ennui) à autre chose que la lecture de blogs mal écrits et encore plus inintéressants que le mien (ça, c’est un bout de la misanthropie qui devait faire le corps de ce post à l’origine).

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Fils de publication [mardi 25 mai 2004]

[Suite à la lecture du billet de Philippe, Combat des chefs.] J’ai vraiment du mal à suivre l’épopée des formats de syndication, et je n’ai donc pas vraiment d’opinion sur le sujet. RSS 2.0 ou Atom 0.3, je ne vois pas trop la différence du moment que cela fonctionne dans mon agrégateur. Par contre, il y a une question qui m’intéresse, c’est de savoir s’il vaut mieux mettre un court extrait ou le billet complet dans le fil de publication. L’argument du gaspillage de bande passante me parait peu convaincant. Mais je suis plutôt pour le résumé qui donne une idée rapide de l’article.

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Un ami vous manque [mardi 25 mai 2004]

Je n’ai pas de nouvelles de M. l’écureuil ce matin. Je suis un peu inquiet.

(Tiens, en parlant d’ami, M. Stéphane, on devait pas se voir ?)

Bon, je pars à Atwater en mission exploratoire.

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6e dimension [mardi 25 mai 2004]

Bon, je ne suis toujours pas à Atwater. Il y a une femme quasiment nue dans l’appartement, une certaine Sheila. Il m’arrive des histoires vraiment étranges à Montréal.

Mise-à-jour : et oui, on se sent un peu ridicule à se trouver bloquée hors de son appartement, nue dans un petit peignoir. Alors, désespérée, on tape à la porte du voisin en quête d’un téléphone. Je tente de la calmer (be quiet, I’m gay), lui offre un jus d’orange et le téléphone salvateur qui permettra à un ami de venir lui ouvrir la porte.

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Au revoir, Montréal [jeudi 27 mai 2004]

Montréal

Au revoir, Montréal.

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Revoir Paris [samedi 29 mai 2004]

Bien rentré. Adieu bûcherons à chemises à carreaux. Quel plaisir de retrouver Paris, ses embouteillages, sa pollution. Le joyeux bordel à l’aéroport. Pas de doute, on est bien en France.

À part de ça, mon organisme semble resté coincé à l’heure de Montréal, ce qui m’a permis de découvrir que la télé est bien plus intéressante entre 2 et 5 heures du matin, et de voir un très passionnant reportage sur les agissements de Elf au Congo, après un non-moins intéressant documentaire sur le castrisme à Cuba. TiVo manque vraiment en France.

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Info ParisCarnet [lundi 31 mai 2004]

Suite à d’intenses discussions, le prochain ParisCarnet est maintenu mercredi. Par contre, changement de lieu (en attendant de trouver mieux) : retour au Sous-Bock originel.

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