Encore un scandale dans le marché de la photo ancienne…
[…] Si les acheteurs et l’expert Grégory Leroy refusent de livrer le document [une expertise de Paul Messier], c’est, disent-ils, parce qu’il est trop sensible : ce rapport serait tellement détaillé (30 pages) qu’il pourrait, s’il tombait entre de mauvaises mains – notamment celles des possibles faussaires – leur permettre de comprendre leurs erreurs.
C’est le marché de la photo ancienne qui serait en jeu… Leroy justifie :
« Le travail est magnifiquement fait. En ne transmettant pas ce document, je défends l’intérêt du marché et de mes clients contre d’éventuels faussaires qui se baladent dans la nature. »
La Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) possède également le document classé confidentiel dans le cadre de l’enquête préliminaire. Elle a mandaté une nouvelle expertise, française celle-là.
[…] Grégory Leroy estime que la moitié du commerce de la photo ancienne en France (évalué entre 5 à 10 millions d’euros par an) est touché.
Acheteur de la vente, Jean-Claude Vrain renchérit :
« On sait qu’il y a beaucoup de faux dans l’art mais là, c’est à ma connaissance la première fois que tout le lot est composé de faux. C’est très inquiétant pour la photographie : c’est aussi la première fois qu’on mettrait à nu une véritable entreprise de faux à grande échelle, opérant pour des sommes aussi importantes. C’est le plus grand scandale auquel j’assiste depuis que j’achète. »
Rue89, Eleonore Gratiet-Taicher : “L’un des pionniers de la photo a-t-il été inventé de toute pièce ?”
Quelques observations :
Il y a quelque chose de très curieux dans ces photos de Charles-Édouard de Crespy le Prince (voir les 83 lots ici), c’est que rien ne permet de les dater dans leurs sujets. Que des arbres, des rochers. Bref, de l’intemporel. Tout le corpus proposé à la vente est d’une rare homogénéité. Étrange.
D’autre part, même si c’était de vrais calotypes du milieu du XIXe siècle, la pauvreté de leurs sujets devraient enlever très considérablement de leur valeur.
Enfin, l’argument de Grégory Leroy, expert pour les ventes de photographies chez Artcurial, comme quoi il ne faut pas diffuser l’expertise, car elle mettrait en péril le marché… C’est regrettable.
Le seul moyen d’assainir ce marché véreux, c’est de parler des escroqueries au lieu de les cacher sous le boisseau, et d’être dans une démarche scientifique en communiquant le résultat des expertises, afin de faire progresser la recherche qui n’en est qu’à ses balbutiements.
Pour ce que j’en sais, seul aujourd’hui le papier permet d’irréfutablement dater quelque chose dans un tirage photographique, mais seulement le papier, pas la chimie qui est mise dessus. (Paul Messier est l’expert en papier utilisé pour la photographie le plus reconnu au monde. S’il dit que ce sont des faux, c’est probablement que le papier est postérieur à 1848.)
(Avec du vieux papier, je peux vous fabriquer des faux très convaincants.)

Andreas Gursky, “Rhein II”. Le tirage photo le plus cher du monde.

Ça circule pas mal sur Google+, j’en ignore la source. C’est pas mal vu…
“Les palladio-platinotypes : des tirages photographiques à l’épreuve du temps”. Entretien avec Stéphane Gigandet, qui développe une intéressante plateforme de réalisation d’interviews en ligne.
Un documentaire de 1965 sur une grande dame de la photographie :
Pour les filles et les gays : “My Daguerreotype Boyfriend”.
Je suis rarement content de mes propres photos, mais là, je ne sais pas trop pourquoi, j’adore mes tulipes.
Jouez avec la focale, l’ouverture, la sensibilité, la rapidité. Instructif pour les débutants (pour comprendre les trois principaux modes de prise de vue, manuel, priorité diaphragme, priorité vitesse), amusant pour tous.
Mon appareil est presque toujours en priorité diaphragme. C’est votre cas ?
Natori. Photo AP/Vincent Yu.
Kesennuma. Photo AFP/Yasuyoshi Chiba.
Natori. Photo AP/Sergey Ponomarev.
In Focus: “Japan Earthquake: The Long Road to Recovery”.
À Ōfunato, un bénévole nettoie des photographies retrouvées dans les décombres. Photographie Toru Hanai/Reuters.
The Big Picture: “Japan’s crisis: one month later”.

Photo: Paul Hansen, 2010.

Photo: Nathan Weber, 2010.
Last year while covering the Haitian earthquake aftermath, myself and several other photographers were in the downtown area of Port au Prince following local police as they attempted to maintain control over looting crowds. During the chaos Fabienne Cherisma, 15, was shot in the head by police and died instantly. During the next few minutes one of the images I made shows the scene and the many photographers capturing images of her lifeless body.
As it turns out one of those photographers, Paul Hansen, a staff photographer with the Swedish daily Dagens Nyheter, has won newspaper photographer of the year in the 67th annual Picture of the Year International competition at the Missouri School of Journalism.
I feel it is important to share with viewers a glimpse of the situation that surrounded Fabienne’s tragic misfortune.
Nathan Weber: “Haiti & Paul Hansen”.
Prison Photography: “Brouhaha in Sweden following Award to Paul Hansen for his Image of Fabienne Cherisma”.
So before I say anything else let me start by saying; I created this video to simply show that you should not be limited by your camera. Obviously there was a lot that went into this shoot including a professional model, hair and makeup, a studio, lighting, and a retoucher. We may create another video in the future where we shoot with only natural light but this video is simply about the camera. There are so many photographers who are obsessed with noise, sharpness, color, dynamic range, megapixels, chromatic aberration, moire, distortion, etc. So many photographers get wrapped up in the technical side that they forget how to take compelling images. This video is for them.
Fstoppers, Lee Morris: “The iPhone Fashion Shoot”.
Après un mois et demi d’activité, le bilan de l’expérience est très satisfaisant et il semblerait même que le projet soit viable. Sans aucune étude de marché, juste guidé par la passion, ma “start-up” a déjà rencontré un public réceptif à ce style d’offre qui sort un peu de l’ordinaire et le bouche-à-oreille fonctionne bien.
Le point essentiel, c’est 100% de clients heureux aux quatre coins du monde. (Enfin, quand ils reçoivent leur commande… À cet égard, nous ne féliciterons pas Chronopost qui traite les EMS en France. Une qualité de service juste pitoyable.) Il y a même des clients qui font des vidéos de déballage avec des chats (hmm ?).
Pour ce qui est de ce qui marche, il est clair que New York ou Gertrude, ça part beaucoup mieux que les bateaux. Il me faudra donc étoffer le catalogue dans ces directions (ou faire de la pub en direction des amateurs de voiliers).
Pour les prix de vente, on m’a plusieurs fois dit que je n’étais pas assez cher pour être crédible. Je suis assez cher pour gagner modestement ma vie (l’équivalent d’un SMIC français) si je vends une trentaine de tirages par mois, et pour le moment, ça me suffit. Et je suis déjà assez cher pour être considéré comme produit de luxe inaccessible à beaucoup. D’autre part, je l’expliquais à un nouveau montréalais, vivre de sa passion et choisir un confort de vie, ça a un coût et je suis prêt à le payer. Je pourrais certainement gagner bien plus d’argent en continuant à travailler dans le webomarketing, mais cela ne m’intéresse plus du tout et n’est aucunement enrichissant personnellement.
J’avais annoncé qu’une des étapes suivantes était de s’ouvrir à la photographie contemporaine, c’est chose faite aujourd’hui avec l’arrivée de Guy Verville, photographe montréalais (et ami aussi).

En photo : “Sans titre n° 1”, Guy Verville, 2007.
[Si vous êtes photographe intéressé par ce type de commercialisation, les conditions sont assez simples : il faut que j’aime vos photos (pour les tirer avec amour), qu’elles me semblent avoir un minimum de potentiel commercial, et vous gagnez 50$ (37.5 €) par tirage vendu. Aucune avance sur recette.]
Après des mois de travaux préparatoires, je lance aujourd’hui ma petite entreprise.
Ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai trois passions dans la vie, la mer, la photo et l’histoire. J’ai donc tenté de réunir les trois et d’en faire un semblant d’activité professionnelle. Après des années dans la publicité, le marketing, le “web 2.0”, j’ai ressenti le besoin de laisser l’esbroufe et le jetable de côté, pour de l’artisanat et du durable.
Le thème général, c’est de vendre des tirages photographiques de grande qualité, principalement réalisées en platine-palladium, à des prix raisonnables. Pour le moment, il y a une forte dominante “marine” parce que j’aime ça, mais c’est appelé à évoluer.
C’est une activité complètement artisanale. Ce ne sont pas des tirages argentiques faits en minilabs en Roumanie pour un euro pièce, et vendus comme des “photographies d’art” pour collectionneurs cinquante à cent fois plus cher. J’avais pensé un moment à une reconversion dans l’ébénisterie (j’adore le travail du bois), ce sera finalement la photographie à l’ancienne.
C’est une version bêta. C’est-à-dire qu’il peut y avoir des dysfonctionnements dans le site (je vous remercie de me les signaler) et que ce qu’il y a derrière n’est pas encore tout à fait rodé, il pourrait y avoir des incidents de démarrage, notamment au niveau logistique (les premiers clients essuieront les plâtres…). Bref, ce doit être considéré comme un chantier ouvert au public.
Quelles sont les phases suivantes ? D’ici trois semaines, présenter une activité de tirage à la commande pour les photographes. Et par la suite, proposer le site comme support de vente pour des photographes contemporains, notamment des passionnés qui travaillent avec le platine-palladium, mais aussi avec d’autres techniques alternatives comme le charbon, le cyanotype, la gomme bichromatée, etc. Je suis également à la recherche de photographes dont l’œuvre est exploitable en noir et blanc et qui seraient intéressés par ce genre de commercialisation (m’écrire). J’ai déjà quelques noms en tête…
Vais-je gagner de l’argent avec cette activité ? À vrai dire, je n’en sais rien et ce n’est pas vraiment le but, je crains que la passion et le plaisir aient pris le pas sur ce genre de considérations. Nous verrons bien… En tout cas, j’ai l’espoir de faire assez d’argent pour réinvestir et développer.
Mon ambition ? Si j’ai ne serait-ce qu’un seul client comme lui (non, ce n’est pas un déballage Gonzague…), je pense que mon bonheur sera complet. Voilà, donner du plaisir, c’est ma principale ambition.
Publicité gratuite. Si vous avez un blogue, ne vous privez pas de faire un lien vers ce site, ça aidera mon référencement. Je vous en serai chaleureusement reconnaissant.
Voilà, c’est un peu fébrile et ému que je lève le voile sur la Galerie du Cabestan. Commentaires bienvenus.

De quelle époque date cette photo ?
(Les experts qui connaissent déjà cette photo n’ont pas le droit de jouer. Merci…)
J’aime quand Narvic nous parle des chats et des marmottes, en voulant nous dire que ces objets-là ne sont guère digne d’attention. Parce que je me souviens très bien que la première chose que je me suis dit lorsque j’ai découvert Flickr, c’est précisément: c’est incroyable tous ces chiens et ces chats ! Un vrai choc. Cela faisait plus de vingt ans que j’étudiais la photo, mais aucun de mes livres, analyses savantes, kilos de doc, ne m’avaient révélé ce trait de la photographie privée: l’importance de cette présence-là. Narvic, ne ris pas, mais c’est fou ce qu’on voit dans une photo de chat. D’abord on voit qu’on ne l’avait pas vu, que Flickr nous fait découvrir quelque chose qu’aucun corpus n’était capable de nous dire. Ensuite, photographier son chien ou son chat nous raconte exactement à quoi sert la photographie. Avec Bourdieu, on peut admettre que photographier ses enfants, sa femme ou son beau-frère comporte une dimension sociale d’affichage et de convention. Mais lorsque Miranda, 14 ans, met en ligne trente photos d’affilée de son affreux matou, ces photos-là ne nous disent qu’une seule chose. Que la photo, ça sert à mettre de l’amour en boîte. Pour le consommer plus tard, comme des tranches d’ananas. Oui, je sais, c’est à peu près la même chose que ce que tente de nous dire Roland Barthes dans La Chambre claire - mais il ne le dit pas, il nous parle de présence, il nous parle d’histoire, mais il n’arrive pas à énoncer cette chose-là, autour de laquelle tourne tout son livre. Peut-être lui a-t-il manqué un chat. Il y a des évidences si difficiles à comprendre, qu’il faut beaucoup de temps et de patience pour les entrevoir.
André Gunthert : “Les chats, les marmottes et les fins de la participation”.
Cette photo de Karl, “Miroir dans l’escalier”, me fascine. On dirait un morceau de peinture à l’huile, comme volé d’un tableau d’Edward Hopper.

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