Dans les 12 premiers jours de la guerre contre l’Irak, les États-Unis ont déjà utilisé 700 missiles Tomahawk (à 1.4 million de dollars l’unité) et risquent la rupture de stock (sur un total de 1,200 Tomahawk amenés sur la région). Il reste 2,300 Tomahawk dans les arsenaux américains mais les navires lanceurs ne peuvent pas être ravitaillés en mer.
De même façon, dans la précipitation à aller sur Bagdad, les lignes de logistique ont tardé à se déployer et à se mettre en place. Ainsi, des unités sont en manque de rations alimentaires et doivent se rationner (un repas par jour au lieu de trois) et faire des économies d’eau potable.
Mais il y a pire encore pour le moral des troupes : les cigarettes. Les Marines du 3e Bataillon, 7e d’Infanterie, qui ont quitté depuis deux semaines leur confortable camp au Koweit, sont en panne de tabac. “Cela ruine le moral” déclare l’un d’entre eux. L’irritabilité monte dans les troupes et les plus aventureux (ou les plus en manque) négocient avec les paysans des cigarettes locales, infiniment moins bonnes que les Marlboro.
AP, Tobacco shortage making U.S. Marines irritable in Iraq.
Pendant ce temps-là, les New-Yorkais découvrent les “joies” des restaurants et bars totalement non-fumeurs.
Sur ce, je vais me faire une petit pipe…
— 0 commentaire.
“La liberté de la presse ne s’use que si on ne s’en sert pas”. Courrier International revient sur le licenciement par NBC de Peter Arnett (lien valide un jour seulement).
On peut y lire :
Ces crises prennent du relief avec un article de USA Today qui révèle que “si George W. Bush fait tout son possible pour paraître serein et sûr de lui lors de ses interventions publiques, en privé il est stressé et acariâtre, tout sauf confiant”. Un de ses amis, selon USA Today, s’inquiète même pour sa santé, estimant que ce conflit “le consume”. “Il se considère comme la victime des médias, qui l’irritent au plus haut point. Il déteste tous ces journalistes et ces généraux à la retraite qui remettent en cause sa stratégie.” L’ambiance est tendue à la Maison-Blanche, raconte le quotidien populaire, “où le président est sarcastique et acerbe avec son entourage”.
Un point de vue complémentaire sur la conduite de la guerre par des analystes militaires russes : Iraqwar.ru (en anglais).
Courrier International : Missiles d’amour (lien valide une semaine seulement). Rien à voir avec les Tomahawk en rupture de stock, mais les Suissesses ont leur interprétation du “Make Love, No War” en organisant des réunions Fuckerware…
— 0 commentaire.
Mon outil de statistiques, Weborama.com, non content de vous balancer de temps en temps une publicité pour un casino, est aussi un outil très performant. Trop performant peut-être puisqu’il dresse même un portait socio-démographique de mes visiteurs. C’est ainsi que j’ai appris que 40 % de mes lecteurs sont âgés de 45 à 49 ans (et sont aussi à 71 % de sexe féminin). Ma “clientèle” n’est donc pas de toute première jeunesse et je pourrais même en conclure que mon “coeur de cible” est la femme à l’approche de la ménopause.
“Je trouve vraiment que la blogosphère s’enrichit quand des gens en dehors des 25-35 ans s’approprient leur propre espace. Vive la diversité !” s’exclame Martine.
Ce que j’apprécie chez Martine, c’est son optimiste. Oui, vive la diversité… même si la pente naturelle mène souvent à la ghettoïsation. Ce matin, j’ai l’impression d’être entré de plein pied dans l’axe blogosphèrique des vieux cons 35-50 ans. Encore un truc à assumer…
— 2 commentaires.
Le site québécois NonADQ.com, contre le parti de Mario Dumont, est menacé de censure par le Directeur général des élections au Québec.
Les arguments avancés sont complètement fallacieux et ridicules :
Or, le contenu de votre site Web tend clairement à défavoriser les positions défendues par le parti de l’Action démocratique du Québec. Les coûts encourus, depuis la date du décret, pour l’opération, l’hébergement et la mise à jour de votre site Web constituent des dépenses électorales non autorisées par un agent officiel, faites en contravention de la Loi électorale et susceptibles de sanctions pénales.
Vous êtes donc requis, par la présente, de retirer votre site Web “NonADQ.com” du réseau Internet pendant la période électorale dès la réception de la présente.
Veuillez agir en conséquence.
Direction des enquêtes, de la législation et des projets spéciaux.
Soutenez la liberté d’expression au Québec, réagissez, soutenez NonADQ.com, un site de salubrité publique.
Je pense que c’est même M. Mario Dumont, le principal intéressé, qui devrait faire une déclaration de soutien à ce site, au nom de la liberté d’expression et de la démocratie, au nom d’un parti qui a choisi de s’intituler “Action démocratique”.
Vous pouvez joindre le Directeur général des élections du Québec à cette adresse : info@electionsquebec.qc.ca.
— 0 commentaire.
Chryde, jury aux Blogues d’Or, dévoile sa sélection, “parce que sa liste corrrespond assez peu à la liste des nominés qui avait été proposée au public par l’ensemble du jury. Parce que la liste des gagnants ne correspond pas nécessairement à l’idée du weblog qu’il aurait aimé défendre.”
Morceaux choisis :
“Brain not found et Navire ont un côté engagé-énervé qui est également so French !”
“Meilleur blog d’actualité. (…) De ce point de vue, je ne comprends pas, désolé, la victoire de PointBlog. Sur le même sujet, MediaTic est bien plus intéressant et juste. Immersion débute juste, mais il foisonne de liens intéressants et recherchés, s’intéresse a tout. Ces deux méritaient de gagner, bien plus que PointBlog.” [Je souscris].
“J’ai fait le meilleur espoir en dernier, je ne trouve plus ma liste. Je sais juste que je voulais nommer Jonathan Surfac, parce que c’est un petit Dallas à lui tout seul, c’est impressionnant.”
Sur le même sujet, ici même : Sélection Blogues d’or & Le sérail du blogue francophone
P.S. privé : un lien juste rien que pour mon lapin à moi (que j’aimeuhhhh).
— 2 commentaires.
Selon une étude britannique, une nouvelle race d’hommes vient de faire son apparition : le “stray”, intermédiaire entre l’homme gay traditionnel et le “straight”, terme réservé à l’hétéro de base.
Le stray serait ainsi un straight déguisé en gay et cela en vue de séduire le plus grand nombre de femmes possible. Des femmes, dit-on, de plus en plus attirées par le look délicat, voire inoffensif, du copain gay toujours prêt à écouter et à rendre service.
Tout homme outre-Manche est désormais qualifié de GUPO : “Gay Until Proven Otherwise” (gay jusqu’à preuve du contraire).
[Source : Infos Têtu, Le “stray” nouveau est arrivé.]
The Observer : Straight guys play at being gay in cunning (and successful) ploy to pull.“Gay best friends are a celebrity must-have - Madonna is seen out with Rupert Everett, Geri Halliwell turned to George Michael in her hour of need, and Sex And The City character Carrie Bradshaw relies on gay friend Stanford Blatch. But now, according to tomorrow’s edition of Cosmopolitan magazine, heterosexual men are taking advantage of the vogue.”
Mais les straights devraient commencer à s’informer des nouvelles tendances gaies : Straight Acting.
Ça va devenir difficile de s’y retrouver !
— 1 seul commentaire.
On peut être contre cette guerre pour le moins discutable et avoir de la compassion pour ces soldats (souvent très jeunes) engagés dans le conflit sans qu’on ait demandé leur avis.
Quelques sites de référence :
Military Families Speak Out, organisation rassemblant des opposants à cette guerre ayant des proches engagés sur le terrain.
Sur ce même site : Army Reservist Announces that He’ll Refuse to Deploy. Et : Military (Again) Orders GIs to Take Controversial Anthrax Vaccine.
September 11th Families for Peaceful Tomorrows.
P.S. Un site à voir, vraiment : Peter Hansen, I am not a traitor just because I think Bush is untruthful. My son is in Iraq. Is yours?
— 0 commentaire.
[Ce billet est en toute mauvaise foi un procès d’intention, et j’assume.]
C’est qui ce Richard Martineau ? C’est qui ce grand dadais qui joue le bon gars québécois, gentil mais un peu niaiseux ? Qui jongle entre démagogie et provocation ?
Je le cite : “Et vous savez quoi? Je ne suis pas plus avancé. Je suis mêlé comme au tout début. Chaque fois que je me sens pro-guerre, je tombe sur une entrevue qui me sensibilise sur les dangers d’une attaque unilatérale. Et chaque fois que je me sens anti-guerre, je tombe sur une Grande Gueule d’une jeune Irakienne révoltée qui me fait sentir hyper-cheap de la laisser mariner dans son sang.”
Maintenant je traduis : c’est le dernier qui a parlé qui a raison, je suis pas mal influençable, je suis une vraie girouette. En plus, je me laisse manipuler par les approximations publiées par mon propre journal.
Mais c’est étonnant, je n’arrive pas à vous croire aussi dénué de sens critique. Vous nous avouez lire Thomas Friedman, Noam Chomsky, Christopher Hitchens, le New York Times, Libération, Le Nouvel Observateur, Marie-Anne et Harper’s Magazine. Avec tant de bonne littérature, vous n’arrivez pas à vous faire une opinion ? Vous n’êtes pas avare en opinions d’ordinaire…
Vous poursuivez un paragraphe plus loin : “Les pacifistes, par exemple. Je vous regarde marcher fièrement dans la rue avec vos écriteaux colorés dénonçant la guerre impérialiste des Américains. Vous ne doutez jamais de vos opinions? Que ressentez-vous lorsque vous lisez la lettre ouverte d’une jeune Irakienne qui supplie l’Occident de libérer son peuple du dictateur sanguinaire qui le terrorise? Ça ne vous ébranle pas? Vous ne vous sentez pas égoïstes?” Décidément, M. Martineau, vous dites lire beaucoup de médias, mais pour justifier cette guerre, vous faites toujours appel à ce seul témoignage de cette fameuse “jeune irakienne”, publié dans les colonnes de votre propre journal, avec la rigueur journalistique que l’on sait.
“Pour certains pacifistes, la situation est claire: les pro-guerre couchent à droite, et les anti-guerre couchent à gauche. Désolé, mes amis, mais nous sommes en 2003, pas en 1935. Le paysage idéologique est beaucoup plus morcelé. Bernard Kouchner, de Médecins sans frontières, est pour une intervention armée en Irak. (…) et Alain Finkielkraut, l’une des figures les plus importantes de la gauche française.”
Vous opérez par magistrales simplifications. Vous mettez en avant ce que vous appelez les “gauchistes anti-guerre” en les stigmatisant comme aux idées arrêtées en 1935 (pensez-vous “staliniens” ?). Vous avez raison quand vous dites que le paysage politique est morcelé, mais vous omettez de préciser qu’il y a beaucoup de gens de droite qui sont contre cette guerre. Ainsi, en France, il n’y a pas de différence entre les gens de gauche et de droite sur la question de la guerre. Quant à “Alain Finkielkraut, l’une des figures les plus importantes de la gauche française”, j’en ris encore. Vous êtes un petit comique, M. Martineau. Et pour Kouchner, il est tout à fait marginal et n’est représentatif que de lui-même.
“La gauche est divisée, déchirée, éventrée. Les gauchistes n’étaient-ils pas internationalistes, dans les années 30-40? N’était-ce pas dans la tradition de la gauche de lutter militairement contre la dictature et le fascisme ?” La gauche n’est nullement divisée, déchirée, éventrée, en tout cas pas sur cette question. Ce sont vos fantasmes que vous énoncez M. Martineau, mais en rien la réalité. Mais peut-être votre vision de la politique se limite-t-elle au paysage états-unien ? Quant à votre caricature de la gauche avec des références à peine voilée au stalinisme, elle est non seulement éculée mais aussi insultante. Cela est assez révélateur de votre idéologie personnelle.
“Il y a autant de bonnes raisons d’attaquer l’Irak que de ne pas l’attaquer. La situation est extrêmement complexe, et il faut se méfier comme de la peste des gens qui croient posséder la vérité.
Vous avez toutes les informations vous permettant de prendre parti? Vous avez lu les rapports top secrets des services de renseignements, vous savez tout ce qui se trame, vous connaissez tous les jeux de coulisse?”
Si l’on vous suivait, M. Martineau, personne n’aurait d’opinion sur aucun sujet et ce serait la fin de la vie politique, la fin de la démocratie. Je trouve votre papier assez puant. Je n’arrive pas à croire ce que vous dites, ce serait faire insulte à votre intelligence, je pense au contraire que vous êtes un démagogue manipulateur, avide de provocation à peu de frais. Ou alors, je me trompe, peut-être que vous n’êtes finalement qu’un idiot.
M. Martineau, votre onde de choc est celle d’un étron tombé dans le bol.
[ M. Richard Martineau est à lire dans Voir, et nulle par ailleurs (j’espère) ]
— 9 commentaires.
Et cela, cette nouvelle paix américaine, durera jusqu’à ce qu’un nouveau groupe de militants extrémistes de quelque part trouve un autre, un nouveau moyen de semer la terreur parmi ces sociétés qui ont substitué l’abrutissement des sens moraux par la consommation facile pour la vérité, la légalité et le respect des droits de l’homme. Et le cycle de guerre de représailles recommencera.
Un billet percutant, à lire, mais au réalisme un peu déprimant, chez Sale Bête.
— 0 commentaire.
Je connaissais déjà le Geek Code et le Bear Code, mais je ne connaissais par encore le Blogger Code (j’ai découvert ça chez CyberCodeur).
Pour moi, ça donne : B2 d+ t+ k+ s u f i o x- e l- c-
Et pour mon Bear Code, en privé seulement…
— 2 commentaires.
Josh Llano est un aumônier militaire, évangéliste baptiste de Houston (TX), qui officie auprès du 5e corps de l’armée de terre américaine en Irak.
Dans le désert chaud et sec, où les militaires doivent supporter un rationnement d’eau et de vivres, il possède l’arme fatale pour ramener les boys dans le droit chemin : une piscine de 500 gallons (1,9 m3), destinée aux baptêmes par immersion.
Josh Llano déclare : “C’est simple. Ils veulent de l’eau. J’en ai, du moment qu’ils acceptent d’être baptisés.”
Après avoir subit un long sermon, les GIs peuvent se revivifier dans la piscine de l’aumônier. “Peu importe leur motivation” dit M. Llano, “je leur donne une chance d’être plus près du Seigneur”.
Il fait du racolage pour ses baptêmes : “Il faut être agressif pour aider les gens à trouver Dieu en eux”.
Une rumeur indique pourtant que des douches mobiles vont bientôt arriver. Cela ne déstabilise pas notre prêcheur : “Il n’y a pas de fruits ici, j’ai du raisin et des jus de fruits…”.
Sources : Miami Herald, Army chaplain offers baptisms, baths, Courrier International.
— 0 commentaire.
C’est un festival réjouissant de critiques caustiques qui s’abat sur la blogosphère francophone ces derniers temps.
Le travail de démolition commence avec le corollaire des Blogues d’Or : les Blogues de Merde 2003.
“Chaque année les Blogs de merde récompensent les meilleurs blogs de merde. Cette année, plus que jamais, le blog a besoin de cérémonies à la con tellement les bloggeurs n’ont rien à raconter. C’est chiant mais faut bien que quelqu’un s’y colle.”
Encore une fois, je ne suis pas dans la liste des nommés… (Personne ne m’aime).
À voir la liste du jury, je reprends ma phrase sur les Blogues d’Or : “la sélection est à l’image de son jury, ni plus, ni moins.” Elle n’est en rien représentative du sérail de la soue du blogue francophone.
Mais le blogue qui fait sensation, découvert dans le dernier billet de Chryde, c’est Réservoir Blogs. Que du bête et du méchant. Un tel déversement de méchanceté gratuite ne fait pas que des heureux : Les Autres l’a classé dans sa rubrique S’étouffer (aux côtés de MIF, quel honneur). Je dois pourtant avouer que ce blogue m’a fait sourire. Et il faut noter que ce déversoir à rosseries acides est un blogue communautaire.
La blogosphère sent la poudre, un dégât collatéral ?
Je laisse la conclusion à Chryde :
Ça devait arriver. Avec ces articles de la presse généraliste qui continuent de présenter les weblogs comme le dernier truc à la mode en soulignant leur charmant côté tribal. Avec les Blogdors , qui soulignent ce côté petite communauté auto-satisfaite et ont, malgré eux, renforcé l’image déjà trop appuyée des weblogs français comme une multitude de petits déversoirs autobiographiques et complaisants (c’est pour m’opposer à cette tendance, presqu’indépendante de la volonté du jury, que j’ai tenu à publier ma sélection). Bref, il était inévitable que les weblogs français aient leurs franc tireurs, leurs anarchistes, leur poil à gratter.
[ Chryde, coup de pied dans le vide. ]
— 5 commentaires.
80 % des Américains sont crétins. Y-a-t-il des statistiques pour la France ?
Les vrais Américains pro-guerre dits “patriotiques” sont imperméables à ce discours. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont pro-guerre. Les fausses preuves, c’est pas grave. Il n’y a pas besoin de preuve pour savoir que Saddam Hussein est un monstre. Ils sont comme ces flics ripoux qui truquent des interrogatoires, fabriquent des preuves pour coincer quelqu’un dont ils savent qu’il a commis des crimes, mais surtout qu’ils ne peuvent pas sacquer. Une revanche du système en somme. Le problème, c’est que ces pratiques sont condamnées pour une bonne raison. Dès qu’on prend l’habitude de les appliquer, on finit par ne plus mesurer la gravité du geste, et l’on s’en sert pour condamner quelqu’un qui le “mériterait” de toute façon. Bref, on n’a plus besoin des juges. Bush n’a plus besoin de l’ONU.
[Guillaume Chantraine, L’aigle ignominieux que les faucons fachos nous cachaient, via Netlex.]
Les États-Unis viennent de découvrir le colonialisme. L’administration d’occupation américaine est en pleine préparation. Des contingents de bureaucrates vont apporter les lumières du libéralisme et les joies de la démocratie. L’occupation promet d’être longue et ponctuée d’actions de terroristes (résistants ?) fanatiques qui ne veulent rien comprendre à la grandeur du projet américain. Des experts israéliens viendront à la rescousse dans la lutte anti-terroriste arabe. Les efforts de reconstruction commenceront par la conversion des usines chimiques en lignes de production de Coca-cola et tous les quartiers de Bagdad auront leur minaret et leur grande double-arche Mc Donald. On trouvera une clique d’affairistes irakiens pour leur transmettre progressivement les apparences du pouvoir. Le peuple continuera à triturer son ressentiment à l’égard des britanniques et des américains, n’oubliera pas les victimes et la misère de l’embargo, de cette guerre de libération faite encore une fois à leurs dépends. Ils ont perdu Hussein, ils ont gagné Bush. Au moins, Saddam, il était Irakien. Et l’on verra encore pendant des décennies des petits portraits du leader irakien orner les rétroviseurs des automobiles, comme on peut voir, encore aujourd’hui, toute une dévotion populaire pour Staline en Géorgie.
Pendant ce temps là, les services secrets américains auront peut-être l’idée de fermer les yeux sur un nouveau projet terroriste, sur le sol anglais par exemple, afin de galvaniser encore plus la population et de justifier une action sur la Syrie et l’Iran. Fiction du grand complot ? Non, aux États-Unis, tout est possible.
Good Morning Bagdad. J’ai ce matin des informations exclusives et vérifiables sur la situation à Bagdad : vingt-trois degrés celsius à dix heures trente, maximum trente-deux dans la journée, ciel légèrement nuageux, vent de secteur sud-sud-est, bonne visibilité, pression atmosphérique de mille-dix millibars, coucher du soleil à dix-neuf heures vingt-sept. Prévoir une dégradation orageuse dans le courant de la semaine.
L’Iraq Body Count du moment : min. 859, max. 1032. Ça coûte cher la démocratie américaine.
— 10 commentaires.
Mon lapin est parti faire des courses ce matin au marché bio, pendant que j’accaparais l’ordinateur. Il était censé acheter des carottes et navets nouveaux pour le navarin d’agneau que je vais préparer pour ce soir. Il est revenu, non seulement avec de délicieuses petites carottes et d’attendrissants navets nouveaux, mais aussi des haricots verts, d’adorables petits radis, des oignons… Et, pris de folie gastronomique, il a fait un (ruineux) détour chez le pâtissier du moment : Pierre Hermé, rue Bonaparte dans le VIe.
Il en a ramené un Tango (pâte sablée au sésame, crème au parmesan Reggiano, compote de framboises et poivrons rouges, framboises et tuile sucrée au parmesan) et un Montebello (biscuit dacquoise aux pistaches, crème mousseline pistache, framboises). Je n’ai pas osé demandé le prix de ces petites oeuvres d’art.
Donc ce soir, c’est navarin d’agneau, pâtisseries, avec un petit Tourraine-Mesland. Bref, on se soigne…
Ça me rappelle ma mère qui disait en débutant un bon repas (souvenir de l’Occupation) : “Encore un que les Boches n’auront pas.” Ce soir ce sera “Encore un que les Américains n’auront pas”. Ou, pour paraphraser une vieille publicité de rillettes, “Nous n’avons pas les mêmes valeurs”.
Si j’ai le courage, je vous fait une photo du navarin et je vous donne la recette. (C’est pour faire concurrence à B. et M.).
Mise-à-jour, 7 avril :


— 6 commentaires.
Ça fait déjà plusieurs années que j’ai publié une photo sur un autre de mes sites Web, une photo d’oiseau non identifié avec comme légende : “si vous savez l’identifier, écrivez-moi.”
Et voilà que ce matin, je reçois une réponse provenant du Canada :
Bonjour,
Votre oiseau, c’est peut être un Bécasseau Cocorli (calidris ferrugina).
http://www.oceanwanderers.com/CurlewSand.html
http://www.naturia.per.sg/buloh/birds/Calidris_ferruginea.htm
Pour moi, ce genre de petite chose, c’est la magie de l’Internet toujours intacte et perpétuellement renouvelée. La magie d’une bouteille à la mer jetée dans l’océan numérique, qui parfois atteint une côte hospitalière où un citoyen du monde lira votre message et tentera d’y répondre.
— 1 seul commentaire.
Grâce à JLR, j’ai découvert qu’il existait une rubrique blogues chez Yahoo.fr. Enfin plus exactement une rubrique blogs.
Les choix taxinomiques sont toujours très révélateurs d’une conception du monde, ainsi, voici l’arborescence de la catégorie blogues chez Yahoo :
Pour Yahoo.fr, le blogue est un art, un sous-genre de littérature qui appartient au récit biographique, c’est une variation du journal intime. Voilà, tout est dit. C’est la conception du blogue qui prévaut dans la francosphère.
Le point de vue américain chez Yahoo.com est différent :
Le blogue n’est plus considéré comme un art et n’appartient plus au taxon littérature (Art >Humanities >Literature). C’est un outil de communication basé sur l’écriture (au même titre que les babillards, les forums), mais c’est toujours proche du journal intime même si la catégorie supérieure est plus large (Online Journals and Diaries). Le journal intime est une manifestation sociale mais n’est pas un art (contrairement à la vision française).
En Espagne, Yahoo.es opte pour cette approche :
Inicio >Ciencias sociales >Comunicación >Escritura >Diarios >Weblogs
(Départ >Sciences sociales >Communication > Écriture > Journaux > Blogues)
Cela est proche de la conception anglaise, à l’exception du fait qu’il existe en espagnol une sous-catégorie Personales à la catégorie Weblogs alors que son équivalent anglais Individuals est au même niveau que Weblogs.
L’annuaire Dmoz.org apporte encore une voix différente :
Anglais : Top >Computers >Internet >On the Web >Weblogs
Français : Top >World >Français >Informatique >Internet >Weblogs
La position de Dmoz est plus neutre. Le blogue, tant en anglais qu’en français, est une partie de l’Internet et se définit donc avant tout par ses aspects techniques et est plus proche de la définition originelle du weblog, “journal de bord de navigation sur la toile”. Dans l’arbre anglais, il apparaît que le blogue est une sous-partie du Web (>On the Web), nuance qui n’existe par dans l’arbre français.
À noter que Dmoz anglais exclut les diaristes de la famille blogues et les reporte dans :
Top >Arts >Online Writing >Journals
Le Dmoz français tente la même dichotomie, de façon un peu plus détaillée :
Top >World >Français >Arts >Littérature >Inédits en ligne >Chroniques et journaux intimes
Les concepteurs d’annuaires se heurtent eux aussi à la définition et la généralisation du concept de blogue. Les errements des choix taxinomiques d’un annuaire à l’autre sont le reflet de la difficulté à définir le phénomène.
— 8 commentaires.
Les bombardements britanniques en Irak, ce n’est pas nouveau :
En principe, on doit prévenir la population avant un bombardement. En principe, les objectifs sont les maisons, les troupeaux et les guerriers, et non les vieillards, les femmes et les enfants. Mais, dans la pratique, les choses ne se passent pas toujours ainsi. Le premier rapport de Bagdad décrit une frappe aérienne créant la panique parmi les indigènes et leurs familles. « Beaucoup essayaient de fuir et sautaient à l’eau, devenant des cibles tout indiquées pour les mitrailleuses.”
Churchill demande à ne plus recevoir de tels rapports : “Je suis extrêmement choqué par le passage sur le bombardement, que j’ai marqué en rouge. S’il était publié, il déshonorerait l’armée de l’air. (…) Tirer délibérément sur des femmes et des enfants qui tentent de se réfugier dans l’eau d’un lac est un acte scandaleux, et je m’étonne que vous n’ayez pas traduit les officiers responsables devant un tribunal militaire…”
[Le monde Diplomatique, au sujet du livre de Sven Lindqvist]
C’était en 1920… après que le Royaume-Uni ait chassé l’occupant turc de l’Irak, au prix de 40.00 soldats britanniques tués.
Les Britanniques avaient décidé d’innover en Irak : pour tenir le pays, plutôt que d’employer des moyens d’occupation conventionnels, lourds en hommes et en matériel, il fut décidé de maintenir la population dans la terreur de bombardements aériens. Tout le pays devenait ainsi un terrain d’exercices pour la toute nouvelle Royal Air Force.
“Les Arabes et les Kurdes savent maintenant ce que signifie un vrai bombardement. En 45 minutes nous pouvons raser un village et tuer ou blesser un tiers de sa population” disait en 1919, le lieutenant-colonel britannique Arthur Harris, qui se rendra célèbre sous le surnom de “Bomber Harris” lors du bombardement de Dresde en 1945.
[En 1992, une statue fut érigée à Londres en mémoire de Arthur Harris (Church of the Royal Air Force, St. Clement Danes — statue qui devrait, à mon avis, subir ce traitement, ou pire encore)]
Laurence d’Arabie (celui-là même qui fut immortalisé au cinéma par Peter O’Toole) avait déclaré après la révolte de 1920 “C’est dommage de ne pas avoir utilisé des gaz de combat à cette occasion”. Oui, c’est vraiment dommage a dû penser Winston Churchill à cette époque.
Mais on s’est rattrapé plus tard : les historiens font état de l’utilisation de gaz mortels par l’aviation britannique en 1925 à Souleimaniyah, dans l’est du Kurdistan. Ali Hassan al-Madjid dit Ali le chimique n’a rien inventé, il a juste suivi les enseignements britanniques.
[réf. British Use of Chemical Weapons in Iraq.]
Secrétaire d’État à la Guerre, Winston Churchill se déclarait “fermement favorable à l’usage de gaz empoisonnés contre des tribus barbares”. “Il n’est pas nécessaire, nuance-t-il, d’utiliser uniquement les gaz les plus mortels : des gaz provoquant de sérieux troubles et créant la panique mais sans effets irréversibles pourraient faire l’affaire.”
À lire : BBC, Patrick Cockburn, Britain’s role in shaping Iraq.
On comprendra alors aisément que les Britanniques ne sont définitivement pas les bienvenus sur le sol irakien.
— 0 commentaire.
Séquence tripatouillage dans Movable Type.
Il s’agit de passer de l’encodage ISO Latin 1 à ISO Latin 9 afin de bénéficier du sigle euro est des précieux e dans l’o, sans avoir à saisir une entité HTML.
ISO Latin 9 (ISO 8859-15), via Samlog.
Test :
Euro : ?
E dans l’O : ?
e dans l’o : ?
P.S. Ça ne marche pas ! Bon, c’est où le bug ?
P.S. bis. Il semblerait qu’il faille aussi changer le PublishCharset dans mt.cfg et pas seulement les templates. À suivre.
P.S. ter.
Euro : ?
E dans l’O : ?
e dans l’o : ?
Eurêka, ça marche ! La solution : changer PublishCharset iso-8859-15 dans mt.cfg, puis changer dans les templates les meta Content-Type. Inutile de toucher à # NoHTMLEntities 1 dans mt.cfg. (Les initiés à MT comprendront).
Inutile de changer les meta dans les templates de versions supérieures à 2.51. Mes templates datent de la version 2.51, les templates des versions 2.6.x répercutent automatiquement le changement de PublishCharset dans mt.cfg :
P.S. quater. Bon, tout fonctionne, sauf la saisie dans les commentaires… Grrrr….
Les joies du blogue, c’est aussi ça !
Mise à jour, 16 h 40 : retour en iso-8859-1 suite au nombre de plaintes de gens qui ne supportent pas l’iso-8859-15.
Il faudra donc que j’encode mes euros [ € = € ] et mes e dans l’o [ Œ = Œ - œ = œ ] avec les entités HTML appropriées…
Quand est-ce que la publication Web deviendra un truc simple ?
— 19 commentaires.
Une guerre peut en cacher une autre. À l’heure où toutes les caméras du monde sont braquées sur la chute de Bagdad, les tensions en Israël sont exacerbées et les populations civiles en font encore une fois les frais.
Hier soir, sept Palestiniens ont été tués dont un chef du Hamas, et une cinquantaine de blessés, surtout des civils, au cours d’un raid de l’aviation israélienne. Raid qui annonce le ton qu’entend adopter le gouvernement Sharon pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens.
Selon des témoins, les F-16 israéliens auraient pris pour cible une voiture dans le quartier Askouleh, mais le missile a aussi touché des habitations voisines. Trois des personnes tuées lors de ce raid appartenaient aux Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement islamiste Hamas. Elles se trouvaient dans la voiture visée par les Israéliens, selon des responsables des services de sécurité palestiniens. Parmi eux figure Saadi al-Arabid, un des chef locaux des Brigades, a-t-on indiqué.
Selon des sources médicales, des femmes et des enfants font partie des blessés, dont huit sont dans un état critique. Ces nouvelles morts portent à 3140 le nombre de personnes tuées depuis le début de l’Intifada, fin septembre 2000, dont 2363 Palestiniens et 719 Israéliens.
Source : Radio-Canada, Escalade de violence au Proche-Orient.
Dossier Radio-Canada : Proche-Orient, la spirale de la haine.
Quant à Bagdad, on peut se réjouir de la fin proche de la guerre, mais pour la stabilité politique et économique du Moyen-Orient, on a, à présent, tout à craindre.
L’image tant attendue, le symbole, était là. A 16 h 40 locales, les troupes américaines pénètrent au centre de Bagdad, une petite foule d’une centaine d’Irakiens arrivent, et Saddam Hussein reste de marbre, seul, dans son silence de statue, au milieu de la place Al-Ferdaous, au cœur de la capitale. Sous le regard de CNN, l’énorme bronze érigé pour le 65e anniversaire du raïs irakien allait connaître ses dernières minutes…
[ Le Monde ]
— 0 commentaire.
Mardi, images à la télé, un bagdadien hurle à la caméra “Fuck you Bush, fuck you !”
Mercredi, images d’allégresse. Joie des chiites de Saddam City qui ont la mémoire courte, joie des kurdes, mais quid des sunnites et des chrétiens ? Difficile de ne pas imaginer les craintes de la minorité chrétienne de voir arriver une république islamique en Irak. Rappelons que l’Irak est à 60 % chiite. Quid de l’État laïc ? L’arrivée d’un jeune cheikh à Bassora Nassiriah, fraîchement débarqué d’Iran, pour exercer un pouvoir civil sous la protection des forces d’occupation britanniques est assez révélateur.
Mais que disent ces images sans commentaire…
Le risque de guerre civile n’est pas à écarter. La bataille pour la paix ne fait que commencer et la route n’est pas vraiment pavée de bonnes intentions.
Les menaces de Rumsfeld à la Syrie sont comme un clin d’œil appuyé à Israël.
Romain Goupil sur France Inter ce matin : “les faucons à Washington, les vrais cons à Paris, Chirac et Villepin”. Cette clique Goupil-Glucksmann-Kouchner est assez navrante. Les thuriféraires de la guerre manquent singulièrement de recul et n’hésitent pas à ré-écrire l’histoire.
Une guerre juste dans ses effets (destituer un dictateur meurtrier) mais illégitime dans sa conduite et dans ses motivations inavouées. Une guerre précipitée et pourtant longuement réfléchie. La guerre en Irak n’est pas à un paradoxe près.
Quiconque connaît un brin d’histoire contemporaine a toutes les raisons d’entretenir la plus grande méfiance à l’égard de la politique étrangère américaine. L’interventionisme étasunien dans des pays tiers a causé des centaines de milliers de morts, voire des millions, dans les cinquante dernières années. Pour les résultats que l’on sait. Juste quelque noms parmi tant d’autres qui étayent cette méfiance : Vietnam, Cambodge, Chili, Timor, etc. Beaucoup de crimes contre l’humanité, souvent menés en coulisse, qui n’ont pas été jugés ni même fait l’objet d’une repentance publique ou l’ombre d’une excuse. Les États-Unis d’Amérique ont beaucoup de cadavres dans les placards. Alors, on peut bien demander à d’autres de reconnaître le génocide arménien, toujours deux poids, deux mesures. Les États-Unis ne sont pas près de s’impliquer dans un système pénal international, trop risqué pour leurs élites passées et présentes.
Beaucoup d’inquiétudes, un peu d’espérance, mais la route est encore longue.
— 1 seul commentaire.
Mon lapin est parti pour une dizaine de jours à Londres. Me voilà célibataire…
Message perso : je t’aime, je pense à toi.
— 3 commentaires.
Dans le tout petit monde de la blogosphère, on a rarement l’occasion de s’envoyer des fleurs. Tout juste si l’on peut marquer son estime en liant un blogue dans sa liste de liens.
Alors, aujourd’hui, j’ai le goût de dire tout le bien que je pense de Marie-Dominique. Bon, je sais, c’est un peu une pov’ fille avec un travail qui semble bien peu épanouissant tant son occupation semble se résumer à enfiler des trombones pour en faire des colliers. Mais bon, je sais qu’elle mérite mieux, et puis que c’est une brave fille, pis que aux travers des mots, je l’aime bien.
Mais c’est une vraie plume. Bô travail !
— 0 commentaire.
Vous vous êtes posé la question de l’utilité d’un blogue, de ce que à quoi cela pouvait bien être utile ?
Voici un billet inondé de bonnes raisons d’avoir un blogue. Magistral.
Si tous les directeurs d’écoles avaient leur blogue…
— 0 commentaire.
Merde In France (cette fois-ci je lie) a inauguré dans sa liste de liens une rubrique intitulée “La Troïka” (grand traîneau russe tiré par trois chevaux de front, et par métaphore, groupe de trois personnes importantes) où sont réunis :
Les Autres
Carion.org
Navire.net
Quel honneur ! Cela me fait aussi plaisir que le Blogdor que je n’ai pas eu. Je suis très heureux d’être ainsi en si bonne compagnie. Et cette reconnaissance de la part d’un blogueur aussi connu, dont la lecture, au second degré, est des plus réjouissantes, me va droit au coeur. Je tacherai d’être à l’honneur de cette distinction.
— 3 commentaires.
17 h 14 : Pillages au musée archéologique de Bagdad
Des pillages sont en cours dans le musée archéologique de Bagdad, le plus important d’Irak, selon un correspondant de l’AFP sur place. Une dizaine de pillards sévissent sans être inquiétés dans certaines salles d’exposition du “Musée irakien” dont les bureaux administratifs ont été totalement mis à sac. Des poteries et certaines statues ont été cassées et d’autres renversées alors que des caisses en bois vides étaient dispersées sur le sol. Deux hommes sont sortis du musée en emportant une porte antique d’une des salles situées au rez-de-chaussée du musée, celle se trouvant à l’étage semblant avoir été épargnée.
[ Le Monde ]
Le Musée archéologique de Bagdad, dont la collection d’antiquités rivalise avec celle du British Museum de Londres, avait souffert du conflit de 1991 et du manque d’entretien en raison de l’embargo sur le pays. Restauré avec l’aide de l’Unesco, il n’avait rouvert qu’en 2001.
Les collections de cet établissement dépassent sans doute les 100 000 pièces. L’ensemble constitue une anthologie assez complète de toutes les civilisations qui se sont succédé entre les deux fleuves : préhistoriques, sumérienne, babylonienne, assyrienne, néobabylonienne, et aussi perse, grecque, parthe, sassanide, sans parler d’un très riche fond islamique.
J’ai aussi entendu dire que la grande bibliothèque de Bagdad était en feu, la mémoire d’un peuple qui part en fumée, de précieux manuscrits légués par les longues heures de ce berceau de l’humanité entre le Tigre et l’Euphrate. Oui, brûler les livres, c’est aussi un crime contre l’humanité. Mais faut-il compter sur les troupes américaines pour s’émouvoir d’atteintes au patrimoine culturel ? Peut-être les boys auraient-ils plus d’ardeur à défendre un Mac Do assiégé…
(Mise à jour 13 avril : il s’agirait en fait de la bibliothèque de l’université de Mossoul).Ceci donne pas une bonne image ni du peuple irakien ni de l’occupant américain. Cette débâcle et ce chaos sont affligeants. Cette guerre se termine comme elle a commencé.
[Billet lié : Patrimoine irakien en péril.]
— 1 seul commentaire.
NEW YORK/LOS ANGELES (Reuters) - Apple Computer Inc. is in talks to buy the world’s largest record company, Universal Music Group, from Vivendi Universal, a source close to the matter said on Friday, in a deal that could transform the music industry.
The deal with Universal Music, believed to be worth as much as $6 billion.
— 0 commentaire.
Allo, la police ? Ne quittez pas. Bip. Bip. Bip. Le numéro que vous demandez n’est plus attribué. Bip. Bip. Bip. Le numéro…
And US troops in Baghdad have called on the capital’s police to return to work. (…) “We are trying to get the Baghdad police to come back to work and do their jobs,” Colonel Peter Zarcone told the Newsnight programme.
Speaking from Baghdad, he said troops had put out messages over the airwaves to try to contact police officials and had already spoken to “approximately three individuals”.
[BBC news : US aims to end Baghdad chaos.]
“Nous essayons d’inciter la police de Bagdad à revenir travailler, et à faire son travail”, a déclaré le colonel Peter Zarcone à la télévision. “Nous tentons de contacter des responsables de la police”, a dit le militaire, interrogé à Bagdad. “Nous avons parlé à environ trois d’entre eux aujourd’hui”, a-t-il dit.
<humour>Et, pendant qu’on y est, pourquoi pas inviter Saddam Hussein à revenir pour mettre de l’ordre dans ce bourbier ? Il a déjà fait ses preuves.</humour>
— 0 commentaire.
Les seuls bagdadiens qui accueillent chaleureusement les Américains et dont les images ont dû être diffusées ad nauseam sur Fox News et CNN sont en réalité les pillards venus du misérable quartier chiite de Saddam City.
L’essentiel de la population reste terrée chez elle, dans l’angoisse, à attendre des lendemains meilleurs.
Rémy Ourdan, envoyé spécial du Monde à Bagdad, nous livre des détails assez éclairants sur la situation :
Les relations entre les Bagdadis et les occupants ne vont pas en s’améliorant. Les foules étaient déjà extrêmement réduites pour saluer l’arrivée des “libérateurs”. Si le peuple irakien est ravi de la chute de Saddam Hussein, il n’approuve souvent pas la méthode américaine, qui a causé la mort de milliers de civils et entraîné le pays dans le chaos. Pendant que les hordes de pillards remercient les soldats d’outre-Atlantique à coups de retentissants “Thank you !” et autres “America very good !”, les habitants de Bagdad vivent reclus, apeurés et amers. (…)
Le problème est que les Bagdadis qui tentent de faire eux-mêmes la police sont pris pour cibles par l’armée américaine, donnant l’impression que celle-ci se range clairement du côté des pillards. Ces deux derniers jours, les marines sont intervenus, à la demande de la foule, pour éliminer des hommes armés qui ne les menaçaient pas mais essayaient au contraire de protéger un bâtiment, une rue commerçante, de maintenir un semblant d’ordre.
Ils ont ainsi recherché et exécuté, vendredi, un sniper qui interdisait l’accès au ministère du pétrole. Puis un officier américain a fait signe aux pillards, sous les vivats, que la voie était libre. (…)
“Je suis un soldat, pas un flic ! explique un sergent, posté dans la tourelle de son char Abrams. Et puis regardez, les gens paraissent heureux, même si c’est un peu le désordre pour l’instant.” L’armée américaine ne paraît pas comprendre que, en satisfaisant ainsi les pillards, dans un pays où les gens sont habitués à un pouvoir fort, à un maintien très strict de la loi et de l’ordre, elle est en train de se faire détester par les 99 % de Bagdadis qui ne sortent pas dans la rue. (…)
Sentant que Washington pourrait leur demander de réagir, les commandants des troupes de combat présentes à Bagdad imaginent les mesures qu’ils pourraient prendre. Ils seraient réticents à tuer des pillards qui leur manifestent tant de sympathie.
[Le Monde : Reclus, apeurés par les violences généralisées, les Bagdadis s’en prennent aux méthodes de l’US Army. ]
Pendant ce temps-là, à Washington, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld nie que l’Irak s’enfonce dans le chaos et accusé les médias d’exagérer considérablement l’ampleur des pillages. Avec de telles déclarations, Rumsfeld nous fait penser à Mohammed Saeed al-Sahaf, regretté ministre de l’Information irakien.
Le 1er mai prochain, chez l’éditeur américain Simon & Schuster, sort un guide à l’usage des américains : “Joie de Vivre: Simple French Style for Everyday Living” (27 USD). [Reuters]. Un futur best-seller, j’espère.
— 0 commentaire.
Étant donné que je n’ai pas de courriel pour te joindre à Londres, voici quelques nouvelles de la maison via le blogue. Je suis sûr que les autres lecteurs m’excuseront cet étalage temporaire de notre intimité.
Déjà, pour te dire qu’il fait merveilleusement beau et agréable à Paris. Je me suis levé vers 9 heures ce matin et je suis allé chez Picard. J’ai acheté des pizza bio, puisque mon régime de la semaine sera essentiellement composé de pizza et de Nutella, afin de combler le vide affectif que tu laisses en partant. J’ai aussi pris un gigot d’agneau de Nouvelle-Zélande (c’était en super promo) et des filets de haddock (tu verras, avec quelques feuilles de chou blanchies, des petites rates, un beurre blanc et un petit vin d’Alsace…).
Hier soir, j’ai regardé un super DVD, “40 jours sur le B.”, de ton réalisateur préféré (enfin, j’espère). Je me suis dit que j’avais des urgents besoins de mer à satisfaire. Alors peut-être un Brest/Cherbourg en mai, ou un Ostende/Honfleur, ou encore un Saint-Malo/Saint-Nazaire (ou Saint-Nazaire/Le Havre) en juin. Sans compter le tour de l’Espagne en septembre bien sûr. Puis, il faudra songer à aller à Montréal aussi…
Sur ce, je t’embrasse très fort (peut-être même que je te ferais des choses inavouables ici) et je te téléphone ce soir.
— 1 seul commentaire.
Jeune, je souhaitais devenir archéologue. Je ne me lassais pas de lire les récits des grandes découvertes archéologiques, et bien sûr celles relatives à l’exploration de la Mésopotamie. La plus célèbre de ces découvertes est la fouille des tombes royales d’Ur, entre 1922 et 1934, conduite par Leonard Woolley. Elle fut d’une grande importance pour éclairer l’état de la civilisation et des techniques, les rites funéraires et l’histoire, à l’orée de la 1re dynastie d’Ur. L’historien Guy Rachet n’hésitait pas à écrire que cette fouille était incontestablement d’une importance archéologique incomparablement supérieure à la découverte de la tombe de Toutankhamon.
Je me suis donc replongé dans deux des livres qui avaient tant charmé mon enfance, Les grandes aventures de l’archéologie de Lady Margaret Wheeler (1960) et L’aventure de l’archéologie de C. W. Ceram (1957). C. W. Ceram qui écrivait, à propos de la Mésopotamie (entre Tigre et Euphrate) : Cette terre saturée de sang, si elle ne fut pas le berceau de l’humanité, fut celui de la civilisation humaine. Là furent inventés les premiers systèmes d’écriture, l’architecture, les sciences fondées sur l’observation du ciel; là se constituèrent les premiers États organisés, celui des Sumériens, ceux des Babyloniens et des Assyriens. Égyptiens et Perses envahirent cette contrée où la paix fut toujours éphémère; sur son sol naquit l’idée religieuse dont un des principes majeurs fut l’amour du prochain. Dans ce pays qui embrassa la doctrine de Mahomet, on voit encore la route suivie par Abraham. Cet univers est celui des Mille et une nuits, celui d’Haroun-al-Rachid. Là régnèrent les Grecs, Romains et Arabes; là passaient les grandes voies commerciales, traits d’union entre l’Orient et l’Occident. Terre d’occupation, cette région frontière a été — et l’est encore — le théâtre de perpétuels bouleversements.
Ur, Uruk, Nippour, Babylone, Bagdad, Mari, Assur, Ninive, Nimroud, autant de noms porteurs de rêve qui parlent encore à l’imagination aujourd’hui.
Qui se souvient aujourd’hui de Robert Koldewey qui au début du XXe siècle découvrit les splendeurs de Babylone ? Les palais de Nabuchodonosor (où mourut Alexandre le Grand), la porte d’Ishtar, le temple de Nimmah, la légendaire tour de Babel, sans oublier les voûtes et assises des fameux jardins suspendus de Sémiramis, retrouvaient la lumière du jour. Je feuillette les pages et tombe en arrêt sur les dessins du chantier réalisés par Elisabeth Andrae et je tente d’imaginer l’émotion de ces découvreurs. Babylone, ville mythique… Nabuchodonosor était un tyran qui multipliait les palais, les murailles, les ponts et les marquait de son sceau pour l’éternité. Il avait fait de Babylone la plus grande cité de l’Antiquité. (D’autres appelleront cette ville cosmopolite, la Prostituée…). Les ruines immenses et majestueuses permettent d’imaginer la stupéfaction qui devait toucher le visiteur aux portes de la ville.

Mais revenons à Ur. Outre les centaines de précieuses tablettes cunéiformes d’argile crue, la plus sensationnelle découverte de Woolley fut celle de la nécropole, 450 tombes dont celles des rois d’Ur et la fameuse “fosse de la mort”. Une fosse rectangulaire où, il y a 4500 ans, s’est déroulé une étonnante et tragique procession funéraire. À l’époque, ce n’était pas seulement le roi, ou la reine, que l’on portait en terre, mais aussi les membres de la cour et les proches serviteurs qui s’immolaient pour suivre le défunt dans son ultime voyage. Cette fosse contenait ainsi 74 squelettes, parés de bijoux, des harpes d’or et d’argent dont les mélodies avaient sans doute accompagné le rite funèbre. À côté de chaque corps se trouvait une coupe. On trouva également un cratère où chaque convive allait probablement remplir sa coupe de poison. La richesse et le raffinement des bijoux et objets sont exceptionnels et les tombes d’Ur dévoilèrent une civilisation disparue aux fastes oubliés, et traduisent le niveau de perfection technique et artistique atteint par les Sumériens. La plupart des pièces maîtresses de ces fouilles se trouvent aujourd’hui au British Museum (exposées salle 56), collection du Moyen-Orient.

Un autre grand musée, qui rivalise rivalisait sur le thème avec le British Museum, abrite abritait les joyaux de ce patrimoine de l’humanité, des trésors archéologiques : des milliers de tablettes cunéiformes conservant le témoignage de l’activité économique, des arts, de la littérature, des mathématiques, de l’administration, des lois à une époque vieille de plus de 4000 ans, notamment un précieux Code d’Hammurabi, des dizaines de bijoux, de coupes en or, d’armes et autres pièces (dont un “bélier dans le buisson”) provenant des tombes d’Ur, mais aussi une tête en bronze d’un roi akkadien, un vase d’Uruk, des sculptures assyriennes, des bas-reliefs des palais de Nimroud et de Khorsabad, une collection de 1600 monnaies anciennes, sans compter la collection d’art islamique, le plus vieil astrolabe connu (d’Ahmad Ibn Khalaf), etc. Il s’agit bien sûr du musée archéologique de Bagdad.
Mais aujourd’hui, de ce que les bombardements des deux guerres d’Irak n’avaient pas détruit, la passivité de l’occupant américain a fait le reste.
Le musée archéologique de Bagdad offre aujourd’hui un spectacle navrant de complète désolation. Cette honte supplémentaire et inexcusable est pleinement à porter au crédit de l’administration Bush, qui n’a que faire de l’héritage laissé aux générations futures.
Environ 170,000 pièces ont été détruites ou ont disparu, selon Nabhal Amin, la conservatrice du musée, sans compter le saccage des précieuses archives, ce qui laisse entrevoir l’ampleur du pillage.
4000 pièces avaient déjà disparu d’Irak (au sud et au nord, selon Jaber Khalil Ibrahim, président de l’Office national des antiquités irakiennes) lors du conflit de 1991. C’est ainsi qu’une statuette en bronze assyrienne (volée au musée de Kirkouk) a fait son apparition dans une salle du Metropolitan Museum de New York. Au moins, pour celle-ci, on sait où elle est.
Pour toute personne attachée à l’art, à l’histoire, à la mémoire, il n’y a que ces sentiments qui seront partagés dans le monde entier : colère, indignation et consternation.
—-
Francis Deblauwe : The 2003 Iraq War & Archaeology.
Washington Post :
’Our Heritage Is Finished’ Looters Destroyed What War Did No.
BBC : Looters ransack Baghdad museum.
The Age : 7,000 years of civilisation ’lost’.
Archaeological Institute of America :
Open Declaration on Cultural Heritage at Risk in Iraq.
La Recherche : Guerre des mots autour des trésors de l’Irak.
—-
P.S. On Friday, Rumsfeld condemned the reports of looting and violence, which have marred the image of exuberant Iraqis welcoming the troops that ended more than two decades of brutal rule by Saddam.
He said television images of acts of looting and violence were played “over and over again for sensational effect.”
“The images you are seeing on television, you are seeing over and over and over, and it’s the same picture, of some person walking out of some building with a vase,” he said. [Reuters]
C’était déjà une déclaration pitoyable lorsque l’on sait l’ampleur des pillages et des destructions, mais aujourd’hui, c’est encore pire, sa seule réaction sur le sujet du musée fut :
Rumsfeld said he had “no idea” whether museum officials had asked U.S. troops to guard the building that housed treasures dating back 5,000 years.
Il se trouve que les responsables du musée n’avaient rien à demander : une équipe d’archéologues américains avait rencontré, il y a déjà trois mois, des officiels du Pentagone afin d’attirer l’attention des militaires sur les trésors archéologiques de l’Irak, et notamment le musée archéologique de Bagdad. Et c’est sans compter les appels de nombreux comités scientifiques internationaux et de l’Unesco. Il suffisait aussi à M. Rumsfeld de lire le Washington Post pour savoir, avant sa destruction, la valeur pour le patrimoine de l’humanité de ce musée. La protection du musée eut été simple et aurait requis peu d’hommes, il suffisait d’un ordre. On a bien finalement protégé le ministère du pétrole… Rumsfeld est un menteur cynique, c’est un digne représentant de cette administration américaine pourrie, mercantile et haïssable. On ne peut pas compter sur ce genre d’homme pour s’émouvoir de patrimoine et de culture.
Et que l’on ne se méprenne pas, la plus précieuse des tablettes cunéiformes n’est rien en regard de la mort d’un homme; j’ai assez ici déploré les meurtres de civils irakiens pour qu’on m’autorise à déplorer cet Archaeological Shock & Awe.
P.S. bis. The Independent, Robert Fisk, A civilisation torn to pieces.
—-
Mise à jour, 14 avril

Tête de roi akkadien, présumée Sargon l’Ancien, Musée de Bagdad. Découverte dans le temple d’Ishtar (déesse de l’amour et de la guerre) à Ninive. XXIVe siècle av. J.-C.
Dans la presse, les Américains, les nouveaux Barbares :
The Christian Science Monitor : Looters plunder in minutes Iraq’s millennia-old legacy.
Sunday, with the threat of more vandalism, US forces still had not arrived to secure the museum. “It reflects badly on us as Americans,” says Dr. Zimansky. “We’ve behaved like absolute barbarians. OK, you can blame a mob, but they looted because law and order was broken down, and we broke it down. Then we stood by and watched.”
Washington Post : Pentagon Was Told Of Risk to Museums.
Late in January, a mix of scholars, museum directors, art collectors and antiquities dealers asked for and were granted a meeting at the Pentagon to discuss their misgivings. McGuire Gibson, an Iraq specialist at the University of Chicago’s Oriental Institute, said yesterday that he went back twice more, and he and colleagues peppered Defense Department officials with e-mail reminders in the weeks before the war began.
“I thought I was given assurances that sites and museums would be protected,” Gibson said. Instead, even with U.S. forces firmly in control of Baghdad last week, looters breached the museum, trashed its galleries, burned its records, invaded its vaults and smashed or carried off thousands of artifacts dating from the founding of ancient Sumer around 3,500 B.C. to the end of Islam’s Abbasid Caliphate in 1258 A.D.
Parallèlement : The London Times, UN and Army at odds as troops encourage looting.
UNITED NATIONS officials have rebuked British commanders for urging local residents to loot buildings belonging to the Iraqi Army and the ruling Baath Party.
The British view is that the sight of local youths dismantling the offices and barracks of a regime they used to fear shows they have confidence that Saddam Hussain’s henchmen will not be returning to these towns in southern Iraq.
One senior British officer said: “We believe this sends a powerful message that the old guard is truly finished.”

Harpe décorée d’or provenant des fouilles d’Ur : détruite.

Lion en terre cuite du temple de Tell Harmal (Shaduppum) dédié à Nisaba, déesse de l’écriture, et à Hani, déesse administratrice des lois : décapité.
— 5 commentaires.
U.S. soldiers who moved into one of Saddam’s sumptuous palaces found a treasure house of less-deadly French goodies. Sets of Baath Party-logo silverware were marked MADE IN FRANCE on the back. And the palace was littered with the French cigarette brands Gauloise and Gitane. There were even packages of white French underwear.
Political conservatives on Capitol Hill are already fuming at this new evidence of possible French perfidy, though French officials deny wrongdoing.
NewsWeek : The French: I’m Shocked, Shocked!
Des missiles, de l’argenterie et des cigarettes françaises, passe encore… mais des sous-vêtements français, MADE IN FRANCE, quelle horreur ! Les conservateurs au Capitole écument de rage : les slips de Saddam et des dignitaires du parti sont français, les couilles de Saddam bénéficient d’un confort inouï grâce à la lingerie française importée en dépit de l’embargo des Nations Unies. Encore une preuve de la traîtrise de ces grenouilles capitulardes ! First Irak, then Syria France !
— 1 seul commentaire.
Les Etats-Unis “croient qu’il y a des armes chimiques en Syrie”, déclare le président américain, George W. Bush. “Nous croyons par exemple qu’il y a des armes chimiques en Syrie”, a lancé M. Bush, lors de déclarations à la presse, à sa descente d’hélicoptère de retour de sa résidence de Camp David.
Ah non, pas encore ! On nous l’a déjà faite celle-là ! Il va vraiment venir le temps qu’une coalition de démocraties avisées organise des frappes chirurgicales sur la maison Blanche… avec un dégât collatéral sur le Capitole (oups, sorry). La plaisanterie a assez duré.
La farce de l’Irak comme 4e puissance militaire mondiale, au 400 000 hommes sur-entraînés et sur-armés, disposant d’un arsenal chimique, biologique, voire même nucléaire, fournissant tous les terroristes islamistes, et menaçant l’équilibre mondial, la liberté et la démocratie, on nous l’a déjà faite et personne n’y a cru (à part les les 70 % de cons crétins bêtes à pleurer qui peuplent l’Amérique).
P.S. Vous noterez une certaine radicalisation de mon discours, mais il se trouve que je viens de lire quelques bonnes pages du New York Post, le meilleur moyen de devenir vigoureusement anti-américain. Quand la haine entraîne la haine…
— 1 seul commentaire.
18 h 19 : Incendie de la bibilothèque nationale irakienne [AFP]
La Bibliothèque nationale de Bagdad, qui renfermait des documents originaux exceptionnels, a été incendié par des pillards après avoir été volée, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Situé face au ministère de la défense, qui, lui, n’a pas été touché par les flammes, le “Palais de la Sagesse”, bâti en 1961, abrite également le Centre national des archives. Cet incendie intervient après le pillage vendredi du musée archéologique de Bagdad, qui renferme la plus importante collection d’oeuvres du riche patrimoine irakien.
Que dire ?
Et pour terminer ce triste dimanche des Rameaux, lisez donc le témoignage de Laurent Van der Stockt, photographe de l’agence Gamma, sous contrat avec le New York Times Magazine, accompagné par Peter Maas, le rédacteur de ce même journal, qui a suivi pendant trois semaines la progression du 4e régiment/3e bataillon de l’USMC jusqu’à la prise de Bagdad, le 9 avril : “J’ai vu des marines américains tuer des civils”. “Une deuxième voiture arrive, le scénario se répète. Les passagers sont tués net. Un grand-père marche lentement avec sa canne, sur le trottoir. Ils le tuent aussi. Comme la veille, les marines tirent sur un 4 × 4 qui longe la berge du fleuve, s’approchant trop près d’eux. Criblée de balles, la voiture part en tonneau. Deux femmes et un enfant en sortent, miraculés. Ils se réfugient dans une masure. Elle est volatilisée quelques instants plus tard par un tir tendu de char.”
— 1 seul commentaire.
Résultats des élections provinciales au Québec.
On peut avoir quelques sympathies péquistes et être cependant satisfait ce matin : Mario s’est pris une claque. La troisième voie fut une baudruche. Il faut croire que la “majorité silencieuse” est muette…
La contribution de M. Dumont à la vie démocratique québécoise est inestimable et il peut sortir la tête très haute, a déclaré Jean Charest. Je traduis : bon petit Mario, tu t’es bien amusé et tu nous a bien amusé, mais maintenant, c’est la porte.
Quant à Bernard Landry et le Parti québécois, on peut parler d’usure du pouvoir. Et puis, les “1000 jours”, c’était un peu court… On peut parier que le passage du PQ dans l’opposition lui servira de cure de jouvence.
La seule mauvaise nouvelle est l’augmentation de 10% de l’abstention. Un mouvement que je qualifierai de l’effet Martineau…
Et chers Français, si vous lisez des gros titres dans les médias québécois “Le Québec vire au rouge” (ici aussi), n’en déduisez pas une victoire social-communiste comme le 10 mai 1981 chez vous, ni même que le Québec a décidé de remplacer la bière par du picrate. Le rouge est dans le Belle Province la couleur du parti libéral. Et puis, ne cherchez pas à comprendre, le paysage politique québécois est absolument abscons à tout Français normalement constitué, aucun des repères qui prévalent en France n’a de valeur icitte. Au Québec, on fait rien comme ailleurs.
À part de ça, au Québec, passé hier du centre-gauche au centre-droit, tout change et rien ne change. Il y a des lapsus révélateurs…
P.S. Hélas, Jean Charest n’a pas le sens de l’humour et de l’auto-dérision. Un point commun avec Jean-Pierre Chevènement et Bernard Henri-Lévy (play-boy français soi-disant philosophe et cinéaste). Pas glop, pas glop…
— 1 seul commentaire.
Je ne souscrirai à aucun langage de balises XYZ-HTML X.X qui ferait l’impasse sur l’italique. L’italique a un rôle typographique et même un rôle sémantique qui ne peuvent se limiter à la citation ou la mise en forme. L’italique a un rôle bien plus large qu’une graisse, bon dieu de merde. Bon, c’était juste une remarque en passant. <really strong with emphasis>Le gras, le souligné, je m’en fous, mais ne touchez pas à l’italique !</really strong with emphasis>. Les initiés comprendront.
Par ailleurs, les informaticiens ayatollahs de la normalisation ont déjà assez massacré l’héritage de l’Art typographique pour qu’on les laisse continuer.
— 8 commentaires.
C’est à cause de lui et d’elle que j’ai un blogue à moi. Il n’y a pas de quoi d’être fier !
— 3 commentaires.
Je suis en état de choc. Le documentaire diffusé ce soir par Arte, CIA, guerres secrètes, de William Karel, est une vraie bombe. Ce que je subodorais n’était que la face émergée d’un gigantesque iceberg. Je n’en crois même pas mes oreilles, d’autant plus que l’essentiel du reportage est constitué de propos, sans aucune concession, tenus par d’anciens directeurs et membres de la CIA et du FBI. À couper le souffle.
Il ressort de ce documentaire trois points majeurs :
- Les États-Unis ont une responsabilité énorme (voire totale) dans les attentats du 11 septembre.
- La raison première de la guerre contre l’Irak est le pétrole. (mais qui en douterait encore aujourd’hui?)
- George W. Bush est un pantin manipulé par l’extrême-droite.
C’est à proprement parler effarant. Quel network américain va diffuser ce reportage ?
Fiche Arte :
20.45 - Mercredi 16 avril 2003.
C.I.A. : GUERRES SECRÈTES - Documentaire - 54 MIN - 20.45
De Bush père à Bush junior, de la première guerre du Golfe à la seconde qui s’annonce, du premier attentat contre le World Trade Center en 1993 au 11 septembre 2001, William Karel plonge au coeur du fonctionnement de la CIA et décortique la réalité de son pouvoir.
Documentaire de William Karel (France, 2003 - 52mn)
Conseiller historique : Alexandre Adler
Coproduction : ARTE France, Roche Productions ARTE France.Avec la fin de la guerre froide et la disparition de l’Union soviétique, la CIA était devenue oisive. Privée de son éternel ennemi, elle était morte cliniquement. Ses erreurs d’appréciation lors de l’invasion du Koweït, le désintérêt de Clinton pour les services secrets et l’effondrement de son crédit avaient fait d’elle un monstre bureaucratique inutile, nostalgique d’une époque où l’on identifiait encore ses agents à James Bond. De Bush père à Bush junior, d’une guerre contre Saddam Hussein à l’autre, ce documentaire propose de plonger au coeur du fonctionnement de la CIA, de décortiquer la réalité de son pouvoir. De raconter la guerre que se livrent la CIA et le FBI, le poids des lobbies pétroliers dans la vie politique américaine, les relations des États-Unis avec l’Arabie Saoudite, les liens qui unissent la famille royale saoudienne et Ben Laden. De tenter de comprendre pourquoi ni le FBI ni, surtout, la CIA n’ont pu déjouer les plans du réseau terroriste Al Qaïda. Ce film n’a pas la prétention de “rouvrir” le dossier mais plutôt d’essayer de répondre à ceux qui se demandent comment est-ce qu’une telle chose a pu arriver. L’autopsie de la faillite des services secrets américains est faite de l’intérieur par ses principaux acteurs : directeurs du FBI, agents opérationnels de la CIA, secrétaires d’État, secrétaires d’État à la Défense, conseillers du Président, ceux qui ont claqué la porte de la CIA, ceux qui ont été licenciés, tous témoins directs et acteurs essentiels.
— 22 commentaires.
Le fait que le Palestinien Abou Abbas ait été arrêté par les Américains à Bagdad est la preuve que le régime de Saddam Hussein soutenait le terrorisme, a déclaré ce mercredi le général Vincent Brooks au QG des forces américaines au Qatar (Centcom). “Il a été un terroriste et il reste un terroriste”, a-t-il souligné lors d’un point de presse. “Mais le plus important, c’est qu’on l’a trouvé à Bagdad, et nous disons depuis longtemps que Bagdad et le régime irakien, qui n’existe plus, accueillaient des terroristes et leur accordaient l’asile”, a-t-il ajouté.
Heureusement que le ridicule ne tue plus, sinon le pauvre Vincent Brooks serait immédiatement foudroyé. Même l’État Israël avait accepté d’accueillir M. Amas à Gaza… Encore un peu de désinformation à l’usage des citoyens gogos américains. Les Américains sont, jour après jour, de plus en plus pitoyables à justifier leur guerre.
— 0 commentaire.
On savait Jacques Chirac amateur d’art, et notamment d’art africain. Il a qualifié de “crime contre l’humanité” le pillage des musées de Bagdad et Mossoul. Lors d’une conférence de presse à l’occasion du Conseil européen informel d’Athènes, le chef de l’Etat s’est dit “absolument consterné par ce qui s’est passé pour le musée de Bagdad et, semble-t-il, pour le musée de Mossoul”.
Ces actes “constituent un véritable crime contre l’humanité, un désastre pour l’humanité”, s’est-il indigné. “C’est un pan entier de notre patrimoine qui s’effondre et disparaît.”
Encore une fois, je suis d’accord avec Chirac. Cela devient vraiment agaçant…
— 1 seul commentaire.
Il faut MovableType pour la Sale Bête.
Finalement, Mouche a bien raison de me faire de doux reproches sur le manque de commentaires ici — Mennuie en a fait de même il y a quelques mois, mais je suis si paresseux et si peu doué pour ce genre de technologie — j’ai du mal à faire marcher GoLive et essayer d’ajouter un logiciel de commentaire me fait un peu peur. Mais je vais me renseigner comment je peux faire pour ajouter des commentaires et des permaliens dans un fichier GoLive et ensuite qui sait? Bientôt tout le monde pourra peut-être se permettre le (petit) plaisir de corriger mes innombrables fautes de français avec quelques frappes légères sur le clavier.
— 4 commentaires.
À la longue d’une journée
Délicieuse et charmante
Par les largeurs qui sinuent
En ornières majestueuses
Sur soi-même
Pluie fraîche
Un repli s’intercale
Je vois fort bien
Je pense à merveille
Je fais la route au pas
Inexprimable et doux
Porteur d’un peu de monotonie.
22 janvier 1994.
“Et je rendis grâces à Dieu d’être libre d’errer, libre d’espérer, libre d’aimer!”
Robert Louis Stevenson,
Voyage avec un âne dans les Cévennes.
Marc D.
— 1 seul commentaire.
Têtu, mensuel français gay (très) et lesbien (très peu), que je ne lis jamais bien que je sois le créateur de leur tout premier site web en 1996, propose au sommaire de son numéro arrivé en kiosque aujourd’hui :
- “Enquête: Un hétéro dans le X homo”;
- “Reportage: Coiffeurs cannois”;
- “Photo: Dans l’intimité des toreros”.
Il parait qu’on a la presse qu’on mérite…
— 1 seul commentaire.
Pause blogue. Je pars à Londres récupérer mon lapin. De retour mardi.
— 3 commentaires.
Ce fut donc un week-end de Pâques bien tranquille, à Gerrards Cross, une banlieue huppée pour expatriés américains dans le Buckinghamshire, où nous étions reçus chez une famille québécoise installée en Angleterre (la soeur, le beau-frère et les deux neveux de mon lapin).
Quelques escapades : à Burford et à Bath. Un week-end bien agréable et reposant.
— 0 commentaire.
Suite à ma visite quotidienne et matinale chez Mediatic (blogue incontinent et volubile sur la blogosphère), je découvre BlogMatcher qui permet de trouver des sites qui ont des listes de liens plus ou moins similaires à la vôtre. Le degré de similarité est indiqué par un score. Ni une, ni deux, comme tout blogueur à la découverte de ce genre d’outils blogo-égocentrique, j’essaye mon URL.
Résultat :
1. http://mediatic.blogspot.com (score 60)
2. http://www.emmanuelle.net (score 46)
3. http://jemisa.editthispage.com (score 40)
Bande de copieurs ! Que des gens qui ont bon goût !
— 4 commentaires.
Je figure déjà dans le Blogging Spot Project (ou Coin Carnet) de Martine. Ce qui est déjà un début d’exhibitionnisme… Mais je me pose encore des questions sur le Penis Blog Project.
Garoo (qui ne plante plus dans Safari β 2 v.73) se propose d’en réaliser une version francophone. Si jamais il succombe à la tentation, je promets de montrer mon implication personnelle dans la blogosphère francophone…
— 11 commentaires.
Les mensonges de la coalition américano-britannique font peu à peu surface alors qu’un semblant de tranquillité s’installe à Bagdad. Et l’on cherche encore les preuves des arguments avancés pour légitimer la guerre…
La famille du soldat Sapper Luke Allsopp, tué à l’âge de 24 ans, critique Tony Blair qui avait déclaré, lors d’une conférence de presse avec George W. Bush, que le soldat avait été exécuté : “Si quiconque à besoin d’une preuve supplémentaire de la dépravation du régime de Saddam, cette atrocité la fournit”. Affirmation sans aucune preuve alors que des gradés de l’armée britannique avaient expliqué à la famille que le soldat avait été tué sur le coup dans des combats. [BBC]. On attend encore aujourd’hui les résultats de l’autopsie “prouvant” cette soi-disante exécution.
Courrier International publie un entretien avec Barry Lando, ancien journaliste du Time et de CBS : Les stars du ’New York Times’ sont hors de contrôle. Il accuse notamment William Safire, chroniqueur au New York Times, d’avoir manipulé l’information à propos de ventes d’armes de la France à l’Irak. Safire est au “New York Times” depuis longtemps et il a beaucoup d’influence. Il est très ami avec le vice-président Dick Cheney. Il a écrit les discours de Nixon, ses idées conservatrices et pro-israéliennes sont connues. Mais je m’étonne qu’il puisse continuer en toute impunité à écrire des articles “bidonnés”.
Par ailleurs, à lire dans le Télérama de cette semaine, un entretien avec Susann Sontag (non publié sur le site, 1 euro 60 en kiosque) :
Nous les intellectuels sommes là pour représenter une opinion marginale qui n’a aucun pouvoir. En ce moment, je n’écris que sur la guerre. Je m’endors en pensant à la guerre, je suis hantée par la guerre. Je sais ce que c’est, et ça me coupe la vie comme la mort d’un de mes proches. Je suis stoppée par la guerre et j’ai envie d’exprimer ce que je pense. D’abord parce qu’on me demande de la faire. (…) Je n’ai pas vraiment l’espoir que cela changera quoi que ce soit, mais je veux simplement dire et affirmer que d’autres voix existent. Je n’ai pas foi dans le bon sens des peuples et je crois que, si les Français avaient été soumis au même bourrage de crâne, ils seraient dans le même état que les Américains. Le monde de Fox News, c’est exactement ce qu’il y a dans la tête des gens aux États-Unis. La semaine dernière, j’ai pris l’avion pour aller de Chicago à New York, le steward a annoncé l’atterrissage et, juste après, il a ajouté “God bless America”. C’était la première fois que j’entendais ça dans un avion. Ce qui est inquiétant, c’est que ça peut devenir aussi mécanique que “Heil Hitler”, à une nuance près, mais une nuance de fond : tout le monde considère que “Heil Hitler” est un slogan ignoble parce qu’il fait allégeance à un dictateur, mais qui peut s’opposer à “Dieu bénisse l’Amérique” ?
(…) Dieu est avec les Américains. Très peu de gens aux États-Unis savent que le pape est contre la guerre. C’est une idée de la religion complètement fabriquée à l’américaine, et le peuple est convaincu que son pays est le champion du monde de la moralité.
(…) Mais, vous savez, les Américains n’aiment pas tellement l’histoire, notre culture est fondée sur l’amnésie. Ils n’imaginent pas que, pour comprendre, il faille connaître l’histoire. Pour moi, c’est le principe numéro un, la généalogie d’un événement.
(…) Je crois que le gouvernement américain est aux mains de fanatiques, au sens politique et au sens moral du terme.
— 0 commentaire.
Laurent is 73 % gay. Careful! You’re not a gay cliché yet, but are well on your way. Bet all the girlie girls just adore you!
Channel 4’s Gay-O-Meter [via l’Américaine déprimée].
Bon, je fais quoi avec mes 27 % straight ?
— 2 commentaires.
So what’s the Web really, and why do we see there two antithetic groups, gurus of strictness and semantic web opposed to people accepting presentation-oriented markup?
[Daniel Glazman]
Pour moi, ma religion est déjà faite.
— 4 commentaires.
Alec Baldwin, Ani DiFranco, Barbra Streisand, Cher, Chrissie Hynde, Danny Glover, Dave Matthews, David Clennon, Dixie Chicks, Dustin Hoffman, Ed Asner, Ed Harris, Edward Norton, Eric Roberts, George Carlin, George Clooney, Gore Vidal, Harry Belafonte, Jane Fonda, Janeane Garofalo, Jennifer Aniston, Jessica Lange, Joy Behar, Julia Roberts, Larry Hagman, Madonna, Martin Scorsese, Martin Sheen, Michael Moore, Mike Farrell, Oliver Stone, Pearl Jam, Richard Gere, Robert Altman, Robin Williams, Sandra Bernhard, Sandy Duncan, Sean Penn, Spike Lee, Susan Sarandon, Tim Robbins, Viggo Mortensen, Whoopi Goldberg, Woody Harrelson. [Celiberal - Celebrity Liberal Blacklist, via Glazblog]
Autant de personnalités engagées, autant de raisons d’aimer l’Amérique.
— 0 commentaire.
Un Américain à Paris, c’est souvent navrant. Je ne dis pas navrant pour le préjudice esthétique porté à nos rues et nos avenues par ces hordes barbares d’obèses bruyants et mal attifés, un préjudice que nul doute nous aurons moins à souffrir cet été. Je dis navrant pour le choc culturel produit entre ces foules incultes et amnésiques et notre vieille Europe. Je crois avoir découvert l’un des plus brillants exemples de ces Américains qui devraient définitivement rester chez eux, au milieu d’un monde standardisé qui ne bousculera par leurs repères : Lawrence Hosken.
À cet égard, mon plus pénible et récent souvenir fut de voir chez Ladurée, rue Royale, des Américains commander des frites (freedom fries?), du ketchup et du Coca. Misère. Le pire, c’est qu’ils furent servis, et avec le sourire en plus.
Je dédie tout particulièrement ce billet d’humeur à MIF.
P.S. Bien sûr, prendre ce billet avec le second degré qui s’impose. Tous les Américains ne sont pas idiots, égocentriques et obèses. Ils n’ont pas forcément ces trois caractéristiques à la fois.
— 5 commentaires.
“Cette action n’aurait pas été unilatérale si la France s’était unie à nous.”
Richard Perle, Mots Croisés, France 2, lundi 14 avril. [Noté dans Télérama].
— 3 commentaires.
…et cela ne lui ressemble pas. Il parait que j’écris des conneries (heureusement, je ne suis pas tout seul).
J’ai toutefois l’impression d’assister à un dialogue de sourds.
Dialogue de sourds quand j’écris : “De toutes façons, les recommandations ne valent rien sans les outils qui vont avec. Sans des éditeurs accessibles, à destination du grand public, et peut-être même wysiwyg (!), l’application des standards du Web n’est que l’affaire d’une élite de geeks.” et que l’on me répond “En fait, le discours de Daniel et du tien, est plus qu’élistite, car il propose une obligation de taper le code à la main. Donc je confirme vous avez un discours élitiste, il ne faut pas se tromper.” [& aussi cf. Éditeurs HTML].
Ou j’ai vraiment des difficultés avec ma langue pour exprimer mes idées, ou l’on me lit trop rapidement, ou encore, on me fait des procès d’intentions.
Je n’ai peut-être pas toutes les cartes en mains, mais je me positionne très clairement en tant qu’utilisateur, en tant que responsable d’un département Internet au sein d’une agence de communication qui produit des sites Webs pour des entreprises. Bref, en tant que premier concerné par les évolutions de ce qui est le coeur de mon métier depuis 1995.
L’orientation actuellement prise est : “If something is described as “typographic” or “typographical”, it is likely to be presentational, rather than semantic or structural.” Je pense que cela est discutable (aka “digne d’être discuté”) et mon sentiment sur le sujet est que c’est une confusion ’style vs. typographie’ et qu’une distinction devraient être apportée. Pour reprendre la phrase habituelle de Karl : j’y reviendrai.
Billets liés : catégorie web standards.
P.S. Je n’ai pas le même dictionnaire. Tolérance = respect de la liberté d’autrui, de ses manières de penser et d’agir.
On ne lynche pas forcément (sauf bien sûr lorsqu’on dit “Standards are bullshit. XHTML is a crock. The W3C is irrelevant.”) quand on exprime des réserves par rapport à des orientations prises dans un document de travail. Les futurs utilisateurs ne sont pas forcément des experts issus d’un distingué aréopage du “sémantiquement correct” mais leur expérience utilisateur leur permet d’évaluer les conséquences sur leur travail de certaines orientations.
En tant que modeste utilisateur, j’essaie de comprendre et je me rends compte que je ne comprends pas grand chose. Par exemple, quelle est la vocation de XHTML 2.0 ? Quel avenir pour HTML 4.01 ? Plus je lis sur le sujet, plus ma confusion est totale.
— 3 commentaires.
Ce qu’il y a de bien avec la discussion, c’est qu’à son gré, on a la possibilité d’affiner sa pensée et même de l’approfondir.
Ma pensée est donc la suivante : dans la séparation entre le sémantique (l’essentiel, le texte et le XHTML) et la mise en page (le secondaire, l’optionnel, la décoration…, les CSS), l’usage typographique (qui fait partie de la langue écrite) n’a pas de place. J’attends d’un balisage avec dichotomie sémantique/présentation qu’il me permette néanmoins de composer un texte conforme aux règles et usages de la typographie sans recours à des feuilles de styles externes car, à mon sens, l’application des règles typographiques est intrinsèque à la représentation écrite d’un texte et ne peut être réduite à de la simple décoration. Après, on peut gloser et développer, mais l’essentiel de ma pensée est là. Je souhaiterai pouvoir avoir un texte nu, sans aucun enrichissement graphique, qui soit néanmoins typographiquement correct, avec par exemple les italiques là où les règles l’exigent.
P.S. Y a-t-il quelqu’un qui me comprenne ? Ou bien ais-je un grave problème d’expression ?
P.S. De toutes façons, je ne suis qu’un vieux con, conservateur et passéiste, qui s’attache à des choses antiques comme la typographie dont tout le monde visiblement se contrefiche.
— 9 commentaires.
J’inaugure ma nouvelle catégorie Typographie (un dada à moi) par cette belle citation de Bernard Lebleu dans l’Encyclopédie de l’Agora.
L’avènement d’Internet signale l’atteinte d’un seuil critique dans la dissolution d’un certain savoir typographique. L’écran s’installe dans toute sa lumineuse médiocrité entre le texte et nous, pixel par pixel. L’informatique nous convie à tolérer, technique oblige, les modèles amputés du savoir qu’elle nous propose, alors qu’en réalité elle nous impose, faute de résistance, sa vision tronquée d’un monde complexe qu’elle ne saura jamais parfaitement traduire en mode binaire. Les responsables des modules typographiques chez Microsoft ne se soucient guère que les utilisateurs de Windows écrivant en français utilisent des chevrons comme guillemets. Qu’importe : les chevrons français disparaîtront de l’usage courant. Puis un jour, l’italique de Manuce sera devenu un romain penché.
Il nous faut, à l’ère de la typographie numérique et de la migration des modes de lecture vers de nouveaux supports, rappeler à notre souvenir les origines et l’histoire de cet art ancien. Pour ne pas céder à la facilité d’oublier et pour exiger de la technique qu’elle restitue pour notre usage ce que la typographie a mis des siècles à parfaire. Pour ne pas oublier qu’un jour un graveur de poinçons italien, épris de la beauté du dessin d’une écriture, s’attacha à reproduire sur des matrices de métal la danse de la main sur la feuille par laquelle les mots parviennent encore à nous, remplis de vie, remplis de sens.
— 5 commentaires.
<p>Le roman Pierre et Jean de Maupassant</p>
.titre_livre {
/* En accord avec les règles anciennes de la typographie française,
les titres de livres sont toujours en italique. Non négociable. */
font-style: italic; }
<p>Le roman <span class="titre_livre">Pierre et Jean</class> de Maupassant</p>
<p>Le roman <i>Pierre et Jean</i> de Maupassant</p>
Quel est pour vous le balisage qui vous semble le plus correct et le plus porteur de sens (et ce, sans parler d’élégance) ?
Je précise qu’en français, et dans d’autres langues romanes, l’italique a une valeur de disjonction. Ainsi, dans l’exemple donné, il permet de comprendre : le roman Pierre et Jean de Maupassant, plutôt que le roman Pierre et Jean de Maupassant (en réalité, Guy de Maupassant…). Indication disjonctive qui disparaît avec l’emploi du SPAN dont le rendu est optionnel.
L’italique aide à la compréhension du texte, on peut dire qu’il a une valeur en partie sémantique. Ce n’est pas simplement une mise en forme qui relèverait de la décoration, de l’ornementation. Et il faut savoir que l’aide à la compréhension du texte est à l’origine de la grande majorité des règles typographiques, et que c’est en partie pour cela qu’il faut les défendre.
P.S. Et qu’on arrête de me parler des traducteurs en braille, des synthétiseurs de voix et d’accessibilité en général : ces appareils sont tout à fait capables d’ignorer une balise qui n’a pas de sens dans leurs univers, ou mieux, ils doivent être capables de la traduire par approximation. Ainsi en français, l’approximation de l’italique sera sans doute souvent le guillemetage, mais pas l’emphase anglo-saxonne (illustrée par la balise sémantico-anglo-centrique EM).
Dans mon exemple, l’italique pourrait aider le synthétiseur de voix française à marquer les pauses nécessaires à la bonne compréhension orale : “le roman [courte pose] Pierre et Jean [courte pose] de Maupassant” plutôt que le “le roman Pierre et Jean de Maupassant” qui peut induire en erreur.
Et toujours avec mon exemple, le lecteur braille peut transformer (pour la langue française) l’italique en guillemets ouvrants (:.) et fermants (.:). Ou encore ignorer, au prix d’une petite perte de lisibilité et donc de sens.
Quant aux contraintes internationales, elles méritent de s’y arrêter. Mais je ne connais pas assez les langues non romanes (arabe, chinois, etc.) pour pouvoir en discuter. Chaque langue a ses usages typographiques, les usages anglais sont très différents des français par exemple. Ces usages font partie intégrante de la langue écrite. Alors, bien sûr on peut écrire “nénufar” pour nénuphar (en oral, aucune différence), on peut oublier les italiques, les capitales accentuées, les césures, les chiffres romains, les espaces insécables, les abréviations correctes, le point-virgule, le trait d’union, etc. mais où cela nous mène-t-il ? À un appauvrissement. Et c’est triste.
Et je persiste à penser que “Le roman Pierre et Jean de Maupassant” est plus porteur de sens que “Le roman Pierre et Jean de Maupassant”.
— 12 commentaires.
[Statistiques Ven 3 Mai 2002 => Dim 27 Avr 2003]
8544 visiteurs uniques. 11504 visites. 24343 pages vues.
| Internet Explorer 6 | 40.4 % |
| Netscape Navigator 6 | 37.7 % |
| Internet Explorer 5.5 | 10.8 % |
| Internet Explorer 5 | 9.1 % |
| Opera | 0.8 % |
| Konqueror | 0.4 % |
| Netscape Navigator 4.X | 0.4 % |
| Internet Explorer 4 | 0.2 % |
Pas sûr d’être très représentatif…
— 4 commentaires.
Juste histoire d’être le premier.
— 2 commentaires.
Grâce aux forces d’occupation de libération américaines à Bagdad, le peuple irakien découvre la démocratie, la liberté et les droits de l’homme.
Ces forces amènent la paix et la sécurité à une population qui en avait vraiment bien besoin. Contrairement à ce que la presse gauchiste peut écrire, les Américains assurent le maintien de l’ordre en Irak et luttent contre le vol, ce mal endémique aux populations arabes. On a pu ainsi découvrir la nouvelle technique de police urbaine appliquée par les forces d’occupation de libération américaines à Bagdad, technique qui brille vraiment par son originalité.
Maintenant, tout homme suspecté de vol (aucune preuve n’est nécessaire) est prié, sous l’insistante menace d’armes, de se mettre tout nu sur le champ. On lui écrira ensuite sur le torse quelques mots en arabe “Ali Baba - Voleur”, et puis on le promènera un peu dans les alentours. Enfin, on l’invitera à déguerpir au plus vite, dans ce très simple appareil, en le menaçant probablement d’exécution sommaire.
Le monde arabe va sans doute être très impressionné par ce modèle de justice et de respect des droits de l’homme, importé tout droit du far-west américain, tout droit de ce grand pays qui est le phare mondial de la démocratie et de l’humanisme moderne.
Histoire révélée, photos à l’appui, par le journal norvégien Dagbladet. Information reprise hier par le Daily Mirror.

— 1 seul commentaire.
Depuis la disparition de Hergé en 1983, l’héritage artistique du dessinateur est la victime de batailles et scandales à n’en plus finir, attisés par les énormes enjeux financiers qui attirent bien des vautours. Une bien triste saga qui porte à atteinte à l’image de Tintin.
L’affairiste Nick Rodwell, seul maître à bord de l’empire Moulinsart SA, après avoir écarté ses concurrents et épousé Fanny, la veuve de Hergé, a décidé de gérer Tintin avec des méthodes américaines, comme Walt Disney gère Mickey, et si possible en pire. Tintin en est réduit à une juteuse pompe à fric, écrasant sur son passage ses plus fidèles amateurs, les “tintinologues”.
Le tintinologue par excellence sur le Web, c’est le québécois Nicolas Sabourin qui depuis 1995 édite le site de référence en français sur le sujet : À la découverte de Tintin.
Devant les exigences pressantes de Moulinsart SA, Nicolas Sabourin a pris la décision de fermer son site web. Dommage que Moulinsart SA ne comprenne pas que ce genre de site de qualité participe à la passion pour Tintin et fasse vendre des albums, dommage que Moulinsart SA trouve ici encore une occasion de ternir l’image du petit reporter belge.
Et Nicolas Sabourin n’est pas le seul Québécois à avoir des problèmes : il y aussi le restaurant belge le Petit Moulinsart (139, rue Saint-Paul Ouest ) à Montréal…
Article Le Devoir : La Fondation Hergé sonne le glas d’un site québécois.
[via Les Autres, Tintin™ is © Moulinsart ! ]
— 1 seul commentaire.
“embruns”, journal de bord | fins produits hypertextuels depuis 1996 | valid. | © 2010 laurent gloaguen.