journal de bord | juillet 2003

Petite idée [mardi 1 juillet 2003]

Une petite idée pour Marc-Olivier de Weblogues.com : si cela était facile à programmer, ce serait bien de publier une courbe de fréquence de publication de la franco-blogosphère, c.à.d. x = temps en jours, y = nombre de billets publiés par jour. Nous pourrions ainsi avoir le “pouls” de la blogosphère, avoir une traduction chiffrée des périodes où on a l’impression que la blogosphère roupille, découvrir si il y a plus de blogueurs aoûtiens que juilletistes, etc…

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Folie québécoise [mardi 1 juillet 2003]

Le premier juillet, les Québécois sont pris de folie, non pas en raison de la fête du Canada, ni même de l’arrivée des congés d’été… mais pour un étrange remue-ménage annuel.

C’est chaque année la même chose, la nation québécoise plonge dans la plus profonde irrationalité, dans une sorte de rite païen insensé et collectif. Les municipalités se doivent d’ouvrir des centres d’hébergement d’urgence, les hôpitaux d’offrir des soutiens psychologiques, afin d’assister les laissés pour compte de cette manifestation frénétique et trépidante.

Vous avez déjà donné un coup de pied dans une fourmilière ? C’est un peu l’image de frénésie absurde que la Province donne en ce premier jour de juillet. C’est un peu comme si, chaque année, les Québécois voulaient manifester leur esprit de mobilité, la précarité de leur condition, en se livrant à un gigantesque et aberrant jeu de chaises musicales. Cette manifestation sociologique de masse laisse tout observateur extérieur dans la plus grande perplexité.

Mais de quoi s’agit-il ? Du grand déménagement bien sûr : ce 1er juillet, une fois encore, des milliers de québécois choisissent le même jour pour déménager. (Mais le phénomène se tasse un peu ces derniers temps du fait de la crise du logement).

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Émoi létal [mardi 1 juillet 2003]

Non, l’épectase, ce n’est vraiment pas drôle.

On se souviendra du Président de la République Félix Faure qui trouva la mort à l’Élysée, le 6 février 1899, terrassé par une attaque dans les bras d’une femme galante, et du célèbre quiproquo entre le chef du protocole et le médecin accouru au chevet du Président :
- Le Président a-t-il toujours sa connaissance ?
- Non, non… Dieu merci ! J’ai pu la faire sortir par l’escalier de service.”

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Jeune et con [mardi 1 juillet 2003]

Jeune et con, ça rime presque toujours. Je le sais bien, puisque je le fus.

La jeunesse, c’est souvent un beau gâchis. On a son avis sur tout, on déborde d’ambitions, ou tout du moins de folles espérances, on brûle la chandelle par les deux bouts, inconsciemment persuadé de son immortalité (car la mortalité est un concept tout théorique dont on est incapable de mesurer véritablement l’ampleur à cet âge).

Que ce soit ma fréquentation de certains blogues, ou de stagiaires dans mon cadre professionnel, j’aboutis souvent à la même constatation : on fait généralement un bien mauvais usage de ses jeunes années. Le propre du “jeune” est une profonde cécité pour l’essentiel.

Si, à mon âge, on porte un regard rétrospectif teinté de nostalgie sur sa propre jeunesse, il ne faut pas se méprendre : ce n’est pas une période facile à passer.

Et franchement, je n’aimerai pas croiser un moi-même à l’âge de vingt ans, j’aurai sans doute une irrépressible envie de lui donner des claques bien senties.

La jeunesse, ce n’est qu’un mauvais moment à passer finalement, une période d’expérimentations rarement heureuse. Puis, les années passent, et arrive l’inévitable parabole biblique “Qu’as-tu fais de ton talent ?”. Pour ma part, j’en ai déjà fait bon usage, mais mon regard acerbe me fait toujours dire “peut mieux faire”.

Signé : vieux con.

P.S. Talent : unité monétaire de l’antiquité.

P.S. bis. Allez les jeunots, assassinez-moi dans les commentaires…

P.S ter. Courage les jeunes, ce n’est qu’un mauvais moment à passer… Tenez-bon !

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Bière et blogue [mardi 1 juillet 2003]

Bon, quand je lis ça, je me dis qu’il faut réagir !

Si on se disait que chaque mois, les blogueurs se réuniraient de façon informelle dans un bar dans le centre de Paris… Il n’y a pas de raison que les YUL bloggers ait le monopole de ce genre de réjouissance.

Alors, les Paris blogueurs, ça vous tente ? Si il y a au moins deux autres prêts à tenter l’expérience, je vous fixe une date et un lieu.

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School bus [mercredi 2 juillet 2003]

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Les Américains (troupes d’occupation) n’ont pas le sens de l’humour. [via 404 Brain Not Found].

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Lapin de passage à la Cabane [mercredi 2 juillet 2003]

Bon, j’ai missionné mon lapin pour aller à la Cabane faire la bise de ma part à Martine, Dolores et Karl, et les autres, s’ils sont là.

Il faut savoir que mon lapinou est très timide et arrivera donc les oreilles basses… Prenez-en soin. Avec un peu de chance, vous obtiendrez quelque révélation croustillante sur moi…

P.S. Bon, il semblerait que Martine soit partie à San Francisco… Pas de chance…

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Armada [jeudi 3 juillet 2003]

En déplacement à Rouen.

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L’assassinat du Préfet [samedi 5 juillet 2003]

Aujourd’hui, à l’occasion de l’arrestation d’Yvan Colonna et du procès à Paris, on reparle beaucoup de l’assassinat du préfet Claude Érignac le 6 février 1998. Bizarrement, cet assassinat à une résonance tout à fait personnelle et lorsque j’entends que que cet événement a déjà cinq ans, c’est pour moi un autre événement qui a déjà plus de cinq ans.

Le 6 février 1998, en début de soirée, j’apprenais à la télévision l’assassinat qui avait eu lieu à 21 h 05, heure française. Car ce jour là, j’étais rue Saint-Hubert, chez Charles et Denis, à Montréal. C’était mon premier voyage au Québec, un voyage qui devait sceller mon destin pour les cinq années à venir et, qui sait, ma vie entière.

Ainsi, parfois, les dates que l’histoire retient se mêlent à votre intime. Et les commémorations officielles résonnent d’une façon toute particulière.

P.S. privé : je fais des paragraphes puisque une petite voix m’a transmis quelque observation… ;-)

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Lapin charmé [samedi 5 juillet 2003]

Mon lapin est visiblement tombé sous le charme de la rouquine. Je lui ai demandé à quoi elle ressemblait, il m’a répondu : grande, rousse et québécoise. J’étais bien avancé… Que des éléments déjà en ma possession.

Mais dire de quelqu’un que c’est une vraie Québécoise, cela prend tout un sens, à moins de ne pas connaître cette espèce unique. La Québécoise, c’est une femme forte, indépendante, à qui il ne faut pas en conter. La Québécoise, c’est une post-féministe, elle n’a plus rien à prouver, et si au Québec, il y a quelque sexe à protéger, c’est sans doute celui que nous disons fort icitte, et qui en est encore tout déboussolé là-bas. Dans la Belle Province, le sexe fort, le “premier sexe”, à n’en pas douter, c’est la femme. Et les quelques hommes qui ont abandonné toute trace de machisme, et qui acceptent de baisser les armes sous l’emprise de l’autre sexe, s’en trouvent finalement assez bien dans ces quelques arpents de terre maternante et autoritaire.

Mais bon, je m’égare, et la Québécoise mériterait un ouvrage entier tant le sujet est riche. C’est un archétype qui ne se laisse pas circonscrire en quelques lignes, même si je peux vous dire : une Québécoise, c’est quelque chose.

Enfin, revenons à la Rousse avec un grand R, pour dire que mon lapin est tombé en admiration. Et qu’il s’est senti un peu petit dans la Cabane (il est inutilement modeste et timide, il brille pourtant pour son intelligence, sa morale et ses qualités humaines) au milieu de tout cet aréopage intellectuel, qui réunit amateurs de mots et férus de technologies. Et si la blogosphère tenait un peu des salons d’antan ?

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Lapin à bord [samedi 5 juillet 2003]

Pour Karl, “D’ailleurs, je me demandais comment faisait Laurent quand il était à bord d’un bateau, car on sait bien que tout marin ne parlera jamais du cousin du lièvre à bord du frêle esquif… donc ?” : donc, je ne prête que peu de crédit aux superstitions même si je m’interdis de parler à bord du grandes-oreilles, autant pour ne pas blesser quelque sensibilité que pour ne pas paraître comme un éléphant. De la même façon que je bannis la corde (sauf pour piquer la cloche), le brouillard, la boussole, la rame, le drapeau, l’escalier, le jet de l’ancre, etc. (Il faudra que j’inaugure une catégorie “vocabulaire maritime”, l’un des rares où je pourrais faire concurrence à la Grande Rousse).

Toutes mes félicitations pour avoir remarqué que mon blogue était le premier navire où il y avait autant de lapin…

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Pierre dans le jardin [samedi 5 juillet 2003]

Quelques sites francophones sont devenus par la nature des liens qu’ils rapportent des chantres de l’actualité de la carnetosphère. Ainsi les mediatic, mouche, certains billets de Laurent, et d’autres assez nombreux postent régulièrement à propos des hoquets de cette micro-communauté, ne parle plus que de cette communauté et finit par avoir des frictions hautement ridicules.

J’ai cité ces trois sites uniquement parce-que j’aime ou j’aimais plutôt le contenu de leur site et qu’ils me feront grâce de cette remarque bien innocente. Mais les entrées de carnets sur les carnets, comme celles-ci d’ailleurs, m’ennuient profondément. J’ai l’impression de croiser des situations ubuesques sans intérêts. J’en suis même pour certains à me demander si je ne vais pas les enlever de la liste de mes fils RSS.

Parlez-nous d’autres choses que de la sphère elle-même, faite pêter la bulle, donnez de l’air, ouvrez le monde aux autres, ne le laissez pas pourrir.

[ Karl, qui ne souffre pas de susciter quelque inimitié dans la carnétosphère… ;-) ]

P.S. Carnétosphère, pensez à le rajouter au lexicoblogue [dis donc la Rousse, on attends avec impatience ton lexique engagé et passionné…).

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Fleurs de la mémoire [samedi 5 juillet 2003]

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Photo Reuters.

Les fleurs de la mémoire, c’est une association de bénévoles soucieux de fleurir les tombes des soldats enterrés dans les cimetières militaires américains de Colleville-sur-Mer et de Saint-James en Normandie.

“La paix est un bien des plus précieux. Elle a un prix. Celui de l’effort, toujours; celui du sang, parfois hélas et, beaucoup trop souvent celui du don de la vie.
Cette paix que nous connaissons en Normandie et en France, nous a été redonnée, en 1944, au prix de combats et de pertes terribles par les troupes alliées.

Au cimetière militaire Américain de Colleville sur Mer, 10.944 tombes et disparus et au cimetière de Saint-James 4.908 tombes et disparus nous rappellent le sacrifice suprême de ces valeureux soldats morts pour nous libérer du joug nazi.
Aujourd’hui, goûtant chaque jour le bonheur d’être libres, nous pouvons, sans le vouloir, oublier ceux qui dorment à jamais sur notre sol. D’autant que deux générations n’ont pas connu - et c’est heureux - les horreurs de la guerre.”

Billet en pensée à un grand malade qui s’est ridiculisé dans la blogosphère.

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Quétaine [samedi 5 juillet 2003]

Parfois quétaine, et j’assume. Barry White nous a quittés. Snif…

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Souvenirs d’Armada [samedi 5 juillet 2003]

Retour sur quelques impressions laissées par l’Armada.

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En premier lieu, cette manifestation est victime de son succès populaire. Trop de monde, difficultés d’accès aux bateaux, fatigue des équipages, mauvaise répartition des navires entre les deux quais, commerçants aux tarifs prohibitifs (surtout pour les marins de pays à faible pouvoir d’achat) : la bière 25 cl à 3 euros et plus !

Malgré cela, c’est une occasion unique, non seulement de monter à bord de navires mythiques, mais surtout de rencontrer des marins du monde entier et de découvrir des savoir-faire maritimes. Et si le béotien ne verra qu’impressionnante forêt de mâts et de cordes, l’amateur éclairé sera retenu par mille et un détails qui révèlent une histoire commune et l’expression du génie pratique du marin.

Si je connaissais déjà la plupart des bateaux présents, à force de fréquentation des grands rassemblements, ce fut l’occasion soit de les revoir avec plaisir, soit d’approfondir mes connaissances.

Honneur au roi de la fête, plébiscité par le grand public, le Cuauhtémoc, grand trois-mâts barque (90,5 m ht) de la Marine mexicaine, construit en Espagne en 1982 (chantier Celaya à Bilbao), por la exaltación del espíritu marinero. La gentillesse et la chaleur de l’accueil de ses marins sont bien connues. La barque est merveilleusement tenue et il y a au moins 6 charpentiers à bord pour entretenir les vernis parfaits et les jolies chaloupes. Les manoeuvres sont rangées au millimètre près. Débauche de cuivre partout, mais avec un équipage de 275 hommes, on n’a pas peur du fourbissage, et même les cabillots sont en bronze. À bord trône fièrement la théière de Boston qui récompense des performances nautiques lors d’une transatlantique, 1342 milles en 124 heures (moy. 10.83 noeuds) en juin 2002 (2e meilleur temps de l’histoire). J’ai noté son grand coffre protégé de hauts pavois et les haubans en acier inox aux amarrages plats à bridures parfaitement exécutés, les retours de bras de mât de misaine sur des poulies à l’intérieur de la muraille (poulies à estrope d’acier de taille modeste et bras de faible section qui laissent présager un brassage assez facile et qui pourraient faire douter des capacités à résister par gros temps), les beaux filoirs d’écoutes de focs en bronze sur le gaillard. Bref, une bien jolie barque, qui, même moderne, donne bien envie d’embarquer.

L’autre beau militaire de la flotte de l’Armada, c’est bien sûr le portugais Sagres II, trois-mâts barque construit en 1937 par Blohm & Voss à Hambourg, maintenant vaisseau amiral d’une très grande nation maritime. (On connaît bien aussi son sister-ship le Horst Wessel devenu sous pavillon américain le Eagle). Le détail amusant à bord, c’est les trois boîtes en laiton qui sont au pied de l’indicateur de barre, devant l’appareil à gouverner. Chacune porte une inscription : Binóculos do comandante, Binóculos do oficial de quarto, Binóculos do navegador. Chacun ses jumelles, toute une hiérarchie… Un beau bateau qui comme le Cuauthemoc fait dans la débauche de cuivres. Il faut bien occuper les militaires…

La palme de l’exotisme revenait sans conteste au Dewaruci, trois-mâts goélette de la marine indonésienne, qui lui aussi s’est distingué par l’extrême gentillesse et le grand sourire de son équipage. Chacun des mâts est dédié à l’une des grandes îles de l’Archipel (de 17000 îles !) et est orné, comme la timonerie, de riches boiseries sculptées. Dewaruci, c’est le nom d’un seigneur et protecteur des océans. L’oeil averti aura remarqué l’échappement des gaz moteurs tout à fait atypique… En tant qu’ambassadeur de son pays, l’équipage aura sans doute donné envie à beaucoup de découvrir l’Indonésie. Seule contrainte à bord, pas de porc ni d’alcool, majorité musulmane oblige.

Mon gros coup de coeur, le bateau où je me suis senti bien tout de suite, c’est le Sørlandet, trois-mâts carré norvégien de 1928 (35,80 m ht). Vous allez peut-être rire, mais ma première perception d’un bateau, c’est son odeur (alors imaginez comment le marconi-plastique peut me décevoir…), et en voilà un qui m’a tout de suite subjugué par ses effluves de bois, de brai et de bitord. Le Sørlandet est admirablement préservé et semble “dans son jus” : il fait authentique, vrai et marin. Mille et un détails en font un bateau qui parle, qui porte les marques de son histoire. Le petit coin de bois pour bloquer un sabord de décharge, les doubles surliures, les cabillots de bois verni, les barres de cabestan, les ancres saisies sur le gaillard, j’aurais pu rester des heures à détailler tout cela, mais hélas, le temps m’était compté. J’espère bien que ce n’est pas la dernière fois que je monte à bord… En quittant, c’est le seul bateau dont j’ai demandé un coup de timbre sur mon carnet. Et je me suis souvenu aussi que Daniel à fait un stage mémorable à bord du Sørlandet en 1981.

J’ai admiré la Marité, goélette de Fécamp de 1923 sauvée par des Suédois passionnés, qui reviendra peut-être en France, avec Rouen comme port d’attache. Je n’ai malheureusement pas pu le visiter.

J’ai constaté les dégâts sur l’artimon de la brestoise Recouvrance, qui a fait une entrée fracassante à l’Armada en tutoyant la Marité. Mais je ne pense pas qu’elle gagne pour autant le prix décerné pour l’arrivée la plus mémorable…

L’épuisé brigantin russe Avos a suscité un gros mouvement de sympathie malgré sa très petite taille. On a toutefois peine à croire que des hommes et femmes confient leur vie à cette quasi-épave… Dans un élan de solidarité, le Belem et son chef Jean-Yves Bourgeois lui ont fourni l’électricité. Souhaitons-lui bon retour à Saint-Petersbourg…

Je suis aussi monté à bord du Renard, côtre corsaire de Saint-Malo, et j’ai bénéficié du charmant accueil de l’équipage de l’Iris, bateau de pêche hollandais construit en 1916 reconverti en bateau de croisière (mais où l’on regrette les gros winchs modernes).

J’ai vu aussi le polonais Dar Mlodziezy (Don de la jeunesse), trois-mâts carré de 108,8 m ht, construit en 1981 aux chantiers navals de Gdansk et qui a donné suite à toute une classe (les ukrainiens Druzhba et Kershones, le russe de Saint-Petersbourg Mir, les russes de Vladivostok Pallada et Nadesha). Son sister-ship russe Mir (La Paix, 1988) était également présent à l’Armada. Honnêtement, je n’aime pas beaucoup ces bateaux de conception trop moderne, avec leurs poulies en inox et leurs manoeuvres de toutes les couleurs (rouges pour certaines du Dar Mlodziezy), leurs gréements sans vergues volantes, les mâts d’une seule pièce, les très laids arrières à tableau droit percés de larges ouvertures, même si les performances sont au rendez-vous, ainsi le Mir qui peut remonter à 30° du vent et atteindre 19 noeuds. On notera également le goût des polonais à laisser les voiles en festons… J’ai rapidement passé l’autre polonais, le brick Iskra (49 m).

Les gracieuses goélettes Belle-Poule et Étoile étaient à couple comme à leur habitude. La furtive La Fayette m’a laissé de marbre ainsi que la plupart des bateaux gris. Si ces navires de guerre ont un intérêt technologique, ils laissent peu place au romantisme.

J’ai oublié le Stratsraad Lehmkuhl (trois-mâts barque, Norvège), le Christian Radich (trois-mâts carré, Norvège), le baroque Phoenix (brick-goélette, Grande-Bretagne), le Mare Frisum (goélette à trois mâts, Pays-Bas), le Earl of Pembroke (trois-mâts barque, Grande-Bretagne), le Grand Turk (copie d’une frégate anglaise de la fin du XVIIIe s.), le Kastelot (trois-mâts barque, Grande-Bretagne), l’Oosterschelde (trois-mâts goélette, Pays-Bas), et bien d’autres…

Et bien sûr le Belem, avec une file d’attente à l’échelle de son succès, où j’ai eu le plaisir de voir Patrick, Pépé, José, Jean-Yves, Andrew et Éric. Andrew qui s’est distingué par sa participation et son arrivée dans les cinquante premiers de la course des équipages, malgré une soirée bien arrosée la veille au poste avant.

De nouveaux panneaux explicatifs et pédagogiques accompagnent la visite du Belem. On restera plus circonspect à propos de l’autocollant Belem/Caisse d’Épargne distribué à la sortie que l’on pourra, par euphémisme, qualifier de peu réussi… La boutique Belem diffuse toujours les produits siglés Odyssée Atlantique, qui commencent à dater un peu et ils ont retrouvé un vieux stock d’opuscules écrits par le commandant Cornil.

Un dernier mot pour dire que Rouen mérite la visite, même sans Armada, avec ses anciennes maisons à pans de bois, ses petites rues pittoresques et ses quelques belles maisons d’armateur du XVIIIe s. comme on en voit à Nantes ou à Bordeaux. Une richesse architecturale qui s’exprime dès le bâtiment de la gare Rouen Rive Droite (1912-1928), belle manifestation de l’usage du béton armé dans les années 20 et à l’amusant campanile.

P.S. Les à-côtés de l’Armada : Comme Anne-Laure “venue admirer les bateaux et repartie avec un marin”, des dizaines de jeunes filles tombent dans les filets d’hommes mariés à la mer. Article de Paris-Normandie.

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Une grosse caisse bleue [samedi 5 juillet 2003]

J’ai à la maison une grosse caisse bleue, du genre bac navette gerbable en polypropylène pour les spécialistes de la logistique. Une boîte qui contient des vieux papiers, souvenirs de ma jeunesse, des vieux papiers du genre dont on a la difficulté à se séparer, mais que l’on ne va jamais consulter. Je n’avais même plus une idée précise du contenu ce cette caisse, mais, ce soir, je l’ai rouverte.

Je me suis donc livré à une sorte d’archéologie personnelle. Comme à la découverte d’un blogue mystérieux datant de l’époque où Internet n’existait même pas. Avec des papiers déjà jaunis aux textes que je ne me souviens même pas d’avoir écris… Avec parfois l’impression que ce sont les écrits d’un autre… Des écrits dans lesquels je ne me retrouve pas.

Alors, pour me débarrasser définitivement de cette caisse, pourquoi ne pas en confier la substantifique moelle à mon blogue ? Un nouvel usage non encore répertorié dans l’usage de la blogosphère. J’inaugure donc ainsi ma rubrique “caisse bleue” tout en sachant bien que soudain, cela va donner une tournure bien plus intime et personnelle à mon navire. Alors, je vous autorise à sauter tous les billets à venir de la catégorie “caisse bleue”.

Premier document, impression sur papier à bandes caroll avec imprimante matricielle, circa mes 20 ans (?), ce qui ressemble à un début de roman entre Sagan et Modiano, mais bien imprégné de faits réels car l’action se situe très clairement avenue Montaigne, au bar des Théâtres :

Le bar était plein à cette heure-là. Une foule mouvante et excitée occupait le moindre recoin. C’était soir de gala en face. J’ai difficilement réussi à me faire une place au comptoir. Coincé entre un pilier et une femme qui riait trop fort, j’ai longuement jeté des regards désespérés au barman affairé afin d’attirer son attention. Il s’est enfin penché vers moi, sans me regarder. J’ai murmuré ma commande. Cinq minutes plus tard, mon cognac était là, lui aussi coincé, entre des express et des demis. L’endroit n’avait pas changé, même clientèle cosmopolite, mêmes serveurs condescendants. Ce soir, il y avait quelques hommes d’affaires étrangers en costume gris, mais l’essentiel de la clientèle, en habit de soirée, était constitué de spectateurs du théâtre. Deux machinistes, un tapin, une vieille habituée, un présentateur de télévision et quelques touristes égarés ajoutaient leur touche à l’ambiance. La femme qui ne riait plus a dit qu’il était l’heure. Et cette rumeur a rapidement parcouru la salle. Les conversations se sont achevées. Des quantités de pièces sont tombées dans les sébiles et sur le comptoir. En groupes, ce petit monde à fiévreusement évacué le café. Ils ont traversé l’avenue, indifférents à la circulation, aux klaxons. Des lamés, des paillettes se sont allumés dans les faisceaux des phares.
J’ai réglé le cognac, évité le regard insistant du tapin et je me suis dirigé vers la sortie. Une voix féminine a prononcé mon prénom à mon passage. je me suis retourné, surpris. Une jeune femme derrière un croque-monsieur me regardait en souriant. Sans comprendre, je suis venu m’asseoir à sa table.
— Marc, est-ce possible ?
Après l’avoir dévisagé un instant, son prénom est venu à ma mémoire.
— Hélène, Hélène.
Répétant bêtement son prénom, je mobilisais toutes mes forces pour me soutenir. Elle m’a aidé.
— Marc, te souviens-tu ? Le lycée, Lucie, Monsieur Antoine.
— Que deviens-tu ? Cela fait si longtemps…
Le serveur a interrompu ces retrouvailles émues. J’ai commandé un café. J’ai regardé Hélène. Elle n’avait guère changé. Peut-être était-elle moins blonde ?

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Caisse bleue #2 [dimanche 6 juillet 2003]

Imprimante matricielle sur papier à bandes caroll. Circa mes 18-20 ans, ou plus tôt. Devinez l’auteur qui était ma source d’inspiration à l’époque…

Les vigoureuses lianes d’une clématite, dont l’abondante floraison printanière attire de nombreux insectes butineurs, encore engourdis par le froid, enlacent la vieille serre abandonnée à l’intérieur de laquelle des pots, où prospèrent désormais les orties, sont alignés sur des tables pourries. Le sol est jonché des débris du vitrage qui font crisser chacun de mes pas. Toutes les orchidées et autres curiosités tropicales qui nous avaient tant enchantées ont maintenant cédé la place aux lamiers et au volubile liseron qui grimpe à l’assaut des élégantes volutes de fer rouillé. Rien de ce désolant spectacle ne fait partie de mes souvenirs.
Souvenez-vous du lieu gai et clair où l’on pouvait admirer une des plus belles collections de fleurs rares, surtout de sophistiquées et précieuses orchidées, qui témoignait du goût et de la folle passion de l’esthète qui nous accueillait ici. Sous les dômes vitrés, rutilants de soleil, le jardinier en chef s’activait presque continuellement pour maintenir l’artificiel climat et veiller les plantes les plus délicates, déplaçant des ombrières, vaporisant là un feuillage, tuteurant ici une branche trop chargée de fleurs ou dosant précautionneusement l’entrebâillement d’un châssis, l’oeil fixé sur les aiguilles des hygromètres et des thermomètres. Je le vois encore, penché sur ses semis, le regard attendri, tel un père au berceau de son enfant, admirant la vigueur de ces jeunes plantules qui redressaient lentement leur lourde tête pour enfin éclater en de larges cotylédones qui nourriraient en leur sein les premières feuilles de ce qui deviendrait, à force de patience, une nouvelle merveille dont on ajouterait le nom sur le livre de bord de la serre. Et ce vaisseau de verre traverserait les saisons, abritant en ses cales la précieuse cargaison, sous le commandement du capitaine jardinier. Parfois, un visiteur chargé de catalogues venait proposer de nouvelles recrues pour l’équipage, un autre venait pour supplier la moindre bouture, la moindre graine.
Vous rappelez-vous de ces énormes potées d’orchidées, des cymbidium, je crois, qui vous avaient tant impressionnées ? Ces fleurs sont bien quelconques depuis qu’on les trouve chez tout fleuriste pour un prix modique à toute époque de l’année. Leurs tissus turgescents et cireux, leurs pétales jaunis, leurs labelles margés d’éclaboussures terreuses n’en faisaient pas des fleurs très séduisantes ; elles avaient le mérite d’être rares et étranges, symboles de lointains horizons. Elles sont aujourd’hui communes et vulgaires.
Mais il y avait bien d’autres merveilles, de ces épiphytes capricieux pour lesquels un entreprenant explorateur avait bravé mille dangers, traversé maintes jungles étouffantes, afin que nous puissions admirer ces joyaux végétaux, tantôt pleins de grâce et de charme, tantôt monstrueux et hideux ; bien que la plus laide d’entre toutes soit souvent aux yeux du botaniste et de l’amateur la plus séduisante. Je ne me lassais pas d’observer ces cattleyas, odontoglossum, miltonia, satyrium, phragmopedilum, phaius, oncidium, sophronites, etc. Tous ces noms étaient pour moi autant de sujets de rêverie et j’imaginais d’étranges légendes qui pouvaient expliquer ces mystérieuses appellations. J’étais parfois suffoqué de surprise devant un spécimen, tel un des Esseintes fasciné, entouré de ces folies végétales.
Certaines, parmi les plus déconcertantes, semblaient artificielles tant leur matière évoquait celle des fleurs imputrescibles qui ornent tant de tombes. Elles poussaient parfois la perfection jusqu’à exhaler des senteurs de caoutchouc brûlé, fruits de l’incroyable complexité qui règne dans la chimie des végétaux. Il fallait parfois toucher la chose, tant elle semblait factice pour se convaincre que cela n’était pas le résultat du labeur de l’homme, mais bien celui de cette nature qui nous dépasse tant. Il y avait aussi des monstres simulant des chairs putrides, des pétales sillonnés de varices violacées, des labelles velus aux extrémités pustuleuses, des sépales aux excroissances verruqueuses, des plantes atteintes de vésanie exhibaient des peaux vésiculeuses striées d’artères rougeâtres, d’autres avaient des fleurs en forme de pipes aux fourneaux emplis de liqueurs délétères, pièges immondes pour l’insecte avide de nectar qui se retrouve prisonnier d’un cul de basse-fosse où il trouvera sa fin, noyé de sucs digestifs.
Ici une feuille succulente aux extravagantes déformations, là un pétale charnu et cramoisi aux reflets verdâtres, ravagé de brûlures suintantes, ou encore une tige émeraude cérusée de rose, supportant des feuilles diaphanes et chlorosées, tout donnait l’impression d’un recueil des pires maladies. On pouvait distinguer des variétés lépreuses, d’autres syphilitiques. Un dermatologiste aurait reconnu chancres, roséoles, bouffissures, bubons, chéloïdes, bourbillons, chloasmas sur ces feuilles et un spécialiste aurait pu diagnostiquer hydropisies, oedèmes, cirrhoses, anévrismes, tumeurs, anasarques, etc. Toute cette invraisemblable aliénation n’était qu’organes de procréation, je n’avais sous mes yeux que sexes tropicaux.

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Caisse bleue #3 [dimanche 6 juillet 2003]

[supprimé]

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Caisse bleue #4 [dimanche 6 juillet 2003]

Je feuillette fébrilement le contenu de cette maudite caisse, je suis saisi de vertige. Mon dieu, tant de choses, tant d’eau écoulée sous les ponts. Je ne savais plus ma vie si riche. Et je découvre finalement l’intérêt de laisser une trace écrite. Ah, si j’avais connu le blogue à l’époque, ma vie en eut été changée. Ne riez pas, mon blogue, c’est ma caisse bleue à moi ouverte sur le monde et offerte en partage.

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Mourir [dimanche 6 juillet 2003]

Mourir, ce n’est qu’un pas de plus. J’espère que je vous aurais marqués dans vos coeurs car c’est le seul lieu où l’on peut espérer survivre.

Mourir, un geste si simple que nos sociétés modernes acculent au fond de placards aseptisés et vides de sens.

Mourir, quel gâchis, tout cet ouvrage pour en arriver là, à cette fin si définitive et inéluctable. Pour rejoindre tous ces cimetières peuplés de gens irremplaçables.

Mourir de mort violente quand j’étais jeune, aujourd’hui, mourir doucement entouré de soins aimants.

Mourir, finalement cela ne me fera rien, je compatis pour les survivants qui en auront la charge. La souffrance est celle de celui qui reste et qui mesure l’aune de l’injustice de notre humanité.

Mourir, cela me fera du bien si je sais que mes cendres seront dispersées à la pointe de l’île Saint-Hélène et que, dispersées dans les flots tumultueux du Saint-Laurent, elles rejoindront l’océan qui m’est si cher.

Mourir alors que j’ai encore tant à donner, ce ne serait pas juste, mais pourtant, il faut à chaque jour s’y résoudre pour apprécier à sa juste valeur le coucher du soleil.

Mourir, ce sera mon dernier acte d’amour pour cette vie non choisie. On dit que les pendus ont une érection, la mienne sera intellectuelle.

Mourir, c’est physico-chimique, ce sont vos synapses qui se disjoignent, vos empreintes cérébrales qui s’évaporent dans une décomposition privée d’oxygène.

Mourir, c’est une mémoire vive qui s’évanouit. Une erreur système fatale, seuls vos écrits en constitueront une sauvegarde à léguer à ceux qui auront le courage de la relire.

Mourir, c’est rejoindre le grand mystère de votre naissance.

Mourir, voilà ce qui scelle notre existence.

Mourir, c’est la source du bonheur de vivre, songez-y.

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Caisse bleue #5 [dimanche 6 juillet 2003]

En fin de compte, je vais peut-être refermer la caisse bleue. Trop vieux, trop intime.

P.S. Peut être qu’il y a des choses qui méritent de rester au fond de la caisse bleue. À quoi bon fouiller le passé, c’est le présent qu’il faut créer.

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Déclaration d’amour [dimanche 6 juillet 2003]

Finalement, il n’y a qu’en mer que je me sens bien. Je ne suis peut-être pas un terrien. J’ai raté ma vocation. C’est entre ciel et mer que je me sens vivre. Il faut que je me confronte à une nature brute et exigeante pour mesurer l’étendue de ma vie. Si cela était possible, j’aimerais embarquer pour un navire qui n’accosterait jamais. La mer, c’est un peu ma patrie.

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Maciej au Québec [dimanche 6 juillet 2003]

And at night, you can watch the Simpsons dubbed into French, an experience guaranteed to deflate every pretension you may have about your ability to speak that langugage. D’ouh!

Maciej Ceglowski.

Je me demande s’il s’agissait d’une version doublée en québécois ou en français. Si c’est le premier cas, il ne faut pas s’inquiéter…

Certains béotiens vont me dire : ils ne parlent donc pas français les Québécois ? Et bien, pas toujours… ainsi je défie n’importe lequel Français, qui n’a pas une longue expérience du Québec, de comprendre un épisode de la télésérie La petite vie.

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TypePad en piste [lundi 7 juillet 2003]

TypePad est entré en phase de beta-test. Si certains (lui aussi) testeurs respectent les règles du jeu (confidentialité), d’autres se permettent quelques libertés. Devoir de réserve qui est pourtant une attente légitime de la part des développeurs.

Sans surprise, les blogues créés avec l’outil ressemblent beaucoup à ceux faits avec MovableType comme on peut le voir (et , aussi) par exemple.

Si TypePad reprend les principales fonctions de MT, il ajoute quelques gadgets : une interface revue (voir ici ou ), le moblogage, le gestion de blogolistes, les descriptions FOAF, un éditeur de gabarits et un système d’albums photos.

Dernier point, TypePad respecte les standards du Web.

P.S. Cyril Fievet de Pointblog vient de sortir un billet sans pitié que je trouve pas mal (trop) inspiré du mien, et qui trouve surtout là l’occasion de casser du sucre sur le dos de JLR et de raviver une vieille guéguerre. Il est évident que je ne souhaite en aucun cas m’associer à ce genre de curée dont les vraies motivations ne sont pas affichées.
Pour ma part, je souhaitais juste souligner, bien qu’il n’y ait aucune révélation essentielle dans le billet de JLR, qu’il est préférable de suivre les règles du jeu ou bien on ne participe pas si on les trouve excessives. Et cela n’enlève en rien à l’estime que je porte à Jean-Luc pour l’ensemble de son travail et de son investissement dans la blogosphère.

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Retour sur l’Irak [lundi 7 juillet 2003]

The British and US forces have lost more during the peace than in the war. Why has Washington not taken the necessary steps to stop its forces from being repeatedly attacked, whether in Baghdad or the provinces? The painful truth is that all sides involved in the Iraqi issue are in a quagmire. As long as the USA has decided that it is occupying Iraq, the only way to reject the occupation is by resistance. Every war that ends needs peace, but the US-British war on Iraq was different. What is happening in Iraq today is part of the faltering of a war that began and ended, but where tragedies are yet to end.
Al-Hayat.

Three months after the fall of beloved Baghdad into the hands of the aggressors, the US forces know that they have fallen into a swampy ditch and don’t know how to get out. This is because of the Iraqi resistance, which has proved to the world and to Arabs in particular that they reject the occupation. Bush and his forces thought that they were on a pleasure trip and that the Iraqis, who have been under the worst dictatorship for more that 35 years, would open their arms to welcome them. But the wind has blown, bringing with it what the Americans did not want. The Iraqi resistance is now stabbing the arrogance of American cowboys.
Al-Bayan.

À ce train là, la “Pax Americana” va faire beaucoup plus de GI morts que l’Opération “Shock and Awe”.

Par ailleurs, le pillage des sites archéologiques irakiens (et de la mémoire de l’humanité) continue dans la plus grande indifférence (ou complicité?) des troupes d’occupation. Mais bon, cela n’est qu’un détail par rapport au respect des droits de l’hommes et au nombre grandissant de victimes civiles en Irak.

Enfin, la plus grosse perte pour les États-Unis, ce ne sont pas les pertes militaires, c’est l’effondrement du mythe américain pour quantité de personnes autour du monde, et notamment les jeunes qui ne considèrent plus les USA comme le pays de toutes les libertés et de tous les progrès.
<antiaméricanisme primaire>Et cela, c’est un bilan plutôt positif, non ?</antiaméricanisme primaire>

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Pillards américains à Bagdad [lundi 7 juillet 2003]

Un nouveau scandale pourrait voir le jour. En effet, dans son dernier numéro, le magazine Time cite un militaire qui affirme que les troupes américaines et des exilés irakiens ont pillé l’aéroport international Saddam de Bagdad après l’avoir occupé le 2 avril dernier.

Selon le lieutenant John Welsh, des dizaines de millions de dollars de dommages ont été causés par les vandales. Les soldats américains ont, affirme cet officier en charge de la restauration de l’aéroport, ont mitraillé “sans raison” l’aéroport et ont totalement ravagé cinq Boeing en service.

La boutique hors taxes de l’aéroport a également subi les assauts des pillards, raconte M. Welsh. Un haut responsable du Pentagone affirme que le pillage n’a pas pu être fait par des Irakiens, car l’aéroport était sécurisé par les forces américaines au moment des faits. Selon des responsables de l’aéroport, également citées par Time, des exilés irakiens qui accompagnaient les soldats coalisés ont participé à ces saccages.

Nouvelles Radio-Canada.

Sans commentaire…

P.S. Three Kings, un excellent film à revoir…

PS. bis, suite à demande de Matoo. Source Time : Coalition troops looted and vandalized the Iraqi airport that now must be rebuilt.

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Catalogue des prix d’amour [lundi 7 juillet 2003]

Ah, les délices de la savonnette impériale russe au savon du Congo, la savoureuse feuille de rose, le glougloutage de poireau au menthol, ou encore la chatouille des coulisses…

Je ne sais pas d’où ce document provient, mais il mérite franchement le détour. Attention, le lien qui suit est expressément réservé aux adultes majeurs consentants.

Voir le tarif de Mademoiselle Marcelle Lapompe.

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Requiescat in Pace [mardi 8 juillet 2003]

Mauvais matin. La troïka (#ref) a du plomb dans l’aile. Sur le champ d’honneur de la blogosphère engagée, on dénombre une nouvelle victime (après lui le mois dernier).

Les Autres, c’est fini. Beurk.

Ce n’est qu’un au-revoir, mes frères
Ce n’est qu’un au-revoir
Oui, nous nous reverrons, mes frères
Ce n’est qu’un au-revoir…

P.S. Warcel qui est décidément très en avance a déjà trouvé une remplaçante au démissionnaire. Bienvenue Anne dans ce club très fermé…

PS. bis. L’autre troïkiste est aussi en deuil. “En mémoire des grands moments passés avec Les Autres, je demande à tous les blogueurs du monde entier d’observer, comme moi, deux lignes de silence”. Ce qui est fait :

.

.

.

(Allez, même trois, au diable l’avarice dans ces pénibles circonstances).

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La merde chez Disney [mardi 8 juillet 2003]

20030708.gif

On dit que l’on a le public que l’on mérite…

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Mommy Daddy [mercredi 9 juillet 2003]

Mon lapin m’a envoyé par courriel une petite chanson de 1971… accompagnée d’une question : “toujours d’actualité ?”

MommyDaddy.mp3

Mommy, daddy, I love you dearly
Please tell me how in french
My friends used to call me ?
Paule, Lise, Pierre, Jacques ou Louise
Proulx, Papineau, Gauthier
Fortin, Robichaud, Charbonneau.

Mommy, daddy, what happened to my name
Oh mommy, daddy, how come it’s not the same
Oh mommy, daddy, tell me why it’s too late ?
Too late, much too late.

[…]

Mommy, daddy, I love you dearly
Please, tell me once again that beautiful story
Un jour ils partirent de France
Bâtirent ici quelques villages
Une ville, un pays.

Mommy, daddy, how come we lost the game ?
Oh mommy, daddy, are you the ones to blame ?
Oh mommy, tell me why it’s too late ?
Too late, much too late.

Paroles : Gilles Richer. Musique: Marc Gélinas.

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Question de philosophie [jeudi 10 juillet 2003]

Vous préférez cela :

p_switch_windows_layout1.jpg

Ou cela :

p_switch_windows_layout2.jpg

From ADC, Key User Experience Differences, via West of the Expressway.

C’est une question de philosophie…

Depuis un mois, je travaille quotidiennement à la fois sur Mac OS 10.2 et sur Windows XP. Assez pour me convaincre définitivement (si cela était vraiment nécessaire) que Windows, malgré son lifting XP, a accumulé un considérable retard en terme d’interface et de facilité d’apprentissage, sans parler d’esthétisme. Seul avantage de Windows, il est clairement moins gourmand en ressources machine.

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Crypto-blogoliste [vendredi 11 juillet 2003]

Vu chez Catharsis, une blogoliste (blogroll) pour le moins inhabituelle :

& (
) - : ;
/ ! % £
$ § ? =
+ * [ ]

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Francomerdier [vendredi 11 juillet 2003]

J’ai pris ma décision d’annuler les Francofolies. J’ai essayé de négocier jusqu’au bout avec les responsables et les représentants de ceux qui occupent le lieu. Je regrette que les gens de la CGT, représentants des non syndiqués aient été aussi bas, aussi vils, aussi lâches et sans parole alors que je leur tendais la main. Je pense sincèrement toujours qu’ils se trompent de combat, je crains pour eux que le réveil soit difficile et qu’ils aient la gueule de bois.
Si on est représenté par ce genre de personnes, je pense que notre métier est réellement en grande difficulté. Je regrette que le baron machin soit aussi dédaigneux et méprisant vis-à-vis des saltimbanques et que les représentants syndicaux manquent de raison.
Je regrette qu’une de nos consoeurs Régine Chopinot, amie de Jean-Pierre Raffarin, soutenue par lui pendant des années, se soit trompée de cible, elle aussi, ait allumé et mis de l’huile sur le feu pour nous abattre. Néanmoins, vu son grand talent, je lui souhaite beaucoup de succès dans sa chapelle dorée. J’ai eu à faire à des gens qui voulaient passer pour des martyrs devant les caméras, je n’ai pas une vocation de flic. J’ai cherché du soutien, je ne l’ai pas trouvé. Tant pis, j’abandonne, ils m’ont mis l’estocade, ils m’ont raté. Je suis encore debout. Dés demain, je recommencerai mon combat mais plus fort parce que les témoignages des vrais amis arrivent de partout et maintenant je connais les lâches et mes ennemis. Merci.
Jean-Louis Foulquier.

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Le Belem au Canada l’année prochaine ? [vendredi 11 juillet 2003]

Après le Brésil, les Antilles et les Bermudes en 2002, le Belem sera peut-être en 2004 au Canada

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Coup de gueule du petit brun [samedi 12 juillet 2003]

[…] l’oeuvre de la madame, quoique je doute fort qu’elle influence grandement la destinée de quiconque ou qu’elle ait fait avancer l’humanité d’un quart de pouce, je n’ai fait qu’exprimer mon exaspération d’en entendre constamment parler et de voir tous ceux qui gravitent plus ou moins dans la même clique bloguesque la ploguer. Ceux qui veulent la défendre ont le droit de le faire, soit, mais ceux à qui elle tombe sur les nerfs ont le droit de le dire aussi. En choissisant de s’afficher sur le net sous un personnage avec un message à offrir, elle s’est automatiquement exposée à la critique, qu’elle soit bonne ou mauvaise.
[Forum Pssst]

Monsieur Ostide Calisse, la plogue pour la Rousse, elle est gratuite, ce n’est que la reconnaissance de ses qualités. Quant à vous, je vous soupçonne d’être un aigri, voir un jaloux. La Rousse, on l’aime pour des raisons qui ne doivent même pas vous effleurer comme la passion, l’exigence et l’humanité.

Pour en savoir plus sur M. Calisse, lire le long et excellent billet de Michel : De la critique, de la crédibilité, des questionnements et des conneries lues ça et là sur la Toile.

Continuons dans l’objectivité (enfin, j’essaie) : le vedettariat. Posons-nous la question? Pourquoi écrire? Mais pour être lu pardi! Évidemment, on veut être lu, et on vu susciter des commentaires, particulièrement lorsque notre billet a demandé du temps, de la recherche et que l’on sait qu’il est exclusif! Alors, y a t-il du mal à être fier? Mais pas du tout, le contraire serait même très surprenant. Mais de là à invoquer la grosse tête, toute rousse soit-elle, faut pas charrier, et il faut savoir certaines choses pour… Mais j’y reviens.
Michel Dumais.

Il y a un mot important dans la blogosphère, c’est la gratuité. Publier un blogue, c’est un acte gratuit, lier vers un blogue que l’on estime, c’est tout aussi gratuit. On en attend rarement quelque chose en retour, si ce n’est le plaisir tout gratuit d’écrire et d’être lu, et au-delà de la lecture, de partager. Certains blogueurs offrent entre les lignes leur vie, leur passion en partage, et c’est tout à leur honneur. Faisons en sorte que la blogosphère reste encore longtemps un espace de gratuité, de partage et de rencontre, de reconnaissance mutuelle et d’enrichissement intellectuel.

Je suis loin d’être le premier venu dans la blogosphère mais on a su m’y faire bon accueil, la “clique” est hopitalière et ouverte d’esprit, et si certains pointent en direction de mon navire, je ne les ai ni soudoyés ni promis de lien en retour. J’ose imaginer que la seule raison puisse être qu’ils aient vu quelque intérêt dans ma prose, qu’ils aient quelque plaisir à me lire. Car la notoriété dans la blogosphère, elle n’est, elle, jamais gratuite, les Blogomat et semblables ne recensent statistiquement que des endroits de qualité.

Alors, si il y a quelque atrabilaire pour s’attaquer à ceux qui obtiennent la gratuite reconnaissance de leur pairs, qu’il restent sur le bas côté à aboyer, la caravane passe.

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Paroles de guerre [samedi 12 juillet 2003]

[ Les textes évoqués dans ce billet n’étant pas authentiques, contrairement à ce que j’avais cru, ce billet est supprimé. ]

Voir aussi : La Vie à en mourir : Lettres de fusillés.

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This is not a post [samedi 12 juillet 2003]

It isn’t content until it’s linked.

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Accro au McDo [dimanche 13 juillet 2003]

La recherche scientifique suggère que les régimes alimentaires riches en graisses et en sucres modifient la biochimie du cerveau avec des effets similaires à ceux des opiacés comme la morphine. Ces régimes altèrent l’équilibre hormonal et notamment les fonctions de satiété.

Selon les nutritionnistes, l’apport quotidien moyen en calories recommandé pour un adulte est de 2300 calories (1800 pour une femme), dont pas plus de 35 % devraient venir des graisses et 10 % des sucres ajoutés(*). Un seul repas chez McDonald apporte environ 1800 calories principalement issues de graisses et de sucres. Des personnes à faible activité physique ne devraient pas aller au fast-food plus d’une fois par semaine.

Sunday Times, Burgers are as addictive as drugs.

Alors, après les grands procès du tabac, voici venu le temps des grands procès de la malbouffe ?

(*) Bien sûr, l’industrie du sucre n’est pas du tout d’accord avec cette recommandation de l’OMS : “Toutefois, ce rapport suggérait une consommation maximale de 25 % de calories venant des sucres ajoutés, car lorsque la consommation de sucres ajoutés dépasse ce niveau, il y a par conséquent une diminution de la consommation de certaines vitamines et minéraux. Ce niveau est de loin supérieur à la recommandation de l’OMS/FAO ainsi qu’à la moyenne de consommation actuelle, évaluée à 16 % des calories ingérées aux États-Unis et à 12 % au Canada. Les lignes directrices canadiennes à ce sujet continuent de se baser sur l’évaluation des scientifiques et ne recommandent pas de diminution de la consommation de sucres.” Pour l’industrie de sucre, il n’y a bien entendu aucun rapport entre l’obésité et la consommation de sucres ajoutés… Mais on reconnaît là les discours corporatistes et criminels qui furent ceux, en leurs temps, des producteurs de tabac ou d’amiante.

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Blogue, c’est mieux [lundi 14 juillet 2003]

La nouvelle version In French de wBloggar est sortie, finalement on dit blogue pour blog. Parceque c’est mieux.

C’est Morgazilla qui le dit…

P.S. Une nouvelle rubrique dans ma blogoliste : “blogues morts” (blogocimetière ?). RIP.

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Libérez José [lundi 14 juillet 2003]

libérez josé

Libérez José.

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Literature Idol [lundi 14 juillet 2003]

Le 3 avril dernier, Martine écrivait : Star des mots ou maux de star :

Et si l’on utilisait cette formule de télé-voyeurisme au profit des autres arts? Imaginez le scénario: 10 jeunes apprentis-écrivains sont enfermés dans un grand manoir et leurs interactions quotidiennes sont filmées par des dizaines de caméras. Des auteurs connus sont là pour leur donner des conseils: atelier de poésie, développement des personnages, grammaire, etc. Pendant toute la semaine, les auteurs en herbe s’acharnent à produire des textes qu’ils devront ensuite lire devant le public lors d’une émission hebdomadaire. [Suite]

La BBC a dû l’entendre : Literature Idol.

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Un 13 juillet… [lundi 14 juillet 2003]

Été 1966, la guerre se poursuit au Viêt-Nam, Mao lance la “grande Révolution culturelle”, Un homme et une femme obtient la palme d’or à Cannes (chabadabada…), Surveyor 1 se pose en douceur sur la Lune et les Beatles donnent leur dernier concert en public. Poulidor finit troisième du Tour de France et l’Angleterre gagne la Coupe du monde de foot. Charles de Gaulle a été réélu en 1965, Georges Pompidou est premier ministre. À Rochefort, Jacques Demy tourne Les Demoiselles

Nous sommes deux soeurs jumelles, nées sous le signe des gémeaux, mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do…

Et le mercredi 13 juillet 1966, l’ouragan Celia prenait naissance à environ 320 kilomètres au nord-est des Îles-sous-le-vent, dans le cadre de la Coupe du monde de football l’équipe de France rencontrait le Mexique à Wembley (1-1), l’URSS foutait une raclée à la Corée du Nord, un certain Sylvester Schneider décédait à Brillian dans le Wisconsin, un boxer au nom impossible voyait le jour, Pierre Cardon épousait Claudine Hamet à Dinard, Surveyor 1 rendait l’âme sur le sol lunaire, Richard Franklin Speck tuait 8 infirmières à Chicago, le soldat Felipe Villanueva trouvait la mort à 22 ans dans le Sud Vietnam, ainsi que Michael George Barton à Quang Nam, âgé de 20 ans, et que Frederick Allen Wathen, âgé de 18 ans, Judi Winfield et John Coleman avaient un accident de voiture en Colombie Britannique, 116 mm d’eau tombaient sur Elkhorn City dans le Kentucky, et sur le mont Valérien, naissait un petit Laurent…

Putain, encore un an de plus… Ça passe trop vite !

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Grenouille grillée [mardi 15 juillet 2003]

<private joke>

Recette du jour.

Ingrédients :
- 2 cuisses de grenouille dissidente (Rana Dissidentae, Lin.)
- 1 tasse de lait
- 125 ml de crème fraîche
- 2 cuillères de de farine
- 2 à 3 échalotes finement hachées
- 150 g de beurre
- 60 ml de bourbon américain
- persil et ciboulette
- 2 gousses d’ail pressées
- le jus de un demi citron
- sel et poivre, à votre goût

Dans un bol, faire tremper les cuisses de grenouille dissidente dans le lait et la crème mélangés, pendant au moins 1 heure. Les éponger et enfariner légèrement. Dans une poêle, faire revenir les échalotes françaises hachées dans 100 g de beurre à feux très doux, sans les laisser prendre de couleur. Verser ensuite le beurre, sans les échalotes, dans une autre poêle à frire, et y faire revenir les cuisses de grenouille enfarinées à feux vif. Lorsqu’elles sont bien dorées sur toutes les faces, les arroser de bourbon yankee, et les flamber. (Attention au retour de flamme). Les réserver au chaud dans un plat de service, parsemées de persil et de ciboulette finement hachés. Saler et poivrer. Ajouter l’ail pressé et le reste de beurre dans la poêle contenant les échalotes. Chauffer doucement le beurre et l’arroser de jus de citron. Faire mousser et verser sur les cuisses de grenouilles. Vous pouvez décorer votre plat d’un petit drapeau américain (si toutefois le musée en a encore en stock).

Cette recette est exquise du Texas au sud de la France en passant par la capitale de Grande-Bretagne…

</private joke>

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Le blog qu’il est trop bien… [mercredi 16 juillet 2003]

Aujourd’hui, je bosse avec un patron que j’admire et dans une boîte des plus intéressantes. Je fais un boulot passionnant dans lequel j’ai envie de m’investir. Croyez-vous que cela m’empêchera de déformer la réalité pour en tirer de quoi m’amuser et distraire mes lecteurs ?
[Mon avis surtout].

Nous l’espérons bien, sinon, tu vas nous faire regretter l’époque bénite de BôCravail…

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Blogomarketing viral [mercredi 16 juillet 2003]

De: <xxxxxx@littlefrench.fsnet.co.uk>
Date: Mer 16 jul 2003 11:02:53 Europe/Paris
À: navire@navire.net
Objet: XXXX MP3

Bonjour Navire,

Je vous ai envoyé un mail il y a quelques jours concernant un participation à une promo XXXX en utilisant des clips marrants sur votre site (voir pièce jointe).
En fait j’ai trouvé votre site sympa et complet, et facile a surfer, c’est pour cela que j’aimerai vous faire participer à ce projet. Nous avons pleins de marchandise à offrir, et puis cela pourrait vous permettre d’attirer plus de visiteurs vers votre site.

En tout cas, si vous souhaitez plus d’infos, n’hésitez pas à me contacter à cette adresse.

A bientôt j’espère,

Chloé Giusti
New Media and Marketing
London vs. Brighton.

Bonjour Chloé,

je ne suis malheureusement pas utilisateur de baladeurs MP3, je ne me vois donc pas comme prescripteur de ce genre de gadget. D’autre part, ma naturelle aversion pour les animations Flash ne m’encourage pas à en placer sur mon site, même pour une bonne cause.

Toutefois, je suis extrêmement flatté que vous ayez trouvé mon site “sympa et complet, et facile a surfer”…

Et votre courriel me donne l’idée de recommander, de façon complètement gratuite, ce baladeur MP3 qui est vraiment trop cool… Heu, oui, il n’est pas de la célèbre marque japonaise XXXX, mais Apple ne m’a jamais envoyé de courriel débile soit disant personnel. Car si vous aviez lu mon blogue, vous auriez su combien j’étais rétif à l’idée de tout marketing contraire à ma déontologie de blogueur.

Sur ce, je vais me boire un petit verre de RagingCow, délicieuse boisson lactée aromatisée, ô combien rafraîchissante par ces temps de canicule, et boisson officielle de Navire.net.

À tout jamais, j’espère.

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Bye, bye, Netscape [mercredi 16 juillet 2003]

Canada: Hippie Nation? [jeudi 17 juillet 2003]

Canadians can’t quite believe it: Suddenly, we’re interesting. (…) we’re now getting world famous for our cutting-edge laws on gay marriage and legalized drugs. The Bush conservatives are repulsed by our depravity. My friends in New York and San Francisco have been quietly inquiring about applying for citizenship.

(…) But we are not afraid. For a country that has been boring as long as we have, there may be something more addictive than sex and drugs: being interesting.

[Naomi Klein, The Nation.]

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Netscape 4.x… [jeudi 17 juillet 2003]

Mon agence vient de livrer un site à un gros client (8000 salariés, 27,5 milliards d’euros d’encours gérés, 381 millions d’euros de résultat). Le souci, c’est que je n’en suis pas très fier. Le code source est une marmelade de CSS et de TABLEs. Pourquoi ? Parce que il faut que ça fonctionne à peu près dans Netscape 4.x. J’ai bien sûr argumenté mon point de vue, mais rien à faire. Pourquoi ? Parce que la quasi totalité des postes des employés de l’entreprise (et notamment de la direction) sont équipés de Netscape 4.7. Enfin, au moins, le site passe le test du validateur…

Demain, je travaille pour un nouveau projet dans une autre grande entreprise entièrement équipée de Netscape 4.5. Misère !

Netscape est mort mais il risque de nous poursuivre encore de longues années…

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Rencontres carnétistes parisiennes mensuelles [jeudi 17 juillet 2003]

Les blogueurs montréalais avaient depuis longtemps leur rencontre informelle le premier mercredi de chaque mois à la Cabane, sur Saint-Laurent.

Et les blogueurs parisiens étaient en reste.

Mais cette époque est révolue puisque le 1er mercredi d’août, le 6, tous les blogueurs, jouébeurs, wikistes, et sympathisants, sont invités à venir aux premières rencontres carnétistes mensuelles.

De la réussite de cette première manifestation dépend la pérennisation de cette rencontre mensuelle qui se veut informelle et amicale.

Lieu : Le Sous-Bock, 49, rue Saint-Honoré, Paris Ier. Métro Châtelet-Les Halles, Pont-Neuf, Louvre.
Heure : de 18 à 21 heures (?).

Inscription wikistyle (non obligatoire) : Mousse Navire/2003-08-06.

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Avis de recherche [jeudi 17 juillet 2003]

Un blogue, ça peut peut-être aussi servir à ça :

URGENT :
Suite à congés et planning débordé, recherche développeur PHP indépendant pour mission courte sur Paris (durée estimée 1 journée) et éventuelles autres missions dans l’avenir.
Nature du développement : calculatrice de mensualité de crédit.
Bonne maîtrise de PHP. Connaissances Javascript, CSS et standards du Web bienvenues.

Intéressé ? Envoyer vite courriel avec prétentions à lg@navire.net

PS. Bon, 19 h 30 et toujours pas de candidat, alors je vais le faire sur un autre mode :
Bonjour, ce serait sympa s’il y avait un cador de PHP sur Paris qui pourrait me dépanner dans galère professionnelle et qui accepterait d’être grassement payé (enfin faut pas exagérer quand même…). Des candidats ? Allez, les blogueurs qui sont au chômage et qui ont déjà construit tout leur outil de blogage en PHP depuis rien, parce que MT, c’était trop facile, réveillez-vous…

PS bis. Et en prime, je vous offre une bière à la première MousseNavire. Bon, j’arrête là, parce que je vais commencer à faire pitié…

PS. ter. Bon, grâce à l’inestimable Michel, je crois avoir trouvé l’homme de la situation. C’est vraiment génial la blogosphère !
Mais si vous correspondez à la description ci-dessus, n’hésitez pas à me contacter quand même, ma société a de plus en plus besoin de ressources externes pour gérer son développement.

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Ça mousse… [jeudi 17 juillet 2003]

Dans le sillage de la MousseNavire à Paris s’annonce une MousseLorraine. Alors, les lorrains, ne laissez pas Nicolas tout seul devant son demi!

PS. Ce serait bien de débaptiser la MousseNavire pour autre chose de plus générique, parce que si je veux bien assumer le lancement du concept copié sur les Yulbloggers, ce serait bien qu’on ne pense pas que c’est une partie fine entre afficionados de ma personne, mais bien une rencontre amicale mensuelle à date fixe ouverte à tous les blogueurs de Paris ou de passage dans la capitale.

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Big Trouble in UK [vendredi 18 juillet 2003]

Disparition de David Kelly.

AFP / Disparition d’un expert britannique en armes biologiques.

Parallèlement :

Selon un sondage de l’institut ICM Research publié lundi par le Daily Mirror, 66 % des personnes interrogées pensent que M. Blair les a induites en erreur, volontairement ou non, au moment d’envoyer des soldats dans le Golfe. 27 % des Britanniques pensent qu’il leur a fourni des informations erronées en connaissance de cause, tandis que 39 % estiment qu’il l’a fait de manière involontaire. Enfin, un Britannique sur trois dit avoir perdu confiance en M. Blair à la suite du conflit.
[Le Monde]

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Révolution du blogue [samedi 19 juillet 2003]

Voilà, grâce à la blogosphère et son tissu relationnel à l’échelle de la planète, en moins de 24 heures, ma bidouille en PHP était faite, du boulot propre et rapide. De fait, mon blogue, qui est avant tout une démarche personnelle, exerce une influence importante sur ma vie professionnelle. La fréquentation des blogues m’a sensibilisé à l’importance des Standards du Web, elle a fait évoluer ma pratique et bien des fois elle m’a proposé des solutions techniques élégantes et efficaces. La blogosphère m’a donné l’occasion d’être en contact avec des gens de qualité et passionnants qui partagent une vision prospective enrichissante du Web. Elle m’a aussi redonné la passion de l’Internet que j’avais un peu perdu au fil des années du n’importe-quoi de la “nouvelle économie”. Elle m’enrichit d’idées nouvelles qui alimentent ma créativité. La blogosphère est aussi un vivier de personnes ultracompétentes dans leurs domaines respectifs, autant de personnes qui pourront vous donner un coup de main sur un projet professionnel, souvent de manière désintéressée, autant de personnes qui trouveront dans leur carnet d’adresses la perle rare qui vous manque.

Mon employeur ne sait pas tout ce qu’il doit à mon blogue…

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La malle poste [dimanche 20 juillet 2003]

Certains pros américains de l’agit-prop francophobe n’ont plus qu’un mot à la bouche : courriel. This is about the French Fries, isn’t It? Persuadés que les Français ont le même fonctionnement intellectuel, fait de niaiserie et de paranoïa, qu’eux-mêmes, ils sont persuadés que l’arrivée du terme courriel dans le corpus terminologique officiel de l’administration est forcément une mesure de rétorsion, de vengeance.

Ce qu’ils ne savent pas, c’est le peu de cas qui est généralement fait des avis de la Commission générale de terminologie et de néologie publiés au journal officiel. La recommandation n° 638 du 20 juin 2003 nous apprends donc : “courriel, n. m., ce terme annule et remplace ’courrier électronique’ publié au Journal officiel du 2 décembre 1997”. Quelle révolution !

Et cette recommandation n° 638, pour ainsi dire personne n’en a parlé en France et il n’y a qu’Outre-Atlantique qu’elle a connu un succès démesuré. Enfin, si, vous trouverez quelques libertariens français dont les neurones baignent dans le Coke pour y voir encore une manifestation d’un État omnipotent et soviétisé qui ferait ainsi intrusion dans nos libertés individuelles et acte de purification terminologique…

En France, l’usage prévaut comme dans nombreux autres pays, et courriel fonctionnera peut-être. Et de fait, il est assez peu fréquent qu’une recommandation entre dans l’usage, malgré de brillantes exceptions comme baladeur ou disquette. Le cimetière des mots ridicules proposés par les néologistes est très peuplé.

Mais courriel n’a rien de ridicule, il est plutôt euphonique et il a déjà un usage avéré au Québec. Alors je lui prédis un bel avenir en France. Vous remarquerez également que c’est le terme que j’ai adopté dans le formulaire de commentaires de mon blogue depuis sa création, bien avant que la Commission de terminologie ne délivre le moindre édit, et que jusqu’à date, il n’a choqué personne et, mieux encore, tout le monde a compris qu’il s’agit là de l’adresse de courrier électronique.

Mais pour revenir à nos chers amis les étasuniens qui se sont lancés avec brio dans la purification terminologique avec leurs Freedom Fries, leur langage, déjà d’ordinaire si pauvre et si souvent ordurier, risque de se réduire encore s’ils décident de bouter toute trace de français de leur langue et de revenir aux onomatopées barbares des Angles, des Saxons et des Vikings… En effet, selon AskOxford, 28,3 % des 80,000 mots du Shorter Oxford Dictionary sont d’origine française, et 28 % proviennent du latin.

Certains se sont même aperçu que mail venait tout droit du français, de la vieille malle poste qui transportait de courrier…

So they invade jolly old England, conquer the place, foist their lingo on the locals, and then when they get one of their own words back (and with a jaunty Greek combo), say “Ew! Tainted! It’s got those English cooties!” Greg Goelzhauser has a suggestion that will teach them: Expunge all French-origin words from English. It’s only 28% of the language, he points out, shouldn’t be too hard.
[Eugene Volokh].

M. Volokh devrait d’ailleurs être un peu honteux de porter un si joli prénom si français (de Eugenius, du grec “bien né”, évêque et martyr dans le diocèse de Paris au troisième siècle, honoré le 15 novembre)…

On apprendra de plus qu’il n’y a pas moins de 3221 homographes, même orthographe et sens proche, entre le français et l’anglais. Autant de mots qui symbolisent une histoire qui fut tant de fois commune.

Et savez-vous par exemple que le mushroom anglais vient du mousseron français ?

Si les histoires de nos deux langues et leurs influences mutuelles vous passionnent, je vous recommande un bouquin trouvé par mon lapin qui se lit très facilement : Honni soit qui mal y pense, L’incroyable histoire de l’amour entre le français et l’anglais, d’Henriette Walter.

Post-scriptum. Zut alors, après avoir écrit ce billet, je viens de m’apercevoir que la rondelle m’avait grillé la politesse sur le même sujet… Comme quoi, les grands esprits se rencontrent ;-)

PS bis. Toujours égale à elle-même (on se souvient de ses réactions sur le lexicoblogue), la Mouche écrit : “Moi j’aime pas courriel, et je ne compte pas changer de mot”. Libre à toi !

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Rétention de courriels [dimanche 20 juillet 2003]

Où l’on apprend que Karl conserve tous ses courriels depuis 12 ans… 130000 messages et 600 Mo de données… Sachez que si vous m’écrivez un courriel (e-mail), que je suis bien moins conservateur que Karl et que votre missive a grande chance de terminer tôt ou tard à la poubelle. Pour moi, la communication électronique est de l’ordre du jetable.

Vos mots auront plus de chance de pérennité si vous m’envoyez un courrier-escargot (snail-mail)

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Jacques en vacances au Québec [dimanche 20 juillet 2003]

Ça c’est une info !

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Tout petit [dimanche 20 juillet 2003]

La Terre et la Lune, vues depuis Mars.

Space.com : Earth and Moon Photographed by Mars Express.

Astrobiology Magazine : Earth Without Life?

Profitez bien de ces images de la planète bleue, car l’Independent on Sunday nous révèle aujourd’hui : Bush ready to wreck ozone layer treaty.

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Blair Silent On Whether He Has “Blood In His Hands” [dimanche 20 juillet 2003]

Il y a des silences qui peuvent êtres lourds de conséquences dans une carrière politique…

IT MAY come to be seen as the defining moment of his premiership.

With the brutal questions: “Have you got blood on your hands, Prime Minister? Are you going to resign?” hanging in the air, Tony Blair appears to freeze in front of the world’s cameras.

His face ashen, the man who is supposedly never flustered by the media simply stares into space, silent, exhausted, apparently beaten.

For journalists used to an effortlessly relaxed, urbane public style, it is a shocking sight, all the more stark when compared with Blair’s rapturous reception in front of the US Congress only two days earlier.

After several seconds, which feel like an eternity, the Prime Minister is eventually saved at this press conference in the Japanese spa resort of Hakone by an intervention from his hosts. But the damage has been done.

[Scotland on Sunday: Does the PM have blood on his hands?]

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Petite fatigue ? [lundi 21 juillet 2003]

Un sentiment de lassitude se propage dans la blogosphère avec l’impression que nombre d’entre nous ont perdu leur mojo. De mon côté, j’aurais bien besoin de faire un break internet, puis une refonte de ce site qui est un vrai foutoir!
[Emmanuelle]

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L’hiver, la saison du blogue [mardi 22 juillet 2003]

Correlation…? I’m trying to figure out if there’s a correlation between the quality of my life and the quality of my blog entries. Recently, for example, life has been quite good, with two international holidays, fun girlfriend stuff, interesting meals and movies with interesting people, etc. But I can’t help but feel that my blog entries have been dull lately. On the other hand, some of (in my opinion) my best entries have been posted during the winter, when I’m hibernating.
[Blork Blog]

“Corrélation ? Je me demande si il n’y a pas une corrélation entre la qualité de ma vie et celle de mes billets sur mon blogue. Récemment, par exemple, la vie a été plutôt pas mal, avec deux séjours à l’étranger, bien du plaisir avec mon amie, de bons dîners et des bons films avec des gens intéressants, etc. Je n’y peux rien mais je trouve que mes derniers billets manquent d’intérêt. D’autre part, mes meilleurs textes (selon moi) ont été publiés durant l’hiver, lorsque j’hibernais…” [Blork Blog]

Cher amis blogueurs, je vous souhaite donc une vie parfaitement ennuyante, un boulot peu trépidant, une activité sexuelle morne et triste, une météo de merde, pour le plaisir de tous vos lecteurs.

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Cirque de la Honte [mardi 22 juillet 2003]

Le Cirque du Soleil, entrepreneur de spectacles québécois, vire un artiste pour séroposivité…

Data Lounge : Cirque du Soleil Accused of HIV Bias. [Via Metafilter.]

Lambda Legal : Cirque du Soleil Unlawfully Denied Gymnast ’Dream Job’ Because He Has HIV, Lambda Legal Says in Federal Discrimination Complaint.

Back Stage : Cirque du Soleil Slapped. - Autres articles.

On attend toujours une réaction sur le sujet de la part du Cirque du Soleil… Société qui se targue d’avoir une “mission sociale”

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The Coolitude Of The Blogoshere [mercredi 23 juillet 2003]

Les anglicismes, quel merveilleux et inépuisable sujet… La pauvre québécoise Neige déclare dans toute sa candeur, trolleuse comme M. Jourdain faisait de la prose : “N’empêche que ceux parmi les blogueurs, blogueuses de France, devraient savoir que c’est très désagréable de lire tout cet anglais dans leurs pages, ça écorche les yeux et l’esprit.” Et d’enfoncer le clou chez la Mouche : “Pas surprenant que t’aimes pas courriel — comme bcp de français, l’anglais vous attire comme des ’mouches’. Un complexe d’infériorité ? — Faut plus compter sur la France pour la promotion du français - et surtout pas dans le domaine des sciences et de l’informatique. Ça fait pitié.” Il s’en suit une petite explication ici, reprise par .

Il se trouve que je comprends tout à fait l’effarement d’un québécois qui irait, par exemple, consulter le DicoBlogue :
A black sky and dead stars - A Frog in the Valley - A Place Nearby - Access Granted - Addy’s - Anadema’s Story - Archiguy - Arkadia’s diary - Ataraxy - Athmosfear - Bad News From The Stars - Being be-rewt - BeOne’s Show - Better Things - Between The Darkness And The Light - Beyondthesunset - Bi yourself - BiteGirlz - Blog My Day - Blog Of Filou - Blog out - Blue ashes - Blue Sky - sometimes behind clouds - Bubblegumperfume - Camstory - Cerise’s diary - ChessBlog - Chiken suicide - CityZen - Climb to the stars - Cool Blog - Counting Sheeps - Crazy Teenagers - Cybelia’s Cottage…
Oh là ! J’arrête là. Allô, la francosphère ? Quel navrant paysage. Ca vous fait quoi d’avoir un nom de blogue en anglais ? C’est plus cool ? C’est plus in ? C’est plus hype ? Ça fait djeun ? Écrivez-vous anglais pour autant ? Pensez-vous avoir l’air plus intelligent ou espérez-vous ajouter du sens à des pensées creuses ? À chaque époque ses modes et son snobisme… Mais il est vrai que celui de la carpette anglaise à l’excès m’agace.

PS. Au moins, même si elle n’est pas de mon avis, il y en a une qui ne s’appelle pas The Fly. ;-)
The Cool Fly qui remarque judicieusement qu’il y a encore bien pire : “Ha bon, moi c’est le sms qui me détruit les yeux et le cerveau.”

PS. bis. Le cultissime Bonbourret n’est plus à jour depuis de 18 juin…

PS. ter. Petit Padawan en remet une couche sur le SMS

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Streaker [mercredi 23 juillet 2003]

20030723.jpg

A TEENAGER dropped his pants in front of the Queen at Buckingham Palace yesterday — then ran past slapping his bottom and shouting: “Wahey!”

The garden party guest was rugby-tackled by a scarlet-clad Yeoman of the Guard as he dashed towards the royal tea tent.

Her Majesty is thought to have got an eyeful of the 17-year-old’s crown jewels — but did not bat an eyelid.

The Sun.

Info croustillante repérée par MIF qui a vraiment l’oeil pour la vraie info… ;-)

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Concours Cochonnaille [mercredi 23 juillet 2003]

Le 16 juillet dernier, je vous racontais le peu de succès qu’avait eu Chloé et sa promo Sony auprès de moi. Et Garoo nous signalait comment il avait été approché de la même manière. Martin se demandait si il n’y avait pas un blogueur qui allait un jour accepter l’offre…

Cela est désormais chose faite puisque c’est le blogueur belge le plus connu qui a succombé aux charmes de Chloé Sony…

Donc, si vous voulez jouer au fabuleux concours Sony, c’est ici que ça se passe

[Merci à Jean-Luc pour le tuyau.]

Alors, je n’ai pas voulu rester en rade sur la mercantilisation de la blogosphère, et je poursuis ainsi le chemin inauguré brillamment par Géradon :

Bon, en partenariat avec Cochonou, saucissons et salaisons pur porc, j’ai quelques lots à vous proposer. Il vous suffit de répondre à 3 questions absolument rocambolesques et d’envoyer le tout à mon email chéri que je polis avec amour. Attention, ça ne rigole pas, on m’a fait parvenir les dernières rosettes de Lyon et une andouille de Vire comme lot principal (lot de consolation, un pot de rillettes du Mans), alors s’il vous plaît. Tu veux ça dans la panse ? Bon, et bien soit tu sors et tu taxes, soit tu réponds à ça et tu pries pour être tiré au sort :

1) Combien de porcs sont élevés en Bretagne ?
2) Combien de saucisses de Francfort sont mangées en Alsace chaque année ?
3) Dans quelle bouchon lyonnais Elise et Fontaine se retrouvent-elles pour finir leur semaine ?
Concours Officiel, jusqu’au 31 août inclus (tirage au sort).

PS. Cet expert en cochonnailles n’a pas le droit de participer.

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Orientation de l’usage qui est roi [jeudi 24 juillet 2003]

“Toutefois, quelque avantage que nous donnions à la cour, elle n’est pas suffisante toute seule de servir de règle, il faut que la cour et les bons auteurs y concourent, et ce n’est que de cette conformité qui se trouve entre les deux que l’usage s’établit.”
Claude Fabre de Vaugelas, 1647.

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Coup de chapeau [jeudi 24 juillet 2003]

Après parution de mon billet d’humeur The Coolitude Of The Blogoshere, je viens de remarquer que le blogue de Nicolas a subi une francisation : de Being be-rewt, il est devenu : Dans la peau d’une biroute

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/bin/sleep [jeudi 24 juillet 2003]

Le Glazou n’a pas l’air vraiment très gai. Mais on peut le comprendre, se faire virer du jour au lendemain d’un travail pour lequel on a investi pas mal de passion…

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Frustré ! [jeudi 24 juillet 2003]

Ne cherchez plus son beau visage dans les cours de baladi, de cuisine thaïlandaise ou de yoga. Il ne sera pas assis à la fenêtre d’un café romantique ou devant le fauteuil de sa psychothérapeute. Le “nouvel homme”, cet homme complet qui n’a peur ni de sa force ni de ses faiblesses, cet être mythique dont on nous promet la venue depuis des années, est enfin là, mis à nu devant nos yeux curieux. Vous le trouverez grâce à son cybercarnet, une sorte de carnet de bord de la vie, offert au vu et au su de tous, sur le Web.
Martine dans Virus.

Frustration intense : pourquoi on a pas Virus dans nos kiosques en France ?

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Star Wars Kid [vendredi 25 juillet 2003]

Je me pose des questions sur les parents de Ghyslain Raza, alias le célébrissime Star Wars Kid. Parents qui demandent aujourd’hui 225,000 $ CAD de dommages, car Ghyslain n’aurait pas supporté la moquerie et serait désormais en établissement psychiatrique.

Oui, je me pose des questions sur des parents qui ont un grand garçon de 15 ans, obèse et manifestement fragile psychiquement, qui n’ont visiblement pas su assister leur enfant dans cette épreuve, et qui ne trouvent pas mieux que de rajouter une surexposition médiatique à cette histoire dérisoire par un procès qui va faire grand bruit et relancer la diffusion de ce clip plus navrant que drôle.

Ghyslain, vu son physique disgracieux (mais hélas relativement commun en Amérique du Nord), a dû subir déjà bien des moqueries, parfois terribles, durant sa jeunesse. Est-ce que ses parents l’ont armé pour faire face à cette adversité ? Vu son état actuel, on peut en douter. Est-ce qu’ils l’ont aidé à voir de façon positive sa célébrité mondiale et tenter d’en voir les bons côtés ? Sans résultat probant, en tout cas. Enfin, l’ont-ils engraissé au junk-food pour en arriver là ?

D’autre part, est-ce que l’on peut livrer à la justice quatre adolescents qui se sont livrés à une blague potache qui aurait dû normalement ne pas avoir de conséquences autres qu’un gros éclat de rire ? Leur pourrir à leur tour leur vie ?

Cette nouvelle histoire de l’Internet soulève en tout cas bien des questionnements…

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Encore refaite ! [vendredi 25 juillet 2003]

Qui ça ? Ma blogoliste, bien sûr ! J’ai abandonné le critère de fréquence (régulièrement, souvent, de temps en temps, etc.) qui avait l’air d’être l’expression d’un jugement de valeur, ce qui n’était pas vraiment le cas, mais plutôt le résultat d’une péréquation entre la fréquence de publication des blogues et mon goût du moment.

Je suis donc revenu à quelque chose de classique. De plus, comme je me suis remis à utiliser un agrégateur, ce classement personnel n’était plus vraiment de mise.

Je reste toutefois circonspect sur le résultat… C’est quoi la blogoliste idéale ? En tout cas, ce qui est sûr, c’est que je lis trop de blogues…

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Coeur à prendre [samedi 26 juillet 2003]

J’ai un peu le sentiment d’avoir tout essayé, là : les chats soft, les chats sexe, les bars, les boîtes (comme si l’homme de ma vie pouvait être un habitué des bars et des boîtes, ha !), les saunas, les cruising-bars, les lieux de drague, et j’ai même essayé le blog.

Garoo.

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Politique éditoriale [dimanche 27 juillet 2003]

Politique éditoriale de “Mario, tout de go”.

Je résume très brièvement : Être compréhensible par tous. Être sincère. Citer ses sources. Respecter la langue française. Modifications des anciens billets claires et commentées. Pas de “dé-publication” sans explication. Droit de supprimer des commentaires. Des pages légères. Répondre aux courriels. Commenter sur les autres carnets. Participer à des projets collaboratifs.

“Je suis responsable de ce que j’écris et de ce que je publies. Cette responsabilité fait en sorte que je doive respecter un certain nombre de règles concernant la publication WEB en générale et de celle qui consiste à rétropublier. Par exemple, un auteur peut citer un billet et y revenir plus tard et trouver le texte modifié considérablement. Ce problème pourrait potentiellement endommager la crédibilité de l’auteur, particulièrement si de tels changements ne sont pas identifiés dans le cybercarnet.” Mario.

Sur le même sujet : Déontologie du blogueur, en 25 points, par Jean-Luc.

À chaque blogue, sa déontologie. S’il peut y avoir des principes généraux et universels comme “citer ses sources”, à chaque blogueur se définir sa propre déontologie qui sera dépendante de sa conscience, de ses intentions, des spécificités de son blogue et de la manière dont il souhaite être reçu par ses lecteurs (crédibilité).

Et pour mettre cela en pratique, il me faudra bien aussi publier ma propre déontologie, ce petit carnet de bord qui m’indique la route à suivre en toutes circonstances.

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Weblogues.com, version 1.0 [lundi 28 juillet 2003]

La nouvelle version de Weblogues.com est vraiment impressionnante. Je comprends mieux maintenant la mise en sommeil du blogue de son créateur Marc-o depuis plus d’un mois…

Une des nouvelles fonctions est la fourniture de fils XML thématiques qui permettent découvrir les derniers articles publiés par les blogueurs autour d’un thème donné directement dans son agrégateur de nouvelles. Et j’en suis tombé sur le cul (pardonnez-moi l’expression), il y a même un “canal gay”… [PS. Pas de canal Québec ?].

Ne ratez pas non plus l’indispensable générateur de méta-données avec toutes les explications nécessaires (manque encore la page FOAF…).

Sur la page d’infos concernant mon esquif sur le Net, j’ai découvert une nouvelle fonction de statistiques donnant la durée moyenne entre deux mises à jour, soit pour Navire.net, 11 heures. Bien entendu, je me suis immédiatement reporté sur la page de JLR où j’ai trouvé : “Durée moyenne entre les mises à jour : 2 heures”. Imbattable, je pense…

Il y a tant de nouvelles fonctionnalités sur Weblogues.com que les énumérer serait fastidieux, le mieux est d’aller tout de suite les découvrir…

J’oubliais le meilleur, Weblogues.com, sous-titré le “radar blogosphérique”, a une nouvelle signature : Vive les blogues francophones !

Pour résumer : impressionnant travail et encore plus indispensable pour voguer dans les flots tumultueux de l’océan de la blogosphère en français.

Contre-indication : alimente gravement la chronophagie de votre activité de blogage.

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À quoi servent les nobles ? [mardi 29 juillet 2003]

Loin de défendre une forteresse assiégée par l’usure du temps, les aristocrates apportent une patine aux valeurs traditionnelles qu’ils incarnent tout en épousant la modernité.
[Figaro Magazine, Stéphane Bern].

Il n’y a que dans le Figaro Magazine qu’il est possible de traiter de questions aussi oiseuses, et il n’y a qu’un Stéphane Bern pour s’atteler à la tâche.

Si un nom à rallonge permet de briller dans les relations publiques - où il véhicule un préjugé de bonnes manières, d’élégance et de savoir-vivre, à moins que ce ne soit une référence en matière de relationnel et de carnet d’adresses -, il est un paratonnerre à moqueries dans une cour de récréation. Certes, on comprendra que “l’aristophobie” ne soit pas une priorité des associations antiracistes, mais un nom à particule sera montré du doigt plus sûrement qu’un patronyme à consonance juive ou maghrébine.
[Figaro Magazine, Stéphane Bern].

Au secours !

Pour réussir en France, tu préfères t’appeler Farida Ben Soussan ou Hermine de Clermont-Tonnerre ? D’ailleurs, c’est une telle honte de s’appeler Isabelle de Truchis de Varennes qu’il y en a une qui se fait appeler Zazie.

Si jamais nous remettons en fonction la guillotine place de la Concorde, je propose d’envoyer Monsieur Stéphane Bern pour l’essayer en premier, car même si le lèche-cul des fins-de-race, aux regards énamourés pour la moindre pucelle à particule, n’a pas un globule de sang bleu, son abnégation à la cause de la loi du sang mérite récompense, et qui sait anoblissement. Il serait même capable de frémir de plaisir à l’idée d’un tel honneur et d’en souiller son caleçon de popeline fait sur mesure à Saville Row.

Post-scriptum. Anecdote personnelle : figurez-vous que j’ai cotoyé plusieurs années Stéphane Bern au lycée! Il se trouve que c’est le même lycée que celui où Jacques Chirac a usé ses culottes, le jeune Chirac qui se voyait ainsi noté par l’un de ses professeurs : “parle beaucoup pour ne rien dire” [À l’occasion de la préparation d’une exposition sur l’histoire du lycée, dans le cadre d’un projet pédagogique, nous étions tombés sur les carnets de notes du Jacquot dans les archives. Authentique…].

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Churn Rate In Blogosphere [mercredi 30 juillet 2003]

For my data, at least, it looks like a third of weblogs indexed by the census are abandoned or defunct — that’s a 33% churn rate. I posted the detailed results over at the census website, so go pay a visit. We’ll even give you a pie chart!
Maciej Ceglowski.

(The churn rate is the percentage of users that cancel a service, i.e. webloggers that will never post again — despite the fact that their weblog might remain online).

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Rayons classés X [mercredi 30 juillet 2003]

Grâce à Manur, j’ai découvert un artiste belge (comme s’il était nécessaire de préciser cet état de fait…) : Win Delvoye.

pipe aux rayons x

Ces visions particulièrement crues (classées X) sont étrangement dépourvues à mon regard de toute trace d’érotisme. Le medium impose de lui-même une vision clinique et mécanique de l’acte. Le regard en vient même à détailler les amalgames dentaires et l’agencement des cervicales… D’un point de vue pratique, on observe également une disproportion entre le réceptacle et le membre intrusif. La seule trace d’humanité semble finalement résider dans la main qui se veut guide, impulsion et objurgation du désir.

Que de chemin parcouru depuis la première radiographie du corps humain, celle de la main du découvreur de la technologie, Wilhelm Conrad Röntgen, en 1895…

Mais il y a quand même des radiographies qui ont le don de provoquer mon excitation…

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Créativité américaine [mercredi 30 juillet 2003]

On n’investira pas aux États-Unis sur les mauvaises nouvelles. Le Pentagone a en effet renoncé mardi à mettre sur pied un marché à terme qui aurait porté sur la prédiction d’actes terroristes, sur les coups d’État ou les assassinats politiques. Le projet avait déclenché un tollé au sein de l’opposition démocrate.

(…) Ce projet avait été discrètement concocté par le Pentagone, le ministère américain de la Défense, dont les experts avaient pensé que les marchés avaient des dons de divination, particulièrement pour les événements en gestation au Moyen-Orient. Les spéculateurs auraient pu parier sur la probabilité par exemple de l’assassinat du président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, ou du roi Abdallah de Jordanie, voire même d’un tir de missile nord-coréen.

(…) Ce projet a été baptisé de manière plutôt neutre: “Policy Analysis Market” par son concepteur, l’Agence des projets de recherche avancée en matière de défense, la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency). (…) La Darpa se justifie ainsi: il s’agit “d’explorer le plus large éventail possible des nouveaux moyens d’empêcher les attentats terroristes.”

[Associated Press, Le terrorisme ne sera pas coté en bourse.]

Ce lien est une gracieuseté de Michel Dumais. Encore une illustration de la stupidité créativité de l’administration américaine.

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Harvey Milk High School [jeudi 31 juillet 2003]

photo HMI.org

The Harvey Milk High School est un lycée de la ville de New-York un peu particulier puisqu’il accueille les gais, les lesbiennes, les transgenres et ceux qui se posent encore des questions, âgés de 12 à 21 ans. La scolarité y est orientée arts et technologies. Et la bonne humeur y semble de mise comme en témoignent ces photos.

Actuellement en travaux, l’établissement va voir sa capacité passer de 100 à 170 élèves à la prochaine rentrée.

Bien sûr, certains, dont les motivations ne sont pas toujours avouées, hurlent au ghetto. Des écoles pour les catholiques, pour les surdoués, pour les sportifs, pour les sur-actifs, pour les déficients mentaux, pour les protestants, pour les noirs, oui, pour les homos et autres tarés de la sexualité, hors de question. Et comme le programme est de plus financé par des fond publics avec la bénédiction du maire Michael Bloomberg, certains se déchaînent…

Certes, ce genre d’établissement est un aveu d’échec. L’échec d’une société qui n’arrive pas à faire oeuvre de tolérance et à admettre dans de bonnes conditions les élèves différents du stéréotype. L’échec d’un société où de tels faits divers sont possibles. L’échec d’une société qui a déjà, de fait, ses ghettos sociaux et raciaux.

Mais comme on ne refait pas la société d’un coup de baguette magique et de deux ou trois bonnes pensées, ce type de lycée me parait indispensable pour accueillir ces jeunes, notamment les plus fragiles et ceux qui ont déjà eu à souffrir du rejet et la haine, et tenter de leur donner une égalité des chances à une période cruciale de leur développement personnel.

Dois-je rappeler aussi que, dans bien des pays industrialisés, l’une des principales causes de suicide des jeunes est l’homosexualité mal vécue et rejetée par l’entourage ?

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Infernale blogosphère [jeudi 31 juillet 2003]

Comme je suis curieuse, j’aime bien découvrir les autres blogs, me balader dans la blogosphère en chantonnant, ça m’amuse souvent et quand je n’aime pas, je zappe tout simplement…

Il y a un nombre hallucinant de blogs francophones, autant que j’y aille, je finis toujours par m’y perdre ! Je mets des blogs en favoris en me disant, tiens faudra que je repasse par-là, puis ma liste de favoris devient si grande que je me perds toujours…

J’ai pris au fil des mois, des petites habitudes de blogs, comme des cafés ou des parcs où l’on va lire un livre pour se changer les idées. Et comme je me retrouve avec trois blogs, j’ai mis en place mon propre système de liens où je me perds moins…

Vol de Mots.

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