journal de bord | février 2003

Le Devoir en ligne [samedi 1 février 2003]

Pour pouvoir lire le Devoir en ligne, il faut être abonné du journal version papier. Cela tient du non-sens. Et pour moi qui n’aurait jamais le plaisir de “recevoir mon exemplaire du journal Le Devoir à ma porte, du lundi au vendredi avant 7 h 00 et le samedi avant 9 h 00”, on frôle l’aberration.

Pourquoi n’y a-t-il pas une formule d’abonnement à prix modique uniquement pour la lecture Web ? Hohé ! Y-a-t-il quelqu’un avec deux sous de jugeote au Devoir ?

Ou mieux encore, pourquoi le Devoir ne se penche pas sur les modèles économiques du Monde et de Libération, par exemple ?

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Histoire belge [samedi 1 février 2003]

Les Belges sont décidément surprenants : après avoir légalisé l’euthanasie fin 2002, ils autorisent le mariage homosexuel, et cela alors qu’ils vivent dans une monarchie où la religion catholique garde tout son poids. Et un projet de dépénalisation du cannabis devrait être adopté sous peu. De quoi faire méditer notre République laïque.
[ Libération ]

Discussion imaginaire :
Moi : Allo mon lapin, et si on allait vivre à Bruxelles, dans ce pays si progressiste et accueillant ?
Lapin : Il n’en est pas question.
Moi : Mais pourquoi, tu ne veux donc pas m’épouser ?
Lapin : Là n’est pas la question.
Moi : Alors, c’est quoi ton problème ? C’est le pays scindé dans une querelle linguistique qui t’effraie ?
Lapin : Tu sais, je te connais.
Moi : Ah ?
Lapin : Si on vivait à Bruxelles, tu mangerais à tous les jours des frites et de la bière, pis tu deviendrais obèse. Pis tu mettrais de la marie-jeanne dans ta pipe et tu serais complètement flyé.
Moi : Pfff, pour qui tu me prends ?
Lapin : Pour ce que tu es, ma marmotte.

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Instantané [samedi 1 février 2003]

Copine : Tu as bien raison d’avoir choisi les garçons. Les filles, c’est tellement pénible, elle sont compliquées et chiantes, alors que les mecs, ils sont si simples et si prévisibles.

Moi : Heu, tu sais, j’ai pas choisi…

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Abstinence ou piratage [samedi 1 février 2003]

Comme sur les vieux 45 tours, le tube “musique et Internet” a deux faces. Face A, il y a la ritournelle du piratage en train de tuer la musique, entonnée par toute l’industrie lors du Midem en janvier. Et puis face B, le refrain plus discret de l’incapacité de l’industrie elle-même à proposer une alternative légale sur l’Internet aux sites d’échanges gratuits de chansons. Catalogues parcellaires, services coûteux et limités, majors distribuant elles-mêmes leur musique : acheter de la musique légale sur le Net frise l’acte de foi.

(…)

Lambiner. En France, l’affaire est en train de tourner au pugilat. “Les majors ne peuvent pas à la fois se plaindre de la piraterie et refuser l’ouverture de leur catalogue à des plateformes de distribution tout à fait officielles”, a déclaré mardi Jean-Noël Rheinardt, le président de Virgin France, propriétaire de VirginMega.fr, version en ligne des Megastores.

(…)

De toute façon, selon Pascal Nègre, l’urgence n’est pas dans une offre exhaustive payante : “La première étape est de réduire la piraterie.” Pour lui, tant que les internautes auront le choix “entre un petit disquaire payant et l’équivalent gratuit d’un Virgin”, les offres commerciales n’ont aucune chance. Il préfère du coup réclamer, avec une bonne partie de l’industrie, un filtrage des sites comme Kazaa. Bref, en attendant que tout ce petit monde s’entende, les internautes désireux de musique sur le Net n’ont qu’une alternative : l’abstinence ou le piratage.

[ Libération ]

Sur le même sujet, à bord du navire :
Copie privée, bouc-émissaire.
Pascal Nègre ou le corporatisme moisi.

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Besoin d’aide, SVP [samedi 1 février 2003]

Ma validation XHTML 1.0 Transitional échoue sur un URL.

Quelqu’un pourrait-il m’aider et me dire si il y a une solution ?

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Phare libertarien [samedi 1 février 2003]

Le Québécois libre, chantre du néo-libéralisme, vient de publier aujourd’hui un texte d’une grande naïveté et qui démontre une méconnaissance certaine du monde maritime. Et croyez-moi, à bord de ce navire, la navigation, je connais.

L’auteur, Mickaël Mithra, s’insurge contre le chapitre sur le libéralisme dans l’encyclopédie Yahoo qui cite l’exemple du phare, en tant que bien collectif dont l’édification ne peut se faire que si une contrainte oblige les individus à coopérer.

L’auteur pense que dans une “société libre”, si un groupe d’individus a intérêt à construire un phare — “ce qui veut dire que le phare a de bonnes chances de rapporter plus au groupe que ce qu’il lui coûtera” —, ce phare verra forcément le jour.

Il illustre par un exemple avec un fictif Dumarin, propriétaire d’un port :

Or, le brave Dumarin, propriétaire du port en question (ou de la halle à poisson), réfléchit (lui aussi! décidément, il n’y a que les hommes de l’État qui ne le font pas…) et se dit :
“Si je construis un phare, il y aura deux, trois, ou dix fois plus de bateaux qui voudront venir dans mon port vendre leur marchandise, parce que ce sera beaucoup moins dangereux pour eux, donc moins coûteux. Je vais donc construire un phare et en répercuter le coût sous forme, par exemple, d’un droit d’entrée dans mon port. Je vais aller en parler à mon banquier.”

Il y a là des erreurs :
Le capitaine du navire est incité à aller vers le port suivant, certes sans phare, mais sans taxe. La taxe additionnelle rend le port de M. Dumarin moins compétitif.
Le port de M. Dumarin ne devient intéressant que la nuit, car le phare est d’une toute relative utilité par grand jour. Le capitaine fera le calcul de ce qui est le plus intéressant pour lui : arriver au port de jour comme de nuit, mais en payant une taxe, ou bien n’arriver au port que le jour et ne rien payer. Je gage que les armateurs indiqueront au capitaine de privilégier le deuxième port quand cela lui sera possible.

Les considérations économiques dans le monde maritime ne sont pas prises à la légère. L’histoire de la navigation démontre que la rentabilité a toujours prévalu sur la sécurité. La sécurité maritime ne se fait qu’à coups de réglementations, et la réglementation a toujours fait pleurer les armateurs (ceux qui ne sont pas sur les navires et qui engrangent à terre les bénéfices). C’est le cynisme de l’histoire de nos économies libérales.

Une autre histoire, supposons que je dirige un pays avec une portion de côte sans ports et très dangereuse. Les marins de mon pays fictif ne vont jamais dans ces parages, car il n’y a pas de port, juste des rochers, et qu’ils savent bien les dangers de la zone. Pourtant, chaque année, des bateaux étrangers, qui ne connaissent pas ce littoral, se font piéger et de nombreux marins meurent. Un phare éviterait ces catastrophes mais quelle utilité pour mon pays, quelle rentabilité ? En tant que président libéral cynique, je me fiche de ces métèques de pays sous-développés qui viennent crever sur mes rivages. Ils ne me coûtent rien.

On peut m’objecter qu’un phare aurait quand même une utilité pour mon pays en évitant des catastrophes écologiques. Sauf qu’à l’époque où l’on construisait des phares, la notion de catastrophe écologique n’existait pas et nous n’avions pas encore inventé le super-tanker plein de mazout.

La plupart des phares de nos littoraux coûtent beaucoup et ne font pas gagner d’argent, la notion de rentabilité d’un phare me semble oiseuse. La vocation première d’un phare, c’est de sauver des vies humaines (et aujourd’hui, d’éviter des catastrophes écologiques). Je vois bien ce que cela rapporte à la collectivité, mais pas en terme de rentabilité économique, car pour moi, la vie humaine n’a pas de prix. Si l’on ne raisonnait qu’en termes comptables, la plupart de nos phares n’existeraient pas. Car le coût économique des catastrophes provoquées par l’absence de certains phares de second rang serait souvent inférieur à l’édification et l’entretien de ces phares.

Imaginez un village de pêcheur qui n’a pas les moyens de construire un phare. Un phare qui ne servirait qu’à eux puisque la pêche serait la seule activité économique de leur petit port. Un village où chaque année, un ou deux pêcheurs se noieraient faute de phare. La pêche leur permet à peine de survivre, alors construire un phare… Si l’État n’intervient pas, avec l’argent des impôts de gens qui n’habitent même pas au bord de la mer, et bien, il y aura toujours des pêcheurs noyés et tout le monde s’en fout. C’est néo-libéral. Ça coûte combien un ou deux pêcheurs noyés par an ?

Pour terminer, à l’époque du GPS et du Radar, cette discussion risque de devenir obsolète…

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Provocation gratuite [samedi 1 février 2003]

Et bien moi, je l’aime bien le mot “blogue”.

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Deuil [samedi 1 février 2003]

La grande famille de l’espace est en deuil aujourd’hui. Il ne faudrait pas pour autant arrêter les programmes spatiaux. Les hommes décédés dans cet accident ne l’auraient sans doute pas voulu. Cette aventure humaine est belle, mais n’est pas sans risques. Saluons le courage des hommes et femmes qui s’y consacrent.

Ironie de l’histoire, le premier Israélien dans l’espace avait participé au bombardement du réacteur Osirak en 1981. Certains dans le monde arabe, et en Irak en particulier, vont pouvoir se réjouir et y voir un signe de la toute puissance de Dieu.

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L’école, ma petite entreprise [dimanche 2 février 2003]

Les bons d’étude incitent les écoles à mieux répondre aux exigences des consommateurs de services éducatifs, les parents. L’ensemble des recherches sur les effets des bons d’étude montrent qu’il y a consensus à l’effet que les parents qui choisissent l’école de leur enfant sont plus satisfaits et qu’ils ont tendance à s’impliquer d’avantage dans l’éducation de leur enfant.
[ Institut Économique de Montréal ]

Les parents sont envisagés comme des “consommateurs de services éducatifs”. L’école entre de plein pied dans la société de consommation. L’éducation n’est qu’une marchandise comme une autre. Au secours !

Qui peut penser que les parents sont les meilleurs juges du choix de leur école et de leur système éducatif ? Je fais un parallèle avec la télévision : les téléspectateurs ont le choix de regarder ce qu’ils veulent. En France, par exemple, les sondages révèlent une chose étonnante : les Français déclarent aimer Arte (une chaîne culturelle au financement public, qui retransmet des opéras à 20 heures 30, produit des émissions de géo-stratégie, ou encore des entretiens avec des écrivains) et ils disent la regarder régulièrement. Hors, dans les études d’audience qui ne sont pas basées sur le déclaratif, on voit que Arte a une part de marché de 3 à 6 % alors que TF1 (une télévision privée, racoleuse et vulgaire, dont la programmation réside uniquement sur la rentabilité des émissions) caracole environ 28 jours par mois en tête de l’audience toutes chaînes confondues. Imaginez maintenant de laisser le choix aux parents et aux enfants de l’école qu’ils veulent… Je dis “aux parents et aux enfants”, car chacun sait qu’aujourd’hui, l’enfant participe aux choix de consommation de ses parents. Ainsi, on voit maintenant dans les publicités d’automobiles, des enfants prescripteurs. De plus, arrivé aux âges du collège, il faudra vraiment beaucoup d’autorité aux parents pour arriver à imposer une école à leurs enfants.

Et du côté de l’école, combien de paillettes et de strass faudra-t-il pour capter le consommateur de services ? Faudra-t-il créer un département marketing dans l’école pour établir le programme scolaire ? Comment séduire les parents autrement qu’en faisant des études de marché, en analysant les attentes ? Quid des cours optionnels de latin et de grec, qui coûtent chers, et ne rapportent rien ? Autant mettre cet argent sur l’activité hockey… Adieu directeurs d’école humanistes et idéalistes, place aux gestionnaires ! Et on va transformer la cantine en fast-food aux couleurs Mc Donald, les enfants aiment tellement ça qu’ils tanneront leurs parent pour venir dans ma belle école.

Alors une école TF1 ou une école Arte ?

Comment les bons d’étude améliorent-ils la productivité des écoles?
En liant le financement des écoles au nombre d’élèves qu’elles accueillent, les bons d’étude permettent aux parents d’exercer un contrôle efficace sur l’école, tout comme ils le font comme consommateurs avertis dans d’autres domaines. Ils se substituent ainsi aux contrôles hiérarchiques néfastes en faisant pression pour obtenir des services éducatifs au meilleur rapport qualité/prix, ce qui entraînent une diminution du coût des services éducatifs tout en améliorant la performance scolaire des élèves.
[ Institut Économique de Montréal ]

D’où vient cette notion du consommateur averti qui dicte ses lois au marché ? J’ai plutôt le sentiment que le consommateur est souvent le dindon de la farce. Si l’école fonctionne comme le marché de l’alimentation, on se prépare des générations d’analphabètes au même titre que nous avons déjà nos générations d’obèses. L’offre commerciale ne se pare pas des vertus de la morale et de l’éthique. Si vous avez des bas instincts, elle vous offrira l’offre qui convient, soyez en sûrs. Et soyons très clairs, le consommateur est manipulé par les offreurs de biens et services de consommation. Cela s’appelle le marketing et la publicité. Je connais, c’est mon métier… Croire au total libre-arbitre du consommateur, du “consom-acteur”, croire aux vertus de l’individualisme, croire à l’auto-régulation, c’est de la connerie (désolé, je n’ai pas d’autre mot qui me vient à l’esprit).

Les choix pédagogiques ne doivent pas être dictés uniquement par le rapport qualité/prix. La culture n’est pas un commerce, l’école n’est pas un super-marché. Non à la dictature du consommateur. Ne confions pas l’avenir de nos sociétés à ces brutes néo-libérales. Pitié, un peu de bon sens, un peu de lumière. Élevons nous contre cet obscurantisme.

La valeur des bons d’étude serait-elle identique pour tous les élèves?
Non. La valeur des bons d’étude varie en fonction du niveau de l’élève et de ses capacités cognitives.
[ Institut Économique de Montréal ]

Là, je rends les armes. Je vous laisse tout seul analyser les implications concrètes de cette déclaration.

Il faut que je laisse tomber Internet, cela devient fatigant d’avoir un nouveau sujet d’indignation chaque matin. Partir vivre sur une île, loin de ce monde effrayant. Ou mieux encore, vagabonder d’océan en océan, loin de ces hommes qui me désespèrent. Rendre les armes, et savourer le confort de la défaite.

Post-scriptum : Oui, je suis révolté, révulsé, retourné. Oui, il y a peut-être des choses plus intelligentes à dire, des contre-analyses plus fines à proposer. Prenez ce texte comme un cri du coeur, un cri des tripes. Cette prime à l’utilitarisme, à la productivité, au rendement dans un domaine aussi précieux et sensible que l’éducation, dans un domaine aussi fondateur de nos sociétés et de leurs avenirs, m’indigne au plus haut point, me met en colère et la colère n’est pas toujours bonne conseillère. Je ne nie pas que le secteur éducatif traverse une crise, autant en France qu’au Québec, mais je ne vois là que mauvaises réponses à vrais problèmes.

Réponses simplistes, démagogiques, issues d’une idéologie du commerce. Regardez les mots utilisés dans ce texte, dans l’ordre : mécanisme de marché, revenus, fonctionnement optimal, moyens financiers, diminuer les coûts, performance, consommateurs de services, ajustement des dépenses, économiser, augmentation de la productivité, meilleur rapport qualité/prix, déréglementer, financement, biens et services, abaisser le coût des services, épargne, contrôle des coûts, maximiser le retour sur investissement, gérer, valeur, diversifier l’offre, clientèle étudiante, concurrence, critères socio-économiques, etc. Que du vocabulaire économique. Pas un seul mot sur le rôle de l’éducation, cherchez bien, vous n’en trouverez pas.

Ne laissons pas aux économistes l’avenir de notre société.

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Con [dimanche 2 février 2003]

Je suis passé du jour au lendemain du statut de jeune con à celui de vieux con.

Personne n’a pris la peine de me prévenir.

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Jeanne d’Arc était rousse [lundi 3 février 2003]

Alors que je débarquais de mon navire par belle nuit de pleine lune, mon attention fut attirée pas un fracas métallique. Sur le quai, se dressait en armure, une hallebardière brandissant un fier étendard. Des rayons séléniens soulignaient les rougeoiements de sa chevelure caressée par la brise. Frémissante du courroux des justes, me toisant du haut de sa cuirasse, elle déclara impérieuse “Il faut bouter l’Anglois hors de notre douce langue !”. Saisi de stupeur, je répondis :
— Plait-il ?
— Ah ! que ton impudence excite mon courroux !
— Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ?
— Fusses-tu par-delà les colonnes d’Alcide, je me croirais encor trop voisin d’un perfide.
— Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnez, quels amis me plaindront, quand vous m’abandonnez ?
— Va chercher des amis dont l’estime funeste honore l’Albion, flétrit notre langue je l’atteste ; des traîtres, des ingrats sans honneur et sans loi, dignes de protéger un méchant tel que toi.

Misérable parmi les misérables, j’avais provoqué la légitime irritation de l’hardie chevalière par quelque libelle sur mon modeste carnet. C’est donc le coeur gros que je regagnais mon navire, que je fis dévirer les aussières, et que je mis cap sur l’étoile éclairant ma défaite.

Bon, blague à part, je reprendrai pour miens les mots de la rouquine : “Les anglicismes gratuits et inutiles ne sont justifiables ni chez l’un, ni chez l’autre. Mais plutôt que de mutuellement citer leurs forces langagières respectives et bien réelles, et d’y puiser inspiration afin de préserver une langue qui le mérite, nos deux peuples coqs ne trouvent souvent rien de mieux à perpétrer que l’ergotage de ses pairs, en cherchant le pire coupable des deux. Pendant ce temps, l’envahisseur rigole et tisse la toile qui nous perdra.”

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Sopranos [mardi 4 février 2003]

Mes deux séries télévisées préférées du moment sont, comme pour beaucoup de monde, Les Sopranos et Sex & City (ce qui prouve bien, si besoin était, que je suis loin d’être anti-américain).

Scénarios subtils, mise en scène en béton (David Chase), acteurs magistraux (James Gandolfini, Edie Falco, Michael Imperioli, Lorraine Bracco), montage énergique, image maîtrisée et choix musicaux inédits, Les Sopranos ont récolté un immense succès, ce qui prouve que réaliser des programmes de qualité, ce n’est pas forcément proposer du caviar aux cochons. Une telle aventure (comme Six Feet Under) n’aurait été possible sans l’audacieuse politique de production de la chaîne HBO.

Si vous ne connaissez pas encore Les Sopranos, c’est une saga familiale moderne un peu particulière, où l’on suit une famille américaine quasi-typique, si ce n’est les activités professionnelles du chef de famille, officiellement dans l’industrie du recyclage, officieusement patron de la Mafia du New-Jersey. La série s’attache autant aux problèmes que rencontre toute famille qu’aux activités de la Mafia telles qu’elles existent aujourd’hui en Amérique du Nord, où les activités traditionnelles (prostitution, drogue, jeux), trop risquées et en concurrence avec de nouvelles vagues d’immigrants (Latinos et Europe de l’Est), cèdent la place aux cols blancs (manipulations au Nasdaq, trafics dans les télécoms, marchés publics, etc.). Si la Mafia change, la famille subit aussi de plein fouet les révolutions actuelles. Les conflits entre deux ados ingrats et des parents attachés aux valeurs traditionnelles sont une source inépuisable de rebondissements au scénario. Mais le clou de la modernité, c’est bien sûr Tony Soprano, le boss, qui vit des angoisses existentielles, une relation douloureuse avec sa mère (la mama italienne castratrice), et qui consulte en catimini une psychanalyste. On suit toute une galerie de personnages, plus vrais que nature, attachants malgré leurs actes parfois d’une violence extrême. Il n’y a pas de jugement moral, juste un regard sur cette société en mutation, qui en s’attachant à une micro-société (la communauté italienne du New-jersey) a une portée universelle et sait toucher des spectateurs dans le monde entier.

Mais pourquoi donc je vous parle de la famille Soprano ce matin ? Ah oui, c’est suite à ma lecture de La Presse de ce matin où l’on peut trouver ceci :

Michael Strizzi, président d’OMG Québec — une firme qui a des contrats avec la Ville de Montréal pour installer des poubelles publicitaires sur les trottoirs — a déclaré, hier, être un ami de longue date du chef de la mafia canadienne, Vito Rizzuto. C’est pourquoi il lui prête depuis environ deux ans une jeep de la maison mère de l’Ontario.
(…)
Pourquoi prêter le véhicule d’une compagnie au chef de la mafia? a demandé La Presse . “Chef de la mafia… ce qu’il fait pour gagner sa vie ne me regarde pas. La communauté italienne est une très petite communauté.”
(…)
Au moment de l’appel de La Presse, en milieu d’après-midi, il [Salvatore Oliveti , grand patron d’OMG] disait chercher désespérément à joindre Michael Strizzi pour obtenir des explications. Il se disait aussi incapable d’entrer en contact avec Claude Marrié, directeur principal d’OMG Québec. “Je l’appelle à toutes les cinq minutes, mais je suis incapable d’entrer en contact avec lui”, a-t-il dit. Pourtant, La Presse n’a eu aucun problème à joindre M. Strizzi à son téléphone cellulaire.
(…)
“J’ai été estomaquée en lisant La Presse ce matin”, a dit Johanne Reverin, porte-parole de Recyc-Québec, organisme gouvernemental qui subventionne les firmes qui font du recyclage.
[ La Presse ]

Alors bien sûr, à lire les mots Mafia, communauté italienne, industrie du recyclage, contrats publics, comment ne pas faire le lien immédiat avec la famille du New-Jersey ?… J’ai eu un moment l’impression de lire la trame d’un épisode des Sopranos qui n’aurait pas encore été tourné. La réalité rentre en collision avec la fiction.

Tous les représentants de la communauté italienne, ou presque, illustrés dans Les Sopranos, ont les mêmes édifiantes pensées que M. Strizzi “Chef de la mafia… ce qu’il fait pour gagner sa vie ne me regarde pas. La communauté italienne est une très petite communauté.” La limite entre complicité active et passive est très fine et perméable, et cette connivence indulgente et silencieuse fait le terreau où s’enracine la Cosa Nostra…

La Mafia, tant au Québec qu’au New Jersey, a encore de longs jours devant elle, tant elle sait affronter les défis de la modernité tout en préservant sa culture. La Mafia est une entreprise mondialisée avant la lettre, elle a tout compris, elle sait avoir toujours une longueur d’avance sans pour autant jeter à la poubelle son histoire et ses traditions. La Mafia, un modèle de développement ? ;-)

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Le retour du lapin [mardi 4 février 2003]

J-1. Mon lapin rentre de Montréal demain matin. Adieu ma petite vie de célibataire !

Pour fêter l’événement, je vais lui préparer une brandade de morue à ma façon.

Recette de la brandade de morue à la façon Laurent :
Ingrédients : morue salée, ail, huile d’olive, poivre, pommes de terre à purée, lait, gruyère râpé, beurre. Prévoir environ 2/5e de morue pour 3/5e de patates.
- Faire dessaler la morue dès la veille (la mettre à tremper dans de l’eau, si elle est très salée, renouveler l’eau plusieurs fois).
- Faire cuire les pommes de terre pelées dans de l’eau.
- Faire pocher la morue dans de l’eau bouillante quelques minutes. Égoutter.
- Dans une casserole, faire chauffer (feu doux) la morue avec de l’huile d’olive (soyez généreux !) et deux ou trois gousses d’ail bien écrasées. Travailler le mélange à la fourchette pour bien émietter la morue. Poivrer. Réserver.
- Écraser les pommes de terres bien cuites avec un peu de lait chaud (juste un peu, la purée doit être bien épaisse).
- Ajouter la brandade de morue à la purée. Mélanger. Mettre dans un plat à gratin. Recouvrir de gruyère et de quelques noisettes de beurre. Passer au four très chaud 10-15 mn pour bien gratiner.
Déguster ce plat tout simple avec, par exemple, un bordeaux blanc sec.

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La navrante et triste histoire de Brandon Carl Vedas [mardi 4 février 2003]

Ripper Webcam

Brandon Vedas était un jeune homme nord-américain ordinaire, élevé à coups de Ritalin et autres psychotropes, de Coke et de Big-Mac. Il avait 21 ans, pas encore un adulte, plus tout à fait un adolescent, c’était un “adulescent”. Il vivait encore chez ses parents, à Phoenix en Arizona. Il travaillait comme assistant en informatique à l’université.

Brandon Vedas est mort le 12 janvier dernier, vers trois heures du matin. Ses dernières paroles furent confiées à 3 h 04 sur un canal IRC : “I’m fukcin” (sic).

Car Brandon Vedas est mort en direct sur Internet. Stupidement.

Ce 12 janvier, c’était la nuit du samedi au dimanche. Comme toutes les nuits, Brandon est connecté sur IRC sous son pseudonyme habituel “Ripper”. Cette nuit-là, il était sur le canal #shroomery où se rencontrent des jeunes en quête de discussions sur les champignons magiques et autres substances stupéfiantes et “récréatives”.

Il a réuni sur son bureau toute une pharmacie. Méthadone 80mg, Klonopin (benzodiazépine), Restoril (benzodiazépine), Inderal (bêta-bloquant), Vicodin (narcotique), etc. Que des médicaments prescrits par le médecin familial. Il allume un joint.

Il invite les hôtes du canal IRC à se connecter à sa webcam (www.klonopinz.com/webcam.html). Le spectacle peut commencer.

Il va tout de suite être encouragé par ses camarades :

[ grphish ] TAKE ONE CAPSULE
[ grphish ] takea thousant!
(…)
[ ripper ] tonight is a ogod night fellas
(..)
[ Smoke2k ] eat more
[ Smoke2k ] thats not much
[ Smoke2k ] I eat that every morning
[ Smoke2k ] you pussy
[ Smoke2k ] you pussy
[ Smoke2k ] lol
[ Smoke2k ] your fucking nuts ripper
[ Smoke2k ] :)
[ Smoke2k ] eat more
(…)
[ ripper ] all the goods
[ ripper ] for a weekend of fun
[ ripper ] those benzos
[ ripper ] fuck yeah

Il ingurgitera ainsi une quantité impressionnante de drogues avant que quelqu’un ne songe à intervenir.

[ @phalaris ] i wonder if we’ll see ripper ever again
[ grphish ] don’t overdose on us ripper :[

L’intégralité de ce chat est disponible : Ripper_Log. Et il est terrifiant. (Ce log provient semble-t-il de Cleveland, Ohio : il y a deux heures de décalage avec Phoenix, Arizona. Attention, lecture hautement déprimante !).

Au bout d’une heure, la panique s’installe dans la chatroom. On essaie de le localiser via son site web (klonopinz.com) :

Registrant:
Get Ripped Productions
B Ripper - 2000 W. Village Dr.
Phoenix, AZ 85023 - US
(602)555-1234
6604@whois.gkg.net
Created on…………..: 06-DEC-2002
Expires on…………..: 06-DEC-2003

L’adresse est fausse, tout comme le numéro de téléphone.

On essaie de le convaincre d’appeler le 911. Mais il est trop tard, définitivement trop tard.

Brandon Vedas, aka Ripper, est mort. Bêtement.

Il y a aujourd’hui aux États-Unis plus d’overdoses dues à des médicaments que provoquées par l’héroïne. On trouve sur Internet des sites et groupes de discussions pour se procurer ces substances, avec des “recettes” pour simuler des symptômes auprès de son médecin et se voir prescrire narcoleptiques, benzodiazépines, etc. La solution la plus simple étant souvent de visiter la boîte à pharmacie de ses parents.

La famille de Brendan savait qu’il prenait des anti-dépresseurs, elle ne savait pas que Bredan jouait avec ses prescriptions pour le fun.

Sources :
- User Not Found : Onlines cries for help
- MetaFilter : Overdose on IRC?
- MetTalk : Overdose on IRC?
- AZcentral Orbituaries
- The Shroomery
- NY DailyNews
- http://navire.net/ripper_log.txt

Post-scriptum, 04/02/2003, 13:25.
Article publié aujourd’hui sur ArizonaCentral.com. L’histoire se confirme.

Post-scriptum, 04/02/2003, 13:50.
“I was last to talk to him and feel so terrible I wasn’t able to talk him out of his insanity. I am sorry, my deepest appologies. Cary (Cement)”.

Post-scriptum, 04/02/2003, 15:39.
Times Online : The night ’virtual friends’ played internet suicide for real. Pas mal d’imprécisions. Basé sur l’article du NY DailyNews et sur le log. La notion de suicide est discutable.

Post-scriptum, 06/02/2003, 19:40.
Richard Vedas, le frère de Brandon, dédie un site à sa mémoire.

Post-scriptum, 01/04/2003, 16:00.
Une autre histoire dramatique à lire également : L’histoire ordinaire de Michael Benjamins.

— 7 commentaires.

Blues [mardi 4 février 2003]

Demain matin je retrouve mon lapin. Pourtant, je ne suis pas aussi gai que je devrais l’être. L’histoire de Brandon Vegas m’a bouleversé. Je m’étonne quelle ait aussi peu d’écho médiatique. Il serait peut-être temps d’attirer l’opinion publique sur ce nouveau phénomène de toxicomanie qui touche les jeunes.

Ce soir, j’ai été abattu en lisant un article de Wired découvert grâce à mon agrégateur de nouvelles. Une histoire qui date un peu, mais qui m’a donné le coup de grâce pour cette journée. Demain, je vous parlerai donc de la navrante et triste histoire de Michael Benjamins. Je suis d’ailleurs étonné que mon précédent billet n’ai donné lieu à aucun commentaire de commisération. La vie n’est pas toujours faite de légèreté, il y a des gens qui souffrent et qui en meurent. Triste monde pour les faibles.

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L’histoire ordinaire de Michael Benjamins [mercredi 5 février 2003]

Michael Benjamins

Ma journée d’hier avait débuté par la triste et stupide histoire de Brandon Vedas, et elle s’achevait par la réception d’un titre de Wired dans mon logiciel agrégateur de nouvelles : “Personne ne lui a demandé pourquoi il voulait mourir (no one asked why he wanted to die)”.

Un mois avant sa mort, Michael Benjamins postait un message le 17 septembre 2000 dans un forum Usenet spécialisé : “S’il vous plaît, aidez-moi, je cherche un moyen sûr et rapide pour me tuer. Je ne veux pas me rater”. Il a reçu des réponses, des conseils, mais personne ne lui a demandé pourquoi il voulait mourir. Il avait passé huit ans en thérapie et s’inquiétait de savoir si cela ne pourrait pas l’empêcher légalement d’acheter une arme.

Michael Benjamins avait 24 ans, était programmeur, vivait dans l’Ohio. Il a découvert que rien ne lui interdisait de s’acheter une arme chez Walmart.

Le 17 octobre, Michael Benjamins se tirait une balle dans la gorge. Aucun membre des forums de discussion auxquels il participait n’a tenté de le dissuader.

Michael Benjamins avait déjà un passé dépressif et des tentatives de suicide à son actif. Il avait pourtant essayé de lutter, lisant des livres, tenant un journal, dessinant et suivant un traitement. Mais sa maladie, la dépression, il n’en voyait pas le bout.

Il s’est refermé sur lui-même, hésitait de sortir, même pour faire les courses.

La veille de son suicide, il a pourtant été voir un ami. Celui-ci raconte qu’ils ont passé la nuit ensemble à discuter, à rire. “Quand il est parti, je me suis dis que c’était vraiment bien de le voir de retour, c’était la première fois que je le voyais aussi heureux.”

Oui, cette histoire est tragique, oui, cette histoire est ordinaire.

Personne, hors de ses proches, n’aurait pu connaître sa banale trajectoire. Mais il y a maintenant Internet qui enregistre les traces de votre passage, d’autant plus si vous avez un site personnel, un blogue, ou que vous postez sur Usenet.

Le 15 octobre 2000, à 20:43, Michael Benjamins postait ce message, deux jours avant son suicide :

From: Mike B. (mbenjamins@gwis.com)
Subject: Epitaph
Newsgroups: alt.xxxxxxx.xxxxxxx
Date: 2000-10-15 20:43:00 PST

Well. It’s getting close to “that time”.

I won’t lie and say I’m not scared. But I’m even more frightened of living. Death is such a weird thing…. unknowable and terrifying, yet at the same time so attractive. It seems to be the only way to release myself from the fear and loneliness and constant barrage of horrible memories and thoughts that plague me.

In physical sense, I am prepared for it. My apartment is clean, my things are in order, a 12 page suicide note is written. I’m clean and well dressed for the occasion. I have few loose ends left.

Mentally and emotionally, I am as prepared as a human can be when faced with death. In truth, I’m not sure it is possible to really prepare mentally for such an experience, because no one can know what will happen, other than the cessation of life functions.

I want to thank all of you ashers for being my friends in this last month. Here I was able to talk about my feelings and plans without having to fear the repercussions. I do not think I could do that in real life. I have been in a mental ward before, and I do not want to go back.

None of you really knew me as a person, other than through my posts. That’s good, I kind of wanted it that way. But at the same time, I want you all to know that I am….I WAS…..a living, breathing human being. Someone with an identity and dignity, who wanted only to be free of depression, to be loved, and to feel safe.

I am Michael Benjamins. Born March 19, 1976. An artist, cat-lover, computer programmer, and thinker, who had a tendency to wear all black clothes. I tried my best to be a decent person.

Tonight will likely be the last time I post to a.s.h. Obviously, if you do not see any more posts, then you know what happened. If I don’t commit suicide, I’ll let you all know that I’m still alive.

Best wishes to you all.

I hope you all find peace and happiness.

Mikee

Je note cette réponse, parmi les nombreux message de bonne chance qui suivirent dans le fil de discussion :

Good luck Mike. I seem to recall your method was a bullet to the head. I pray you have the courage to pull the trigger and get out of this shithole. If things go the way I want, might be seeing you in a few days. Best of luck to you.

Dans notre activité d’utilisateur d’Internet, nous côtoyons quotidiennement des dizaines de personnes aux quatre coins de la planète. Tâchons chaque jour d’éviter de sombrer dans l’indifférence, même si nous avons nous-mêmes notre poids à porter. Je pourrais vous citer deux ou trois blogues de personnes qui me font penser au profil de Michael. Des gens souvent brillants par ailleurs. Derrière ces pages, il y a des gens, de vraies gens, et on a parfois tendance à omettre cette dimension. Il y a des cris au secours qui se perdent dans l’océan numérique. Il y a Internet qui enregistre froidement tout cela. Et nous sommes là, seuls face à des détresses que l’on souhaiterait ignorer, on jette le regard de côté comme on le fait dans la rue pour le pauvre qui mendie. On s’habitue à la misère du monde, et l’on devient indifférent.

Cette histoire vient en écho douloureux à celle de Brandon Vedas. Des histoires parmi tant d’autres.

Voilà que dire de plus, sinon : c’est moche le suicide, surtout celui des jeunes.

Site à la mémoire de Michael : Mikee’s Memorial Page

Aide et prévention : SOS Suicide Jeunesse (qc) - Fédération SOS Suicide Phénix (fr) - Gai Écoute Suicide (qc) - À Paris : SOS Dépression, 01 45 22 44 44.

P.S. Si je mets des photos sur ces billets, c’est parce que derrière ces mots, il y a des êtres de chair et de sang. L’Internet a parfois tendance à déréaliser les choses.

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C’est Noël ! [mercredi 5 février 2003]

Mon lapin est rentré de Montréal et m’a rapporté plein de cadeaux du Québec.

Des DVD :
- le coffret Six feet Under, The complete first season, qui vient de sortir,
- La vie, la vie, la série complète,
- Mon oncle Antoine, de Claude Jutra,
- le coffret 3 DVD Radio-Canada : cinquante ans de grande télévision jeunesse (avec Pépinot, Sol et Gobelet, Fanfreluche, le Major Plum Pouding, La souris verte, etc.),
- le coffret 5 DVD Radio-Canada : Cinquante ans de grande télévision (avec la Famille Plouffe, Radisson, Les belles histoires des pays d’en haut, Rue des Pignons, Le temps d’une paix, L’enfer c’est nous autres, etc.),
Des livres :
- Michel Tremblay, Bonbons assortis,
- Mordecai Richler, Rue Saint-Urbain,
- L’annuaire du Québec 2003,
Et aussi le logiciel Antidote MP, les derniers exemplaires de Fugues, Le Devoir d’hier, une laine polaire La Cordée et un Levi’s 501.

Moi, je dis, c’est beau d’être aimé !

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Carnets d’or 2003 [mercredi 5 février 2003]

Pour les Blog(ue)s d’Or 2003, il y a des réfractaires et des pas-contres.

En tout cas, moi, j’ai fait ma soumission. Il n’y a que sur la rubrique “Meilleur Blog Communautaire” que j’ai un peu séché (je n’en connais pas).

P.S. Le titre, c’est juste pour ne pas me faire étriper par la Grande Rousse… ;-)

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La vie, la vie : premières impressions [jeudi 6 février 2003]

Mon lapin m’a rapporté de Montréal le coffret DVD de la série télévisée La vie, La vie.

De tous les DVD qu’il m’a offerts, c’est celui que nous avons (enfin plutôt moi) choisi de regarder en premier.

J’ai tout de suite commencé par faire mon chialeux de petit français :
Moi - Hey, coudon, y a même pas de sous-titrage français sur c’te DVD. Quel mépris pour les sourds, les malentendants et le ROF (Rest Of the Francophonie) ! [Ce disant, en sachant pertinemment que je serai probablement l’unique français, le premier et le dernier, à regarder les DVD de La vie la vie dans l’Hexagone…]
Lapin - C’est peut-être fait à l’économie…
Moi - Ouais, tu parles, à l’économie ! T’as pas vu les sérigraphies sur les disques et le cartonnage…
Lapin - Y paraît qu’ils ont fait une version doublée en français.
Moi - Tiens donc, diffusée sur TV5 le lundi à 14 heures ? Audience 15 personnes, dont dix petites vieilles assoupies ?
Notre soirée télévisuelle démarrait très fort.

Étant donné que nous n’avons regardé que trois épisodes (enfin 2,5 pour moi), je ne peux livrer que des premières impressions. Déjà, un truc très agaçant : ils ont conservé sur le DVD les coupures publicitaires (!) en les remplaçant par un intertitre. Comme pour les souligner : “Hey, regarde là, hein qu’on est fort au niveau du scénario pis du montage”. En parlant du montage, la série fait un recours excessif aux afféteries des trucages numériques, tout pour donner mal aux yeux et à la tête, et purement gratuitement, sans rien ajouter à la compréhension de l’histoire, “Hey, regarde là, on s’est acheté une couple de plug-ins pour Final Cut Pro, pis nous autres, on sait s’en servir.” Et, comme on est dans le vent, la caméra, faut qu’elle bouge… Quant à l’illustration sonore et musicale, elle est tonitruante, mais pas mal faite (elle accompagne bien l’action). Et la photographie, c’est à l’américaine, bien léchée et sursaturée.

Mis à part cette forme très “mode”, la série est un genre de “Friends” dramatique à la québécoise. On suit un groupe de trentenaires individualistes dont une bonne moitié d’encore-célibataires (le coeur de cible marketing de la série, c’est clairement les trentenaires). Il y a même un genre de Central Perk avec le bar du gai de la gang où les personnages se croisent souvent.

J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, il n’y en a que deux qui ressortent du lot. En premier lieu, Vincent, le rôle le mieux écrit et très bien joué par Normand Daneau, et Claire (Macha Limonchik), la célibataire gaffeuse. J’ai trouvé pas mal de charme à Julie McClemens qui joue Marie. Les autres personnages sont nettement plus ternes. Et ils sont tous navrants à des degrés divers. Sans doute le reflet d’une génération.

Un gros accent est porté sur le monde du travail, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas montré comme épanouissant. C’est plutôt un asservissement qui se fait au détriment du reste de la vie et du bonheur. J’espère que ce n’est pas que ça au Québec…

Mon lapin est “tombé sous le charme” de la série. Moi, je me suis endormi au milieu du troisième épisode. Mais j’aurais quand même le goût de voir la suite, car on a plus d’une occasion de sourire. Et les premiers épisodes d’une série sont rarement les meilleurs, il faut installer les personnages. Et enfin, peut-être n’étais-je pas dans le mood pour regarder cette affaire-là… Pis faut que je fasse attention avec les téléromans du Québec, mon français, y tourne tout croche…

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Archétypal [jeudi 6 février 2003]

Je réagis un peu sur le tard à un billet de Martine à propos du Normand expatrié.

Je suis intrigée par le fait que tu parles des femmes à répétition, mais que dans la vie de tous les jours tu n’as pas du tout un comportement de Don Juan, de français cliché qui accumule les conquêtes.

Mais si Martine, Karl est l’archétype du Français typique : fin, cultivé, esthète, à l’esprit élégant, charmant et charmeur, capable de faire croire à chaque femme qu’elle est unique. Et tu es visiblement tombée sous le charme… ;-)

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Autopromotion [jeudi 6 février 2003]

Vu que je commence à avoir quelques visiteurs sur mon blogue carnet web, je vais m’exercer à l’autopromotion la plus vile :

Visitez mon superbe autre site personnel consacré à mon navire préféré !

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Messieurs les Américains [jeudi 6 février 2003]

Bientôt, de nombreuses victimes civiles innocentes vont s’ajouter à la longue liste des victimes civiles des bombardements anglo-américains de 1943-45 sur la France et d’autres pays.

Rappelez vous les villes martyres : Dunkerque, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, Rouen, Caen, Lisieux, Le Havre, et j’en oublie.

Souvenez-vous de Dortmund, Düsseldorf, Hambourg, Hanovre, Nuremberg, Munich, Stuttgart, Darmstadt, Berlin, Kiel, Dresde, Gênes, Turin, Milan, Nagoya, Osaka, Kobe, Yokohama, Nagasaki, Hiroshima, etc.

Il n’y a pas de guerre propre. Il n’y a pas de victoire glorieuse. La guerre, c’est sale.

La guerre, en France, on a connu ! Trois guerres en un siècle, des millions de morts. Messieurs les Américains, cessez de nous jeter à la gueule la Libération de 1944, dont votre seule connaissance historique se résume à un film de Spielberg. Notre libération de la tyrannie, nous l’avons payé cher. Et maintenant, c’est au tour du peuple irakien de payer la sienne. La Seconde guerre mondiale fut une horreur et les atrocités alliées n’ont rien à envier aux allemandes et aux japonaises. J’ai autant de pitié pour la victime brûlée vive à Dresde que pour le GI éviscéré par une grenade sur une plage normande.

Messieurs les Américains, ce qu’il vous manque, c’est une bonne guerre, mais chez vous. Cela vous apprendra ce que c’est. C’est très différent de ce que l’on voit à Fox News ou CNN. Un cadavre, ça pue et c’est pas beau. Et puis non, je ne souhaite de guerre à personne, vraiment personne.

Alors, oui, je suis fier de vivre dans un pays qui n’est désormais plus votre allié.

La solution en Irak ne passe définitivement pas par la guerre. Ceux qui vous la vendent ont d’autres intérêts.

Envie de gerber aujourd’hui.

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Brandon, suite [jeudi 6 février 2003]

Cf. La navrante et triste histoire de Brandon Carl Vedas.

Richard Vedas, le frère de Brandon, vient de mettre en ligne un site à la mémoire de son frère.

“This site is a reminder that whether in person or online, we as humankind are given the task of looking out for those we care about. While each person will ultimately make their own decisions in life, we all need wise counsel and love to help guide us in the right direction. My hope is that maybe someone reading this will recognize a Brandon in their life, and make an effort to help before it’s too late.” Richard Vedas.

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Combat XML [vendredi 7 février 2003]

L’info du jour :
Cas utilisateur : l’armée américaine mise sur XML.
L’US Air Force a retenu XML pour gérer les notices techniques de ses appareils de combat.
http://solutions.journaldunet.com/0302/030207_textml.shtml

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Communautarisme [vendredi 7 février 2003]

Moi je vais lister les communautes, c’est plus simple, il y en a en gros quatre : Un, les diaristes, unis autour de la CEV. Deux, les bloggers sous Blogger. Trois, les jouebeurs sur Joueb.com. Quatre, les carnets serieux. C’est dommage, mais ces communautes se melangent tres peu.
[ Biz - Joueb.com ]

C’est vrai que je fréquente très peu les sites de la Communauté des écrits virtuels, un club assez fermé sur lui-même (LACEV). Quant à Joueb.com, je suis un peu réticent. Déjà, le nom me fait penser aux jouets, et en particulier aux trains électriques de mon enfance, les Jouef. Et le graphisme ado (cf. les binettes qui accompagnent les commentaires), c’est pas ma tasse de café…

Bref, du club de nombrilistes à ambition littéraire au club Barbie, je ne me sens pas particulièrement chez moi. MovableType, c’est quand même la crème de la crème… Chacun chez soi, et les poules seront bien gardées.

Wo, wo, wo, qui a dit que ce billet était trollesque ???

;-)

Signé : Capitaine Bonhomme.

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Émotions télévisuelles [vendredi 7 février 2003]

On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. C’est la cas. Hier, j’ai regardé avec mon lapin deux nouveaux épisodes de La vie, la vie. Avant-hier, je ne devais vraiment pas être dans le mood, car aujourd’hui, je peux le dire, chuis vraiment pogné !

Nous avons achevé notre soirée par un Pépinot et deux Boîte à surprises. J’ai enfin compris pourquoi mon lapin était tombé amoureux de moi, il a été trop marqué dans sa tendre enfance par l’ours de Pépinot qui fume la pipe ! L’ourson à la pipe et le lapin ont eu en tout cas bien du fun hier devant leur télévision.

J’ai été assez surpris par la qualité de langage de La boîte à surprises animée par Pierre Thériault. Mettre le mot “plébéien” dans une émission pour enfants, il faut oser. Ces vieilles émissions ont aujourd’hui un charme fou. Et je suis bien content d’avoir fait connaissance avec le Pirate Maboule, Madame Becsec et Marie Quat’Poches…

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Huître d’or [vendredi 7 février 2003]

Annulation du concours de l’Huître d’or de Bretagne.
La 11e édition du concours de l’Huître d’or de Bretagne organisé par le salon Les Tablées du Rheu, qui devait se tenir en février 2003, n’aura pas lieu, faute de candidats en nombre suffisant. Très rigoureux, le jury de ce concours jugeait les huîtres creuses n° 3 sur leur présentation, le rapport poids de chair/poids total, l’aspect de la coquille comme de la chair, et la dégustation.
[ source Le Marin ].

Voilà une bien triste nouvelle pour l’huître bretonne. Je me consolerai avec les Blog(ues) d’Or, où l’on pourra trouver aussi quelques perles.

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Héros du jour [vendredi 7 février 2003]

Ouah, je suis le héros du jour à l’agence ! J’ai réussi à capturer une souris qui terrorisait tout le département création. La terreur mesure 5 centimètres.

C’est pas difficile d’avoir du succès avec les filles ;-)

Ce qu’elles ne savent pas, c’est que comme je n’ai aucune idée de quoi faire de cette pauvre souris qui s’agite dans une boîte sur mon bureau, je lui redonnerai la liberté dès ce soir avant de quitter l’agence…

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Pragmatisme [samedi 8 février 2003]

Chaque personne a évoqué ces difficultés personnelles dans le cadre du travail, de la relation avec le client ou au sein même de l’entreprise quand il s’agit de travailler avec les standards. Toujours les mêmes commentaires, les gens ne savent pas et donc il est difficile de leur faire comprendre ce qui ne va pas.
[ Carnet Web Karl, Web Standards Meetup de Montréal ]

C’est effectivement là que réside le principal obstacle, dans le cadre du travail. Quotidiennement, dans le cadre de mon emploi, je me bats à convaincre des clients. Je lutte contre d’incessantes demandes d’animations Flash inutiles, de fenêtre pop-up envahissantes et autres gadgets. Déjà, gagner cette bataille relève d’un exploit. Alors, les standards du Web, c’est vraiment la cinquième roue du carrosse, voire pire encore.

Je ne travaille pas dans une société de services informatiques, ni même dans une agence Web, mais dans une agence de marketing et communication. Les clients qui sont mes interlocuteurs, les décisionnaires, sont généralement des directeurs marketing, des responsables de la communication et des chefs de produit. Cette population a souvent une culture de l’Internet d’une grande pauvreté et ne sait même pas utiliser correctement sa messagerie. Son attente est d’avoir un site Web qui ressemblerait à un cédérom multimédia. Dès que je place une animation dans une maquette, je sais que le client va être heureux ; dans le cadre d’une compétition, c’est même un argument stratégique. Caricatural ? Hélas, non.

Éduquez donc vos clients ! Ce à quoi je réponds : autant pisser dans un violon. Ils n’ont pas l’envie qu’on leur prenne le chou avec des notions qui les dépassent, leur confort intellectuel et leur conformisme sont au contraire des valeurs à flatter dans le sens du poil. Car, il ne faut pas l’oublier, nous sommes toujours dans un contexte de concurrence, et il y aura toujours un “confrère” pour vous piquer le marché en étant à la fois moins-disant financièrement, mais aussi moins-disant technologiquement, un confrère que votre client trouvera moins “chiant” que vous. Vous ne pouvez pas faire de l’évangélisme à une population qui n’en a cure, une population qui vous dit en introduction à son brief de site institutionnel : “Il faut créer de la valeur pour nos actionnaires”.

Outre la relation client, il y a aussi le contexte de production. Qui va former le personnel aux standards alors qu’il n’existe pas de formations sur le marché ? Pire encore, il n’existe pas d’outil de production capable de générer du code conforme et propre, dans un environnement wisiwig, avec de puissants outils de gestion de sites. La réalisation d’un site conforme s’apparente encore trop à du bricolage très dispendieux en temps (et le temps, c’est de l’argent). Est-il imaginable de coder des sites, dans un contexte de production, dans BBEdit ? Bien sûr que non.

Dernier point, les sites de sociétés et produits brillent souvent par leur absence de vrais contenus, il faut bien y pallier par un design spectaculaire qui flattera l’ego des commanditaires.

Alors tous les jours, je fais de la merde et je suis payé pour cela. Et quand je grogne, on me dit que je ne suis qu’un empêcheur de tourner en rond, que je suis un casse-pieds, que je suis anticommercial, que je suis un rêveur voire un dingue, que j’ai pas les pieds sur terre, que j’n’ai rien compris au métier. Je suis de toutes les croisades, pro-mac, pro-logiciel libre, pro-partage des savoirs, pro-Internet, pro-copie privée, et j’en passe… je suis un emmerdeur. Alors, certains jours, je baisse les armes et je rentre dans le moule. Et j’essaie de faire, à ma modeste mesure, avec réalisme et pragmatisme.

Alors, je prédis encore un long avenir aux sites corporatifs à tableaux flottants dans une soupe de balises.

Alors, je dis à ceux qui rêvassent, et dont je fais partie, d’un Web plus respectueux des standards et des utilisateurs, plus accessible, plus ergonomique, plus efficace, je dis : bon courage.

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Retour vers le passé [dimanche 9 février 2003]

Matinée mollassonne. J’ai éjecté mon lapin de l’ordi qu’il monopolise à plein temps (il installe MySql). Il est allé occuper son soudain désoeuvrement devant la télé, à regarder la version avec commentaire de l’épisode pilote de Six feet under. Ah, j’oubliais de dire qu’il m’a fait des madeleines ce matin… Pas bon pour ma ligne…

J’ai installé un système de statistiques permettant de suivre plus facilement et rapidement l’origine de mes visiteurs que dans mes fichiers logs, d’autant plus que mon hébergeur a eu la brillante idée d’interrompre la résolution inverse des DNS. C’est ainsi que j’ai découvert qu’un dénommé Sale Bête (!) m’avait mis dans la liste des carnets qu’il lisait souvent. Il se résume comme ça : “je suis un vieillard homo qui habite Manhattan depuis 1976.” Enchanté de faire votre connaissance, M. Sale Bête.

Sa liste m’a permis de rebondir sur Mennuie, un jeune gay parisien. À lire en diagonale, cela m’a fait penser à ma jeunesse, au début des années 80, quand tout Paris m’est passé dessus (j’exagère), que je sortais plusieurs fois par semaine, quand les endroits à la mode étaient le Palace et le Sept de Fabrice Emaer, que le centre de la vie gay parisienne était la rue Saint-Anne. Soupir. Blues. Faudra un jour que je raconte mes souvenirs d’ancien combattant…

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Mainstream [lundi 10 février 2003]

Le nombre de blogues américains où nous pouvons lire ces temps-ci du ressentiment anti-français, voire des insultes racistes, est vraiment considérable. Plus je rebondis de blogue en blogue, plus j’éprouve à mon tour du ressentiment anti-américain, et plus d’un nom d’oiseau à destination de leurs auteurs traversent mon esprit.

La blogosphère n’est-elle pas une excellente machine à propager la désinformation et à attiser et entretenir la haine ?

Des outils comme Daypop participent d’ailleurs à la diffusion de ces courants de pensée majoritaire. Nombre de blogueurs se contentent d’y puiser leurs contenus, y trouvent leur prêt-à-penser et participent à leur tour à la montée en mayonnaise d’informations sans intérêt et insipides. Ainsi, n’importe lequel des pires torchons du NY Times est-il élevé au rang d’événement, donnant ainsi du crédit à des idées stupides qui n’auraient jamais du sortir du Café du Commerce. C’est pitoyable.

Quotidiennement, la fréquentation de la blogosphère alimente ma misanthropie naturelle… Heureusement, on tombe parfois sur quelque rare îlot où brille une intelligence. Mais leur qualité n’a d’égale que leur rareté.

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Tapettes armées [lundi 10 février 2003]

Dans la série tout est possible, et encore plus si ça se passe aux USA , il existe des mouvements gais et lesbiens proches de la NRA, ce sont les Pink Pistols. Effarant.

Et sur le site des flingueuses roses, je trouve quoi ? Un lien pour les libertariens gais et lesbiens ! Mes congénères me désespèrent.

Bon, en cherchant bien, je vais bien trouver un groupuscule (rime avec “on s’encule”) KKK GLBT…

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Rosbif Thinking [mardi 11 février 2003]

Donald Rumsfeld, the American defence secretary, has rightly described this effective denuding of the Nato ally geographically closest to Iraq as “inexcusable” and “shameful”, but another adjective could simply be: “French”. Throughout its complex love-hate relationship with Nato, France has shown itself willing to put its own self-interest first and the concept of collective security nowhere at all.

(…)

This is of course how it should be. It is not just a desire for superpower status (without paying the concomitant costs) that motivates France and Germany; but also a desire to cash in on construction contracts in the Middle East that they hope will be awarded to them rather than American or British firms. The members of what we might call “the Versailles bloc”, after the palatial self-congratulation of their recent joint parliamentary sessions, have their eye on the profits that they hope will come their way as a result of Arab fury with Washington and London in the aftermath of a war against Iraq.

(…)

But if, by their posturing, France and Germany have weakened Nato’s protection of one of its most stalwart members, and if this were to result in a successful Iraqi chemical or biological attack on Istanbul, history will not soon forgive her leaders for their cynicism and attempted blackmail. As for Belgium, which even refused to provide ammunition for Nato’s liberation of Kuwait in 1991, perhaps we should have just let the Kaiser keep the place in 1914, rather than sacrifice a generation to earn such loathsome ingratitude.

There are plenty of ways for France to pursue her age-old policy of epater les Atlanticists - her invitation of Robert Mugabe to Paris being a typical example - but deliberately to refuse an ally protection as a war looms is ignoble even by Fifth Republic standards. That pacific, decent, united Germany should go along with such tactics is in some ways the foulest development of all.

[ Andrew Roberts, Daily Telegraph ]

Cher Monsieur Andrew Roberts,

Je vous imagine dans votre petite maison victorienne de Knightsbridge, non loin du Victoria and Albert Museum, dans votre petit costume de Saville Road, buvant votre thé à 5 heures et arborant votre poppy à la boutonnière tout le mois de novembre. Secrètement, vous regrettez la grandeur perdue de l’Empire britannique et vous savez que lorsque l’Écosse vous aura largué, l’Angleterre aura sur l’échiquier de la politique internationale une importance proche de celle de la Belgique. La Pomp and Circumstance March ne sera plus qu’une oraison funèbre sur les décombres d’un passé définitivement perdu. Pauvre Andrew, je vous plains de bon coeur d’être si indubitablement et irrécupérablement conservateur.

Je ne peux manquer de sourire lorsque vous nous retournez les intérêts économiques qui ne sauraient animer en aucun cas la vertueuse coalition UK-US.

J’ai un infini regret à vous voir instrumentaliser les morts de 14-18 de la même façon que les Américains instrumentalisent ceux du 09/11. Je dirais même que vous insultez leur mémoire.

J’ai une grande pitié à voir combien la Grande-Bretagne a définitivement renoncé à toute idée de grandeur. Votre politique internationale tient de la cuisine anglaise, elle est à proprement parler immangeable (quand elle n’est pas inexistante).

J’ai grand désappointement à voir que la Grande-Bretagne n’est plus qu’une marionnette sans âme et que ses citoyens n’y trouvent rien à redire ; sans doute sont-ils plus occupés par leurs trains délabrés qui n’arrivent jamais, leur système de santé qui n’en mérite plus le nom, leur paysage social qui ressemble aux plaines de la Marne.

Monsieur Andrew Roberts, un seul adjectif désuet vous résume entièrement : “britannique”. Monsieur Andrew Roberts, you are so simplistic that you are ridiculous.

Cher Monsieur, veuillez agréer l’expression de mes condoléances les plus sincères.

Andrew Roberts website

P.S. 11/02/2003, 14:50 : Toute la philosophie de M. Andrew Roberts se résume dans son oeuvre de science fiction : “He embarks on a trail of discoveries that lead to a scandal at the heart of the United States of Europe - the corrupt, bureaucratic, xenophobic Euro-superstate that has all but snuffed out British identity. (…) As body piles upon body, will the dreadful truth emerge of how British independence and sovereignty was extinguished by the now all-powerful USE? (…) I came to Euro-scepticism relatively early, opposing further European integration in the pages of the Sunday Telegraph and elsewhere from 1991 onwards. (…) As well as making a series of predictions about what Britain might turn into if she chose the federalist path, I made my reputation as the Nostradamus of the Right by foretelling various other social, economic and political developments, a bewilderingly large number of which have already come to pass.”

P.S. 11/02/2003, 15:00 : Quant à la participation de Robert Mugabe au sommet africain : “Et, lorsque cela servait ses intérêts, Washington n’a jamais eu le moindre scrupule à soutenir M. Saddam Hussein, dans les années 1980, et d’autres dictateurs : Marcos aux Philippines, Suharto en Indonésie, le chah en Iran, Somoza au Nicaragua, Batista à Cuba, Trujillo à Saint-Domingue, Pinochet au Chili, Mobutu au Congo-Zaïre, etc. Certains des tyrans les plus sanguinaires restent soutenus par les Etats-Unis, comme le délirant Teodoro Obiang, de Guinée-Equatoriale, reçu avec tous les honneurs à la Maison Blanche en septembre 2002 par le président George W. Bush…”
[ Ignacio Ramonet, Le Monde Diplomatique, via Karl ]

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Rosbif Thinking, part II [mardi 11 février 2003]

BBC News: Talking Point.

Of course France is right to stand up for sanity against US greed and blood-lust. The vast majority of Britons agree with Jacques Chirac on this. What we should ask is why Blair is not doing the same.
John, Bristol, England

France and Germany are showing refreshing levels of sense with respect to this situation. The public have been given no credible evidence that Iraq, as a state, poses any threat beyond that than any other armed country does. I think Blair will find that a majority of the UK population will back Germany and France.
Pepe, Basingstoke, UK

How come everybody keeps saying it is the Europeans that force the split on Iraq? I think the blame for the current crisis should be placed with the US, after all they began this bullying tactics against the wishes of the majority of this planet.
Darek, UK

Vive la France! So good to see common sense prevailing over the Channel, such a shame that Bush and his poodle don’t care about public opinion, international opinion or international law.
Tom, London, England

Is France forcing a split? The French dare to express a different opinion to the US and are promptly and crudely abused by Rumsfeld and Powell. Divisions in Nato have always existed, it’s a membership organisation. The difference is that up to now these have been worked out diplomatically. As Bush and his team are finding out, negotiation by shouting insults generally doesn’t work.
Simon O’Brien, UK

Ces témoignages d’amitié franco-britannique réchauffent l’ambiance après le fort déplaisant factum de Mr. Andrew Roberts.

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Monde Diplomatique, un dossier indispensable [mardi 11 février 2003]

Monde Diplomatique : cahier documentaire L’Empire contre l’Irak.

Plus rien ne semble capable d’enrayer la machine de guerre américaine. En février 150 000 soldats américains, appuyés par quelques supplétifs britanniques, seront réunis dans le Golfe, prêts pour l’assaut contre Bagdad. C’est dès le lendemain du 11 septembre 2001 que l’administration Bush décida de faire du renversement du régime irakien un axe de sa stratégie. Bien sûr, des responsables aussi importants que MM. Richard Cheney, Donald Rumsfeld ou Paul Wolfowitz préconisaient depuis longtemps une telle attaque. Mais les conditions dans laquelle le président George W. Bush avait été élu rendaient difficile la mise en oeuvre de cet objectif. Grâce au 11 septembre, cela est désormais possible.

C’est une vision manichéenne du monde qui prévaut désormais à Washington. « Qui n’est pas avec nous est avec les terroristes » affirmait le président Bush. Le document de septembre 2002, « The National Security Strategy of the United States », qui inclut pour la première fois la notion de guerre préventive, confirme la nouvelle orientation de l’hyperpuissance, qui considère que ses intérêts s’identifient désormais au droit (lire les documents de la première partie, Stratégie des Etats-Unis).

Il serait faux de croire que cette stratégie est une réponse directe aux attaques du 11 septembre 2001. Elle était déjà formulée dans un document de septembre 2000, signé par des membres influents de l’actuelle administration, avant leur arrivée aux affaires. Le terrorisme aurait remplacé le nazisme et le communisme comme nouvel ennemi des Etats-Unis. Mais le terrorisme n’est ni une idéologie, ni une menace stratégique - ne s’appuyant sur aucun Etat. Il est un épouvantail utile, à dimension variable, qui permet de discréditer un ennemi. Surtout quand il est associé, dans un triangle du mal, aux armes de destruction massive et aux Etats dits voyous (lire les documents de la deuxième partie, La menace terroriste).

Cette « guerre contre le terrorisme » sera longue, a prévenu le président Bush. Elle a commencé avec l’offensive en Afghanistan et le renversement du régime des talibans, s’est poursuivie par la mise hors la loi de centaines d’organisations et d’individus. Mais les critères de sélection restent flous, plus conformes aux visions américaines qu’à une - impossible - définition du phénomène terroriste. Cette guerre a également permis à un certain nombre d’Etats de justifier leur politique répressive : la Russie en Tchétchénie, Israël en Palestine, l’Inde au Cachemire, etc. Dans les pays du Nord, une offensive s’est aussi déployée contre les « ennemis de l’intérieur » souvent identifiés aux immigrés d’origine musulmane, voire aux contestataires (lire les documents de la troisième partie, La guerre contre le terrorisme).

C’est pour détruire les armes de destruction massive de l’Irak que les Etats-Unis ont décidé l’assaut contre le régime de M. Saddam Hussein. Pourtant, ils n’ont apporté dans ce domaine aucune preuve, en tous les cas pas la preuve que le gouvernement irakien était une telle menace pour la paix et la sécurité du monde que la guerre était indispensable. Le double langage de Washington apparaît clairement si l’on compare son attitude à l’égard de la Corée du Nord. Bien sûr, le problème de la prolifération des armes de destruction massive est réel, mais il demande une réponse multilatérale, à travers les traités existants et le renforcement des contrôles, notamment des exportations de matériel sensible. Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne ne portent-ils pas une responsabilité sérieuse dans le programme mis en place par M. Saddam Hussein dans les années 1980 ? (lire les documents de la quatrième partie, Les armes de destruction massive).

La première victime d’une guerre sera le peuple irakien, qui subit depuis de longues années les méfaits d’une dictature sanglante et de sanctions criminelles. Le régime, responsable de deux guerres - contre l’Iran et contre le Koweït -, est soumis à un contrôle étroit depuis 1991. Le travail des inspecteurs des Nations unies a permis de réduire considérablement ses capacités de nuisance, mais il s’est accompagné d’un embargo sans précédent dans l’histoire. Une nouvelle guerre imposée à un pays dont la population est à bout de souffle et les infrastructures usées se traduirait, selon les Nations unies, par des centaines de milliers de victimes. Et la vision d’un Irak pacifique et démocratique qui succèderait à la dictature de M. Saddam Hussein relève plus du rêve - ou de la propagande - que de la réalité (lire les documents de la cinquième partie, L’Irak, un pouvoir à abattre).

L’on peut aussi s’interroger sur les retombées d’un nouveau conflit sur le Proche-Orient et notamment sur l’affrontement israélo-palestinien (lire les documents de la sixième partie, Une guerre au coeur du Proche-Orient).

Cahier réalisé par Alain Gresh, Maria Ierardi, Olivier Pironet et Philippe Rivière.

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US, stay at home [mardi 11 février 2003]

Rares commentaires avisés piochés dans un warblogue (Istamerdique like) dont je n’ai vraiment pas envie de faire la publicité :

“This French-bashing is despicable at the best of times, but the implication that France as a country has got off easy during wartime while others have taken the strain just makes you ignorant. Lest you forget:
- the 360,000 French civilians killed in WWII, thousands of them murdered by Nazis, thousands killed in Nazi-held towns bombed by Allied planes;
- the 250,000 French soldiers killed in WWII, thousands while fighting the suicidal rearguard action which allowed so many British soldiers to be evacuated from Dunkirk; and
- the 1.4 million French soldiers killed in WWI, and if anyone needs to know anything about French bravery, they should go see some of the ’kids’ buried around Verdun. Maybe that (and the hundreds of years of preceding slaughter) would also explain why the French people nowadays tend to prefer their solutions peaceful, and regard bloodthirsty monsters like Bush and Rumsfeld with the trepidation and contempt they deserve.”

Posted by Digger at February 10, 2003 01:37 PM

“If you are going to try and use history (however clumsily) you should become properly acquainted with the facts. Where the hell was the USA in 1940 when France was being over-run?
We (the British) had to beg you for help throughout 1940-41 and were forced to sell most of our gold reserves in order to get anything at all. Go back to school and learn some history before you pass judgement.”

Posted by Historian at February 11, 2003 09:25 AM

À lire sur le même sujet :
La presse américaine se déchaîne contre Chirac, Nouvel Observateur où l’on peut lire ces savoureuses traductions :

Le parti de monsieur Chirac avait l’habitude de se décrire comme “gaulliste”. Charles de Gaulle avait un ego colossal, mais il s’est senti obligé, à un moment crucial, de représenter “une certaine idée de la France” (…). Sa préoccupation pour la gloire française et la tradition française l’ont parfois conduit dans l’erreur, comme avec sa déclaration explosive sur le “Quebec libre”. Mais (…) il a toujours refusé de prendre au sérieux les revendications de l’Union soviétique sur la possession de la Pologne, de la Hongrie, des pays tchèques et de l’Allemagne de l’Est. Il ne croyait pas que cela durerait ou pourrait durer : il avait un sens de l’histoire. (…)
Et on peut penser qu’il aurait un grand mépris pour son successeur pygmée: l’homme vaniteux, poseur et vénal qui, essayant d’agir telle une Jeanne d’Arc travestie à la calvitie naissante, fait de la France l’abject procureur de Saddam Hussein. C’est l’histoire du rat qui essayait de rugir”.
[ Christopher Hitchens, Wall Street Journal ]

Ces garçons sont morts pour sauver les Français d’un tyran nommé Hitler. Et maintenant, d’autres garçons américains sont prêts à combattre et mourir pour sauver le monde d’un tyran aussi vil, Saddam Hussein, et où sont les Français ? Ils se cachent, pètent de trouille. Proclament : “Vivent les mauviettes !” (…)
Un sondage affirme que les Français sont à 91% contre les projets du président Bush. Mais là encore, les Français ont l’habitude d’être contre tout, y compris cette curieuse habitude américaine de se doucher chaque jour.
[ Steve Dunleavy, New York Post ]

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Euro-Petro-War ? [mardi 11 février 2003]

“A war in Iraq may not be about oil. Instead, it may be about the currency oil is traded in.”
Part one of essay by W. Clark.

En résumé, les USA auraient beaucoup à souffrir si l’euro devenait la devise mondiale du commerce du pétrole. Les raisons de la guerre à venir sont donc le contrôle politique et économique de la 2e réserve mondiale de pétrole, et obtenir ainsi un moyen de pression sur l’OPEP.

L’Irak a fait le choix de l’euro en novembre 2000, et l’Iran est en discussions sur le sujet. Une décision des pays de l’OPEP de faire basculer brutalement l’ensemble de ses transactions du dollar US à l’euro ferait chuter le cours du dollar de 20 à 40 %, ce qui pourrait entraîner une profonde crise aux États-Unis, d’autant plus qu’une des bases de l’économie américaine (le dollar en tant que valeur de réserve) aurait disparu. Il faut donc pour les États-Unis donner un message fort aux pays membres de l’OPEP et avoir une présence stratégique accrue dans le Golfe.

De fait, le choix des membres de l’OPEP serait sans doute davantage orienté par des considérations politiques qu’économiques. L’Iran par exemple, pourrait y voir une amorce de réplique subtile aux accusations de l’administration Bush quant à son rôle dans l’Axe du Mal. Durant l’année 2002, tous les fonds de la banque centrale de l’Iran furent convertis en euros… La déloyauté de l’Iran face au dollar pourrait voir désigner ce pays comme la prochaine cible de l’administration Bush.

L’hégémonie américaine pourrait disparaître en cas de dévaluation du dollar et de prix du baril trop élevé. Les États-Unis sont trop dépendants des énergies fossiles et le lobby texan pro-pétrole ne fait rien pour le développement des énergies renouvelables. Les pays de OPEP disposent d’un phénoménal moyen de pression sur les USA ; à trop les stigmatiser, ils pourraient s’en servir. La politique actuelle du gouvernement Bush peut être qualifiée de suicidaire.

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Maudit ! [mercredi 12 février 2003]

Je hais ce garçon d’avoir le nom de domaine dont je rêve. (Cher amis Québécois, évitez de lire le commentaire de Bibi figurant sur la page d’accueil…).

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Liberté [mercredi 12 février 2003]

Pour le droit essentiel de saloper le drapeau à trois laizes, de chier dessus ou de s’en faire une robe du soir.

Lingerie tricolore

Photo C. de Trogoff, site Merde in France.

À lire aussi, dans Le Monde, les petites lâchetés des parlementaires socialistes sur le sujet.

À déchirer sa carte du PS (si j’étais encarté…).

Post-scriptum. France UMP = pays de merde.

“Allo, l’ambassade du Canada ? C’est quoi la procédure de demande d’asile politique ?”

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Communiqué extrémiste [mercredi 12 février 2003]

Reçu ce communiqué du gai groupuscule Les Panthères Roses :

La guerre c’est vulgaire !

Samedi prochain (15/02) aura lieu, dans toutes les grandes villes de la planète, une manifestation mondiale et simultanée contre la guerre américaine en Irak. A Paris, la mobilisation est nationale et devrait rassembler des centaines de milliers de personnes.

Oui, mais manifester avec qui ?

Si toi aussi tu es contre les bombes, l’impérialisme, si toi aussi tu trouves que la guerre c’est vulgaire mais que tous ces hétéros qui manifestent ça t’effraie un peu, n’aie plus peur, viens manifester avec les Panthères Roses !

Le rendez-vous

RV samedi à 13h30 devant le cinéma “Le Denfert” 24 place Denfert-Rochereau (M° Denfert-Rochereau). Suis le rose, l’arc-en-ciel et ton instinct de pédégouine !

Le tract

Bien que parfois excitées par les déploiements de muscles (ou pas, mais alors pas du tout, du tout…), nous autres Panthères Roses ne goûtons pas la politique de M. Bush, visant à répandre de la bidoche de manière inconsidérée.

Nous répandons nos paillettes pour faire taire les mitraillettes, Et nos bricoleuses lipsticks désamorcent les missiles balistiques !

Nous hurlerons, nous crierons, jusqu’à ce que la dernière lumière, du dernier baraquement du dernier militaire soit éteinte pour toujours, triste souvenir d’un ordre hétéro-patriarcal belliqueux.

Au revoir Saddam, bienvenue Sodome, Goodbye Bush, welcome les Butchs !

Alors oui, nous sommes des pédégouines et nous manifesterons contre la guerre en Irak. Aussi longtemps que ce ne sera pas une évidence, nous manifesterons, visibles et fières, en tant que pédégouines.

D’ailleurs, c’est bien connu, la guerre c’est pas un truc de pédés !

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Déplacement [jeudi 13 février 2003]

En déplacement à Kemper (Quimper, Finistère). De retour dimanche.

Merci de garder la place aussi propre que vous l’avez trouvée en arrivant. Je garde un oeil sur vous…

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De retour [dimanche 16 février 2003]

Enfin de retour ! Éloigné d’Internet depuis vendredi après-midi… Quel exploit.

À peine rentré que je suis devant l’ordi. Accueilli par un message de Martine qui fait plaisir. Et puis plein de choses à lire, quatre jours de lecture à rattraper.

Tout d’abord, une excellent billet de Blork : Shock and awe… for democracy!

Puis une réaction de Cybercodeur à ce qui ressemble à un troll.

La grande rousse rôde toujours dans le vide (J’y rôde…) mais elle visiblement très occupée par Amaya (faudrait que j’y jette un coup d’oeil…).

Hier, même des vaches furent mises à contribution pour propager le message anti-guerre. Toujours chez Karl, une ré-écriture du livret de Rigoletto, version accessible pour les banlieues.

Michel Dumais est encore parti à Montréal… Ça deviendrait presque agaçant ces blogueurs qui abandonnent leurs lecteurs et les laissent dans la frustration. Mais il est excusé, ce doit être pour le Changement.

Après les Top ten things that act as daily reminders that you are sharing your life with a true anglo de Martine, il faut que j’écrive Les dix choses qui me rappellent quotidiennement que je vis avec un vrai québécois.

En parlant de lui, mon lapin a ramené de Quimper plein de galettes bretonnes au beurre et un kouign amann. Le gourmand !

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Mise à jour [lundi 17 février 2003]

Ca y est… Mise à jour version 2.61 de MovableType. En espérant que tout fonctionne encore.

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Villepin, the Ladies’ man [lundi 17 février 2003]

Repiqué dans Metafilter :

The coolest Living Frenchman I can think of is Dominique de Villepin, the Ladies’ man who swept the UN off its feet, Colin Powell’s latest arch-nemesis (although they used to get along) who has, by speaking against the US war effort, seriously reduced the likelihood of a war against Iraq, and may have engineered great changes in the way that global problems are resolved.
But the main link is to an interview that de Villepin conducted with the Times of India several months ago. And I’m asking: don’t you wish that all politicians could speak so well, that all politicians had his intelligence, his education, his sensitivity, his understanding of global concerns, and just his ability to quote from an actual book and understand what it meant? And if they did, can you imagine the sort of world we could be living in now?
Posted by chrisgregory at 5:49 AM PST - 72 comments

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Joujoux en panne [lundi 17 février 2003]

Joueb.com est en panne, et Biz est encore à la recherche d’un hébergeur conciliant. Voilà qui n’est pas une bonne nouvelle pour la blogosphère francophone…

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Bouffeur de curé [mardi 18 février 2003]

Dans cette société “passoire”, on en vient même à soutenir que n’importe quel mode de parentalité peut sainement permettre à ses enfants de construire leur identité psychique, sexuelle, personnelle et sociale. Ce qui contredit les acquis psychologiques les plus élémentaires sur les processus de différenciation incontournables qu’appellent les repères de rôles, de sexes et de générations.
[ Jacques Grand’Maison, théologien dans La Presse, via Michel Dumais ]

Au secours, le retour des cathos réactionnaires !

Non, la rupture religieuse n’est pas “un marqueur de ce traumatisme historique, culturel et politique dont beaucoup de Québécois ne se sont pas remis.” La rupture avec le catholicisme est le signe de la fin de l’aliénation des Québécois et il faut maintenant reconstruire des valeurs et une société sur les ruines de la tyrannie obscurantiste. Jacques Grand’Maison ne regrette que l’époque bénie de l’omnipotence de son Église sur un troupeau de moutons pure laine Viarge.

Oui, il y a eu discontinuité historique, et c’est pour cela que l’on a utilisé le terme de Révolution. Et le passé appartient à l’histoire, seuls des dévots confits dans l’eau bénite peuvent envisager l’avenir dans le retour à la noirceur. Quelle navrance que de voir que sous prétexte de déboussolement passager, il nous faudrait revenir aux “vraies valeurs du passé”.

Il faut inventer l’avenir plutôt que d’ouvrir de vieux coffres à cadavres moisis. Jacques Grand’Maison fait appel à la confusion des genres, puisqu’il en appelle même au secours de la psychanalyse, pour desservir une même pitoyable cause : la chrétienté et le passéisme. Son texte n’est qu’un amalgame idéologique. L’héritage des générations passées n’est pas à rejeter, mais il n’est pas non plus à chercher dans l’asservissement à une administration hors-d’âge : l’Église catholique romaine.

Dieu merci (sic), il y a encore des bouffeurs de curés.

Bon, je promets de plus bouffer du curé ici, il ne faut pas tirer sur les ambulances !

Signé : le capitaine anticlérical et bouffeur de cuisses de grenouilles de bénitier. Et vive la République laïque !

P.S. Et vive le mariage des prêtres !

P.S. bis : Armez les canons, cathos à babord, tirez à boulets rouges, pentecôtistes à tribord !

P.S. ter : La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843). Toujours d’actualité…

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Sensualité gourmande [mardi 18 février 2003]

“Tout au long de cette vie tumultueuse où j’ai donné la joie sur d’innombrables sommiers dont j’ai oublié le nom, j’ai compris qu’on pouvait juger de la sensualité d’une femme, ou d’un homme, bien sûr, mais ce n’est pas tellement mon truc, simplement en observant son comportement à table. Prends-en de la graine, jeune dragueur qui m’écoute. Celle-là qui chipote devant les plats nouveaux exotiques, celle-là qui met de l’eau dans le pauillac, qui grimace au-dessus des pieds de porc farcis, qui repousse les myrtilles à côté du filet de sanglier, celle-là crois-moi, n’est pas sensuelle, c’est évident! Comment voulez-vous qu’une femme qui renâcle devant une saucisse de Morteau puisse prendre ensuite quelque plaisir… avec une langue aux olives ou des noisettes de veau?”
[ Pierre Desproges, Tribunal des flagrants délires, France Inter - via l’irremplaçable rouquine ]

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J’aime pas les curés [mardi 18 février 2003]

Suite à la réflexion-réplique de Michel Dumais, je me permets de préciser ma position :

Toutes les fibres de mon être sont profondément empreintes d’athéisme. La libre pensée est mon credo, l’apostasie est mon prosélytisme, l’incrédulité est mon apostolat.

Le poids de l’histoire sur l’Église est énorme et ce n’est pas sans raisons que les prêtres font bonne figure dans la liste des décapités de la Révolution et des fusillés de la Commune. Les curés ont été de tous les conservatismes et ont été trop souvent du mauvais côté.

Je ne dis pas que l’on ne peut pas trouver quelques hommes de valeur parmi eux, d’autant plus de nos jours où le choix du ministère relève plus que jamais du plus grand dévouement, mais la majorité de la corporation m’effare.

Grand’Maison réclame l’héritage de l’histoire et prie contre les renégats qui veulent faire, soi-disant, du passé table rase. Grand’Maison ne fait que défendre sa crémerie et se désole du recul de la religion dans la société, ni plus, ni moins. Quant à l’héritage, il ne sent souvent pas très bon.

Je ne connais pas le chanoine Grand’Maison, tout ce que j’ai lu de lui tient dans la page de La Presse, et ce je que j’ai lu m’a fortement déplu. Je n’aime pas lire la phrase “Mais combien s’interrogent sur la portée mortifère du refus global d’hier et de l’utopique création ex nihilo d’un Québec moderne qui a balayé d’un revers de la main toute référence au Canada français historique, culturel et religieux”, je n’aime pas l’apposition “chrétiens ou d’idéologie laïque”. De façon plus large, tout ce texte est un tissu d’amalgames forts contestables. D’ailleurs, comment prétendre à cette rupture catégorique avec le passé et à ce Québec déraciné ? J’entends les mêmes diatribes ici… et elles sont injustes et partisanes.

Pour terminer sur une touche plus personnelle, mon père fut séminariste avant de défroquer pour rejoindre les rangs marxistes puis la psychanalyse (et je vois une logique dans ce parcours…). Alors ceci explique peut-être cela, et mes mots que je trouve jamais assez durs à l’égard du clergé. Chatouillez-moi un peu, et je pourrais volontiers me livrer au blasphème et au sacrilège.

La religion n’est pour moi pas un héritage, elle est un fardeau.

P.S. J’ai eu la chance de rencontrer des prêtres estimables, et qui ont grâce à mes yeux en tant qu’hommes, malgré leur croyance que j’estime erronée : c’étaient des prêtres-ouvriers. La hiérarchie a eu leur peau.

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Curés, suite et fin [mercredi 19 février 2003]

Bon, je vais pas m’éterniser sur le sujet. Mais encore un dernier point qui me tient à coeur en tant que gay. On ne peut pas vraiment dire que l’Église catholique et ses émissaires soit les meilleurs amis de mes congénères. Les positions récurrentes du pape sont à cet égard révélatrices. Quant à l’exemple donné par Michel Dumais sur le prêtre qui, après s’être occupé des lépreux zaïrois, s’est dévoué à celle des sidéens en fin de vie, je ne vais pas me priver d’ironiser (c’est ma nature) : l’Église ne s’intéresse aux tapettes que lorsque qu’elles sont mourantes, frappées d’un fléau que certains extrémistes ne se sont pas privées de voir comme le bras armé de Dieu. Pour les gays biens portants, les positions vont de l’anathème à la froide indifférence en passant par d’hypothétiques thérapies correctrices. Non, les cathos ne sont pas nos amis. J’ai connu trop de cas de suicides de jeunes gays catholiques pour savoir le mal que l’Église a fait et fait encore, j’ai connu trop de gens en souffrance en raison de leur religion, qu’elle soit chrétienne, juive ou musulmane.

Quand je vois un Jacques Grand’Maison évoquer les nouvelles questions sur la notion de couple et de famille, comme étant le symbole d’une “société passoire” en pleine décomposition. Et je cite : “on en vient même à soutenir que n’importe quel mode de parentalité peut sainement permettre à ses enfants de construire leur identité psychique, sexuelle, personnelle et sociale”, ce qui est, vous en conviendrez, un propos complètement caricatural. J’y vois l’expression d’un incroyable conservatisme et d’une négation de la société telle qu’elle est réellement aujourd’hui. Il ne faut pas s’aveugler, la société change irrémédiablement, et ce n’est pas en promouvant des modèles dépassés que l’on se prépare à l’avenir. Et là, oui, mon sang ne fait qu’un tour et ce sont mes tripes qui parlent.

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Humour suédois [mercredi 19 février 2003]

Margaret Thatcher décapitée [mercredi 19 février 2003]

Paul Kelleher, qui a décapité une statue de Margaret Thatcher, a été condamné à trois mois de prison.

Paul Kelleher avait pourtant fait oeuvre de salubrité publique en éliminant aussi radicalement une telle insulte à l’Art et au bon goût. Je souhaite vivement que M. Kelleher en fasse appel à la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Comme quoi l’Angleterre n’a jamais eu aucun respect pour le bon goût (il n’y a qu’à voir le garde-robes de la Reine…).

L’article nous précise que la décapitation s’est effectuée à l’aide d’une batte de cricket Slazenger V600. Personnellement, je vous recommande plutôt la V1200 qui offre une meilleure prise-en-main pour des décollations statuaires élégantes dans le geste et tout aussi parfaitement efficaces.

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Virtual PC racheté par Microsoft [jeudi 20 février 2003]

“Adding Virtual PC to its product portfolio is yet another example of Microsoft’s continued commitment to the Mac platform,” said Ron Okamoto, vice president of Worldwide Developer Relations at Apple Computer Inc. “For years, Virtual PC has helped people who want to own a Mac but need to run legacy PC applications. We’re glad to see Virtual PC go into such good hands.”
Microsoft Acquires Connectix Virtual Machine Technology

Windows XP, Mac OS X et Unix sur une seule machine, ça vous tente ? Achetez un Mac

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Cervelle de piaf [jeudi 20 février 2003]

La hauteur des débats politiques en période pré-électorale est fascinante.

Juste pour rajouter mon grain de sel : une mère, même célibataire et ayant des difficultés à joindre les deux bouts (pour reprendre les mots de Jean Charest qui participe à cette désolante curée médiatique), et qui envoie son enfant à l’école le ventre vide, est à mes yeux soit une mère indigne, soit une idiote irresponsable à la cervelle de piaf, ou encore les deux à la fois. Et si il existe vraiment des mères qui n’ont pas deux piastres dans leur porte-monnaie pour donner un minimum à manger à leur enfant le matin, c’est qu’il y a vraiment un grave problème de société et de responsabilité collective.

P.S. “Est-il encore permis de n’être ni méprisant ni insignifiant? De dire : il faut lutter contre la pauvreté, tout en sachant que chez les oiseaux comme chez les humains, il y a cette terrible vérité : certains parents sont foutrement irresponsables.” Yves Boisvert, La Presse.

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George Clooney (hmmm…) [jeudi 20 février 2003]

En plus d’être incroyablement sexy, George est visiblement un mec bien.

Si vous avez Real Audio, je vous encourage à écouter en version originale ce qu’il a à dire sur la crise actuelle (même la voix est sexy…) :
http://cinema.telerama.fr/edito/19_02_03/politique1.ram

La même chose en français :

Télérama : La presse américaine ne vous lâche plus depuis que vous vous êtes moqué du gouvernement Bush, en disant qu’il dirigeait le pays à la manière des mafieux des Soprano…
George Clooney : Je me suis engagé, mais à ma manière, en faisant le clown dans un talk-show. Je ne vais quand même pas donner des conférences de presse sur le sujet ! Mais j’ai des convictions : je suis farouchement opposé à une guerre en Irak ; je trouve terrifiante l’idée de guerre préventive. Saddam Hussein est-il un salaud ? Bien sûr que oui. Comme Kadhafi, comme Pinochet. La liste des salauds est longue. Il y a toutes les raisons du monde de vouloir se débarrasser de lui, sauf que celles qu’on invoque aujourd’hui et la méthode envisagée ne sont pas les bonnes. Saddam Hussein n’a aucun lien avec Al-Qaida : ça fait un an que la CIA cherche une preuve et, croyez-moi, si elle en avait trouvé le début du commencement d’une, on le saurait. Mais, si on attaque, alors Saddam donnera à Al-Qaida tout l’anthrax qu’il voudra, et, là, on aura un vrai problème… Le New Yorker a publié il y a trois semaines un article de Seymour Hersh qui montre bien que la CIA n’ignore rien, en revanche, des liens existant entre le Pakistan et la Corée du Nord concernant la fabrication de missiles à longue portée et d’armes nucléaires. L’urgence, elle est là !
[ Télérama ]

Hélas, pour un Clooney ou une Sarandon, combien d’américains, incultes, stupides et racistes, engraissés au Mc Donald et aux Dunkin’ Donuts, et décérébrés par CNN et Fox News ?…

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20 millions [vendredi 21 février 2003]

Le nombre d’internautes passe le seuil des 20 millions et ce sont près de 40% des Français âgés de 11 ans et plus qui se sont connectés à Internet au cours du dernier mois, annonce le dernier baromètre Médiamétrie de janvier 2003. Par ailleurs, près de 3,2 millions d’individus ont effectué un achat en ligne au cours du mois de décembre 2002, soit une hausse de 23% par rapport à l’an dernier. Enfin, ce sont près de 16% des internautes qui ont effectué un achat en ligne pour les fêtes de Noël. [CB News]

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Barre d’anspect [vendredi 21 février 2003]

Savez-vous ce qu’est une barre d’anspect ? Une estrope ? Un minahouet ? Une touque ? Un youyou ? Une galoche ? Un diablotin ? Une caliorne ? ou encore cabaner ?

Tous ces merveilleux mots appartiennent au vocabulaire de la marine traditionnelle. Et savez vous quel est le meilleur dictionnaire maritime actuellement disponible, tous supports confondus (papier, cd-rom, Internet) ? Et bien, il s’agit du Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française, accessible sur Internet. Avec des vraies définitions de marins, complètes, et avec en prime la traduction dans la langue de Nelson.

Cet outil est une mine d’or pour tous les vocabulaires techniques, souvent délaissés, ou pire maltraités, par les dictionnaires généralistes. Je l’utilise très régulièrement, autant dans mon univers professionnel que pour mes travaux personnels d’histoire maritime (bien que je dispose à la maison de tous les grands dictionnaires maritimes de 1846 (Bonnefoux) à nos jours).

Merci à la Grande Rousse qui m’a indirectement donné l’idée de ce billet de lexicographie maritime.

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Vermisseaux britanniques [vendredi 21 février 2003]

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Nous, britanniques, pensons également que vous, français, avez oublié ce que vous devez aux autres nations, et en particulier aux États-Unis et à la Grande Bretagne, qui sont venues à votre secours lors des deux guerres mondiales.

Vous n’étiez que trop heureux d’accueillir les américains lorsque la France était écrasée sous la botte hitlérienne.

Mais aujourd’hui vous méprisez le peuple américain et son président, et vous oubliez combien de soldats, de marins et de pilotes, américains et britanniques, ont donné leur vie, ainsi qu’en témoignent les cimetières militaires de France, pour la libération de ce pays.

Aujourd’hui, les américains, soutenus en cela par d’autres nations européennes plus courageuses que la France, se préparent à débarrasser le monde d’un autre tyran.

Au nom de nos dix millions de lecteurs, nous vous posons aujourd’hui cette question:

N’avez-vous pas honte de votre President?

Le Sun, quotidien racoleur lu chaque jour par dix millions de porcs anglais.

La plupart des anglais sont des gens incroyablement vulgaires. C’est pas demain que je suis prêt à reprendre l’Eurostar…

P.S. Libération : Opération commando du Sun à Paris.
Libération : Des médias anglo-saxons à l’artillerie lourde

Quel point commun existe-t-il entre le Sun, le Times, le Sunday Times, BSkyB -en Grande-Bretagne-, le New York Post, Fox TV -aux Etats-Unis-, le Melbourne Herald Sun ou le Wellington Dominion Post ­en Australie ? Tabloïds, télévisions par satellite, quotidiens et hebdo, ces médias dispersés à travers le monde appartiennent tous à un même homme, Rupert Murdoch, et, à l’unisson de leur maître, ils entonnent les mêmes chansons martiales.

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Skoazell Vreizh [vendredi 21 février 2003]

Skoazell Vreizh : comité de soutien aux familles des détenus et des personnes mises en examen pour des motifs politiques bretons, personnes impliquées dans des actes de résistance à la politique d’assimilation et d’intégration de l’Etat français en Bretagne.

Tout savoir sur l’Armée Révolutionnaire Bretonne.

Office de la langue bretonne.

À chacun sa lutte armée pour l’indépendance : tout savoir sur le Front de Libération du Québec.

P.S. Je ne cautionne aucun terrorisme, ces sites sont ici juste pour leur caractère informatif.

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Ne buvez plus idiot… [samedi 22 février 2003]

Buvez engagé. J’espère que l’arabe du coin (équivalent du dépanneur en France) a ça en stock. [ En savoir plus ]

Quant au boycott de Mc Donald, je m’y mettrai bien volontiers mais je le pratique déjà depuis longtemps pour des raisons plus gustatives (et hygiéniques) que politiques. Allez donc chez Quick. Mieux encore, allez au café et demandez un parisien, un demi et un express.

C’est officiel, je boycotte les produits britanniques. Fini les Rolls Royce et le thé ! Sauf que je n’ai pas de voiture et que je ne bois que du café. Et si je fais le tour de la maison, déjà pas l’ombre d’un produit britannique (enfin si, la sauce Worcestershire pour faire les tartares de boeuf). Il faut dire que c’est une maison de gastronomes ici…

Bon, samedi, c’est jour des courses hebdomadaires au supermarché. Résumons la liste des emplettes : pas de produits américains (facile), pas de produits britanniques (trop facile), pas de produits israéliens (facile), pas de produits de firmes ne respectant une éthique minimale (moins facile), pas de produits contenant des OGM (pas facile)… Il faudrait un petit lecteur de code-à-barres, configurable suivant ses opinions, avec deux voyants : vert, c’est bon, tu achètes, rouge, tu laisses sur la gondole.

C’est dur d’être un consomme-acteur…

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Fuck Me Slow and one Vibrator [dimanche 23 février 2003]

En bonne place dans ce vert paradis des alcools désuets se tient la Chartreuse. Pas si démodée que cela toutefois, puisqu’il se vend encore chaque année dans le monde plus d’un million de bouteilles de cette liqueur de plantes.
Incroyablement, c’est dans un bar de Nouvelle-Zélande, The Outback Inn, qu’on en sirote le plus, avec une descente de 600 cols par saison !
[ Le Monde, Cent trente plantes pour une liqueur ]

Il me fallait en savoir plus, pourquoi ce bar de Nouvelle-Zélande descendait autant de l’elixir de longue vie (bien meilleur que celui du Suédois…) ? En fait, ce bar semble être un paradis du shooter et du cocktail. Plus de 100 shooters sont proposés, parmi lesquels les Absolut Fuck, Bald Pussy, Bitch Slap, Blowjob, Deep Throat, Fuck Me Slow, Full Of Shit, Golden Shower, G Spot, Hairy Nipple, Hard On, Horny Monkey, Martian Hardon, Multiple Orgasm, Passed out naked on the bathroom floor, Quick Fuck, Period Pain, Screaming Orgasm, Suffering Bastard, Wet Dream… J’en passe, et des meilleurs. Vous vous imaginez commander un Fuck Me Slow ? J’avoue que si le serveur était mignon, je serais un peu embarrassé.

Revenons à la Chartreuse, les kiwis verts nous proposent sur cette base :
Chocolate Coated Balls - Chartreuse, Baileys
Deathwish - Chartreuse, Jack Daniels, Firewater, Coruba 101, Opal Nera
Devastating Body Rocker - Opal Nera, Chartreuse
Gimmie, Gimmie, Gimmie - Galliano, Firewater, Chartreuse
Head Biter - Chartreuse, Absolut Chilli, Bitters, Worchestshire Sauce, Tabasco
Irish Accent - Tullamore Dew, Crème de Menthe, Chartreuse
Juggernaut - Chartreuse, Ice 101, Tabasco
Kermit The Frogs Kiss Of Death - Tequila, Coruba 101, Chartreuse, Blue Curacao
Mullet - Ouzo, Chartreuse, Southern Comfort, Worchestshire Sauce
Mutilation - Green Chartreuse, Cherry Brandy.
Stingy Janelly Fish - Kahlua, Butterscotch Schnapps, Blue Curacao, Baileys, Chartreuse, Cherry Advocaat
Sunburn - Absolut Chilli, Firewater, Chartreuse, Tabasco
Suffering Bastard - Absolut Chilli, Ice 101, Firewater, Chartreuse
The Day After - Cointreau, Tequila, Blue Curcacao, Chartreuse
The Quick & the Dead - Green Chartreuse, Wild Turkey.
Traffic Light - Strawberry Liqueur, Galliano, Chartreuse
T.K. Special - Coruba 101, Chartreuse, Ice 101, Firewater, Tabasco
Vibrator - Ice 101, Chartreuse, Tabasco.
Et également le flaming shooter, à 7,50 $ : Opal Nera, Chartreuse

Martine, ça te tente un Vibrator ? (Sorry, Blork !)

De toute façon, la Chartreuse, c’est cochon (sens français), la preuve : on lit sur la page d’accueil du site Chartreuse.fr : “Vous devez être majeur pour visiter ce site”.

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Pro-américain [dimanche 23 février 2003]

Oui, hier soir, je me suis senti profondément, viscéralement pro-américain. J’ai senti combien nous avions à partager, j’ai senti la richesse d’un passé commun fait de tant de grands moments. J’ai ressenti un moment d’émotion partagé à l’évocation de ces moments par un gros monsieur, sanglé dans un habit de soirée, sur la scène du théâtre du Châtelet.

Mais que s’est-il donc passé hier soir ? Juste affalé sur le canapé à regarder à la télé la 28e cérémonie de remise des Césars. Juste à écouter le vibrant et drôle discours de Michael Moore, récompensé pour Bowling for Columbine (meilleur film étranger), et juste de voir Meryl Streep, dans des plans de coupe, en rire à gorge déployée.

Discours terminé plus gravement sur les mots : “One of the best definitions of an ally, of a friend, is that your friend is the one who can tell you when you’re wrong. So thank you for showing us the way, for standing up and for something very important… I want to let you know that there are tens of millions of Americans who feel the same way.”

“L’une des meilleures définition d’un allié, d’un ami, c’est que votre ami est celui qui pourra vous dire quand vous avez tort. Alors, merci de nous montrer la voie, de prendre position sur un sujet très important. Je veux vous faire savoir qu’il y a des dizaines de millions d’Américains qui pensent comme vous.”

Alors, oui, je suis pro-américain, pour l’Amérique de l’intelligence, de la sensibilité et de la culture. Thank you, Michael, thank you Meryl.

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Château-Lafitte [dimanche 23 février 2003]

Un jour que nous étions à Saint-Eustache, mon lapin m’a invité au restaurant. Il m’a dit “nous allons au Château Lafitte”. Rien qu’à ce nom prestigieux aux accents de Château Mouton-Rotschild, Château Margaux ou autre Château Latour, je salivais déjà d’avance à ce qui ne saurait être autre qu’une escale gastronomique de charme, comme le Québec peut parfois vous en réserver.

Saint-Eustache, pour ceux qui ne connaîtraient pas, est une bourgade située au nord-ouest de Montréal. L’essentiel du centre-ville se résume à une grand rue qui s’achève à l’église locale, église pareille aux centaines d’autres que le paysage québécois peut vous offrir en masse, si ce n’est qu’elle fut le haut-lieu de faits, ô combien historiques, le 14 décembre 1837, jour qui vit une centaine de Patriotes échanger quelques amabilités avec des Anglais en surnombre.

Mon lapin, qui lit par dessus mon épaule, me prie de vous préciser que l’église de Saint-Eustache est dotée d’une acoustique exceptionnelle, et que donc, elle est loin d’être quelconque. Qui plus est, ce fut le temple qui abrita l’union de ses deux soeurs, la dernière y ayant épousé un représentant de la perfide Albion.

Bon, revenons en à la gastronomie locale. Château-Lafitte n’est en rien ce que son nom seul pourrait laisser entrevoir. Mon lapin avait choisi cette destination sachant combien j’appréciais la chaleur de ces vieux restaurants où l’on est servi par de grosses madames, à la choucroute blonde et au petit tablier impeccable (patrimoine hélas en voie de disparition). Car, eh oui, Château-Lafitte est l’un de ces inénarrables restaurants de cuisine canadienne !

C’est dans la chaleur de cette salle à la décoration préservée, que je découvrais sur l’immense menu en carton les multiples variations des deux plats nationaux du Québec : la pizza all-dressed et les spaghettis en sauce. Sans oublier les mets chinois et les clubs sandwiches… Il y avait bien une poutine de proposée, mais je suppose que cela n’était que pour le folklore. C’est donc une all-dressed avec une pinte de Molson Dry que je commandais.

Mon lapin savait qu’il allait me faire bien plaisir et j’ai encore le souvenir de ce merveilleux repas de tourtereaux énamourés dans ce haut-lieu de québécitude.

Je dois d’ailleurs ajouter que je me désole de voir la disparition progressive de ces restaurants à Montréal. Des menus complets, roboratifs, et peu onéreux, dans des décors qui ont vu des générations de convives s’y sustenter, et servi par des madames hors-d’âge, chaleureuses et quasi-maternelles pour leurs clients. Vous préférez peut-être une salade fusion à l’émincé de tofu, à 12 piastres 95, dans un décors de morgue high tech, servi par une anorexique idiote ou un gars embauché pour son anatomie plus que pour son sens de l’accueil ?

Québec, ton patrimoine fout le camp !

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La vie, la vie, dernière [lundi 24 février 2003]

Hier après-midi, alors que nous aurions pu profiter du temps clément (12° C) pour aller se promener et goûter aux prémices du printemps, nous sommes restés collés à la télévision à regarder l’intégrale de la troisième et dernière saison de La vie, la vie en DVD. Même qu’on a braillé un peu sur la fin.

Puis on s’est retrouvé comme des enfants devant un pot de Nutella vide, la dernière cuillère avalée : quoi, déjà fini ? Mais on en veut encore !

Ça a pas de bon sens d’être pogné de même par un téléroman !!!

P.S. Juste une question, c’est quoi ces séries où l’on suit le destin de personnages pendant trois ans et où on ne voit même pas un seul flocon de neige ? les seules manifestations météorologiques étant un orage et deux ou trois averses… Y a plus d’hiver au Québec ? On ne m’avait même pas prévenu…

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Standards, only for geeks ? [mardi 25 février 2003]

So now only the few can make a web site… or at least a “proper” one. This is sad, because when Karl and Boris and Mikel go on about standards I eat it up. Hey, I’m a technical writer — I like standards and consistency! But when did standardization get hijacked by the programmers? Did they become jealous that — for a while — regular people could do cool stuff too?
[ Blork ]

Et bien oui, on peut se gargariser de standards, de XTML plus ou moins strict et de mises en page tout-CSS, mais la vérité est là : le commun des mortels n’y a pas facilement accès. Les nouveaux standards aboutissent aujourd’hui a un effet étrange : plein de “tips and tricks”, beaucoup de bricolage, pas mal d’ésotérisme, et un apprentissage que l’on ne peut pas qualifier d’intuitif (sans compter la plaie des nombreuses incompatibilités et différences de rendu entre navigateurs). Si vous décidez de sortir des gabarits CSS proposées partout (aka 2 ou 3 colonnes), bonjour la “prise-de-tête”. Et si les apôtres de la pureté et du sémantique avaient oublié de proposer un bon candidat au remplacement des tables utilisées pour structurer la présentation visuelle ? Un candidat accessible à tous.

Je regrette aussi qu’il existe une petite clique de méprisants arrogants, des ayatollahs qui jettent l’anathème sur les “pauvres” qui persistent à utiliser des tables. Leur comportement est inutilement élitiste, voir snob. L’essentiel, c’est que chacun ait accès au web, et puisse s’y exprimer. HTML 3.2 sans CSS n’a rien d’infamant. Et les tables, c’est rapide et bien pratique.

Il n’y a aucune table dans mon modeste blogue carnet, mais c’est plus l’expression de mon intérêt pour la nouveauté, une sorte d’exercice de style, et non un apostolat. Ce n’est pas déshonorant d’utiliser des tables pour définir des colonnes dans sa maquette, et cela peut-être fait tout en respectant les standards. Et certains CSS tricks n’ont vraiment rien à envier au détournement des tables…

Les utilisateurs ont toujours tendance à exploiter les outils qu’ils ont à leur disposition d’une manière totalement étrangère à l’esprit des concepteurs de ces outils. Le concepteur a beau dire “mais c’est pervers !”, ces détournements participent souvent à la popularité de l’outil. Alors oui, les tables n’ont pas été conçues pour le positionnement (mais pour faire des tableaux), mais elles le font plutôt bien, et, on peut le penser, mieux que la concurrence.

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Vatel [mardi 25 février 2003]

Bernard Loiseau, menacé de perdre une étoile au Michelin et déclassé par Gault & Millau, s’est suicidé hier, à l’âge de 52 ans. [ Libération ].

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Érotisme visuel [mardi 25 février 2003]

Ecrivez un texte érotique et de nombreux lecteurs se délecteront de vos mots, publiez une photo érotique et vous changez tout de suite le regard des spectateurs. Problème d’apprentissage de la lecture. Mettez vous en scène dans un texte appelant à l’imaginaire, les lecteurs s’interrogent mais laissent place à l’imagination. Mettez vous en scène dans une photo, et là c’est la catastrophe pour ceux qui regardent. [ Karl ]

Karl regrette-t-il l’accueil fait à ses fesses (belles par ailleurs) ?

P.S. Faudra que je vous montre les miennes, un jour…

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Québec into the Axis of Weasels [mardi 25 février 2003]

Two Nations
Americans may be tempted to inscribe Canada into the Axis of Weasels, but think again: In yesterday’s Globe and Mail, columnist Lysiane Gagnon reports on a new study of Canadian public opinion that shows that Canada — like the Western Alliance — is divided on war by linguistic lines. Sixty percent of Canadians outside the French-speaking province of Quebec approve of the use of force by the United States in Iraq — only 44% of Quebeckers do. Nearly half of Canadians outside Quebec (48.5%) want Canada to support the U.S. in war. Only 30% of Quebeckers do.
[ David Frum, National Review Online ]

On the same website :

Frog-bashing requires no actual excuse, and can be enjoyed at any time, with the support of no less an authority than the Swan of Avon. When the French actually do go out of their way to vex the Anglosphere, as they did recently in the U.N. Security Council, there is no reason to restrain ourselves at all. All those jokes you have been hearing this past few weeks about French treachery and pusillanimity ? “French rifle for sale; almost new; only thrown down in surrender twice…” ? have a long and respectable pedigree. Go ahead, enjoy yourself.
[ John Derbyshire, All-Vapouring France, National Review Online ]

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La belette [mardi 25 février 2003]

Précision zoologique
La traduction françaises du weasel n’est autre que la belette, charmant petit carnivore de nos campagnes. Redoutable prédateur, elle se distingue par sa vivacité et son intelligence. La belette fait partie de la famille des mustélidés où l’on trouve le furet, le blaireau, la loutre, la marte, le vison, le putois, l’hermine…

Quitte à choisir, je préfère être de l’axe des belettes que de celui des gros porcs.

J’ai vu le loup, le renard, la belette,
J’ai vu le loup, le renard cheuler,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés…
J’ai ouï le loup, le renard, la belette,
J’ai ouï le loup, le renard chanter,
C’est moi-même qui les ai rechignés…
J’ai vu le loup, le renard, la belette,
J’ai vu le loup, le renard danser,
C’est moi-même qui les ai revirés.

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Cyberpresse, c’est fini [mercredi 26 février 2003]

Et puis, La Presse en PDF, pas question. Et le problème est définitivement réglé quand on lit : “Accessible : Vous pouvez accéder à La Presse édition électronique à partir de votre ordinateur (PC seulement)”. C’est curieux, je n’ai pas la même notion d’accessibilité que La Presse. Enfin, dommage que La Presse se soit alignée sur Le Devoir qui est loin d’être un modèle.

Bon, on va pas pleurer, il y a d’autres excellents quotidiens à lire sur Internet. Désormais, je lirai chaque matin The Gazette et The Globe and Mail. Des regards sans doute plus intéressants sur le Québec que la fadasse Presse.

Bye, bye, Cyberpresse !

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Juste pour Martine… [mercredi 26 février 2003]

Suite à une plainte tout à fait légitime de Martine, et du fait que je déteste les fenêtres pop-up, j’ai entièrement revu le fonctionnement de mes commentaires.

Alors, à vos grains de sel !

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CSS in trouble [jeudi 27 février 2003]

“Ultimately, my reason for switching to CSS was because I noticed that my tables-based design wasn’t working very well in Mozilla.”
Blork, More on all that CSS stuff…

Hélas, your CSS-based design isn’t working well in my new Apple web browser Safari

Blork Blog

CSS doesn’t resolve yet cross-platform problems and rendering differences between browsers, without talking about bugs.

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Placotage ferroviaire [jeudi 27 février 2003]

Montréal se situe à 253 kilomètres de Québec. Imaginez une liaison TGV entre les deux villes… Un TGV français (cocorico) a une vitesse de croisière de 300 km/h (record 515 km/h). Imaginez donc Québec à moins d’une heure de Montréal, de centre ville à centre ville. Soit moins de temps que pour aller de certains coins de Laval jusqu’à Berri-Uqam en transports en commun. Quel impact cela pourrait-il avoir sur la géographie du Québec ? Imaginez aussi Montréal-Toronto en moins de deux heures et Montréal-New-York en 2 heures 20. La perception des gens du territoire québécois serait quelque peu changée.

C’est ce qui s’est produit en France. Marseille est à 770 km de Paris (soit la distance de Montréal à Matagami). La ville phocéenne a toujours parue très éloignée de Paris, jusqu’à ce que le TGV mette Marseille à 3 h 00 de Paris. Depuis, pas mal de parisiens partent en séjour de fin de semaine sur les bords de la Méditerranée, et Marseille est devenue dans l’esprit des gens une réalité accessible, une réalité proche. La perception et la connaissance que l’on a de la cité méditerranéene se fait maintenant différente. Bien sûr, il y avait l’avion, mais avec le temps pris pour aller à Orly, les délais d’enregistrement et les fréquents retards, cela ne soutient pas la comparaison avec prendre le train à la Gare de Lyon, à côté de Bastille, et d’arriver frais et dispo à la gare Saint-Charles, à deux pas du Vieux-port. Paris-Marseille en avion peut facilement vous prendre plus de 4 heures de porte à porte et pas mal de fatigue nerveuse.

Enfin, cessons de placoter, le TGV au Québec, c’est pas demain la veille.

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XHTML and CSS, a BDSM relationship ? [jeudi 27 février 2003]

XHTML
Antipixel is coded using strict XHTML 1.0 because web standards are important and, besides, it was kind of fun in a masochistic way.

CSS
The site uses Cascading Style Sheets for all layout and formatting, so it could look weird (but should still be readable) on outmoded browsers.

Lu sur le colophon du blogue de Jeremy Hedley.

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Maudits Gaulois! [vendredi 28 février 2003]

C’est bien connu que les amis sont plus embêtants que les ennemis. Rien de plus facile que d’ignorer ses ennemis déclarés, mais les amis, il faut parfois les écouter, ou à tout le moins faire semblant de le faire. Et quand ces amis sont Français… comment dire? eh bien, ils parlent beaucoup les Français. La dialectique est un art où ils excellent et l’esprit critique, un mode de vie. Pas du genre à dire “oui monsieur” quand on leur demande de faire la guerre. Ils voudront savoir le pourquoi et le comment. De vrais emmerdeurs, quoi!
[ Guy Gendron, Radio Canada ]

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Module de crise [vendredi 28 février 2003]

Aujourd’hui, j’ai installé un “module d’urgence” sur le site Web d’une grande société. En cas de catastrophe, il permet aux membres d’une cellule de crise de remplacer facilement la page d’accueil du site par une autre, beaucoup plus simple, avec juste le logo et les derniers communiqués de l’entreprise sur la situation. Ce système est prévu pour éviter que le site succombe sous la surcharge de requêtes des internautes (grand public, proches des victimes, presse, autorités, etc.).

C’est très étrange de développer un outil tout en souhaitant qu’il ne serve jamais. C’est la première fois que je me trouvais dans cette situation.

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